Bonjour !

Désolée pour le temps d'attente entre chaque chapitre. Je vais essayer d'écrire plus régulièrement.

Bonne lecture


Chapitre 16 - La révélation de Draco

- Qui était ce à ton avis ?

Hermione regardait à travers la fenêtre le parc plongé dans l'obscurité. Par moments, une lueur apparaissait à l'angle d'une allée, puis disparaissait aussi soudainement qu'elle était venue. Les mangemorts avaient visiblement décidé d'inspecter l'intégralité du parc du Manoir et n'étaient pas près de quitter les lieux.

- Je n'en sais rien, répondit Draco adossé au mur en face d'elle, les yeux suivant les lueurs qui apparaissaient aléatoirement dans le parc.

Il fit un mouvement en avant pour se détacher du mur, détourna le regard et se dirigea vers le lit. Hermione qui ne parvenait pas à quitter le par des yeux, l'entendit s'asseoir sur les couvertures.

- Sûrement un mangemort, ajouta-t-elle. C'est lui qui a du les prévenir. Mais comment n'a-t-il pas pu me voir ?

- Je n'en sais rien, répéta Draco dans son dos.

Hermione leva les yeux au ciel.

- Tu es en boucle ! Lança-t-elle en se retournant.

Elle leva les sourcils en constatant que Draco n'était pas assis mais allongé sur son lit. Les bras relevés derrière sa tête, il observait le plafond au dessus de lui.

- Que veux tu que je te dise ? Répondit-il d'une voix faible en tournant la tête dans sa direction. Je n'étais pas là.

- Mais comment …

- Je ne sais pas Hermione ! La coupa Draco en se redressant en position assise. De toute façon ils ne te trouveront pas ce soir dans le parc, puisque tu es ici.

- Tu ne souhaites pas savoir qui s'est introduit chez toi ce soir ?

- Tu ne le sais pas toi peut-être ? Répliqua-t-il d'une voix devenue à présent glaciale.

- Comment-ça ? S'inquiéta Hermione.

- Amycus n'est pas venu ce soir peut-être ? J'ai du me tromper en le voyant réactiver les sortilèges de protection de l'entrée Est...

Hermione rougit en détournant le regard. Elle ne savait pas quoi faire, ni quoi dire. Draco avait visiblement vu Charles quitter le parc, mais devait-elle lui avouer qu'ils avaient eu une conversation ?

- Tu feras attention, ajouta Draco. Tu as le cerveau qui fume à force de réfléchir...

- Pourquoi tu ne m'as pas dit que tu avais intercepté les lettres et toi même écrit à Amycus ? Lacha-t-elle d'un seul souffle.

Draco ne répondit rien. Il détourna à son tour son regard d'elle, avant de se lever d'un bond et se diriger vers la porte.

- Ah non ! Lança Hermione en se précipitant derrière lui. Pas cette fois !

Elle s'interposa entre lui et la porte et fit barrage de son corps. Les bras en croix contre le panneau de bois, elle le fixa d'un regard noir.

- A chaque fois que tu te défiles, il arrive malheur, donc cette fois tu restes et tu réponds à ma question.

- J'ai beau y répondre Granger, tu ne comprends rien.

- Alors explique moi ! hurla-t-elle.

Sans prévenir, il lui saisit le cou des deux mains, la tira vers lui avec douceur et l'embrassa. Hermione avait toujours les bras écartés pour lui barrer le passage quand elle sentit ses lèvres glisser contre celles de l'homme qui se tenait devant elle. Le temps qu'elle comprenne ce qu'il venait de se passer, Draco s'était détaché d'elle. Sans daigner lui accorder un regard, il la contourna et quitta la chambre en claquant la porte derrière elle. Les bras d'Hermione retombèrent le long de son corps. Elle cligna des yeux, et posa enfin une réponse sur toutes les questions qu'elles se posaient depuis qu'on l'avait sortie de sa cellule du ministère de la magie plusieurs semaines auparavant.

- Draco... murmura-t-elle.

Elle se retourna d'un geste et poussa la porte. Sur le palier, elle tourna la tête à droite, puis à gauche et décida de redescendre au rez de chaussée.

- Draco ! Appela-t-elle sans succès.

Arrivée dans le hall, elle vit Hoba qui se tenait dans le cadre de la porte d'entrée laissée grande ouverte. Elle s'approcha doucement de lui et observa l'obscurité devant elle.

- Il est retourné dehors ? Demanda Hermione en baissant les yeux vers l'elfe visiblement inquiet.

- Maître Draco est parti aider à la recherche de la fugitive Miss. Les hommes qui la recherchent n'ont pas fini de fouiller le parc.

- Hoba, tenta délicatement Hermione en s'accroupissant à coté de lui. Il faut que je te pose une question.

- Tout ce que vous voudrez Miss, répondit l'elfe en se tournant vers elle.

Elle attendit une seconde. La peur que Draco ait interdit à son Elfe de répondre à la question qu'elle s'apprêtait à lui poser la fit hésiter Elle n'avait pas envie que Hoba soit obligé de se punir s'il y répondait. Mais le besoin de savoir était plus fort, et les chances que Draco ait prévu cette éventualité était relativement faibles.

- Est ce que Draco t'as expliqué pourquoi il m'avait fait venir ici ?

- Pour que vous puissiez vous marier Miss, répondit l'elfe naïvement.

- Mais pourquoi moi ? Insista Hermione.

L'elfe sembla mal à l'aise. Il détourna le regard et scruta à nouveau l'obscurité devant lui.

- Il t'a interdit d'en parler n'est ce pas ?

- Maître Draco a demandé à Hoba de ne pas parler de votre venue à quiconque lui poserait des questions Miss ! Répondit-il sur la défensive.

- Comment pourrais tu contourner son ordre ? L'écrire par exemple ? Oui répondre par oui ou par non ?

L'elfe secoua ses grandes oreilles pour signifier son refus à Hermione. Visiblement, il était en proie à une grande lutte intérieure entre son souhait de lui répondre et son souhait de ne pas désobéir à son maître

- Je ne peux rien dire Miss, finit-il par répondre. Maître Draco m'a ordonné de ne rien dire.

- Je comprends Hoba, répondit Hermione en tentant de cacher sa déception. Il n'y a pas de problème.

Elle se redressa et plongea son regard dans la nuit qui s'étendait devant elle. Soudain, une lueur apparu à quelques dizaines de mètres devant eux et des bruits de pas se firent entendre. Hermione reconnu immédiatement Draco qui s'approchait à grandes enjambées de la porte d'entrée.

- Rentre tout de suite ! Lui ordonna-t-il d'un air sévère.

- Pardon ? S'offusqua Hermione en lui jetant un regard outré.

Il la saisit par le bras et l'entraîna à l'intérieur avant de refermer la porte d'entrée d'un coup de baguette. Arrivée au milieu du hall, Hermione tenta de dégager son bras de l'emprise de Draco mais il la tenait trop fortement pour qu'elle ne puisse bouger.

- Mais lâche moi enfin ! S'indigna-t-elle à nouveau.

- Tu ne devrais pas rester à la vue de mangemorts comme ça.

- Pourquoi ? Je suis sous polynectar.

- Quand même ! Ça peut être dangereux.

Il la lâcha enfin et se planta devant elle. Il avait un air étrange et semblait comme Hoba quelques minutes auparavant en proie à une lutte intérieure. Ses yeux habituellement gris foncés avaient pris une tinte argentée qui reflétait la lumière des chandelles allumées autour d'eux. La tête baissée pour pouvoir observer Hermione dans les yeux, il haletait comme s'il venait de courir.

- Tu m'expliques ? Demanda alors Hermione qui voulait des réponses.

- Je n'ai rien à t'expliquer, lacha-t-il.

- Je suis épuisée de ces dialogues de sourds Draco. Tu ne peux pas te comporter comme ça avec moi et n'attendre aucune question de ma part.

- Je n'ai pas à y répondre, répondit-il d'un ton sec.

Pour la première fois de sa vie, Hermione éprouva de la tendresse pour Draco Malefoy. Il semblait si vulnérable dans ses sentiments qu'elle avait l'impression de pouvoir briser cet air si sûr de lui de façade, simplement en soufflant dessus. Il était amoureux d'elle. Depuis combien de temps ? Était-ce arrivé avant la guerre ? L'était il devenu depuis qu'elle habitait là ? Et elle... Quels étaient ses sentiments envers cette homme qui lui avait sauvé la vie et qui prenait des risques inconsidérés pour qu'elle reste en sécurité ? Toutes ces questions explosaient dans sa tête alors que son regard plongeait au plus profond du lac d'argent qu'étaient les yeux de Draco fixés sur elle. Quand son ennemi était il devenu un protecteur ? Qu'était il prêt à faire pour elle ? Il lui avait dit que ses amis, et Ron, avaient été envoyés à Azkaban et ne seraient pas exécutés pour l'instant. Combien de temps pourraient-ils tenir ainsi ? Allait elle devoir tirer un trait sur toute tentative de fuite et de retrouver l'homme qui l'attendait dans une cellule de prison ? Pouvait-elle seulement l'envisager ? Elle se rendit alors compte que la peur qu'elle ressentait en sa présence depuis quelques jours n'étaient pas du à la crainte d'un châtiment, mais la crainte d'un sentiment. Elle n'avait plus peur de lui, mais d'elle. Comment avait elle pu se laisser berner par son cœur aussi facilement ?

- Alors ? Qui a gagné ? Finit par demander Draco en brisant le silence qui s'était installé entre eux depuis quelques minutes.

- Comment ça ?

- Je ne sais pas, j'avais l'impression que deux équipes s'affrontaient dans ta tête, mais vu comment ton regard à changé il y a une seconde, j'en déduit que l'une d'elle a gagné.

- Je... bredouilla Hermione en baissant les yeux vers ses pieds.

Il ne bougea pas d'un millimètre, ne l'aidant absolument pas à trouver ses mots. Hermione voyait les mains de Draco attendre le long de ses hanches, ses propres doigts enchevêtrés les uns dans les autres à quelques centimètres de lui. Elle le vit finalement lever une main vers elle et lui prendre le menton qu'il releva pour plonger à nouveau son regard dans le sien. Il approcha doucement son visage et s'arrêta à quelques centimètres d'elle.

- Je peux ? Demanda-t-il dans un murmure.

Un larme coula sur la joue d'Hermione quand elle ferma l'espace qui séparaient leurs lèvres. Il lui rendit son baiser, glissant sa main à l'arrière de son cou. La chaleur du corps de Draco se répandit en elle comme une onde salvatrice. Les larmes continuaient de dévaler la pente de son visage, glissant sur la peau comme une caresse douloureuse. Sentant l'humidité sur sa propre joue, Draco glissa son pouce sous l'œil clos d'Hermione et essuya les nouvelles larmes qui s'apprêtaient à couler. Leur baiser se transforma en étreinte. Il glissa ses mains dans son dos, puis sous ses hanches pour la soulever. Les jambes d'Hermione lui entourèrent alors la taille. Elle avait à présent le visage au dessus du sien et ce fut elle qui dut à son tour baisser le regard pour pouvoir croiser celui de Draco. Il la portait sans difficulté, ses bras puissants supportant aisément le poids d'Hermione. Sans un mot, il grimpa les marches qui menaient à l'étage. Hermione savait très bien où il la menait mais ne fit aucun geste qui aurait pu lui faire croire qu'elle n'en avait pas envie. Elle pensa à Ron, puis senti les lèvres de Draco se poser sur son cou encore humide des larmes qui avaient à présent cessé de tomber. Elle décida que le moment n'était pas venu de penser à l'autre homme qu'elle aimait, et qu'elle pendrait une décision le lendemain. Pour l'instant, elle voulait penser à elle et à ce qu'elle avait envie. Se faire plaisir pour la première fois depuis des mois.

La soutenant toujours sous les hanches, il agita sa baguette qu'il avait saisit dans la poche de son pantalon et ouvrit la porte de sa chambre. C'était la première fois qu'Hermione y entrait depuis son arrivée au Manoir. La pièce était étonnamment lumineuse, recouverte de draperies aux armoiries de Serpentard. Le vert et argent omniprésents dans la pièce contrastait avec les centaines de chandelles allumées tout autour du lit placé au centre. Il la déposa par terre, et avant de refermer la porte derrière eux, lui déposa un baiser sur le front. Les pensées d'Hermione se battaient dans sa tête. Elle avait envie de s'allonger sur ce lit avec lui, pour oublier toutes les raisons qui l'empêchaient encore de le faire. Ron, la guerre, Voldemort, et Harry... Mais son cœur battait si fort qu'elle ne pouvait le refréner. Elle savait qu'elle voulait serrer Draco contre elle, l'embrasser et sentir ses mains sur sa peau. La douceur dont il avait fait preuve ces dernières minutes avait donné l'envie à Hermione de ne plus ressentir autre chose.

Draco restait derrière elle, contre la porte de la chambre à présent fermée. Elle savait qu'il attendait un signe de sa part pour continuer. Se retournant alors face à lui, elle lui saisit la main avec douceur. Leurs regards à nouveaux plongés l'un dans l'autre, il referma ses doigts sur les siens et l'embrassa. Hermione se reteint de ne pas laisser à nouveau l'émotion la submerger. Elle sentait les larmes au bord de ses yeux clos, la pression de quatre mois de captivité s'échappant pour la première fois de son corps. Les mains de Draco se glissèrent dans son dos et elle sentit la tension du tissus de sa robe se relâcher. A son tour, elle parcouru les quelques centimètres qui séparaient ses mains des boutons de la chemise de Draco et entrepris de les défaire un par un. Bientôt, Hermione sentit la chaleur émise par les centaines de chandelles lui réchauffer la peau. Mais quand Draco la saisit par le hanches pour la porter jusqu'au lit, c'est son cœur qui se réchauffa d'un coup.

A suivre...