Salut tout le monde ! Aujourd'hui un court Johnlock sans prétention qui prend place au cours de la saison 2. Bonne lecture.
Je profite de cette note d'autrice pour vous annoncer qu'il me reste 1 texte à rédiger pour clôturer ce recueil.
TITRE: Such more than that
SITUATION: The Blind Banker (SE1EP2)
PAIRING: Johnlock
RESUME: Tout l'être de John désirait ardemment Sherlock et ça n'était pas qu'une question d'hormones. C'était plus, beaucoup plus que ça.
John jeta un œil à son colocataire dont la tête dépassait de derrière les piles de livres qui envahissaient leur salon depuis la veille. Le médecin se mordit la lèvre, remarquant que Sherlock venait de décoiffer ses cheveux déjà bien trop en bataille. Il ne devrait pas tant aimer le voir comme ça. Avant que son imagination ne s'emballe, John secoua la tête et chassa les pensées qui tentaient de s'immiscer dans son esprit.
John avait, depuis quelques temps maintenant, la certitude qu'avoir emménagé avec Sherlock Holmes était la pire erreur qu'il ait pu commettre de son existence entière. Il allait devenir fou. Comment avait-il pu croire qu'il pourrait contenir tout ce qu'il remuait en lui ? Qu'il serait capable de vivre aux côtés de cet homme si étrange, intelligent, rayonnant, mystérieux, charismatique, incroyable sans en perdre la tête ? Depuis qu'il l'avait vu, il avait de furieuses envies de le plaquer contre un mur et de…
John secoua la tête. Ça n'était vraiment pas le moment.
L'ex-militaire avait toujours plus ou moins su qu'il était attiré par les hommes. Il n'avait pas mis beaucoup de temps à s'en rendre compte quand il s'était aperçu qu'à l'âge où ses camarades regardaient les filles et les désiraient, lui ne ressentait rien. Il avait compris sans même avoir eu besoin de vraiment tomber amoureux un jour. Ça n'était jamais vraiment arrivé.
Il n'avait jamais eu de problèmes avec son orientation sexuelle jusqu'au jour où sa sœur avait ramené une fille à la maison et que leur père avait décidé qu'Harry n'existait plus. Depuis ce jour-là, John se contentait de ne pas se montrer intéressé par qui que ce soit et niait machinalement chaque fois que quelqu'un sous-entendait qu'il pourrait être gay.
Et puis Sherlock avait débarqué dans sa vie et tout avait basculé parce que l'intensité du désir qu'il ressentait pour lui était insupportable. Ça lui faisait presque mal de vouloir autant épingler le détective à un mur jusqu'à ce qu'il le supplie et…
« J'ai besoin d'air, on sort ce soir, décréta l'objet de ses pensées que John bénit de l'en tirer avant qu'elles ne deviennent bien trop dangereuses.
Si elles continuaient de forcer le passage, il n'allait plus pouvoir se retenir. Il n'avait jamais ressenti ça pour personne et cela lui faisait peur. A bien y réfléchir, il n'avait jamais ressenti ça tout court. Et cela le terrifiait encore plus.
– En fait… lâcha John en détournant le regard, j'ai un rencart.
C'était un des seuls moyens qu'il avait trouvés pour oublier qu'il vivait en permanence sous tension, tout près de l'objet de ses désirs les plus profonds, inassouvis et irréalisables. Sortir. De préférence avec des femmes pour éviter de penser trop fort à son colocataire. Il essayait désespérément de se convaincre que cela marcherait tout en sachant que c'était vain. Mais avait-il le choix ?
Sherlock lui confirma ce dont il se doutait en affichant un air perdu.
– Un quoi ?
John se mordit de nouveau la lèvre. Avait-il une idée d'à quel point il était désirable ainsi ? Les cheveux en bataille, cet air mutin sur son visage digne d'une statue grecque, sa chemise cintrée, les manches remontées laissant apparaître sa peau d'albâtre…
– Quand deux personnes qui s'apprécient sortent ensemble, explicita le médecin en essayant vainement de cacher sa gêne.
C'était difficile quand il était incapable de détourner les yeux de son colocataire. Sherlock fronça les sourcils, son regard se réduisant à deux fentes, inclinant la tête sur le côté.
– C'était ce que je proposais.
John crut défaillir. Alors qu'il tentait si désespérément d'oublier qu'il ressentait des choses pour le détective, ce dernier semblait prendre un malin plaisir, soit, à l'aguicher, soit à émettre des sous-entendus absolument insupportables pour John et son imagination bien trop débridée, voire même les deux – ce qui était présentement le cas en cet instant. Le pire c'était que Sherlock ne faisait même pas exprès ! Il ne se rendait même pas compte de l'enfer qu'il faisait vivre à son colocataire. Ledit colocataire avait d'ailleurs beaucoup de mal à contenir son désir en cet instant. Il devait partir, et vite. Sinon il ferait des choses qu'il regretterait.
– Non. C'était pas ça. Du moins, j'espère.
Sherlock se leva d'un bond, faisant sursauter John qui n'était pas encore bien habitué à la dextérité de son colocataire.
– Tu en es sûr ? murmura-t-il en s'approchant.
John recula, mal à l'aise. Qu'est-ce qu'il lui prenait tout à coup ?
– Bien sûr que oui ! Je ne suis pas…
Le dos de John rencontra un mur, le coupant dans sa phrase avant qu'il ne prononce les mots qui le trahiraient. Sherlock n'avait rien sous-entendu de suffisant pour justifier ce qu'il s'apprêtait à dire. Un sourire étirait d'ailleurs les lèvres du détective. Evidemment qu'il avait deviné ses paroles…
– Tu n'es pas quoi ? Gay ?
Sherlock s'était dangereusement rapproché. John sentait son cœur s'affoler dans sa poitrine. Il se colla un peu plus au mur, priant pour avoir la soudaine capacité de les traverser.
– Arrête ça, Sherlock.
L'estomac de John s'était noué mais pas de peur, d'expectation. Il n'attendait que ça et même s'il s'était imaginé plutôt inversés en termes de positions, cela ne le gênait pas. Etait-il vraiment en train de vivre l'un de ses fantasmes ou était-ce juste Sherlock qui jouait avec ses nerfs ?
Le détective appuya ses deux mains sur le mur, près de la tête de John qui retint inconsciemment son souffle. Leurs visages étaient proches. Plus proches qu'ils ne l'avaient jamais été.
– Tu es certain de vouloir que j'arrête ?
Il sentait son souffle sur sa peau. Son haleine. Chaque fibre du corps de John était consciente de cette proximité tant désirée avec le détective. Il était incapable de bouger, d'articuler un mot, paralysé par la peur de rompre l'instant. Il ne s'était rien passé et un feu destructeur se répandait déjà doucement, inexorablement, comme une longue torture dans ses entrailles. Sherlock approcha un peu plus son visage. John ne put s'empêcher de fermer les yeux. Il ne savait pas ce qu'il prenait à son colocataire mais il avait désespérément envie, besoin qu'il n'arrête pas.
Le nez de Sherlock effleura à peine sa joue. John le repoussa violemment. Il ne pouvait pas aller plus loin. Parce qu'il ne se retiendrait plus et parce que tout était beaucoup trop compliqué.
– Mais bordel oui, arrête ça ! lâcha-t-il en se décollant du mur.
Sherlock l'observait, l'air confus, à quelques mètres de lui.
John avait été plus ou moins certain que son colocataire était du même bord que lui, en revanche, il savait aussi que Sherlock ne cherchait aucune relation sérieuse, qu'il se considérait marié à son travail – comme il le lui avait dit lors de leur première enquête ensemble – et John était presque sûr que le soudain comportement du détective n'était dû qu'à quelque chose de… très naturel.
Et brusquement, il se rendit compte qu'il ne voulait pas de ça. S'il désirait autant Sherlock, ça n'était pas seulement charnel mais pas platonique non plus, Sherlock ne l'attirait pas seulement physiquement, tout son être, tel la lumière, faisait graviter autour de lui le papillon prisonnier qu'était John. Tout l'être de John désirait ardemment Sherlock et ça n'était pas qu'une question d'hormones.
C'était plus, beaucoup plus que ça. Comment ne s'en était-il pas rendu compte avant ? Il releva la tête. Sherlock le regardait toujours. John était incapable d'interpréter ce regard. Malgré lui, le feu dans ses entrailles reprit.
– Pourquoi ? interrogea le détective d'une voix rapide, basse, sèche.
John devina qu'il pensait avoir mal interprété les signes qu'il avait vus. Le médecin avait été stupide de croire qu'il pourrait lui cacher son attirance. Il l'admirait tant, le complimentait si souvent, l'observait tellement de fois à la dérobée que c'était absurde de croire qu'il aurait pu tromper la vigilance du meilleur – et seul, certes mais ça ne changeait rien – détective consultant au monde.
– On ne veut pas les mêmes choses, Sherlock. Il faut que j'y aille, je vais être en retard.
Sans un regard de plus, John se détourna et se dirigea vers la porte. S'il se retournait, il serait incapable de quitter l'appartement. La main de Sherlock s'enroula autour de son poignet, l'empêchant de franchir les derniers pas qui le séparaient de l'escalier. Le cœur de l'ex-militaire se mit à cogner furieusement dans sa poitrine. Il refusait de lever la tête, de croiser son regard d'acier.
– Qu'est-ce que tu veux dire ? souffla Sherlock, tout doucement.
John ne répondit pas. S'il lui disait maintenant… Ils ne pourraient pas revenir en arrière. John aimait leur relation telle qu'elle était, peu importe au combien il désirait aller plus loin. Il n'était pas certain que leur amitié survive à ces nouveaux sentiments qu'il ressentait pour son colocataire. Le même colocataire qui tenait encore entravé son poignet, serré entre ses doigts longs et fins.
– Ce que je ressens pour toi… c'est différent de ce que toi tu ressens pour moi. Et je ne veux pas de ce que tu pourrais m'offrir, pas comme ça. Je préfère ne rien avoir plutôt que ça.
Sherlock le fixa, l'air perdu, sans comprendre. Il ne l'avait toujours pas lâché. Il avait dû sentir depuis bien longtemps que le pouls de John avait doublé de vitesse. Ça n'avait pas vraiment d'importance parce qu'il ne lui faudrait pas plus de quelques secondes pour intégrer ce que John venait de dire.
Et effectivement, le médecin vit la révélation s'allumer dans les yeux de son colocataire. Les doigts de ce dernier glissèrent de son poignet à la paume de sa main, s'entrelacèrent à ceux de John qui, de nouveau, retint son souffle.
– Et comment sais-tu exactement ce que je ressens pour toi ?
– De la même manière que toi tu sais, Sherlock.
Il y'eut un instant de silence.
– Alors tu es encore plus mauvais que je ne le croyais.
John n'eut pas le temps de réagir. Sherlock s'était penché vers lui, conquérant et l'instant d'après, les lèvres du détective effleuraient les siennes dans un baiser chaste, timide, presque volé. Cela ne dura qu'une seconde mais John eut l'impression que son cœur allait exploser dans sa poitrine. Quand Sherlock se recula, le médecin relâcha le souffle qu'il avait retenu, sans même s'en rendre compte.
– Mauvais en quoi exactement ? murmura John, essayant tant bien que mal de reprendre contenance.
Sherlock n'avait qu'effleurer sa bouche et il perdait déjà pied. Qu'en serait-il s'ils allaient plus loin ? Il rougit brusquement de ses pensées, comme un adolescent.
– En déductions, souffla le détective avec un sourire.
– Qu'est-ce que je suis censé comprendre ? interrogea John, sur le même ton.
– Ça n'était pas assez explicite ? se moqua gentiment Sherlock, sa main se posant contre la joue de l'ex-militaire.
– J'ai besoin de plus de… tu sais… données…
Sherlock se fit une joie de lui en fournir. Il saisit John par la taille, l'attirant à lui avec une possession que le médecin ne lui connaissait pas et l'embrassa fougueusement. John ne se souvenait pas avoir déjà été embrassé de la sorte. Et il aimait bien trop ça. Il laissa échapper un gémissement, incapable de se contenir. Sherlock profita de la brèche offerte pour s'y immiscer, sa langue rencontrant celle de John avec une urgence presque violente. Sans séparer leurs bouches, l'ex-militaire posa ses mains sur le torse de son colocataire, conscient que seul le fin tissu de la chemise qu'il portait le séparait de lui et le poussa sans ménagement contre le mur.
Plus rien ne l'empêcherait de réaliser ses fantasmes à présent.
Sherlock se retrouva vite acculé, soumis aux bons soins de John. Les lèvres de ce dernier se désolidarisèrent de celles du détective pour venir se poser dans sa nuque. John ferma les yeux. Il n'avait jamais senti son odeur de si près et c'était meilleur que tout ce qu'il avait pu un jour imaginer.
– Sherlock…
– Oui ?
John releva la tête et foudroya faussement du regard son colocataire qui affichait un sourire aguicheur.
– Arrête de sourire comme ça.
– Pourquoi ?
– Parce que le mur n'a aucune envie d'être témoin de ce qu'il se passera après.
John vit avec satisfaction les joues du détective prendre une délicate couleur rosée. C'était assez étrange de le voir aussi vulnérable. John aimait cette facette-là aussi. Il l'embrassa du bout des lèvres. Sherlock s'adonna aussitôt au baiser et John s'appuya un peu mieux tout contre lui, ses mains froissant la chemise d'habitude si impeccablement repassée du détective. A son tour, John s'immisça dans la bouche de Sherlock qui gronda. Quelque chose remua dans l'estomac du médecin. Leurs langues se caressèrent doucement, tendrement et le baiser prit une note moins pressée, plus sensuelle, plus langoureuse, tendre aussi.
John allait exploser de bonheur.
– Mon Dieu, Sherlock…
– N'exagère rien, murmura le détective, ses lèvres encore contre les siennes.
– Espèce d'idiot, assena le médecin avant de l'embrasser encore et encore.
Il ne s'en lasserait jamais, il le savait. Sherlock gémit sous ses baisers et John sentit son désir enfler, prenant une ampleur qu'il ne lui avait jamais connue avant. Il sentait que Sherlock n'était pas en reste lui non plus.
– Sherl… » haleta John mais la bouche du concerné l'empêcha d'achever de prononcer le nom.
Il n'essaya pas de protester. Ce qu'il vivait était bien trop fort, trop bon pour qu'il tente ne serait-ce que de se dérober. Il n'avait aucune pensée pour Sarah qui devait l'attendre, devant son appartement où John était censé la récupérer. Il l'avait oubliée.
Plus rien n'avait d'importance à part le corps de Sherlock contre le sien, sa main dans ses cheveux, leurs bouches se pressant l'une contre l'autre avec passion, ardeur.
Ce que John ressentait pour Sherlock n'était pas de l'amour. C'était bien plus que ça.
Et voilà pour ce OS, j'espère qu'il vous aura plu !
