Salut à tous ! Aujourd'hui ultime partie de cette histoire qui clôt Nouvelles Holmésiennes. On se retrouve en fin de chapitre pour une petite note d'autrice.
RAR:
Liseron (guest) : Ah, je suis contente d'avoir pu te surprendre (j'imagine que c'est ça que tu voulais dire ?) ! D'ailleurs, ce n'est pas non plus la fin à laquelle je m'attendais quand j'ai commencé à écrire ce texte... disons que mes personnages ont pris le lead et m'ont emmenée où bon leur semblait. Comme tu peux le voir, il y'a effectivement une petite suite dans cette dernière partie et comme je le disais dans ma note d'autrice sur la première partie, je n'exclue pas de prolonger cette nouvelle et d'en faire une fic à chapitres. Si c'est le cas, le rendez-vous sera sur Watpadd. Pour l'heure, je suis concentrée sur un autre projet qui risque de me prendre un peu de temps, donc cette suite, si elle voit le jour, ne sera pas là avant un bon bout de temps ! En tout cas, dans l'hypothèse où cela arrive, j'espère t'y retrouver ! J'en profite pour te remercier de ta constance dans tes reviews, c'est un vrai booster et ça me fait vraiment plaisir ! Sur ce, je te souhaite une bonne lecture et espère que la "vraie" fin de cette histoire te plaira !
18 janvier 1884, Londres
Je n'ai jamais jeté ces quelques lignes comme j'avais voulu le faire. Je n'ai jamais pu m'y résoudre. Peut-être qu'au fond de moi, j'ai toujours su que cette histoire n'était pas encore terminée. Pas tout à fait. Peut-être savais-je qu'il en manquait l'épilogue, une fin un peu inattendue.
Alors, lecteur fantôme, une dernière fois, je reprends la plume pour vous en conter l'achèvement.
Il se passa trois ans après que j'appris la mort de Sherlock Holmes.
Trois longues années où je dus surmonter un deuil que je n'aurais jamais cru avoir à porter, un deuil qui ouvrit en mon être un gouffre aussi large que l'espace où coulaient ces chutes dans lesquelles il avait disparu.
Trois longues années durant lesquelles, Mycroft et moi nous appliquâmes à faire valoir nos idées quelque peu révolutionnaires.
Trois longues années qui virent advenir la fin de la guerre contre les cyborgs.
Trois longues années où jamais je ne me sentis si seul.
Et puis soudainement, il y'eut un miracle. Comme tout miracle qui se respecte, il fut inattendu. Inespéré. Et comme tout miracle, il débuta au cours d'une situation on ne peut plus banale.
J'étais dans mon salon à Baker Street, seul. La cheminée chauffait agréablement la pièce et le bois qui craquait régulièrement donnait à l'endroit une ambiance chaleureuse. Lorsque j'avais publié cette aventure en hommage à Holmes, je ne m'attendais nullement à rencontrer le succès. Je ne le cherchai pas non plus, mon seul but avait été de rendre l'hommage qu'il méritait à un être cher. Mais une fois une première partie de l'histoire postée dans Le Strand, l'engouement fut tel que bientôt, des éditeurs me pressaient pour obtenir les droits de publier le texte. J'acceptai et mes écrits parcoururent l'Europe entière. Sherlock Holmes devint une légende. Je recevais régulièrement du courrier d'admirateurs. J'étais en train de les lire, lorsqu'on frappa à ma porte.
Ma logeuse entra ensuite dans la pièce. Reposant sur mes genoux la missive que je lisais, je me tournai vers elle.
– Il y'a un homme qui dit s'appeler Mr Holmes à la porte. Il souhaiterait vous parler.
– Faites-le monter.
Je me demandai ce que pouvait bien me vouloir Mycroft pour sortir dans le froid et la neige de ce mois de janvier. Cela devait être important, assurément. Je me replongeai dans la lettre que je tenais en attendant qu'il monte. Mrs Hudson avait laissé la porte ouverte à son intention. Quand j'entendis les pas qui se rapprochaient, je demandai, tout en reposant le dernier pli que j'avais reçu sur la table basse :
– Un problème, Mycroft ?
– Je crains que vous ne fassiez erreur sur la personne.
Je me figeai. Cette voix… cette voix, elle avait hanté mes nuits trois ans durant. Je devais rêver. Oui, bien entendu, je devenais complètement fou. Sénile. Cela devait être en latence depuis des années et ne se réveillait que maintenant pour une raison qui m'échappait. La voix que j'entendais avait disparu avec son propriétaire en Suisse, au fond des chutes de Reichenbach.
Je me tournai pour saluer Mycroft mais ma voix resta bloquée dans ma gorge. N'aurais-je pas été persuadé que je rêvai que, je l'avouai sans honte, j'aurais fait un malaise. Peut-être m'étais-je endormi en lisant mes missives. Cela n'était que les fantômes de mon passé qui venaient me hanter.
Parce qu'en face de moi, il y'avait un visage que jamais je n'aurais cru revoir. Des cheveux noirs qui ondulaient avec grâce au-dessus des épaules, un visage aux traits volontaires, fin et émacié qui semblait avoir été taillé dans un marbre pur, des yeux gris perçants, tels un orage menaçant. Une stature haute et altière sur un corps long et fin. Une aura de suffisance et d'arrogance.
Mon esprit était-il assez cruel pour faire revenir Sherlock Holmes d'entre les morts ?
Je l'observai longuement. Il était comme dans mes souvenirs. Je me gorgeai de son image, de peur que le sommeil ne me quitte et ne m'arrache à ce rêve qui était pourtant si bon. Le réveil n'en serait que plus dur, je le savais. Autant profiter de l'instant avant qu'il ne soit trop tard.
Je m'avançai lentement, pour le rejoindre. Malgré moi, j'avais du mal à croire à ce que je voyais, parce que mon cerveau pouvait très bien créer un mirage qui disparaîtrait dès lors que je me serai trop approché.
Ce fut une main tremblante que j'approchai du visage de Holmes. Une main tremblante qui rencontra la surface chaude et lisse – je n'avais jamais eu de rêve aussi réaliste – qui s'y déposa alors que je plongeai mon regard dans le sien, me noyant dans cet océan gris. Oh, je ne voulais plus jamais m'éveiller. Je laissai mes doigts errer jusqu'à ses cheveux, éternisant cette caresse que j'aurais voulu, que j'aurais dû faire il y'a bien longtemps. Il ne s'écarta pas, pas une seconde, se contentant de me fixer.
Alors doucement, je réduisis la distance – infime – qui nous séparait et je l'embrassai. Il ne réagit pas immédiatement, comme l'aurait sans doute fait le véritable Holmes dans cette réalité que je n'avais pas su saisir, mais je sentis qu'il répondait au baiser. Sa main vint se loger au creux de mes reins, répandant un feu destructeur dans mes entrailles alors que je me pressais contre lui, le cœur battant la chamade, mes doigts se perdant dans ses cheveux.
C'était un feu d'artifice de sensations que m'offrait mon esprit en ce moment et je voulais tant, tant rester à jamais coincé dans ce rêve.
– Je ne m'attendais pas à un tel accueil, fit-il d'une voix rauque, son front rencontrant le mien.
Ma main redescendit à nouveau contre sa joue, caressant sa peau comme s'il s'était agi du plus précieux des trésors. Peut-être qu'à mes yeux, ça l'était.
– Vous semblez si réel…
Une lueur s'alluma dans le regard du détective. Je vis ses pensées défiler dans ses yeux. Et puis finalement, son attention revint sur moi et il semblait triste. Je ne comprenais pas. A quoi jouait donc mon cerveau ?
– Oh, Watson…
Je ne lui laissai pas le temps d'en dire plus, je ne voulais pas que ce rêve se transforme en cauchemar, je devais en garder le contrôle. Je le poussai en arrière, le plaquai contre la porte et entrepris de l'embrasser comme je n'avais jamais encore embrassé qui que ce soit. Mes mains volèrent à l'assaut de ses hanches, les frictionnèrent à travers le tissu.
Il gémit soudainement et je m'arrêtai aussitôt. Son visage se tordait de douleur. Je le lâchai et contemplai mes mains. Elles étaient couvertes de sang.
Son sang.
– Je crois que j'aurais besoin d'un médecin…
Il essaya de sourire mais la douleur qu'il avait retenue jusqu'alors l'en empêchait. Je m'attendais à ce que son visage devienne celui de mes amis disparus mais rien de tout cela ne se passa. Il perdit simplement l'équilibre et me tomba dans les bras. Je le retins in extremis et d'un geste sous le menton, lui redressai la tête.
– John, vous n'êtes pas en train de rêver.
Je le contemplai un instant, perdu, le temps de réaliser pleinement ce qu'il était en train de me dire. S'il disait vrai, si cela n'était pas un énième tour de mon esprit, alors il était vivant. Bel et bien vivant et par un miracle inexpliqué, il était sorti indemne des chutes de Reichenbach. C'était impossible pourtant. Le mécanisme qui le maintenait en vie avait été disloqué. Je le savais, je l'avais lu. Il ne pouvait pas être en vie.
Et pourtant, et pourtant, il était là, devant moi. Et il était blessé.
Je remettrai mes questions existentielles à plus tard. Je le soutins jusqu'à ma chambre et le déposai sur le lit avant de sortir ma trousse de médecin, une drôle impression de déjà-vu qui m'envahissait. Il se laissa déshabiller le temps que j'observe sa blessure. Je remarquai par la même occasion que son armure de métal était intacte.
– Qu'avez-vous encore fait ? murmurai-je en désinfectant la plaie.
C'était vraisemblablement l'œuvre d'une lame qui s'était enfoncée dans sa peau. Assez profondément qui plus est. Il n'était pas étonnant qu'il souffre. Il ne me quitta pas des yeux tout le temps que je le soignai. J'apposai finalement un bandage autour de ses flancs avant de replonger mon regard dans le sien.
– Pas de sortie à la recherche de criminels cette nuit, d'accord ?
Il se contenta de sourire et ferma les yeux un instant. Son front perlait de sueur. Combien de fois avait-il fini dans un tel état ces dernières années ? Comme aimantée ma main vint se loger dans ses cheveux une nouvelle fois. Il entrouvrit les paupières.
– Vous êtes vraiment là ?
J'étais fébrile. J'avais encore du mal à croire à ma chance. Je n'arrivai pas à y croire. C'était trop beau pour être vrai. Son retour, ces baisers… C'était impossible.
– Oui. Je suis là, John. Je suis revenu.
Ses doigts, échoués sur les draps, cherchèrent les miens un instant. Dès lors qu'il les eût saisis, il les serra fort et ne les lâcha pas, même lorsqu'il s'endormit, quelques minutes plus tard. Je m'allongeai à ses côtés peu de temps après et, c'est serré contre lui, comme pour mieux le retenir, que je sombrai à mon tour dans le sommeil.
Je me réveillai le lendemain, au creux d'une étreinte, la sensation d'une chaleur humaine partageant la mienne. En ouvrant les yeux, je tombai sur le visage de Holmes qui me souriait tendrement. Une joie intense s'empara de moi. Je n'avais pas imaginé la veille. Il était vraiment revenu, il m'avait été rendu! Riant et pleurant tout à la fois, j'écrasai mes lèvres contre les siennes, euphorique, incapable de seulement me décider pour une seule émotion à la fois. Il y'avait trop de choses qui tempêtaient sous mon crâne, trop de questions, de craintes, de joies et je ne pouvais me concentrer sur aucune d'entre elles.
Seulement sur le miracle, l'incroyable miracle qui m'était offert.
Le baiser dura longtemps, si longtemps que lorsque nous nous séparâmes, je n'avais plus un souffle d'air mais c'était secondaire. Il était là, c'était tout ce qui comptait. Je l'observai un long moment, grisé par l'instant, par ces sentiments que j'avais laissé exploser. Jamais de ma vie, je n'avais été si heureux qu'en cet instant.
– Bonjour Watson.
Je lui offris un sourire rayonnant en guise de réponse avant de me recoucher contre son épaule. Son menton vint se poser sur mon crâne presque aussitôt. Je laissai mes doigts errer le long de ses flancs, caressant la peau nue avec la ferme intention d'en retenir toutes les courbures. Je sentis que ses lèvres se déposaient à la naissance de mon front et je frémis.
– Comment avez-vous pu sortir vivant de cet abîme ? murmurai-je au bout d'un long moment.
J'avais besoin de savoir pour me persuader que tout ceci ne se déroulait pas dans mon esprit.
– Tout simplement parce que je n'y suis jamais tombé.
Je me redressai abasourdi, fixant d'un œil éberlué mon compagnon dont le visage se peignait d'un sourire amusé. Oh, comme cette grandiloquence, ces phrases au dramatisme exagéré m'avaient manqué ! Je ne pus m'empêcher de lui voler un baiser.
– Vous n'y êtes pas tombé ? repris-je quand mes lèvres furent libres, mes doigts enroulés dans ses cheveux.
Il fit non de la tête.
– Après mon départ de Londres, Moriarty m'a ramené dans son laboratoire bien dissimulé, déterminé à reprendre les expériences qu'il avait mises entre parenthèses après ma fuite. Vous imaginez bien que la première chose qu'il me demanda fut de lui livrer le secret de l'ignisium. Je refusai tout en lui promettant que je reproduirai la formule qui m'avait permis d'obtenir ce métal. Je lui fis savoir qu'il s'agissait d'une assurance. Il avait besoin de moi, vivant, pour continuer ses travaux et comme je ne révèlerai rien sous la torture, il ne pouvait m'arracher ma recette. Dès lors, il me reconfia la pièce que je possédai avant mon départ et où je menais mes propres expérimentations. Je lui dis avoir besoin de temps pour recréer ce métal. Entre temps, je recontactai secrètement mon frère. Il m'aida à façonner un plan pour me débarrasser, d'abord de Moriarty, puis de son réseau corrompu. Nous conclûmes que la meilleure façon d'éteindre sa vigilance était de lui faire croire que j'étais revenu de son côté. Croyez-moi, Watson, agir comme si de rien était avec l'homme qui a fait de mon existence le pire des enfers fut sans doute le plus difficile de cette entreprise. Mais j'y parvins. Mycroft et moi arrivâmes à trouver un moyen de piéger Moriarty, l'araignée au centre de la toile. Alors qu'il me pensait travaillant à la fabrication de l'ignisium, je m'attelai à celle d'un automate, en tout point mon jumeau. Il me fallut de longs mois de travail avant d'obtenir un résultat parfait. Je prévins Mycroft dès mon travail terminé et à l'aide d'une offre alléchante d'achat de quelques cyborgs en Suisse, il attira Moriarty là-bas. Je l'y suivis. Près des chutes, je prétextai vouloir discuter avec lui et lui donnai rendez-vous devant le chemin qui y menait. Là-bas, je fis intervenir mon automate. Je peux vous assurer avec fierté que Moriarty n'y vit que du feu. Je fis parvenir quelques phrases à distance à la machine pour entraîner mon ennemi jusqu'au bord des chutes. Puis je lui ordonnai de projeter le professeur dans les flots. Il lutta quelques instants mais ma machine était bien plus forte que lui. Ils tombèrent ensemble et s'écrasèrent au bas des chutes. Voilà comment j'ai pu survivre à Reichenbach, tout simplement, je n'y suis jamais allé. Pas de la façon dont vous l'avez raconté dans votre roman.
– Vous… vous l'avez lu ?
Holmes acquiesça.
– Je me doutai depuis un moment que votre intérêt à mon égard n'était pas simplement amical, Watson, mais j'en eus la confirmation en lisant vos mots.
Je rougis furieusement. Et dire que j'avais modifié mes écrits pour ne rien laisser paraître ! J'espérai qu'il était bien le seul à avoir lu entre les lignes.
– J'en suis flatté, me glissa-t-il à l'oreille et je frissonnai.
J'aurais voulu clore enfin cette conversation et ne faire qu'apprécier le miracle de son retour, mais il restait pourtant une chose que je voulais éclairer.
– Pourquoi n'être pas revenu après cela ?
– Je vous l'ai dit. Il fallait que j'élimine le réseau de Moriarty. Pendant trois ans, j'ai dû détisser cette toile qu'il avait construite. Puis ma traque me ramena à Londres. Il ne restait qu'un fil à couper, Sébastian Moran. Le plus fidèle des cyborgs de Moriarty. Une véritable machine à tuer. Mycroft m'aida encore une fois à piéger mon ennemi. Il plaça un mannequin à mon image dans un appartement, non loin d'ici. Je l'attendis dans le bâtiment d'en-face. Je savais que Moran viendrait ici pour tirer. Il se montra, comme prévu et alors qu'il s'apprêtait à tirer, je sortis de l'ombre et le menaçai de mon revolver. Malheureusement, Moran était quelqu'un de fort et je dus lutter avant de pouvoir l'abattre à bout portant. C'est lui qui m'a fait cette blessure que vous venez de soigner. Mais c'est terminé. Moriarty fait définitivement partie du passé.
J'observai un instant de silence. D'autres questions se bousculaient à mon esprit, des questions dont les réponses me faisaient peur.
– Pourquoi n'avoir jamais essayé de me faire savoir que vous étiez en vie ? Pourquoi votre frère ne m'a jamais rien dit ? Il savait déjà que vous étiez sain et sauf quand nous nous sommes rencontrés !
– C'était trop dangereux pour vous. Peu importe à quel point j'aurais voulu vous le dire.
Je lui adressai un regard dur. Cela n'était vraiment pas une explication valable. Pas pour moi. Je l'avais pleuré des jours, des semaines, des mois durant. Son visage me hantait chaque nuit depuis trois ans. Qu'est-ce qu'un mot, un simple mot aurait changé ?
– Avez-vous la moindre idée de ce que cela m'a fait de vous croire mort ?
– Je suis désolé.
Il baissa la tête. Je posai une main contre sa joue, le forçai doucement à me regarder.
– Ne m'écartez plus jamais. Désormais, on gagne ensemble, on perd ensemble. Plus de ruses pour me forcer à faire des serments dénués de sens.
Il esquissa un sourire, rit doucement.
– Je savais que cela ne vous plairait pas.
– C'était profiter bassement de mes faiblesses ! répliquai-je, indigné.
Il rit encore et pour faire cesser ces moqueries, je l'embrassai avec force. Nous basculâmes sur les draps tandis que je me retrouvai au-dessus de lui. Je l'observai longuement, me gorgeant de la vision qui m'était offerte. J'avais encore du mal à croire à ma chance. Il me rendait mon regard. Tout aussi indécent, fiévreux que je l'étais. Mon souffle se bloqua soudainement dans ma gorge et, comme profitant de cet instant d'égarement, Holmes se redressa et m'embrassa. C'était la première fois qu'il initiait nos baisers et mon cœur tambourina contre ma cage thoracique à toute vitesse, avec une force incommensurable. J'entrouvris la bouche, lançant ma langue à l'assaut de la sienne. Il céda sous mes imprécations et bientôt nos isthmes se rencontrèrent, se caressèrent, langoureusement, amoureusement. Ses doigts s'étaient refermés sur ma joue, les miens se posaient sur son torse que je découvrais du toucher. Bientôt, nous n'eûmes plus de souffle, peu importait à quel point j'aurais voulu que ses lèvres deviennent mon oxygène personnel. Il se détacha doucement et m'observa, un sourire aux lèvres.
– Je trouve la partie bien inégale, Watson.
Je lui lançai un regard désabusé et il laissa glisser ses yeux vers ma main, toujours sur son torse nu. Je compris ce qu'il insinuait et m'assombris. Que pourrait-il bien aimer dans ce corps meurtri, couvert de cicatrices, blessé par la guerre ? Et comme s'il avait lu mes pensées, il me força à le regarder, de nouveau.
– Je m'en fiche, vous savez. Tout autant que vous n'avez cure du métal qui fait partie de moi.
– Je suis brisé, Holmes.
– Ça n'a aucune importance. Je le suis aussi. Et peut-être qu'à nous deux, nous pourrions colmater ces blessures, réparer ces fractures.
Je relevai brusquement le menton, plongeant mon regard dans le sien. Cela n'avait rien d'une déclaration conventionnelle et pourtant, je ne doutais pas une seconde qu'elle le soit. Et je n'en aurais pas espéré d'autres parce qu'elle lui ressemblait et que tout autre parole aurait paru fausse. Je souris.
– Je vous aime aussi, murmurai-je avant de l'embrasser doucement, capitulant.
Ses mains s'empressèrent alors de me débarrasser de ma chemise avant de s'envoler tout autour de mon torse, telles des nuées de papillons. Tandis que je laissai mes lèvres errer contre sa jugulaire, ses doigts s'étaient posés sur l'aspérité de mon épaule, héritage de la blessure qui m'avait valu mon retour à Londres et cette rencontre inespérée en quelques sortes. Nous restâmes un moment silencieux. Plus tard, d'un même mouvement, comme si nos pensées s'étaient rejointes, nous nous regardâmes, plongeâmes dans les yeux l'un de l'autre et finalement, nous embrassâmes une nouvelle fois.
Le reste, lecteur fantôme, je préfère le garder au creux de notre intimité, ancré dans nos mémoires, dans nos corps, sceau impossible à détruire de ces sentiments qui nous unissent.
Et voilà. C'est la fin de ce recueil. J'ai adoré l'écrire. A la base, ça n'était qu'un moyen de me sortir d'une grosse page blanche sur un plus gros projet et puis mon imagination s'est emballée, stimulée par cet univers duquel je suis tombée amoureuse, et je me suis retrouvée avec toutes ces idées que j'avais envie de partager.Je remercie tout ceux qui m'ont suivie dans cette aventure, ceux qui ont reviewé au début comme à la fin et en particulier Katymyny, Mundanchee et Mudomo ainsi que Liseron, pour leur constance chaque semaine. Vos mots sont encourageants, me poussent à continuer d'écrire encore et toujours et surtout à publier ces textes. Alors du fond du cœur, merci.
Je n'ai pas d'autres projets de fanfictions pour l'instant, étant concentrée sur un autre texte.
Dans tous les cas, j'espère vous retrouver lorsque l'inspiration reviendra !
