Avez-vous déjà eu ce ressenti où votre vie commence juste après que vous ayez ouverts les yeux ? Non ? Pourtant, c'est le ressenti de cette petite fille qui ouvre les yeux - certainement pas pour la première fois - et qui ressent, qui constate, que quelque chose commence, que sa vie démarre. Un grand noir envahit sa mémoire, et elle ne sait ni où elle est, ni son âge, ni même son nom.

Elle réalise qu'elle est seule, entourée de montagne enneigé qui gèle ses pieds et ses mains. Elle se lève de sa petite taille et commence à marcher droit devant elle, ne sachant où aller et se laissant guider par ses instincts, elle s'enfonce à chaque pas dans la neige, découvrant la sensation et de le bruit de la poudreuse écrasée par un pied. Elle regarde autour d'elle et malgré l'immense paysage de montagnes enneigés et de ciel brumeux, elle se sent perdue car elle ne peut dire ou reconnaître l'endroit où elle se trouve.

Au bout de quelques heures de marche, la lumière monte bien haut dans le ciel, et le ventre de cette enfant commence à se manifester, la faim et la soif se ressentent, sans parler de ce froid qui la fatigue à chaque pas. Seulement il n'y a rien aux alentours, pas de maisons, pas de gens, pas de forêts ou de nourriture quelconque. Pas même de l'eau. Elle a peur, son corps tremble et frissonne alors que ses petits doigts sont rouge.

Une journée s'est presque écoulée, la lumière descends et l'obscurité prends place dans le ciel. Le froid mords d'avantage sa peau, et le vent souffle légèrement, donnant des frissons. Elle est épuisée, ne marchant même plus droit, ignorant qu'elle direction prendre et ne sachant quoi faire. La vie dans les montagnes est dure. L'enfant a un ventre criant famine et des pieds fatigués de marcher, mais elle sens que si elle s'arrête, elle n'aura pas la force de se relever. Soudain, quelque chose attire son attention : le bruit d'un feu crépitant, une voix basse, et les paroles d'une chanson s'envolant dans les airs avec la fumée d'une pipe. Elle s'approche timidement, attiré par ce chant retraçant un passé qui semble lointain, hypnotisé par l'aura d'un homme de bonne carrure, avec un regard si nostalgique et si triste. Ce n'est qu'à quelques mètres qu'elle s'arrête. Oubliant le froid et la faim, calmant ses tremblements, elle observe et écoute chaque mots, profite de chaque son.

À la fin, l'homme se rends compte de sa présence, il est d'abord surpris puis rassuré que ce ne soit pas un ennemi, mais son trouble revient en comprenant qu'il s'agit d'une petite fille :

- Les montagnes bleues ne sont pas un endroit où il est bon de se promener seule, encore moins à cette heure. Que fais-tu ici ? Où sont tes parents ?

La petite ne réponds pas, comme sous le choc qu'il l'ai remarqué. L'homme l'observe de bas en haut et remarque qu'elle est peu vêtue, son corps tout entier tremble de froid. Il comprends que ses parents ne viendront sûrement pas, et qu'elle est perdue. Il se lève en retirant son grand manteau, puis s'approche pour le donner à l'enfant. Celle-ci hésite puis s'enroule dans le vêtement trop grand pour elle mais encore chaud. Il l'invite à s'asseoir à côté de lui pour profiter du feu. Il l'observe se réchauffer tout en fumant calmement sa pipe :

- Quel est ton nom ?

- Tu ne parles pas ?

Toujours aucune réponse de sa part. Cependant, il voit son regard attiré par le repas du nain. Ce dernier comprends qu'elle doit être affamée. C'est de bon cœur qu'il lui tends un petit bol qui était censé être son repas de ce soir. Elle accepte et mange avec avidité, savourant chaque bouchée sous les yeux patient de Thorin qui fume calmement. À la fin de son repas, elle daigne enfin prononcé un mot :

- Merci.

- Je t'en prie. Je constate que tu n'as pas perdu l'usage de la parole. C'est déjà ça.

- Je ne sais pas.

- Quoi donc ?

- Mon nom. Je ne sais pas mon nom.

- Tu ne te souviens pas ?

- Non.

- Quels est ton dernier souvenir ?

- Rien. Tout est noir.

L'homme se mets à réfléchir en retournant à sa pipe. Que faire dans une telle situation ? Il est attendu en Comté, et même si ce n'est pas loin, il ne peut l'emmener avec lui aux vues des aventures qui l'attendent. Mais laisser une enfant comme elle dans cette situation est impossible pour lui, elle risque de mourir que ce soit de faim, de froid, ou en étant attaqué par un animal.

Il l'observe et la détaille, constatant qu'elle est humaine. Après un moment où il pèse le pour et le contre, alors qu'elle esquive son regard, il prends la parole :

- Je vais te guider jusqu'à un village humain. Ils prendront soin de toi.

- Un village... Humain ?

- Tu auras ce qu'il te faudra là-bas. Repose-toi pour l'instant.

La petite n'ose dire un mot de plus et préfère obéir. Elle se pose à terre avec la veste, s'enveloppe dedans et s'endort près du feu, mais avec beaucoup de questions en tête.

Le lendemain matin, l'homme réveille la rousse à l'aube et après un léger petit déjeuner, ils se mettent en route. L'enfant a encore l'esprit dans le monde des songes et a dû mal à suivre. Elle demande au plus âgé leur destination et celui-ci lui réponds qu'ils vont d'abord quitter les montagnes bleues pour ensuite aller au village humain le plus proche, en espérant qu'il y en ai un non loin.

La petite est anxieuse pour ce voyage qu'elle entame, et nerveuse par la présence de l'homme. Elle le détaille pendant qu'ils marchent ; de longs cheveux bruns, une barbe et des tresses, des vêtements de voyageurs qui amplifient sa carrure. Il possède également un sac sur son épaule, et des armes, comme une épée à sa ceinture. Il a un quelque chose d'imposant, voir d'intimidant mais rien de mauvais. Elle n'ose posé les milles et une questions quant à sa situation. Qu'est-cela un humain ? Qu'est-ce qu'un village ? Et à quoi ressemble les autres humains ? Quant à cette région, est-ce la seule chose qu'elle verra ? Des montagnes enneigés, couvertes par des nuages lourds apportant une teinte bleuté à la région ? Ou bien y-a-t'il autre chose derrière ces nuages ? Tant de questions, tant de chose qu'elle a dû mal à comprendre. Lors d'une pause, elle ne peut s'empêcher de le regarder :

- Qu'y a t'il ?

- Est-ceque les humains sont comme vous ? Ose-t-elle finalement demander.

- Tu n'as jamais rencontré de nain auparavant, n'est-ce pas ?C'est étonnant dans ces montagnes.

- Un nain ?

- Tu nous reconnais facilement par notre petite taille et nos barbes,même chez les femmes. Il tire une bouffée de sa pipe et souffle un grand rond de fumée sous les yeux admiratif de l'enfant.

- Est-ce qu'il y a différents nains ?

- Cela dépends d'où ils viennent. Quelques uns vivent dans des cités d'Hommes ou sur les routes, alors que beaucoup vivent dans des montagnes comme celle-ci.

- Et, d'où... D'où vous...

- Je viens de très loin. Et je compte bien y retourner un jour, reprendre ce qui m'appartient.

- Un objet ?

Il se retient de répondre 'Un foyer'. À la place, il laisse planer un grand silence avant de reprendre une bouffée de fumée de sa pipe. Au bout de quelques minutes, il se lève pour reprendre la route. La petite sent qu'il ne faut pas insister, mais elle a tout de même une dernière question avant de vouloir repartir :

- Comment est-ce que vous vous appelez ?

- Appelle-moi Thorin.

- Thorin ?

- C'est ça.

Et ils reprennent la route dans un grand silence. Lors de leur marches, elle observe les faits et gestes de son aînée et essaye d'en comprendre le sens. Il s'abaisse par moment pour faire de la traque de gibier, utilise son arc pour la chasse. Une fois la proie attrapé, il la tue et l'attache à son sac. Au soir, ils pourront se faire un repas avec ce petit animal. L'enfant observe chaque fait et gestes de Thorin, apprenant en observant ce qu'il fait. Durant le reste de la marche, il lui explique qu'il est important de savoir chasser et de se repérer, sinon cela veut dire que l'on est dépendant des autres pour tout, et qu'il est impossible de voyager seul. En voyage, il est nécessaire de faire attention à tout ce qui nous entoure, l'environnement, les sons, le temps, la météo, les types de routes. Car autour de soi, il peut y avoir absolument tout, du gibier potentiel qui est caché, des pièges posés, des ennemis que l'on peut croiser et devoir se battre pour la survie, ou bien croiser d'autres voyageurs. Pour la petite, ce sont de vrais leçons de vie, elle qui ne connaît absolument rien.

Un matin, alors qu'ils venaient de lever leur petits camps provisoire, Thorin entame la marche mais constate que la petite rouquine ne suit pas. Il se retourne et la retrouve près de la neige, accroupie, faisant des trous dans la couche blanche avec ses petits doigts. Le son de la poudre que l'on écrase et la sensation qu'elle fonde est agréable pour elle, même si c'est très froid. Thorin se rapproche d'elle en soupirant avant de la voir sauter dans la neige les deux pieds en avant. Un bond. Deux bons. Puis trois. Et quatre :

- Je peux savoir ce que tu fais ?

La petite se relève et regarde le nain en souriant de toutes ses dents :

- Le but, c'est de pas laisser de trace !

- Tu crois vraiment que c'est le moment de jouer ?

- Mais c'est drôle ! Hop !

Et un bond de plus ! Thorin la regarde faire, non sans désespérer d'aller en Comté à temps. Il l'observe alors qu'elle continue ses petits sauts dans la neige. À un moment elle tombe entièrement dedans au point de disparaître. Elle en ressort en lançant de la neige partant, riant joyeusement. Bien qu'elle soit amnésique, le nain voit bien là le comportement d'une enfant. Thorin ne l'admettra pas mais voir la petite rousse riant et jouant alors qu'elle est couverte de neige l'amuse. Une telle innocence est touchante à voir. Mais bon, toutes les bonnes choses ont une fin :

- Aller, sors de là. Il faut avancer.

- Oh, déjà ?

- Tu préfères rester seule ici pour t'amuser ? Très bien, moi j'avance.

La petite le regarde s'éloigner au loin et à grande enjambées. Elle se dégage difficilement de la neige et cours pour le rattraper. Thorin a un sourire en coin en l'entendant se mettre à coté de lui. Elle vient se placer non sans croiser les bras et opter pour une mine boudeuse. Elle s'amusait bien, c'est pas juste de devoir partir si tôt.

Le temps passe, presque trois jours, et les deux compagnons de route continuent leur voyages.

Ils finissent par enfin quitter la région des montagnes bleues, et le temps se fait plus agréable.

À la place de la neige, la rousse découvrent de l'herbe verte, douce, et qui chatouille ses petits pieds. Les nuages gris laissent de temps en temps placent au soleil, et les arbres ne sont pas endormis mais feuillus, les températures sont plus agréables que dans les montagnes, malgré qu'il reste un vent frais.

La petite s'amuse à découvrir tant de choses, et pris d'un élan de joie et de rire, elle se mets à courir dans l'herbe, écrasant les plus grands brins d'herbe en sautant dessus. Elle trouve également un oiseau qu'elle poursuit sur plusieurs mètres en l'appelant. Celui-ci se pose sur une branche d'un arbre trop haut pour elle et le nain. Elle le regarde jusqu'à ce qu'elle remarque autre chose sur la branche : une petite peluche d'ourson.

L'enfant est attirée par cette peluche mais elle est trop haute. Elle s'agrippe à une branche et commence à escalader l'arbre mais la branche casse et elle tombe de l'arbre sur ses fesses et en s'égratinant les mains. Le choc et la douleur la prennent et les larmes montent, elle gémit en regardant ses paumes rouges, jusque ce que deux mains plus épaisse viennent les caressés :

- Ce n'est rien de grave. Je vais t'apprendre quelque chose ; Quand on ne sait pas attraper une chose qui est trop haut pour soi... Il se retourne et attrape une branche épaisse au sol et la lance sur la tête du nounours qui tombe à terre... On trouve des alternatives.

Thorin est bien placé pour connaître ce sentiment d'inconfort lorsque que l'on ne peut attraper quelque chose car ce n'est pas à notre hauteur. Hors, cela ne l'a jamais stoppé jusqu'à maintenant. Les nains sont débrouillards et la petite devrait prendre exemple sur eux. Elle attrape la peluche et cours ensuite vers Thorin, avec en câlin en guise de remerciement. Le nain est quelque peu déstabilisé par ce genre de geste, il n'en a pas l'habitude et se porte très bien sans. Il repousse gentiment la rouquine :

- Inutile de me remercier. Tu ne dois pas te laisser abattre parce que tu es tombée. Tu tomberas sûrement encore de nombreuses fois. Apprends à te relèver et à recommencer jusqu'à ce que tu réussisses.

Le sourire ravie et heureux de la rouquine ainsi que ses yeux remplie de joie déstabilise complètement Thorin. Il se surprend à lui rendre son sourire et lui ébouriffe même les cheveux avant de lui dire d'avancer, bien qu'il lui précise de ne pas s'éloigner.

Thorin a plaisir à l'observer profiter ainsi de la vie. À sourire simplement pour tout. À jouer avec un rien. Il n'a pas pour habitude de profiter lui-même, si ce n'est en jouant et en chantant avec sa compagnie, mais les petits plaisirs simples de la vie il n'en a aucun. Peut-être que de voir cette enfant savourer les choses simple, lui procure un peu de plaisir également. Comme une joie partagé.

Soudain, il n'y a plus de son de voix, plus de cris de joie. Cela l'inquiète, il accélère le pas et voit la petite-fille qui est arrêté dans l'herbe, observant quelque chose en contre bas, quelque chose qui fume. Il vient près d'elle et peut assister au spectacle ; un petit village est presque en cendres.

Les maisons sont toutes détruites et noircis par un feu qui s'est déjà éteint, signe que cela doit faire un moment que ce village s'est fait attaqué. La petite ne comprends pas bien ce qui se passe devant ses yeux. Qu'est-ce que cet endroit ? Pourquoi il n'y a personne ? Elle attrape la main de Thorin et se réfugie près de lui. Ce geste surprend le nain qui ne s'y attendais pas. Il n'est pas un habitué des gestes tendres et d'affections, mais il cerne bien la peur qu'elle doit ressentir :

- Qu'est-ce que c'est ?

- Un petit village humain qui a été attaqué. Par qui, je l'ignore.

- Où sont...

- Je ne pense pas que les humains aient survécus petite. Si certains ont réussi, alors ils ont dû fuir. En plus d'une voix compatissante, il la regarde d'un air quelques peu désolée. Viens. Nous allons trouver un autre village.

Il lui prends la main et l'entraîne au loin, contournant les reste des maisons détruites.

La petite discerne mal la notion de mort, et Thorin n'a pas très envie de le lui expliquer, encore moins de devoir expliquer que certains tuent par plaisirs.

Ils marchent un long moment avant de s'arrêter pour la nuit. Thorin trouve de quoi manger pour leur souper. Au moment de servir la petite rousse, il voit le trouble dans ses yeux. Thorin se rappelle que c'est une enfant amnésique qui découvre le monde pour la première fois, elle ignore même l'existence des nains et des hommes, et sûrement de tout ce qu'il y a dans ce monde, dont la cruauté. Il pose les gamelles et s'assoit en face d'elle :

- Il est inutile que tu ressasses tes souvenirs. Ce que tu as vue, ce village en cendres, tu en verras d'autres j'en ai peur. Aussi longtemps qu'il y aura des pilliards, des brigands, des orques, ou des hommes tout simplement mauvais, alors il y aura des villages qui se feront attaqués.

- Mais c'est méchants ! Personne ne les protège ?

- Tout dépend des terres sur lesquels ils sont. À ma connaissance, je crois qu'il n'y a ni Seigneur, ni Roi ici. Et les nains s'occupent déjà d'eux-même, ils ont déjàbien à faire dans les montagnes.

Il se retourne et reprends les gamelles, donnant-en une à l'enfant. Ils mangent dans le silence, même si la petite n'a pas très faim après ce qu'elle a vu dans la journée, elle se force. Aujourd'hui, elle a vu un village détruit pour la première fois, mais elle n'a pas vu d'humains, même pas morts. Elle ne sait toujours pas à quoi ils ressemblent. Sa curiosité et ses questions sont fortes. Une fois son repas finis, elle regarde Thorin en face, qui lui, mange toujours :

- À quoi ressemble un humain ?

- Un humain fait deux fois la taille d'un nain, même plus. Ils ont barbes et cheveux comme nous mais en moins longs, et ont les oreilles rondes. Comme toi.

- Moi ?

- Oui, tu appartiens à la race des Hommes. À sa remarque, elle ne peut s'empêcher de toucher ses oreilles, prise d'une curiosité.

- Est-ce qu'il y a d'autres races ?

À sa question, Thorin se stoppe dans son geste de prendre une bouchée. Des races il y en a pleins, mais une seule lui viens en tête et c'est une qu'il déteste. Il pose sa gamelle et canalise sa colère pour lui répondre le plus calmement possible :

- Il y a bon nombres de race en ce monde. Trois sortent du lot ; Hommes, Nains... et Elfes.

- Elfes ?

- Les Elfes. Dit-il avec un dédain peu caché. S'il y a bien une race que je hais encore plus que les orques, c'est celle des Elfes. Physiquement, il sont comme les humains mais avec des oreilles pointues, ils se baladent affublés de robes et de capes même en combats, toujours propres sur eux, couronné de bijoux, se pavanant, et se croyant supérieurs parce qu'ils vivent plus longtemps. Soi-disant plus sage, ils cachent leur secrets et restent cloîtré chez eux. Ce sont des lâches, des égoïstes, trop fiers et trop orgueilleux, ils ne se soucient pas des autres.

- Ils-

- Ils prennent tout le monde de hauts et se croient plus forts que nous tous. On ne peut pas faire confiance aux elfes, ils finissent par nous trahir.

- Est-ce qu'ils sont méchants ?

Le nain reste muet face à la question, ne comprenant que maintenant l'innocence des questions qui envahissent cette petite. Elle n'en a jamais rencontré ou bien si c'est le cas ne s'en souvient pas. Tout ceci est nouveau pour elle.

Il est évident que Thorin n'a pas pût retenir sa colère. Ses yeux remplit de haine, sa mémoire revoyant des images du passé, et sa voix grave ont vite fait d'effrayée la petite-fille. Thorin, voyant le visage apeuré de l'enfant, ravale sa colère et se calme comme il le peut. Peut-être faudrait-il parler d'autres choses que des elfes ? Il finit par sortir sa pipe et l'allume :

- Il n'y a pas que les Hommes, les Nains, et les Elfes. Il y a aussi les Hobbits.

- Des Hobbits ?

- Un vieux magicien m'a dit qu'ils s'agit de semi-homme malins et très discrets. Des gens simples. Ils vivent en Comté, non loin d'ici. C'est là-bas que je dois me rendre.

- Je peux venir avec vous ?

- Si je dois m'y rendre, c'est pour une quête que je compte mener. Et c'est bien trop dangereux pour que je t'emmènes avec moi.

- Mais... Je...

- Je ne peux également te laisser en Comté, j'ignore si les Hobbits réagiront bien à voir une humaine vagabonder dans leur village. J'ignore tout d'eux. Ta meilleure chance, c'est d'aller avec des humains.

La petite fait une mine boudeuse et soupire. Cette réaction amuse Thorin à nouveau. Finalement, une idée lui vient ; en voyant le feu crépitant et la fumée s'élevant, il s'assoit aussi confortablement que possible et de son sac, il en sort une harpe.

La curiosité de l'enfant monte de plusieurs crans. Qu'est-ce que ceci ? À quoi cela sert-il ? Elle observe l'objet avec des yeux curieux mais surtout passionné. Thorin se mets à murmurer un air, le même air qu'il jouait quand il l'a rencontré. La petite s'enroule dans le manteau du nain et l'écoute attentivement. Bientôt, le plus âgé se mets à chanter alors que ses doigts glisse sur les cordes de la harpe.

" Au-Delà, des Montagnes embrumées,

Non loin des Sombres, Cavernes du passé,

Dans l'aube bleutée,

Il faut aller,

En quête de l'Or,

Pâle et Enchanté,

Les Pins Ru-Gi-Ssaient,

Hauts et Fiers,

Les vents gémissaient,

Dans la Nuit d'hi-ver,

Rou-ge le feu,

Sur mille lieues,

Flambaient les Arbres,

Torches de lumière. "

Les notes s'arrêtent, les paroles se terminent. L'esprit du nain est profondément plongé dans la nostalgie et la contemplation du feu. Il ne s'est même pas rendu compte que la petite s'est endormie à ses côtés.