Décidément, on ne la laissait jamais terminer son thé tranquille !
Pahya posa la tasse dans son socle en fixant l'homme qui venait de faire interruption dans son bureau dont les fenêtres laissaient filtrer le coucher de soleil. Elle avait une tour de paperasse à traiter, comme à son habitude et ne souhaitait pas finir trop tard pour une fois.
– Que me vaut cette entrée impromptue Gauti'he ? Questionna-t-elle en examinant deux secondes sa plume et son encrier. Ce n'est pas dans tes habitudes de débarquer à une heure aussi tardive, encore moins quand je ne souhaite pas être dérangée et ça me fais penser que c'est la deuxième fois en moins d'une semaine que tu me fais le coup… Je suis plutôt conciliante mais il y a des limites.
– Que Madame m'excuse, mais j'ai un rapport des plus urgents à vous transmettre, de mon bataillon pour être précis.
– Ceux que tu as envoyé constater les dégâts ? Suite à la mission confiée à notre fameuse « sheikah » ce matin même ?
– Tout à fait ! Confirma-t-il d'un hochement de tête.
Pahya se laissa glisser dans son fauteuil, étirant ses jambes immobiles depuis des heures. Un bâillement s'en suivit, faisant toujours plus prendre conscience à la Sheikah que le repos n'était pas une option dispensable. Mais ses yeux couleur châtaigne reflétaient à la fois la fatigue et à la fois l'intérêt… ou à défaut, la curiosité. Le fait que les guerriers envoyés aient mis autant de temps avant de revenir lui avait déjà glissé la puce à l'oreille.
Sans même le demander, Pahya savait de qui il allait parler. C'était une évidence au vu de la surprise totale causée par la dénommée Blanche au soleil levant, transportant sur son dos un petit garçon aux blessures nombreuses alors que sa sauveuse, elle, était recouverte d'écarlate. Une surprise d'autant plus imposante quand Pahya avait remarqué l'absence de masque sur le visage de la sheikah aux origines inconnues, dévoilant son visage au trait doux et à la blancheur marquée, comme si le soleil n'avait que très peu d'emprise sur la teinte de sa peau, et ces yeux rouge vif d'une rareté certaine au sein de la population du continent. Il y avait bien des gens qui possédait cette couleur d'iris, naturellement ou par des méthodes autres. Pahya en avait déjà croisé, en dehors d'Hyrule, mais jamais elle n'avait décelé une telle palette d'émotions et d'expressions chez Blanche et elle ne l'avait observé que quelques secondes à peine.
Pahya savait cette fille unique en son genre, depuis le premier jour même. Cependant, cela s'était arrêté là. La cheffe du clan de Cocorico n'avait pas souhaité pousser son investigation car elle n'avait eu aucune raison de le faire. Respecter la vie privée des gens était une règle d'or. Cependant, cela n'empêchait pas Pahya de considérer Blanche comme un mystère absolu…
Un mystère qui, cela dit, n'allait peut-être plus en être un dans les temps à venir.
– Eh bien je t'écoute Gauti'he ! S'impatienta la cheffe Sheikah. Qu'as-tu donc de si important à dire pour que tu prennes la peine de venir t'adresser directement à moi ? Mon temps n'est pas infini contrairement à ces dossiers.
Le garde prit une inspiration. Intérieurement Pahya avait la franche envie de le laisser planter là pour se replonger dans son travail avant de rejoindre les draps de son lit mais par conscience professionnel, elle ne pouvait pas, elle le savait. Elle connaissait ses équipes car c'était le devoir lié à son rang et parce qu'elle connaissait les hommes et les femmes à son service, elle les savait influençable par la paranoïa et par l'inconnu. Réaction normale chez tout être humain et personne ne dérogeait à la règle. Raison surement de la venue de Gauti'he.
Sauf quand on savait parfaitement analyser autrui, ce qui était le cas de Pahya, formée par la meilleure dans ce domaine. La cheffe Sheikah ne nourrissait aucune inquiétude vis-à-vis de Blanche, ce qui n'était pas le cas chez tout le monde. Mais difficile de faire entendre sa voix quand on a pas d'argument concret à présenter.
Et elle eut raison, une fois de plus.
– Comme vous le savez, commença Gauti'he droit comme un I. Nous sommes avant tout des soldats de l'ombre, rompus à la discrétion, aux arcanes de camouflage… Nous avons pour but de veiller au bien-être de la population et de venir en aide à ceux qui en ont besoin. En outre, nous sommes aussi mandatés par la royauté hylienne pour tout ce qui touche aux secrets ignorés par la population comme les avancées archéonique. Je ne vous apprend rien en disant cela mais j'ai fort à penser que cette « Blanche » ou qu'importe comme elle s'appelle, n'est pas réellement là pour contribuer à notre peuple. Ses actes les plus récents le prouve. Mes troupes s'inquiètent de partager leur lieu de vie avec une folle.
Pahya ne retint absolument pas son soupir.
– Qu'est-ce que vous êtes en train de me faire là ?
Le ton cassant de la plus gradée fit disparaitre un peu de l'entrain qu'avait le garde.
– J'y viens ! Continua-t-il moins confiant. Le camp que nos éclaireurs ont repéré était situé en pleine forêt, dans un endroit quelconque mais visible d'un tas de poste d'observation. Les bandits y vivant nous paraissait très peu soucieux d'où ils étaient et de ce qu'ils faisaient. C'est parce que l'état-major et moi-même avons eu du mal à croire à une simple coïncidence que nous avons mis en place cette mission… cette simple mission de repérage. Qui d'autre que nos guerriers et guerrières pour se fondre dans le décor et épier de plus près les agissements des intrus ? Blanche s'est ainsi proposée avant tout le monde en insistant fortement.
– Et vous l'avez envoyé sans vous enquérir de l'avis de vos équipes ?!
Le garde acquiesça.
– Puisqu'elle ne prend même pas la peine de s'intégrer parmi nous, j'ai voulu voir ce qui l'avait poussé à rejoindre le clan sheikah. Je voulais voir ce qu'elle allait accomplir seule. Par mesure de sécurité, j'ai envoyé quelques-uns de mes meilleurs hommes pour la suivre de loin et j'avoue qu'au début, j'étais plutôt satisfait de ce qu'ils m'ont rapporté une bonne maîtrise de l'environnement, une stratégie d'approche efficace et silencieuse, pas de mal à se repérer dans l'espace… non vraiment, je ne voyais rien de suspect mais…
– Mais ?
– Savez-vous ce qu'il est advenu du camp Madame ?
– J'attends que vous me le disiez bon sang ! S'agaça-t-elle. C'est bien pour ça que vous avez envoyés des guerriers n'est-ce pas ? Et entre nous, vu comment Blanche était recouverte de sang à son retour, je ne me fais pas d'illusion sur le sort qu'a connu la base ennemi… pour peu que cela en eut été une mais dites toujours si vous avez des éléments nouveaux à me donner…
Pahya poussa le vice à poser ses jambes sur son bureau pour bien faire comprendre à son garde personnel d'aller droit au but au lieu de tourner autour du pot. Preuve aussi qu'elle s'impatientait.
– Un carnage Madame, avoua-t-il finalement. Il n'y a pas d'autre mots ! Mes hommes n'ont pas vu ce qu'il s'est réellement passé mais ils ont entendu un grand nombre de cris de douleur et de terreur, des immenses flammes ont commencé à surgir, dont l'une avait la forme d'un dragon et ont embrasé les tentes, les caisses et tout ce qui était inflammable, y compris les bandits eux-mêmes.
Pahya ne laissa rien paraître de ses émotions mais elle eut quand même de la pitié pour ceux qui, d'après les mots de son garde personnel, avaient fini en poulet grillé.
– Mes hommes sont allés constater les dégâts…, reprit-il. Il n'y avait plus rien à sauver. Il ne restait que des cendres et des corps calcinés. L'endroit a été rasé purement et simplement.
– Des survivants ont pu fuir ?
– Oui et nous avons réussi à en dénicher quelques-uns en nous faisant passer pour des civils dans les villages les plus proches. Tous ont raconté être tombés sur une folle furieuse sanguinaire, armée d'un katana noir comme la nuit, massacrant tous ceux qui se sont opposés à elle en une fraction de seconde.
– Et donc ?
– Madame, on parle d'une boucherie sans nom ! On parle d'un membre de notre clan qui est allé au-delà de la mission liée à son statut. On parle de quelqu'un qui a ouvertement décimé un grand nombre d'être humain sans même savoir d'où ils venaient, qui ils étaient et ce qu'ils faisaient. J'ai conscience qu'elle a sauvé ce môme d'un sort peu enviable mais cela justifiait-il vraiment de faire autant couler le sang ? Elle a bafoué en quelques minutes, tous les principes de notre communauté. Elle ne s'est pas comportée en sheikah Madame, elle s'est comportée comme une bête assoiffée de sang !
Pahya grimaça.
– Doucement sur les mots Gauti'he ! Je n'apprécie pas qu'on la nomme de la sorte.
– Mais Madame, comment voulez-vous qu'on l'appelle alors ? Fit-il d'un ton mauvais. Nos guerriers et guerrières commencent à avoir vent de ce qu'il s'est passé et l'opinion à ce stade est très mauvaise. Moi-même je n'apprécie pas tellement qu'une de mes unités se permette une chose pareille. Son devoir, vu qu'elle n'est pas officiellement des nôtres, aurait dû être de revenir en urgence à la base pour nous prévenir, pas de foncer tête baissée pour transformer une clairière en enfer. Cela aurait revenu à surement condamner l'enfant je le conçois… mais notre procédure est ce qu'elle est et Blanche n'est pas qualifié pour agir de sa propre initiative. Pas encore du moins. Je me demande même si elle a lu le manuel sur les règles liées à chaque rang… Si elle ne l'a pas fait, c'est également une erreur.
– Et que comptez-vous faire ?
– La radier de notre clan Madame ! Pour faute grave.
Pahya fixa intensément son garde pendant de longues secondes. Elle en avait assez entendu. Elle retira ses jambes du bois massif de son bureau, preuve qu'elle n'allait plus être passive et la suite le prouva.
– Alors d'un cela ne vous donne pas le droit de la traiter de « bête assoiffée de sang ». Je ne le permet pas. Nous ne savons presque rien d'elle à ce stade ni ce qui l'a poussé à agir seule. Il y a une chose que vous oubliez Gauti'he, c'est qu'en transformant leur base en enfer comme vous dites, elle a démontré posséder un grand pouvoir et une maitrise du combat impressionnante… Je ne sais pas vous mon cher, mais une telle puissance ne doit pas mal tourner non ? Vous comprenez ce que j'entends par là ? De deux, je peux comprendre votre désir de la dégager de chez nous, mais est-ce que vous vous êtes mis deux secondes à sa place ? Elle avait devant les yeux un enfant en train de se faire battre. N'importe qui aurait été révolté (et le mot est faible) mais osez additionner cela avec ce que vous m'avez rapporté il n'y a même pas trois minutes sur ses capacités… Dans une telle situation, elle avait les moyens pour tout stopper. Face à des bandits qui ont l'intelligence d'un pois chiche en pleine frustration sexuelle et étant une femme, qui soit dit en passant possède des formes attrayantes, qu'aurez-vous préférez qu'elle fasse ? Qu'elle demande poliment de relâcher le garçon au risque de devenir LA cible des plus pervers de leurs fantasmes ou qu'elle retourne ici-même avec la culpabilité d'avoir laissé un enfant subir une mort atroce ? Je ne cautionne pas de commettre un tel massacre bien évidemment Gauti'he mais ayant moi-même participé à l'annihilation définitif des Yigas dans la courte période entre la victoire sur le Fléau et le mariage de Zelda et Link, je peux me mettre à sa place. La bataille des « quatre-vingt-sept » fut une horreur et je suis responsable d'une bonne partie des morts adverses, surtout au vu de ce qu'ils ont fait en dernier recours… alors honnêtement, je peux comprendre Blanche dans son choix. Qui plus est, sous l'adrénaline, on ne réfléchit plus, on agit par instinct. Ce n'est pas moi qui vais vous l'apprendre.
Pahya était fier d'avoir pu argumenter mais en voyant l'expression choquée du garde, elle comprit qu'il avait basculé sur cette histoire de bataille des « quatre-vingt-sept ». Elle qui était la petite fille d'Impa, on l'avait toujours vu comme la personne la plus innocente du monde avant de devenir une dirigeante juste et droite. Gauti'he devait surement être abasourdi d'apprendre de ses lèvres qu'elle avait du sang sur les mains… Très peu de gens étaient au courant et tuer des gens étaient très mal vu au sein du clan. Rien que d'y penser, Pahya eut un petit sourire fataliste. La vérité n'est pas forcément quelque chose de beau à contempler.
– Madame, vous êtes… ?
– Sérieuse ? Répondit-elle ironiquement en se détachant de ses pensées. Oui, malheureusement. Il est vrai que mes camarades de l'époque sont aujourd'hui à la retraite ou au sein de la citadelle gérudo pour le projet de Sa Majesté Riju. Peu de personnes savent que j'ai fait partie de l'équipe d'assaut… enfin bon. Le passé est le passé et on ne le changera pas.
Gauti'he resta muet. Pahya se leva de son siège, posa ses deux mains sur le bureau et se pencha en avant. Le garde se sentit tout de suite écrasé par la dureté du regard de sa cheffe.
– Que les choses soient bien clairs, déclara-t-elle avec aplomb. Avant que vous n'agissiez, et j'insiste sur le « Avant » je compte discuter en tête à tête avec Blanche. Je ne suis pas certaine que ses actes la rende indifférente malgré ce que vous pouvez sous-entendre. Je pense même qu'elle regrette d'en être arrivée là. Lui tomber dessus ne fera qu'aggraver les choses et je ne veux pas prendre le risque que ça tourne mal. Je l'ai vu ce matin de mes propres yeux et sa réaction de fuite n'est pas propre à quelqu'un qui prend plaisir à ôter la vie. Donc demain matin, vous me laissez la gérer seule et seulement ensuite, en fonction de ce que j'aurai décidé, vous aurez carte blanche… sans mauvais jeu de mot. Me suis-je bien fait comprendre ?
Le garde assimila les propos de Pahya en regardant loin devant lui, un peu honteux de s'être fait remonter les bretelles sur sa réaction à chaud. Toutefois, le garde décida que la loyauté envers sa cheffe primait sur tout. Il ferma les yeux et, baissant la tête, il s'exprima.
– Bien Madame…
Il ne tarda pas à quitter le bureau de Pahya sans hésitation dans sa démarche. Cette dernière, à présent accoudée sur l'avant de son meuble, l'air songeuse, le regarda fermer la porte. Gauti'he était quelqu'un d'intègre et de très fidèle mais il apportait une obsession particulière aux règles et à la sécurité de ses supérieurs. Sa manière de penser venait probablement du fait qu'au-delà de sa cheffe, il y avait aussi la princesse Laura. De surcroit, il ne supportait pas que l'image du clan sheikah puisse être affecté. Il ne désobéissait jamais aux ordres également…
Mais malgré ça, en ce début de soirée pourtant paisible, Pahya eut un mauvais pressentiment.
OoOoO
– Blanche… Pahya vous demande de bien vouloir la rejoindre dans le jardin à l'arrière du temple. Elle demande également que vous veniez sous votre véritable apparence, sans votre masque donc…
Allongé sur son lit, dos au nouveau venu, Blanche ne l'avait même pas entendu toquer à la porte avant d'entrée. Plongée dans ses remords, elle n'avait quasiment pas dormi de la nuit, se ressassant ses actes en boucle, se revoyant faire pleuvoir la mort et la destruction, tuant tout ce qui bougeait devant elle sans se préoccuper de qui lui faisait face. Elle ne se souvenait même pas des visages, n'ayant même pas pris la peine de distinguer les bandits entre eux. Il y avait bien eut le chef de cette bande à la limite, qu'elle avait occis en dernier, mais elle l'avait déjà partiellement oublié lui aussi.
Elle qui avait voulu apprendre à se contrôler en s'enrôlant dans le clan des sheikahs, elle avait de nouveau sombré. Il n'y avait donc rien sur cette terre capable de la canaliser ? Tous ces mois d'efforts pour rien ? Elle avait aussi essayé de contrôler ses désirs sexuels mais en vain, elle en voulait toujours plus.
A final rien n'allait.
Alors pourquoi cette Pahya souhaitait la voir ? Pour la punir personnellement ? Pour lui faire la morale ? Rien que d'y penser, cela l'agaçait.
– Et pourquoi accepterai-je ? Repliqua-t-elle finalement après un silence pesant. Je fais ce que je veux et je ne tiens pas à entendre quoi que ce soit venant d'une haute gradée des Sheikahs. Laissez-moi tranquille !
Elle pensait naïvement que cette réponse était suffisamment persuasive, mais ce ne fut pas le cas.
– Ce n'est pas une proposition, fit le domestique en tentant de garder une certaine confiance dans sa voix. Elle ne m'a rien dit quant à la nature de sa demande mais elle veut vous voir maintenant et sans votre masque… Vous ne pouvez pas vous défiler.
Blanche se redressa, l'air exaspéré, bien décidée à renvoyer le domestique de cette pièce quand ce dernier ajouta à voix basse.
– Vu comment elle m'a chargé de vous faire parvenir cette convocation, je ne crois pas que cela sera pour vous passer un savon. Madame avait l'air sereine et c'est généralement un bon signe. C'est tout ce que je peux vous dire, maintenant si vous voulez bien m'excusez…
Le domestique ne se fit pas prier pour quitter les lieux.
Blanche fixa la poignée de la porte que l'homme n'avait même pas pris la peine d'empoigner pour fermer l'accès. On ne lui laissait pas le choix hein ? Comme d'habitude en somme.
Mais elle devait cela dit bien être honnête envers elle-même, c'était bien la première fois qu'une telle figure d'autorité la convoquait. Cela attisa sa curiosité. Tout compte fait, peut-être y'avait-il une démarche sincère derrière cette demande. Pourquoi pas après-tout. De toute façon, elle n'avait plus rien à perdre. Les différentes unités, ses collègues en sommes, avaient eu vent des évènements de la veille et les échos qui étaient parvenus à ses oreilles avaient été tout sauf flatteurs. Elle s'y était attendue bien sûr, mais cela avait quand même eu un petit impact sur son moral. Cela faisait mal de passer pour une cinglée…
Blanche tourna sa tête vers l'un des rares meubles garnissant sa chambre avant de revenir sur elle-même et repartir de nouveau vers l'armoire. Ses lèvres esquissèrent un sourire étrange.
Pahya souhaitait la voir sous sa vraie apparence ? Très bien, elle allait sortir le grand jeu. Pas sûr que cette cheffe n'ayant même pas la quarantaine puisse restée sereine quand elle verra la vérité sur qu'elle était. Les rumeurs allaient bon train et une mystérieuse « démone écarlate » était apparue. Comme c'était amusant… puisqu'il s'agissait d'elle en réalité.
Nul doute que Pahya allait fatalement comprendre que celle que la rumeur disait sanguinaire et monstrueuse était bel et bien dans les rangs des sheikahs depuis plusieurs mois. Elle se languissait déjà de sa réaction et se préparait déjà à balancer quelques phrases cinglantes.
Debout d'un seul élan, Blanche ouvrit sa penderie et retira un ensemble de veste à fourrure accroché à des cintres. De quoi être au chaud par des température extrêmes. Un beau camouflage car ce qui intéressait Blanche se trouvait derrière. Parfaitement plié, la lumière naturelle filtrant à travers la fenêtre dévoila de la soie rouge. Blanche attrapa les bords et secoua l'ensemble qui se transforma en une immense cape tombant jusqu'à ses mollets et repiquant en pointe autour de sa tête. La « sheikah » jeta ladite cape sur son lit et s'empara ensuite, au fin fond de l'armoire, tellement bien caché qu'on pourrait le penser invisible, d'un ensemble noir taillé sur mesure équipé de protections extrêmement fines mais néanmoins d'une résistance incomparable. Sa tenue de combat. Un haut noir à col montant jusqu'en haut de son cou et une tunique noire striée de lignes et de motifs pourpres. Ajouté à cela, ses bottines à talons larges qui la surélevait d'un tout petit centimètre.
Pour Blanche, ce fut un véritable délice de réenfiler ses vêtements et de renouer avec une part d'elle-même qu'elle avait délaissé volontairement pour essayer de devenir une personne bien. Chose qui avait parfaitement échouée. Pour couronner le tout, une fois la cape rouge sur ses épaules, Blanche passa une main au-dessus de ses cheveux en récitant méticuleusement une série de mot. Ses cheveux argentés virèrent en une teinte de rouge écarlate sombre. Sa teinte capillaire naturelle.
Satisfaite du résultat, elle attrapa ensuite la couverture fine de son lit pour dévoiler son katana à la couleur profondément sinistre qui était simplement posé en dessous. L'arme fut placée à l'arrière de ses hanches dans un angle de quarante-cinq degrés vers la droite.
Prête, Blanche quitta la chambre et se dirigea vers les jardins privés du temple. Lieu de repos et de sérénité, emblème majeur de Cocorico et de sa culture apaisante.
Comme si tout avait été prévu, Blanche ne croisa personne à l'exception de quelques médecins qui se statufièrent à son passage, envouté par son aura et par la prestance de son accoutrement. Chose heureuse, elle ne croisa pas la princesse Laura. Tant mieux, c'était un problème de moins à gérer. Qu'elle reste loin d'elle, c'était le principal.
Blanche passa dans l'antichambre arrière du temple en se demandant tout de même comment allait se dérouler cette discussion. Elle n'avait pas l'espoir que tout reviendrait normal. Pour avoir lu en diagonal le règlement des sheikahs, Blanche savait qu'elle avait transgressé certaines règles. Elle ne pensait pas pouvoir s'en tirer facilement surtout vu la rigueur avec laquelle les Sheikahs respectaient leurs lois. Mais aurait-elle pu faire autrement ?
Un coup de vent léger fit frémir sa cape et caressa son visage avec une douceur insolente, la faisant détourner le regard vers les cerisiers et les arbres verdoyants entretenus à la perfection, taillés, égalisés, éblouissant de symétrie et de beauté. Interpelée par ce mini paradis qu'elle n'avait jamais pris la peine de voir alors qu'elle se trouvait littéralement à côté, elle ne vit pas que Pahya était assise non loin, sous une structure fleurie, sirotant du thé comme à son habitude, regardant celle qu'elle avait convoqué sans aucune once de menace ou de supériorité.
– Ce jardin n'existait pas du temps de feu ma grand-mère. C'est une création de ma part.
Blanche sursauta presque en entendant cette voix beaucoup trop distinctement, n'ayant pas encore pris conscience du silence naturel qui régnait en ces lieux causant ainsi une fausse amplification du son.
– Fut un temps, j'ai vécu une période difficile…, continua Pahya sur sa lancée. La succession en tant que cheffe du village et du clan sheikah, la batailles des quatre-vingt-sept, les responsabilités qui me sont tombés dessus, la mort de ma grand-mère… Ce havre de paix est un projet que j'ai mené d dans l'optique d'avoir un lieu à disposition de tous ceux qui sont tourmentés. Le premier projet que j'ai réalisé en tant qu'adulte… et j'en avais bien besoin pour démarrer ma vie de dirigeante sur de bonnes base.
Blanche ne répondit pas, surprise par une telle entrée en matière. Elle qui s'était attendue à quelque chose de beaucoup plus formel, elle s'était lourdement trompée.
– Le garçon n'est plus en danger de mort, soyez rassurée ! Fit-elle plus sérieusement. À présent que cela est dit… C'est la première fois que je vous vois telle que vous êtes Blanche… ou devrais-je dire la Démone Écarlate ? Pas difficile de vous reconnaître sous cette apparence. Vous êtes à la fois menaçante et intrigante, froide mais resplendissante. Ravie de vous rencontrer Blanche et ce n'est pas une simple formule de politesse pour dire que, je le pense sincèrement. Voulez-vous une tasse de thé ?
Elle joignit le geste à la parole et Blanche, prit de court, balbutia un « non » timide qui ne lui ressemblait pas. D'ailleurs, cette dernière avait perdu toute son assurance et son envie primaire de dominer la rencontre. Ayant surpris des mots difficiles et des regards noirs ici et là, voir la numéro un du clan sheikah s'adresser à elle de façon si détachée était particulièrement stupéfiant. Toutefois, méfiante, Blanche ne souhaitait pas entrer dans son jeu. Elle venait de mettre un pied dans l'inconnu et elle n'appréciait pas ça.
– Puis-je savoir pour quelle raison m'avez-vous demandé ? Demanda-t-elle en prenant une chaise, s'asseyant face à son interlocutrice qui ne semblait pas s'émouvoir de son ton cassant.
– Pour discuter avec vous, répondit simplement Pahya en regardant Blanche du coin de l'œil. Ceci n'est pas un interrogatoire si cela vous inquiète.
– Je n'ai pas l'habitude d'être docile comme un chien envers son maître. Je ne suis venu que parce que j'étais curieuse. J'espère pour vous que ça en vaut la peine car j'ai bien d'autres choses à faire.
– Comme quoi ?
Blanche fixa Pahya qui avait soudain pris une expression proche de la malice en descendant sa main vers son bas ventre.
– Ça ne vous regarde pas…
La cheffe Sheikah remonta sa main.
– Si votre intention était d'aller vous donner du plaisir de quelques façons que ce soit parce que vous n'avez pas d'autre distractions, faites donc, ça ne me regarde pas effectivement, affirma Pahya satisfaite d'avoir vu juste. Cependant, il vous faudra attendre la fin de cette petite conversation privée et pour commencer, veuillez retirer le katana que vous portez au bas de votre dos. Vous pensiez que je ne l'avais pas vu caché dans votre cape ? Posez-le n'importe où je m'en fous mais dans ce jardin, je ne tolère pas le moindre signe de violence et porter une arme sur soi est ce que je considère comme un signe de violence. Faites, allez…
Blanche se renfrogna en constatant que la cheffe Sheikah ne se laissait pas faire et imposait ses règles au sein de son espace à elle. Rien de plus normal ceci-dit, elle devait le reconnaître. La petite allusion à ses pratiques intimes par contre s'imposa dans son esprit. Elle n'aimait que cela se sache. Blanche avait pourtant fait attention à être discrète… enfin bon. La cape rouge fut écartée et d'un geste démontrant une maîtrise dans l'art de placer ou retirer du matériel, elle détacha le fourreau contenant le katana et le posa sur la table, devant Pahya qui ne cilla pas en voyant cette arme.
La cheffe du clan posa sa tasse et se redressa, intéressée par cet objet singulier.
– Puis-je ? Demanda-t-elle en approchant ses mains de la garde du katana.
Etrangement, Blanche ne vit aucun inconvénient à laisser son interlocutrice prendre en main l'objet qu'elle affectionnait le plus. Elle hocha la tête en signe de contentement. À vrai dire, c'était peut-être bien la première fois qu'elle laissait quelqu'un d'autre qu'elle toucher cette arme.
Avec beaucoup de soin, Pahya dégaina lentement l'arme de son fourreau, dévoilant une lame courbée noire comme la nuit. La cheffe Sheikah fut fascinée mais très vite quelque chose l'interpella.
– La lame est faite d'une matière autre que de l'acier n'est-ce pas ? Affirma-t-elle alors que son visage s'éclaira. C'est de l'Obscurate si je ne m'abuse, un matériau trouvable uniquement dans les carrières gérudo à des couches inférieures très profondes. Sa découverte est très récente chez nous, pas plus d'une année ou deux. Trois nouvelles lames ont été forgés récemment d'ailleurs…
Blanche venait d'apprendre quelque chose. Elle ignorait totalement l'origine du matériau ayant servi à la fabrication de son katana mais fut surprise que les gérudos n'aient découvert ce minerai qu'il y a peu. Ce katana… cela faisait bien six ans qu'il était en sa possession.
– Elle ne s'est jamais brisée ! Déclara soudain Blanche sur le ton de la conversation. Je crois même qu'elle n'a jamais reçu la moindre égratignure depuis que je l'ai trouvée et dieu sait à quel point je me suis battu avec cette arme. Je crois qu'elle n'est pas tout à fait normale.
Elle remarqua l'air songeur de Pahya qui cependant ne dura pas, reprenant ses esprits pour se focaliser sur autre chose, mais elle avait vu que cette dernière avait esquissé un sourire à peine perceptible. La cheffe Sheikah replaça le katana au chaud dans son fourreau et le posa sur la table de nouveau.
– Une bien belle lame si vous voulez mon avis, prenez-en bien soin… Il serait dommage de la perdre, comment feriez-vous sinon ? Cet objet dangereux fait partie intégrante de vous, ça crève les yeux. On dirait même un reflet de votre personnalité.
Blanche resta de marbre devant cette allusion.
– Comment vous appelez-vous ? Demanda subitement Pahya en posant son menton sur ses mains.
– Je vous demande pardon ?
La cheffe Sheikah eut une nette expression d'assurance.
– J'ai dit : comment vous appelez-vous ? Répéta-t-elle. « Blanche » n'est qu'un pseudonyme. Quelle idée de se nommer ainsi alors que vos longs cheveux sont rouges, que vos iris sont rouges et que votre cape est rouge ? Franchement n'essayez même pas de m'embobiner. Vous n'êtes ni une sheikah ni une hylienne alors qui êtes-vous réellement ?
Cette question fit grimper la méfiance de Blanche. Elle eut presque un mouvement de recul. Toutefois, elle répondit… avec une voix grave.
– Vous vous trompez, je suis hylienne à moitié… par mon père que je n'ai jamais vraiment connu.
Cette information n'échappa pas à la cheffe Sheikah.
– Et votre mère est donc lyrannienne ?
– Je ne veux pas entendre parler d'elle. Elle n'existe pas pour moi.
– Vous y allez un peu fort…
– Elle m'a abandonné !
La déclaration de Blanche créa un silence pesant qui dura bien dix secondes. Elle ne voulait pas entendre parler de sa génitrice ? Intéressant…
– Pardonnez-moi, je ne voulais pas vous offenser et encore moins vous plonger dans de désagréables souvenirs, fit calmement Pahya pour détendre l'atmosphère. Cela dit, ça ne me dit pas comment vous vous appelez… Je préfère l'apprendre par vous que de l'apprendre par d'autres et je finirai par le savoir.
– Je suis Blanche, s'énerva la concernée en haussant le ton. Arrêter de vouloir me soutirer une information qui n'existe pas ! Vous commencez à m'agacer et je me demande si je ne vais pas vous laisser ici et maintenant, vous et votre questionnaire à la con !
Pahya leva un sourcil à cette remarque mais ne se laissa pas faire.
– Vous êtes têtue ma parole… Enfin bon t'en pis… passons à autre chose voulez-vous.
– Pff… et si je vous répond que je n'ai pas envie de passer à autre chose ?
– Ça suffit ! Arrêtez d'être insolente… Felicia !
Silence. Le visage de la concernée perdit de ses couleurs, ce qui indiqua à Pahya qu'elle avait touché dans le mille.
– Je voulais que ça soit vous qui me le disiez, question de principe, lança-t-elle en se calant dans sa chaise. Mais soyons honnête deux secondes, combien de personne dans ce royaume ont vos cheveux et vos yeux ? A cours des dix dernières années, j'en ai compté qu'une seule et unique à Hyrule et pourtant, je suis du genre à voyager pas mal. Vous avez bien grandi depuis la dernière fois où je vous ai vu et vous êtes, et je le pense vraiment, une très belle jeune femme. Dix-huit ans n'est-ce pas ? Si vous aviez gardez votre masque et vos cheveux argentés, je ne vous aurait peut-être pas reconnu mais là Felicia, c'est une évidence. Vous savez manier une arme aussi difficile, pas très étonnant au vu de vos résultats pratiques quand vous étiez en apprentissage au château. Votre visage est le même qu'avant bien qu'ayant fortement gagné en grâce et en maturité. Votre implantation capillaire est le même qu'à l'époque et vous dégager une aura de puissance magique impressionnante ! Pile ce que Zelda avait analysé en vous consolant il y a de ça plus de huit ans. Alors Felicia, vous pouvez toujours nous faire croire que vous êtes une autre personne mais nous savons toutes les deux que c'est faux… Si ça peut vous rassurez, je suis la seule ici à le savoir. Aucun de mes collègues des autres peuples, pas même mes plus proches conseillers, personne d'autre que moi n'est au courant. Votre identité est gardée secrète depuis longtemps et c'est une volonté de Sa Majesté Zelda en personne. Vous n'avez rien à craindre de moi alors ne nous faites pas perdre notre temps.
Blanche resta silencieuse pendant de longues secondes, contenant difficilement son agitation et son envie de faire une remarque désobligeante. Sa mâchoire oscilla de gauche à droite… Soudain, plus vite que Pahya ne l'aurait cru, Blanche s'empara du katana posé à l'horizontal, dégaina la lame et plaça la pointe sous le menton de Pahya. Cette dernière qui, après s'être également levée, ne cilla même pas. A contraire même, elle fixait Blanche avec un sang-froid qui forçait le respect. Seulement, Pahya nota qu'un buisson au fond du jardin venait de bouger anormalement…
– De mieux en mieux…, fit la cheffe sheikah sans tremblement dans la voix en reportant son attention sur son invitée. Que comptez-vous faire à présent ?
– Taisez-vous ! Fit Blanche d'une voix de givre, le visage déformé par une forme de perte de contrôle. Je ne sais pas ce que vous avez fait toutes ces années mais je n'aime pas du tout ce que vous me révélez ! Oui je suis Felicia ! Oui je suis celle-là même qui a servi la famille royale à l'époque ! Oui je suis la démone écarlate, celle qui tue cruellement parce qu'elle est incapable de se contrôler, celle qui n'en a que faire d'établir des liens sociaux avec qui que ce soit à force de s'être fait abandonner et manipuler. Oui je suis une femme qui adore le sexe. Oui je suis une Lyranienne qui hais plus que tout ses origines et qui n'a aucun autre but dans la vie que d'être libre de faire ce qu'elle veut où qu'elle soit.
Pahya fixa son interlocutrice avec un langage corporel se voulant le plus doux possible.
– Felicia, j'entends ce que vous me dites et j'aimerai que vous compreniez enfin que je n'ai que faire de ce que vous considérez comme des défauts. Vous êtes incapable de vous contrôler, je ne le crois pas. Vous aimez le sexe ? Qu'est-ce que ça peut me faire, c'est votre droit ! Je ne vous ai pas fait venir pour que vous vous énerviez ainsi et même si vous me menacez directement, vous avez eu la décence de répondre positivement à ma première question. Je ne crois pas que vous seriez capable de me trancher la gorge sur un coup de tête. Le sang ne vous intéresse pas et cette démonstration de force n'est qu'une carapace de votre part pour m'empêcher de toucher votre point faible… Retirez cette pointe s'il vous plait, elle ne vous est d'aucune utilité.
Felicia émit un léger ricanement.
– Pour être honnête, vous me surprenez, avoua-t-elle en décalant sa tête sur sa gauche. Tout le monde tremble de peur en me voyant agir comme cela. Vous êtes la première à me tenir tête et à insinuer que je ne serai pas capable de vous trancher le cou. Sur quoi vous basez vous pour être aussi affirmative ? J'ai massacré une trentaine de bandits pas plus tard qu'hier matin, en quoi aurai-je du mal à en faire de même avec vous ?
Avec sérénité, Pahya empoigna la partie non tranchante de la lame et la décala sur le côté, s'approchant aussi de Felicia qui n'essaya pas de corriger la position.
– Si votre intention était de me réduire au silence, affirma Pahya avec confiance, vous n'auriez pas confirmé mes soupçons ni pris le temps d'avouer que je peux vous résister. Vous m'auriez tout de suite tué. Or, vous ne le faites pas et cela, parce que le sang, je le répète, ne vous intéresse pas. Vous rechignez à porter des coups mortels. Vous êtes surprise parce je possède un sang-froid à tout épreuve ? Sachez qu'en terme de menace et de situations chaotiques – incluant bien évidemment la mort – j'ai eu ma petite période remplie de taches de sang indélébiles. Voilà pourquoi je suis stoïque alors que votre lame sanguinaire est pointée sur moi car je vous comprends Felicia. Je comprends ce qui vous pousse à vous mettre dans une telle position défensive. Vous êtes incapable de porter atteinte à ma vie car je ne fais pas partie de cette catégorie de gens exécrable qui ont, je l'imagine, fait de votre vie un enfer. Est-ce que cette réponse vous suffit ou est-ce que vous voulez que je vous explique en quoi je comprends votre façon de faire ? C'est un peu long cependant, je le crains.
Cette déclaration mit un coup à Felicia qui dû se résoudre à accepter que Pahya avait entièrement raison. Mécontente mais pas idiote, elle retira son katana et le rangea dans son fourreau qu'elle reposa ensuite sur la table sans quitter Pahya du regard. Elle se laissa finalement tomber sur sa chaise alors que la cheffe Sheikah en faisait de même, libéré de la menace réelle d'avoir une pointe aiguisée sous la mâchoire.
– Nombreux sont ceux qui m'ont dit être capable de me cerner, reprit Felicia avec dureté. Nombreux sont ceux dont les paroles étaient en réalité creuses. Je dois avouer et c'est un effort de ma part, que vous n'avez pas l'air d'être une femme dont les paroles sonnent creuses. À vrai dire, je serai même tentée de vous croire mais un exemple vaut mieux qu'un long discours alors allez-y, dites toujours en quoi vous pouvez me comprendre, cela m'intéresse.
La cheffe Sheikah fut satisfaite de cette réponse. Celle que l'on nommait la Démone Ecarlate était toujours méfiante mais au moins, elle était disposée à écouter. Une bonne nouvelle.
Pahya jeta tout de fois un discret regard vers le buisson qui avait bougé non loin. Elle craignait que cela soit un domestique qui, ayant surpris la rouge menaçant d'une arme la blanche, soit allé prévenir les sheikahs. Mais elle avait donné l'ordre de la laisser gérer cette rencontre…
– À la bonne heure ! Dites-moi Felicia, connaissez-vous la bataille des quatre-vingt-sept ?
– J'en ai entendu parler mais sans en connaître les détails. Une confrontation dans la forêt de Firone au sud du royaume, c'est bien ça ?
Pahya hocha la tête.
– C'est cela oui. Une bataille qui n'a pas marqué les esprits car n'ayant été divulgué que plusieurs années après son déroulement. Ce combat opposait comme son nom l'indique quatre-vingt-sept personnes cinquante Yigas contre trente-sept Sheikahs. Les derniers partisans du fléau ganon contre l'élite de notre clan… j'ai fait partie de ces trente-sept combattants que la mission incombait d'annihiler les derniers survivants de cette branche opposée à la nôtre.
– Et vous avez dû tuer un ou deux de ces salauds ? Cela a dû être tellement horrible.
Felicia avait prononcé ces mots sur un ton moqueur, exagérant d'être choquée. C'était à peine si elle en rigolait.
Loin de s'en offusquer, Pahya se contenta au contraire d'acquiescer naïvement avant de plonger ses yeux châtaigne droit dans les yeux écarlates de Felicia.
– J'en ai tué trente-trois Felicia… à moi toute seule.
L'expression de la concernée se referma aussitôt et cette dernière cessa de suite de ricaner. Pahya reprit aussitôt la parole.
– Cinquante Yigas, trente-sept Sheikahs, j'en ai tué trente-trois. Les dix-sept derniers auraient pu se rendre mais ils ont poussés leur loyauté envers le mal à l'extrême. Avec un rapport de force de deux virgule un pour un, je vous laisse imaginer que le combat a tourné court. Maintenant, vous devez vous demandez comment j'ai pu éliminer trente-trois Yigas à moi toute seule ?
Felicia invita son interlocutrice à poursuivre.
– Il faut savoir qu'à cette époque, reprit Pahya, le royaume sortait du règne du fléau qui avait duré cent années. Le redéveloppement de notre économie et des infrastructures avait eu un peu de mal à se relancer, faute de liaisons véritablement efficaces entre les villages et de routes sécurisées. Ayant terminé mon apprentissage et souhaitant participer activement à la reconstruction d'Hyrule, je me suis engagé dans les unités d'élites. Notre objectif était tout simple, débusquer toutes les menaces potentielles et les éliminer si aucunes autres solutions ne se présentaient à nous. Cela a duré plusieurs mois. Un jour, un de mes amies proches est partie pour Écaraille, victime d'une blessure importante à la jambe lors d'une mission aux Monts Géminés, elle avait souhaité guérir dans un endroit paisible et mon chef de l'époque le lui avait accordé. Mon amie avait un palmarès de résultat impressionnant et nul doute qu'une fois sa convalescence finie, elle aurait repris du service… Elle fut donc transportée dans ce village au bord de la mer, dans ce petit paradis turquoise bordé de palmiers.
Felicia ne fit aucun commentaire à cette introduction, ayant remarqué la tournure de phrase présentant la camarade de Pahya au passé.
– Nous avons un beau matin reçu un rapport de nos éclaireurs envoyés nettoyer la base des Yigas en territoire Gérudo. Ils nous ont informé qu'une poignée encore de ses assassins s'étaient échappés en direction de la forêt de Firone. Après un briefing long, nous sommes arrivés à l'évidence qu'une fois ces traitres hors d'état de nuire, nous aurions gagné sur une menace présente depuis des siècles. Nous nous sommes préparés moi et mes trente-six camarades, pour cette expédition finale. Je n'ai pas pensé une seule seconde qu'Écaraille se trouvait pile à l'est. En chemin nous avons reçu un autre rapport d'un éclaireur envoyé avant nous repérer les lieux. La mine grave, ils nous a annoncé que le village d'Écaraille avait été pris d'assaut par les cinquante derniers Yigas dans un acte ultime de leur dévotion envers le fléau. La peur au ventre, nous sommes arrivés sur place et le spectacle était épouvantable. Des cadavres partout, des maisons en feu… Une véritable vision de mort. Horrifié je me suis précipité vers l'endroit où était logé mon amie et…
Felicia ferma les yeux, ayant déjà compris.
– Elle était là, étendu sur le sol, éventrée, les trois quarts des vêtements arrachés et… ces salauds ne s'étaient pas contentés de la tuer ils l'ont aussi…
– Ne dites rien, déclara Felicia d'un ton neutre, ne souhaitant pas entendre ce qu'elle savait déjà.
Pahya remercia presque Felicia de lui permettre de ne pas nommer le sort réservé à sa défunte amie. C'était encore quelque chose de difficile à évoquer même plus de dix ans après.
– Je crois…, reprit Pahya avec un étranglement dans la voix qui se mua en une caresse glacée. Je crois que jamais auparavant, les sheikahs furent aussi blessé que ce jour-là. Nous étions abattus, impuissant et dans une colère noire. Nous avons compris définitivement ce jour-là que la sauvagerie n'avait aucune limite. J'étais incontrôlable. Après avoir mis en sécurité les quelques survivants en état de choc, nous les avons retrouvés, les Yigas je veux dire, au bout de quarante-six heures de traque. Au beau milieu d'une clairière en train de se préparer à mettre les voiles une nouvelle fois. Prise d'une envie irrésistible d'arracher les tripes à ces monstres, je n'ai pas attendu que le signal soit donné que j'ai moi-même lancer l'attaque, les prenants par surprise et usant de tout mon potentiel sans retenu. J'ai perdu les pédales et je n'ai même pas cherché à exploiter la bonne vieille méthode des négociations. Avec mes dagues, j'ai tué un premier Yigas sans sommation, puis un deuxième, puis un troisième et lorsqu'ils ont saisi qu'une folle venait de les « agresser », sans se demander un seul instant s'il n'y avait pas d'autres de mes camarades dans les parages, ils ont presque tous décidé bêtement de foncer sur moi en formation serrée… Ils ont oublié qu'une Sheikah comme moi, préparé depuis sa plus tendre enfance, maitrisait déjà les arcanes les plus complexes et les plus puissants pouvait à tout instant en faire usage pour les réduire en cendre. C'est ce que j'ai fait ! J'avais même pas vingt ans et ce jour-là, j'ai créé via ma magie, une bombe d'énergie que j'ai balancé aux Yigas avec un sourire vengeur et une horrible satisfaction dans le regard. La bombe a explosé, tuant sur le coup environ trente de ces traitres. Quant aux derniers survivants de cette première vague, je les ai achevés sous les regards médusés de leurs comparses restants, avec une effroyable lenteur, prenant un plaisir incommensurable à leur faire payer ce qu'ils ont fait subir à mon amie. Ensuite, mes alliés sont arrivés et ont terminé le travail dans un affrontement qui, même s'il était à sens unique, fut âprement disputé… Les blessures de mes camarades furent terribles mais la haine avait pris le dessus sur nos raisons. Nous avons pris conscience des dégâts que bien après. Pour ma part je suis resté telle une statue, contemplant la fin de cette branche maudite de notre clan en riant comme une cinglée. Après ça, dans un étouffement alarmant, je me suis effondré au sol et tout était terminé…
Soudain, Pahya se leva et déboutonna son kimono, le laissant tomber au sol, ne laissant que les sous-vêtements visibles. Même si Felicia avaient déjà vu des corps nus, elle se sentit rougir… mais cela se changea bien vite lorsqu'elle vit les marques de brulures striant le haut des jambes, les hanches, l'abdomen, et le torse de Pahya. Des blessures de guerres qui jamais ne s'effaceraient.
Felicia observa cette vue morbide en se remémorant les blessures qu'elle avait déjà elle-même infligé à d'autre.
– Vous n'aviez pas fait attention au fait que la bombe était beaucoup trop proche de vous…, déclara-t-elle simplement. Vous avez eu de la chance de vous en sortir j'imagine…
La cheffe Sheikah acquiesça avant de se baisser, ramasser sa tenue et se rhabiller.
– Avec les trois mois que j'ai passé coucher sur un lit pour enrayer toutes les infections de mes blessures et me sortir de ma démence, je pense que oui, j'ai eu de la chance de m'en sortir. Mais il ne s'agissait pas que de ça.
– C'est-à-dire ?
– Une bombe d'énergie telle que je sais en créer diffère d'une bombe à poudre classique. Les propriétés physiques de l'onde de choc sont différentes à cause d'une déformation instantané et impossible à mesurer de l'espace. La réduction de la puissance de l'onde est beaucoup plus rapide et non logarithmique mais elle n'empêche pas la déflagration brulante et la surpression de l'air. De ma position, j'étais encore dans la zone d'influence directe de l'onde de choc. Cinq mètres de plus en arrière et j'aurai été épargné mais ça ne s'est pas passé comme cela. En fait, l'onde de choc a brisé une partie de mes côtes et l'une d'elle est venu me perforer un poumon. Heureusement nous avions des fées en réserve pour les soins d'urgence… Mais même si les blessures létales furent guéries sans perdre de temps, j'ai quand même souffert du contre-coup de mon attaque, et ce durant de longs mois. J'ai encore des séquelles aujourd'hui.
Felicia ne s'attendait pas vraiment à une telle histoire. Les sourcils froncés, elle croisa ses bras sur sa poitrine. Elle ne relâchait pas sa garde mais elle voyait moins Pahya comme une étrangère.
– Pourquoi m'avoir parlé de ça ? Fit-elle sincèrement. Ce sont des souvenirs difficiles pourtant.
– Pourquoi ? Répondit Pahya avec un peu d'ironie. Pour que vous compreniez que je vous comprends Felicia. Je n'étais pas présente lorsque vous avez massacrés ces bandits et je n'ai pas encore constaté les dégâts de visu, mais je peux savoir ce que vous avez ressenti quand vous avez vu ce garçon se faire battre devant vous. Je veux que vous sachiez, au contraire des rumeurs que vous avez dû entendre, que je ne vous considère pas comme une meurtrière assoiffée de sang car fut une époque, j'ai causé la mort dans la plus violente des colères, sans humanité, abandonnant tous les principes qu'on m'avait enseigné. Alors même si en tant que cheffe de notre clan je suis censé vous punir pour avoir transgressé des règles précises, je ne peux pas m'y résoudre et de toute façon, je ne comptais pas m'y résoudre… Bien que cela soit contre nature, nous autres Sheikahs sommes autorisés à tuer si la situation le demande sans devoir rendre des comptes à quiconque. Vous étiez une Sheikah sous le commandement de votre chef et par extension du mien quand vous avez fait ce que vous avez fait donc vous n'aurez rien à craindre de la justice hylienne et de moi, par extension…
– Je ne comprends plus… Qu'est-ce que vous cherchez à faire ? Lança Felicia dont la méfiance s'était accrue.
Pahya s'en étonna d'ailleurs, pourquoi réagissait-elle subitement comme ça ?
– Eh bien je…
Mais Pahya ne put terminer sa phrase qu'une vingtaine de ses guerriers firent irruptions dans le jardin privée… faisant exactement ce qu'elle avait craint, Gauti'he à leur tête ce qui la consterna. Lances et sabres en main, ils formèrent un cercle autour de Felicia et de leur cheffe. Désabusé, Pahya se leva brusquement pour demander des explications mais Felicia la devança en souriant dangereusement. On n'entendit bientôt plus qu'elle.
– Vous comptiez donc me capturer ? Fit-elle d'une voix très faible, presque un murmure venant d'outre-tombe. M'amadouer avec une histoire vraie, se rapprochant de ce que je vis au quotidien ? Bien joué, vraiment…
Ces paroles attaquèrent directement l'âme de Pahya qui se sentit gagner par la panique et la colère. Les sheikahs se mirent en position de combat. Ses propres hommes et femmes venaient de la mettre dans la pire des situations possibles en désobéissant à un ordre direct… Oh non, le buisson plus tôt, c'était surement quelqu'un qui avait vu « Blanche » pointer son arme sur elle.
Felicia se trompait, elle n'avait jamais voulu qu'elle soit capturée ! C'était une erreur !
Dépassé par les évènements, Pahya ne put en croire ses yeux. Son plan tombait littéralement à l'eau. Felicia sortit à une vitesse fulgurante le katana de son fourreau et d'un coup, en une fraction de seconde, tout bascula.
OoOoO
– Qu'est-ce qu'il se passe ici ?! Fit Aram en retirant les sécurités de ses épées.
Après une vingtaine de minutes de marche, Aram et Zelda étaient sorti du tunnel et leur entrée dans le village de Cocorico ne se fit pas exactement comme ils l'avaient souhaité. Un affolement général régnait dans l'atmosphère. Des guerriers et guerrières sheikahs couraient dans tous les sens. Un branlebas de combat était en cours. Zelda s'inquiéta. Aram quant à lui était simplement intrigué parce qu'il y avait aucune signe d'intru. Sa vision le lui prouva.
Mais la mère et le fils ne se firent pas prier pour autant.
Le duo avança vite à travers les rues, passant à côté de la population qui était dans l'incompréhension la plus totale. Au détour d'une maisonnette, Zelda demanda à une famille, choqué de voir leur reine devant eux sans aucune distinction de classe, si une alerte générale avait été donné et la réponse fut d'autant plus étonnante car aucune alerte n'avait été donné.
Zelda remercia la famille et suivit son fils qui avait déjà pris de l'avance. Se dirigeant vers le temple, ils remarquèrent que l'origine du problème venait de là. Soudain, alors qu'ils étaient aux premières marches de l'escalier menant à la bâtisse, la princesse Laura sortit par la grande porte accompagnée d'une ribambelle de gardes. Ses yeux verts croisèrent directement son frère et sa mère, absolument surprise de les trouver là et, abandonnant toute sécurité, elle se précipita vers Zelda qui l'accueilli les bras grands ouvert, les larmes aux yeux. Aram, lui, lâcha un sourire, passa une main dans les cheveux de sa sœur mais s'élança vite vers l'entrée où les sheikahs, le reconnaissant, le laissèrent pénétrer le lieu.
Il n'eut pas besoin de demander ce qu'il se passait, la porte menant vers les jardins privés était ouverte sur l'extérieur et la scène qui s'offrit aux yeux d'Aram fut, encore une fois, incompréhensible. Il n'y avait aucun signe d'hostilité extérieur ! Nulle part !
Plusieurs Sheikahs étaient au sol, blessés pour la plupart, sonnés pour d'autre. Pahya trônait au fond de ce paradis de verdure transformé en zone de crise, semblait reprendre sa respiration. Aram s'avança calmement, ne comprenant pas ce qui avait bien pu se passer car il n'y avait aucun mort et aucune menace. Interloqué et arrivant face à la cheffe de ce peuple, il voulut questionner Pahya mais cette dernière posa sa main sur l'épaule du prince et écarta ce dernier avec un sourire voulant surement signifier : « laisse-moi gérer s'il te plait ».
La voix avait été dénué de sentiment et ne présageait rien de bon.
Elle se dirigea vers un homme qu'Aram n'avait pas remarqué. Arrivé devant lui, Pahya demanda sèchement à Gauti'he de se lever, ce qu'il fit non sans appréhension. Face à face, la cheffe sheikah fixa durant de longues secondes son garde du corps avant de lui administrer une gifle audible qui le renvoya directement à terre sous les yeux stupéfaits de ses camarades. Le visage de Pahya était à présent déformé par une colère qu'Aram n'aurait jamais pu soupçonner venant d'elle. Tout le monde autour de leur cheffe gardèrent leur souffle. Pahya ne se rendit même pas compte que Sa Majesté Zelda ainsi que Son Altesse Laura venaient, elles aussi, de faire leur apparition, perdues dans cette manifestation d'énervement qui n'avaient à leurs yeux aucun sens…
Cela changea vite.
Gauti'he tenta de se redresser, la main sur sa joue gauche.
– Mais Madame…
– ESPECE DE SOMBRE CONNARD ! EST-CE QUE TU TE REND COMTPE DE CE QUE TU VIENS DE FAIRE ?!
La puissance vocale de Pahya fila des sueurs froides à tous les sheikahs présent et même le trio royal sentit à quel point la patiente pouvait avoir ses limites et qu'en l'occurrence, elles avaient été dépassées. Comprenant qu'il y avait une discordance au sein même des Sheikahs, Aram rangea ses épées et recula vers sa mère et sa sœur.
– Vous venez non seulement de désobéir à mes ordres, hurla Pahya avec véhémence à tous ceux présents, mais vous avez réduit à néant tout ce que j'avais mis en place pour mettre notre étrangère en confiance. Je vous ai demandé de me laisser agir, pourquoi êtes-vous intervenu ? Pourquoi ?!
Gauti'he baissa les yeux, honteux.
– Mais elle vous menaçait et…
–Je l'ai laissé entrer avec son arme, je savais qu'elle ne me ferai rien ! Si j'avais senti une menace, j'aurais réagi avant qu'elle ne soit à mon niveau ! Qu'est-ce que tu n'as pas compris dans « Vous ME laissez LA gérer » ? Vous venez de foutre en l'air MA stratégie et la possibilité de la sortir ELLE du mal être qu'elle ressent en permanence. Si vous aviez réfléchi plus que loin que « Oh mon dieu, elle est folle et dangereuse » vous auriez peut-être compris. J'ai la regrettable confirmation que non. Qui sait où elle va aller et ce qu'elle va faire maintenant avec son instabilité ? C'est gravissime !
– Excusez-moi…
– Vous tous ! Vous allez me faire le plaisir de vous barrer immédiatement de ce temple ! Je ne veux plus vous voir pendant au moins une semaine et quant à toi Gauti'he, tu as beau m'être d'un grand soutien, je crois qu'il va falloir que tu comprennes qu'avant d'appliquer nos règles, tu devras appliquer MES ordres. Tu me parlais qu'elle avait dépassé ses prérogatives ? Vous venez de faire la même chose ! Pour que ça rentre bien dans ta tête, je démet de tes fonctions pour une durée indéterminée avec effet immédiat ! Ça te servira de leçon.
– Madame…
– Je ne me répèterai pas, cria encore Pahya à l'adresse de ses semblables et avec une sévérité digne de sa fonction ! Cassez-vous d'ici, maintenant !
Elle remarqua enfin que la reine et la princesse étaient présentes et s'excusa le plus poliment du monde pour cette étalage d'animosité. Puis elle se tourna enfin vers le prince hylien qui, parfaitement étranger à ce conflit, s'était vraiment beaucoup écarté pour en pas entrer dans le cercle de fureur de Pahya.
– Aram, lança-t-elle sur un ton presque implorant. Je suis désolé de te demander ça mais je vais avoir besoin de toi ! C'est urgent…
Bonjour/Bonsoir/Salut
Un chapitre plus long que prévu mais finalement nécessaire. On s'écarte de la quête principal dirait-on mais il fallait que passe par là pour amorcer la suite. J'espère que ça vous a plu !
À bientôt ;)
