Ce texte répond au défi n°123 de la Bibliothèque de Fictions : Ah ces fins de séries ou de livres gâchées, ces passages qui nous ont énervé, ces morts injustes... Et si nous réparions tout cela ! Aujourd'hui, c'est un défi fix it que je vous propose : donnez à votre personnage la fin qu'il aurait dû avoir selon vous. Il vous faudra aussi placer les mots "chance", "loin" et "bleu"


Norman devait bien avouer qu'il avait évité la prison de justesse. Il avait été envoyé en asile pour suivre une thérapie. Le brun devait donc enchaîner les séances chez le psy, les discussions de groupe, les activités de son choix et les repas. Le jeune homme devait avouer que cette stabilité lui faisait du bien, il avait toujours aimé les repères. Le brun était très soulagé car grâce à la thérapie, il entendait de moins en moins la voix de sa mère. Il arrivait à se libérer de son emprise, de son sentiment de culpabilité.

Le brun avait la chance d'avoir une belle chambre, les meubles étaient simples, les couleurs apaisantes, l'atmosphère reposante. Norman avait trouvé une nouvelle passion : le dessin. Il ne faisait plus de taxidermie car le psy lui avait fait réaliser que cette activité était malsaine et que c'était une façon pour lui d'assouvir ses pulsions meurtrières tout en exacerbant son sentiment de culpabilité juste après. Tout ce qu'il voulait c'était passer à autre chose, avoir une nouvelle vie et trouver l'amour.


Une jeune femme dans l'asile lui plaisait bien. Elle s'appelait Lou, elle était là suite à une dépression suite au décès de ses parents dans un accident. La jeune femme avait tenté de se suicider, son frère et sa sœur avaient donc décidé de la faire intégrer cette institut. Lou devait donc lutter avec ses propres démons, ils se complétaient dans un sens. Norman alla dans la salle d'activités avec son bloc à dessin et ses crayons. Il s'installa et commença à griffonner sur son bloc. Lou arriva et s'assit face à lui :

-Salut.

-Ah bonjour, comment ça va aujourd'hui ?

-Très bien merci, et toi ?

-Ça va merci.

Lou écrivait de la musique pour sa part, et il lui arrivait de dessiner. La blonde passa une main dans ses cheveux longs et commença à écrire sur une partition en chantonnant. Norman sourit :

-Tu as une très jolie voix.

-Merci.

Elle lui sourit et continua sa partition. Norman prit une nouvelle feuille et commença à dessiner la jeune femme. Elle était si belle, et là, alors qu'elle était concentrée, elle l'était encore plus. Le brun était pris d'une incroyable inspiration, il n'aurait jamais imaginé qu'il aurait pu trouver une nouvelle activité aussi loin de celle qu'il pratiquait avant. Le jeune homme termina le dessin et observa la blonde :

-Regarde.

Il tourna la feuille vers elle. Lou observa son dessin avant de poser les yeux sur Norman :

-C'est magnifique, franchement je... je ne me suis jamais trouvée aussi belle ! Merci Norman !

Elle le serra dans ses bras et déposa un léger baiser sur ses lèvres. Le brun fut réellement surpris par cet élan. Il sourit :

-C'est rien, ça m'a fait plaisir. J'étais content de te dessiner.

Elle lui sourit et lui prit la main :

-Viens, j'ai composé ça pour toi.

Elle l'emmena jusqu'au piano dans le coin de la pièce et commença à jouer. C'était une mélodie douce, sensuelle avec un petit côté intriguant en fond. Le brun la regarda et sourit :

-C'est vraiment pour moi que tu l'as faite ?

-Oui, ça te plaît ?

-C'est magnifique oui.

Norman la serra dans ses bras et murmura :

-Jamais personne n'avait fait quoi que ce soit d'aussi beau pour moi.

Elle lui sourit et se leva :

-T'as pas envie qu'on essaye de sortir ensemble ?

-Je... je n'ai jamais eu de petite-amie de toute ma vie.

-Vraiment ?

-Comme je te le dis.

-D'accord, alors comme tu veux. En tout cas si on sort ensemble on prendra notre temps.

Elle lui sourit et continua de jouer du piano. Le brun s'assit à côté d'elle et continua de dessiner, la jeune femme demanda :

-Tu dessines quoi ?

-Ma maison près du motel que ma mère tenait. Je vais le vendre à ma sortie d'ici, j'y ai trop de mauvais souvenirs.

-Je comprends, c'est un choix très courageux.

Elle termina son morceau et vint lui caresser la joue car il avait l'air triste. Elle observa Norman :

-Pourquoi tu as fait tout ça ?

-Comment ça ?

-Je sais pourquoi tu es là.

-Oh... ma mère m'humiliait constamment. Elle avait une fâcheuse tendance à m'allumer pour ensuite me repousser avec violence et même me maltraiter psychologiquement. Un jour j'ai craqué et je l'ai tuée, puis ensuite j'ai tellement culpabilisé que je l'ai fait vivre dans mon esprit et c'est elle qui me disait de tuer les femmes que je désirais. C'est aussi pour ça que je n'ai jamais pu avoir de petite-amie.

-Je comprends, mais elle est partie de ton esprit maintenant ?

-Oui, grâce à la thérapie je ne l'entends quasiment plus.

-Alors je risque ma vie si je sors avec toi ?

-Non, ça va.

La jeune femme posa sa tête sur l'épaule du brun. Norman passa son bras autour d'elle et caressa son dos :

-J'aimerais beaucoup être avec toi, je dois avouer que je me demande ce que ça ferait d'être avec toi depuis que je t'ai vue.

Lou lui fit un clin d'œil :

-On va prendre notre temps mais tu le sauras bientôt. Je dois avouer que t'es très mignon et que tu me plais bien. Allons marcher.

Ils partirent marcher dans le parc de l'asile. Norman était un peu nerveux, il n'avait pas l'habitude de ce genre de relation avec une femme, en temps normal sa mère l'insultait déjà en lui disant qu'il n'était qu'un pervers. Le brun ne savait pas réellement quoi faire ou quoi dire, il était pétrifié. Sa respiration se fit plus rapide, ses mains devenaient moites, il avait l'impression qu'il allait craquer et que sa mère allait revenir; Lou prit sa main dans la sienne et commença à marcher comme si elle n'avait pas remarquer le trouble du brun alors qu'elle avait très bien vu le changement :

-Le seul moyen c'est de continuer à vivre et d'avancer, prouver que cette voix t'a quitté. Elle n'est plus là pour t'interdire quoi que ce soit, tu dois vivre comme tu le souhaite sans te sentir coupable d'être heureux !

-Mais si elle revient tout à coup elle va me dire de te faire du mal, et j'ai peur de réellement t'en faire !

-Tout se passera bien, et je sais me défendre donc je n'ai pas peur. Dehors tu n'auras pas d'arme de toute façon.

Elle avança donc entre les arbres et différents parterres de fleurs. La blonde finit par s'asseoir sur l'herbe et regarda le ciel. Le bleu lui faisait un bien fou, le brun regardait ça lui aussi :

-J'ai rarement eu l'occasion de ce genre d'activités.

-Tu as juste à regarder le ciel Norman, respire, tout va bien.

Ils restaient donc ainsi à observer l'étendue bleue. Lou se tourna et embrassa le brun, elle s'appuyait sur son coude pour mieux l'embrasser. Norman hésita encore avant de lui rendre son baiser en passant ses bras autour d'elle. Lou sourit et approfondit le baiser, ce qui fit écarquiller les yeux au brun. Elle recula :

-Désolée, j'avoue que j'y ai été un peu fort, mettre la langue c'est un peu trop tôt. Mais bon, tu sauras ce que ça fait.

Elle se rallongea et regarda le ciel. Norman demanda :

-C'était bien ? Je veux dire... je m'en suis bien sorti ?

-Oui, tu as été super.

Elle lui fit un clin d'œil et ils finirent par se redresser. La jeune femme demanda :

-Bon, on fait quoi maintenant ?

Norman regarda sa montre :

-Bah là c'est l'heure de manger.

-Tant mieux car je meurs de faim.

Elle sourit et ils partirent pour la bâtisse principale. Alors qu'ils étaient en chemin, un des éducateurs les regarda :

-Je suis désolé de vous dire ça les tourtereaux, mais c'est déconseillé que deux résidents sortent ensemble.

-Et pourquoi ça ?

-Parce que si ça se passe mal ça peut augmenter vos troubles.

-Mais si ça se passe bien ça peut au contraire les diminuer, non ?

Norman avait posé cette question avec sa gentillesse et sa naïveté habituelles. L'éducateur fit la moue :

-C'est peu probable.

-J'ai fait une dépression et une tentative de suicide après la mort de mes parents mais je n'ai aucun trouble. Norman a été déboussolé à cause des abus de sa mère, à part ça il est tout à fait normal !

Elle serra la main du brun dans la sienne :

-On ne va certainement pas obéir à votre règle débile ! Maintenant pardon mais c'est l'heure du repas.

Elle tira Norman par la main jusqu'à l'intérieur. Le jeune brun avait rougi :

-Je n'aurai jamais osé tenir tête à cet homme si tu ne l'avais pas fait.

Lou éclata de rire :

-Il est juste frustré parce que lui il a vraiment pas le droit d'avoir de relation avec les résidents !

-Tu crois qu'on va avoir des ennuis ?

-J'en ai franchement rien à faire ! Norman, il faut que tu apprennes à te détendre et à accepter tes désirs. Si tu veux manger toute une tablette de chocolat, alors fais-le, si tu veux dessiner toute la nuit au lieu de dormir, alors vas-y, si tu veux dire merde à quelqu'un qui t'embête, alors lâche toi !

Norman la prit par les épaules et l'embrassa avec fougue. Il recula au bout de quelques instants, reprenant son souffle tant bien que mal :

-J'avais très envie de t'embrasser alors j'ai suivi ton conseil.

-Et tu as très bien fait.

-Tu es magnifique quand tu pousse à la révolte.

-Merci, et ce n'est que le début, tu ne me connais pas encore très bien.

Elle lui fit un clin d'œil et ils s'installèrent à une table. Norman était intrigué par cette belle blonde et il avait hâte de voir comment les choses allaient tourner maintenant qu'il n'entendait plus sa mère.


À suivre