Salut à tous, aujourd'hui on revient sur un court Johnlock BBC. Bonne lecture !


RAR

Katymyny : De rien ! J'avais commencé à lire cette histoire, il faudra juste que je trouve le temps de la terminer ! Merci de la suggestion.


TITRE : Just the two of us against the rest of the world

SITUATION : The Signs of Three (SE3EP2)

PAIRING : JohnxMary, Johnlock

DISCLAIMER : Cet OS peut être lu comme une suite à Illicites attirances (3ème texte de ce recueil).

RESUME : John a fait un choix. Difficile, douloureux. Mais si tout n'était pas encore joué ?

Note : Le titre est apparemment trop long pour entrer dans le cadre qui lui est réservé sur l'onglet de publication, je l'ai légèrement tronqué.


John souriait. C'était un sourire faux mais il était forcé de le faire. Qui comprendrait son humeur morose le jour de son mariage ? C'était censé être le plus beau jour de sa vie et il avait presque réussi à s'en convaincre. Presque. Mais tout avait dérapé à son enterrement de vie de garçon. Les sentiments qu'il avait barricadés au fond de son âme avaient forcé le passage, faisant tout voler en éclats, emportant tout. Et pourtant, c'était face à Mary, alors que le maire faisait l'habituel discours qui précédait les unions, qu'il se trouvait ce jour-là. Et il ne pouvait que se blâmer pour cette situation. C'était lui qui l'avait initiée, lui aussi qui avait décidé de la mener à terme. Comment avait-il pu croire que cela serait facile ? Et pourtant, il s'y était résolu, il savait qu'il serait heureux avec Mary, même s'il lui manquerait toujours quelque chose. Quelqu'un.

Il entendit à peine le maire demander à Mary si elle voulait le prendre pour époux. Seul un tiraillement dans ses entrailles, celui de la culpabilité qui ne le quittait plus, l'informa que son cerveau avait retenu la question et la réponse – positive – de sa fiancée. En la contemplant, son sourire faux toujours agrippé à ses lèvres, John pensa qu'il ne la méritait vraiment pas et qu'elle méritait mille fois mieux qu'un homme qui l'avait déjà trompée avant leur mariage, un homme qui l'aimait, peut-être, mais pas comme il l'aurait voulu. Pas comme il le devrait. Mary avait été si douce, si gentille avec lui. Patiente malgré le sale caractère qui s'emparait souvent de John quand les mauvais souvenirs et les cauchemars faisaient surface. Elle l'avait attendu, longtemps, l'avait soutenu alors que beaucoup seraient parties à sa place. Et lui n'avait fait que lui mentir, depuis le début.

« John Hamish Watson, voulez-vous prendre pour épouse Mary Elizabeth Morstan ? interrogea le maire, tirant le médecin de ses pensées.

Inconsciemment, son regard se reporta sur la foule massée derrière eux qui attendait patiemment qu'il réponde un simple oui. Un simple mot. Déchirant. Douloureux. Coupable. Faux. Il l'aperçut, au premier rang comme lui incombait son rang de témoin et de meilleur ami. Il le regardait. Pour un observateur extérieur, Sherlock Holmes était fidèle à lui-même, presque indifférent face au prétendu bonheur de son ami. Mais John connaissait ce corps par cœur et seul lui semblait capable de percevoir la très légère tension des épaules, la mâchoire crispée d'un iota et le regard infiniment triste du détective. Et malgré tout, Sherlock hocha imperceptiblement la tête.

Vas-y.

–Tu sais bien que j'en suis incapable.

–Fais-le pour elle.

–Je t'aime, Sherlock.

–Je t'aime aussi.

Ils n'avaient rien dit de tout cela à voix haute et pourtant, simplement en contemplant les yeux de son ex-colocataire, John était capable de communiquer avec lui. Pourquoi ni lui, ni Sherlock n'avait vu l'évidence de leur relation avant ? Pourquoi était-ce lorsque c'était trop tard qu'ils s'en rendaient compte ?

Ce simple échange visuel ramena tout droit John dans les semaines précédant son mariage. Ils avaient essayé de résister à l'autre après l'enterrement de vie de garçon, ce jour où tout avait basculé. Sherlock était parti sur une enquête mais elle était si simpliste qu'il avait été forcé de revenir au bout de trois jours pour ne pas éveiller de soupçons. Ils s'étaient revus en présence de Mary et John était certain qu'elle aussi avait perçu la tension qui régnait entre les deux hommes. Elle n'en avait pas fait cas. Et discrètement ce jour-là, John avait donné rendez-vous à Sherlock. Sans un mot, juste un morceau de papier. Il avait prétexté un coup à boire avec Greg – qui n'en avait jamais rien su – et était allé sur le lieu de rencontre. Il avait un instant espéré que Sherlock ne viendrait pas, qu'il resterait digne d'épouser Mary mais le détective avait lui aussi cédé à l'appel. Dans la ruelle sombre où John avait donné rendez-vous à Sherlock, il l'avait plaqué férocement contre un mur pour l'embrasser avec passion, avec fièvre. Le reste s'était perdu en étreintes illicites, interdites mais l'un comme l'autre en avait cruellement besoin. John avait décrété que c'était mal lorsqu'ils s'étaient éveillés le lendemain dans le lit de Sherlock à Baker Street et le détective l'avait approuvé.

Ça ne les avait pas empêchés de recommencer une semaine plus tard et puis de plus en plus régulièrement. John s'inventait des soirées avec ses amis ou des conférences de médecin et il retrouvait Sherlock. Il s'abîmait dans les bras de son ex-colocataire de plus en plus souvent. Et à chaque fois, c'était plus dur et plus douloureux encore. Plus l'échéance approchait, plus John passait son temps à pleurer, serrant le corps du détective contre lui comme si sa vie en dépendait. Sherlock restait fidèle à lui-même mais quand John partait il passait un long moment à lutter contre les larmes. Ils ne savaient même pas pourquoi ils s'infligeaient ça. Mais ils y étaient devenus accros. La présence de l'autre leur était plus vitale que l'oxygène qu'ils respiraient.

Et puis un soir, dans une chambre d'hôtel, nu contre le corps de son amant, sa tête posée contre la clavicule de Sherlock, John avait murmuré :

–C'est mal.

–Je sais.

–Je n'ai pas envie que ça s'arrête.

Ils contemplaient tous les deux le plafond pour ne pas regarder l'autre. Surtout pas regarder l'autre. Le silence s'éternisa.

–Mais ? encouragea Sherlock d'une voix qu'il voulut neutre mais qui ne trompa pas John.

–Ça doit s'arrêter.

–Oui.

Et ce simple mot, ces trois petites lettres réduisirent le cœur de John en bouillie, le lacérèrent, le pétrirent de douleur. De désespoir.

–Ça n'aurait jamais dû arriver, reprit le détective après un moment de silence.

John ferma les yeux très fort comme si son cœur en miettes allait lui faire moins mal de cette façon. Il sentit la main de Sherlock se glisser dans la sienne.

–Non.

–Je serais ton témoin.

–Je sais.

Nouveau silence.

–John ?

–Tu devrais partir.

–John ?

La voix de Mary, murmurée, le tira de ses souvenirs. Son sourire avait disparu. Seule restait la tristesse. La résignation. Le médecin planta son regard dans celui de Sherlock qui l'observait toujours, retenant inconsciemment son souffle. Et John fit son choix, plus que jamais, en cet instant. Il refusait de passer à côté de son bonheur et si la pensée était très égoïste, alors il acceptait de l'être, égoïste. Il voulait l'être. Au regard que lui lança Sherlock, il comprit qu'il avait suivi le cheminement de ses pensées. Ils étaient devenus très forts pour communiquer sans prononcer un seul mot.

Ne fais pas ça.

–Je ne peux pas vivre sans toi.

–Tu peux m'avoir. Mais pas comme ça.

John contempla Sherlock un long moment. Son estomac se noua en proie au doute, pernicieux, douloureux. Et si depuis le début, son ami n'avait pas voulu de cela ?

C'est vraiment ce que tu veux ?

–Tu connais la réponse, John.

–John ?

A nouveau, Mary. Il tourna lentement la tête vers elle. Elle attendait toujours sa réponse, magnifique dans sa robe immaculée. Au fond de ses yeux, John lut qu'elle avait compris. Et elle lui pardonnait.

–Tu ne veux pas m'épouser, n'est-ce pas ? dit-elle.

L'assemblée retint sa respiration. John, avec un sourire contrit, fit non de la tête.

–Je suis désolé, Mary, je ne peux pas. Je t'aime mais…

–Ne te fatigue pas, John. J'ai compris depuis longtemps. J'avais espéré, un moment, que cela survivrait à son retour, mais au fond de moi, quand tu l'as vu ce soir-là, je savais.

John se jeta dans les bras de son ex-fiancée. Elle le serra dans les siens et ils pleurèrent tous les deux longtemps à leur amour perdu sous le regard désarçonné du maire qui ne comprenait strictement rien et celui outré de l'assemblée. Seuls Greg, Molly et Mrs Hudson s'adressaient des regards complices et amusés. Eux aussi avaient compris.

Lorsqu'il se décida à cesser de pleurer, John embrassa tendrement le front de la jeune femme.

–Je ne te mérite pas, Mary.

Elle lui offrit un simple sourire resplendissant pour toute réponse, ses yeux rougis par les larmes. Leur séparation ne serait pas facile. Mais les choses pouvaient attendre. Puis elle prit doucement la main de John et descendit de l'estrade sous les yeux toujours ébahis du maire, relégué depuis longtemps au rôle de meuble par les ex-futurs-mariés. Elle l'entraîna face à Sherlock qui les contemplait tous les deux, stoïque. Elle poussa John près du détective. Les deux hommes se regardèrent un long moment, gênés, ignorant quoi faire tandis que Mary leur souriait de toutes ses dents, heureuse pour eux. Elle s'apprêtait à se reculer quand Sherlock saisit son poignet. De l'autre main, il serra les doigts de John et les attira tous les deux dans une étreinte inattendue de la part du sociopathe.

Un instant, seul le silence retentit dans la salle des mariages. Et puis les invités explosèrent en applaudissements que ni l'ex-future-mariée, ni le médecin, ni le détective n'entendirent, trop occupés à sourire et rire entre leurs larmes. Et puis sans lâcher Mary, John attrapa le visage de Sherlock et l'embrassa avec une douceur et une tendresse infinies. Le bras de Sherlock s'enroula avec naturel autour de la taille de son médecin tandis que Mary se reculait, des larmes émues au coin des yeux. Ces deux-là étaient faits pour être ensemble. Et malgré la tristesse de sa rupture, elle était heureuse d'avoir contribué à leur ouvrir les yeux, à tous les deux.

Derrière eux, les invités avaient redoublé en applaudissements, en particulier Lestrade, Molly et Mrs Hudson. John posa son front contre celui de Sherlock. Son sourire n'était plus feint. Il caressa la joue de son détective, croyant à peine à ce qu'il venait de se produire. Même dans ses rêves les plus fous, il n'avait imaginé une telle conclusion à leur histoire.

-Nous deux contre le reste du monde ? demanda-t-il.

-Toujours, » répondit Sherlock.


C'est tout pour aujourd'hui ! La semaine prochaine, je vous propose un texte post-Reichenbach.