Plus le temps passe, plus je mets du temps à écrire un chapitre ! Un peu de smut pour célébrer ça oups !
Après réflexion, je préfère être plus lente et ne publier qu'une fois que je suis contente d'un chapitre. Je pense que c'est plus agréable pour vous, mais aussi pour moi :) J'ai besoin de prendre soin de moi.
N'hésitez pas à laisser un commentaire et un favori, ça me motive énormément !
Une fois qu'ils étaient rentrés, le temps était passé très vite. Chacun avait repris ses habitudes, leurs quotidiens à présent diamétralement opposés. L'un travaillait le soir et s'occupait de sa fille en journée, le second se levait tôt et la lumière de son bureau ne s'éteignait que tard dans la nuit. Cette réalité qu'ils se devaient de retrouver rendait leurs entrevues de nouveau très rares pendant les semaines et les mois qui suivirent. C'était agréable et apaisant au début de retrouver leurs propres espaces, mais aucun des deux ne pouvaient nier que l'absence de son compagnon leur pesait un peu parfois.
Des deux hommes, le retour à la routine avait été d'une certaine manière la plus difficile pour Phoenix – comme anticipé. Certes, Benjamin avait un rythme assez soutenu et des responsabilités qui étaient loin d'être sans conséquence sur son énergie. Toutefois, contrairement à Phoenix, il n'avait pas à jouer le rôle d'un raté au quotidien. En Europe, il s'était épanoui, ouvert, avait appris beaucoup sur qui il était aujourd'hui et ce à quoi il aspirait. Mais c'était une parenthèse et mimer son ancienne attitude n'était pas le sentiment le plus agréable.
S'agissant de l'été, il arrivait aussi que Phoenix soit de plus en plus souvent seul au cours de la semaine, Vérité partant régulièrement pour faire quelques spectacles lors des vacances. Il était profondément heureux pour elle et se débrouillait pour autant que possible. D'ailleurs, en y assistant, il se rendit compte à quel point retrouver la scène et le public après cette petite coupure faisait du bien à sa fille. Elle était radieuse et son cœur se serrait de bonheur à chaque fois. Mais quand il se retrouvait seul à la maison, sans un bruit pour le reste de la journée sauf la télévision qui tournait en fond, c'était dur. Il fallait trouver de quoi s'occuper tout en prenant en compte la réalité de la situation. Il était donc hors de question de sortir faire du lèche-vitrine en ville, d'aller rencontrer du monde dans des bars, de participer à des événements en ville pour sociabiliser… Le risque Kristoph était trop grand. C'était encore un sacrifice à faire, pénible, rude, déshumanisant parfois, mais il tenait bon. Il devait tenir bon pour la justice, pour Benjamin, pour Vérité et surtout, pour lui.
En ami et compagnon généreux et loyal, Benjamin lui avait promis qu'il pouvait l'appeler si jamais il avait besoin de quelque chose, que ce soit de l'aide ou simplement parler. Et bien sûr, Phoenix n'osait jamais. A chaque fois qu'il se sentait malheureux, il ne faisait que repousser. Ces coups de mous n'étaient pas très récurrents – heureusement – mais il arrivait qu'ils soient rudes et remettent en question tous ses efforts.
Mais Phoenix avait juré à sa moitié qu'il viendrait vers lui si cela n'allait pas, et décliner cette main tendue de l'homme qu'il aimait le plus était égoïste. Après tout, il n'était pas un poids. Enfin, Benjamin faisait de son mieux pour lui rappeler aussi souvent que possible. Phoenix ne devait pas se préoccuper de savoir si Benjamin était apte à l'écouter ou lui fournir le soutien dont il avait besoin ; et bon sang, il était temps qu'il l'intègre et qu'il le mette en pratique.
C'était ainsi qu'une fin d'après-midi, Phoenix attrapa son téléphone et après une brève hésitation, appela le procureur. Le téléphone sonna deux fois avant que « Wright » se fasse entendre au bout du combiné. Ils n'avaient pas échangé sur ses tracas, se contentant simplement de parler de tout et de rien pendant une petite heure. Phoenix savait qu'il prenait du temps sur sa journée chargée, mais Benjamin n'en fit pas mention. Leurs voix étaient posées, leur diction lente et apaisée ; même quand ils se taquinaient. Entendre l'autre, avoir cette complicité et ce soutien même à distance était réconfortant, une véritable douceur dans la morosité et le lassant de la routine. Leur conversation s'était épuisée d'elle-même, tous deux satisfaits de l'étendue de leur échange. C'était simple, naturel, évident. Ce petit bonheur venait d'illuminer cette fin de semaine un peu sombre, une petite sucrerie qui offrait un peu de cette gaieté enfantine auquel les grands adultes ne pouvaient dire non.
Pendant que l'un était reparti vaquer à ses tâches, l'autre s'était allongé dans son canapé. Aucun des deux ne pouvait repousser le sourire qui étiraient leurs lèvres et creusaient leurs joues.
Benjamin exerçait définitivement une bonne influence sur lui et leur alchimie était quelque chose qu'ils se devaient de cultiver encore longtemps. Maintenant qu'ils s'étaient retrouvés – aussi bien en tant que partenaires qu'individuellement – et compris comment s'aimer, même le plus dur semblait surmontable. Savoir que l'autre était présent, coûte que coûte, ça leur permettait de garder la tête hors de l'eau même lors d'une passe difficile. C'était cette pensée qui le maintenait là, pour toute l'année qui suivit.
Leurs retrouvailles avaient été rares, d'autant plus que Benjamin cumulait ses responsabilités avec l'implémentation de leur projet. Pour être honnêtes avec eux-mêmes, il piétinait et ne semblait pas prendre. Le plus exaspérant pour le couple était d'entendre tous les acteurs de la justice et l'opinion publique se plaindre du fonctionnement fortement altéré de la justice, mais que derrière, les personnes qui avaient les clés en mains ne semblaient pas vouloir tenter grand-chose en ce sens. Benjamin ne les blâmait pas de craindre le changement, loin de là. C'était une réaction tout à fait humaine, mais c'était frustrant de constater qu'il y avait toujours une bonne excuse pour au final continuer sur cette terrible pente. Si lui, procureur en chef, longtemps King du Barreau et repenti de sa conception faussée de la justice, ne parvenait pas à allumer cette petite flamme en ceux qui faisaient les lois, qui pouvait bien le faire ? Personne. Donc il continuait, n'abandonnant pas… Même si Phoenix lui suggérait de laisser tomber quand rien n'avançait et que Benjamin finissait par en perdre la santé.
Puis au bout d'un moment, le sujet cessa d'être abordé au cours de leurs conversations. De toute façon, à chaque fois qu'ils en parlaient, soit rien n'avait changé depuis la dernière fois, soit une mauvaise nouvelle s'était ajoutée aux précédentes. Ils se voyaient rarement, alors autant garder leurs entrevues les plus joyeuses possibles et les occuper à rattraper le temps qu'ils n'avaient pas pour leur couple. Avec le temps, ces soirées ou ces weekends ensemble étaient devenus simplement des dîners ou s'endormir devant un film dans le canapé de l'Agence – ce qui était plus simple niveau transports.
Leur intimité s'était épuisée d'elle-même en quelques mois, Benjamin étant souvent trop fatigué et préoccupé pour s'abandonner le temps d'une petite heure. Phoenix ne lui reprocha pas le moins du monde, préférant l'abstinence à un amant dans son appareil le plus simple qui fait un malaise à deux heures du matin dans son lit. Cette distance physique dans leur relation ne s'était pas avérée être un problème ou une source d'inquiétude, les deux hommes ayant mis immédiatement les choses à plat. Ils avaient toujours envie l'un de l'autre, égarant quelques attentions ici et là, ils attendaient juste un meilleur moment.
Ils se voyaient peu, étaient très peu intimes, mais leur communication était devenue largement meilleure. La jalousie et les craintes ridicules de Phoenix avaient fini par le quitter, préférant demander directement à Benjamin plutôt que d'imaginer quelques sottises. Ils se faisaient confiance et s'écoutaient, et cela permettait à leur couple de rester fort malgré cette année creuse.
A part quelques changements ici et là, c'était une véritable routine et chacun la vivait comme il se devait de la vivre, avec ses hauts et ses bas. C'était un peu pénible après ces trois mois de l'espoir, mais dans l'ensemble, ils avaient de quoi être heureux. Ce n'était pas l'allégresse non plus, néanmoins leurs situations respectives étaient moins précaires qu'auparavant et ça n'avait pas de prix.
Ce train-train connu pourtant une fin abrupte.
Personne ne l'avait vu venir et cela n'était pas nécessairement de bon présage à l'origine. Phoenix avait été arrêté pour le meurtre d'un certain Enzo Gomez, un client du Bortsch Club. Il l'aurait tué d'un coup de bouteille sur le crâne après sa première défaite au poker en sept ans. Il avait pris la peine d'informer Benjamin des événements, mais le procureur en chef était les mains liées. Il savait que son compagnon n'avait sûrement pas ôté la vie à un autre homme (surtout du père biologique de Vérité) et il ne pouvait, à présent, qu'espérer que la justice soit faite correctement. Il ne pouvait pas intervenir depuis sa position pourtant privilégiée et devait donc se contenter de laisser Phoenix placer ses pions et jouer. L'improvisation avait toujours été son fort, et Benjamin croisa ses doigts pour que cette règle ne connaisse pas de fin.
Il avait altéré la scène du crime, troqué Kristoph pour son apprenti à la défense et choisi de garder le silence à la barre. Tout le monde se permettait les coups les plus bas pour une victoire, donc lui non plus ne reculerait devant rien pour assurer sa protection. Le Phoenix naïf et bercé d'idéaux était mort il y a sept ans, maintenant c'était l'oiseau de feu qui attendait le meilleur moment pour s'embraser. Il n'avait plus rien à perdre.
Comme il l'avait deviné en cette tragique soirée, Kristoph était bien celui qui était derrière ce meurtre. Et ça y est : il était tombé. Son pari avait été le bon.
Sur le coup, devant ce jeune avocat dont il s'était servi pour arriver à ses fins, il n'arrivait pas à arborer une autre mine que celle nonchalante qu'il portait déjà devant Gavin. Après tout, ce dernier était son mentor et n'avait pas hésité à tenter de le faire couler au cours du procès. Il était hors de question qu'il ne se fasse avoir une seconde fois.
Mais, quand ce petit lui avait mis ce coup de poing dans la chambre des accusés lors qu'il avait réalisé que la carte que lui avait donné Vérité avait été manipulée, quelque chose d'autre le frappa également. Et si ce jeune Apollo Justice n'était pas une de ces âmes dont avait besoin le système demain ? Son instinct lui faisait signe, et il lui disait aussi que le novice reviendra vers lui dans un futur plus ou moins proche.
Ce n'était qu'une fois rentré à la maison, nez-à-nez avec Vérité, qu'il avait laissé les émotions s'emparer de lui. Phoenix ne fonda pas en larmes, ni ne sauta de joie. C'était beaucoup plus modéré, une part de lui ne réalisant pas encore ce qui venait de se passer. Il avait envie d'hurler peut-être, d'éclater en sanglots ou de joie ; mais cela ne sorti pas. Il avait simplement laissé un message à Benjamin : « J'ai gagné et Kristoph est coupable. Je vais me coucher, bonne nuit », sans prendre la peine de regarder la réponse. Il ne dormi pas cette nuit-là non plus, ses yeux se perdant sur le blanc des murs et du plafond pour voir si la fin du monde n'allait pas arriver suite à un tel retournement de situation.
Kristoph Gavin n'était plus. Mais le père de Vérité non plus. Et cette réalité faisait que ce nouveau pendentif brûlait sa peau. Il y porta sa main et serra le médaillon, comme une promesse de continuer de veiller sur cette petite.
Phoenix n'avait pas pris le temps d'allumer son téléphone le lendemain, d'où sa légère surprise de retrouver son compagnon sur le pas de sa porte en fin d'après-midi. Ils restèrent là silencieusement, le regard de l'un figé dans celui de l'autre.
Il soupira, ses épaules se relâchant enfin :
« Je m'habille et on va au restaurant ? Vérité est au Wonder Bar ce soir.
- Elle a besoin de toi cette nuit ?
- Non, elle se débrouille toujours quand je suis pas là… Le boulot tu sais.
- Permets-moi donc de t'inviter, Phoenix.
- … J'ai hâte. »
Visage lisse, costume bleu, cravate ajustée et chaussures luisantes. La veste était un peu trop large mais ce n'était pas le détail qui attirait son regard tout le long de leur dîner. Phoenix était beau, son sourire radieux et ses rires enivrants. Il buvait ses paroles comme il buvait son vin, en de petites gorgées qui réchauffaient sa poitrine. Benjamin sentait bien que malgré ce bonheur et cette joie sincère, beaucoup d'autres émotions se bousculaient au fond de celui qui lui faisaient face. C'était évident lorsqu'il regardait ses yeux, les lumières flottant dans ces perles humides. Mais il n'en fit pas mention et se contenta de profiter du présent.
Comme d'habitude, Phoenix était celui qui faisait une grande partie de la conversation, Benjamin ne répondant qu'à ses questions et ajoutant une remarque de temps à autre. Le début du repas portait sur le procès de la veille, l'homme libre s'attardant à raconter le déroulé et ses observations à sa moitié particulièrement attentive. A vrai dire, au fur et à mesure qu'il expliquait les événements, il admettait parfois qu'il était surpris que le tout avait pris une telle tournure et fini par payer en son sens. Enfin, le plus important restait l'issue du procès : Gavin n'était plus.
Bien sûr, une fois que Phoenix avait atteint la conclusion de son récit, Benjamin lui avait demandé ce qu'il comptait faire à présent : est-ce que l'arrestation et le jugement de Kristoph lui suffisait ? A vrai dire, le procureur était certain qu'avec un peu de jeux de coudes, il pouvait convaincre l'association du barreau de laisser Phoenix Wright retenter l'examen puis reprendre sa carrière. Il réfléchit un moment, massant son menton avec son index, puis se contenta d'hausser les épaules :
« Je ne sais pas encore. C'est encore trop frais. J'ai besoin de recul encore. »
Puis le sujet pris fin, les deux hommes enchaînant sur le repas qu'ils étaient actuellement en train de partager. Il s'agissait d'un restaurant fin, pas le plus prestigieux de la ville vu le décor et les plats sur la carte, mais la cuisine restait soignée et subtile. Phoenix n'avait pas fait d'objection sur le lieu, laissant Benjamin choisir librement sans poser la moindre question sur les tarifs. De toute façon, le procureur lui avait lancé un bref regard dans la voiture lui signifiant qu'il se chargeait de l'addition.
Benjamin était heureux de retrouver le Phoenix qu'il avait connu en Allemagne, d'enfin pouvoir partager la compagnie de quelqu'un d'autre que celui qui feignait la nonchalance. Ce n'était pas une remarque qui était purement liée au physique, quand bien même Benjamin n'appréciait toujours pas l'allure de Phoenix en survêtement-claquettes. Non, il y avait quelque chose de tout à fait différent dans la tenue et ce que dégageait sa moitié quand elle prenait soin d'elle et le faisait volontiers.
D'ailleurs, c'était peut-être cet homme qu'il recherchait depuis plusieurs mois. En effet, Benjamin ne pouvait pas nier les torsions et les papillons qui travaillaient son ventre depuis le début de leur soirée. Il avait hâte de rentrer ; et il voyait dans ces yeux océans que c'était réciproque. Et puis, cette manière dont il glissait le creux de la cuillère sur la langue pour savourer la boule de glace servie avec sa tarte tatin… Zut, la flamme se rallumait enfin, le voilà avoir des pensées obscènes en public.
Une fois leur dessert finit, ils ne patientèrent guère longtemps pour régler l'addition. Le chemin jusqu'à la voiture n'était pas long, mais la tension complice qui montait en eux les poussa à se tenir la main. Benjamin ouvrit la portière de son passager, toutefois il ne rentra pas de suite. Ils échangèrent un baiser à la fois tendre et pleins de promesses pour la fin de la soirée qu'ils s'apprêtaient à partager.
La route non plus n'était pas longue non plus, donnant à peine le temps pour Phoenix d'envoyer quelques messages à sa fille pour lui demander des nouvelles de sa soirée, lui répéter combien il l'aime et est fière d'elle et qu'il ne reviendra que demain midi.
« Phoenix, je te rappelle qu'en rentrant les chaussures restent à l'entrée, expliqua Benjamin en se garant. Tu peux accrocher ta veste au porte-manteau pour ne pas la froisser. »
Immédiatement sortis du véhicule, les deux hommes ne pouvaient se résoudre à laisser la moindre distance entre eux, que ce soit par des baisers ici et là ou des mains posées sur l'autre. Leurs yeux non plus ne pouvaient pas se détacher. Chacun ôta le plus rapidement possible ses chaussures (l'hôte plus soigneusement que l'invité) et les vestes furent accrochées. Puis, ni une ni deux, leurs corps se serrèrent et leurs lèvres se rencontrèrent de nouveau, s'explorant avec une passion grandissante. Cela faisait une éternité qu'ils ne s'étaient pas embrassés avec un tel désir en eux. Les mains redécouvraient la figure qui se tenait en face, appréciant chaque courbe et chaque angle sous les plis de leurs vêtements.
Phoenix rompit leur embrasse, tirant Benjamin jusqu'aux escaliers et montant précipitamment comme un enfant impatient. En râlant, le procureur suivit, prenant soin d'allumer la lumière avant que l'un des deux ne tombe. Cela faisait une éternité que Phoenix n'était pas venu dans cette demeure, encore plus longtemps qu'il n'avait eu le plaisir de se rendre dans la chambre principale. Et pourtant, il n'avait sûrement pas oublié où elle se trouvait. Une fois que Benjamin l'eut rejoint sur le palier, il reprit sa main et le tira une dernière fois en direction de cette pièce convoitée.
Le matelas prenait la forme de leur corps, ondulant l'un contre l'autre. Leurs mains, leurs hanches et leurs bouches cherchaient désespérément le moindre contact, ne se séparant que pour ôter ces vêtements qui devenaient de trop. Leurs respirations étaient lourdes, les bouches entre-ouvertes buvant soupirs et gémissements de leur amant. Plus les secondes passaient, plus leurs gestes et leurs attentions étaient maladroites, les manches des chemises et les jambes des pantalons se retirant péniblement. A chaque couche retirée, mains et yeux et bouches parcouraient ces peaux dévoilées, ardentes, désireuses et frémissantes.
Une fois nus, tous deux se trouvaient étendus sur leurs côtés, enlacés et redécouvrant leurs corps. Ils étaient plus lents, s'embrassant tendrement et laissant leurs paumes et leurs doigts caresser hanches et cuisses. Les muscles roulaient sous les douceurs, se tendant puis se relâchant dans un frisson. Leurs peaux commençaient à être moites, quelques mèches de cheveux en bataille collant à leurs fronts et à leurs nuques. Quelques mots d'amour étaient glissés ici et là, chuchotés contre des lèvres qui ne pouvaient se déconnecter le temps d'une expiration. Leurs jambes et leurs bassins s'étaient emboîtés, quelques frictions satisfaisant ce désir grandissant sans pour autant précipiter cette intimité dont ils se languissaient. Phoenix donnait parfois quelques coups de reins un peu plus marqués, décrochant des grognements étouffés chez Benjamin qui ne manquait pas d'embrasser et mordiller sa mâchoire.
Par moment, ils prenaient du recul, prenant le temps d'admirer les yeux et le visage qui se tenait en face. Cet instant été réel, enfin. Et puis au bout de quelques secondes, les paupières se refermaient en même temps que l'espace entre leurs bouches.
Dans leur élan et par le fruit du hasard, Benjamin finit par se retrouver au-dessus de Phoenix. Le visage d'abord, puis le haut de son corps. Sa main gauche posée sur la joue de sa moitié alors que la droite serrait les draps soyeux. Lentement, ses lèvres quittèrent celles de son amant pour rejoindre son cou, longeant cette jugulaire qu'il sentait pulser sous ses baisers. Il continua son chemin sur sa clavicule puis son torse, y égarant sa langue et ses dents, respirant sa peau à chaque fois que cette poitrine matte se soulevait. Il donna quelques attentions à ces boutons rosés, mais guère longtemps, Phoenix n'était pas le plus sensible à cet endroit. Alors, il continua sa route, longeant cette ligne de poils bruns avant de ravir sa moitié. Sa respiration s'alourdit encore, sa poitrine se baissant et se soulevait au rythme des attentions de Benjamin, dévoué à son plaisir. Sucions et gémissements résonnaient contre les murs, entretenant leur désir grandissant.
Phoenix se redressa brièvement sur un coude, tendant l'autre main pour dégager ce rideau argenté qui masquait le visage rougit et concentré de sa moitié. Benjamin leva les yeux, regardant en sa direction tout en s'attardant en quelques attentions agiles et calculées, souriant en croisant la mine torturée de celui qu'il adorait. Phoenix jura dans un soupir puis laissa retomber sa tête dans ce coussin moelleux, ses hanches se soulevant et ses talons s'enfonçant dans le matelas malgré lui.
Après s'être perdu dans les caresses de Benjamin, leurs corps avaient retrouvé ce contact alors perdu. Enlacés et soupirants, le procureur s'était de nouveau retrouvé au-dessus de son amant, ses cuisses fortes encadrant ses hanches. Quelques tâtonnements ici et là, et voilà Phoenix jouant de ses mains et de ses doigts pour préparer sa moitié, déposant quelques baisers sur son épaule. Benjamin soufflait, voire grognait sous l'impatience, et Phoenix ne pouvait s'en lasser. Rapidement, son naturel taquin s'empara de lui, prolongeant et tentant volontairement un amant qui ne manqua pas de râler et de lui lancer des regards exaspérés. Finalement, il abandonna et accompagna Benjamin dans ses mouvements, une descente lente devenant des vas-et-viens frénétiques, leurs hanches travaillant ensemble pour célébrer leur union.
Finalement, les cuisses de Benjamin avaient cédé sous ces efforts qui ne lui étaient peu naturels. Incapable de maintenir leur rythme ainsi, Phoenix avait repris le dessus, roulant et posant le bassin de Benjamin sur ses cuisses. Ses mains empoignaient ses hanches, le maintenant ainsi pour reprendre leur frénésie, chaque coups de reins les rapprochant peu à peu de la félicité. Les corps se tendaient, les muscles se crispaient, les mains se serraient et les doigts s'entremêlaient. Les grognements et les gémissements et les soupirs devenaient de plus en plus forts, les mâchoires tombant.
Leur passion s'acheva sur un claquement de hanches, Benjamin accueillant l'entièreté de sa moitié alors qu'il se perdait déjà dans les flottements de son orgasme. Les deux hommes respiraient fort, haletant après une étreinte aussi intense. Leurs esprits étaient flous, perdu dans ce frontière floue entre plaisir et retour à la réalité. C'était toujours une sensation particulière, rendant les corps et les paupières lourdes en un instant…
Ou parfois, il réveillait des émotions qui avaient été contenues. Toujours agenouillé face à sa moitié, Phoenix ne pu retenir les larmes lourdes et chaudes qui s'accumulèrent sans crier gare dans ses yeux, roulant inexorablement sur ses joues. La réalisation de ce qui s'était passé ces derniers jour venait de le percuter. Il avait beau essuyer ses yeux du talon de ses mains, les sanglots ne s'arrêtaient pas. Soudainement, il prit une inspiration profonde, tremblotante. Cette expiration inattendue interpela Benjamin qui dégagea enfin son bras de devant ses yeux, forçant sur sa vue pour lire ce qu'il se passait sur le visage de son compagnon. Le procureur tendit le bras pour fouiller de nouveau dans sa table de chevet, y retirant un mouchoir en tissu pour essuyer ce qui menaçait de tâcher ses draps. Puis, il se redressa sur les coudes, reculant son bassin pour s'asseoir doucement. Il posa sa main sur une de Phoenix, la serrant doucement.
« Ca ne va pas, Phoenix ? Demanda-t-il, son pouce dessinant des cercles au-dessus de sa main.
- S-si si… C'est juste que je commence à réaliser et ça sort tout seul. »
Benjamin écarta doucement les bras, invitant sa moitié sanglotant à se lover contre lui. Phoenix n'hésita pas longtemps, nichant son visage contre sa clavicule et passant ses mains dans son dos. Le procureur caressa entre ses omoplates et l'arrière de sa tête. Contre sa peau, il sentait le souffle saccadé de Phoenix et ses larmes dévaler ses joues. Ils restèrent ainsi un moment – de longues minutes – dans le noir et le silence.
Finalement, les deux hommes avaient fini par s'allonger. Ils étaient toujours l'un contre l'autre, couchés sur leurs côtés. Les pleurs s'étaient calmés d'eux-mêmes, mais Phoenix était resté niché contre son compagnon, le regard hagard. Benjamin continuait de balader sa main le long de son dos, le gardant contre lui le temps qu'il fallait. Parfois, son autre paume s'attardait sur son visage, à la recherche d'éventuels pleurs.
« Il a tué le père de Vérité. »
C'étaient les premières paroles qui quittèrent ses lèvres, sa voix s'enrouant légèrement sous ce mélange que formaient la colère et le chagrin. Benjamin ne put retenir un « hm ? » de surprise, ses sourcils se fronçant légèrement et sa main cessant ses caresses. Phoenix pris une grande inspiration, humant l'odeur réconfortante de son compagnon, puis il expira par la bouche en se redressant.
Benjamin se repositionna légèrement, suffisamment pour pouvoir le regarder dans les yeux. De la maigre lumière qui passait par la grande baie vitrée de la chambre, il parvenait à distinguer quelques larmes qui menaçaient de nouveau de lui échapper.
« Enzo Gomez… Il était le père de Vérité. Et Kristoph…
- Il aura le jugement et les sanctions qu'il mérite. Je te le promets, coupa Benjamin.
- Je sais. Mais… Je ne sais pas comment lui dire. Il lui avait promis de revenir, il n'a pas eu le temps. J-je n'aurai jamais dû le laisser seul dans ce sous-sol… !
- Phoenix. Regarde-moi. »
Benjamin se redressa également, se penchant pour allumer la lampe de chevet. Il se tourna de nouveau vers Phoenix, ses yeux ne quittant pas les siens. Il croisa les bras puis reprit :
« Ce n'est pas toi qui doit se sentir responsable de cet incident. Kristoph Gavin a porté le coup. Qui aurait pu savoir qu'il serait capable d'aller aussi loin simplement pour te faire tomber encore plus bas ?
- N'empêche…
- Non. Tu sais à quel point je me sentais responsable du décès de mon père, d'avoir ne serait-ce que blessé von Karma et ouvert la porte de l'ascenseur en lançant l'arme qui se trouvait à mes pieds. Toutefois, au final, c'est von Karma qui a tué mon père. Pas moi, sourit Benjamin en décroisant ses bras et posant ses mains sur les joues de Phoenix. C'est même toi qui m'a appris à comprendre ce qu'il s'était passé ainsi et de ne pas me laisser déborder par les regrets. Je souhaite que tu t'appliques la même logique, d'accord ?
- … Tu as raison. Excuse-moi. Je… Je vais y travailler, répondit-il, se mordant la lippe nerveusement.
- Ne t'excuse pas. Tu restes humain et tu n'est pas parfait. Je suis là pour t'aider aussi.
- Merci Benjamin. » Sourit enfin Phoenix, dégageant les franges de Benjamin derrière ses oreilles.
Ils se regardèrent un instant, appréciant la vue sereine et rassurée de l'autre. Ils échangèrent un baiser tendre, plein de gratitude et de promesses pour l'avenir. Mais rapidement, cette embrasse délicate pris une autre tournure quand un Phoenix requinqué saisit les poignées de Benjamin, le plaquant sur le dos dans son élan. Il se recula légèrement, appréciant la vue de son compagnon rougi et surpris – une vue dont il ne se lasserait jamais d'ailleurs.
« Tu sais quoi ? J'ai tout le temps d'y penser plus tard. Maintenant, le temps est aux célébrations !
- Phoenix Wright, si tu fais la moindre marque– Phoenix ! »
