Allez, on passe au chapitre 14, le vrai cette fois.

Et en moins d'un an ! Plusieurs mois certes, mais pas un an !

J'aime beaucoup cette fic et on rentre bientôt dans un autre arc de celle-ci. Et je pense qu'il était plus que temps ! J'ai un peu l'impression que les pensées de Jesse tournent en rond. C'est pas totalement incohérent vu la situation dans laquelle il se trouve. Mais ça me semble répétitif. Bref… encore un demi chapitre avant de rentrer dans l'arc final de l'histoire 😉

Alors qu'ils se dirigeaient tous trois vers le réfectoire pour faire le plein de caféine, Jesse était étrangement silencieux. Que l'ainé des Shimada ne dise mot après ce gros moment de gène vécu un instant plus tôt, ce n'était pas surprenant.

Mais l'Américain, il en avait vécu d'autres. Et ça Genji n'avait pas besoin de prendre de paris à ce niveau, il le savait. Il se souvenait parfaitement de l'air fatigué et blasé de Gabriel quand il avait ramené son jeune chien fou par la peau du cou après l'avoir surpris avec une mécanicienne d'Overwatch dans un des véhicules d'intervention. Pas que le chef de Blackwatch ait un souci avec ça… il avait eu son quota de délire du genre dans ses folles années. Juste qu'il ne fallait pas se faire chopper par une équipe sur le départ. Ça la foutait mal. C'est d'ailleurs le seul reproche qu'il avait fait. Ce a quoi Jesse avait simplement répondu que c'était vachement plus drôle de prendre des risques et qu'il n'avait pas un lit kingsize dans sa chambre à lui à la suite d'un arrangement avec un certain commandant blond. Gabriel avait bien sûr grogné pour la forme et s'en était suivi un de ces éternels concours de piques entre les deux qui rythmaient la vie de leur salle commune.

Bref, le silence du cowboy était étrange.

Il laissa son frère encore mortifié s'asseoir à une table et y guider Jesse, décidant enfin d'ouvrir de nouveau la bouche pour lui éviter de rentrer dans un coin de mur. De son côté, le cadet des Shimada récupéra le stock de café posé sur un bout de table abandonnée. Tiens, ils étaient seuls. Il était déjà si tard ? C'était difficile à juger dans ce genre de base enterrée qui n'offrait aucune vue vers l'extérieur. Il servit les deux autres avant de lui-même s'installer devant une tasse fumante.

Son regard dériva alors de son frère à l'Américain. Retour du silence. Il poussa un profond soupir. Oui, bah il n'y était pour rien s'ils n'avaient pas réfléchi plus de deux minutes au fait qu'il pouvait être là… ça aurait pu être bien pire ! S'il avait attendu un peu, qui sait ce qu'il aurait pu entendre. Il secoua vivement la tête. Brrr…

Du coin de l'œil, il scrutait Jesse, se demandant ce qui pouvait se passer dans son crâne. Buvant une gorgée de café bouillant sans frémir, le châtain fixait devant lui sans voir. Il semblait perdu dans ses pensées.

Ça sentait la bonne ambiance ce matin.

Après un petit déjeuner dans le silence, Jesse avait suivi les deux frères. Il avait alors passé un moment dans un bout de hangar qu'une partie de l'équipe avait désigné comme propice à l'entrainement, lui-même assis sur une vieille caisse de matériel, dans un angle de la pièce. Il avait entendu les deux frères s'affronter tranquillement. Il s'était efforcé de rester concentré sur eux, de tenter de calculer leurs positions, leurs gestes, en fonction de ce qu'il arrivait à ressentir. Mais il avait vite compris que c'était du niveau expert que d'espérer capter les deux japonais. Trop rapides, trop silencieux aussi. Les deux étaient de véritables guerriers formés depuis leur plus jeune âge à se mouvoir efficacement et aussi discrètement que possible. Il devrait peut-être commencer cet exercice avec quelqu'un comme Reinhardt…

Il s'était donc finalement lassé et avait pris une autre décision. Il allait prendre une douche. Il pouvait le faire seul… Tout à sa nouvelle motivation d'arriver à se gérer, il se fixait des objectifs. Hanzo lui avait proposé de l'accompagner mais Jesse avait refusé. Alors oui, le chemin avait pris bien plus longtemps que prévu et il avait dû faire plusieurs fois machine arrière mais il commençait à se situer. Il avait enfin trouvé sa chambre, pris quelques affaires sans trop savoir avec quoi il allait s'habiller – mais c'était à lui donc forcément de bon goût – et était ressorti.

Nouvelle quête : la salle de bain commune. La base grecque lui manquait cruellement. En vérité, pendant des années, il n'avait eu strictement aucun souci avec l'idée de partager ce genre de lieux. Papoter sous la douche avec un voisin de cabine, ce n'était pas un souci. Il l'avait fait un paquet de fois à l'époque, notamment avec Reyes. Oh, il avait sa salle d'eau privative, en bon officier. Mais il aimait parfois retrouver frères d'armes et effacer un peu les avantages que son grade lui permettait d'avoir. Ça lui donnait un coté plus facile à aborder par ses propres hommes. Moins…. Moins Morrison en fait !

Mais aujourd'hui, la commodité d'une pièce directement attenante et où il pouvait être sûr que personne n'avait laissé trainer un truc par terre lui semblait un luxe extrême. Pour ne pas foutre ses pieds en chaussette dans une flaque d'eau par exemple… il détestait ça… Ce n'était pourtant que de l'eau mais, rien à faire, c'était désagréable. Enfin, au moins, il était sûr d'être arrivé au bon endroit.

Il allait apprendre à apprivoiser son espace, à le comprendre. Cela serait déjà un énorme pas en avant. Ça lui semblait à sa portée quand il s'était secoué les puces à se dire qu'il fallait avancer. Et chaque mouvement lui soulignait combien ce serait un effort titanesque.

Il avait pris sa douche, s'était cogné environ soixante huit fois dans la cabine trop petite et avait manqué de glisser trois fois en plus de cela. S'il avait un jour l'occasion de croiser l'architecte qui avait fait construire cette base, il irait lui faire faire le tour du propriétaire en lui écrasant la face contre chacun des murs. Il en était finalement ressorti complétement trempé, ses vêtements sous le bras, décidant de se sécher et se rhabiller dans sa chambre. Il avait dû laisser une belle série de flaque dans le couloir mais… merde à la fin. Il était déjà sûr d'avoir des bleus partout.

Il s'était finalement laissé tomber sur son lit après avoir enfilé un pantalon. Il fallait qu'il lutte pour ne pas y rester la journée. C'était tellement tentant. Mais non, il fallait qu'il bouge. Qu'il fasse des choses… Déjà, qu'il arrête de tremper son lit en séchant dessus… Allez… Il s'autorisa à se reposer… juste un instant. Juste un tout petit instant…

Il était incapable de dire s'il s'était passé cinq minutes ou cinq heures. Tout ce qu'il savait, c'est qu'un instinct presque animal l'avait fait bondir sur ses deux pieds, alors que ses oreilles subissaient le hurlement de l'alarme de proximité. Il avait mis un instant à comprendre de quoi il s'agissait. Le son était tellement strident. Il couvrait tout. Le peu de repères qu'il avait venaient de lui être retirés.

Il prit un instant à réaliser, trop tard, que la panique était en train de monter en lui comme rarement. Son cœur battait trop vite, sa respiration devenait incohérente. Dans son océan d'obscurité où seuls les sons arrivaient à lui permettre de recréer son espace… Son souffle lui manquait. Il porta une main à sa propre gorge. Respirer… c'était nécessaire. Se concentrer dessus.

Et l'alarme qui continuait à hurler sans discontinuer.

Il aurait dû se demander ce qui se passait. Mais son esprit n'arrivait pas à formuler une pensée cohérente.

Il sentit ses jambes céder. Enfin, il eut surtout conscience du choc du montant du lit contre son dos et de glisser le long alors qu'une main le stabilisait. Ce n'était pas si mal… au moins… là, il ressentait mieux le sol…

Et ce hurlement… qui continuait…

« Faites la taire… faites la taire… »

La supplication passa ses lèvres alors qu'il écrasait une main sur sa face.

« …Sse »

« Faites la taire… »

Il mit un instant à capter qu'une main s'était posé sur son épaule et qu'une voix tentait de couvrir le cri de l'alarme. Il s'immobilisa un instant.

« Jesse ! »

« 'Zo… ? »

Il y eut un silence. Lui-même n'avait pas reconnu sa voix. Certes, l'alarme couvrait pas mal et étouffait le reste des sons. Mais il s'était entendu couiner si pathétiquement.

Il avait senti les bras du japonais se fermer sur lui et son visage se rapprocher du sien…. Il captait son souffle contre sa peau. Comme s'il buguait déjà pas assez comme ça…

« Il faut se lever, Jesse. Écoute moi… faut te lever… et t'habiller… Les radars ont détecté quelque chose. Il faut se préparer à combattre ou évacuer. »

Trop d'informations d'un coup. Un danger… … L'esprit de Jesse percuta soudainement. Non, cette alarme n'était pas juste là pour le perturber et le pousser à faire une crise d'angoisse. Non… elle les prévenait… Ils étaient en danger. Bon… c'était encore pire du coup. Merveilleux.

Pourtant, pendant des années, il avait su se préparer en quelques secondes et être sur le pied de guerre pour ce genre de situation. D'ailleurs, son corps avait réagi tout seul quand il l'avait entendu résonner. Jusqu'à ce que son cerveau percute qu'il était incapable de continuer une action pourtant instinctive chez lui. Prendre sa ceinture, son arme, vérifier le chargeur, prendre son téléphone et filer rejoindre les autres… Comme une machine programmée qui cette fois, c'était soudainement retrouvée avec un paramètre qui venait tout faire déraper.

« Jesse ! » La voix du japonais s'était faite plus pressante face à son silence. Il y percevait nettement l'inquiétude. Il fallait qu'il dise quelque chose. Qu'il le rassure.

Alors, il sentit l'archer entreprendre de l'aider à se relever et il réagit enfin. Il prit appui contre lui et s'efforça à se tenir debout.

« Tu tiens ? »

« Oui, oui. » Même si une de ses mains s'était refermée sur une des barres du lit pour lui assurer un meilleur équilibre.

Il avait connu pire situation ! Il fallait qu'il reprenne pied ! Mais a qui mentait il en tentant de se forcer à penser cela ? Bien sûr qu'il n'avait jamais connu pire… Mais il ne pouvait pas devenir un poids pour les autres. Il devait se ressaisir. Et faire face à une réalité qu'il avait effleuré sans jamais vouloir voir la vérité en face… non, plus tard. Ce n'était pas le moment de réfléchir.

Il attrapa le tee-shirt qu'Hanzo lui fourra dans les mains et entreprit de le mettre alors que le japonais rassemblait rapidement leurs affaires à chacun. Y'avait pas grand-chose qui trainait. L'habitude de partir rapidement.

Quand l'archer vit que tout était prêt, y compris Jesse, il lui accrocha lui-même la ceinture qui rajouta le poids rassurant – mais inutile – du colt contre sa hanche. Il l'invita ensuite d'une main sur l'épaule à se retourner pour l'aider à enfiler au plus rapidement un blouson rembourré. Il allait crever de chaud là-dedans pour l'instant, mais il n'aurait pas le temps de l'aider à s'habiller au dernier moment s'ils devaient fuir. Il finit avec le sac à dos et finit ainsi de harnacher Jesse.

Sous les indications d'Hanzo, Jesse trouva finalement la porte de la chambre. Trop lentement au gout du japonais apparemment. Celui-ci passa l'ouverture juste après lui puis lui saisit le poignet. Il l'entraîna alors à sa suite.

« Viens. »

Dans un autre état d'esprit, il est certain que Jesse se serait empressé de sortir une remarque mais là… il se faisait surtout l'impression d'un gosse sous surveillance.

Il fallut quelques pas à l'Américain pour réussir à se caler sur le rythme de son compagnon d'armes. Courir, il avait presque oublié que c'était possible dans son nouveau monde d'obscurité. Mais là, tenu par la poigne ferme du japonais, il fit quelques foulées maladroites avant de s'y retrouver. Juste être attentif à la main sur lui, à ce qu'elle indiquait. Et tendre l'oreille pour entendre sa voix par-dessus l'alarme au cas où il y avait un changement soudain de direction. Avec cet appui physique autant que moral, il aurait presque oublié combien cet acte lui serait impossible seul.

Jesse sentit bientôt le froid malgré l'énorme manteau qu'il portait. Et l'alarme baissa un peu de volume. Un vrai soulagement. Il comprit rapidement qu'ils étaient de retour dans un des hangars dont les immenses portes protégeaient moins du froid glacial de l'extérieur. Ils ralentirent tous deux sous une pression des doigts de Hanzo sur son poignet. Et il capta bientôt d'autres voix. Genji d'abord. Dont le volume augmentait au fur et a mesure. Il devait s'approcher.

« Les scanners ont détecté une présence en mouvement. Ça vient de l'Est. On n'a pas encore de contact visuel mais ça approche. »

« Une seule ? »

« Une seule mais grosse. »

« Bien »

Il y eu un petit reniflement moqueur que le cowboy connaissait tant au cadet des Shimada. Et il sentit la main de l'ainé le lâcher soudainement. Un instant, il sentit un violent vide se saisir de lui mais quelques secondes plus tard, une main de Genji le dirigeait.

« Assis toi. »

Il en avait marre d'être assis. Il voulait pouvoir bouger… Mais rester planté au milieu du hangar n'aidera rien, il en avait conscience.

« La Griffe ? »

« J'en doute. Reyes et O'Deorain sont là aussi. »

« Rien ne les empêche de retourner leur veste quand leurs renforts seront là. »

« Je les garde à l'œil. Tout le monde les garde à l'œil. »

Le rire jaune de l'Américain lui répondit et Genji toussota. Il ne tenait pas à faire de l'humour noir.

« Ce sont plusieurs unités. » La voix d'Ana finit de tendre toute l'équipe. « Contact visuel dans quelques secondes. »

« Quelles sont nos défenses ? » siffla Jesse entre ses dents. Bon, techniquement, ils étaient loin d'être une proie facile mais si quelqu'un envoyait une troupe les débusquer, il le soupçonnait assez intelligent pour y mettre les effectifs nécessaires. Ils pouvaient à la limite compter sur la surprise de la présence de Gabriel et Moïra. Peut-être. Mais à part ça ? La base était abandonnée depuis trop longtemps. Le matériel n'était pas des plus récents. Et si Genji avait tenté de faire installer quelques batteries d'armes à l'extérieur, ils n'avaient pu en trouver suffisamment pour couvrir tout le périmètre alentour et la moitié avait déjà cédé sous le froid glacial.

« On a deux batteries fixes dans le hangar. Ça pourrait nous permettre de faire un nettoyage rapide. Si elles fonctionnent. »

« Pourquoi on ne se barre pas au juste ? »

« Notre transport n'est pas armé ni suffisamment renforcé. Tant qu'on ignore à quoi on a à faire… »

« Je vois… »

Jesse s'efforçait de faire taire sa panique. Il allait juste pouvoir se mettre à couvert et attendre que les choses se passent, sans avoir conscience de la situation de ses compagnons. Peut être qu'il entendrait la fin du feu nourri entre les deux groupes pour finalement découvrir que le retour du silence lui annonçait juste qu'il était désormais seul.

Il savait que ça arriverait. Depuis le début… il savait que sa nouvelle condition ne lui permettrait pas de vivre ce genre de situation. Mais c'était venu à lui. Il se sentait trembler. Sa prothèse se crispa sur son autre main pour la forcer à cesser de bouger ainsi mais ça n'empêchait pas les vagues de frissons.

Le vent s'engouffra plus froid encore dans le hangar et siffla à ses oreilles, un instant avant le déferlement.

Il était là, crispé derrière une caisse dont il ignorait la solidité alors qu'il entendait le combat autour de lui. D'un instant à l'autre, il serait peut-être mort. Et tout ce qu'il pouvait faire, c'était serrer sa main à s'en faire mal pour se maitriser.

Il avait cette envie de faire front. De tirer. Mais où ? Il sentait les présences… enfin il les entendait. Il n'y avait eu aucune voix. Leur adversaire n'était pas humain. Et ce vrombissement… il le connaissait. Même le bruit des armes utilisées. Comment des omnics avaient réussi à braver cette tempête… ? Mais ça expliquait pourquoi ils n'avaient détecté qu'une présence… Ils s'étaient déployés en approchant.

On entendait parfois la mécanique lourde et les pieds larges se poser alors que les machines changeaient de position pour mieux canarder.

Tout son esprit était focalisé sur ce danger. A tenter de le repérer, l'identifier plus en détail. Mais il n'arrivait pas à se faire une vision globale de la situation. Non, y'avait trop de mouvement. S'il reconnaissait chacun de ses alliés à ces petits bruits qui trahissait leur identité – leurs armes, leur pas, leur voix, il n'arrivait pas à les situer plus de quelque secondes avant que le tableau ne se brouille de nouveau.

Le seul dont il avait conscience pleinement, c'était Hanzo. L'archer était à ses côtés. Il l'entendait. Il le sentait. Il captait la tension dans l'arc à chaque fois qu'il bandait l'arme. Il distinguait cet instant où le souffle devenait plus profond quand il visait. Il frémissait à la vibration de la corde relâchée, à la propulsion d'une nouvelle flèche.

Chaque mouvement du japonais faisait comme un écho en lui.

Il se focalisa dessus.

Il n'y avait que lui.

Puis cet éclair de douleur. Il sursauta. Il crut d'abord que c'était lui. Avant de réaliser que ce n'était qu'un grognement d'Hanzo qui avait provoqué chez lui cette réaction.

Bander l'arc lui faisait mal.

C'est vrai… il s'était blessé récemment… Il pouvait se battre mais trop longtemps, ça risquait de l'user.

Déconcentré de son focus sur lui, il eut pleinement conscience d'entendre un cri de douleur plus loin. Angela ? Puis un bruit de batterie de cuisine qui s'effondre. Un ennemi était à terre.

Le dos toujours contre sa caisse, Jesse sentait ses nerfs à vif.

Dire que quelques heures plus tôt, il s'était fait une raison. Il s'était fait une promesse. Mais la vérité lui sautait à la tronche sans aucune pitié… cette vie n'était plus pour lui. Oui, il allait reprendre son bout de route comme il l'avait prévu… mais ça serait loin de tout ça… Enfin s'il survivait jusque-là…

Il y eut une nouvelle détonation et il se protégea le visage par réflexe. Le souffle lui lécha le visage ravivant de mauvais souvenirs.

Et il eut conscience qu'Hanzo avait passé un bras autour de lui pour le mettre un peu plus à couvert, lui éviter quelques éclats dû à l'explosion.

Si une part de lui se sentit fondre sous ce geste, le reste se rebella furieusement. Il ne sut pas trop ce qui lui prit. Mais il rejeta le japonais avec un sifflement. S'il avait pu partir sans s'exposer aux ennemis restants, il l'aurait fait mais ça aurait été signer son arrêt de mort. Il était amer mais pas au point de risquer sa peau. Mais il était encore plus hors de question que Hanzo prenne le temps de le protéger et se mette lui-même en danger. Cette simple idée le rendait dingue.

Il n'était pas un putain de… si… si… il l'était… il était un gamin perdu dans un univers qui ne lui appartenait plus. Qu'il ne comprenait plus.

Il sentit sa conscience partir peu à peu, se fermer, oublier tout ce qui se passait autour. Son esprit se ferma à l'extérieur.

Noir… plus que le noir…