Disclaimer : Un grand merci à Jk. Rowling
Le nom d'Amy appartient à Ellana-san , Sisi j'vous jure.

Rating M pour la singulière présence de lemons, de maltraitance et plus si affinité

Synopsis : Et si quelqu'un lui avait tendu la main? On parle souvent de nos héros gryffondors mais moins du vil Servilus qui a vécu sa vie et est mort en paria. Pendant sa scolarité, il va recevoir de l'aide d'amis jusque-là insoupçonnés

Pour les besoins de l'écrivaine, Lucius et Narcissa ont été rajeunis de quelques années et Bellatrix est devenu la dernière-née des sœurs Black. Pour le reste des personnages, la chronologie a été fidèlement respectée, bien que personne n'ait la date de naissance d'Alastor Maugrey, Mad-Eye Moody. L'histoire continuera bien après la scolarité des personnages, jusqu'aux films.

Edit du 28.05.21 : Enfin, nous l'attendions tous, la version définitive de tous les chapitres est arrivée, je vous conseille de jeter un second coup d'œil à l'histoire dès le premier chapitre, nous avons subi quelques changements notoires


The Encounter
There is nothing either good or bad but thinking makes it so ~ Shakespeare

Cette année, c'était une année importante, la cinquième année à Poudlard.
Le repas dans la grande salle était tout ce qu'elle avait toujours aimé. Ce n'était pas la nourriture exquise, les bruits incessants des couverts qui s'entrechoquent ou quand bien même les conversations pour le moins ennuyeuses des élèves qui l'entouraient.

Ce qu'elle préférait, c'était observer les personnes autour d'elle. A sa gauche était assise Bellatrix Black, une jeune fille magnifique ayant un grain de folie et un humour bien à elle. Pour elle, Bellatrix avait toujours été d'un grand réconfort. Quand elle se demandait si elle n'en viendrait pas à perdre la raison dans cette école de fous, elle se rassurait en regardant sa compère et songeait que tant qu'il y aurait pire qu'elle, il n'y aurait pas encore de soucis à se faire. C'était sa folie qui rendait la coquette brune si belle, lui accordant un air sauvage et indomptable. Elle était d'une élégance sans nom pendant un duel, virevoltant encore et encore, assurément bénie par ses ancêtres d'une grâce digne des plus grands ballets russes.

A côté de Bellatrix se trouvait sa sœur, Narcissa. Une femme d'une beauté époustouflante mais d'une beauté si froide. Elle n'avait ni la personnalité chaleureuse -et bien qu'un peu tordue- de Bellatrix, ni son charme outrageant, d'ailleurs souvent synonyme de toute poitrine dehors. M'enfin, chacun pouvait bien mener sa vie comme il l'entendait. La vision d'un sein au petit déjeuner se baladant seul -bien qu'évidemment rattaché la plupart du temps à un buste- sur la table n'avait à priori jamais tué personne. Voyez-vous ? L'on pourrait parler de Bellatrix pendant des heures tant sa tendance à attirer toute l'attention était singulièrement chronique. La comparaison étant des plus criarde et évidente, on ne cessait d'évaluer d'un œil critique les différences notoires entre l'insipide Narcissa, reine des glaces maquillée d'un masque perpétuel d'une neutralité absolue, jeune poupée de porcelaine sans âme ni émotions à sa flamboyante et passionnée petite sœur. Foi de serpentard, aujourd'hui, elle observait. Et aujourd'hui, il n'y avait rien d'intéressant à lorgner.

Une étrange atmosphère semblait s'étendre sur les maraudeurs et leur entourage. C'était ainsi qu'ils se faisaient appeler. Un groupe de son âge susceptiblement et uniquement hérissé de gryffondors, et pas des plus fins. Lupin à la rigueur semblait être un garçon charmant mais trop effacé pour s'opposer à ses amis, un garçon pathétique somme toute. Pettigrow était pour sa part littéralement dénué de charisme et à l'inverse de Lupin il était le premier à suivre ses amis dans leurs phases récréatives. Black et Potter, en revanche étaient étonnants. Black ou comment mêler sang-pur et stupidité ou bien Potter, comment mêler arrogance et lourdeur.

Aucun des membres de ce groupe ne méritaient en soi de la considération. Lou remarqua malgré elle le soudain intérêt des adolescents pour Severus Snape, débordants de rage. Une journée qui commençait comme les autres, finalement. Sauf qu'elle commençait avec des mains poilues comme celles d'un orang outan pour James Potter. Quel poison ou autre excentricité pouvait donc être à l'origine de cette métamorphose ? Elle devait absolument en trouver la recette, c'était assez brillant, peut-être qu'en changeant l'endroit où les poils devaient apparaitre il serait possible de transformer le visage de quelqu'un ou de…

« Salut Lou, bien dormi ? Je ne t'ai pas vu ce matin dans le dortoir, je t'ai cherché dans la salle commune »

Elle lui lança un regard lourd de sens et se laissa tomber sur le banc à côté d'elle.

« Mhrm » répondit Lou en reprenant une lampée de son chocolat chaud matinal, issu d'une lutte hors d'haleine avec de féroces elfes de maison

Ah, Amy. Amethyste Jones. Elle était splendide avec ses cheveux de jais bouclés qui ondulaient le longs de ses épaules, le long de ses bras à chaque fois qu'elle faisait un mouvement pour se servir.

Amy... A chaque fois qu'elle finissait de beurrer ses tartines elle lançait un regard circulaire sur la salle pour s'assurer vainement que le monde n'allait pas exploser dans la minute qui suivrait. Puis elle faisait finalement honneur à sa tartine. Elle lui faisait honneur car manger ne suffirait pas à décrire cet élan de grâce et de tendresse qu'elle insufflait dans le mouvement de son poignet pour se saisir de celle-ci, ses lèvres venant tendrement se poser sur la tartine puis de croquer doucement avec le bout de ses dents, comme pour ne pas lui faire de mal…

Si Poudlard était un château alors Amethyste en était la princesse. Il était facile de se perdre dans sa contemplation, elle était plus fascinante encore que les cours de duels, de métamorphose ou de quidditch. De la sagesse émanait d'elle par vague, quoi qu'elle fasse. Elle était calme, gentille et toujours adroite. A l'instant, elle faisait de grands gestes sûrement pour énoncer ses propos...

« - Lou ça percute ? dit-elle en haussant la voix
- Pardon tu disais ?
-
Je te demandais si tu avais fini ton devoir de potion à rendre pour aujourd'hui, on devait améliorer une potion et en recopier les étapes ! »

« Ah ça, je l'ai terminé jeudi quand on était à la bibliothèque tu te souviens ? Pas besoin de s'énerver tu vois ? » dit-elle en lui tirant la langue de manière plus que puérile

« Rappelle-moi ton âge une seconde ? Tu es irrécupérable. Finis ton chocolat au lieu de rester la bouche ouverte, si tu me mets en retard encore une fois je te jure que Brûlopot te retrouvera enfermée dans une cage !»

« Le professeur Brûlopot ma chère Amy » énonça-t-elle comme une vérité absolu

« Je ne te permets pas de me corriger sur une chose aussi futile, si jamais…»

« Ah Miss Jones bien le bonjour, vous virez rouge… Un problème ? » la harangua le professeur Brûlopot, en charge de la matière Soins aux Créatures Magiques

« Oui professeur, veuillez me pardonner » dit-elle en s'étouffant peu dignement avec sa tartine

« Il n'y a rien à pardonner à une élève aussi douée, à vrai dire j'étais en quête de Miss Rosenwald, un sombral s'est échappé de l'enclos et je comptais sur vous pour le ramener vers la cabane du garde-chasse si jamais vous l'aperceviez » énonça-t'il à l'attention de la blondinette

« Bien-sûr professeur, vous pouvez compter sur moi » récria Lou d'un air faussement théâtral au jeune professeur

« Je n'en attendais pas moins, ne soyez pas en retard à vos cours. Mademoiselle la préfète » laissa-t'il en suspension pour saluer Amethyste
Une fois que le professeur fut parti, Amy lança un de ses regards noirs à Lou.

« Tu aurais pu me prévenir ! Oh, on va encore être en retard à cause de toi » grommela Amethyste dans sa barbe inexistante

Plus tard dans la journée, alors que la nuit commençait à s'étendre, Lou entendit des sons étranges provenant d'un couloir à priori vide. Friande d'aventure, elle s'approcha des murmures et trouva une baguette par terre, probablement de l'orme ou de l'ébène. En avançant un peu elle reconnut un serpentard ligoté au sol. Après un finite incantatem, il lui arracha brutalement sa baguette des mains, manquant au passage d'impétueusement déchirer ses robes.

« Evidemment, au sombral maigre vont les mouches ! J'ai envie de leur enfoncer leurs balais dans le derrière à vif tiens ! Ça suffit, j'en ai ras le chaudron. Si j'en choppe un je le dépèce vivant, je le fais frire et je l'enterre sous la fausse à purin dans la douillette préférée de Dumbledore ! » cria t'elle en protestation, à moitié pour dédramatiser et surtout pour tâter l'étendue de l'humiliation sur le moral de son amé

« On s'allie, et on s'les fait » ajouta t'elle d'une voix plus posée avec un sourire qui se voulait tentateur

Il grogna d'un air menaçant et essuya d'un revers de manche le sang qui dégueulait de son nez avec frénésie.

« …'as besoin d'aide, va te faire foutre Rosenwald » gronda t'il juste avant de prendre conscience de ses jambes engourdies

Nullement impressionnée, elle lui tendit la main pour l'aider à se relever et non sans méfiance il accepta. Par dépit, cela vas s'en dire. Lou eut une impression de Déjà vu, à raison bien-sûr…

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C'était en septembre 1973. Les vacances d'été dans son orphelinat moldu n'avaient pas été de tout repos et cette année elle avait découvert qu'être une sorcière n'essuyait pas tous les maux. Certes, elle avait été très heureuse en apprenant qu'elle était une sorte de magicienne quelques années plus tôt, son orphelinat un peu moins.

Après un incident aux circonstances quelque peu démesurées qui n'était après tout qu'à un quart de sa faute même si l'on se dénudait de toute mauvaise foi, elle avait gardé la tête haute, le menton levé et n'avait pas pleurniché.

Après tout, les adultes ne pleuraient jamais, eux.

Le lendemain elle avait pu prendre le train à Kingcross en direction de Poudlard. Elle était arrivée à son refuge, Amy l'avait serré dans ses bras mais rien n'y faisait, elle devait avoir quelques maigres soucis de côtes et ressentait la brûlure mordante des hématomes s'évertuant à la faire chavirer. Quelques plaies aussi, mais elle les rehaussait fièrement au statut de blessures de guerre.
Et puis, la douleur était minime.

La souffrance que lui infligeait sa vielle carcasse en revanche ne l'était pas et elle s'était réfugiée sous un évier de la salle d'eau de serpentard. Vautrée dans un espace qui ferait piètre figure face à une boîte à chaussure, elle s'essayait au pragmatisme. Lou avait lu beaucoup de choses sur les sortilèges capables de refermer les plaies, elle avait emprunté un baume à Bellatrix pour les contusions mais restait le problème des os. L'un deux devait indubitablement être fêlé. Elle ne saurait pas se lancer un sortilège suffisamment puissant pour ressouder un os, du moins il ne lui viendrait nullement à l'esprit d'inaugurer sa première tentative sur son propre corps.

Merlin merci, elle n'était pas encore tout à fait cinglée. La petite blonde frisée aux yeux ambrés était perdue dans ses pensées quand elle entendit la porte des toilettes s'ouvrir dans un grincement. Elle n'avouerait sûrement pas sa faiblesse devant quelqu'un, encore moins devant un adulte !

La jeune fille se cacha donc dans un petit placard qui n'avait rien à envier à sa première cachette en dessous du dernier évier à sa droite. Des bruits de pas lui indiquèrent que quelqu'un était entré et à en juger par le son des vêtements froissés, s'était assis par terre. Elle voyait, par un petit trou que c'était un garçon de sa promotion, Snape.

Jamais ne lui avait-elle adressé un mot, une parole. Ce garçon taciturne, toujours de mauvaise humeur, n'avait pas semblé une seule fois apprécier sa compagnie. Grand bien lui en face, elle savait pertinemment quand laisser quelqu'un seul avec ses pensées, étant elle-même une amoureuse notoire du silence, très loin des possibles caqueteries omniprésentes d'une école bouffie d'adolescents prépubères.

Dans l'épaisseur des ténèbres qu'elle arrivait tout juste à discerner depuis son minuscule judas d'infortune, Lou put observer un garçon défait, prostré au sol, semblant en grande peine. En se déplaçant de quelques millimètres elle le vit tout tordu, écrasé sur lui-même, compressant de ses bras son corps frêle, au bord des larmes.

Elle entendit un son qu'elle crut imaginer, puis un autre, le garçon gémissait, ses gémissements se transformaient petit à petit en pleurs. Sans trop savoir pourquoi son cœur se serra si fort qu'il lui devint impossible de penser. La blondinette ouvrit doucement la porte de son placard et leva la main droite en signe international de non-agression, si haut que la douleur dans son vieux squelette se raviva, lui coupant momentanément la respiration. Elle toussota un instant avec la vive impression de cracher ses poumons, qu'elle se serait volontiers mise à chercher à tâtons sur le sol si seulement les circonstances avaient été plus propices…

En le regardant de plus près, elle songea que prendre le jeune homme qu'elle avait en face d'elle avec des pincettes ne servirait à rien, et s'élança comme un hippogriffe au pas de charge.

« Tu souffres n'est-ce pas ? J'ai un baume et de l'essence de dictame, mais je ne peux pas me lancer de sortilège pour réparer en profondeur. Faisons un marché, tu m'aides à lancer le sort et je te prête mon matériel, deal ? »

Abruti par la douleur, Severus Snape hocha la tête et gémit une nouvelle fois plus qu'il ne donna sa réponse. Lou lui enseigna le sortilège, une boucle en haut puis une boucle vers le bas, comme la lettre L en cursive, puis en dernier la formule, svetsa, en deux syllabes distinctes sans liaison avec le son ə sur la seconde, se demandant si venait là sa dernière heure. L'inconscience de la jeunesse lui épargna bien des troubles, tandis qu'un peu tremblante, elle lui confia littéralement un bout de son corps. Après tout, supposa-t-elle avec l'éclat d'une enfant de douze ans et demis, il ne pourrait rien arriver de grave s'il se loupait… Enfin, à sa connaissance…

« Je vais compter jusqu'à trois et tu lanceras le sort d'accord ? Un… Deux…. Trois »

Elle avait mis son poing dans sa bouche au cas où la douleur serait trop forte pour ne pas se mordre la langue, la douleur était plus forte que tout ce qu'elle avait imaginé. Snape avait eu le bon réflexe un peu plus tôt en lançant un sortilège empêchant quiconque d'entendre la conversation. Elle hurla de toutes ses forces, se laissant choir à même le sol. Quelques larmes perlaient sur ses joues. Après quelques minutes elle se calma, leva les bras pour vérifier que ses côtes étaient à nouveau en l'état – et pourraient passer le contrôle technique, puis observa le jeune homme en face d'elle, il avait l'air terrorisé. Elle rajusta le débardeur qui lui faisait office de pyjama et lui lança un regard compatissant.

« Le sort fait mal sur le coup, mais maintenant je n'ai plus mal, regarde »
Elle fit de grands gestes pour illustrer ses propos.

« Si tu en as besoin, je peux le lancer à mon tour, je suis disponible jusqu'à… »

Elle lança un rapide tempus et le lorgna d'un air moqueur.

« … demain matin six-heures trente-cinq, c'est à prendre ou à laisser »

Le garçon n'avait pas l'air de vouloir saisir la perche gracieusement tendue… très bien, qu'il fasse sa fiole à deux anses, elle n'avait aucune envie de lui courir sur la marmite ! Mais il venait de l'aider, elle n'allait tout de même pas s'enfuir comme une lâche au moindre contretemps...

« Si tu préfères tu peux aller à l'infirmerie pour qu'on te donne du pousos, je pense que c'est moins douloureux. Mais si tu veux que je m'en occupe il faut que tu me dises à quel endroit tu as mal »

« Je ne te fais pas confiance » répondit-il de but en blanc, son regard plus sombre que du charbon ardent

Lou le dévisagea un instant et prit la parole.

« Moi, je te fais confiance, peu importe ce que tu diras. Tu ne t'es jamais moqué de moi et tu n'as jamais fait de mal à Amy, j'en déduis donc que tu n'es pas quelqu'un de foncièrement mauvais. Alors c'est comme tu veux, je m'en occupe ou alors tu peux aller voir madame Pomfresh, mais elle risque de te poser des questions gênantes auxquelles tu ne voudrais pas répondre »

Severus Snape réfléchit un instant, son raisonnement était plutôt bon. Il n'irait pas voir Pomfresh pour ne pas attirer l'attention sur lui, et jamais il ne serait prêt à montrer ce… contretemps à Lily Evans, sa meilleure amie, celle-ci ne comprendrait pas de toutes façons. Il imaginait déjà le regard emplit de pitié qu'elle lui lancerait. Cette fille lui inspirait confiance.

Du moins c'était un bien grand mot.

« C'est d'accord, vas-y. Mais si tu essaies de me tromper souviens toi que je connais des maléfices dont tu n'as aucune envie d'entendre parler. C'est une côte à droite au-devant de la cage thoracique, la troisième en partant du haut »

Lou souffla un instant, elle était plutôt contente qu'Amy ait pu échapper à cette épidémie de problèmes de côtes. C'est vrai quoi, ces petits choses étaient si fragiles, il suffisait d'un rien pour qu'elles se déplacent, se fissurent ou se cassent. C'en était à se demander comment elles tenaient toutes seules sans tomber !

Elle était baguette levée devant lui, prête à lancer le sortilège quand à la dernière seconde quelque chose attira son attention :

« Il faut que tu te mettes quelque chose dans la bouche, sinon tu pourrais te mordre la langue et je ne sais pas s'il existe un sortilège pour recoller les membranes »

Le garçon obtempéra malgré un frisson désagréable, de toutes façons il n'y avait pas matière à discussion.

« Il est impératif que tu respires, si ta respiration se bloque tu pourrais être en état de choc et ne pas t'en sortir. J'y vais, tu comptes »

« Un.. Deux… Tro.. »

Comme Lou, le garçon hurla, se demandant comment elle avait fait pour un jour retrouver son calme. Ça faisait mal, une larme d'injustice ruissela sur sa joue pour venir échouer sur… Les bras de la jeune fille. Sans qu'il ne s'en aperçoive elle l'avait pris dans ses bras et le berçait. Il faisait chaud dans ses bras, comme une litanie elle répétait des choses douces pour l'apaiser, c'était souvent des choses sans queue ni tête mais cela marchait et il se sentait rassuré. Parfois elle desserrait un peu sa prise pour l'enlacer autrement, veillant à ne pas appuyer sur ses hématomes. Ses gestes étaient tendres, comme ceux d'une mère ou d'une sœur. Il était enfant unique et sa mère ne l'enlaçait plus. Ce ne fut que le temps de trois ou quatre secondes, mais une vague de chaleur traversa son cœur. La colère enflamma son être tout entier pour s'être laissé aller et il se dégagea d'elle d'un geste nerveux.

Hors de lui il la dévisagea, pensant trouver sur son visage un rictus moqueur énonciateur d'une tirade railleuse. Rien ne vint, et ce qu'il vit le troubla. La jeune fille regardait sans voir, ses yeux étaient un peu vitreux, elle semblait fixer un point imaginaire au-dessus de son épaule. Ç'eut le don de la sortir de ses pensées et elle lui sourit.

C'était un vrai sourire, irradiant de tendresse. Malgré lui il glissa nébuleusement hors de son irascibilité pour lui rendre un regard, gêné.

Elle s'assit sur ses genoux et attrapa quelque chose dans sa besace.

« Maintenant, la partie la plus facile. Tu dois avoir des hématomes, montre moi je vais te mettre du baume »
Severus tiqua. Il ne lui montrerait sûrement pas son dos, c'était indécent. C'était même une honte, personne ne l'avait vu.

« Je peux bien le faire tout seul » cracha t'il la mort dans l'âme en rassemblant ses affaires

Lou eut un regard triste et il eut au moins la grâce de paraître embarrassé.
« Si tu peux le faire tout seul je te laisse le faire. Peux-tu au moins juste m'aider ? Il est difficile de s'en mettre seul »

Severus acquiesça. De toute façon, c'était de bonne guerre. Sans un mot, elle lui colla le saint graal dans les mains puis alla s'assoir plus loin. Elle se plaça dos à lui et retira délicatement son débardeur. Elle avait l'air fragile et recroquevillée sur elle-même, elle paraissait bien plus jeune.

Il prit son courage à deux mains, le baume par la même occasion et commença à l'appliquer sur les hématomes qui recouvraient ses omoplates et le haut de son dos. Elle frissonna sous son contact mais ne dit rien. Une fois le travail fini elle remit son débardeur et le questionna du regard.

« C'est ton dernier mot ? » lui demanda-elle avec des yeux brillants

Qu'est-ce qu'elle attendait au juste avec ses yeux de merlan frit, qu'il lui offre une douceur au citron ?
Il grogna, ce qu'elle prit pour une réponse positive. Il retira à son tour son t-shirt et se tourna. Elle faillit défaillir en voyant les marques laissées sur son dos, pendant qu'il resserrait ses poings avec une force d'outre-tombe.

« Je dois refermer les plaies d'abord, ça ne prendre qu'une seconde »
Elle lança un tergeo pour nettoyer les plaies, puis appliqua de l'essence de dictame pour les refermer. Il se retourna.

« - D'où connais-tu des sors de soin ?
- J'ai une amie qui adore faire des recherches, c'est son passe-temps. C'est Amy qui me l'a montré, Amethyste Jones.
- C'est ton amie ?
- Évidemment, comme toi tu es ami avec Evans » déclara-t-elle en souriant

« Ça te pause un problème » énnonça-t'il, arquant un sourcil pour l'intimider

« Non, ça ne me concerne pas, elle a l'air gentille »

Cette réponse sembla le satisfaire et il lui tourna à nouveau le dos. Elle termina son travail puis se leva en époussetant son pantalon troué.
« - Amis ? appréhenda-t-elle en tendant la main
- Alliés » répondit-il sûr de lui
Il prit sa main pour s'aider à se relever.


Voilà pour ce premier chapitre (corrigé). J'espère qu'il vous aura plu, à bientôt et n'oubliez pas les reviews c:

Avec toute ma gratitude, Onomil.