Coucou tout le monde ! Aujourd'hui, comme promis voici la suite directe de Confessions ! J'espère qu'elle vous plaira.


RAR :

Katymyny : Contente que le OS t'ait plu ! Je disais que je trouvais la fin un peu niaise parce que ce que disent Sherlock et Mrs Hudson restent des phrases plus ou moins "types" des romances et quand j'en intègre dans mes écrits, j'ai toujours peur que ça fasse un peu cliché ou déjà vu et revu. Apparement ça n'est pas le cas et j'en suis ravie ! Merci pour ce que tu dis de mes bêtises, ça me fait beaucoup plaisir ! J'espère que le chapitre du jour te plaira !


TITRE : The Empty Hearse (j'ai manqué d'inspiration pour titrer celui-ci alors j'ai tout simplement repris le titre de l'épisode dans lequel il s'inscrit)

SITUATION : The Empty Hearse (SE3EP1)

PAIRING : Bromance Johnlock

DISCLAIMER : Cet OS peut être lu comme une suite à Confessions.

RESUME : Le retour de Sherlock après la chute. Réécriture.


C'est étrange comme les coïncidences adviennent parfois. N'en déplaise à Mycroft qui ne pensait pas l'Univers assez paresseux pour en créer, Sherlock avait envie d'y croire. Lorsqu'il avait fait sa première overdose, ça n'était pas les services secrets inexistants de son frère qui l'avait sauvé d'une mort certaine. Mycroft l'avait juste retrouvé. Lorsque son dealer lui avait permis d'obtenir sa première enquête en trouvant le moyen de se faire attraper par Lestrade, ça n'était pas parce que Sherlock avait cherché à ce que cela arrive. Lorsqu'il avait rencontré John, ça n'était pas parce que Stamford savait qu'ils s'entendraient. Sherlock était d'ailleurs intimement persuadé que le médecin avait décidé qu'il faudrait moins d'une semaine à John pour ne plus supporter Sherlock. Non, ça n'était que le fruit du hasard. Ils s'étaient trouvés et c'était une magnifique coïncidence. Sans doute la plus belle et la plus heureuse de toute sa vie.

Ou c'était le destin, tout simplement.

Cela faisait quelques mois que Sherlock était rentré à présent. Il n'avait pourtant pas reparu. Pas encore. D'abord, il s'était renseigné sur John. Il savait qu'il avait rencontré quelqu'un, une jeune femme, Mary Elizabeth Morstan. Il les avait aperçus. John semblait heureux. Loin, très loin de celui qu'il était devenu après la mort de Sherlock.

Et le détective n'avait pas voulu interférer dans son bonheur. Ça ne lui ressemblait pas vraiment. En temps normal, il aurait foncé tête baissée voir son ami. En temps normal, il n'aurait pas eu peur de l'affronter. Mais peut-être était-ce parce qu'au fond de lui, il savait que John était passé à autre chose. Qu'il n'avait plus besoin de lui. Qu'il craignait ce qu'il verrait dans ses yeux. De la colère sans doute. Mais surtout, surtout de l'indifférence. Il n'était pas sûr de le supporter. C'était lâche. Mais Sherlock ne s'était jamais considéré comme courageux.

Il songeait à repartir, prendre un autre nom, une nouvelle identité. Se reconstruire une vie, ailleurs, loin de John. John qui était heureux sans lui. John qu'il était difficile de regarder vivre sans lui. Mais John qui méritait, plus que quiconque ce bonheur. Et Sherlock n'avait pas le droit de le briser.

Oui, c'était mieux ainsi. Il devait partir. Mais avant, avant, une dernière fois, il devait enterrer cette vie qu'il avait chérie, lui dire adieu. Et quel meilleur endroit que sa tombe ? Après tout, c'était Sherlock Holmes qu'il faisait disparaître aujourd'hui.

Et puis l'univers, le destin ou quelque force supérieure à laquelle Sherlock n'avait jamais cru, s'en était mêlé. Et les coïncidences, une nouvelle fois, étaient advenues. Alors que Sherlock contemplait fixement sa tombe, la capuche d'un sweat gris rabattue sur sa tête – il ne pouvait décemment pas se promener avec son trench-coat, il serait trop reconnaissable – il avait entendu la grille du cimetière grincer.

Il s'était crispé puis tourné brusquement. C'était John. John qui avançait d'un pas décidé vers lui. Sherlock en fut paralysé un court instant, incapable de se mouvoir, trop abasourdi. Il peinait à faire le lien entre le John heureux qui se baladait, le sourire aux lèvres, aux bras de la souriante Mary Morstan et celui qui venait se recueillir sur sa tombe. Ou bien venait-il pour quelqu'un d'autre…

Non. Tête baissée, John se dirigeait résolument vers lui. Il ne l'avait pas vu. Sherlock ne sut pas trop quel instinct le poussa à agir ainsi mais il contourna la tombe et s'appuya à l'arrière de celle-ci, à moitié allongé dans l'herbe. John ne l'avait pas vu. Son cœur battait la chamade, il avait l'impression de manquer d'air. C'était stupide puisqu'il n'avait pas couru. Mais le sang battait à ses tempes, noyant le bruit ambiant sous une musique sourde, irrégulière, dérangée. La musique de son cœur.

Il n'était pas prêt. Pas prêt du tout à l'affronter. Tu ne le seras jamais, susurrait une petite voix à son oreille.

« Je sais. Ça fait longtemps.

Sherlock sursauta. Cette voix… Il rêvait de l'entendre à nouveau depuis des années. Il avait l'impression de ne se rendre compte qu'elle lui avait presque autant manqué que son propriétaire qu'à cet instant précis. Et c'était ridicule d'être nostalgique d'une voix.

–Je suis désolé. J'ai été… occupé ces derniers temps. Je sais que ce genre d'informations ne t'intéressent pas mais… j'ai rencontré quelqu'un. Il y'a presque un an, en fait mais je ne sais pas… Je n'arrivais pas vraiment à te le dire. C'est stupide, hein ? Surtout que tu ne peux pas me répondre. Je ne comprends pas moi-même pourquoi j'avais ce blocage. Mais il était là. Pourquoi aujourd'hui ? J'en ai aucune idée. Je trouvais que c'était bien.

John marqua une pause. Un goût métallique s'était déposé sur la langue de Sherlock. Il s'était mordu la lèvre au sang. Tu agis comme un parfait idiot, se fustigea-t-il mentalement.

–Elle s'appelle Mary. C'est une fille géniale. Elle est belle, douce, aimante. Elle m'a sauvé en quelque sorte. Elle m'a sorti de l'enfer dans lequel je m'étais plongé après ta mort.

Sherlock serra le poing. John lui avait dit qu'il l'avait sauvé. Avant. Il t'a remplacé, susurra la voix, perfide, à son oreille. Tais-toi, lui répondit Sherlock.

–Je lui dois tant. Et puis, tu sais… elle est foutrement intelligente. Et puis elle a du caractère. Un peu comme toi, finalement. Elle te rappelle à moi.

Il y'eut une nouvelle pause. Sherlock avait fermé les yeux, la tête appuyée contre le marbre froid. Il n'arrivait plus à ignorer la petite voix dans sa tête. Et puis elle riait, riait, elle se moquait de lui et de son stupide sentimentalisme, de cette amitié qui le bouffait, qui le grignotait, qui prenait toute la place parce que l'absence l'avait faite grandir alors que John semblait l'avoir rangée dans une petite case de sa tête, elle se moquait de sa faiblesse. Et elle avait raison. Il ne sentit même pas les larmes rouler sur ses joues. Il ne sentait que la douleur.

–Je… je vais la demander en mariage. Je suis sûr que c'est la bonne. Tu dois me trouver horriblement niais, hein ?

John fit un pas en avant. Sherlock se crispa un peu plus, les larmes roulant sur ses joues, l'impression de brûler de l'intérieur. Mais il le méritait, il le savait. John avait souffert et il avait guéri. C'était à son tour de souffrir. Les tortures qu'il avait subies en Serbie n'étaient rien comparées à celle qui meurtrissait son cœur. En cet instant, il aurait aimé être partout ailleurs et pourtant, il était incapable de bouger, incapable d'arrêter d'écouter John, de plonger dans son Palais Mental pour faire disparaître le monde et la douleur.

–J'aurais aimé que tu sois là.

La voix semblait avoir perdu de son enthousiasme. Il murmurait presque. Comme si, en parlant à voix haute, ces quelques mots le briseraient.

–Je t'aurais demandé d'être mon témoin. Je ne vois personne d'autre pour remplir ce rôle. Je n'ai qu'un meilleur ami. Et c'est toi.

Il y'eut un silence. Sherlock retenait son souffle. La voix s'était tue. La douleur s'était apaisée.

–Tu me manques encore, Sherlock. Terriblement. Ma vie n'est pas vraiment complète sans toi.

Il posa une main sur le marbre. Sherlock se ratatina derrière la stèle. Les doigts de John effleurèrent presque sa capuche. Puis il se détourna. Le détective entendait ses pas s'éloigner.

Il ne prit pas la peine de réfléchir. Il se releva, manqua de perdre l'équilibre et lança :

–Tu me manques aussi. Je n'arrive plus à vivre sans toi.

John se figea en plein milieu de l'allée. Sa main se mit à trembler. Sherlock était incapable de dire si c'était la colère qui s'emparait de son poing serré ou une autre émotion qu'il n'identifiait pas. Les épaules du médecin se soulevèrent très lentement avant d'entamer le chemin inverse. Sherlock devina sans mal qu'il essayait de se maîtriser. Puis à pas lents, mesurés, John se retourna.

Presque une minute passa avant qu'ils ne se fassent face, de chaque côté de la tombe.

–Sherlock… murmura John.

Sa main tremblait toujours. Le détective se contenta d'acquiescer et d'une main malhabile, d'abaisser la capuche de son sweat. Ils se dévisagèrent pendant plusieurs minutes, séparés par seulement quelques mètres mais étrangement, Sherlock avait l'impression qu'un gouffre s'était ouvert entre eux. Le même gouffre qu'il savait hanter les rêves de John.

Ils avancèrent en même temps. Sherlock ne fit qu'un pas pour se trouver devant la tombe mais John franchit la distance qu'il restait en quelques enjambées. Il plongea son regard dans le sien. Sherlock était incapable d'articuler un traitre mot. John leva une main vers lui, fébrile et effleura son visage du bout des doigts.

–Tu… tu es vivant…

–En effet.

Il ne vit même pas la caresse se transformer en coup de poing. Tout ce qu'il sut, c'était qu'il était tombé à la renverse et qu'une horrible douleur se répandait déjà dans son nez. Il se redressa. John le surplombait, son regard faisant le va-et-vient entre son visage et son poing. Il semblait perplexe. Sherlock tenta un sourire.

–Je suppose que je l'ai mérité celui-là.

–Tu supposes bien.

Il tendit finalement une main à Sherlock qui la saisit avant de se relever en grimaçant. Il n'était pas totalement remis de ses aventures serbes. John haussa un sourcil.

–Tu es blessé ?

–Non. Ne t'inquiète pas, mentit-il sans pouvoir retenir un sourire. Cet instinct médical ne le quitterait sans doute jamais.

–Je ne deviens pas fou, pas vrai ? Tu es vraiment là ?

–Tu m'as authentiquement cassé le nez.

John lui lança à nouveau un regard perplexe. Et finalement sourit. Il se rapprocha encore de Sherlock.

–Je suis vraiment là, John.

–Mon Dieu…

Sans crier gare, les bras du médecin l'enlacèrent. Sherlock se tendit d'abord – les contacts physiques qu'il avait reçus ces derniers temps avaient immanquablement laissé des séquelles – avant de lui rendre son étreinte. John s'était mis à sangloter contre lui, lâchant sans doute toute la pression qu'il avait retenue jusqu'à présent. Sherlock, dans un geste tendre, posa sa main à l'arrière du crâne de son ami et le serra un peu plus contre lui, son menton reposant contre la tête de John. Il n'arrêtait pas de répéter un flot de paroles inintelligibles. Sherlock ne dit rien, se contentant de le serrer contre lui, de sentir sa présence, d'apporter la sienne. Les paroles étaient de toute manière futiles.

John ne se calma qu'au bout d'un long, très long moment. Il ne se détacha pourtant pas du corps de Sherlock.

–Si tu savais le nombre de fois où je t'ai supplié de revenir… murmura-t-il.

–Je sais. J'étais là.

–Tu… Quoi ?!

John avait relevé la tête brusquement et lui lançait un regard abasourdi.

–Tu étais là ? Espèce de… espèce de sale enfoiré !

–John, je…

Il s'interrompit en sentant que John le serrait plus fort.

–Je me fiche de savoir pourquoi. Pour l'instant. Tu es là et c'est tout ce qui compte.»

Sherlock ne répondit pas. Il se contenta de sourire simplement et d'enlacer John comme si sa vie en dépendait. Et c'était peut-être le cas en fin de compte.

Parce que pour la première fois depuis des années, il se sentait entier.


Voilà pour ce OS. N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé ! La semaine prochaine, je vous propose un OS Potterlock où nos détectives préférés deviennent professeurs à Poudlard !