Epilogue :

L'église abandonnée était agréable en cette belle et chaude journée d'été. Un vent frais secouait les arbres et les champs autour, portant une délicieuse odeur de foin alors que la pierre irradiait d'une fraicheur bénite en ces temps de canicules.

Comme il y avait si longtemps de cela, Belzébuth attendait assis sur l'autel, Dagon et Hastur debout près de lui, alors que se tenant à une distance raisonnable, Sandalphon et Michael échangeaient des messes basses.

- - Ils sont en retard, grogna Dagon, fatiguée d'attendre.

- - Pff, de la part d'un pitoyable traitre… grogna Hastur.

Mais il fut coupé par un ronflement puissant à l'extérieur et des crissements de pneu sur le gravier qui avait autrefois constitué le parvis de l'église. Ensuite, après presque une minute d'attente silencieuse, il y eut des bruits de pas puis les portes de bois, dont l'une était déjà en partie arracher, s'ouvrirent, laissant apparaitre les deux traitres.

Le Démon Rampa avançait le premier, irradiant de colère et de force, fallait-il l'admettre. Michael, qui ne croyait jusqu'alors pas le récit de son frère, se sentit frémir sous le poids de l'aura. Et dans une débauche vulgaire, leur ennemi ne masquait rien de sa puissance nouvelle. Il portait toujours un costume sombre, et ses lunettes de soleil. Inchangé malgré les épreuves.

Ce n'était pas le cas de l'Archange qui le suivait, serrant presque désespérément la main du Démon. La petite femme semblait aussi faible que Rampa semblait fort. Son nouveau vaisseau, engoncé dans un tailleur démodé mais pas dénué de charme, était intéressant et Hastur, qui avait été parmi ses tortionnaires, imagina immédiatement mille et un tourments nouveaux pour elle.

Les deux traitres s'arrêtèrent au bout de l'allé, à quelques mètres des autres personnes présentes et pendant un long moment, personne ne parla, jaugeant l'autre du regard avec méfiance, redoutant ce qui pouvait être un piège.

Puis enfin, Belzébuth parla, agacé de perdre son temps sur Terre :

- - Nous sommes ici pour signer un pacte de non-agression, reprit-il en faisant apparaitre un parchemin devant lui.

Sur son exemple, Michael fit de même, tirant de sa veste de costume impeccable une liasse de feuille pliées en trois. Les deux parties se tournèrent vers le dernier camps et Aziraphale, qui était resté en partie cachée derrière Rampa, se racla la gorge et le dépassa d'un pas, gardant le contacte entre son dos et lui.

Elle tenait déjà contre son ventre son propre exemplaire. Les papiers, magiques, avaient permis de transmettre directement ses modifications aux autres camps. Et il avait fallu du temps pour que tous se mette d'accord sur leurs contenus.

Comme Rampa, elle avait été surprit de recevoir cette proposition de paix, non seulement avec le Ciel, mais aussi avec l'Enfer. Aziraphale s'y était attendue de la part de ses anciens patron parce qu'enfin, elle était devenue Archange par Sa volonté et que le Ciel ne pouvait renier Dieu. Néanmoins, l'Enfer s'y était joints, sans doute par crainte de voir les deux autres camps s'unirent contre eux. Une close à cet effet avait même été ajouté, garantissant la neutralité de chacun en cas de conflit.

Et il avait fallu encore plus de temps pour qu'ils acceptent la rencontre, certainement pas prêt à faire face à leurs anciens bourreaux. Aziraphale qui se sentait glacé de terreur notamment, alors que Rampa n'était que colère, surtout lorsqu'en arrivant au lieu décidé, il avait reconnu l'église où tout avait commencé.

Belzébuth sauta de l'autel et posa son exemplaire sur la pierre, imité par Michael. Une fois encore, ils se tournèrent vers Aziraphale qui déglutit, immobile et tremblante. Les Démons sourire de joie malsaine en reniflant sa peur, et Hastur se permit même un petit rire moqueur.

- - Ca, un Archange ? Se moqua-t-il.

Comme un électrochoc, alors que Rampa frémissait de colère, le poids de son pouvoir s'accentuant encore, Aziraphale se redressa, fixant le Duc de l'Enfer en fronçant les sourcils. Et soudainement, venant contrebalancer l'aura du Serpent, la puissance du Gardien d'Eden rayonna, forçant Belzébuth et ses subalternes à détourner le regard, gênés.

Les représentants du Ciel eux-mêmes grognèrent. Déjà mal à l'aise avant, ils durent plisser les yeux pour ne pas dévier le regard. Sandalphon allait parler, souligner toute l'impolitesse d'un pareil acte mais un coup de coude de la part de Michael le fit taire. Sa sœur semblait… compréhensive vis-à-vis d'Aziraphale.

Devant l'autel, le jeune Archange prit le temps de parcourir rapidement les deux autres exemplaires, s'assurant qu'ils étaient conformes à ce qui avait été accepté puis enfin, tirant un stylo-plume de sa veste, elle les signa tous avant de reculer pour rejoindre Rampa.

Belzébuth ne prit pas autant de précaution, signant du bout du doigt en lettre de sang à son tour. Puis ce fut à Michael, qui en profita ensuite pour récupérer son exemplaire. Après une hésitation, elle ramassa aussi celui d'Aziraphale pour le lui rapporter, tournant sciemment le dos aux Démons qui partaient déjà sans demander leurs restes, leur parchemin en poche.

Lorsque Michael lui tendis ses papiers, après une hésitation, elle annonça d'une voix neutre :

- - Cette paix ne durera pas. Il y aura la guerre un jour, quoique vous fassiez.

- - Nous seront prêt quand cela arrivera. Répondit Rampa en lui arrachant des mains leur exemplaire.

- - Si cela arrive, rajouta naïvement Aziraphale.

Michael tourna les yeux vers celle qu'elle devrait considérer comme une sœur maintenant, surprise, mais avant qu'elle ne puisse rajouter quoi que ce soit, le Démon lui prenait la main pour la tirer avec lui hors de l'église.

- - Au revoir, Michael. Fit-elle simplement, un sourire aux lèvres, en se laissant entrainer.

Sandalphon la rejoignit silencieusement. Il ne disait rien bien qu'il irradiait de mécontentement. Pourtant, Michael était trop perplexe pour le questionner là-dessus. Une pensée dérangeante faisait douloureusement travailler son esprit. Aziraphale ne semblait pas en colère, ne semblait pas leur porter rancune. Rien dans son aura, ses paroles ou le ton employé n'indiquait le contraire.

Le Pardon était Divin…

Se pourrait-il qu'Aziraphale… soit le meilleur des Anges ?

Fin.

Voilà, cette histoire est terminée.
Je n'ai pas eut de retour tout au long de la publication. J'espère qu'elle vous aura plut.
A+
BD