Salut tout le monde, aujourd'hui, comme promis, un Jonhlock BBC classique. Son titre est inspiré de la chanson de Bilal Hassani, Je danse encore.
Bonne lecture !
TITRE: Tu danses encore
SITUATION: Entre The Blind Banker (SE1EP2) et The Great Game (SE1EP3)
PAIRING: Johnlock
RESUME: Inspiré par ce meme: https/pin.it/6UgK8Vp .
Sarah a demandé à John de l'emmener à une soirée dansante. Le problème ? Le médecin a deux pieds gauches. Evidemment, Sherlock se rend compte de son dilemme et lui propose de l'aide.
John déposa sa veste dans sa chambre avant de redescendre sans grand enthousiasme les marches qui menaient au salon du 221B. Il espérait que Sherlock serait dans un de ses rares moment de «potabilité», comme le médecin se plaisait à les appeler. Il n'était pas vraiment d'humeur à se disputer avec son colocataire.
En fait, depuis qu'il avait – plus ou moins – échapper à la mort dans les tunnels sombres du métro londonien, il n'était plus vraiment d'humeur à grand-chose. Il se rendait au cabinet parce qu'il fallait bien payer le loyer, accompagnait occasionnellement Sherlock sur quelques affaires et sortait, encore moins souvent, avec Sarah le soir. Il ne savait plus vraiment où il en était avec elle, d'ailleurs et c'était bien le cœur du problème. Il s'était rendu compte que leur relation était vouée à l'échec, en partie parce qu'il n'y avait pas franchement grand-chose entre eux, comme il l'avait d'abord cru. Il était à peu près certain qu'elle s'en était rendue compte elle aussi mais elle refusait pour autant de le lâcher et chaque fois qu'il essayait de mettre les choses au clair, elle changeait de sujet. Il ne savait pas vraiment comment rompre et la chose le troublait plus qu'il ne l'aurait voulu.
D'autant plus que Sarah n'était pas la seule dans l'équation. Depuis l'aventure qu'il avait nommé Le Banquier Aveugle, John essayait de faire abstraction d'une nouvelle inconnue, à savoir sa relation avec son colocataire. Il s'était rendu compte alors qu'ils étaient tous les trois en danger qu'il craignait plus pour la vie de Sherlock que pour celle de Sarah, que s'il avait à faire un choix, celui-ci serait vite fait et en y repensant, il trouvait la chose beaucoup, beaucoup trop étrange.
Et il ne tenait pas vraiment à en explorer les raisons.
Quand il entra dans le salon de leur appartement, Sherlock jouait du violon, face à la fenêtre. John l'observa un instant, à l'autre bout de la pièce, appuyé contre le mur – l'un des seuls qui n'avaient pas encore connu les dégâts que pouvaient causer l'ennui du détective.
La silhouette gracile de son colocataire se découpait dans la lumière crue du ciel de décembre tandis que la musique retentissait. C'était un rythme lent, plutôt répétitif et un brin mélancolique – ce qui fit hausser un sourcil à John, pourquoi Sherlock jouerait-il ce genre d'air ? – mais d'une étrange beauté. Ce que jouait Sherlock était de toutes façons toujours d'une beauté parfaite et mesurée.
La musique rappela au bon souvenir du médecin l'objet de ses récents tourments. Il grimaça. Sherlock choisit cet instant pour cesser de jouer. L'archet glissa sur la dernière note avant que le détective ne se tourne vers John, le violon à la main.
«Qu'est-ce que Sarah a encore fait pour te mettre dans cet état ? interrogea-t-il.
John roula des yeux, un imperceptible sourire aux lèvres. Il n'allait même pas lui demander comment il avait déduit cela. Il était conscient que sa réaction n'était pas tout à fait normale. Comment pouvait-on être à la fois exaspéré et amusé ?
– Elle veut que je l'amène à une soirée dansante. Le genre de trucs mondains et guindés que je déteste, répondit John en s'installant dans son fauteuil.
Sherlock haussa un sourcil, son regard se faisant plus perçant tandis qu'il observait John. Ce dernier baissa les yeux. Il avait beaucoup de mal à soutenir le regard de son colocataire ces derniers temps.
– Il y'a autre chose.
John soupira. Comment les parents des Holmes avaient-ils survécu à ça pendant des années ?
– Je suis incapable de mettre un pied devant l'autre.
A la surprise de John, Sherlock esquissa un sourire, presque moqueur. Le détective était visiblement de bonne humeur et c'était rare.
– Tu veux dire qu'un type capable de faire une opération en urgence tout en criant des ordres sous une pluie de balles ne sait pas comment danser la valse ?
C'est un compliment ? songea John.
– C'est pas drôle, Sherl… Attends, la valse ? Comment est-ce que tu sais que…
– Il y'a des affiches tous les dix mètres dans toutes les rues de Londres. Difficile de les manquer.
Le sourire n'avait pas quitté les lèvres du détective. John trouvait presque ça agaçant.
– Tu ne sais vraiment pas danser ?
– Puisque je te dis que non !
Sherlock étouffa un rire. John haussa un sourcil. Son attitude était presque suspicieuse. Avant que John n'ait pu investiguer plus loin le terrain, le détective posait son violon sur la table et s'approchait de lui en lui tendant une main.
– Je peux t'apprendre.
– Toi ? fit John, croyant à une blague.
– C'est difficile à croire mais j'ai toujours aimé ça.
Cette fois, John dut ouvrir des yeux immenses car Sherlock fronça les sourcils.
– Effectivement, j'ai du mal à m'imaginer. Toi, la valse ?
Sherlock roula des yeux. La patience n'avait jamais été son fort, exception faite aux nombreuses fois où il veillait dans une planque l'arrivée d'un criminel.
– Puisque je te le dis.
Il y'eut un instant de flottement, leurs regards se croisèrent. Sherlock agita finalement la main devant le visage de son colocataire.
– Alors ?
John baissa les yeux, soudain cramoisi. S'imaginer tout contre le corps de Sherlock, le toucher et être touché, sentir son odeur, s'en enivrer et… Il n'aimait pas du tout la tournure que prenaient ses pensées et surtout les images – qu'il ne pouvait s'empêcher d'arrêter de s'imposer à lui – qui s'emparaient de son esprit.
– John ?
– Ne t'en fais pas. Je trouverai une excuse, quelque chose…
– Non.
Le médecin releva brusquement la tête, oubliant qu'il devait avoir des allures d'écrevisse, surpris par le ton catégorique de Sherlock.
– Pardon ?
– John, tu es le pire menteur que je connaisse. Elle ne te croira jamais.
– N'importe quoi !
Sherlock lui adressa un regard tout sauf crédule. Il agita de nouveau les doigts. John roula des yeux, soupira pour la forme et se leva. Il se saisit de la main du détective qui affichait un sourire triomphant. John n'avait de toutes manières jamais réussi à lui enlever une idée de la tête une fois que celle-ci s'était installée dans son esprit et trouvait mieux de déclarer forfait que de se disputer avec lui pour de telles futilités.
Sans lâcher sa main, Sherlock se saisit de son portable pour lancer une musique. John reconnut aussitôt celle-ci comme l'une des créations du détective. Il n'était pas particulièrement mélomane ni même doué en la matière, en revanche, la musique de Sherlock avait quelque chose de particulier qu'il aurait reconnu entre mille. Elle était comme lui, finalement, unique.
John contempla ses chaussures à l'instant même où la pensée traversa son esprit. Il n'aimait pas le tour que celles-ci prenaient et ils n'avaient même pas commencé à danser. Le médecin essaya de se concentrer sur la musique et finit par se rappeler que Sherlock l'avait jouée un soir – peut-être même en plein milieu de la nuit – aux prémices de leur colocation. John avait de nouveau été réveillé par un cauchemar et était trop dans les vapes pour pouvoir se rendre compte des accords presque langoureux de l'archet sur les cordes. C'était la musique qui l'avait replongé dans un sommeil sans rêve.
– John ? Il faudrait que tu commences par me regarder.
L'intéressé laissa échapper un discret soupir – qu'il savait ne pas pouvoir tromper son colocataire – et leva les yeux. Il n'avait pas eu besoin de le voir pour savoir que Sherlock s'était rapproché de lui. Il le surplombait de toute sa hauteur et John ne put s'empêcher de détailler son visage; les grains de sa peau, les mèches noires qui s'enroulaient sur son front et la couleur changeante, indescriptible de son regard.
– Pose ta main sur ma taille.
– Qu… Pardon ? s'étouffa John, une brusque bouffée de chaleur venant élire domicile sur ses joues.
– Tu as oublié tes cours d'anatomie, John ?
Le médecin était incapable de répondre, trop gêné, trop confus pour le faire.
– A moins que Sarah ait décidé d'échanger les rôles ?
Sherlock pouvait être incroyablement misogyne parfois.
– Excuse-moi, une seconde.
Avant que Sherlock n'ait pu répliquer, John se détachait de lui pour aller fermer les rideaux de leur salon et la porte. Les gens jasaient bien assez sans que son ami soit pris de lubies de ce genre et on n'était jamais trop prudents. Il revint vers le détective et sans le regarder, s'approcha d'un pas qu'il voulait décidé avant de poser sa main sur la taille de Sherlock. Il ne bougea pas, ne frémit pas. Il détestait pourtant les contacts physiques.
– Ne regarde pas tes pieds, John.
Il obéit, mal à l'aise et plongea son regard dans celui de son ami. Ce dernier semblait osciller entre l'exaspération et l'amusement et John se dit que rien n'était normal dans leur relation. La main de Sherlock vint se poser sur son épaule, l'autre serra mieux la sienne entre ses doigts, corrigeant leur position et il commença à dicter les mouvements d'une voix basse que la musique recouvrait presque. John ne soutint pas le regard de Sherlock plus de deux minutes, se sentant rougir encore, gêné, étourdi par la proximité de leurs corps.
Il se demandait s'il pourrait encore nier l'évidence après ça.
– John. Regarde-moi.
La voix de son colocataire était comme magnétique et, tout en s'emmêlant les pieds, trébuchant sur le tapis du salon, John releva les yeux. Alors qu'il perdait l'équilibre, la main de Sherlock avait quitté son épaule pour se loger dans son dos, répandant une chaleur destructrice dans celui-ci. L'incident passé, le détective reprit le lead de la même voix basse, grave et rauque, incroyablement chaude, une voix, qui, associée à leur proximité physique, donnait des frissons et le tournis à John.
Il se dit que non, il ne pouvait plus nier l'évidence. Il ne savait pas vraiment comment c'était arrivé, si ça avait toujours existé ou si c'était le temps et leur colocation qui l'avaient provoqué mais une chose était sûre, c'était là et il ne pouvait plus l'ignorer.
Bizarrement, l'accepter était beaucoup plus simple qu'il ne l'avait imaginé de prime abord. Il était tombé amoureux de Sherlock, de son mauvais caractère, de sa clairvoyance, de son intelligence, de son arrogance et il ne pouvait rien y faire.
–Enfin, murmura la voix de l'objet de ses pensées.
John se figea, stoppant le mouvement qu'ils avaient amorcé. Un sourire étirait les lèvres de Sherlock.
– Enfin quoi ?
– Tu as mis du temps à comprendre.
Soudain, les pièces du puzzle se mirent en place. L'étrange comportement de son colocataire tout à l'heure, sa bonne humeur… Il avait tout prévu. Cet enfoiré avait toute prévu et il savait parfaitement qu'il ne lui manquait qu'un coup de pouce pour prendre conscience de ses sentiments et les accepter.
– Comment est-ce que tu pouvais savoir ça ?
– Au vu du type de femme que Sarah semble être, il est plutôt simple de déduire qu'elle voudra participer à ce genre de futilités que sont les bals. Votre couple bat de l'aile et elle le sait et elle pensera que ce serait une bonne idée pour raviver la flamme.
– Et tu t'es dit que c'était une bonne idée de me donner des cours de danse ?
Sherlock n'avait qu'un fin sourire aux lèvres. Son regard pétillait de malice.
– Tu avais besoin d'aide. Tu sais… Tu vois mais n'observes pas.
– Oh, tais-toi, tu veux.»
Et pour l'empêcher de protester, John posa son autre main sur la taille du détective, l'enlaça plus fermement et posa ses lèvres sur les siennes.
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