Salut tout le monde, aujourd'hui encore un court Johnlock qui cette fois prend place durant la saison 1.


TITRE : The (not so) secret blog of Dr. John H. Watson

SITUATION: Saison 1

PAIRING : Johnlock

RESUME : Les pensées que John n'a pas vraiment partagées sur son blog.


Note : Certains passages de cette fic seront tirés du véritable blog mis en ligne par la BBC. J'ai essayé de coller au mieux au style d'écriture du blog. A nouveau, le titre est trop long pour entrer dans le cadre qui lui est destiné, j'ai donc dû le tronquer légèrement.


Ella m'a conseillé de tenir un blog. Elle pense que je n'écris rien. Jamais. La vérité, c'est que je ne préfère pas publier ce que j'écris. Mettre de l'ordre dans mes pensées, oui. Mais les partager aux autres ? Qui cela pourrait-il bien intéresser ? Qui pourrait trouver un intérêt à la vie d'un pauvre médecin militaire, rapatrié à cause d'une balle en pleine épaule, qui peine à joindre les deux bouts, à aider sa sœur à se sortir des affres de l'alcool, à vivre plutôt qu'à survivre ? Mais pour être tout à fait honnête, c'est surtout que je ne veux pas que d'autres que moi sachent ce qui traverse mon esprit.

Ça serait dangereux. Mauvais pour eux comme pour moi. Mais écrire me fait du bien. Ella a raison. Alors ici, dans ce blog secret en quelques sortes, j'écrirai pour me libérer, j'écrirai pour me débarrasser du poids de mes pensées, de mes tourments qui m'alourdissent.

Et peut-être que ça ira mieux.

Je devrai donner des titres à mes écrits. Comme dans un véritable blog. Mais qui verra ça à part moi ? Mais, soit, si je devais nommer celui-ci, ça serait quelque chose comme, Mon rêve récurrent. Assez pathétique, pas vrai ?

Toujours est-il que mes nuits sont hantées par le même rêve, depuis des mois. Depuis que je suis revenu de la guerre. Physiquement. Je sais très bien que mon esprit y est toujours. Qu'il erre incessamment sur les champs de bataille. Je ne pense pas qu'il me reviendra un jour. Mon âme, si je peux le dire comme ça, est restée en Afghanistan. Je me sentais vivant là-bas, sous les pluies de balles. Je sentais mon cœur qui cognait furieusement dans ma poitrine, je sentais l'adrénaline qui incendiait mes veines, comme une drogue.

Ouais, en fait, c'est ça. Une drogue. J'y suis accro. Je ne dois pas être normal. C'est pas normal d'être aussi dépendant de ça. La guerre ne devrait pas me manquer. Je ne devrais pas avoir la furieuse envie d'y retourner. Je dois être fou. Ella pense que la guerre me hante. Elle n'a pas tort. Mais pas complètement raison. Parce qu'elle croit que je suis traumatisé. En fait, je suis juste en manque.

Est-ce que j'y survivrai ? Je n'en ai aucune idée. Parfois, je me dis que ce serait mieux si les balles qui pleuvaient sur mon corps dans mes songes étaient réelles. Que je ne me réveille pas.

Parce que c'est le sujet de cette entrée, mes rêves. Empli de sable, de sang, de cris, de bombes, de balles, d'adrénaline. Je suis de nouveau vivant dans mes rêves, pendant l'espace de quelques heures. Mais à chaque fois, une nouvelle balle m'arrache au songe et je me réveille en sursauts, tremblant, dégoulinant de sueur. Je suis vraiment pathétique. Comment pourrais-je publier ça ? Comment puis-je seulement y songer ?

J'ai besoin de revenir là-bas. C'est viscéral. Je vais devenir fou – si je ne le suis pas déjà.

J'oublie que j'adresse un SOS dans l'air. Peu importe à quel point je crierai, personne ne m'entendra. Je jette des bouteilles vides à la mer.


A strange meeting

C'est la première fois qu'une partie de ces mots sera réellement publiée. Mais je peux m'exposer sans trop de risques cette fois. Il fallait que je parle de ça. Je ne sais pas trop comment poser les mots sur le papier (ou le clavier mais peu importe), mais j'ai besoin de mettre de l'ordre dans mes pensées.

Je marchais dans le parc et je suis tombé sur Mike Stamford. On était amis en quelques sortes du temps de l'université. On a pris un café et j'ai mentionné que je voulais déménager. Il a dit qu'il connaissait quelqu'un dans la même situation. Alors, on est allés à St Barts et il nous a présentés.

Sauf, qu'en fait, il ne l'a pas fait. Il ne nous a pas présentés. Il savait qui j'étais. D'une manière que je ne m'explique pas, il savait tout à mon propos. Il savait que j'avais servi en Afghanistan et que j'y suis devenu invalide. Il a dit que la blessure à ma jambe était psychosomatique mais il n'a pas tout juste. Il savait même pourquoi j'étais là alors que Mike ne lui avait rien dit.

Il faut que je vous parle de lui. Je ne sais même pas à qui je m'adresse. Pour être honnête, je m'en fiche. Parce que c'est lui qui m'intéresse en ce moment-même. Sherlock Holmes. Il est fascinant. Il doit être fou. Il est arrogant et impoli et il a l'air d'avoir seulement 12 ans et pourtant, il est étrangement appréciable. Et attirant. Incroyablement attirant. Je ne sais pas pourquoi je suis autant fasciné par lui. Je suis presque sûr de n'avoir jamais été attiré par un seul homme de toute ma vie – j'étais à l'armée, bon sang, si j'avais dû être gay, c'était bien l'endroit pour le savoir ! – et pourtant… Ses yeux m'hypnotisent. Je suis incapable de décrire leur couleur. Je sais juste qu'ils m'hypnotisent. J'ai de furieuses envies de décoiffer ses boucles brunes. De toucher sa peau d'albâtre.

Et s'il n'y avait que ça… Il est intelligent, diablement intelligent, perspicace. Il est capable de dire tant de choses, des choses intimes à propos de n'importe qui, simplement en les regardant. Il appelle ça la Science de la Déduction. J'ignore comment il fait. Mais je ne peux pas masquer mon admiration. C'est incroyable. Il est incroyable. Stupéfiant.

C'est horrible. J'ai l'impression d'être à nouveau un adolescent. Ce n'est pas normal de ressentir ça. Je ne le connais que depuis quelques heures. Je n'ai jamais cru aux coups de foudre. Ça n'existe pas. J'en suis certain.

Et pourtant, je suis presque sûr que c'est ce qui est en train de m'arriver. Je suis en train de tomber amoureux de Sherlock Holmes.

Je vais sans doute modifier ça avant de le publier. Je ne peux pas prendre le risque que quelqu'un voie ça. Que lui voie ça.


My new flatmate

Je ne sais pas si c'était une si bonne idée d'emménager avec Sherlock. Ce n'est pas parce qu'il est difficile à vivre – même s'il y'a des fois où il est purement et simplement insupportable. C'est parce qu'il est là, si près que je…

Je ne sais même pas décrire ce qu'il se passe en moi quand il est à mes côtés. Il est fascinant. Arrogant, autoritaire, suffisant. Il est dangereux, je le sais. Mais je sais aussi que je ne m'ennuierai jamais avec lui. J'ai retrouvé cette adrénaline qui me manquait tant à ses côtés. J'ai retrouvé la force de vivre. Je n'ai même plus ce boitement psychosomatique. Il avait raison en fin de compte. Il a rarement tort, d'ailleurs.

Il est devenu ma nouvelle drogue. Mon oxygène personnel. Je crois que je suis dépendant. Absolument, affreusement et d'une manière terrifiante, je suis devenu accro à lui. Je sais que ce n'est pas normal. Pas sain. Je ne peux pas m'en empêcher. Comme je ne peux pas m'empêcher de craindre le jour où il se lassera de moi – parce que ça arrivera forcément, comment un être comme lui pourrait-il s'intéresser longtemps à moi ? – et qu'il me demandera de partir.

Je crois que ça sera pire qu'après mon retour d'Afghanistan. Je me suis damné pour lui, je ne sais pas quand, mais c'est le cas. Ça en sera fini de moi le jour où il ne sera plus là. J'aurais dû partir tant qu'il était encore temps. Si tant est que j'en ai eu le temps un jour. Il m'a enchaîné à la seconde où mes yeux se sont posés sur lui.

Mais je ne peux pas le regretter.


A Study in Pink

Sherlock est incroyable. J'ai à la fois l'impression de le répéter trop et de ne pas le dire assez. Mais la chose est ainsi. Il est extraordinaire. Si je n'en étais déjà pas convaincu, je le suis totalement maintenant qu'il m'a emmené avec lui sur une enquête. Enquête qu'il a résolue en seulement une soirée, tout ça parce qu'il était persuadé que la valise de la victime était rose ! C'est stupéfiant. Ses dons sont stupéfiants. Il est capable de lire en n'importe qui comme dans un livre ouvert et c'est vain d'essayer de lui mentir, je le sais.

Mais tout aussi incroyable qu'il l'est lui-même, c'est son ignorance à propos de certaines choses, comme le nom du Premier Ministre ou le fait que la Terre tourne autour du Soleil – voire même globalement tout ce qui a un lien avec le système solaire – ou encore tout ce qui concerne les relations humaines. S'il a pu lire le divorce d'Harry et Clara sur mon portable, je suis intimement persuadé qu'il ne sait pas vraiment à quoi ressemble une véritable relation ou même à quoi ressemble l'amour, tout simplement. Il n'y a qu'à voir son attitude envers la légiste de St Barts, Molly, face à ses nombreuses tentatives pour attirer son attention.

Je ne mentirai pas en disant que les choses m'arrangent. S'il ne peut déduire du comportement de cette fille qu'elle est raide dingue de lui, il ne pourra pas non plus deviner qu'elle n'est pas la seule. Il sera incapable de deviner ce qu'il remue en moi, ce qu'il provoque quand il est dans mon champ de vision, dans mon espace.

Il ne pourra pas deviner que les rêves de guerre ont été remplacés par des images autrement plus agréables que je ne préfère pas décrire. J'ai découvert récemment que j'avais une imagination débordante et j'évite autant que faire se peut de la stimuler dans cette voie-là. J'espère qu'il ne le saura jamais. Parce que je me suis habitué à lui, rapidement, je le sais, à sa présence et ce désir étrange que je ressentais pour lui s'est mué en quelque chose de plus fort, une affection que je ne saurais décrire. Et je ne suis pas certain qu'il soit capable de faire avec un tel sentiment.

Je voulais écrire à propos de cette affaire qu'il a résolue et me voilà encore en train de parler de lui.


John entra dans l'appartement, posant sa veste sur la patère et les clefs sur la table avec un long soupir. La journée avait été longue à la clinique. Il y'avait eu un nombre incalculable d'urgences et il était lessivé. Le médecin se servit un verre qu'il avala cul-sec avant de se tourner vers le salon, en quête de son colocataire. Même si cela ne l'étonnerait pas outre mesure qu'il ait disparu Dieu seul savait où pour le Ciel ne savait quoi.

Mais Sherlock était bien là, engoncé dans son fauteuil, les genoux ramenés devant sa poitrine, concentré sur l'écran de l'ordinateur qui émettait une lumière pâle sur son visage. Il fallut quelques secondes avant que John ne se rende compte que le détective utilisait son ordinateur. Le sang de l'ex-militaire ne fit qu'un tour. Si Sherlock tombait sur ses écrits personnels… Et puis comment cela se faisait-il qu'il… Evidemment… Il avait encore déduit son mot de passe.

«Hey ! fit le médecin en s'approchant. C'est mon ordi, ça !

Sherlock sursauta, la moue de quelqu'un prit en flagrant délit de… – De quoi exactement ? songea John – affichée sur le visage. Lorsque ses yeux tombèrent sur ce que faisait le détective, John devint livide. Il reconnaissait ce texte. Ses pires cauchemars étaient en train de se réaliser. Et il était bien trop mal à l'aise, affreusement gêné, le stress lui tordant violemment l'estomac, pour ne serait-ce que réprimander son colocataire pour son voyeurisme. Alors il ferma simplement l'écran avec violence et récupéra son bien avant de se diriger à grands pas vers les escaliers menant à sa chambre. Il sentait déjà que ses joues prenaient une teinte pivoine et il ne voulait pas que Sherlock le voie en plus de tout le reste.

– John, attends. John !

Il ignora la voix du détective et se mit à gravir les marches quatre à quatre avant de claquer la porte de sa chambre et de déposer son ordinateur avec un peu trop de force sur le bureau. Il ferma la porte à double-tour, Sherlock était bien capable de venir le retrouver ici.

John se laissa tomber sur le lit, passant une main lasse sur son visage. Est-ce que quelque chose de pire que ça aurait pu lui arriver ? Sherlock savait tout à présent. Tout à propos des sentiments que John nourrissait pour lui, il savait qu'il les lui cachait depuis leur rencontre, il savait pour les cauchemars de John, pour son traumatisme. Toutes ces choses qu'il ne voulait confier à personne. Pourquoi avait-il fait ça ?

Une vague de colère s'empara du médecin. Il n'avait pas le droit de pénétrer aussi brutalement sa vie privée. De lire ces choses-là.

John enfonça sa tête dans l'oreiller et laissa échapper un cri de rage, contre lui-même, contre Sherlock. Il espérait seulement pouvoir s'endormir et oublier qu'il avait peut-être tout gâché.

Le sommeil ne venait pas. Cela faisait des heures que John tentait de s'endormir, sans succès. Les derniers évènements ne cessaient de tourner dans son esprit, en boucle. Ça n'arrêtait pas. Il allait devenir fou. John rejeta ses draps et se leva, se saisit sans trop savoir pourquoi de son ordinateur et le déverrouilla. Il tomba sur le document qui hantait ses pensées et pendant un instant, le regarda fixement, sans comprendre.

En-dessous de ses propres lignes, s'étalaient de nouveaux mots, qui lui étaient adressés.

Moi, je m'intéresse à ce pauvre médecin, John. Tu recèles bien plus de points d'intérêt que tu ne le croies. Tu es bien plus que ce que tu croies. Tu es bien plus important que ce que tu croies et pour beaucoup de monde. Moi compris. C'est étrange de te dire ça. Je me demande comment tu réagiras en découvrant ça. Tu seras sans doute en colère contre moi pour avoir violé ton intimité mais je m'ennuyais.

Je savais déjà pour tes cauchemars, tu sais. Tu pensais que les morceaux de violon à n'importe quelle heure de la nuit étaient dus à mon manque de respect pour le reste du monde mais la vérité c'est que j'essayais de t'apaiser. Je ne sais pas si ça a marché.

Tu es juste accro à l'adrénaline. C'est peut-être pour ça que tu restes près de moi. Parce que je t'apporte cette sensation qui te manque tant.

C'est toi qui es incroyable. Tu es la seule personne à m'avoir accepté tel que je suis. A m'aimer si je comprends bien. Personne ne m'a jamais dit ça avant. J'ai toujours été seul, John. Jusqu'à notre rencontre, cela ne m'a jamais dérangé. Maintenant, je me rends compte que j'aurais du mal à vivre sans toi. Si tu partais. Je ne voudrais jamais que tu partes, John. Tu es peut-être dépendant de moi, mais je suis dépendant de toi. De tes compliments. De ta patience. De ta présence.

Je ne pensais jamais m'intéresser tant à un autre être humain un jour, ni même apprécier autant la compagnie de quelqu'un. Tu as changé mes convictions.

Je comprends ce que tu veux dire quand tu parles de se libérer. C'est tellement plus simple de te dire toutes ces choses par écrit. Je ne sais pas si je m'y prends bien. Je n'ai jamais été très doué avec les mots. Ou les sentiments.

Je ne sais pas si je pourrais te rendre ce que tu me donnes. Tout cet… amour ? Je ne sais pas ce que c'est vraiment, tu as raison. Je ne sais pas non plus pourquoi j'ai envie d'essayer.

John leva les yeux de l'écran. Il rejeta les draps qui le couvraient avec précipitation et sans même prendre le temps de se chausser, dévala les marches quatre à quatre, se retrouvant presque aussitôt devant la porte de la chambre de son colocataire.

Il aurait hésité si ça n'avait pas été aussi tard et s'il n'était pas galvanisé par les mots qu'il venait de lire. Le médecin ne prit pas la peine de frapper et entra en ouvrant violemment la porte. Sherlock lui adressa un drôle de regard, se redressant dans le lit – John savait sans trop de mal que lui non plus ne dormait pas – inclina la tête sur le côté.

John, la main toujours sur la poignée qu'il avait actionnée, le contempla un long moment, détaillant chaque portion de ce corps qu'il avait tant désiré dans le silence. Son cœur battait la chamade, cognant avec violence contre sa cage thoracique. Il était conscient que s'il avançait encore, ils franchiraient un pas et ne pourraient jamais revenir en arrière. Les choses dépendaient de lui à présent.

– Tu as mis plus de temps que je ne le pensais, murmura finalement le détective avant de lui sourire faiblement, presque timide.

John sentit une étrange chaleur élire domicile sur ses joues. Sherlock si incertain était la chose la plus adorable et la plus magnifique qui lui avait été donnée de voir. Il n'hésita plus. Il était certain de ce qu'il voulait. Le médecin referma doucement la porte et s'avança lentement vers le lit où était toujours assis son colocataire. Il n'avait aucune envie de brusquer les choses.

Il se retrouva finalement au pied du lit, le regard rivé sur Sherlock qui ne le quittait pas des yeux lui non plus. Le détective se redressa soudain, se levant pour être face à John, qui retint son souffle. Ils étaient incroyablement proches. La tête lui tournait. Il nageait sans doute en plein rêve et se réveillerait bientôt, résigné par l'impossibilité que ceux-ci se réalisent.

Sherlock effleura les doigts de John, y laissant une traînée brûlante. Le médecin ne lui laissa pas le temps de les retirer et se saisit de sa main. La sensation de celle-ci dans la sienne était chaude et il pouvait percevoir le pouls du détective qui s'était accéléré. John sourit. Si c'était un rêve, il était incroyablement réaliste.

Il releva la tête, plongeant son regard dans les yeux d'acier de Sherlock, se noyant dans ses iris si transparentes d'intelligence, brillant de l'être auquel elles appartenaient. De sa main libre, John effleura la joue du détective qu'il sentit frémir sous ses doigts.

Ne recevant aucun rejet, John fit remonter sa main le long des pommettes saillantes de son colocataire, effleura son front avant de se glisser avec douceur dans les mèches folles qu'il avait tant de fois rêvé de toucher. Ça n'était qu'une caresse chaste. Pourtant, le cœur du médecin s'emballa plus encore et il sentit que Sherlock frémissait, aperçut à la lumière de la lune que sa peau se couvrait de chair de poule.

Durant tout le temps que dura l'instant, leurs yeux ne s'étaient pas quittés. La main de John était toujours enroulée dans les cheveux de Sherlock. Leurs doigts étaient toujours liés. Aucun d'eux ne voulait bouger, briser la magie de l'instant. Aucun d'eux ne voulait franchir la fine ligne qui les séparait de ce qu'ils désiraient tant tous les deux.

Quelques secondes passèrent. John se rapprocha encore du détective. Il se dressa un instant sur la pointe des pieds et dans un murmure, à peine audible, son souffle effleurant le visage de Sherlock, il demanda :

– Je peux ?

Sherlock hocha la tête, doucement. La main de John rejoignit à nouveau la joue de son colocataire et très doucement, il posa ses lèvres sur les siennes. Sherlock se pressa tout contre lui, leurs torses entrant en contact, s'imbriquant à la perfection l'un dans l'autre tandis que leurs lèvres se découvraient doucement, langoureusement, amoureusement. Leurs fronts entrèrent en contact quelques secondes plus tard et John ouvrit les yeux, son regard rencontra l'acier de ceux de Sherlock et il sourit.

– Je crois que je sais maintenant.

John haussa un sourcil, la question muette se lisant sur ses traits. Sherlock sourit à son tour.

– Je t'aime.

Le cœur du médecin bondit dans sa poitrine, rata un battement, fit quelques loopings avant de reprendre sa place initiale et il se pencha à nouveau vers Sherlock pour l'embrasser comme il n'avait jamais embrassé qui que ce soit. Ses mains trouvèrent avec naturel les hanches de son colocataire, les entourant dans une étreinte possessive tandis qu'il pressait leurs bouches l'une contre l'autre.

Sans cesser de l'embrasser, John poussa son colocataire sur le lit.

– Je t'aime, » dit-il à son tour, son visage enfoui dans le cou du détective.

Les bras de Sherlock se refermèrent autour de lui. John se blottit mieux contre lui, enlaçant son compagnon avec force, l'embrassant encore et encore jusqu'à ce que leurs lèvres soient rouges de baisers, mais il savait qu'il n'en serait jamais rassasié.

Ils s'endormirent ainsi, enlacés sur les draps défaits, leurs cœurs battant à l'unisson du même amour ineffable qui les unissait.