De retour dans le monde de l'écriture, j'espère que cette nouvelle fiction vous plaira autant que les précédentes, en espérant que vous ne vous attendez pas au même genre d'histoire. J'essaie ici quelque chose d'un peu plus sérieux, avec nos deux personnages au passé lourd, passé que vous découvrirez au fur et à mesure de la lecture.
Puisque la Hermione de ma fic « Tout le monde peut tomber amoureux Malefoy » était, je l'avoue, quelque peu niaise, je fais ressortir dans cette histoire le côté beaucoup plus « emmerdeur » de la jeune femme, tout en conservant une grande sensibilité. Vous me direz ce que vous pensez du mélange plus tard, ne voici que le prologue.
Quant à Drago, désolée pour celle qui raffolent du méchant garçon, car il sera beaucoup plus humain et mature que dans les livres de JKR.
Je vous souhaite une bonne lecture, et attends vos impressions avec impatience et appréhension...
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Qui a dit que la chute de Lord Voldemort rétablirait la paix éternelle ? Lorsque les hommes s'essaient à reprendre le flambeau d'un monstre, l'ordre mondial s'aggrave, et les Sang de Bourbes sont alors traqués sans relâche. Bien décidée à mettre fin à ce cauchemar, Hermione Granger est prête à courir des risques, même celui de faire confiance à un vieil ennemi retrouvé...
La Chasse est Ouverte...
Prologue : La Confrérie du Bien...
Décret de la Confrérie
« En dépit de ne plus pouvoir adorer et vénérer notre Maître disparu,
Adorons et vénérons ce pour quoi il s'est tant battu.
Sang-de-Bourbes et traîtres à leur sang doivent périr,
Et c'est un devoir, Sorciers et Sorcières, que vous devez accomplir.
Aidez ou cachez l'ennemi,
Et vous devenez l'ennemi.
Attrapez et dénoncez l'un entre eux,
Et la récompense fera de vous un sorcier heureux.
Choisissez votre camp dès à présent,
Mais vous connaissez les gagnants.
Portez la main à la baguette,
Car la Chasse est ouverte... »
1. Chaque foyer est prié d'avoir en sa possession au moins un exemplaire du Nouveau Décret de la Confrérie.
2. Les parents sont dans le devoir d'inscrire leurs enfants à l'école dès l'âge de trois ans, où les valeurs de la pureté des sangs leur seront enseignées.
3. Toute personne de Sang Pur ou Mêlé est priée de venir s'enregistrer au Manoir pour prouver sa dévotion au nouvel ordre. Les sorciers non-enregistrés seront considérés comme résistants et alliés des Sang-de-Bourbe.
4. Chaque foyer est prié d'avoir en sa possession au moins un esclave de Sang Impur dans les trois mois qui suivent l'enregistrement du nom de famille.
5. Tout sorcier doit respect et reconnaissance aux Adeptes, défenseurs du bien et bâtisseurs d'un monde meilleur.
6. Tout refus de coopération sera considéré comme un acte à l'encontre des nouvelles dispositions instaurées par la Confrérie, ainsi qu'un désir de lui nuire, et donc sévèrement puni.
L'Adepte tira la jeune femme par les cheveux.
- Viens par là, toi !
Hurlant tout en se débattant, elle envoya son plus puissant coup de pied dans le tibia du Mangemort. Ce dernier poussa un juron de douleur, tandis que sa prisonnière détalait le plus loin possible.
- Rattrapez-là !
Aussitôt, tous les marchants, vendeurs, clients et passants lui barrèrent le passage, avant de l'arrêter dans sa course. Fermement maintenue par des dizaines de mains, la jeune femme ne put se débattre davantage et regarda avec horreur l'Adepte boiter vers elle, l'air furieux.
- Tu comptais aller où comme ça, hein ? cracha-t-il en lui saisissant de nouveau les cheveux. Allez, dans le chariot, avec tout le monde !
Il la souleva alors et la balança dans une fourgonnette de bois comme on jette de la marchandise. Malheureusement, c'est ce qu'elle était. Ni plus, ni moins que de la vulgaire marchandise que l'on vendait à qui en réclamait. Elle adressa un regard noir aux villageois qui l'avaient capturée et qui n'osaient pas croiser son regard, comme si le fait de se sentir coupable pouvait un temps soit peu soulager l'horreur de leurs actes.
- Bande de lâche... maugréa-t-elle avec haine, tandis qu'un coup de fouet retentissait et que le chariot se faisait tiré par les Sombrals.
- Ces gens ont peur, s'éleva une voix douce, derrière elle.
La nouvelle prisonnière se retourna vers une jolie femme blonde à peine plus jeune qu'elle.
- Naomie Cambell, se présenta-t-elle avec un sourire en lui tendant une main.
- Hermione Granger, répondit-elle en lui la lui serrant. Et ces gens sont les vrais traîtres, pas nous.
- Allons, ils finiront comme nous s'il n'obéissent pas. Comment réagiriez-vous si vous étiez un Sang-Pur ou Sang Mêlé ?
- Je me battrais tout de même pour la liberté, quelle question ! s'énerva Hermione.
- C'est que vous devez être une personne exceptionnellement gentille, alors, supposa Naomie avec un sourire franc, presque trop naïf. Moi, je crois que j'aurais obéi. Pour ma fille.
Seulement alors, Hermione remarqua la petite masse endormie dans les bras de Naomie. Quatre ou cinq ans tout au plus, elle avait les mêmes cheveux que sa mère, de fines boucles blondes.
- Mais, quel âge as-tu ? ne put s'empêcher de demander Hermione.
- Vingt et un an. Je sais, je suis une jeune mère. Mais Lola est tout ce que j'ai de plus précieux, et je suis prête à tout pour qu'elle vive heureuse.
« Avec une telle mentalité, c'est mal parti », songea sombrement Hermione. Elle tourna le dos à Naomie pour mettre un terme à la conversation ; aussi Sang-de-Bourbe soit cette femme, l'ancienne Gryffondor ne supportait plus les personnes soumises qui, par leur refus de se battre, entretenait la peur et la domination des Adeptes. Autrefois, elle se serait acharnée à essayer de la convaincre de l'importance de se battre, pas seulement pour leur liberté, mais aussi pour celle de leurs descendances. Cependant, aujourd'hui, Hermione avait compris qu'on ne pouvait compter sur les gens comme Naomie, qui ne croyait plus en l'espoir, et qu'il valait mieux user son temps à trouver de sérieux résistants ; ceux qui, comme elle, maudissaient le nouvel ordre et avaient l'intention d'y mettre un terme.
Ordre ou, devrait-elle plutôt dire, anarchie. Après la mort du Seigneur des Ténèbres, vaincu par Harry lui-même, les sorciers pensaient retrouver une vie paisible ou la paix règnerait.
Il n'en fut rien.
Quelle ne fut pas la surprise de l'Angleterre en découvrant le nombre insoupçonné de partisans qu'avaient réunis Voldemort ! Et pas de simples partisans restés aux côtés du Lord par peur ou soumission, mais par réelle adoration ! Venus de tous les pays du monde, ces sorciers autrefois appelés Mangemort vouaient un véritable culte à Lord Voldemort et à ses idéaux, et leur pouvoir réuni dépassait malheureusement celui du ministère. Ministère qui avait été irradié, d'ailleurs. Désormais, les Mangemorts se faisaient appelés les Adeptes, et avaient crée ce qu'il nommaient la « Confrérie du Bien », située à l'ancien Manoir des Jedusors. Quelle ironie ! Persuadés de nettoyer le monde de sa crasse impure, ils avaient rapidement pris le pouvoir et s'appliquaient maintenant à la tâche de capturer tous les Sang-de-Bourbes et traîtres à leur sang.
Cependant, contrairement à qu'aurait sûrement souhaité leur défunt Maître, ils ne tuaient pas les prisonniers, mais trouvaient plus utile de les vendre à la façon d'esclaves, qu'ils soient hommes, femmes, ou enfants. Voilà bien une chose qui n'étonnait guère Hermione ; si le Lord n'avait eu d'intérêt que dans le pouvoir, ces Adeptes, eux, restaient des hommes. Et les hommes avaient une attirance irrémédiable envers l'argent. L'esclavage de Sang-de-Bourbes était vite alors devenu un véritable commerce dont la Confrérie s'enrichissait un peu plus chaque jour.
Un nouveau coup de fouet retentit, et le chariot s'arrêta sur le gravier. Hermione regarda Naomie serrer fort sa petite fille, ainsi que la vingtaine d'autre femmes recroquevillées les unes contre les autres, apeurées.
- Ça va aller, tenta de les rassurer Hermione, tandis qu'on entendait le cocher descendre. Tout va bien aller.
Les femmes hochèrent tristement la tête, accueillant à bras ouvert le moindre réconfort, même venant d'une parfaite inconnue. La porte de bois s'ouvrit et l'Adepte leur ordonna de descendre.
- La première qui tente de s'échapper, je la tue ! C'est clair ? cria-t-il spécialement dans l'oreille d'Hermione.
Haleine de pommes de terre et saucisses grillées, quelle chance ! Elle n'avait rien mangé depuis des jours, à part cette fichue bouillie verdâtre servie aux prisonniers pendant le trajet. Sa tentative d'échappatoire ne s'était pas révélée très brillante au moment de la pause toilette, et il était trop tard maintenant pour s'essayer à quoi que ce soit, car le manoir de Tom Jedusor s'élevait devant elle, imposant et terrifiant.
Hermione suivit le groupe et passa devant les Sombrals. Elle se souvint avoir été incapable de les voir, à l'époque de Poudlard. Mais c'était il y a trois ans de ça, et, depuis, des morts, elle avait eu l'occasion d'en croiser...
Il traversèrent le cimetière en silence avant d'arriver dans le hall du manoir, et d'autres Adeptes les prirent en chargent pour les mener aux sous-sol du château, là où les cachots regorgeaient d'esclaves attendus d'être vendus.
- Eh, fais attention à celle-là ! prévint le charretier à l'adresse de l'un de ses confrères en désignant Hermione d'un coup de tête. C'est une vrai chienne !
Pour montrer qu'ils avaient compris, les nouveaux Adeptes, qui portaient toujours cette longue robe noire dont la cagoule restait rabattue sur leur visage, saisirent les bras de la jeune femme et l'entrainèrent eux-même vers les escaliers, ignorant ses cris d'indignation. Arrivés dans l'immense couloir sombre et froid des cachots, ils jetèrent Hermione à l'intérieur de l'une des cages de la prison, ainsi que le reste du groupe.
- Bon, on en a vingt-cinq nouvelles dans celle-là, récapitula un Adepte. On vendra leurs baguettes magiques dans trois jours, et elles, le jour suivant. Doublez le prix pour la petite blonde, au fond : elles font le bonheur des enfants qui n'ont pas d'animaux.
Hermione se tourna vers Naomie qui cacha aussitôt sa petite fille. Puis, les Adeptes quittèrent les lieux. Hermione regarda autour d'elle : des dizaines d'autres cages longeaient le mur, comme la sienne, toutes remplies de Sang-de-Bourbes, femmes et hommes à part. Elles étaient séparées par des barreaux de bois, mais Hermione soupçonnait un sortilège de cloison qui empêcherait la discussion avec la prison voisine, évitant ainsi toutes tentatives de plan collectif ou, plus simplement, de réconfort les uns envers les autres.
- Qu'est-ce qu'ils vont faire de nous ? pleura alors une fille d'environs quinze ans, accroupie contre le mur du fond.
- Nous vendre, par Merlin ! répondit méchamment une vieille femme. Puis nous battre, nous violer, et nous battre encore !
- Taisez-vous, vieille mégère ! rétorqua une grande brune qui vint s'agenouiller auprès de l'adolescente. Elle n'a pas besoin d'entendre cela, et personne d'autre non plus, d'ailleurs !
- Eh bien restez dans votre fantaisie, si ça vous chante ! grogna la dame. Moi, je ne fais qu'être réaliste !
- Personne ne vous achètera parce que vous êtes trop vieille et vous finirez tuée ! répliqua alors la brune. Vous voyez ? Moi aussi, je peux être réaliste ! Ce n'est pas pour autant que ça nous avance, à part réduire à néant le peu de moral qui nous reste !
- Qui dirige ce manoir ? demanda alors Hermione, mettant un terme à la dispute naissante.
Toutes les femmes se tournèrent vers la fille qui avait parlé, et qui ne les regardait pas. Tête posée contre les barreaux d'un air fatigué, elles la reconnurent aussitôt comme la folle qui avait tenté de s'enfuir.
- Qu'est-ce que ça change ? lança sèchement une voix dans le groupe. Tu crois pouvoir le séduire pour t'en sortir ?
Des petits rires moqueurs s'élevèrent. Le visage impassible, Hermione se retourna vers celles qui partageaient sa cellule et leur fit face. Aussitôt, les rires cessèrent. Cette drôle de fille dégageait un aura d'intelligence qui imposait un certain respect.
- Non, répondit Hermione. Je compte m'échapper.
Les éclats de rire repartirent de plus bel, interpellant les autres cages qui se demandèrent comment il était possible de rire en des temps pareils.
- Ma pauvre, dit alors une petite femme ronde et dodue en posant une main sur son épaule. Arrête de te faire du mal pour rien. On ne s'échappe pas d'ici.
- Libre à vous de subir cet esclavage, répliqua froidement Hermione en se dégageant de la grosse main. Moi, je n'ai pas appris à rester sagement en place en attendant que les choses changent ; c'est moi, qui fait changer les choses. L'ordre de la Confrérie est encore tout nouveau, et donc contient sûrement des failles. J'ai besoin de savoir qui contrôle tout ça, car, une fois la source renversée, les autres piliers s'effondrent. Alors, qui est à la tête de ce manoir ?
Ses paroles bourrées de folie avaient néanmoins déclenché une petite étincelle d'espoir, et ce fut la vieille dame qui répondit :
- Il n'y a pas vraiment de chef, 'petite. Chacun a une tâche précise, et les transactions s'effectuent d'elles-mêmes.
Hermione sourit.
- Première faille, déclara-t-elle. Une fourmilière sans Reine, ça ne dure jamais. Il arrive toujours un moment où l'un s'ose à se proclamer chef, et ce n'est généralement pas bien perçu.
- Oui, mais je ne vois pas ce qu'on pourrait y faire, nous, répondirent certaines, maintenant intéressées.
- Désordonner l'ordre, répondit simplement Hermione.
Le bruit d'une lourde porte qui s'ouvre résonna, et tout le monde s'interrompit. Deux Adeptes pénétrèrent dans les cachots et s'arrêtèrent devant leur cellule.
- Laquelle ? bougonna l'un d'eux.
- Celle-là ! répondit la voix qu'Hermione reconnut comme celle du cocher.
Le premier sortit sa baguette et ouvrit la cage, tandis que toutes les femmes s'agglutinaient contre le mur du fond. Seule Hermione resta immobile, le cœur battant pourtant à tout rompre. Ils venaient pour elle, elle l'avait senti dès le début.
- Cesse de nous défier du regard ! cracha alors l'Adepte en giflant Hermione d'un grand geste.
Le bruit de la claque tira quelques cris venant des prisonnières. Le goût du sang dans la bouche, Hermione se laisse traîner hors de la cage, sous les violentes protestations des femmes.
- Qu'est-ce que vous lui voulez !
- Laissez-là !
Le cocher leur asséna aussitôt des doloris.
- La ferme ! hurla-t-il.
Elles regardèrent avec horreur la seule source d'espoir qu'on leur arrachait, l'unique femme qui, l'espace d'un instant, les avaient fait espérer de nouveau la possibilité d'une échappatoire. La porte se referma dans un claquement sourd, et le silence retomba, ainsi que la peur.
Cette pauvre Hermione Granger n'aura été qu'une esclave atteinte de folie, et la cruauté de la réalité aura eu raison d'elle. Toutes les cages demeurèrent muettes, priant pour cette jeune femme qui allait sûrement se faire tuer, ou pire encore. Ensuite, ce serait leur tour...
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MalefoyHeartless
