Hello ! Et encore une chapitre qui se déroule durant The Signs of Three. Étrangement, malgré le mariage, je trouve qu'il se prête assez bien au développement d'un Johnlock et il m'inspire beaucoup en plus de faire partie de mes épisodes préférés. Le OS du jour ressemble assez à Illicites attirances dans le fond.
RAR : Katymyny : Merci à toi de venir lire toutes les bêtises qui me sortent de la tête et surtout de laisser un petit mot pour me dire ce que tu en penses. Tu n'imagines pas à quel point lire les retours des lecteurs fait du bien !
J'ai adoré la scène du cimetière dans Reichenbach Fall et le discours de John m'a littéralement achevée (le pollen ça pique les yeux quand même !) par le poids de ses mots et puis Sherlock qui apparaît à la fin... Une chose qu'on ne peut pas enlever à Moffat et Gatiss c'est bien leur talent pour nous donner des cliffhangers complètement dingues (et accessoirement nous faire languir assez longtemps même si j'ai eu la chance de pouvoir voir la série entière sans attendre). Bref encore un de mes épisodes préférés auquel je voulais rendre hommage. C'est chose faite et j'aime assez celui-là en particulier (et j'ai effectivement préparé une petite suite pour leur organiser des retrouvailles).
PS : Je te livre du chocolat virtuel via cette RAR.
TITRE : The best man
SITUATION : The Signs of Three (SE2EP3)
PAIRING : JohnxMary, Johnlock
RESUME : Alors que John s'apprête à demander à Sherlock d'être son témoin, la chose se révèle plus difficile que prévu.
John écoutait le discours de son meilleur ami à propos de Billy Kincaid, confus. Il venait le voir pour lui demander d'être son témoin de mariage et il lui parlait de l'étrangleur de Camden ? Sérieusement ? Le médecin décida de couper Sherlock dans son exposé pour préciser de quoi retournait la conversation qu'ils avaient, déjà bien assez difficile comme ça.
« Non, le témoin, pour mon mariage. Mon témoin.
Sherlock le contempla un instant, un millième de secondes avant que la lumière ne se fasse dans son esprit et qu'il déclare :
–Ah, oui. Je vois.
–Peut-être pas un étrangleur.
–Gavin ?
John fronça les sourcils.
–Qui ?
–Gavin Lestrade. C'est un homme de bien.
–C'est Greg. Et c'est pas mon meilleur ami.
–Ah, je vois. Mike Stamford. Il est sympa. Je ne sais pas s'il s'en sort…
–Mike est génial, mais ce n'est pas mon meilleur ami, répéta John, commençant à se sentir agacé.
Sherlock ne comprenait pas et même s'il savait pertinemment qu'il ne faisait pas exprès – du moins il l'espérait – John n'arrivait pas à se sentir à l'aise. La demande était déjà largement assez difficile à faire, essayer d'en cacher la raison à son génie de meilleur ami encore plus et il ne lui facilitait clairement pas la tâche. Ce dernier fixa son regard perçant sur lui, en posture d'écoute.
–Ecoute Sherlock… c'est le plus grand et le plus important jour de ma vie…
Sherlock commença à faire la grimace, prêt à protester.
–Non, ça l'est. Ça l'est, le coupa John avant qu'il n'ait commencé, d'un ton n'admettant aucune réplique, tant pour se persuader lui-même que son ami. Et j'aimerai le partager avec les deux personnes que j'aime et qui comptent le plus pour moi.
–Oui.
John se retint de lever les yeux au ciel. Il avait l'étrange impression que son ami ne faisait aucun effort pour comprendre.
–Mary Morstan, dit-il de la voix qu'il utilisait pour s'adresser aux très jeunes enfants. Et…
Il fixa intensément son ex-colocataire. Il ne pouvait être plus clair dans ses allusions. Et pourtant, le regard perdu de Sherlock l'obligea à achever ce qu'il avait commencé.
–Toi.
Le meilleur pour la fin, susurra une voix au creux de l'oreille de John, voix qu'il avait décidé de faire taire quelques années plus tôt quand il avait parfaitement compris qu'il n'aurait jamais ce qu'il désirait au plus profond de lui – et qu'il refusait de s'avouer à lui-même. Sherlock papillonna des paupières, l'air toujours aussi déconcerté. Pendant un long moment, il ne dit rien, fixant obstinément John qui ne comprenait pas vraiment sa réaction. Etait-il choqué du fait qu'il lui demande d'être son témoin ? Ignorait-il que John le considérait comme son meilleur ami – à défaut de mieux, siffla la petite voix que John chassa d'une remarque interne bien sentie – ou qu'il lui ait révélé qu'il comptait plus que tout à ses yeux ? Il avait cru que c'était évident étant donné le nombre de personnes qui avaient cru – et croyaient encore manifestement – qu'ils étaient en couple. Comment Sherlock Holmes n'avait-il pu pas le remarquer ? Ou pire encore, s'il avait court-circuité parce qu'il ne supportait pas l'idée que John tienne à lui et l'exprime, dégoûté qu'il était par les sentiments ? John commençait déjà à regretter ses paroles tandis que son esprit beaucoup trop romanesque pour son propre bien se chargeait d'élaborer des scénarii tous plus tordus les uns que les autres qui expliqueraient la réaction – ou l'absence de réaction – de son meilleur ami.
–Ok, ça devient flippant maintenant, décréta John ne supportant plus le silence.
La phrase lancée sans grande conviction par le médecin eut le don de faire sortir le détective de sa torpeur.
–Alors… en fait… tu veux dire…
–Oui, l'encouragea John avec un sourire amusé.
–Que je suis ton… meilleur ami ?
–Témoin, compléta John au même moment.
La question souffla John comme aucun vent de Londres ou d'Afghanistan ne l'avait jamais fait. De tous les scénarii possibles qu'il avait envisagés, jamais la possibilité que Sherlock ne sache pas qu'il était le meilleur ami du médecin n'avait été celui qui dominait. Un instant, leurs regards se croisèrent et John se sentit défaillir. Il était incapable de mentir à Sherlock. Et puis de toutes manières, le détective le déduirait à un il-ne-savait-quoi dans son apparence physique ou à une ride particulière de son ex-colocataire. Et John n'en avait pas envie. Malgré le râteau de la taille d'une tondeuse à gazon qu'il risquait de se prendre, malgré les sentiments bien réels qu'il éprouvait pour Mary, malgré le risque de perdre son amitié avec Sherlock – une petite partie de lui se disait que ce n'était pas si grave, ainsi, il ne pourrait pas s'apitoyer sur la vie à laquelle il renonçait en demandant à son ami d'être témoin à son mariage – malgré tout cela, John voulait tout lui avouer. Une autre partie de lui s'y refusait, sachant pertinemment qu'il ne supporterait pas le départ du détective de sa vie. Cette partie-là était également tiraillé entre les sentiments qu'il éprouvait pour Sherlock et ceux qui l'animaient en présence de Mary. Mais au fond de lui, le médecin avait toujours su que son cœur battait plus vite et plus fort lorsque le détective était près de lui.
Les multitudes de pensées qui se frayaient un chemin à travers ses neurones eurent pour conséquence de le rendre aussi mutique, figé et perturbé que son meilleur ami quelques instants plus tôt.
–John ? demanda la voix de baryton de Sherlock d'un ton incertain.
John releva subitement la tête qu'il avait inconsciemment baissée pour darder un regard déterminé dans celui de Sherlock. Il se leva et s'approcha du détective, tout aussi peu sûr de lui que ce dernier. John n'avait jamais été très doué avec les mots, il avait toujours eu du mal avec eux et son statut d'handicapé des sentiments n'était plus vraiment à prouver. Pourtant, quand il vit le regard aux couleurs indistinctes de Sherlock se poser sur lui, quand il sentit son cœur faire une embardée au fond de sa poitrine, ses inquiétudes s'envolèrent. Il s'avança plus encore. Sherlock avait légèrement baissé la tête, sans comprendre mais John sentit que le souffle du détective s'était raccourci. Cela lui donna le courage de se dévoiler. Et tant pis pour les conséquences.
–Non, dit-il finalement.
Il n'eut même pas le temps d'aller plus loin que Sherlock s'était brusquement détourné, sa robe de chambre beige – John avait toujours préférée la bleue en soie – fouettant le visage du médecin tandis qu'il essayait de fuir. Conscient que s'il ne rattrapait pas sa bourde, ses chances déjà amoindries de ne pas perdre son meilleur ami seraient nulles, John continua :
–Non, tu n'es pas mon meilleur ami. Tu es bien plus que cela et je n'ai jamais eu la force de te le dire.
Il regardait ses pieds en prononçant ces mots si importants à ses yeux, tout courage l'ayant définitivement quitté. Il savait que Sherlock s'était figé plus loin dans la cuisine, qu'il l'écoutait mais qu'il ne le regardait pas. Alors sachant que s'il croisait le regard de son ancien colocataire, il n'arriverait pas à terminer, reprit :
–Je ne sais pas si c'est à cause de mes parents et de leur éducation, de ma sœur et de ses problèmes que j'ai sans doute associés sans le vouloir à son orientation sexuelle, je ne sais pas si c'est parce que tu méprises les sentiments, en particulier l'amour, ou si c'est à cause de tous ceux qui nous ont pris pour un couple, je n'en ai aucune idée. Mais j'ai une certitude, Sherlock, c'est que je t'aime. Plus que je ne le devrais, plus que je le voudrais et d'une manière bien différente que toi tu m'aimes. Je sais que tu as de l'affection pour moi et je me contenterai de ce que tu veux bien m'offrir. Je me contenterai de ton amitié.
Sa tirade terminée, John s'absorba dans la contemplation d'une tache entre ses pieds si bien qu'il n'entendit pas son ex-colocataire s'approcher. Il sentit seulement sa présence à quelques centimètres de lui quand le détective se plaça juste devant lui. Avec un soupir, John affronta son regard. Il avait peur de ce qu'il verrait, au hasard du dégoût, du mépris, de l'indifférence, tout ce que Sherlock ne lui adressait jamais à lui, John Watson.
Dans le regard du détective pourtant, rien de tout cela. Simplement quelques larmes et une étrange impression d'affection. Une affection immense que le médecin n'avait jamais vue dans les yeux de son meilleur ami.
–C'est vraiment ce que tu veux ? murmura-t-il. Seulement mon amitié ?
–Je ne veux pas tout gâcher entre nous. Et si c'est le seul moyen que j'ai pour te garder près de moi, alors je n'hésiterai pas. Ta présence dans ma vie m'est trop indispensable pour que je m'en abroge à cause de ce que je ressens pour toi.
A la grande surprise de John, Sherlock sourit. Un grand sourire qui étirait ses lèvres au maximum, tandis que ses yeux pétillaient de larmes retenues.
–Oh John… Comme d'habitude, tu vois mais tu n'observes pas.
Et avant que le susnommé n'ait pu se défendre, le détective se penchait vers lui, effleurait de ses longs doigts de violoniste la joue de John et posait timidement ses lèvres sur les siennes. Un instant, John resta figé de stupeur, complètement abasourdi, se croyant plongé dans un rêve particulièrement étrange. Il s'attendait même à ce que son réveil vienne gâcher le songe en hurlant d'un cri strident qu'il devait aller soigner les mycoses de ses patients.
Sherlock se retira presque aussitôt, dans le regard une expression de crainte de s'être mépris et d'avoir tout gâché. Alors John ne laissa pas le temps à ses pensées de s'emballer sur cette piste et se pencha avec célérité vers le visage du détective pour à nouveau unir leurs bouches dans un ballet envoûtant. Il sentit nettement que Sherlock relâchait le souffle qu'il avait retenu tandis qu'il découvrait enfin les lèvres qu'il avait tant rêvé d'embrasser. Il passa sa langue contre celles-ci, goûtant à Sherlock qui entrouvrit presque aussitôt la bouche. John l'imita et cette fois, ce fut leurs langues qui se mêlèrent dans un râle commun empreint de désir à peine voilé. Les mains du médecin entourèrent la taille du détective, celles de ce dernier se glissèrent dans les cheveux de John, effleurèrent son cou. Lorsqu'ils se séparèrent finalement, le bas-ventre irradiant d'une chaleur dévastatrice, ils émirent tous deux un rire nerveux. Leurs regards se croisèrent et, enlacés en plein milieu de la cuisine, leur hilarité redoubla, mêlée au soulagement de voir que leurs sentiments mutuels ne changeaient rien à leur relation, leur complicité, leur amitié.
–John, tu es un idiot, administra Sherlock d'un ton grandiloquent.
–Tu ne vaux pas franchement mieux, répliqua le médecin en souriant.
–Je suis sociopathe, fit le détective, comme si cela expliquait tout.
–A d'autres, Sherlock.
–D'accord.
Et ils échangèrent un nouveau baiser, leurs cœurs battant à l'unisson dans leurs poitrines. John saisit le visage de son détective à deux mains et le poussa contre le frigo qui n'avait malheureusement pour lui rien demandé, embrassant furieusement l'homme qu'il aimait.
–Sherlock… murmura-t-il en posant ses lèvres sur la jugulaire du détective.
Il sentait le cœur de ce dernier battre à une vitesse folle sous sa bouche. Et il sourit, heureux de voir qu'il faisait de l'effet à son ex-colocataire.
–Tu ne capitules pas si facilement, d'habitude, fit-il remarquer après un instant de silence.
Pour toute réponse, Sherlock l'embrassa encore. John eut vaguement une pensée pour Mary qu'il était en train de tromper mais elle fut vite balayée par les lèvres du détective qui se pressaient sur les siennes.
–Dis, John, murmura soudainement Sherlock quand il fut libre de parler, c'est courant d'embrasser son témoin ?
–Est-ce qu'il y'a jamais eu une chose qui soit courante avec toi ? riposta le médecin avec un sourire.
–Tu t'ennuierais sinon.
–C'est vrai.
John s'apprêtait à reprendre possession des lèvres de son ex-colocataire quand des pas dans l'escalier l'interrompirent dans sa visée. Il relâcha subitement Sherlock et dans un accord tacite, ils se dirigèrent vers leurs fauteuils respectifs, Sherlock fourrant une tasse vide dans les mains du médecin et lui se saisissant de celle contenant l'œil tombé quelques instants plus tôt. Ils firent semblant d'être plongé dans une conversation passionnante quand Mrs Hudson entra dans la pièce.
–Et donc, tu es d'accord ? interrogea John, comme si de rien était.
Il réfrénait une intense envie d'éclater de rire. L'air débraillé et les joues rouges de Sherlock n'arriveraient sans doute pas à détromper leur logeuse sur la nature de leurs récentes activités et John doutait qu'il ait l'air innocent lui non plus.
–Cela faisait un moment que je n'entendais plus de bruit, je venais vérifier que vous alliez bien tous les deux, explicita la vieille dame.
Ni John, ni Sherlock n'en croyaient un mot – comme si Mrs Hudson avait un radar lorsqu'il s'agissait de les surprendre dans des positions compromettant toutes leurs tentatives de nier l'existence de quelque chose entre eux – mais l'un comme l'autre se garda de le faire remarquer.
–J'interromps quelque chose ? demanda-t-elle et ils échangèrent un regard complice, comme si elle venait de leur prouver qu'ils avaient raison.
–J'étais en train de demander à Sherlock s'il voulait bien être mon témoin. Pour mon mariage.
John jeta un regard à son ex-colocataire, lui intimant d'accepter pour donner le change. Mais Mrs Hudson ne leur en laissa pas le temps.
–Vous savez, j'ai toujours pensé…
–Combien de fois devrais-je vous répéter, Mrs Hudson, que je ne suis pas gay ? l'interrompit John en marmonnant dans sa barbe inexistante tandis que ses joues prenaient une délicate teinte rosée, pâle imitation du visage de Sherlock.
–Je sais bien, John, fit-elle avec un sourire de connivence, levant les yeux au ciel, son expression indiquant clairement qu'elle n'en croyait pas un mot. J'ai tout simplement toujours eu cette intuition…
A nouveau le médecin et le détective s'empourprèrent de concert en baissant les yeux, comme deux gamins pris sur le fait, ce qui n'était pas si éloigné de la vérité à bien y réfléchir.
–Mais qu'est-ce qu'il vous arrive à tous les deux ? s'exclama la logeuse, quelque peu décontenancée.
Ils échangèrent un regard, toujours aussi rouges de gêne.
–J'ai raison, n'est-ce pas ?
John sursauta. Il s'était perdu dans l'abîme des yeux de son ex-colocataire et avait complètement oublié la présence de Mrs Hudson. Pour peu qu'elle n'eût pas été là, il aurait sauté sur Sherlock pour reprendre là où ils avaient été interrompus. Le médecin tourna la tête vers la logeuse en synchronisation parfaite avec le détective. Elle sourit.
–Je vous l'ai dit. A la seconde où je vous ai vus entrer tous les deux dans mon appartement, j'ai su qu'une magie inexplicable était à l'œuvre.
–La magie n'existe pas, Mrs Hudson, répliqua Sherlock d'un ton neutre.
–Il y'en a une bien plus puissante que vous ne l'envisagerez jamais, Sherlock. Celle de l'amour
Le détective posa ses yeux sur John, méditant les paroles de Mrs Hudson. Puis, il sourit, d'un sourire doux, presque inhabituel sur ses lèvres rodées aux sourires faux, de circonstance.
–Je crois que j'en suis capable, Mrs Hudson. En fait, je crois que je comprends parfaitement. »
Et voilà pour aujourd'hui, la fin est peut-être un peu niaise mais je l'ai modifiée un grand nombre de fois et ça reste celle dont je suis la plus satisfaite. J'espère que ça vous aura plu ! La semaine prochaine, on enchaîne avec une petite suite à Confessions. Bonne fin de semaine !
