hello tout le monde ! j'espère que vous avez passé un bon week-end ! si oui, j'espère le rendre encore meilleur et si ce n'est pas le cas, j'espère l'égayer avec ce nouveau chapitre !
honnêtement, je me suis beaucoup amusée à l'écrire ! c'est un peu une coupure du drama pour rappeler qu'ils restent des adolescents ! (j'avais besoin d'une coupure aussi, je l'avoue)
je tiens à remercier Malauu-Ladynoir, EtincellantMatin, ilai et Emilie Narya pour leurs reviews ! ça me fait vraiment plaisir de vous lire et de savoir ce que vous pensez du chapitre ! je suis ravie que les sujets que j'aborde vous interpellent et vous touchent, c'est un des buts de cette histoire !
allez, je vous laisse avec le dixième chapitre ! bonne lecture ! (et préparez vous un verre d'eau... très froide...)
— Marinette ? Tu as entendu ?
Ses yeux étaient fixés sur le contenu de son assiette, observant les légumes et la sauce qui la recouvrait.
Clic, faisait sa fourchette contre l'assiette. Clic, clic, clic.
— Marinette ?
— Oui ?
— Tu as entendu ce qu'on t'a dit ?
Marinette leva le regard, rencontrant ceux de ses parents.
— Je... désolée.
Sa mère soupira, son père secoua la tête.
— Tu sembles vraiment préoccupée, ces temps-ci.
Elle haussa les épaules, recommençant à triturer le contenu de son assiette.
— C'est juste... les cours. Entre l'équipe et mon dossier à envoyer pour Pratt, c'est un peu...
— Stressant, compléta Sabine.
Marinette hocha la tête, les yeux baissés. Elle sentait sa gorge se serrer et n'osait pas lever à nouveau le regard.
— Justement, intervint Tom, avec ta mère, on pensait te laisser l'appartement pendant un week-end. Pour ton anniversaire.
Le nœud qui liait ses cordes vocales se desserra.
— Alya nous a dit que tu voulais organiser quelque chose pour tes dix-huit ans.
Le visage de Marinette se redressa et ses sourcils se haussèrent.
— Alya a dit ça ?
— Hmm, confirma Tom.
Elle ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel, un léger sourire naissant sur le coin de ses lèvres.
— Je suis pas sûre d'avoir envie de fêter ça.
— Oh, allez, Marinette ! s'exclama Tom. Ce sont tes dix-huit ans, ça n'arrive qu'une fois !
Elle haussa à nouveau les épaules.
— Je me rappelle toujours la fête que j'avais organisée pour mes dix-huit ans, moi ! assura-t-il. C'était mémorable.
Marinette se souvenait des dix-huit ans d'Adrien.
Mémorable, ça l'était.
— Bien sûr, si tu n'en as pas envie, ça ne fait rien, la rassura Sabine, un sourire plein de bienveillance sur le visage. Mais je pense que ça te ferait du bien, de relâcher un peu la pression.
Relâcher la pression. Marinette n'était pas sûre que c'était la chose la plus raisonnable à faire. Parce que si elle commençait à la relâcher, cette pression, elle ne savait pas si elle allait pouvoir s'arrêter un jour.
Elle devait se montrer raisonnable.
— Et puis, ça ferait plaisir à Alya, ajouta Tom.
Elle ne put s'empêcher de rire face à l'enthousiasme de sa meilleure amie. Alya était une vraie fêtarde, Marinette le savait bien. Elle adorait organiser des fêtes et adorait y participer, surtout.
« Tu lui dois bien ça, » lui chuchota une voix au coin de son esprit.
— Je vais y réfléchir.
Marinette ne savait pas comment elle en était arrivée là.
— C'est une très mauvaise idée, dit-elle à Alya, ce jour-là.
— Non, c'est une très bonne idée, au contraire.
Allongée dans son lit, Marinette avait les yeux rivés sur la fenêtre au-dessus d'elle. Elle ne répondit rien, mais n'en pensait pas moins.
Après avoir annoncé à Alya que son appartement était libre durant le troisième week-end de novembre — week-end durant lequel tombait son anniversaire — dire que sa meilleure amie avait été enchantée était un euphémisme.
Elle avait explosé de joie.
Juste pour cette étincelle dans ses yeux, juste pour ce sourire sur son visage, juste pour voir le bonheur, Marinette avait accepté. Accepté qu'Alya menât son idée à terme, accepté l'idée de célébrer son anniversaire de manière « mémorable », accepté, pour une soirée, de mettre ses problèmes de côtés.
Mais, avoir accepté l'idée ne voulait pas dire qu'elle la trouvait particulièrement bonne.
— Tu sais, si tu veux vraiment pas, on peut toujours annuler.
Marinette tourna le visage vers Alya. Assise devant sa coiffeuse, elle recouvrait minutieusement ses cils de mascara.
Elle pensa aux invités déjà prévenus, à la décoration déjà installée, à la nourriture et aux boissons déjà achetées, à la joie déjà installée dans le cœur d'Alya.
Et puis, elle pensa à elle. Elle pensa au fait que, effectivement, elle avait bien besoin de se détendre un peu.
— Non.
Alya leva ses yeux vers Marinette. Son regard ambré était agrandi par ses interminables cils, étiré par le maquillage qui recouvrait ses paupières.
Elle était magnifique.
— Non ?
— N'annule pas.
Un léger sourire étira ses lèvres enduites de gloss orangé.
Alya entrouvrit la bouche mais se ravisa au dernier moment, dérobant ses yeux de ceux de Marinette.
Elle connaissait le prénom qu'elle n'avait pas osé prononcer. Adrien.
Adrien...
Marinette ne savait pas s'il venait. Elle n'avait pas demandé à Alya et cette dernière, remarquant son silence, ne lui avait rien dit à propos de sa présence ou non.
Alors, Marinette avait fini par se persuader qu'il ne viendrait pas. Après tout, pourquoi le ferait-il ? Elle n'avait fait que le repousser, que lui assurer que tout allait bien, que lui mentir, depuis des semaines.
Cela faisait désormais presque un mois et-demi depuis qu'ils avaient découvert leurs identités. Depuis qu'elle lui avait écrit cette lettre. Depuis que tout avait volé en éclats.
Un mois et-demi, plus de huit semaines, plus de cinquante jours. Des centaines et des centaines d'heures passées sans le faire sourire, sans lui parler, sans l'embrasser.
Elle se demandait s'il comptait les jours, lui aussi.
Oui, pourquoi viendrait-il ? Son père ne l'autoriserait jamais, de toute façon.
« Es-tu sûr qu'elle— comment dire... qu'elle n'exagère pas son affection envers toi pour tes contacts et ton influence ? »
« J'espère qu'elle met autant d'énergie à te procurer du plaisir qu'elle met de l'énergie à assurer son avenir. »
Ses mots étaient encore gravés dans son esprit, marqués au fer rouge dans son cœur. Elle avait abandonné l'idée d'être un jour appréciée par Gabriel Agreste depuis un moment.
Mais elle pouvait à présent faire une croix sur ses vœux de respect.
Marinette ferma les paupières, l'arrière de la tête enfoncée dans son oreiller. Comment les choses avaient pu déraper à ce point ? I peine trois mois, elle était probablement avec Adrien — peut-être même qu'elle était au-dessus ou en-dessous d'Adrien. Ou peut-être était-il derrière—
Elle soupira, appuya ses paumes contre ses yeux clos. Et aujourd'hui, elle était pleine de secrets, remplie de peur et débordante de remise en question.
Elle voulait juste que tout cela s'arrête, que cette voix dans sa tête arrête de la traiter de menteuse et de profiteuse et de faible.
Dring !
Un sursaut agita le corps de Marinette. Redressée et les yeux ouverts, elle rencontra le regard d'Alya.
— C'est Nino. Je reviens.
Elle se laissa à nouveau tomber contre son matelas. Allait-elle avoir une crise cardiaque à chaque fois que quelqu'un allait sonner à sa porte, se demandant douloureusement s'il s'agissait d'Adrien.
« Il ne viendra pas, » se dit-elle. « Il ne viendra pas. »
Et c'était probablement mieux comme ça, de toute manière. Parce que sinon... Marinette n'était pas sûre de vouloir le savoir.
— Hey ! Mari !
La voix de Nino lui réchauffa instantanément le cœur. Il grimpa jusqu'à son lit et s'installa à côté d'elle, observant, lui aussi, le ciel à travers la fenêtre.
— Ladybug, murmura-t-il.
— Carapace.
Ils tournèrent le visage au même moment. Leurs regards se rencontrèrent et ils se mirent à sourire, à sourire, à sourire... jusqu'à éclater de rire.
C'était son secret enfin dévoilé après tant d'années. C'était le fait que Nino eût été au courant depuis des mois, déjà. C'était le fait qu'ils se connaissaient depuis plus d'une décennie. C'était le soulagement de savoir qu'une des personnes qu'elle aimait le plus sur cette planète l'aimait, elle aussi, dans sa globalité.
C'était toute cette situation, qui lui semblait tellement amusante, à cet instant. Tellement absurde.
Elle riait, riait jusqu'à ce que la contraction de ses abdominaux devint douloureuse. Elle riait, riait jusqu'à sentir les larmes perler de ses yeux. Elle riait, riait jusqu'à ne plus rire du tout.
Elle pleurait. Pleurait parce que c'était absurde, parce qu'elle n'avait plus à mentir à son meilleur ami, parce que c'était son anniversaire. Elle pleurait parce qu'elle avait dix-huit ans aujourd'hui. Elle pleurait parce qu'Adrien n'était pas là pour les célébrer avec elle.
— Je suis désolée, sanglota-t-elle contre le torse de Nino qui avait passé ses bras autour d'elle.
— Pourquoi ?
« Pourquoi ? »
La question se répétait dans son esprit, encore et encore. Elle ne faisait que s'excuser, mais personne ne lui demandait jamais pourquoi.
Pourquoi ?
Parce qu'elle aurait voulu lui dire la vérité depuis le début. Parce qu'elle voulait, encore aujourd'hui, lui dire la vérité. Parce qu'il ne savait pas tout. Parce qu'ils ne savaient pas tout.
Nino ne savait pas que ses cauchemars étaient peuplés de blanc, de bleu et de rouge. Il ne savait pas qu'une terreur étouffante l'habitait : la peur que ce cauchemar devint réalité, encore. Et si Bunnix ne pouvait pas tout réparer, cette fois-ci ?
— Tu fais ce que tu peux avec ce que tu as, Marinette.
Nino était vraiment destiné à ce pouvoir de protection. Si ses paroles qui s'apparentaient grandement à celles de Wayzz n'étaient pas preuve suffisante, alors ses puissants bras passés autour de son corps l'étaient largement.
— Je suis pas fâché. Je l'ai jamais été. Je suis fier de toi. De ce que t'es devenue.
Marinette ferma un instant les paupières, s'autorisant à ressentir la chaleur réconfortante de ses paroles.
— Mari ?
Elle leva ses yeux larmoyants vers lui.
Un sourire au coin des lèvres, Nino épongea ses larmes de ses pouces.
— Bon anniversaire.
Elle sentit ses lèvres se redresser en un sourire. Un vrai sourire.
— Je peux pas porter ça.
Son reflet la regardait avec scepticisme.
— Bien sûr que si.
Elle observa la robe qui tombait le long de son corps, épousant parfaitement ses courbes.
— Je me sens nue.
— Allez, montre-nous !
— Nino, soupira Marinette.
— Il a raison !
Non sans un dernier coup d'œil en direction du miroir, Marinette ouvrit timidement la porte de la salle de bain.
— Vous vous moquez pas de moi, d'accord ?
— Promis.
Soupirant, elle s'avança vers eux.
Ils ne se moquèrent pas d'elle.
Le sourire qui redressait leurs lèvres disparut, remplacé par des yeux grands ouverts et un air ébahi.
Ils échangèrent un regard et Alya lui fit signe de faire un tour sur elle-même. Non sans rechigner, Marinette obéit.
— Marinette, souffla Nino.
Désormais dos à eux, elle pouvait sentir leur attention rivée sur l'arrière de son corps, nu jusqu'à la chute de ses reins.
— Cette robe... murmura Alya.
— Incroyable.
— Elle est magnifique.
— Marinette est magnifique.
Elle sentit ses joues se teinter de rouge face à leurs compliments.
— Elle l'est, affirma sa meilleure amie.
— Pourquoi vous parlez comme mes parents ?
— Parce qu'on est tes parents, Mari, assura Alya en attrapant son poignet pour la faire tourner à nouveau sur elle-même.
— En tant que père, j'espère que tu porteras cette robe jusqu'à minuit, au moins.
Marinette aperçut le regard meurtrier qu'Alya lança à Nino et fronça les sourcils.
— Qu'est-ce que—
— Rien, la coupa Alya. Ton père dit n'importe quoi, comme d'habitude.
Un éclat de rire s'échappa de la bouche de Marinette, rapidement suivi par l'amusement de ses amis.
— Je me sens toujours toute nue, soupira-t-elle, rencontrant à nouveau son reflet dans le grand miroir qui trônait dans sa chambre.
La robe était d'un rouge parfait — d'un rouge Ladybug. Le satin dont elle était faite caressait agréablement sa peau, enroulant finement son cou en de fines bretelles, épousant la naissance de sa poitrine d'un col bénitier et tombant en haut de ses cuisses.
De face, la robe était légèrement osée de par son décolleté et la manière dont elle moulait parfaitement la finesse de sa taille.
Mais de dos... de dos, la robe était sexy. Un adjectif qui lui venait très rarement en tête lorsqu'elle se regardait dans le miroir. Les seules fois où elle ne s'était jamais sentie sensuelle étaient lorsqu'elle se voyait dans les yeux d'Adrien.
Mais aujourd'hui, avec son dos entièrement nu jusqu'à la chute de ses reins, avec ses fesses parfaitement galbées par la finesse du tissu... Marinette se sentait sexy dans son propre regard.
Et cette aura qui s'échappait d'elle, cette aura de puissance... elle ne s'était pas rendu compte d'à quel point elle lui avait manquée.
— C'est pour tes dix-huit ans, Mari. Dix-huit ans !
Alya la regardait avec admiration, avec peut-être même du soulagement. Comme si, elle aussi, était heureuse de retrouver ce halo de force qui semblait briller autour d'elle.
— Si tu ne peux pas te sentir nue pour tes dix-huit ans, alors quand ? demanda Nino.
« Si tu ne peux pas être irresponsable aujourd'hui, alors quand ? » lui avait un jour dit Alya. Ils s'assemblaient parfaitement, comme les deux revers d'une même médaille. Marinette se demanda s'ils pensaient la même chose, lorsqu'ils les voyaient, Adrien et elle.
— Allez, conclut Alya, viens par là.
Elle lui fit signe de s'asseoir devant sa coiffeuse, et Marinette, un sourire aux lèvres, ne grommela pas, cette fois-ci.
• • • • • • • • • • • • • • •
Après être passée sous les pinceaux et les mains expertes d'Alya, Marinette avait également l'impression d'être passée dans une machine à avancer le temps.
Son teint, d'ordinaire simplement enjolivé par la roseur de ses joues et les taches de rousseur qui constellaient son nez, était aujourd'hui plus structuré. Quelques points de lumière contrastaient avec les ombres qu'Alya avait amplifiées, affinant ses joues, bronzant légèrement sa peau. Ses sourcils étaient plus foncés que d'habitude, rendant son regard plus intense. Regard qui était, d'ailleurs, agrandi par le mascara qui allongeait ses cils. L'emphase était faite sur ses lèvres, minutieusement recouvertes de rouge, ce qui rendait ses yeux encore plus bleus qu'ils ne l'étaient déjà.
Ses cheveux d'un noir de jais étaient rassemblés en une queue de cheval haute, ce qui dégageait son visage et laissait la nudité de son dos parfaitement visible.
Elle avait vraiment l'air d'avoir dix-huit ans. La gentillesse qui se lisait d'habitude sur son visage était remplacée par quelque chose de plus espiègle, de plus mature.
— Wow, murmura-t-elle.
— Toujours partante ?
Debout derrière elle, Alya passait tendrement ses mains dans sa queue de cheval. Son regard rivé au sien semblait lui dire : « un mot, un seul mot, et on annule tout. »
Marinette lui sourit, lui sourit vraiment.
— Oui, répondit-elle simplement.
— Sûre ?
— Sûre. J'ai juste envie de m'amuser et... de penser à autre chose.
Alya hocha la tête, et Marinette n'eût pas besoin de développer sa pensée pour que son amie comprît ce à quoi elle faisait allusion.
Peut-être que Marinette devrait expliciter ce qui se passait dans son esprit. Peut-être devrait-elle parler de ses cauchemars. Peut-être devrait-elle parler de la peur qui lui nouait le ventre à l'idée de revoir Adam la semaine suivante, maintenant qu'Alya lui avait dérobé son téléphone. Peut-être devrait-elle parler de la vidéo qu'elles avaient supprimée le jour précédent.
Peut-être devrait-elle parler de tout ça.
Et peut-être le ferait-elle.
Mais pas aujourd'hui, pas ce soir.
Ce soir, elle allait s'amuser.
— Alors là, j'ai la solution, lui sourit Alya, les mains désormais posées sur ses épaules.
Elle déposa affectueusement ses lèvres sur sa joue et s'éloigna, jusqu'à ouvrir la trappe qui menait au reste de l'appartement.
Nino était déjà descendu, et Marinette pouvait entendre le brouhaha de rires et de mots qui s'élevait du salon.
— Tu viens ?
— Je te rejoins.
Alya hocha la tête, lui offrit un sourire rassurant, et disparut.
À peine Marinette commença-t-elle à descendre les marches qu'elle fut acclamée par un tumulte d'approbation.
— Marinette !
— Ta robe !
— T'es trop belle !
— T'as vraiment une belle paire de—
— Kim !
— Quoi ? C'est vrai !
— T'es irrécupérable—
— Parle pour toi.
— Fais attention—
— Commencez pas, vous deux !
Arrivée sur la dernière marche des escaliers, Marinette avait un énorme sourire plaqué sur son visage.
Tout le monde était là. Alya et Nino, bien sûr, mais aussi Chloé, Alix, Kim, Rose, Juleka, Mylène, Ivan, Sabrina, Max, Nathaniel et Marc. Toutes ces personnes qu'elle affectionnait tant, réunies dans la même pièce.
— Merci, déclara-t-elle, merci de tous être venus.
Elle sentit son cœur se serrer lorsque le mot « tous » dépassa la barrière de ses lèvres.
— Pas de larmes, Dupain-Cheng, lança Chloé.
— Rose, tu pleures ?
— N-Non...
— Sérieusement, soupira Alix, t'es vraiment un bébé, des fois.
— Désolée... C'est juste, de tous se retrouver, c'est émouvant.
— C'est normal, répondit Juleka avec douceur.
— Tous ? répéta Ivan. Mais il manque—
— Musique ! l'interrompit Alya.
Toujours perchée sur une marche d'escalier, Marinette observa avec bonheur les sourires et les rires se répandre comme une trainée de poudre sur le visage de ses amis.
Elle soupira, évacuant la déception qu'elle ne pouvait s'empêcher de ressentir. C'était son anniversaire, sasoirée.
Déterminée, Marinette amorça un mouvement, avant d'être immobilisée sur place par une paire d'yeux verts.
Adrien était devant elle. Il était là.
— Tu es là, souffla-t-elle.
Grâce à ses talons et à la marche sur laquelle elle se tenait toujours, Marinette était à la même hauteur que lui, son regard parfaitement immergé dans le sien.
Son cœur allait sortir de sa poitrine, à force de battre aussi fort.
— Bien sûr que je suis là, répondit-il.
Maintenant qu'il était devant ses yeux, maintenant qu'il était réel, Marinette se sentait stupide. Bien sûr qu'il était là.
Parce qu'avant d'être Chat Noir, avant d'être la source de ses cauchemars, avant d'être celui à qui elle s'était offerte, celui qui s'était offert à elle, il était Adrien. Il était son ami.
Elle sentit les commissures de ses lèvres se redresser.
Un sourire se dessina sur le visage d'Adrien au même moment.
— Bon anniversaire, ma Lady, chuchota-t-il, suffisamment doucement pour que personne n'entendît.
Un frisson courut le long de sa colonne vertébrale dénudée de tissu.
En-dessous du maquillage qui recouvrait sa peau, Marinette sentit ses joues rougir lorsqu'il y déposa ses lèvres.
— M-merci, balbutia-t-elle.
Le sourire d'Adrien ne fut que plus grand.
— J'ai besoin d'alcool, déclara Marinette.
Elle posa résolument son verre sur la table, attirant le regard de Nino. Un sourcil haussé, il avala une dernière gorgée de ce qui se trouvait dans son gobelet.
— Quel—
— Je m'en fous, j'ai juste besoin de—
— Adrien ! déclara Nino en le gratifiant d'une tape légèrement trop forte pour qu'il fût complètement sobre.
Marinette sentit son cœur sursauter dans sa poitrine et ses muscles se contracter encore plus qu'ils ne l'étaient déjà.
Depuis le moment où elle avait posé les yeux sur lui, elle avait l'impression d'être encore plus tendue qu'un élastique. Adrien la tenait entre ses doigts, il tirait, tirait, tirait... et elle sentait qu'elle n'allait pas tarder à atteindre son point de rupture.
Elle le savait.
— Tu t'amuses bien ?
Adrien hocha la tête et un sentiment familier se propagea dans le ventre de Marinette lorsqu'un sourire se dessina sur son visage. Ce sourire qu'il adressait à Nino, il était sincère.
Le fait de le voir s'amuser, le fait de le voir heureux, n'était-ce que pour une soirée... c'était apaisant, d'une certaine manière.
— Et toi, Mari ?
Elle avait le regard posé sur lui depuis un moment, déjà, et Adrien ne sourit que davantage lorsqu'il s'en rendit compte.
— Pourquoi t'as besoin d'alcool—
Ses yeux se téléportèrent jusqu'à ceux de Nino, le faisant taire immédiatement.
Il était rarement maladroit. La plupart du temps, les remarques comme celle-là étaient planifiées.
Chacun réagit différemment face à l'alcool. Nino, lui, devenait extrêmement gaffeur.
— Tu pourrais juste me servir un verre, grommela-t-elle, tentant désespérément d'ignorer le sourire en coin d'Adrien. S'il-te-plaît.
Nino leva les mains en l'air et attrapa une bouteille.
— Quelque chose te perturbe, peut-être ?
Tout son corps se crispa. Adrien venait de murmurer ces six mots à son oreille. Six mots de trop.
« Oh, non, » pensa-t-elle.
Mais il ne s'arrêta pas là. Bien sûr que non.
Avec une grâce presque féline, il se pencha pour attraper un gobelet, appuyant sa main dans le bas de son dos pour se stabiliser.
Sauf que Marinette savait qu'il avait un équilibre parfait. Sauf que sa main était douce et chaude, si chaude. Sauf qu'elle portait cette maudite robe et que son dos entier était à nu.
« Oh, non, non, non... »
— Tiens ! déclara Nino, complètement étranger à ce qu'il venait de se passer. Vas-y doucement, c'est—
Ses mots se perdirent parmi la musique et le bruit de son pouls qui battait contre ses tempes.
Marinette attrapa son verre et avala la moitié de ce qu'y s'y trouvait.
— Fort, compléta Nino face à l'expression de son amie.
Le feu dans sa gorge était tellement intense pendant un instant que celui qui se propageait dans le bas de son ventre semblait presque raisonnable, en comparaison.
Alors, elle porta à nouveau son gobelet à ses lèvres.
Son plan ne se déroula pas exactement comme prévu.
En théorie, c'était une bonne idée. Une idée qui avait pour but de la distraire d'Adrien.
Sauf que Marinette avait oublié de prendre en considération une variable très importante : chacun réagit différemment face à l'alcool.
Elle n'avait été soûle qu'une seule fois : lors de l'anniversaire d'Adrien, en juillet dernier. Mais ses idées avaient été encore relativement limpides, ses mouvements encore sûrs. Les quelques verres qu'elle avait bus n'avaient pas été suffisants pour faire plus que la rendre plus entreprenante qu'à l'ordinaire.
Ce qui lui avait grandement servi, à ce moment-là.
Mais aujourd'hui, Marinette n'avait pas besoin de devenir plus impudente. Et elle n'avait surtout pas besoin de l'effet aphrodisiaque que l'alcool était en train de lui procurer.
Elle aurait probablement dû prendre cette variable en compte.
— Marinette !
Lorsqu'elle se retourna, Alix était en face d'elle. Ses yeux pétillants et ses joues parées de rouge la rendaient magnifique. Le short qu'elle portait était si bleu qu'il en était presque noir et son débardeur mettait en valeur sa silhouette.
Le sourire qu'elle lui adressa était rempli de curiosité.
— Cette robe, elle est vraiment top. C'est toi qui l'as faite ?
— Hmmm, affirma-t-elle.
Marinette se souvenait de ce satin rouge qu'elle avait acheté — elle se rappelait le prix, surtout. Elle avait passé des jours entiers à confectionner cette robe, l'été dernier.
À l'origine, elle l'avait créée pour élargir son book, afin d'augmenter ses chances d'admission à une école de mode après le lycée.
Mais le tissu était si léger, si agréable, et elle se sentait tellement sûre d'elle avec cette robe que ne l'utiliser qu'à des fins professionnelles aurait été dommage.
— Je connais quelqu'un qui en profite un max, s'amusa Alix.
Marinette plissa les paupières, son cerveau trop embrumé pour comprendre le sous-entendu.
Alix se rapprocha suffisamment pour murmurer dans son oreille :
— À dix heures.
— À quoi ?
— Tourne la tête, andouille.
— Où ça ?
Grognant et riant à la fois, Alix lui prit le menton, inclinant son regard dans la bonne direction. Adrien, à l'autre bout de la pièce, avait les yeux rivés sur elle.
Les idées de Marinette n'étaient plus très claires mais la pensée qu'Adrien n'était vraiment pas très discret se fraya un chemin jusqu'à ses neurones.
Et le fait de savoir qu'il avait la réelle capacité de la déshabiller du regard la fit frissonner.
— Il te regarde comme s'il voulait te bouffer — littéralement.
L'attention d'Adrien convergea vers Nino, laissant Marinette presque déçue. Le regard à nouveau tourné vers Alix, elle pinça ses lèvres.
— Comme s'il l'avait déjà fait, tu veux dire, intervint Chloé.
Marinette se perdit un instant dans l'océan de ses yeux, dans les boucles dorées de ses cheveux, dans la robe moulante qu'elle portait.
Les joues de Chloé rosirent légèrement lorsqu'elle remarqua le regard de Marinette se baladant le long de son corps.
Ou peut-être que l'alcool la faisait imaginer des choses.
— C'est tellement romantique, comment il te regarde ! déclara Rose.
Alix s'esclaffa, sans aucune retenue.
— Romantique ? Il veut juste se la faire !
Étrangement, le commentaire de son amie n'éveilla aucun ressentiment, seulement du désir. Marinette porta une nouvelle fois son verre à ses lèvres.
— Alix ! s'interposa Mylène.
— N'importe quoi ! Tu vois bien l'amour dans ses yeux, assura Rose.
— Complètement, affirma Juleka.
— Excité, mais amoureux. Adorable, ironisa Chloé.
— Surtout excité, s'amusa Alix.
— Et toi, Mari ?
Cinq paires d'yeux se tournèrent vers elle avec une synchronisation presque effrayante. Marinette se réfugia derrière son gobelet... vide.
— Faut que j'aille—
— Je m'en charge.
Son sang n'était plus que de la lave et le bas de son ventre n'était plus qu'un volcan en éruption.
Adrien apparut dans son champ de vision, avec ses yeux verts et son sourire en coin. Avec ses cheveux dorés et son visage parfait.
Marinette n'était plus sûre de savoir vraiment pourquoi, mais elle était dans le pétrin. Dans un sacré pétrin.
Elle hocha la tête, le regard levé vers lui. Ses doigts — ses longs, très longs doigts — effleurèrent les siens lorsqu'il lui prit son verre des mains.
Et il s'en alla.
— Tu peux respirer.
Marinette prit une grande inspiration, un frisson se propageant le long de son dos.
— Bon, je pense qu'on a notre réponse, sourit Alix.
— Elle est amoureuse de lui depuis le collège ! déclara Rose.
— Peut-être, mais ça ne l'empêche pas, tout de suite, maintenant, d'être complètement—
— On a compris, Alix, soupira Chloé.
— Quoi, t'es jalouse ?
— N'importe quoi, c'est ridicule !
— Ben, moi je le suis. Marinette est super sexy dans cette robe.
— Merci, réussit-elle à articuler.
— Tu sais, c'est ton anniversaire—
— Donc si tu veux Adrien au-dessus de toi comme cadeau, tu peux lui demander.
— Alix ! s'indigna Mylène. C'est pas ce que je voulais dire !
— Adrien en-dessous de toi, alors.
— Pourquoi pas derrière moi.
— Marinette Dupain-Cheng !
Rose semblait indignée, Myène gênée, Juleka amusée, Chloé désabusée et Alix incroyablement fière.
Un sourire se dessina sur ses lèvres, se changeant en rire.
— Marinette, commença Rose, est-ce que vous avez déjà—
Sa phrase resta en suspens.
Une main grande et chaude se posa au creux de son dos.
— Merci, souffla-t-elle en attrapant le gobelet qu'Adrien lui tendait. C'est de l'eau, remarqua-t-elle après avoir ingéré une gorgée.
— C'est de l'eau, confirma-t-il.
Marinette fronça les sourcils.
— Bois.
C'était peut-être le ton de sa voix, peut-être son regard ancré dans le sien ou peut-être le semblant de raison qu'il lui restait, mais Marinette lui obéit.
— J'ai tout bu.
— C'est bien, répondit Adrien, un sourire attendri au coin des lèvres.
Marinette laissa son regard vagabonder dans la pièce, se rendant compte que ses amies étaient parties rejoindre Alya, Nino et Sabrina.
— J'ai chaud.
— T'as cas enlever ta robe.
— Je vais pas enlever ma robe.
— C'est dommage.
Elle leva à nouveau ses yeux dans les siens, rencontrant l'éclat d'espièglerie qui y brillait. Son visage était proche du sien, tellement proche qu'elle n'avait cas se hisser sur la pointe de ses pieds pour l'embrasser.
— Je crois que je suis bourrée, soupira-t-elle.
— Je crois que moi aussi.
— Oups.
Elle sentit ses lèvres se redresser en voyant le sourire d'Adrien s'intensifier.
— Tu sais, y a différents types de gens bourrés. Je crois.
— Hmm ?
— On peut avoir l'alcool triste, mauvais, joyeux...
— Ça me fait pas ça, à moi.
— À moi non plus, avoua Marinette.
Les paupières d'Adrien se plissèrent légèrement et son regard devint tout à coup plus sombre.
— C'est excitant, pour certaines personnes, déclara-t-il.
Marinette hocha la tête.
— Je crois que c'est ce que ça me fait.
— Je crois que moi aussi, répondit-elle.
— Oups, murmura-t-il.
Ils ne souriaient plus.
Marinette ferma un instant les paupières lorsque les doigts d'Adrien effleurèrent son dos, imaginant sa main descendre, descendre, descendre.
Elle avait tellement chaud que la peau d'Adrien ne paraissait pas si brûlante, comparée à la sienne.
Ses doigts continuaient de frôler sa colonne vertébrale jusqu'à se glisser dans ses cheveux.
— J'aime bien quand t'as les cheveux attachés, dit-il d'une voix rauque.
Ses yeux se rouvrirent, rencontrant les pupilles dilatées d'Adrien.
— Pourquoi ?
— C'est... pratique.
Il illustra ses propos en refermant sa main autour de sa queue de cheval, suffisamment fort pour que Marinette ratât une respiration.
Une image se dessina dans son esprit : Adrien, derrière elle, s'agrippant à ses cheveux, ses grognements de plaisir s'intensifiant à chaque mouvement de ses hanches.
Elle avait vraiment trop chaud.
— Je—
— Ça vous dit de jouer à « je n'ai jamais » ?
Marinette sursauta, les bruits redevant plus forts autour d'elle, comme si la bulle qu'Adrien avait tissée autour d'elle venait d'exploser.
Il relâcha ses cheveux, non sans caresser son dos au passage, se tournant vers Alya. La robe noire qu'elle portait faisait ressortir le roux de ses cheveux et l'ambré de ses yeux. Yeux qui étaient encore clairs et alertes, signe qu'Alya était sobre.
Contrairement à Marinette — et Adrien.
Peut-être avait-elle moins de choses à oublier.
— Carrément ! J'ai plein d'idées ! se réjouit Alix.
— On se demande à propos de quoi, pouffa Kim.
— Tu me traites d'obsédée, là ?
— Je te traites pas d'obsédée, je le dis.
Le rire d'Adrien expédia un frisson le long de sa peau.
— Ça va, Mari ? demanda Alya en s'approchant d'eux.
— J'ai chaud, soupira-t-elle. Mais Adrien m'a donné de l'eau, alors ça va.
— Quel gentil garçon, sourit Alya en tournant son regard vers lui.
— J'ai l'alcool gentil.
— Tu mens, répliqua Marinette en lui ébouriffant affectueusement les cheveux.
Elle aurait voulu passer ses doigts dans ses cheveux mais ce qu'il lui restait de lucidité lui assura que ce n'était pas une bonne idée. Alors, elle éloigna sa main.
Et Adrien attrapa son poignet, les yeux immergés dans les siens.
— Mari, Adrien, Alya, venez !
Adrien fit glisser ses doigts le long de son avant-bras lorsqu'il relâcha son poignet et Marinette pensa que sa chambre n'était qu'un étage au-dessus.
Elle allait exploser.
Elle était assise juste à côté d'Adrien et son explosion était imminente. Ses doigts tapotaient nerveusement ses cuisses et ses dents mordillaient l'intérieur de sa joue pour se redonner une contenance. Mais c'était sans compter sur l'odeur d'Adrien à quelques centimètres d'elle et sur son corps qui ne faisait que frôler le sien.
L'envie de lui hurler d'arrêter et de le supplier de continuer s'entrechoquaient, rendant sa respiration encore plus laborieuse qu'elle ne l'était déjà.
Et les regards qu'Alix et Alya lui lançaient ne l'aidaient pas non plus.
— Mari, c'est ton anniversaire, tu commences !
— Euh... Je... réfléchit-elle, les yeux rivés sur l'alcool remplissant son verre. J'ai jamais... embrassé une fille !
Une bonne moitié des invités prirent une gorgée : Nino, Kim, Max, Ivan, Rose, Juleka et Alix. Apercevoir Adrien porter son gobelet à ses lèvres l'emplit d'une curieuse sensation de fierté.
— Chloé ! s'exclama Alya.
L'intéressée leva les yeux au ciel en déglutissant.
— C'est bon, grommela-t-elle en lui donnant un léger coup de coude.
— Alya et Mari ? s'interrogea Alix. Vous vous êtes jamais roulé une pelle ?
— On est ensemble, je te rappelle, grommela Nino.
— Ah oui, c'est vrai.
— T'es sérieuse, là ?
Alix éclata de rire face à l'expression offensée de Nino, s'excusant auprès de lui.
— Ça serait probablement arrivé, sinon, avoua Alya.
Marinette haussa un sourcil, les lèvres redressées. Elle sentit Adrien se redresser à côté d'elle et ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel.
— Pas avec Mari, elle est comme ma sœur, c'est bizarre, mais avec une autre fille. J'aimerais bien essayer.
— Ouais, moi aussi, avoua Marinette.
— C'est vrai ? s'étonna Adrien.
Son regard rencontra ses yeux brillants de curiosité et ses lèvres ne se relevèrent que davantage.
— Tu pourrais, assura alors Chloé. J'en connais qui seraient ravies. Toi aussi, Alya, ajouta-t-elle alors que les regards se tournaient vers elle.
Marinette fronça les sourcils face aux joues de Chloé qui se teintaient de rose. Mais elle n'eût pas le temps de dire un seul mot.
— Bref, reprit Chloé. J'ai jamais... couché avec quelqu'un.
Quelques yeux s'écarquillèrent, quelques exclamations de surprise fusèrent. Marinette prit une gorgée d'alcool, suivie d'Alya, Nino, Rose, Juleka, Alix, Ivan, Mylène et Adrien.
— Je le savais ! s'écria Alix en les pointant du doigt.
Les joues aussi rouges que sa robe, Marinette sentit Adrien se raidir à sa gauche.
— Quoi ?
— Ils l'ont fait, tous les deux, je le savais !
— Sérieux ?
— T'as aucune preuve, marmonna Marinette.
Alya plaqua sa main contre sa bouche pour étouffer son éclat de rire.
— Désolée, gloussa-t-elle face au regard qu'Adrien lui lança.
— Bon, c'est mon tour, dans ce cas ! déclara Alix. J'ai jamais couché avec Adrien Agreste.
Marinette tourna le visage vers Adrien, un sourcil haussé. Il hocha la tête, un sourire au coin des lèvres. Et Marinette porta son verre à ses lèvres sous les acclamations et les cris de ses amis.
— J'arrive pas à savoir si je suis plus jalouse de l'un ou de l'autre, s'amusa Alix.
Adrien éclata franchement de rire, rapidement suivi de Marinette.
— Je suis définitivement jalouse d'Adrien, assura Chloé.
— Hmmm... je sais pas... Marinette m'a raconté des trucs et—
— Alya !
— Adrien m'a raconté des trucs aussi, et franchement, Mari—
— Nino !
L'amusement du groupe fut exacerbé par les joues rouges d'Adrien et Marinette.
— Allez, rayon de soleil, c'est ton tour, décréta Alya entre deux éclats de rire.
— Hmmm... réfléchit-il en jouant avec son gobelet. Je suis jamais tombé amoureux de ma meilleure amie.
Marinette leva timidement les yeux vers lui. Le regard plongé dans le sien, Adrien but une généreuse gorgée d'alcool.
Le cœur battant à tout rompre, Marinette l'imita. La chair de poule se rependit sur son corps lorsqu'il posa la main dans le bas de son dos, contrastant avec la chaleur qui habitait sa peau.
— C'est tellement romantique ! s'exclama Rose en prenant une gorgée à son tour.
Elle fuit rapidement suivie par Juleka, Alya, Nino, Mylène, Ivan, Nathaniel et Marc.
Marinette entendit à peine les remarques qui fusaient autour d'eux. Les yeux toujours plongés dans ceux d'Adrien, elle ne pouvait que se concentrer sur ses doigts qui couraient le long de son dos.
« Je suis jamais tombé amoureux de ma meilleure amie. »
Oh, elle avait vraiment très envie de l'embrasser.
— C'est mon tour ! se réjouit Rose. Voyons voir... Je n'ai jamais fantasmé sur Ladybug !
À peine avait-elle terminé sa phrase qu'elle se jeta sur son verre, à l'amusement général. Elle fut rapidement imitée par Juleka, Alya, Nino, Chloé, Sabrina, Alix, Max, Kim et Adrien.
« Wow, » pensa Marinette, se sentant flattée et gênée à la fois.
— Ah, Ladybug, soupira Kim.
— Très populaire.
— Pourquoi ? demanda simplement Marinette.
— Le côté autoritaire, affirma Alix.
— Et elle a une sacrée paire de seins, déclara Kim.
— Kim, soupira Adrien.
— Avec tout mon respect, bien sûr ! se dépêcha-t-il d'ajouter.
Le fait qu'ils parlaient tous — ou presque — d'elle sans le savoir était très amusant pour Marinette.
Bien sûr, ce n'était pas la première fois, mais l'alcool qui coulait dans son sang rendait tout plus léger.
— Bon, j'y vais, décida Nino. J'ai jamais fantasmé sur... Chat Noir.
Sabrina, Mylène, Nathaniel, Marc et Alix prirent tous une gorgée. Marinette, se remémorant toutes les nuits où elle avait rêvé du super-héros et s'était réveillée, transpirant, à bout de souffle et tremblante de désir, décida qu'il méritait au moins qu'elle finît son verre.
Autour d'elle, le silence s'installa. Alors qu'elle avalait la dernière goutte d'alcool au fond de son gobelet, Marinette pouvait sentir les regards rivés sur elle.
S'essuyant la bouche du revers de la main, elle haussa un sourcil.
— Quoi ? Comme si j'étais la seule.
— Elle marque un point, avoua Alix.
— J'adore Marinette bourrée, s'amusa Alya.
— Je suis pas si bourrée.
— Mari, tu viens juste d'avouer que tu te—
— J'ai rien dit ! protesta-t-elle.
— En pensant à Chat Noir.
— J'ai juste bu mon verre, marmonna-t-elle, tentant d'ignorer la main d'Adrien qui remontait le long de sa nuque.
— Tu fais quoi, en pensant à Chat Noir, Marinette ? s'intéressa Kim.
— Kim, grommela Adrien.
— T'es vraiment lourd, en fait, déclara Alix.
— Moins que toi.
— Répète, un peu ?
Marinette ne put s'empêcher de sourire. Ils ne pouvaient vraiment pas passer plus de dix minutes sans se disputer.
Mais elle sentit un souffle chaud contre son oreille et tout amusement quitta son corps.
— Qu'est-ce que tu fais en pensant à Chat Noir, Marinette ? murmura Adrien.
La pression de sa main contre sa nuque se raffermit et elle ne put que fermer les paupières, submergée par cette chaleur entre ses cuisses.
— Je peux te montrer, si tu veux.
Cette voix, celle qui avait prononcé ces mots, Marinette avait bien du mal à la reconnaître. Elle était si rauque, si gutturale, si sensuelle.
Le souffle d'Adrien se coupa contre son oreille.
— J'ai très, très envie de toi, susurra-t-il.
Un nouveau frisson parcourut son corps. Elle pouvait le satin de sa robe caresser ses tétons durcis par le désir et un gémissement uniquement audible pour Adrien s'échappa de sa gorge.
— Adrien...
Son grognement de frustration résonna tout contre son oreille et Marinette considéra sérieusement l'idée de quitter la fête, tout de suite, maintenant, et de s'enfermer dans sa chambre avec lui.
— J'ai une idée ! s'écria Alya.
Adrien s'éloigna de Marinette qui rouvrit finalement les paupières, frappée par la proximité de son visage. Il était si parfaitement dessiné, de sa mâchoire presque tranchante à ses lèvres fines, de sa peau légèrement hâlée à ses cheveux d'un blond angélique tombant devant ses yeux.
Ses yeux... Marinette n'arrivait jamais à en détourner le regard. Ils étaient si verts, si expressifs. Elle y avait vu le plus grand des courages, la plus tranchante des colères, la plus profonde des tristesses, la plus puissante des joies et le plus insatiable des désirs.
Elle y avait vu le plus sublime des amours, aussi.
— Mari, tu me préviens quand t'as fini.
Les lèvres d'Adrien, si près des siennes, se redressèrent en un sourire qui trahissait son côté Chat Noir et elle leva les yeux au ciel en dirigeant son regard vers Alya.
— C'est bon.
— Super ! Allez, déclara sa meilleure amie en s'avançant vers elle, viens.
Elle lui tendit la main et Marinette sentit la main d'Adrien glisser le long de son corps, frôlant ses fesses au passage, alors qu'elle se levait.
Le reste du groupe les imita, et Alya tendit un micro à Marinette, un énorme sourire plaqué sur le visage.
— Je suis pas assez bourrée pour ça.
— Mais si, la contredit Alya.
Sceptique, Marinette plissa ses paupières.
— Je chante avec toi, pour la première.
Elle allait sûrement le regretter, mais, après un soupir, elle déclara :
— D'accord.
— You can run into my arms…
— It's okay, don't be alarmed…
— Come into me, there's no distance in between our love…
— So gon' and let the rain pour…
— I'll be all you need and more…
— Because…
Marinette, souriant si fort que ses joues devenaient douloureuses, continua de chanter avec Alya, chanter jusqu'à en avoir le souffle coupé.
— When the sun shines, we shine together…
— Told you I'll be here forever…
— Said I'll always be your friend…
— Took an oath, I'ma stick it out to the end…
— Now that it's raining more than ever…
— Know that we'll still have each other…
— You can stand under my umbrella…
Ses yeux étaient rives à ceux d'Alya, mais Marinette pouvait sentir le regard brûlant d'Adrien posé sur elle.
Une fois la chanson terminée, elle se laissa tomber sur le canapé, sourire aux lèvres et respiration saccadée.
— Tiens.
Adrien s'assit à côté d'elle et lui tendit un verre... d'eau. Marinette ne put retenir un léger rire de lui chatouiller les narines.
— Tais-toi et bois, sourit-il.
L'eau coula agréablement le long de sa gorge, refroidissant et calmant l'incendie qui s'y propageait. Un gémissement appréciatif quitta ses lèvres lorsqu'elle reposa le gobelet.
Les yeux d'Adrien la happèrent immédiatement. Elle était fascinée par la flamme qui s'y consumait.
Une goutte d'eau roula le long de sa bouche, rapidement épongée par le doigt d'Adrien qui caressa sa lèvre inférieure avec une douceur infinie.
« Je suis jamais tombé amoureux de ma meilleure amie. »
Boum, boum, boum, faisait son cœur contre sa cage thoracique. Les rires et les paroles autour d'eux étaient à peine audibles tellement son pouls résonnait fort contre ses tempes.
Et cette chaleur insoutenable entre ses jambes.
Il lui faudrait décidément plus qu'un simple verre d'eau pour éteindre le feu qui y faisait rage.
Son pouce était toujours contre ses lèvres, ses yeux toujours enfouis dans les siens.
Elle voulait l'embrasser. Maintenant. C'était peut-être irrationnel, irréfléchi, peut-être stupide, étant donné la douzaine de personnes autour d'eux.
Mais elle savait que ses lèvres seraient douces, chaudes, fermes contre les siennes. Elle savait que ses longs doigts allaient glisser jusqu'à sa nuque, appuyant davantage sa bouche contre la sienne. Elle savait qu'il allait gémir de sa voix rauque et gutturale tout contre elle.
Oh, elle le savait.
Mais elle voulait le vivre. Sentir sa langue caresser la sienne, sentir sa chaleur envelopper son corps, sentir ses mains parcourir ses courbes.
— J'ai très envie de t'embrasser, murmura-t-elle, le visage se rapprochant du sien.
— Hmmm... murmura-t-il, son nez frôlant le sien. Tu devrais le faire.
Sans s'en rendre compte, Marinette humidifia ses lèvres, les rapprochant encore un peu plus de celles d'Adrien. Une bouffée de chaleur souffla entre ses jambes lorsqu'elle sentit ses doigts se presser contre sa nuque.
Plus que quelques millimètres à parcourir et elle savourerait à nouveau le goût de sa bouche contre la sienne.
Ses lèvres frôlaient les siennes...
— Marinette ! l'appela Alya.
Adrien retint à peine son grognement de frustration. Le cœur battant, Marinette laissa tomber son front contre son épaule, baignée dans son odeur si familière. Une odeur de miel et d'amande — si douce. Mais si elle se concentrait davantage, Marinette pouvait humer une senteur plus musquée, plus piquante.
Exactement comme lui. Angélique et parfait à l'extérieur, espiègle et charmeur à l'intérieur.
— Marinette ! s'exclama Nino. On veut t'entendre chanter !
— Je suis obligée ? demanda-t-elle en levant la voix pour se faire entendre, le front toujours appuyé contre l'épaule d'Adrien.
Un énième frisson coula le long de son dos en sentant ses doigts caresser les cheveux qui tombaient de sa queue de cheval.
— Oui ! répondit Alix.
— Bon, murmura-t-elle en redressant son visage. Le devoir m'appelle.
Un sourire étira les lèvres d'Adrien et Marinette n'arrivait, encore une fois, pas à détacher son regard du sien.
Il ouvrit la bouche, mais Alya l'appela une nouvelle fois et le seul bruit qui en sortit fut un éclat de rire désabusé.
Marinette se leva — tant bien que mal — et s'avança jusqu'à sa meilleure amie, le regard d'Adrien rivé sur son corps.
— Marinette ! s'exclamèrent Alya et Nino.
— T'allais quand même pas rouler une pelle à mon meilleur ami sur mon canapé ?
— C'est mon canapé, Nino.
— Ah, c'est vrai.
Elle ne put s'empêcher d'éclater de rire. Nino alcoolisé était vraiment drôle.
Soudain, Alya lui planta un micro dans les mains, un sourire tellement grand qu'il révélait ses dents.
— Allez, j'adore quand tu chantes.
Le mélange de l'alcool, du sourire de sa meilleure amie du regard d'Adrien rivé sur elle et de l'ambiance générale finit de la convaincre.
Elle attrapa le micro, un éclat de détermination brillant dans les yeux.
Soudain, une mélodie débuta. Marinette, immédiatement immergée dans la musique, retira ses chaussures — les talons commençaient sérieusement à être dangereux, à ce stade — et grimpa sur la table, riant face aux acclamations de ses amis.
— I don't care if you're here or if you're not alone...
Les discussions cessèrent, les regards convergèrent vers elle et Marinette garda ses yeux sur l'écran de la télévision, suivant les paroles, se laissant complètement inondée par les notes.
— I don't care, it's been too long, it's kinda like we didn't happen…
Elle chantait, chantait, appréciant le son de sa propre voix.
— I said I won't lose control, I don't want it…
Les paroles résonnaient dans son esprit. Et elle n'avait pas besoin de regarder Adrien pour savoir que les mots qui s'échappaient de sa bouche les atteignaient autant qu'elle.
— I said I won't get too close, but I can't stop it...
La mélodie s'intensifia et un sourire étira les lèvres de Marinette.
— Oh no, there you go, making me a liar, got me begging you for more…
Marinette se rendit compte à quel point elle adorait chanter.
— Oh no, there I go, startin' up a fire…
La suite de la musique incendia le bas de son ventre.
— You're watching, I feel it...
Ses yeux dérivèrent automatiquement vers Adrien qui la dévorait littéralement du regard.
— I know I shouldn't stare…
Elle ne voyait plus que ses yeux verts, assombris par la passion qui les dévorait.
— I picture your hands on me, I think I wanna let it happen…
Un léger sourire étira les lèvres que Marinette désespérait d'embrasser.
— But what if, you kiss me? And what if, I like it?
Il haussa un sourcil et elle laissa un léger rire dévoiler ses dents.
— And no one sees it...
Le refrain résonna une nouvelle fois, acclamé par les invités.
— Oh no, no, no, here comes trouble…
Le corps de Marinette se mit à suivre la musique.
— I don't believe myself when I say that I don't need you, oh…
Ses hanches se balancèrent légèrement. Elle pouvait imaginer les mains d'Adrien contre elles, les gardant désespérément contre lui.
— I don't believe myself when I say it…
Les sourires se changèrent en expression plus sérieuse.
— So, don't believe me…
Marinette chanta à nouveau le refrain, heurtée par la réalité des paroles.
— Oh no, you're making me a liar, 'cause my clothes are on the floor…
Avec une voix qu'elle eût un grand mal à ne pas transformer en gémissement, Marinette prononça les derniers mots :
— Oh no, no, no, another fire.
Une seconde passa.
Et une huée d'applaudissements et d'acclamations s'éleva dans son salon. Marinette descendit de la table en riant, félicitée par ses amis.
— J'espère que tu chantes au spectacle de Noël, Mari !
— T'as intérêt !
— Tu déchires !
— C'était incroyable !
— Ma meilleure amie, mesdames et messieurs ! déclara Alya, son bras passé autour de ses épaules.
Le cœur battant, Marinette ne put s'empêcher de chercher Adrien des yeux.
— Je reviens, balbutia-t-elle alors qu'une discussion animée sur le spectacle de fin d'année débutait entre ses amis.
À peine eût-elle le temps de regarder autour d'elle en s'avançant vers la cuisine qu'elle se retrouva plaquée contre un mur. La force de l'impact expulsa tout oxygène de ses poumons.
La pièce était assombrie par rapport au reste du séjour mais Marinette savait très bien à qui appartenaient ces mains de part et d'autre de sa tête.
Et ces yeux qui la regardaient comme si elle était la huitième merveille du monde.
Elle les aurait reconnus entre mille.
Aucune parole n'avait besoin d'être prononcée alors que Marinette se dressait sur la pointe de ses pieds. Aucun mot n'avait besoin d'être exprimé alors qu'Adrien agrippa sa taille de ses mains. Aucune syllabe n'avait besoin d'être énoncée alors que leurs visages se rapprochaient.
Au moment où leurs nez se frôlèrent, tout s'accéléra.
La seconde d'après, leurs lèvres se rencontrèrent dans un baiser enflammé.
« Enfin, » pensa Marinette. « Enfin. »
Ils n'avaient pas été aussi proches depuis des semaines. Après avoir passé l'été dans les bras l'un de l'autre, ne pas s'embrasser, ne pas se toucher pendant autant de temps... cela avait affecté Marinette bien plus qu'elle ne l'aurait pensé.
Sa peau s'embrasait sous sa robe tellement fine qu'elle pouvait sentir la chaleur des mains d'Adrien. Sa respiration était déjà erratique à peine le baiser avait-il commencé.
Elle le voulait, elle le voulait tellement que ç'en était douloureux.
Elle l'embrassait avec toute la passion accumulée au creux de son ventre, tout l'amour entassé au fond de son cœur. Ses lèvres étaient sucrées contre les siennes et elle pouvait y goûter l'alcool alors que sa langue se mit à chercher la sienne.
Un gémissement fit vibrer ses cordes vocales lorsqu'il la plaqua davantage contre le mur, ses mains glissant jusqu'en bas de son dos. À la seconde où ses doigts entrèrent en contact avec sa peau, Marinette savait qu'ils venaient de franchir un dangereux virage.
Elle avait besoin de satisfaire ce monstre qui brûlait le bas de son ventre. Avec l'aide d'Adrien ou non — elle devait satisfaire ce désir.
Sa langue chaude et familière caressa sa lèvre inférieure avant de rencontrer la sienne dans une danse enflammée. Marinette, les bras passés autour du cou d'Adrien, attrapa les cheveux à la base de sa nuque — elle avait besoin d'attraper quelque chose.
Ses doigts en bas de son dos se mirent à jouer avec l'extrémité de sa robe, se glissant en dessous avant de revenir frôler la chute de ses reins. À bout de patience, Marinette enfonça ses ongles dans la base de sa nuque, suffisamment pour le faire sourire contre ses lèvres.
L'instant d'après, il pressa à nouveau ses paumes contre ses hanches. Sa main gauche glissa derrière sa cuisse, remontant jusqu'à se poser fermement contre ses fesses.
Le grognement guttural qui remonta le long de sa gorge fut, heureusement, étouffé par la bouche d'Adrien contre la sienne.
Marinette savait qu'elle était complètement trempée entre ses cuisses lorsqu'il attrapa presque durement sa peau entre ses doigts. Sa main droite, toujours contre sa hanche, tomba alors le long de sa cuisse, dériva douloureusement lentement vers l'intérieur et remonta, jusqu'à être entièrement cachée sous le satin écarlate.
À bout de souffle, Marinette décolla ses lèvres de celles d'Adrien au moment où ses doigts se posèrent contre son entrejambe.
Tout heurta Marinette au même moment.
La chaleur de sa main droite entre ses cuisses. La pression de sa main gauche contre ses fesses. Ses yeux qui l'engloutissaient tout entière. Le sourire infernal qui étirait ses lèvres. La mèche de cheveux qui tombait devant son front.
Un gémissement à la limite de l'indécence résonna entre eux.
Marinette mit quelques secondes à se rendre compte qu'elle avait produit ce son.
Adrien haussa un sourcil, son sourire s'agrandissant.
— Quelqu'un est vraiment très, très impatiente.
Elle voulait lui rétorquer quelque chose de censé mais ses neurones étaient complètement silencieux. La seule réponse qu'elle formula fut un nouveau gémissement désespéré lorsqu'il appuya son index contre son entrejambe.
Le désir et l'alcool embrumaient ses pensées, la laissant dans un brouillard de plaisir alors qu'Adrien la touchait à travers son sous-vêtement.
Elle aurait pu avoir un orgasme. Contre le mur de sa cuisine, à quelques mètres des rires et de la musique. Les doigts d'Adrien appuyés contre son clitoris auraient été suffisants. Elle était tellement excitée et il lui avait tellement manqué que quelques secondes de plus et c'était terminé.
Mais une force qui, à cet instant, était surhumaine, la fit retrouver la raison.
— Adrien, gémit-elle. Ad— Ah...
Ses yeux lui faisaient tellement penser à ceux de Chat Noir.
— On peut— On peut pas faire—
La pression contre son entrejambe cessa, remplacée par une caresse le long de sa cuisse. Et le sourired'Adrien.
Il avait l'air tellement fier de lui-même.
— Oh mon Dieu, tu m'énerves.
Il lui répondit en riant.
— Je sais, murmura-t-il en abaissant son visage vers le sien.
La main contre ses fesses se fit plus ferme et Marinette ferma les paupières, sa lèvre inférieure emprisonnée entre ses dents.
Le souffle d'Adrien était brûlant contre sa joue et ses lèvres si douces contre sa mâchoire, contrastant parfaitement avec la dureté de ses mains.
— Adrien, murmura-t-elle, les doigts perdus dans ses cheveux, on peut pas rester ici.
— Hmmm, chuchota-t-il contre son cou, semant la chair de poule le long de sa peau, on peut aller dans ta chambre.
— Je peux pas— mmm... Je peux pas partir comme ça...
Sa bouche atterrit contre sa gorge, embrassant la peau qui s'y trouvait.
— Je serai rapide.
Ces trois mots la firent serrer ses cuisses l'une contre l'autre, emprisonnant la main d'Adrien au passage.
— T'as qu'un mot à dire, Mari.
Un frisson courut le long de sa colonne vertébrale. Elle savait ce qu'il insinuait. Elle n'avait qu'un mot à dire et ce n'était qu'une affaire de minutes avant qu'il fût à l'intérieur d'elle.
De la même façon, elle n'avait qu'un mot à dire et il retirerait ses mains de son corps en un battement de cil.
— D'accord, murmura-t-elle.
Elle le sentit sourire contre sa peau.
Marinette ne savait pas comment ils s'étaient retrouvés à genoux sur son lit. Le fait d'avoir atteint sa chambre relativement discrètement constituait déjà un succès en soi.
Mais, les lèvres d'Adrien pressées contre son épaule, Marinette n'allait pas s'arrêter pour élucider ce mystère.
À une vitesse qui lui faisait tourner la tête, la chemise d'Adrien se retrouva sur le sol, rapidement suivie par sa ceinture.
Ses cheveux étaient si doux — aussi bien par leur texture que par leur odeur — alors qu'ils lui caressaient le visage. Ses lèvres étaient si aimantes alors qu'elles embrassaient le haut de sa poitrine. Et ses mains, glissant de sa taille jusqu'à ses hanches, de ses cuisses jusqu'à sa cage thoracique, elles étaient si délicates.
Elle adorait lorsqu'il était doux, aimant et délicat. Vraiment.
Elle adorait se repasser en boucle cette phrase dans son esprit : « Je suis jamais tombé amoureux de ma meilleure amie. »
Vraiment.
Il y avait deux mais : déjà, ils n'avaient pas le temps, s'ils ne voulaient pas être harcelés de remarques à leur retour, et ensuite, Marinette avait besoin de le sentir.
— Adrien, murmura-t-elle. Adrien, on n'a pas—
Un gémissement remplaça sa phrase alors que sa bouche descendait dangereusement le long de son buste.
— Un problème ?
— Dépêche-toi, grommela-t-elle en déboutonnant son pantalon.
— Tu m'as manqué, susurra-t-il contre son oreille.
Un sourire étira automatiquement ses lèvres.
— On a toute la nuit, murmura-t-elle en glissant sa main à l'intérieur de son sous-vêtement.
Le son qui lui répondit la fit frissonner.
Pourquoi était-ce une mauvaise idée, déjà ?
Elle n'en avait plus grand-chose à faire, honnêtement, surtout quand les paumes d'Adrien glissaient le long de son corps comme elles le faisaient actuellement.
Son souffle se coupa lorsque sa main dériva entre ses cuisses. Il recula suffisamment son visage pour la regarder, révélant les mèches dorées tombant devant ses yeux et sa bouche empourprée par le rouge à lèvres de Marinette.
La rigidité de son entrejambe contre ses doigts la fit instinctivement rapprocher ses hanches des siennes. Adrien, un sourire au coin des lèvres, glissa ses doigts sous sa culotte — trempée.
— Je crois que je t'ai manqué aussi.
Pour toute réponse, Marinette enroula son membre de sa main, appliquant une pression suffisante pour le faire taire.
C'était à son tour de sourire.
Mais Adrien pressa son pouce contre son clitoris et son index se retrouva immergé à l'intérieur d'elle.
Aucun des deux ne souriaient, à présent.
Marinette se perdit dans l'immensité de son regard, se laissant hypnotiser par la manière dont il l'admirait.
Elle se sentait forte, pour la première fois depuis des semaines. Si autant d'alcool ne coulait pas dans ses veines, peut-être aurait-elle détesté le fait que ce fut dans les yeux d'un homme qu'elle retrouvait l'estime d'elle-même.
Mais son esprit était bien trop nébuleux pour élaborer une pensée pareille.
Alors, elle se contenta de maintenir son regard, se délectant du plaisir visible sur son visage alors qu'elle caressait l'extrémité de son membre de son pouce.
Il haussa un sourcil, une flamme de malice dansant dans ses iris, et son majeur rejoignit son index, se courbant d'une manière qui fit gémir Marinette.
À peine une minute s'était écoulée depuis le moment où Adrien avait commencé ces mouvements circulaires sur son clitoris et ces caresses à l'intérieur d'elle, mais Marinette savait qu'elle n'avait pas besoin d'une autre minute pour atteindre le point de non-retour.
— Adrien, murmura-t-elle, sa main allant et venant le long de son entrejambe, j'ai— Ah...
Sa phrase n'était plus qu'une suite de mots inintelligibles et de jurons alors que la main d'Adrien, jusqu'ici contre sa taille, remonta jusqu'à capturer son sein à travers sa robe.
Elle ne put qu'augmenter l'intensité et la vitesse de sa main.
Les lèvres entrouvertes, Adrien semblait au moins autant à bout qu'elle l'était.
— On devrait arrêter.
— On devrait, oui, répondit-il en poussant ses doigts toujours plus loin à l'intérieur d'elle.
Marinette enleva sa main de son pantalon, attrapant le poignet d'Adrien entre ses cuisses.
Il retira finalement ses doigts, la laissant tremblante de désir et complètement vide. Un sourire flottant sur ses lèvres, il guida son index et son majeur jusqu'à sa bouche.
Marinette sentit son excitation couler entre ses cuisses alors que la langue d'Adrien se mit à lécher ses doigts recouverts d'elle.
Son sourire grandissait et elle ne pouvait pas parler.
Alors, elle passa ses mains tremblantes derrière son cou, frôlant celle d'Adrien qui était échouée contre sa cage thoracique, et défit la seule bretelle qui la maintenait habillée.
La robe tomba le long de son corps en une seconde, telle un vague de sang.
Le sourire d'Adrien passa de fier à affamé. Littéralement.
Marinette ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel, les coins des lèvres redressés. La robe rejoignit le reste de leurs habits, imitée par le pantalon et le sous-vêtement d'Adrien.
La fenêtre au-dessus d'eux apportait une lumière suffisante pour que Marinette put admirer le corps en face du sien.
Oui, il était beau. Magnifique, même. C'était de notoriété publique qu'Adrien Agreste était séduisant.
Mais il y avait certaines parties de son corps, certains détails qu'il n'offrait qu'à elle. Comme ce grain de beauté sur le bas de son ventre. Comme cette cicatrice sur son flanc droit. Comme cette veine qui courait le long de son entrejambe.
Oui, elle adorait ses cheveux dorés et sa mâchoire ciselée et son torse finement musclé.
Mais elle aimait ces petits détails.
Elle l'aimait, lui. Avec une force si intense qu'elle sentit son cœur battre douloureusement dans sa poitrine.
— Mari ? Tout va bi—
Elle se jeta sur lui. Ses lèvres prirent d'assaut les siennes presque violemment et ses mains s'agrippèrent à ses épaules.
Adrien mit quelques secondes à lui rendre le baiser, ses doigts remontant jusqu'à sa nuque.
Ils s'embrassèrent avec fougue, avec cette passion qui les habitait depuis des années.
— Wow, murmura-t-il contre ses lèvres alors qu'ils reprenaient leur souffle. J'ai besoin de toi, maintenant.
Le désir faisait trembler sa voix. Marinette hocha la tête et se retourna, se redressant pour atteindre l'étagère au-dessus de son lit.
Elle attrapa un préservatif aussi vite que son organisme alcoolisé lui autorisait.
Au moment où ses genoux rencontrèrent à nouveau le matelas, le torse d'Adrien entra en contact avec son dos, ses lèvres frôlant son cou.
Une main passée autour de sa taille, l'autre rejoignit la sienne, attrapant le préservatif qu'elle tenait.
— Penche-toi, murmura-t-il au creux de son oreille.
Marinette sentit une vague de chaleur s'agiter dans le bas de son ventre. Les paupières fermées, les dents mordillant sa lèvre inférieure, elle se pencha en avant, se retrouvant à quatre pattes sur le matelas, ses hanches pressées contre celles d'Adrien.
Le contact la fit frissonner de plaisir.
Un bruit de plastique lui indiqua que le préservatif était enfilé, faisant sursauter son cœur d'anticipation.
Après toutes ces semaines, toutes ces heures de tension et de frustration, enfin.
« C'est quand même dommage d'avoir tenu aussi longtemps pour craquer maintenant, » lui murmura sa conscience.
Mais Adrien attrapa sa culotte et elle n'en avait plus rien à faire de ce qu'elle aurait dû faire, ou plutôt ne pasfaire.
Quelque chose d'aussi bon ne pouvait pas être mal, après tout.
Alors, elle se cambra davantage, reculant ses fesses contre les hanches d'Adrien alors que son sous-vêtement subit le même sort que le reste de leurs habits.
L'extrémité de son érection glissa doucement entre ses cuisses, la caressant, la stimulant jusqu'à ce ses gémissements devinrent trop forts pour être étouffés par l'oreiller dans lequel son visage était enfoncé.
— Adrien, grogna-t-elle en posant sa joue contre le coussin.
— Un problème, Buginette ?
Sa main qui ne maintenait pas son érection entre ses jambes était agrippée à ses hanches, l'empêchant de trop reculer contre lui.
— T'es vraiment insupportable, je vais te—
Un cri de surprise remplaça ses mots lorsqu'Adrien s'enfonça à l'intérieur d'elle en un puissant coup de rein.
Marinette retomba contre le matelas, ses hanches uniquement maintenues par le bras d'Adrien désormais passé autour de sa taille.
— Tu vas me... quoi ?
— Hmpfff... grogna-t-elle contre l'oreiller.
Le rire d'Adrien lui chatouilla le haut du dos. Ses lèvres embrassèrent tendrement sa nuque avant qu'elle le sentît se redresser.
Marinette serra le drap entre ses doigts lorsqu'il recula ses hanches des siennes... avant de s'enfoncer à nouveau à l'intérieur d'elle.
Ce ne fut qu'une question de secondes pour que les grognements d'Adrien et les gémissements étouffés de Marinette ne remplissent la pièce.
Pour la première fois, elle n'eût pas besoin de lui demander d'aller plus vite, plus fort. C'était peut-être l'alcool, ou peut-être le désir presque désespéré qu'il avait lu dans ses yeux, mais la puissance de ses va-et-vient la rendit complètement incapable de se poser la question.
La main qui ne la tenait pas contre lui glissa le long de son dos jusqu'à attraper sa queue de cheval. Il y enroula ses cheveux et referma son poing, comme s'il avait besoin de se rattraper à quelque chose.
Un cri lui échappa alors que ses hanches se pressèrent à nouveau contre ses fesses.
— Mari... gémit-il d'une voix rendue rauque par le plaisir.
C'était la troisième fois de la soirée qu'elle était aussi proche de l'orgasme, et savoir que cette fois-ci, elle allait réellement sentir cette vague de bien-être la rapprocha un peu plus de la délivrance.
Soudain, Marinette fut redressée, la main d'Adrien posée sur son cou. Son pouce caressa ses lèvres, contrastant avec la dureté de ses hanches. Instinctivement, Marinette ouvrit la bouche, laissant le pouce d'Adrien s'y glisser.
Ses lèvres se posèrent derrière son oreille, embrassant chaque parcelle de peau qui lui était offerte.
— T'es incroyable, murmura-t-il, sa langue se frayant un chemin le long de son cou.
Un interminable frisson couru le long de son dos pressé contre le torse brûlant d'Adrien.
Sa voix était si sensuelle. À la limite de l'obscénité.
Marinette sentit la main posée sur sa taille descendre entre ses cuisses. Le cri de plaisir qui s'en suivit, lorsqu'il appuya son pouce contre son clitoris, fut étouffé par le doigt entre ses lèvres.
— Juste un petit peu plus, chuchota-t-il en pressant ses hanches contre les siennes, j'y suis presque...
Marinette était à quelques secondes de l'orgasme, elle le savait. Ses jambes tremblaient, sa peau était couverte de sueur et ses pensées étaient cotonneuses dans son esprit.
Alors, dans une dernière tentative de pousser Adrien au bout avec elle, elle enroula sa langue autour de son pouce, léchant lascivement le doigt entre ses lèvres.
— Ma Lady, gémit-il, son bassin s'écrasant contre ses fesses.
L'instant d'après, tout éclata. Les cris d'Adrien se mêlèrent aux siens, un tsunami de plaisir les assaillant tous les deux.
Marinette sentit ses muscles se contracter autour du membre d'Adrien, sentit ses ongles s'enfoncer contre ses hanches, sentit tout.
Elle voulait rester dans ses bras pour l'éternité, voulait le sentir entre ses jambes, contre sa peau, partout, pour le reste de sa vie.
Son pouce sortit de sa bouche, son membre se retira d'elle et Marinette retomba mollement contre le matelas. Ses muscles étaient aussi solides que ceux d'un pantin, à cet instant.
Elle ne savait pas combien de temps s'était écoulé lorsqu'elle sentit le corps d'Adrien à côté du sien et entendit la rapidité de son souffle résonner à sa droite.
Marinette tourna son visage enfoncé contre l'oreiller, découvrant Adrien, sur le dos, une main posée sur son front, les paupières closes.
Le plaisir se lisait encore sur son visage.
— Tu m'as vraiment manqué, murmura-t-elle, le dévorant du regard.
Ses paupières se rouvrirent, dévoilant le vert de ses yeux. Il retira la main de son front, un sourire de dessinant sur ses lèvres. Marinette admira attentivement ses quelques mèches trempées de sueur retomber devant son front.
Elle se redressa, défit rapidement sa queue de cheval, et se laissa à nouveau tomber sur le matelas, sur le dos, cette fois.
Les doigts d'Adrien se perdirent immédiatement dans ses cheveux.
— J'adore tes cheveux.
Marinette sentit sa peau se couvrir de chair de poule lorsque ses phalanges frôlèrent son téton — qui se durcit instantanément.
— On aura vraiment des enfants super beaux, déclara-t-il, les yeux rivés sur ses doigts qui caressaient ses longues mèches noires.
Son cœur sursauta dans sa poitrine.
— Dis pas des trucs comme ça.
— Pourquoi ? demanda-t-il en levant les yeux vers elle.
Elle se sentit un petit peu stupide de rougir — ils venaient juste de faire l'amour.
— Parce que je vais finir par tomber amoureuse de toi.
Le sourire d'Adrien s'intensifia, son visage se rapprochant du sien.
— Tu l'es pas déjà ?
— Si, avoua-t-elle du bout des lèvres. Complètement.
Elle sentit le même sourire de bonheur se dessiner sur son visage.
— Tant mieux, murmura-t-il en embrassant le bout de son nez. Moi aussi. Complètement.
Et, alors qu'il posait ses lèvres contre les siennes, Marinette était presque sûre qu'il rougissait aussi.
Ce fut à cet instant, sa peau nue pressée contre celle d'Adrien et sa bouche mêlée à la sienne que Marinette se promit d'agir.
Peut-être était-ce l'alcool ou l'ivresse de l'avoir tout près d'elle. Peut-être était-ce la sécurité qu'elle n'allait probablement pas se souvenir de cette promesse le lendemain.
Mais elle se le jura quand même à elle-même. Elle allait tout lui dire, tout. Parce qu'elle ne supportait plus de rester aussi loin de lui.
Parce qu'ils étaient bien trop heureux à cet instant pour que ce fût mal.
Parce que son amour pour lui n'était pas raisonnable ou prudent.
Son amour était brûlant, passionné, frénétique.
Mais elle l'aimait. Oh, qu'est-ce qu'elle l'aimait.
voilà, voilà... je pense que c'est une des scènes les plus spicy que j'ai jamais écrite, honnêtement. j'espère vraiment que ce chapitre vous a plu et qu'il vous a paru vraisemblable, le fait que Marinette décide juste de lâcher prise. je pense qu'elle en avait bien besoin.
le prochain chapitre se concentrera davantage sur le point de vue d'Adrien, notamment avec son père et ce qu'il ressent par rapport à toute cette situation. promis, des explications concernant ce qu'il s'est passé avec Adam arrivent et la grande révélation de Marinette pour Adrien ne devrait plus tarder non plus ! il y a juste beaucoup de choses entremêlées et de sentiments à prendre en compte, je veux faire les choses bien et ne pas tout bâcler. surtout que j'ai une scène en tête depuis le tout début alors j'ai vraiment envie de prendre le temps pour qu'elle soit parfaite !
enfin, j'ai hâte hâte hâte de lire vos retours !
profitez bien du soleil (s'il y en a) et passez un bon dimanche !
lucie.
