Bonjour,
Voici donc une nouvelle fiction sur un fandom à mon avis trop peu exploité. Gundam Seed. Cette fanfiction se découpera en deux parties : une couvrant Gundam Seed et une autre couvrant sa suite, Gundam Seed Destiny. La première partie est intégralement écrite avec vingt six chapitres. Elle sera publiée progressivement prochainement.
Petite précision sur cette histoire pour ceux qui ne connaissent pas Gundam et qui voudraient lire quand même. Chose possible même si c'est toujours mieux d'avoir vu l'original. J'ai fais l'expérience avec ma sœur qui connaissait vaguement et qui n'avait pas vu la série. Elle a parfaitement compris et adoré c'est une de ses fics préférées maintenant. Après l'avoir lu elle a voulu aller voir le manga mais elle a laissé tomber, préférant ma fiction, ce dont je suis assez fier je l'avoue. Vous pouvez donc lire sans connaître l'histoire, je reprend tout même si je me suis efforcé de conserver le caractère des personnages et le canon au moins dans la première partie. Pour mieux situer le genre d'histoire, vous pouvez aller lire le synopsis de Wikipédia, il résume bien ce qu'est cette série sans dévoiler l'intrique. Gundam est un manga de mecha, d'armures géantes robotisées et de guerre technologique. Il aborde principalement le thème de la discrimination mais aussi des manipulations génétiques et de la conquête spatiale. L'hirondelle est la première fic avec de la technologie exclusivement dans laquelle je me suis lancé. C'est un de mes mangas préféré.
Gundam Seed est l'œuvre de Hajime Yatate et Yoshiyuki Tomino.
Bonne lecture.
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Chapitre 1 :
Promesse de liberté
Il se recroquevilla un peu plus sur lui même, se roulant en boule pour conserver la chaleur de son corps. Il frissonnait sans aucun contrôle, le froid s'intensifiant alors que la nuit l'entourait. Il ferma un instant les yeux, relevant ensuite les paupières pour révéler deux iris violettes empruntes de fatigue et d'épuisement. Il serra les dents pour se forcer à se réveiller un peu, secouant la tête et ébouriffant un peu plus ses cheveux bruns désordonnés. Se faisant, il dérangea le petit oiseau robot posé sur son épaule. Celui-ci s'agita alors, émettant des petits « Birdy ! » de sa voix artificielle et agitant ses petites ailes couleur de prairie et de soleil.
- Je crois qu'il est temps de bouger un peu Birdy, remarqua l'enfant d'une voix un peu rauque et basse. Il faut trouver quelque chose à manger.
Le petit oiseau répéta son nom comme pour approuver et il sourit un peu. Peu importait la situation, regarder Birdy lui remontait toujours le moral, lui rappelant son meilleur ami. Cela faisait maintenant presque trois ans qu'il n'avait plus vu Asran. Tant de choses avaient changé pour lui depuis que son meilleur ami avait quitté la Lune pour rejoindre les PLANTS. Ils s'étaient rencontrés à six ans, séparés à neuf et il avait maintenant douze ans. Mais il n'était plus vraiment le petit Kira innocent qu'Asran avait quitté. Son meilleur ami lui manquait tellement alors que Birdy était désormais son seul réconfort et son seul souvenir des années heureuses. Tout s'était rapidement dégradé sur la Lune ces derniers temps. Les tensions entre Coordinateurs et Naturels ne faisaient que s'accroître, les attentats se multipliant. Le Blue Cosmos prenait de plus en plus d'ampleur. Cela faisait deux ans que ZAFT avait été officiellement créé. La situation s'envenimait un peu plus chaque jour et il en était parfaitement conscient. Comment ne pas l'être dans sa situation ?
Peu de temps après que Patrick Zala ait rappelé son fils sur les PLANTS, ses propres parents avaient décidé de partir pour Héliopolis, une colonie neutre sous l'égide d'Orb. Ils avaient voulu partir pour mettre leur fils en sécurité alors que Copernicus devenait dangereuse pour les Coordinateurs. Seulement, ils n'en n'avaient pas eu le temps. Il y avait eu un attenta du Blue Cosmos quelques jours avant leur départ et il s'était retrouvé orphelin à presque dix ans. Depuis, tout avait été de mal en pire pour lui. L'administration de Copernicus s'était occupée de lui. Il avait été placé dans un centre social, puis plus tard, placé dans une famille d'accueil. Ça ne s'était pas très bien passé. Les familles en question ne choisissaient pas l'enfant qu'elles accueillaient et elles étaient payés pour prendre soin de lui. Seulement, le fait qu'il soit un Coordinateur, toujours envoyé chez des Naturels était bien souvent source de complications pour lui. La majorité des Coordinateurs avaient quitté Copernicus et toutes les familles chez qui on pouvait l'envoyer étaient Naturelles. Avec la tension régnant, cela était difficile pour lui.
Il avait eu droit à de la méfiance et de la froideur, parfois simplement à une distance silencieuse. Mais il avait vu sans mal les expressions de dégoût et parfois de peur qu'on lui adressait. Puis il y avait eu des insultes, des privations, des punitions injustifiées. Et plus tard, c'était la violence qui s'était invitée et qui n'était plus repartie. Il avait voyagé entre familles qui le renvoyaient et centre d'accueil. Il ne restait jamais plus de quelques semaines dans une même maison et plusieurs fois déjà, il avait dû s'enfuir de lui même pour se sauvegarder. À plusieurs reprise, il s'était retrouvé livré à lui même dans la rue, jusqu'à ce qu'on le retrouve. S'il n'avait pas le choix, il n'était jamais pressé de rejoindre de nouveau le centre. Il n'était pas en sécurité là bas et on se fichait bien de lui. Il était un Coordinateur après tout. Alors lorsqu'il s'enfuyait, il restait dehors le plus longtemps possible. Trouver de la nourriture était difficile avec le traitement automatisé des déchets de la ville et il n'avait pas un sou mais il préférait la faim à ce qui l'attendait au centre ou dans ces familles. C'était toujours la même chose.
Ces dernières années, il avait pu éprouver lui même la haine grandissante que l'on vouait aux Coordinateurs. Il aurait aimer gagner une colonie d'Orb où il serait certainement mieux accueillis mais on n'avait guère voulu l'y envoyer et passer clandestinement était impossible. Alors il n'avait pas le choix. Il pouvait juste attendre. Au pire, il devrait attendre sa majorité avant de pouvoir changer sa situation. Il allait à l'école par intermittence ces derniers temps mais il était largement assez intelligent pour suivre sans problème. Toutefois, on ne le laissait pas décider de ce qu'il voulait faire. Il devait juste être patient.
Pour le moment, son problème était de trouver quelque chose à se mettre sous la dent. Cela faisait quatre jours qu'il s'était enfuis de sa dernière maison et il n'avait rien avalé depuis, sans parler des multiples jours de diète auxquels il avait eu droit juste avant. Il était affamé. Heureusement, il était parvenu à trouver de l'eau sans problème. Il avait attendu la nuit pour se remettre en quête d'un repas. Il avait déjà eu de mauvaises surprises de jour et il avait appris à se faire discret. Il soupira, son souffle faisant naître un petit nuage de vapeur dans le froid d'hivers. Malgré que la ville soit entièrement artificielle, on y reproduisait un peu le climat terriens et une nuit de fin d'octobre n'avait rien de chaude. Il s'appuya sur le mur pour se relever, grimaçant et gémissant un peu. Il sentait encore largement les coups qu'il avait pris et qui avaient motivé sa fuite cette fois-ci. Il portait d'ailleurs de magnifiques bleus un peu partout, son visage marqué alors qu'il avait l'arcade et la lèvre ouvertes. Ses côtes et son poignet droit lui faisaient mal, comme sa nuque et son dos alors que l'une de ses chevilles avait triste mine. Le père de famille n'y était pas allé de main morte cette fois-ci. Et tout ça parce qu'il s'était, par mégarde, un peu trop approché d'un autre enfant plus jeune qui lui était rentré dedans. Mais tous semblaient penser qu'il allait faire il ne savait quoi à l'enfant, le « contaminer » avait-il entendu, parce qu'il était un Coordinateur. Il ne comptait même plus le nombre de bêtise qu'il avait pu entendre sur les siens et leur monstruosité. Des âneries en général mais ces paroles le torturaient. Et cette simple bousculade lui avait valu d'être roué de coups par un homme qui perdait les pédales devant lui. Il savait bien qu'il inspirait souvent la peur même s'il ne faisait rien pour ça.
Il se releva difficilement, enroulant un bras autour de ses côtes alors que sa tête tournait violemment. Il devait vraiment trouver à manger. Il était déjà maigre après ces années difficiles, ce jeun forcé n'était guère une bonne chose pour lui. Il prit un moment pour éclaircir sa vision trouble, tremblant de froid. Il portait un jean sombre ainsi qu'un tee-shirt et un pull à col roulé noir, chaussé de basket. Sa tenue n'était plus très présentable après des jours d'errance alors qu'elle n'était déjà pas de première fraîcheur lorsqu'il l'avait eu. Une fois assuré sur ses pieds, il quitta la petite ruelle où il s'était réfugié, s'engageant dans les rues silencieuses et éclairées par les lampadaires. Il boitait, sa cheville douloureuse mais il n'en faisait pas grand cas, désormais habitué à ce genre de désagrément.
Pendant un long moment, il erra à la recherche d'un peu de nourriture ou d'un moyen d'en obtenir sans en trouver, se tendant à chaque rares voitures qui croisaient sa route. Marchant, il se plongea dans ses pensées, se demandant comment Asran allait alors que Birdy piaillait sur son épaule. Il aurait aimé le revoir et revenir au temps où il allait à l'école avec lui sans se soucier de rien, le temps où ses parents l'accueillaient chaleureusement lorsqu'il rentrait le soir. Mais tout ça était bien loin et définitivement fini. Aujourd'hui, c'était à sa survie qu'il pensait. Ce qu'il pouvait détester le conflit qui existait entre Naturels et Coordinateurs. Ne pouvaient-ils vivre en paix ? Pourquoi les Coordinateurs n'auraient-ils pas le droit de vivre et d'exister comme tout les autres ? Il ne comprenait pas pourquoi les Naturels leur faisaient subir de telles choses. Et il était en colère contre eux pour ça. Aujourd'hui, il n'avait qu'une envie : être auprès des siens, là où il serait accepté comme il était et où il pourrait vivre comme il le voulait.
Il était tellement plongé dans ses rêves d'une vie meilleure qu'il ne pensa pas à regarder en traversant une rue. Sa tête tournait horriblement et il ne se sentait pas très bien. Il ne s'aperçut donc pas un instant qu'une voiture arrivait à toute allure. Il sursauta brusquement lorsque le chauffeur écrasa son klaxon. Il se tourna vers la voiture, se rendant soudain compte de sa situation. Éblouit par les phares, il se sentit paniquer, s'emmêlant les pieds et tombant à la renverse. Le cris des freins retentit et il ferma les yeux, se disant qu'il allait mourir cette nuit finalement. Le bruit caractéristique du freinage se rapprocha rapidement de ses oreilles, la lumière passant ses paupières et il leva les bras dans une veine tentative de protection instinctive. Il se prépara au choc et à la douleur seulement, ils ne vinrent jamais et le silence retomba soudain. Il lui fallut un moment pour se rendre compte que tout c'était arrêté et lorsqu'il rouvrit les yeux, ce fut pour voir le par-choc du véhicule à quelques centimètres de lui, immobile.
Il resta figé, choqué et tremblant en comprenant qu'il venait de frôler la mort de peu. Et il loua les réflexes du conducteur. S'arrêter à temps à cette distance et cette vitesse était quasi impossible, son esprit vif l'avait compris dés qu'il avait vu la voiture lui foncer dessus. Il entendit vaguement le bruit des portières s'ouvrant vivement, puis des pas mais il n'y fit pas attention, son regard restant fixé sur le par-choc devant lui.
- Hey ! Tu ne pouvais pas faire attention gamin ! Cria un homme l'air un peu paniqué.
Kira sursauta brusquement, se tournant vers l'homme en question à sa droite. Il était assez grand et devait avoir dans les trente cinq ans. Carré d'épaule, il avait des cheveux longs et noirs. Il semblait assez musclé et robuste, ses traits stricts et son visage barré d'une cicatrise en diagonal paraissant plus dur encore. Il avait cependant l'air un peu alarmé, le regardant avec un mélange d'inquiétude et de colère.
- Du calme Hagen, tempéra une autre voix à sa gauche. Je ne crois pas qu'il l'ait fait exprès. Est-ce que ça va petit ?
Kira se tourna alors vers lui, découvrant un deuxième homme de haute stature cette fois-ci plus âgé. Il devait avoir un peu plus de la cinquantaine. Il avait la peau bronzée et des cheveux poivre et sel coupés dans un style militaire. Des yeux bleus aciers inquiets le regardaient. Lui aussi avait un physique plutôt bien battis et visiblement entretenu. Il avait un visage aux traits fort et élégants, pourtant teinté d'une certaine douceur. Tout deux étaient très bien vêtus et il se rendit soudain compte que la voiture n'était pas donnée non plus.
- Est-ce que ça va ? Redemanda l'aîné en se baissant vers lui.
- Ça... ça va, répondit-il en sortant de son choc.
L'homme lui sourit alors, se tendant cependant en l'observant de plus près à la lumière des phares. Ce fut sans mal qu'il remarqua les traces de coups bien visibles sur son visage pâle. Il lui tendit une main pour l'aider à se relever et Kira hésita un instant à la prendre, mais il s'y résigna finalement sans trop savoir pourquoi. Probablement l'épuisement et la faim. L'homme le tira alors doucement et il gémit de douleur, son poignet douloureux se réveillant à la manœuvre. Il tangua dangereusement une fois debout, sa tête tournant et l'inconnu le stabilisa en le soutenant.
- Tu es sûr que ça va ? Redemanda l'adulte.
Seulement, il n'eut pas le temps de répondre qu'il se sentit s'effondrer de nouveau, prit d'un violent malaise qui lui fit perdre connaissance alors que cette petite aventure venait d'avoir raison du peu de force qu'il lui restait. Il était si fatigué. Il cru vaguement entendre une exclamation puis ce fut le trou noir. Il n'aurait su dire combien de temps il resta inconscient mais lorsqu'il se réveilla ce fut pour se sentir très confortablement installé. Il ouvrit paresseusement les yeux pour les refermer rapidement, agressé par la lumière. Il grimaça un peu, clignant des paupières pour s'habituer à l'éclairage et il se redressa lentement. Et cela eut pour effet de lui donner le vertige alors qu'il se sentait encore bien faible.
- Tu devrais rester allongé, fit soudain une voix calme et tranquille.
Il sursauta, l'image de la voiture manquant presque de le percuter lui revenant soudain en mémoire et immédiatement, il remit un visage sur la voix qu'il venait d'entendre. C'était l'homme aux cheveux poivre et sel. Il se força à se concentrer un peu, secouant la tête pour éclaircir sa vision trouble. Et ses yeux se posèrent bientôt sur l'homme qui s'avançait vers lui et vers le grand lit où il était installé. L'inconnu était vêtu d'une chemise blanche ainsi que d'une veste et d'un pantalon gris sombre, un foulard de la même teinte entourant son cou. Il avait l'air élégant et soigné, un peu tiré à quatre épingles. Ce ne fut qu'alors qu'il l'observait qu'il se rendit compte qu'il se trouvait dans une grande chambre agréable et claire, la lumière du soleil du matin entrant par la fenêtre et donnant une belle vue sur Copernicus. Il reporta pourtant bien vite son attention sur l'inconnu, méfiant et se demandant ce qu'il faisait là. Celui-ci vint s'asseoir au bord du matelas, lui souriant amicalement. En silence, l'homme attrapa un sandwich qui attendait sur la table de chevet, lui tendant ensuite.
- Je ne pense pas me tromper en disant que tu dois avoir faim, remarqua-t-il. Tien, mange, poussa-t-il ensuite.
Kira le regarda suspicieusement, se demandant s'il devait accepter ou non. Il trancha pourtant rapidement alors qu'un nouveau malaise menaçait, acceptant la nourriture avec un remerciement discret. L'homme l'observa déballer hâtivement le sandwich pour ensuite croquer dedans avec appétit. Un silence léger s'installa et il ne fallut que quelques minutes pour que le jeune ne termine son repas, soupirant de bonheur. Ça faisait vraiment du bien de pouvoir enfin avaler quelque chose et il se sentait déjà mieux rien qu'avec cela. Il se tourna alors de nouveau vers l'adulte, le regardant d'un air curieux et méfiant. Qu'est-ce qui avait bien pu le pousser à le ramasser de la sorte ? Il aurait plutôt pensé se réveiller dans un hôpital puis on l'aurait rapidement renvoyé au centre d'accueil une fois encore. Pourtant, il s'était retrouvé dans cette chambre des plus agréable avec cet illustre inconnu. Pourquoi ?
- Je m'appelle Wilfried Lorenne, se présenta alors aimablement l'étranger. Et toi, comment t'appelles-tu ?
Kira ne répondit pas. S'il donnait son nom, il retournerait encore plus vite au centre et il n'en n'avait aucune envie. Il resta alors obstinément silencieux, continuant à observer son vis à vis en se demandant à quoi il devait s'attendre de sa part. Celui-ci ne sembla pourtant pas s'offenser devant son refus de répondre.
- Tu nous as fait une belle peur tu sais. Hagen a bien cru qu'il t'avait percuté au final lorsque tu t'es évanouis. Mais on a ensuite compris que ça ne venait pas de là, dit-il plus sérieusement. Dis moi, qui t'as battu de la sorte ? Demanda-t-il en fronçant les sourcils dangereusement.
Le jeune homme sursauta, se demandant comment il avait pu deviner qu'on l'avait battu si facilement. Ces traces pouvaient venir de bien des situations, pourtant, il était tout de suite tombé sur la bonne. Il se tendit, remarquant sans mal un fond de colère dans les yeux bleus aciers de l'homme. Seulement, il comprit rapidement qu'elle n'était pas dirigée vers lui. Il avait l'habitude de la colère des autres aujourd'hui alors il pouvait faire la différence. Mais une nouvelle fois, il resta silencieux, méfiant. Et une nouvelle fois, l'adulte ne sembla pas s'offenser, restant parfaitement calme :
- Tu t'es enfuis de chez toi ? Demanda-t-il. Que faisais-tu si tard dehors ?
Kira se crispa, se recroquevillant instinctivement sur lui même alors qu'il n'avait aucune envie de répondre à toute ces questions. Et il grimaça lorsqu'un élan de douleur fusa dans ses côtes.
- Tu devrais éviter de gigoter, remarqua l'homme avec une certaine inquiétude. Vu les bleus que tu as aux côtes, je ne serais pas surpris d'apprendre que l'une d'entre elle soit fêlée ou cassée. Ta cheville et ton poignet sont aussi bien abîmés mais rien de grave, rassura-t-il. Ça ira mieux d'ici quelques jours.
Il fut interrompus par le soudain cri aiguë d'un petit oiseau robot planant vers eux. Il vint se poser sur l'épaule du garçon qui se détendit un peu, venant lui présenter son doigt. L'oiseau vint s'y poser, agitant un peu les ailes.
- Il est à toi ? Demanda l'homme en obtenant un petit acquiescement. C'est un magnifique petit robot.
- C'est un ami qui me l'a fait, renseigna Kira la voix basse et le regard triste posé sur Birdy.
- Je vois. Tu ne veux vraiment pas me dire comment tu t'appelles ? Redemanda tranquillement l'adulte.
- Kira, bredouilla-t-il simplement.
- Enchanté Kira, répondit-il alors. Repose toi encore un peu, je crois que tu en as besoin.
- Qu'est-ce que vous allez faire de moi ? Demanda-t-il alors que l'homme s'apprêtait à se lever.
- Que devrais-je faire ? Le questionna-t-il alors en s'immobilisant et en le regardant intensément.
Il y eut un moment de silence, le jeune homme crispé, mais il répondit finalement :
- Je n'en sais rien, dit-il honnêtement.
- On verra ça plus tard, rassura l'adulte. Pour le moment, le plus urgent est que tu te reposes et que tu manges un peu. Tu n'as qu'à profiter de ce lit, je t'amènerais à manger tout à l'heure, assura-t-il.
Il se releva alors, se dirigeant vers la sortie mais il s'immobilisa lorsque le garçon reprit la parole :
- Merci monsieur Lorenne, dit-il simplement.
L'homme lui sourit, puis il quitta la chambre, la porte se refermant derrière lui. Le silence retomba alors et Kira en profita pour regarder un peu autour de lui. La chambre était vraiment belle, épurée et simple mais d'une élégance certaine. Il ne devait pas être n'importe où. Il reporta ensuite son attention sur sa propre personne. On lui avait retiré ses vêtements pour lui passer un tee-shirt et un short simples et clairs. On avait aussi visiblement soigné ses blessures alors qu'il se rendait compte que sa cheville et son poignet avaient été soigneusement bandés. Il se demanda alors ce qui avait pu pousser l'homme à s'occuper de lui ainsi. Cela faisait tellement longtemps qu'il n'avait pas rencontré quelqu'un de simplement gentil que cela lui paraissait très étrange. Ça ne durerait pas et il serait bientôt de nouveau de retour au centre d'accueil puis dans une nouvelle famille. L'homme n'aurait qu'à contacter les autorités pour découvrir qui il était et le renvoyer aussitôt comme tout les autres. Mais en attendant, il voulait profiter un peu. Cela faisait un moment qu'il n'avait pas parlé, ou presque, aussi simplement avec quelqu'un. L'homme ne l'avait pas regardé avec ce dégoût auquel il était désormais habitué. Mais cela changerait dés qu'il saurait, comme pour tout les autres. Pourquoi était-ce ainsi ?
Décidant de ne pas y penser maintenant, il se rallongea doucement, profitant du confort qu'il lui était offert. Il pensait souvent trop, on lui avait toujours dis. Mais les simples pensées et sentiments ne résolvaient rien, il le savait bien. Il fallait avoir les moyens de faire bouger les choses et de de se battre pour ses idéaux. Lui ne les avait pas, il n'avait rien malheureusement. Pas encore mais il espérait ne plus être aussi impuissant un jour. Ce fut finalement en pensant encore qu'il se rendormit, vaincu par l'épuisement.
Aussitôt qu'il eut passé la porte de la chambre du garçon, le visage de Wilfried se fit plus dur. S'il y avait bien une chose qu'il détestait, c'était de voir un enfant être maltraité de la sorte. Il n'était pas le plus doux des hommes mais jamais il ne ferait une telle chose. Hors, il avait été évident pour lui que l'enfant qu'ils avaient presque percuté avait été battu. Cela se voyait. Il était soldat depuis bien longtemps, il savait reconnaître ce genre de marques et les blessures de défenses qu'il avait vu sur ses bras. Sans parler de la maigreur du brun. À n'en pas douter, personne ne s'occupait correctement de ce garçon loin de là. Il se doutait bien qu'il avait dû s'enfuir de chez lui pour errer ainsi dans les rues en pleine nuit. Il était presque en état d'hypothermie par ce froid. C'était aberrant de voir encore une telle situation à leur époque si évoluée. Ce genre de chose n'était pas tolérable pour lui, surtout alors qu'il venait à peine de recevoir un rapport sur un nouvel attentat contre les Coordinateurs qui avait fait de nombreuses victimes dont une grande partie d'enfants. Comment pouvait-on espérer un avenir en paix si on ne montrait que de la violence à la jeune génération ? Un enfant de cet âge ne devrait certainement pas vivre de telles choses. Il sortit de ses pensées lorsque la porte s'ouvrit. Il vit alors entrer son bras droit un fin dossier à la main, Hagen Damer. Celui-ci laissa la porte se refermer avant de se mettre au garde à vous devant lui.
- Général, salua-t-il respectueusement en le faisant sourire.
- Inutile d'être aussi strict ici Hagen, il n'y a que nous deux, s'amusa-t-il en le faisant sourire à son tour. Alors, avez-vous trouvé qui est ce garçon ? Il m'a dit s'appeler Kira, dit-il en l'invitant à venir s'asseoir avec lui.
- Il s'est réveillé ? Demanda l'homme.
- Oui, il se repose pour le moment, répondit-il. Il n'est pas très en forme. Il n'a pas voulu me donner son nom ou me dire quoi que ce soit. Il me semble très méfiant, remarqua-t-il.
- Et à raison, soupira l'autre en lui faisant relever un sourcil interrogatif. Avec une photo, ça n'a pas été difficile de découvrir qui il était en piratant les bases de données de l'administration de Copernicus. Les systèmes civils sont tellement faciles à infiltrer, s'amusa-t-il en faisant sourire son supérieur. Il s'appelle Kira Yamato, annonça-t-il. Il a douze ans. Né le dix huit mai 55. Il est orphelin.
- Orphelin ? Releva l'aîné.
- Oui, et c'est un Coordinateur, ajouta-t-il en surprenant son supérieur. Ses parents étaient des Naturels, poursuivit-il après un moment de silence. Ils ont été tué dans un attentat du Blue Cosmos il y a deux ans et demi alors qu'ils projetaient de quitter Copernicus pour Héliopolis. Certainement pour protéger leur fils j'imagine. Copernicus commençait à être dangereuse pour les Coordinateurs à cette époque. Mais ils n'en n'ont pas eu le temps. Depuis, c'est l'administration de Copernicus qui s'occupe de lui. D'après ce qu'il y a dans son dossier, il a été ballotté de famille d'accueil en famille d'accueil en passant par les centres sociaux. Ils sont vagues sur le sujet mais visiblement, ça s'est très mal passé pour lui dans ces familles. Il y a des rapports de maltraitances qui non jamais eu de suite. On finissait toujours par le renvoyer. La raison invoquée est toujours le fait qu'il soit un Coordinateur soit disant dangereux pour les autres. C'est souvent pour cette raison que les familles d'accueils ne le gardaient pas.
- Et le maltraitait par la même occasion, remarqua l'homme.
- C'est ce que je pense vu son état. Il est écrit, poursuivit-il en ouvrant son dossier, qu'il a fugué de nombreuses fois de ces familles. Pour leur défense, ils le décrivent comme un enfant instable traumatisé par l'attentat qu'il a vécu et par la mort de ses parents, dit-il avec ironie. Comment un enfant pourrait ne pas avoir été perturbé par une telle chose ? Rien n'a jamais été fait pour les mauvais traitements qu'il a reçu. On a même fait en sorte de cacher la chose, j'ai dû creuser un peu pour trouver les rapports. Les Naturels n'ont visiblement aucun intérêt pour un enfant Coordinateur, remarqua-t-il avec colère. Un tel cas est rare. Il est le seul enfant Coordinateur orphelin ici et dans la situation actuelle, il n'est pas en sécurité sur la Lune. Il n'y a presque plus de Coordinateur ici et tous sont simplement de passage par obligation. Il est tout seul, soupira-t-il, et son statut est connu de beaucoup alors il ne peut pas se cacher. Il est censé se trouver dans une famille avec plusieurs enfants actuellement, une famille qui ne serait visiblement pas très ouverte aux Coordinateurs. C'est écrit dans le dossier mais ça ne les a pas empêché de l'envoyer quand même. Je ne sais pas s'il s'est enfuis il y a longtemps mais ils n'ont pas encore signalé sa disparition.
- Je vois. Il n'a plus de famille ? Demanda l'homme d'un air sérieux.
- Pas de famille connu tout du moins, répondit Hagen. Et comme ses parents étaient des Naturels, s'il en a encore, allez savoir s'ils l'accepteraient.
- Et rien n'a jamais été fait pour l'envoyer sur les PLANTS ou au moins dans un état neutre ?
- Non. J'ai l'impression qu'ils se fichent bien de ce qu'il peut lui arriver.
- Pauvre enfant. Ça n'a pas dû être facile pour lui. Cela ne m'étonne pas qu'il soit si méfiant, soupira le général.
- Il ne sait pas que nous sommes comme lui, posa son vis à vis, il doit avoir peur de notre réaction si on apprenait qu'il est un Coordinateur.
- Certainement.
- Général, qu'allez vous faire à son propos ? Demanda Hagen. Nous devons repartir ce soir et dans la situation actuelle, nous ne pouvons retarder le départ.
Devant lui, Wilfried resta silencieux un long moment, baissant le regard pour réfléchir. Son subalterne ne le dérangea pas, se levant pour aller faire un peu de café. Il en ramena une tasse à son supérieur qui releva le regard, le remerciant d'un signe de tête.
- On ne peut certainement pas le laisser là en sachant ce qui l'attend, remarqua-t-il finalement. Cette situation est inacceptable et qui sait ce qui pourrait lui arriver si les tensions devaient encore augmenter entre Naturels et Coordinateurs. Il n'atteindrait peut-être jamais sa majorité en restant ici.
- C'est une possibilité, approuva l'autre. Il serait une cible et le Blue Cosmos est de plus en plus présent ces temps ci à Copernicus.
- Nous sommes d'accord. Crois-tu pouvoir obtenir sa tutelle d'ici ce soir ? Dit-il en surprenant un peu son subalterne. Nous allons l'emmener avec nous.
- Très bien, je devrais pouvoir régler ça rapidement. Je ne pense pas qu'ils soient mécontent de le voir s'en aller. À quel nom voulez vous mettre la tutelle ?
- Au mien, répondit-il. Je m'en chargerais et nous verrons ce que nous ferons ensuite une fois de retour sur les PLANTS. Le plus urgent est de le mettre en sécurité auprès des siens.
- Je vais m'en charger Général. Avec l'avancement du rendez vous à hier soir, nous avons terminé ce que nous venions faire ici. Je m'occupe de cette affaire. Il ne sera pas difficile d'obtenir ce que nous voulons tout en passant inaperçu avec un peu de piratage. Comme je l'ai dit, les systèmes des civils Naturels ne sont pas difficile à pirater, dit-il avec un air supérieur. Vous vous ne bougez pas de l'hôtel, dit-il sérieusement en amusant son supérieur.
- Je ne suis plus un gamin Hagen, ricana-t-il. Je peux me défendre sans toi tu sais.
- Bien sûr mais quand bien même, remarqua-t-il. Il ne vaut mieux pas tenter le diable.
- Ne t'en fait pas. Je vais rester avec lui et lui expliquer ce que nous allons faire, dit-il en tournant le regard vers la chambre où dormait Kira. J'espère que ça lui fera plaisir.
- Je n'en doute pas, répondit Hagen en se levant. Il n'y a qu'à regarder son visage tuméfié pour comprendre que ça lui fera plaisir de partir d'ici et d'être avec ses semblables. Je me charge d'obtenir sa garde Général, affirma-t-il ensuite.
Il salua son supérieur qui le remercia d'un signe de tête puis il s'en alla, laissant son dossier sur la table basse. Une fois la porte refermée, l'homme attrapa la fine pochette, l'ouvrant pour relire les informations collectées par Hagen sur l'enfant. Il savait maintenant : le garçon avait été la victime de la haine et de la peur que les Naturels vouaient aux Coordinateurs. Ce n'était qu'un gamin sans défense et pourtant, ça ne l'avait guère protégé. Le monde devenait vraiment dingue ces derniers temps et cela n'était pas prêt de s'arranger. Il réfléchit un moment à ce qu'il pouvait faire pour le garçon. Pour commencer, il allait le ramener sur les PLANTS. Il aviserait une fois là bas et après avoir parlé au jeune homme pour savoir ce qu'il souhaitait. En attendant, il veillerait sur lui. C'était un coup de chance d'être tombé sur lui, peut-être un coup du destin. Quoi qu'il en fut, bien assez de Coordinateurs étaient persécutés en ce moment alors il ne pouvait pas fermer les yeux s'il pouvait aider l'enfant.
Il se leva finalement pour retourner voir Kira. Il entra silencieusement dans la chambre, trouvant le jeune homme endormis dans le grand lit. Il était roulé en boule sur le côté comme pour se protéger, la respiration courte. Et cela renforça l'idée qu'il avait les côtes abîmées. Il l'observa un moment, estomaqué de voir les hématomes sur son visage amaigris. Il était un soldat impitoyable lorsqu'il le fallait mais il se battait pour protéger sa nation et ses enfants. Une telle chose le révoltait. Il resta là un moment à regarder le jeune garçon qui avait l'air paisible dans son sommeil, souriant en se disant qu'il aurait une bonne nouvelle à lui annoncer lorsqu'il se réveillerait.
Et cela arriva peu après l'heure du déjeuner, Kira se mettant à remuer légèrement, grimaçant aux douleurs qui parcouraient encore certainement son corps. Wilfried l'observa cligner des yeux pour s'habituer à la lumière, se redressant ensuite lourdement. Il gémit un peu et enroula un bras autour de ses côtes dans la manœuvre, la couverture glissant pour révéler son corps trop mince perdu dans ses vêtements un peu trop grands.
- Tu devrais sérieusement penser à rester tranquille Kira, remarqua doucement l'adulte en le faisant sursauter.
L'enfant se redressa subitement pour regarder frénétiquement autour de lui. Il ne lui fallut pourtant que peu de temps pour s'éclaircir les idées, son regard se tranquillisant un peu alors qu'il semblait se souvenir de sa situation. Il posa finalement ses yeux sur le général, toujours tendu devant lui. Wilfried s'approcha lentement, venant s'asseoir au bord du lit. Il attrapa les médicaments qu'il avait fait livrer entre temps et préparé sur la table de nuit avec un verre d'eau. Il lui tendit ensuite, souriant doucement :
- Ce sont des antidouleurs, expliqua-t-il. Ça te fera du bien je pense, remarqua-t-il. Je vais aussi te commander un repas maintenant que tu es réveillé.
L'enfant le regarda avec suspicion, prenant tout de même le verre d'eau et les comprimés. Il continua à l'observer avec méfiance alors que l'homme prenait le téléphone sur la table de chevet pour demander à manger. Finalement rassuré par la sérénité apparente de l'adulte et par son instinct lui soufflant qu'il ne risquait rien, il avala les médicaments, soupirant de bien être à l'eau qui rafraîchit sa gorge sèche. Il termina son verre, Wilfried le récupérant ensuite pour le débarrasser.
- Te sens tu un peu mieux ? Demanda-t-il ensuite.
- Oui, répondit doucement le garçon. Merci.
- Ce n'est rien. Hagen a fait quelques recherches sur toi pendant que tu dormais, annonça-t-il ensuite en tendant très visiblement le jeune homme.
Celui-ci se recroquevilla aussitôt sur lui même dans un attitude défensive manifeste. Visiblement anxieux et craintif, il gardait pourtant son regard d'améthyste fixé dans le siens. Et il sembla y trouver quelque chose, se crispant un peu plus.
- Vous savez n'est-ce pas ? Demanda-t-il.
- Je sais, approuva-t-il en ayant bien deviné de quoi il parlait.
Kira sursauta un peu en l'observant. L'homme savait, pourtant, son regard n'avait pas changé du tout. Il était toujours doux et serein, dépourvus d'animosité ou de dégoût. Depuis quand n'avait-il pas vu un tel regard posé sur lui alors que sa nature véritable était connue ? Plus depuis ses parents et cela le laissa sans voix. L'adulte dû remarquer sa surprise et sa confusion puisqu'il sourit un peu plus.
- Cela te surprend ? Demanda-t-il un peu triste de le voir si étonné par sa réaction.
- Vous allez me renvoyer là bas ? Questionna-t-il avec peur.
- Au centre d'accueil ? Avança l'homme en recevant un petit acquiescement tendu. Non, ni là bas ni dans la famille qui t'a mis dans cet état, répondit-il en le faisant sursauter d'étonnement.
- P-pourquoi ? Demanda-t-il incrédule. Qu'est-ce que vous allez faire de moi ? Dit-il en s'éloignant un peu.
- Je vais te ramener avec moi sur les PLANTS, annonça-t-il en figeant le jeune homme. Tu n'as rien à craindre de moi Kira Yamato, assura-t-il. Vois tu, je suis comme toi, un Coordinateur, expliqua-t-il doucement.
L'orphelin sursauta de nouveau à la nouvelle, le fixant avec un éclat d'espoir certain dans les yeux. Visiblement, le fait de se retrouver devant l'un des siens le rassurait. Ce fut sans mal que Wilfried supposa qu'il avait souhaité se retrouver avec ses semblables pour être enfin accepté. Il resta paralysé en le fixant intensément, semblant se demander s'il pouvait le croire ou non. Et le général reprit tranquillement :
- Moi et Hagen sommes des Coordinateurs aussi, poursuivit-il. Nous sommes de passage à Copernicus pour affaire. Je ne sais pas si c'est le destin qui a voulu que l'on manque presque de te percuter mais c'est plutôt une bonne chose. Hagen a fouillé un peu pendant que tu dormais et il a facilement découvert qui tu étais et la situation dans laquelle tu étais. Je suis vraiment désolé pour la mort de tes parents, dit-il doucement.
Et à ces mots, il vit les yeux du jeune s'emplir de larmes silencieuses alors qu'il ne semblait plus savoir quoi penser ni où il en était. Il poursuivit doucement, bien conscient que l'adolescent devait être émotionnellement fatigué après tout ça :
- Je sais bien que ça n'a pas été facile pour toi ces deux dernières années, remarqua-t-il. Mais c'est fini maintenant. Si tu es d'accord, je te ramène avec nous sur les PLANTS, auprès des tiens. Tu seras en sécurité, j'y veillerais.
- Vraiment ? Bredouilla le brun alors qu'une larme roulait sur sa joue.
- Vraiment, approuva le général avec un sourire. On ne va certainement pas te laisser là. Hagen est déjà en train de tout régler, nous partons ce soir. Enfin, si tu veux bien venir avec nous, dit-il en le regardant.
Kira le fixa un peu plus, les larmes roulant sur son visage pâle. Avait-il bien entendu ? Allait-on enfin le sortir de là ? Allait-il enfin pouvoir vivre au milieu des siens où on ne le verrait pas comme un monstre ? La question de l'homme lui parût stupide. Bien sûr qu'il voulait partir d'ici ! Mais la question était de savoir si cet homme mentait ou non. Il avait beau le regarder, il ne sentait que de la sincérité chez lui alors qu'il lui souriait tranquillement. Le visage qu'il avait d'abord trouvé dur et sérieux devenait soudain bien plus chaleureux et doux avec cette expression. Il avait beau chercher dans le regard bleu acier, il ne trouvait pas de tromperie. Et de toute manière, qu'avait-il à perdre à lui faire confiance ? Il ne voulait plus retourner au centre ou dans ces familles. Il ne supportait plus leur haine et leur violence. Alors pourquoi ne tenterait-il pas sa chance ?
- Je veux venir avec vous, murmura-t-il alors en serrant les draps dans ses poings. Je veux partir d'ici, dit-il alors qu'un sanglot lui échappait. Je ne veux plus retourner chez ces gens.
- Tu n'y retourneras plus Kira, assura Wilfried en venant poser une main dans ses cheveux. Je te ramène avec moi c'est promis et je veillerais sur toi, annonça-t-il.
- Merci, bredouilla Kira en fondant en larmes, merci, répéta-t-il.
Le général lui sourit, caressant ses cheveux et le laissant pleurer un peu. Il fallut un moment pour que le garçon se calme enfin, grimaçant à sa respiration hachée qui lui faisait visiblement mal aux côtes. Il sursauta lorsque l'on sonna à la porte de la suite.
- C'est certainement ton repas qui arrive, remarqua l'homme en se relevant.
Il sortit de la pièce sans se rendre compte que l'adolescent avait décidé de le suivre. Kira essuya ses larmes d'un geste vif, sortant ensuite doucement du lit alors que sa tête tournait encore. Il avait tellement faim. Il se leva en tanguant un peu, boitant sur sa cheville blessée. Il rejoignit lentement la porte qui s'ouvrit devant lui. Il parcourut la pièce des yeux, découvrant un petit salon ainsi qu'une salle à manger claire et épurée. Il trouva rapidement Wilfried qui déposait deux plateaux sur la table, l'entrée se refermant un peu plus loin. L'homme tourna le regard vers lui en entendant la porte s'ouvrir :
- Tu ne sais pas rester tranquille n'est-ce pas ? Soupira-t-il. Tu devrais ménager cette cheville et te reposer. Allez viens manger puisque tu es debout, invita-t-il.
Kira ne se fit pas prier, rejoignant la table aussi rapidement qu'il put, son estomac criant encore famine. Il prit place sur une chaise, l'adulte en faisant de même en face de lui et lui donnant l'un des plateau.
- Régale toi, sourit-il.
Et il n'en fallut pas plus pour que Kira se jette sur son repas, mangeant avec appétit. L'homme le regarda faire avec amusement, commençant lui aussi son propre repas.
- Depuis combien de temps n'avais tu pas mangé ? Questionna-t-il après un moment de silence léger.
- Une dizaine de jours, je crois, bredouilla le brun en continuant à manger.
Wilfried fronça les sourcils, en colère. Comment pouvait-on ainsi priver un enfant de nourriture ? Ça ne devait pas être la première fois que cela arrivait pour le jeune homme, sa maigreur en attestant visiblement. Il n'était d'ailleurs pas très grand pour son âge bien qu'il reste dans la moyenne. Il devait mesurer un mètre quarante cinq environ mais sa silhouette fine renforçait encore son air fragile, comme les marques sur son visage. Le jeune avait vraiment besoin qu'on s'occupe un peu de lui.
- Cela faisait longtemps que tu t'étais enfuis ? Demanda-t-il en crispant le garçon.
- Quatre jours, répondit-il tout bas en poursuivant son repas avec moins d'enthousiasme.
- C'est la famille dans laquelle tu étais qui t'a mis dans cet état ? Demanda-t-il doucement. C'est pour ça que tu t'es enfuis ?
- Oui, murmura-t-il en baissant le regard l'air triste. J'ai juste bousculé un enfant sans le faire exprès, raconta-t-il, et il n'avait rien. Je ne sais pas pourquoi... ils ont cru que je lui voulais du mal. Ils disaient que j'étais un danger pour lui. Ils disent souvent ça.
- C'est notre époque qui veut ça malheureusement, soupira l'adulte. N'y pense plus, tu n'y retourneras pas.
Kira acquiesça, se remettant à manger plus lentement. Il ne lui fallut que peu de temps pour terminer son repas, l'adulte l'invitant ensuite à gagner le salon pour profiter des fauteuils et de la télévision s'il en avait envie. Et encore une fois, l'adolescent ne se fit pas prier pour aller se blottir dans un confortable fauteuil pour regarder la télé. À la surprise de l'adulte, ce fut sur une chaîne d'information que se fixa son choix. Kira lui, veillait toujours à se tenir informé de tout ce qu'il se passait. Il avait pris cette habitude pour suivre l'évolution de la mésentente entre Coordinateurs et Naturels et donc de sa propre situation. Et il aimait se tenir au courant de tout cela alors qu'il avait brutalement réalisé la réalité des choses le jours de la mort de ses parents. Depuis ce jour, quelque chose avait changé en lui. Il n'était plus aussi innocent, plus aussi naïf et il avait réalisé que le monde n'était pas aussi rose qu'il l'avait cru. La révélation avait été difficile à avaler mais elle était nécessaire et il le savait. Il n'était pas stupide, vivre sans voir le monde autour de lui aurait été une illusion. Aujourd'hui et malgré son jeune âge, il était parfaitement conscient de tout ce qu'il se passait. Depuis l'attentat, il avait mis beaucoup de temps à apprendre ce qu'il pouvait sur tout cela, sur la situation, sur les enjeux et il était bien décidé à continuer. Ce fut donc naturellement qu'il choisit une chaîne d'information afin de voir ce qui avait pu se passer dernièrement. Cela faisait un bon moment qu'il n'avait pas eu accès aux nouvelles. Il jeta un coup d'œil à l'adulte qui était resté assis à table, regardant lui aussi l'écran l'air pensif. Et il y reporta aussi rapidement son attention.
Il ne fallut que peu de temps avant qu'il ne s'endorme de nouveau, fatigué mais détendu par le récent bouleversement qu'il venait de voir. Les médicaments de l'homme avaient fait leur effet et se sentait mieux, ses douleurs endormies pour le moment. Il était juste épuisé maintenant et il ne résista donc pas au sommeil qui lui tombait dessus. Et il ne remarqua pas que le général avait fixé ses yeux sur lui, le regardant s'endormir, roulé en boule dans son fauteuil. Le garçon semblait éreinté. Il se leva en silence, allant chercher une couverture qu'il déposa doucement sur la fine silhouette de l'adolescent. Il se tourna ensuite vers la télé, le programme parlant des tensions régnant entre les PLANTS et la Terre. Et il fut intrigué de voir que le garçon regardait cela. Il avait semblé vraiment concentré sur ce qui était dis, paraissant réfléchir, étudiant visiblement tout ce qu'il entendait. Ce n'était pas une chose qu'un enfant de son âge ordinaire faisait spontanément. Il baissa le son de la télé avant de lui même s'asseoir dans un fauteuil, observant pensivement son jeune protéger.
Et ce ne fut qu'en fin d'après-midi que celui-ci commença à se réveiller de nouveau alors que le général n'avait pas bougé d'un pouce. Il bailla largement en papillonnant des yeux l'air d'avoir du mal à émerger. Instinctivement, il s'enroula un peu plus dans sa couverture, l'air de vouloir se rendormir mais le mouvement appuya sur ses côtes et il se réveilla dans un sursaut douloureux, se redressant un peu et s'installant plus confortablement. Il regarda ensuite autour de lui, semblant reprendre ses esprits. Il posa finalement les yeux sur Wilfried qui l'observait encore calmement. L'homme se vit alors scruté à son tour par les yeux d'améthystes, ayant l'impression que son âme même était fouillée. Mais il ne se déroba pas, laissant l'adolescent se rassurer de lui même. Ils restèrent ainsi un long moment, finalement interrompu par la porte s'ouvrant. Kira sursauta, se tournant vers l'entrée pour voir arriver un homme au cheveux noirs couvrant ses épaules. Il portait une chemise rouge, une veste et un pantalon noir s'y ajoutant. Il le reconnut immédiatement. C'était le deuxième homme de la voiture, celui que Wilfried appelait Hagen s'il se souvenait bien.
- Général, salua-t-il une nouvelle fois en surprenant l'adolescent qui regarda tour à tour les deux hommes.
- Je commençais à me demander si tu allais rentrer, s'amusa l'aîné. Kira, interpella-t-il en obtenant toute l'attention du jeune homme, je te présente Hagen Damer. Il est mon bras droit et comme je te l'ai dis, c'est un Coordinateur lui aussi. Hagen, voici Kira, présenta-t-il ensuite.
- Enchanté de vous rencontrer, répondit respectueusement le brun.
- Moi de même, ajouta l'homme avec un regard amical.
- Général ? Releva ensuite l'adolescent en reportant son attention sur Wilfried.
- Oui, je suis un officier de ZAFT, répondit-il simplement, comme Hagen, révéla-t-il. Cela te dérange-t-il ? Demanda l'homme sereinement.
- Ça dépend, répondit l'adolescent le visage soudain plus grave.
- Et de quoi cela dépend-t-il ? Questionna le général intrigué.
- Du pourquoi, dit-il alors que Birdy venait se poser sur l'index qu'il lui tendait.
- Pourquoi quoi ? Demanda Hagen curieux alors qu'il les rejoignait au salon.
- Pourquoi vous battez vous, annonça-t-il tout bas en regardant vaguement son petit oiseau.
Les deux hommes se regardèrent avec surprise, saisissant parfaitement ce que voulait dire le garçon. Mais ce qui les surprenait vraiment était d'entendre une telle maturité dans la bouche de l'adolescent. Cette simple phrase reflétait parfaitement ce qui était vraiment important. Cela montrait bien que Kira savait qu'être soldat ou tout autre chose n'était pas soit bon soit mauvais, tout dépendait du pourquoi. Et avec cela, ils comprirent que le jeune homme était loin d'être un simple enfant, disposant déjà d'une sagesse précieuse.
- Hagen et moi nous sommes engagés il y a longtemps avec la même idée en tête : protéger les autres, répondit-il sérieusement en attirant le regard du garçon dans le siens.
Celui-ci l'observa longuement dans un silence serein avant que l'homme ne reprenne.
- Cela te dérange-t-il alors ? Questionna le général.
- Non, répondit Kira en reposant les yeux sur Birdy. Protéger les autres est une bonne raison, remarqua-t-il avec un sourire dans la voix.
Les deux hommes le regardèrent avec douceur, appréciant déjà l'adolescent qui paraissait bien plus vieux qu'il ne l'était réellement en cet instant. Le petit brun semblait bien plus intriguant qu'il ne pouvait l'être au premier abord.
- Alors, comment cela s'est-il passé Hagen ? Demanda Wilfried.
- Ce fut long mais simple, répondit-il. Tout est réglé, vous avez désormais la tutelle légale de Kira monsieur, annonça-t-il en s'attirant le regard surpris du petit brun. J'ai aussi obtenu tout les papiers nécessaires pour qu'il puisse quitter Copernicus sans encombre et j'ai brouillé nos traces. Une fois partis d'ici, personne ne pourra le tracer s'il désire rester caché.
Wilfried approuva d'un signe de tête alors que Kira fixait Hagen avec une surprise teintée de joie. Tout avait tellement changé pour lui en une seule journée après deux ans et demi de souffrance. Il avait bien du mal à y croire mais il verrait bien ce qu'il se passerait. La seule chose qu'il savait à propos de ce changement, c'était qu'il ne voulait pas rester ici dans cette situation s'il avait la moindre chance d'avoir mieux ailleurs.
- Merci monsieur Damer, dit-il alors en regardant l'homme qui lui donna un signe de tête.
- Ce n'est rien, répondit-il. Nous ne pouvions tout de même pas te laisser ici. J'ai demandé à récupérer tes affaires mais on m'a dis qu'il n'y avait rien. Est-ce vrai ?
- Oui, répondit l'adolescent. Il n'y a que Birdy, dit-il en reportant son attention sur le petit oiseau robot.
Les deux hommes échangèrent un regard peiné, Hagen reprenant rapidement la parole.
- Je vais aller voir si tes vêtements ont été nettoyés, annonça-t-il. Ensuite, il sera temps de se préparer à partir. La navette doit venir nous chercher dans une heure et demi.
- Très bien, acquiesça le général. Kira, est-ce que tu aimerais prendre une douche avant de partir ?
Le jeune homme acquiesça, l'adulte se levant et lui faisant signe d'en faire de même. Hagen s'en alla alors et Wilfried rejoignit son protéger qui se levait lourdement, grimaçant un peu.
- Je vais te redonner des antidouleurs avant le départ, annonça l'homme en passant un bras dans son dos.
Il le guida vers la chambre et vers sa salle de bain, lui annonçant que Hagen allait lui ramener des vêtements rapidement. Il le laissa ensuite et ce fut avec joie que le jeune homme s'empressa de se déshabiller, de retirer les bandages de sa cheville et de son poignet et d'entrer dans la douche. Depuis combien de jours n'avait-il pas eu l'occasion de se laver ? Il ne préférait pas y penser. Ce fut donc avec bonheur qu'il fit couler l'eau chaude sur son corps maigre. Il se savonna avec précaution, prenant garde aux énormes hématomes sur ses côtes et un peu partout sur sa peau parsemée d'égratignures en bonne voie de guérison. Il ne s'attarda pas, se sentant toujours faible et un peu étourdis. Il sortit donc rapidement, se séchant avant de s'enrouler dans un peignoir trop grand pour lui. Boitant, il regagna ensuite la chambre où Hagen déposait justement ses vêtements qui avaient visiblement été lavés et repassés.
- Merci monsieur Damer, dit-il en lui souriant.
Hagen l'observa un moment. Il savait que l'adolescent avait souffert ces derniers temps et subi une haine qu'il n'avait certainement pas mérité, pourtant, il y avait encore tellement de douceur et de gentillesse en lui. Il était touchant. Il lui répondit d'un signe de tête :
- Je referais les bandages de ta cheville et de ton poignet une fois que tu seras habillé. Je pense que tu dois avoir de belles entorses. Tu seras bien avec des bandages de maintient. Nous partirons ensuite.
- D'accord.
L'homme sortit alors et il s'habilla rapidement, grimaçant en passant son tee-shirt et son pull. Il retourna ensuite vers l'autre pièce où les deux militaires l'attendaient ayant déjà enfilé leurs manteaux. Hagen lui demanda de le rejoindre et comme annoncé, il refit tranquillement ses bandages dans un silence serein.
- Je t'emmènerais voir un médecin dés que nous pourrons, expliqua Wilfried. Il vaut mieux vérifier que tout vas bien et que tu n'auras pas de problème à guérir.
Kira répondit d'un simple signe de tête, se faisant un peu gêné lorsque Hagen l'aida à enfiler ses chaussures :
- Reste tranquille, ordonna doucement celui-ci. Tu as peut-être une côte cassée et au mieux abîmée. Te pencher en avant doit-être douloureux, remarqua-t-il. Il vaut mieux éviter.
Kira resta alors silencieux, à la fois touché et embarrassé. Depuis quand n'avait-on pas pris soin de lui de la sorte ? Depuis quand ne lui avait-on pas porté un tel intérêt ? Depuis bien longtemps. Ce fut rapidement terminé et Hagen se releva, se tournant vers Wilfried.
- Nous devons y aller Général, remarqua-t-il. La navette ne va plus tarder. Autant que nous en ayons terminé avec les procédures lorsqu'elle arrivera.
- Je suis bien d'accord, approuva Wilfried en se levant.
Il s'approcha de son protéger qui se levait lui aussi et il passa une main dans son dos en le voyant tanguer un peu.
- Allons-y, poussa-t-il.
Tranquillement, Kira se laissa conduire, intérieurement excité à l'idée de quitter la Lune et d'aller sur les PLANTS. Cela faisait tellement longtemps qu'il en rêvait. Hagen ouvrit la route et passa devant, le petit brun repérant furtivement une arme attachée à sa ceinture. Mais cela ne l'effraya pas. Une arme n'était qu'un outils, il le savait bien et il ne se sentait pas en danger avec les deux militaires. Et vu leur métier, il n'était pas étonnant qu'ils soient armés. Le Général l'était probablement lui aussi. Il se laissa conduire dans le couloir et les ascenseurs, marchant en boitant visiblement. Heureusement, les deux hommes marchaient lentement. Ils gagnèrent le hall puis l'extérieur où une voiture les attendait. Hagen prit le volant et Wilfried s'installa à l'arrière, le poussant à en faire de même. Il prit donc place au côté du Général et ils furent bientôt partis. Le voyage se fit en silence, l'adolescent se tendant visiblement de plus en plus, se faisant visiblement inquiet. Mais il avait aussi l'air un peu excité et plein d'espoir, ce que les deux militaires comprirent sans mal, ne faisant aucune remarque.
Il fallut une vingtaine de minutes pour qu'ils arrivent au spatio-port de Copernicus en début de soirée, Kira tendu à l'extrême. Il sortit de la voiture et frissonna violemment en sentant la fraîcheur du soir, s'enfermant dans ses bras. Il sursauta un peu lorsqu'il sentit quelque chose de chaud sur ses épaules. Il se tourna alors vers le Général se tenant derrière lui, comprenant soudain que l'homme avait retiré son manteau, s'en servant pour le couvrir. L'adolescent en fut un peu gêné mais il remercia l'adulte d'une petite voix. Il serra les pans du manteau autour de lui, appréciant la chaleur du vêtement. S'y blottissant, il y trouva une odeur qu'il fit remonter l'image de son père à sa mémoire. C'était presque la même odeur que celle de l'après rasage que son père utilisait. Cette constatation le réconforta autant qu'elle l'attrista mais il sortit bien vite de ses pensées, la main délicate du Général posée dans son dos l'incitant à avancer. Une fois de plus Hagen ouvrit la route alors qu'ils entraient. Rapidement, ils gagnèrent les guichets et l'homme s'occupa des procédures. Pendant ce temps, Kira patienta au côté du Général, regardant autour de lui avec anxiété. Il se tritura un peu les doigts, s'imaginant que Wilfried allait le laisser là finalement. Il s'agita un peu, l'inquiétude se lisant sur son visage. Ce fut un bras s'enroulant autour de ses épaules qui le ramena au moment présent. Il sursauta, remarquant que le militaire le tenait contre lui en une prise rassurante et chaleureuse qui le réconforta un peu.
- Tout vas bien ne t'en fait pas, assura Wilfried. Nous serons bientôt partis et tu viens avec nous. Ça va aller maintenant Kira.
L'adolescent lui répondit d'un sourire tendu, baissant ensuite le regard tout en gardant une partie de son attention sur le bras réconfortant entourant ses épaules. Ce simple geste chassait la solitude qu'il avait ressenti depuis la mort de ses parents, lui faisant ressentir une certaine sécurité qui le tranquillisa un peu. Il fallut un moment mais Hagen revint finalement, annonçant que tout était en ordre. Ils partirent alors pour l'embarquement, n'attendant que quelques minutes avant qu'on leur annonce que leur navette était arrivée et qu'ils pouvaient la rejoindre. Ils sortirent alors sur les quai, Kira observant autour de lui avec tension alors que le Général avait gardé son bras autour de ses épaules. Ce fut une navette civile sans marque distinctive qu'ils gagnèrent et ils furent les seuls à y monter à la surprise du petit brun. Aussitôt qu'ils furent installés, on annonça le décollage et l'appareil décolla, sortant du port. Assis à côté d'un hublot, Kira vit soudain les étoiles apparaître. Ce fut seulement alors qu'il réalisa qu'il quittait bel et bien Copernicus. Et à ses yeux ce soir, l'immensité de l'espace était la plus belle des visions, promesse de liberté et d'espoir.
À suivre...
