32 ~ Avoir décidé guérit du vertige d'avoir à décider. (Claude Roy, Le Malheur d'aimer)

Enfin arrivée, Regina éteignit son moteur et observa à travers sa vitre en soupirant. Le ciel n'était toujours pas clément et la pluie continuait de tomber avec fracas. Cherchant à tâtons son parapluie, elle se rendit compte qu'elle l'avait oublié, bien trop pressé de quitter cet endroit. Grognant cette fois-ci contre elle-même, elle se pencha un peu plus vers son pare-brise et observa le bateau qui toisait avec arrogance son véhicule. Vainement, elle évalua le temps qu'il lui faudrait pour arriver jusqu'à la cabine du Capitaine et le temps qu'elle mettrait à finir trempé jusqu'au os. Évidemment, si la première solution s'écoulait en quelques minutes, la seconde ne s'écoulait qu'en quelques secondes. Pourtant, ses tracas ne purent durer plus longtemps puisqu'une personne toqua d'un coup brutal contre la voiture avant d'ouvrir la portière.

-Bonjour, j'me suis dit qu'ça s'rait dommage qu'vous finissiez trempez ! Remarqua un petit homme à l'éternelle marinière bleu, parapluie en main.

-Monsieur Mouche, je vous remercie. Sourit-elle en acceptant la main tendue de l'homme.

D'un pas rapide, ils se mirent à avancer vers le bateau.

-Tenez-vous à mon bras, le planchon glisse. Demanda-t-il en tendant celui-ci à la mairesse.

Peu assurée par ses longs talons et l'eau qui ruisselait, la Portoricaine ne se fit pas prier pour s'accrocher au bras de l'homme bien plus petit qu'elle. Toujours porté par son amabilité, Monsieur Mouche fut le premier à mettre les pieds sur le pont en prenant soin de maintenir son parapluie au-dessus de la brune avant de l'aider à descendre. Avec habitude, ils se rendirent vers la cabine du Capitaine, mais cette fois-ci, le moussaillon l'abandonna à la porte.

-Ah, tu tombes bien. J'ai décidé de changer de couleur ! S'amusa Killian en descendant les pieds de son bureau qu'il claqua au sol tout en ajoutant un pot à vernis à ongles.

-Vert fluo ? Tu es certain de ton choix ? S'amusa Regina avec un air de dégoût alors qu'elle s'installait sur la chaise face à lui.

-Mes goûts, tes goûts. Chantonna-t-il en lui tendant le pot.

Versant délicatement le liquide dans une petite boîte, Regina attrapa le couvercle et la referma avant de se tourner vers David qui s'amusait avec un pinceau, d'un air las. D'un coup de coude dans ses côtes, elle lui signifia qu'elle avait enfin fini sa préparation. Trop heureux, le blond lui arracha la boîte des mains et se précipita vers la sortie en ignorant les protestations de l'adolescente.

Avançant d'un pas rapide dans les couloirs, ils ralentirent toutefois lorsqu'ils croisèrent deux des sœurs du couvent. David passa ses deux mains derrière son dos et serra de toutes ses forces la petite boîte en espérant ne pas se faire attraper. Regina se contenta de soutenir leur regard avec un grand sourire, espérant que cela suffirait à les faire passer. Comme de fait, les deux sœurs les toisèrent d'un air pincé avant de poursuivre leur route, n'ayant aucune envie d'avoir encore à perdre leur temps avec ces garnements.
Soupirant de soulagement, David et Regina échangèrent un regard complice avant d'accélérer à nouveau le pas vers la sortie. Ils se dirigèrent vers le verger, observant les alentours à la recherche de leur ami. Enfin, ils l'aperçurent, allongé en dessous d'un grand pommier, mâchouillant un brin d'herbe tandis qu'il observait les nuages. Sans élégance, David se laissa choir contre Killian qui grogna contre la masse qui venait de le percuter. Plus délicatement, Regina s'installa face au garçon en repliant ses jambes contre ses fesses.

-Joyeux anniversaire, gamin ! S'écria le blond en abattant sa main contre le ventre du brun.

Un nouveau grognement échappa à l'adolescent qui se décida enfin à se redresser, incapable de réfréner le sourire qui se dessinait sur son visage. Évidemment que ses amis n'allaient pas accepter de le laisser seul avec sa peine le jour de son anniversaire. Il aurait dû s'en douter.

-Tiens. Ce n'est pas fou, mais j'ai réussi à chiper des cookies à Sœur Amanda et des allumettes. Relata David en disposant les biscuits entre eux ainsi que les allumettes qu'il planta.

-L'enfant modèle qui vole. Je suis impressionné. Railla Killian.

Faussement vexé, David fit la moue et ne répondit rien. Il avait l'habitude d'entendre son ami se moquait de lui. À juste titre puisqu'il avait toujours tout fait pour être l'enfant modèle aux yeux des sœurs. En vain.

-Tiens. Tendit à son tour maladroitement Regina.

Curieux, l'adolescent attrapa la boîte et le pinceau que lui tendait l'adolescente et l'ouvrit. Fronçant des sourcils, il tenta de savoir à quoi pouvait bien servir ce liquide jaune.

-C'est du vernis à ongle. Tu as dit que tu rêvais d'en avoir, alors voilà. Expliqua-t-elle d'un sourire embarrassé.

Surpris, Killian fit glisser le liquide d'un côté à l'autre dans la boîte en l'observant.
Chaque mois, Madame Kuài Jì pénétrait dans le Couvent afin de parler finances avec la Mère Supérieure. La comptable n'avait jamais mis les pieds avec une tenue similaire à la précédente. Robe à motifs colorés, tailleur aux couleurs vives, elle semblait avoir parfaitement définie son style vestimentaire qui arborait à la fois d'une certaine chaleur et d'un charisme. Mais ce qui avait toujours fasciné Killian, c'était ses doigts, eux-mêmes toujours parfaitement apprêtés. Jamais il ne l'avait vu sans vernis et il avait toujours voulu savoir pour quelle raison la femme en portait. L'amusement ? La prestance ? La panoplie ? Il rêvait de savoir. Et il en avait fait part à ses amis, un jour par hasard.

-Tu veux bien m'en mettre ? Je ne vais pas y arriver avec une main. Demanda-t-il.

-Tu veux vraiment en mettre sur tes mains ? C'est un truc de fille. Les sœurs risquent de ne pas apprécier. Remarqua David d'un air inquiet.

-C'est un truc de fille parce qu'on l'a décidé. Les choses peuvent toujours changer. Et puis, les sœurs ont toujours eu tort sur tout ce qui fait partie de la vie. Et nous le savons tous les trois, n'est-ce pas ? Argua Killian d'un air sermonneur. Et puis au moins, ça fera une bonne raison de les énerver. Tu m'aides alors ?

Silencieuse, Regina attrapa la main du jeune brun qu'elle posa sur sa cuisse avant de commencer à appliquer la couleur sur les mains de Killian.

-Tu te souviens de la dérouillée que j'avais pris la première fois que tu m'en as mis ?

-Évidemment. Mais je me souviens surtout de toi qui n'avais fait que les provoquer. Il était évident qu'elles allaient te corriger si tu leur disais vouloir te maquiller. Tu n'avais qu'à ne rien dire du tout.

-Tu me sers le même discours depuis des années.

-Parce que c'est un plat qui peut être réchauffé et se manger à l'infini. Rétorqua la politicienne.

-Mmh, j'ai tendance à oublier tes réprimandes sur ce sujet et à préférer me souvenir d'autres de tes mots.

-Vraiment ? Tu écoutes ce que je dis parfois ?

-Tu m'as dit un jour qu'il n'appartenait à personne de dicter aux autres quels goûts, quelles couleurs ils devaient aimer. L'apparence passe par l'affirmation de soi et c'est à chacun de se battre pour être soi-même parce que c'est notre meilleure armure. Il importe peu de plaire au monde tant qu'on arrive à l'enfumer. Voilà, ce que j'ai retenu de toi.

-Des paroles bien naïves, en somme.

-Des paroles qui m'ont permis de ne jamais reculer face à mes envies. Peu importe si elles ne plaisent pas ou choquent. Dit-il d'un ton assuré tout en se servant un verre de rhum, prenant garde à ne pas saccager sa récente manucure.

-Arrête avec ça. Je suis certaine que cette bouteille date d'aujourd'hui. Grogna Regina en lui attrapant son verre. Ce n'est pas comme ça que tu iras mieux.

-Mais c'est avec ça que je me sens bien. Argua-t-il dans un clin d'œil avant de boire directement au goulot sous le regard désespéré de Regina. Mais de nous deux, je crois qu'aujourd'hui, c'est effectivement toi qui en as le plus besoin. Sous-entendit-il en poussant le verre précédemment servit vers la jeune femme.

-Je n'ai certainement pas besoin de me perdre avec ton tord-boyaux.

-Mmh, ressasser tout ce que ta mère a pu te dire aujourd'hui est préférable selon toi ?

-J'ai appris à faire fi de ses paroles. Et de tout le reste. Essaie.

-Tu choisis le déni. Je choisis la fuite. Nous voilà d'accord.

-Je ne fais aucun déni. Éructa Regina.

-Bah, tiens, si ce n'était pas le cas, tu arrêterais ces rendez-vous chaque premier du mois et tu couperais les ponts une bonne fois pour toutes parce qu'on sait très bien que tu ne seras jamais assez bien pour elle.

-Je ne suis pas venue pour recevoir des conseils d'équilibre de la part d'un alcoolique. Déclara Regina en croisant ses bras contre sa poitrine comme pour contenir la colère qu'elle ressentait envers Killian. Je suis venue pour quelque chose d'amplement plus important. Déclara-t-elle en lui arrachant cette fois-ci la bouteille des mains.

OoO

-Et voilà ! S'étira un jeune homme en observant son travail, un sourire satisfait sur le visage. Tu fais officiellement partie des Enfants Perdus. Clama-t-il d'un air encore plus satisfait.

Toutefois, s'il paraissait particulièrement heureux, la personne en face de lui, semblait être prise d'émotions tout à fait inverses. Tremblante, elle ne parvint plus à retenir ses larmes qui vinrent parfaire le travail du jeune homme.

-Ne pleure pas. Tu verras, tout ira bien, maintenant que tu es avec nous. Rassura une trentenaire au crâne rasé sur lequel trônait un tatouage en forme d'ours. As-tu trouvé ton nom, alors ?

-Altaïr. Répondit le jeune garçon, toujours tremblant.

-L'étoile la plus brillante de la constellation de l'Aigle. Bon choix. Pourquoi celui-ci ?

-Parce que je rêve de m'envoler d'ici. Murmura le jeune garçon.

-Comme nous tous. Approuva-t-elle. C'est la raison pour laquelle nous nous réunissons. Pour trouver un moyen de s'enfuir.

Comme de fait, chacune des personnes présentes se rassembla autour de leur chef. Ours. De son vrai nom, Lydia Smith. Cela faisait treize ans qu'elle était au service de monsieur Gold. Bientôt quatorze. Dans quelques jours, en réalité. Sa fainéantise avait été la première raison pour laquelle elle avait détesté cet endroit. Parce qu'elle n'avait évidemment pas le choix de travailler si elle souhaitait rester en vie. Mais la véritable raison pour laquelle elle s'était mise à détester l'antiquaire et ses contremaîtres, c'était le nombre incalculable d'amis qu'elle avait vus périr. De fatigue. Par accident. Ou représailles...
Il y a quelques années, douze ans pour être exact, elle avait donc suivis Peter Darling et avait créé les Enfants Perdus. Leurs enfants. Qu'ils protégeaient au péril de leur vie. Discrètement, tout de même, ils avaient alors recueilli ces jeunes enfants endoctrinés qui étaient propulsés dans une vie d'esclavage. C'était d'ailleurs ce qui lui avait valu le surnom de "Ours". Parce qu'elle protégeait ses petits telle une ourse, toujours avec habileté pour ne pas risquer de se faire tuer comme bien d'autres avant elle. Comme Peter.
Mais les Enfants Perdus avaient pris une tout autre tournure il y a quelques années. Lorsqu'une femme qui avait déjà séjourné ici, les avait contactés et avait tout tenté pour les retourner contre monsieur Gold en leur assurant que ce qu'ils faisaient, était nuisible. Évidemment, Ours n'avait pas résisté à l'idée de quitter cette terre de malheur. Mais il fallait avouer bien des choses. Ils ne connaissaient rien du monde extérieur. Si monsieur Gold ou ses contremaîtres n'avaient jamais rechigné à tuer quelqu'un, ils ne l'avaient jamais fait pour le plaisir. Pour rébellion, oui. Pour trahison, oui. En réalité, lorsqu'ils ne travaillaient pas avec acharnement, ils avaient tout ce qu'il fallait. À manger. Des soins. Un toit. Si cette vie n'était pas rythmée par la peur et par une horloge dont les chaque minute les rapprochait de la mort, il n'y aurait aucune raison de s'enfuir. D'ailleurs, Ours se demandait parfois si son désir de détruire ce camp n'était pas un simple sentiment de vengeance. Chaque fois que cette question se posait face à elle, un verset de la Bible s'imposait à nouveau dans son esprit.

" Vous avez appris qu'il a été dit : œil pour œil, et dent pour dent. Mais moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu'un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l'autre. Si quelqu'un veut plaider contre toi, et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau.
Si quelqu'un te force à faire un mille, fais-en deux avec lui. Donne à celui qui te demande, et ne te détourne pas de celui qui veut emprunter de toi. Vous avez appris qu'il a été dit : Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi. Mais moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent, afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes."

Et la voilà à nouveau perdue. Devait-elle réellement trahir l'homme qui l'hébergeait depuis des années. Si elle ne voulait pas aller à l'encontre des préceptes de son dieu, elle voulait encore moins subir ses représailles.
Autre chose. Ils n'avaient aucune confiance en cette femme. Pourtant, elle s'était enfuie. Avec Peter. Qui serait toujours vivant, selon la rumeur. Et si elle était avec lui, alors peut-être fallait-il lui faire confiance. Et en même temps, il était parti. Sans elle. Il les avait tous abandonnés et n'était jamais revenu. Mais comment aurait-il fait ?

Mais elle savait que l'heure n'était plus à la controverse, mais à l'action. Depuis la mort de Marc Polecat, leurs débats se faisaient plus virulents. Opposant ceux qui désiraient maintenir leur protection et ceux qui rêvaient quitter ce camp et suivre les étoiles. Ceux qui ne faisaient pas confiance à cette brune et ceux qui voulaient lui faire confiance. Comme Marc. Mais Marc était mort. Parce qu'il avait voulu lui parler afin d'en savoir plus.

Au milieu de l'assemblée, elle observa toutes les personnes autour d'elle qui portaient la marque de leur solidarité, une constellation tatouée sous leurs yeux avec le dessin qu'elle représentait. Elle s'arrêta finalement au nouveau venu : Altaïr. Dix-sept ans. Et elle prit la décision qu'aujourd'hui, il ne serait plus question de fariboles sur leurs rêves de liberté et de révolte. L'heure était désormais à la prise de décision. Rester ou prendre le risque de tout perdre.

OoO

-Je marche ! Je fonce ! S'exclama Killian d'une voix forte et excitée.

-Avant d'accepter de façon inconsciente comme tu le fais, ne voudrais-tu pas y réfléchir un instant ? Soupira Regina, d'agacement.

-C'est tout réfléchi ! Pourquoi j'ai l'impression que tu n'es pas d'accord avec cette idée ?

-Parce qu'elle me paraît tout à fait folle. Aborder un bateau en pleine mer, faire en sorte de les dominer pour avoir le dessus et voler leur marchandise.

-De la piraterie, quoi. Se moqua le Capitaine.

-Cela me paraît surréaliste.

-Si tu n'y crois pas, pourquoi tu m'en as fait part ? Ce n'est pas vraiment ton genre d'accepter une idée qui ne te plaît pas.

-Si nous avons quelques divergences avec Miss Swan, il n'en demeure pas moins que ses plans s'avèrent parfois utiles. J'ai donc décidé de lui faire un peu plus confiance même si je n'arrive pas à croire en cela.

Amusé, Killian se retint toutefois de tout commentaire. Il se contenta simplement de hausser un sourcil et de noter qu'il lui faudrait appeler David assez rapidement. Et parler avec cette Miss Swan. Cependant, tiré par le désir de repousser un peu plus son amie dans ses retranchements, il osa poser une question.

-Et tu lui as parlé de Killian ?

-Tu l'as fait toi-même. Releva Regina, désarmée par cette soudaine demande.

-Je l'ai juste envoyé jusqu'à sa tombe. Je ne lui ai pas dit que tu avais rencontré mon frère sept ans après sa mort. Avec le même faciès que lorsqu'il avait onze ans, d'ailleurs.

-Je ne l'ai pas rencontré.

-Tu l'as vu quelque part pour pouvoir dessiner son visage.

-Toutes les personnes que j'ai vues là-bas étaient des personnes mortes ou disparus, Killian. Insista Regina en attrapant ses deux mains. Si tu imagines une seule seconde que cette femme serait capable de retrouver ton frère, alors cesses tout de suite parce que tu te fais de faux espoir pour rien.

Avec refus, Killian retira brusquement ses mains et attrapa de nouveaux sa bouteille qu'il but à grande gorgée. Cette fois-ci, Regina ne dit rien, désolée de ne pas pouvoir aider son ami. Elle l'observa alors avaler ces gorgées, avec désolation, et tenta de se convaincre qu'elle n'avait pas besoin de se conduire comme lui et de se perdre dans ses propres addictions. Toutefois, son mal-être s'accentua alors elle décida de couper court à cette discussion.

-Bien, il se fait tard. Je te fais confiance pour tout organiser et ne part pas du principe que Nemo n'est pas dangereux parce que vous vous entendiez bien lorsque vous étiez petit, s'il te plaît.

-Je ne suis pas naïf.

-Et je ne veux pas de mort.

-Tu es en train de me dire que s'ils ripostent, armes en poing, nous, nous devrons nous contenter de fleurs fraîchement cueillies ?

-Fait simplement en sorte de ne pas faire de victimes, s'il te plaît. Et fait attention aux enfants. Et fait en sorte que Rumple ne l'apprenne pas.

-Oui, oui ! Arrête avec tes ordres, je n'ai pas l'intention de faire couler ce bateau. Cela dit, je comprends enfin pourquoi tu dis que ce plan est une folie lorsque tu dis que Gold ne doit pas être au courant. Tu crois qu'une fois piller, Nemo ne repartira pas illico prévenir son patron ?

L'évidence ainsi exposée, Regina se contenta de hausser des épaules et de se diriger vers la sortie. Malgré son esprit embrumé, Killian fut peu enclin à la laisser sortir seule par un temps pareil et attrapa son ciré qu'il passa au-dessus de leur tête. La pluie battait toujours d'un tambour assourdissant, les éclaboussant sans aucune honte. Il l'accompagna jusqu'à sa voiture et l'observa partir.

Sous la pluie, il baissa les bras et observa les phares disparaître dans la nuit. Un grand sourire se dessina lentement sur son visage tandis qu'un sentiment presque mystique s'insinua en lui. Le voilà qu'il allait enfin réaliser le fantasme de son enfance : être un pirate. Et sa cible n'était autre que la personne avec laquelle il jouait aux pirates étant enfants.

Que ses moussaillons se préparent ! Le pont doit être brillant ! Que tous se préparent à l'abordage ! Il est venu le temps de l'action.


Référence du verset : Matthieu 5:38-45