1

La douleur maltraite son corps tout entier. Le simple fait de respirer est une torture et les gémissements qui lui échappent se répercutent en échos autour de lui.

C'est à peine s'il est capable de se souvenir de son identité, ne peut se focaliser que sur la souffrance qui l'habite et qui le pousserait presque à appeler la mort de tous ses vœux.

J'ai mal… pourquoi est-ce que j'ai si mal ?

Sa mémoire rechigne toutefois à lui livrer la réponse, n'est plus qu'une page blanche qu'il pourrait fixer des heures sans y dénicher le moindre début d'indice.

Est-ce que je suis en train de mourir ?

Sans doute. Oui, il ne peut que se trouver à l'agonie pour souffrir ainsi. Et malheureusement pour lui, l'épreuve ne semble pas décidée à s'abréger.

Depuis combien de temps ce calvaire dure-t-il ? Quelques minutes ? Plusieurs heures ? Encore davantage ? Sa gorge est complètement desséchée et ses paupières sont comme soudées, incapables de s'ouvrir.

J'ai mal !

L'instant d'après, l'inconscience s'abat sur lui…

2

Quand il s'éveille à nouveau, la douleur est toujours là, mais elle a daigné se faire plus supportable.

Le corps frigorifié, il peut sentir comme une gêne au niveau de son dos – l'impression d'être couché sur des cailloux qui cherchent à lui rentrer dans la chair. Sa gorge est toujours aussi desséchée et, pour ne rien arranger, voilà qu'il a maintenant la nausée.

Sans oublier le mal de crâne de rigueur… !

Un gémissement lui échappe et ses paupières frémissent. Près de lui, il peut percevoir un sanglot. Étouffé. Douloureux.

— Loz… ?

Sa voix tient du murmure. Il entrouvre les paupières et découvre un plafond à moitié écroulé, par lequel il peut distinguer le ciel étoilé.

Où est-ce que je suis, exactement ?

Et qu'est-ce qu'il s'est passé ? Lui et ses frères, il s'en souvient maintenant, étaient à la recherche de leur mère…

Kadaj… est-ce qu'il ne l'a pas trouvée ?

Oui, c'est ça ! Kadaj est parvenu à lui remettre la main dessus. Mais il y avait ces Turks et…

Nous avons tenté de leur échapper, mais ils étaient sur nos traces… pas seulement eux, mais lui aussi… notre grand frère… alors, on a cherché à s'en débarrasser. Moi et Loz. Tandis que Kadaj prenait la fuite avec maman.

Mais ça n'avait pas fonctionné. Leur grand frère était parvenu à leur filer entre les doigts et eux…

Encore ces foutus Turks !

Oui, à cause de ces gêneurs, ils avaient sacrément dégusté. Mais il ne croit pas que la douleur qui le paralyse à présent soit leur œuvre. Même s'il a un peu de mal à s'en souvenir, il lui semble qu'ils sont parvenus à se remettre en route sur sa moto – celle de Loz n'étant à présent plus qu'une carcasse.

Et puis, il a commencé à pleuvoir.

Un phénomène qui rongeait le corps. Ils avaient poursuivi leur route malgré tout, désireux de retrouver Kadaj, d'avoir eux aussi une chance d'accomplir leur Réunion. Mais quand ils étaient arrivés, tout était déjà terminé. Leur frère avait rejoint la Rivière de la Vie et il ne restait plus aucune trace de leur mère. Quant à eux…

Quant à nous, on devrait être à ses côtés en ce moment.

Seulement, il semble que la vie en ait décidé autrement. Un bien drôle de cadeau au vu de l'épreuve qu'il est en train d'endurer. Et puis, surtout…

Je n'ai jamais demandé à survivre !

Près de lui, les sanglots se poursuivent. Il est certain qu'il s'agit de Loz. Il était avec lui, à ce moment-là, et pour qu'il pleure de la sorte, c'est qu'il ne doit pas être plus en forme que lui.

— Loz ? répète-t-il, un peu plus fort cette fois.

Les pleurs se calment, mais ce n'est que pour permettre à leur propriétaire de bredouiller :

— Ya… Yazoo ?

Et dans sa voix, de la détresse.

Non sans difficulté, Yazoo parvient à bouger sa main; palpe l'espace près de lui, jusqu'à trouver celle de Loz. Contrairement à la sienne, la main de son frère est bouillante sous le gant qui la recouvre. Il tente de la serrer, mais manque de force et sent une douleur terrible lui remonter le long du bras. Il se mord la lèvre, ferme les yeux et reste un moment sans réaction, comme assommé.

Quand il reprend pied avec la réalité, Loz serre sa main dans la sienne et il a l'impression que celui-ci, par ce simple geste, parvient à lui transmettre un peu de sa chaleur.

— Loz… est-ce que tu peux bouger… ?

Un reniflement.

— Je sais pas… je… j'ai mal… j'ai mal partout, Yaz' !

— Moi aussi. Mais je n'ai pas envie de rester ici.

Disant cela, il libère sa main et parvient à rouler sur le flanc. De cette manière, il peut enfin voir Loz qui, couché sur le dos, a tourné la tête dans sa direction. Son visage est en sueur et ses larmes ont creusé des sillons dans la poussière qui noircit sa peau. La pièce, tout autour d'eux, est littéralement en ruine et l'effondrement de son toit n'a pas aidé à la rendre plus présentable.

— Essaye de te lever, dit-il en se redressant sur un coude.

Comme en protestation, son mal de tête s'aggrave, mais il n'est pas décidé à passer la nuit là. Non, il a trop froid, trop soif, et le sol jonché de gravas ne fait qu'ajouter à son inconfort. Il se sent épuisé, à deux doigts de l'évanouissement, et n'aspire donc qu'à trouver un coin un peu plus accueillant où s'étendre pour les prochaines heures.

Loz gémit et parvient tant bien que mal à s'asseoir. Puis il porte une main à son crâne douloureux, avant de jeter un regard paniqué autour de lui.

— Et 'daj, où il… ?

Le reste de sa phrase meurt dans sa gorge, comme le film des derniers évènements lui revient en mémoire. Son visage tout entier se crispe; donne l'impression qu'il va éclater en sanglots. Yazoo, qui est également parvenu à s'asseoir, vient lui poser une main sur l'épaule. Puis il se remet tant bien que mal sur pied, chancelle, manque de s'écrouler à nouveau, mais parvient de justesse à conserver son équilibre.

Blafard et le visage à présent couvert de sueur, il replie ses bras contre son ventre et courbe le dos en avant. La douleur a gagné brusquement en intensité, à tel point qu'il y voit trouble. La respiration hachée, il ferme les yeux, le temps que l'étourdissement passe.

Se remettant lui aussi debout, Loz renifle, essuie sommairement son visage encore ruisselant sur sa manche, avant de questionner :

— Tu veux que je t'aide à marcher ?

En réponse, Yazoo opine faiblement du chef et tend une main vers lui. Puis son bras passé autour des épaules de Loz, ils quittent la pièce à pas mal assurés, gémissant et trébuchant sur tout ce qui se présente sur leur passage.

Quand ils atteignent le couloir, celui-ci n'est éclairé que par quelques loupiotes encore alimentées en énergie Mako. La lueur qu'elles diffusent est toutefois insuffisante pour chasser les ombres qui, en maints endroits, se massent en un manteau opaque au cœur duquel le danger pourrait aisément se dissimuler.

— Où est-ce qu'on va ?

Yazoo secoue la tête. Contrairement à lui, Loz tient plutôt bien sur ses deux jambes et n'a donc pas besoin qu'on le soutienne pour se déplacer.

— Je veux juste… dormir.

— Tu trembles.

— On est à la Shinra, non… ? Il doit bien y avoir des chambres quelque part.

Ou même des canapés, des fauteuils, un tapis… franchement, pour l'heure, tout ça ne fait pas beaucoup de différence pour lui.

L'air pensif, Loz a froncé les sourcils. C'est la première fois qu'ils viennent ici, mais leurs esprits n'en sont pas pour autant vierges de tout souvenirs concernant l'endroit. Seulement, ceux qui habitent Yazoo ne leur sont pour l'heure d'aucune utilité.

Loz se révèle heureusement plus chanceux et c'est avec un sourire victorieux qu'il dit :

— Je crois que je sais où on peut en trouver !

3

Parvenir jusqu'à l'étage du SOLDAT n'aura pas été une mince affaire. Les réserves de Mako encore disponibles n'alimentant pas les ascenseurs, il leur a fallu prendre les escaliers – ce qui, au vu de leur état, s'était révélé une épreuve même pour Loz.

Ici, les dégâts sont bien moins importants que ceux de l'étage qu'ils ont quitté. Nombreuses sont les fenêtres à avoir été brisées mais, dans l'ensemble, et en dehors d'un peu trop de poussière, le tout est encore présentable.

Se traînant jusqu'à la chambre la plus proche, ils y pénètrent en tanguant et Loz, d'une main, cherche l'interrupteur de la lumière. Celle-ci n'est malheureusement pas alimentée non plus, aussi décide-t-il de laisser la porte de la pièce ouverte, afin de bénéficier de l'éclairage du couloir.

Arrivés au lit, ils s'y laissent tous deux tomber tête la première et ne bougent plus pendant de longues secondes. Puis Loz recommence à donner des signes de vie et, dans un grognement, roule sur le flanc. Sa main vient ensuite se poser sur l'épaule de Yazoo, qu'il secoue.

— Hé, ça va ?

Un faible gémissement lui parvient. Un peu inquiet, Loz s'assied et, oubliant ses propres souffrances, aide son frère à se retourner sur le dos. Puis il ôte l'un de ses gants et vient poser sa main contre son front. Pas de fièvre, mais il ne sait pas si c'est une bonne nouvelle tant le corps de Yazoo est glacial sous ses doigts. Son visage, son cou, et même ses mains, quand il entreprend de lui retirer ses gants, partout, il ne rencontre qu'une peau froide, comme si la chair qu'elle dissimule était déjà celle d'un cadavre. Alors qu'il lui enlève ses chaussures, il peut le voir frissonner, ce qui décuple son inquiétude. Il ne sait pas ce qu'il a, mais ça ne lui plaît pas du tout.

— Faut pas rester comme ça. Viens, on va se mettre sous les couvertures !

Disant cela, il trouve la force de se débarrasser également de ses chaussures, puis d'allonger convenablement son frère sur le lit. Quand il vient finalement s'étendre à ses côtés, il est épuisé et la douleur s'est faite de nouveau vive, le paralysant presque. Un gémissement lui échappe et il lui faut user de ses dernières bribes d'énergie afin de rabattre les couvertures sur eux, avant de fermer les yeux, sont front contre celui de Yazoo.

Pendant un moment, seules leurs respirations sont audibles. Les lieux sentent le renfermé et les draps dégagent une odeur de moisissure. Dans le couloir, la loupiote située juste en face de leur chambre grésille et faiblit. Elle semble sur le point de rendre l'âme, mais parvient finalement à retrouver sa clarté, bien qu'elle clignote de temps à autre.

Un froissement. La main de Yazoo se tend vers Loz, cherche sa chaleur et le reste de son corps ne tarde pas à se coller au sien. D'un bras, Loz le serre mollement contre lui, peut sentir Yazoo lover son visage au niveau de son cou et sa respiration le chatouiller.

— Est-ce que Kadaj… va bien… tu crois ?

Il faut un moment à Yazoo pour lui répondre. Et quand il le fait, c'est d'une voix lointaine :

— Je sais pas…

— Et nous, qu'est-ce qu'on va faire, dis ?

À nouveau, le silence. Et quand Yazoo parvient à reprendre la parole, c'est d'une voix encore plus faible que précédemment :

— Je sais pas…

Puis, incapable de lui résister plus longtemps, il permet à l'oublie de le submerger…

4

Quand Loz se réveille, deux choses le perturbent grandement. La première, c'est qu'il ne reconnaît pas tout de suite cette pièce dans laquelle il est étendu. Il lui faut donc un moment pour calmer sa panique et rassembler les morceaux de sa mémoire chamboulée. La seconde, et sans doute la pire, c'est qu'il ne trouve pas Yazoo à ses côtés.

Où est-ce qu'il est ? Il devrait pas se déplacer tout seul dans son état !

Inquiet, il s'assied en grognant et porte une main à son crâne toujours douloureux. Le reste de son corps est lui aussi perclus de douleurs, mais l'épreuve est déjà bien plus supportable que lorsqu'ils sont arrivés ici.

Dans le couloir, personne. Pas même la silhouette d'un animal qui se serait égaré là. Le lieu est envahi par l'écho de la pluie qui, à l'extérieur, tombe en rafale.

Il finit par trouver son frère dans ce qui semble être une salle de repos. Assis sur le rebord de la large baie vitrée qui s'y découpe – et dont la vitre n'est en grande partie qu'un lointain souvenir –, Yazoo lui présente son dos, semble fixer la pluie qui tombe.

Le ciel gris a une allure menaçante et des gouttes, portées par le vent, ont commencé à s'infiltrer à l'intérieur du bâtiment pour former de petites flaques ici et là.

— Yaz' ?

Le visage que son frère tourne dans sa direction est blafard. Les traits tirés, il n'a pas vraiment meilleure mine que quelques heures plus tôt.

Loz s'approche, écrase sous ses semelles des morceaux de verre, qui crissent et se brisent. Comme il vient prendre place en face de lui, il s'enquiert :

— Ça va ?

— Bof…

— T'as encore froid ?

Il attrape l'une de ses mains entre les siennes et, la trouvant glaciale, entreprend de la réchauffer en la frictionnant doucement. Yazoo hausse les épaules.

— Je commence à m'habituer.

Et ce n'est de toute façon pas comme s'il avait vraiment d'autres choix que de s'y faire. Il a récupéré une couverture dans une chambre, qu'il a jetée sur ses épaules, mais c'est à peine si elle lui apporte un peu de réconfort.

Le froid qui l'habite n'est toutefois rien en comparaison de son sentiment d'égarement. Leur mission s'étant achevée sur un échec, ni lui, ni Loz, ne devrait encore se trouver ici. La mort aurait déjà dû les emporter avec elle et son esprit, qui s'y était préparé, est à présent complètement déboussolé. L'impression d'être vide, d'être entouré de ténèbres qui l'angoissent.

Comme il baisse les yeux en direction de leurs mains, il remarque que leurs doigts se sont entremêlés et ce contact l'aide un peu à garder pied avec la réalité.

— Tu crois que Kadaj est triste sans nous ? questionne Loz.

— Sans doute… mais au moins, il n'est pas tout seul.

Car en cet instant, leur grand frère doit se trouver à ses côtés – ce qui rend la situation présente plus supportable pour lui. Parce que si en plus du reste, Kadaj devait se retrouver seul au sein de la Rivière de la Vie, alors…

Et nous, qu'est-ce qu'on est censés faire maintenant ?

Loz, qui semble avoir suivi le même cheminement de pensée, questionne :

— Tu crois qu'on devrait essayer de le rejoindre ?

— Tu veux… ?

— Je… je sais pas… j'ai envie de le voir… j'ai pas envie d'être séparé de lui, mais… je… je me dis aussi que si on n'est pas morts, c'est peut-être parce que maman…

— Avait d'autres plans pour nous ? termine son frère pour lui. Honnêtement, j'en doute.

Loz tourne un regard paniqué dans sa direction.

— Comment ça ?

— Juste une intuition…

Qu'il ne peut baser sur rien de concret, cependant.

La lèvre inférieure de Loz tremble et il tourne les yeux en direction de ce qu'il reste de la baie vitrée. Ce monde immense qui s'offre à eux le terrifie un peu. Jusqu'à présent, ils étaient trois. Ils avaient une mission, un but précis à accomplir. Mais à présent, il ne leur reste rien, absolument plus rien. N'ont ni foyer, ni famille, pas même de connaissances auprès de qui il leur serait possible de se réfugier. Et l'idée d'être livrés à eux-mêmes est de loin ce qui lui provoque le plus d'anxiété.

— Si Kadaj était là, gémit-il. Au moins, il saurait ce qu'on doit faire, maintenant.

Yazoo approuve d'un hochement de tête. Oui, quand il fallait faire des choix, c'était sur Kadaj qu'ils se reposaient. Il était celui à qui leur mère avait offert l'autorité sur leur groupe, celui qui en connaissait plus long qu'eux sur ses désirs… mais à présent qu'il s'en est retourné à la Rivière de la Vie, ils se retrouvent à devoir prendre des décisions par eux-mêmes. Ce qui n'a rien d'instinctif pour lui… ne l'est pas davantage pour Loz et, en ce qui le concerne, il ne se sent ni l'envie, ni l'énergie, de remplacer Kadaj.

— Le rejoindre, commence-t-il dans un murmure. Oui, c'est sans doute la meilleure chose que l'on ait à faire…

Mourir est en effet tout ce qu'il se sent capable d'accomplir. Et comme il peut voir Loz hésiter, il ajoute :

— Si tu as trop peur de te suicider, je peux te tuer moi-même. (Et sentant la main de Loz resserrer sa pression sur la sienne, il continue :) Je ferai ça bien. Je te promets que tu n'auras pas le temps de souffrir.

Mais son frère continue d'hésiter. Le regard fuyant, il se trémousse un peu, laisse entendre un « Heeeu... » incertain.

— Est-ce que tu préférerais vivre… ?

Loz ouvre la bouche. La referme, avant de secouer la tête. Pousse à nouveau un « Heeu... », avant de répondre :

— Je… je sais pas ce que je veux. Je sais qu'on devrait rejoindre Kadaj… et j'ai vraiment envie de le voir, mais… il y a aussi ce truc en moi qui… tu… tu es sûr que maman ne voulait pas qu'on reste en vie ?

— Je ne suis sûr de rien, Loz.

Et il est évident que son frère va avoir du mal à prendre une décision dans l'immédiat. Quant à lui, il ne se voit pas le tuer sans son consentement.

Mais qu'est-ce qu'on pourrait faire d'autre… ?

Car ils n'ont jamais été préparés à ça, à devoir vivre. Ils n'existaient que pour accomplir leur mission. Rien de plus. Quant à ce qu'il adviendrait une fois celle-ci remplie, aucun n'en avait réellement connaissance…

Pas même Kadaj, j'en suis sûr…

… et il ne s'en était personnellement jamais soucié. Tout ce qui comptait, c'était de remettre les rênes de ce monde entre les mains de leur mère. Le reste, tout le reste, n'avait aucune sorte d'importance.

De toute façon, je ne sais que détruire…

Et comme le silence de Loz se poursuit, il ajoute :

— Je te laisse le choix de la décision.

Ce qui fait sursauter son frère.

— Non, fais pas ça ! Je sais pas ! Et puis… je risque de me tromper !

— Et c'est pareil pour moi.

— Yazoo !

Mais Yazoo secoue la tête. Pour lui, il n'y a pas d'autre possibilité que la mort. Mais si son frère hésite, pense qu'il en existe peut-être une autre, alors c'est à lui que revient la responsabilité de leur avenir.

Loz a l'air complètement paniqué, à présent. Comme il paraît sur le point de pleurer, Yazoo lui dit :

— Ne pleure pas, Loz.

Un gémissement échappe toutefois à son frère. Poussant un soupir, il lui pose une main contre la joue et se rapproche un peu.

— Je t'ai dit de ne pas pleurer…

Avant de déposer doucement ses lèvres contre celles de Loz et de fermer les yeux.

Ce n'est pas la première fois qu'ils s'embrassent, mais comme à chaque fois, il a le sentiment d'être incroyablement empoté. Kadaj, d'ailleurs, détestait les voir agir ainsi et les quelques fois où ils s'y étaient risqués, il s'était énervé, vraiment énervé – à tel point qu'ils avaient fini par ne plus se montrer aussi proches en sa présence.

Il craignait tellement qu'on le mette à l'écart…

Et c'était d'où lui venait sa jalousie… parce qu'il sentait bien que, même si Loz et lui l'adoraient, il y avait entre eux quelque chose de plus. Quelque chose de différent. Et parce qu'il s'imaginait que ce lien naissant pourrait l'éclipser totalement de leur relation, il était hanté par une angoisse qui le poussait à l'agressivité et à la suspicion.

Comme si on pouvait ne plus l'aimer!

Loz a cessé de pleurnicher, à présent. Il a l'air toujours malheureux, mais leur rapprochement l'a quelque peu apaisé. Lui déposant un dernier baiser sur les lèvres, Yazoo ajoute :

— Prends ton temps, Loz. C'est pas grave si tu n'arrives pas à te décider tout de suite.

Pour lui, de toute façon, plus rien n'a vraiment d'importance…


Je tiens à le signaler : niveau update ce sera... aléatoire de ouf ! Autrement dit, les chapitres apparaîtront quand ils apparaîtront, ce qui dépendra beaucoup de mon humeur, mais aussi du temps dont je dispose (Car ayant d'autres WIP, dont un qui est ma priorité). J'en ai pour le moment 14 autres de côté (De chapitres, hein ? Pas de WIP. x,D) qu'il faut que je retravaille et ce projet, une fois terminé, devrait en faire presque le triple.