J'aime pas plus 2021 que 2020. J'ai heu, plein de truc pas cool qui me tombe dessus. J'ai à peine le temps de me retourner d'une situation inconfortable qu'une nouvelle me tombe dessus. Les dernières de cette semaine ? Un de mes chats a dû être opéré d'une oreille (parce qu'ancien véto incompétent) et ma seconde chatte a des soucis cardiaques. Chaque soir j'ai quatre médicaments à donner, je dois laver et mettre de la pommade dans une oreille et ... Emotionnellement, je suis crevée et déprimée. 2021 devait être une meilleure année. J'ai changé de logement pour être mieux, je prends beaucoup plus soin de ma santé mentale et ... yep, nope.
Je remercie vraiment beaucoup les personnes avec qui je parle longuement de Par-delà par mail ou MP ou qui me laisse leur envoyer des croquis quand j'en fais (ou me donne des recettes de tartes qui sont très bonne), ça m'aide vraiment.
Je me permet d'en parler pour que vous comprenez mon état émotionnel et que les prochains chapitres risquent d'être un peu chelou. Je vais pendant le mois de juin tenter de pondre minimum 50k pour avancer (j'espère secrètement atteindre les 100k, mais je promets rien), mais ça ne seras que partiellement relu et corriger. J'ai juste envie d'avancer.
Si des gens veulent faire office de Beta-lecteurice et m'aider à relire l'acte 8 de Par-delà le voile (l'acte actuel) dont il reste 3 chapitres ou veulent m'aider dans le futur acte 9, hésitez pas à me le dire, j'serais heureuse de partager la charge mentale pour avancer.

Avec ça, bon retour à Charlotte et Nori !
Bon retour à vous et hésitez pas à m'envoyer des smileys pour m'aider à rester motiver pendant ce mois de juin !

D'immenses bisous à vous !


Chapitre 44
J'ai perdu
31 octobre


Je caresse distraitement le haut de la poitrine, caressant ce qui ressemble à de la dentelle sur ma robe. Je sens des genres de strass qui sont cousus dessus, donnant une nouvelle profondeur à la robe.
Il s'agit d'un magnifique cadeau de Dori.
Entièrement noire, pleine de petites perles de pierre blanche reflétant la lumière telle une multitude de petites étoiles sur l'entièreté de la robe telle une galaxie, les étoiles étant plus nombreuses prêt de mon col roulé que sur les plis de la jupe. Au-dessus de ma taille ma robe épouse parfaitement ma silhouette maintenue par un corset qui est invisible, mes manches forment un voile noire translucide jusqu'au sol, une ouverture au niveau des épaules les faisant se confondre avec une cape. On dirait une version étrange gothique de la robe de la robe des neiges. C'est une robe unique. On ne soupçonne pas ses origines du tout. Elle n'est ni naine, ni hobbite, ni elfique et encore moins humaine. Je soulève vaguement la jupe de la robe et observe le tissus couler pour se replacer. Je ressemble à une galaxie en mouvement.
" C'est magnifique Dori … " je roucoule pour la millième fois de la soirée au moins, faisant rire l'intéressé dans mon dos qui n'arrête pas de m'entendre le répéter.

Quand Thorïn a annoncé le banquet entre les peuples nains, humains et elfes pour fêter leur alliance, mais aussi se commémorer la fin de la guerre des Cinq armées, j'suis tout de suite aller voir Dori. J'ai pas été surprise en apprenant qu'il avait déjà commencé à me dessiner une robe. Il faut dire que les membres de la Communauté de l'Anneau ont été les derniers invités à l'évènement, vu qu'on est arrivé qu'il y a un mois. Les autres ont déjà eut plus de six mois pour se préparer. Après avoir suivit Dori jusqu'à sa boutique, j'ai pu observer les croquis et recherches de tissus qu'il avait prévu pour ce qui sera ma robe. Ça ressemblait déjà à cette merveille, mais je me suis permise de demander plusieurs modifications : robe d'un seul tenant, sans trouze-mille couche, histoire que je puisse l'enfiler facilement et pas trop de détails. J'adore le nombre de motif que sont capable d'incorporer dans leur robe les nains et les broderies hobbites, mais je voulais un truc … simple et pas trop coloré, pour changer de ma garde-robe arc-en-ciel question robe. Et sans trop de gemmes.
Bon, sur le côté gemme, Dori m'a pas trop écouté, mais quand je vois le résultat … Je peux pas lui reprocher. J'espère juste ne pas abîmer cette merveille. Dori a beau m'avoir rassuré que c'était une robe de cérémonie, donc faite pour danser autant que je le veux, j'ai quand même peur de l'abîmer. Ou de perdre ses strass. C'pas du verre ou du plastique, mais du véritable freaking … zircon ? J'crois que c'est ça qu'il a dit.

Enfermé dans la chambre de Dori, je me tiens droite devant plusieurs miroirs mit en cercle autour de moi sur une plateforme. À côté de nous se tient une table où sont posés divers accessoires et outils de coiffures, ainsi que du matériel de couture. Dori a carrément fini de coudre la robe sur moi pour s'assurer qu'elle tombe au mieux et m'aille au mieux. Il a prit le temps de me montrer à l'arrière un surplus de tissus, pour que je puisse ajuster la robe même si je varie sensiblement de poids. C'est astucieux. J'suis contente de savoir que je vais pouvoir la garder longtemps.
Dori me tourne autour pour me coiffer.
Je le laisse faire sans bouger la tête. C'est l'une des coiffures les plus complexes que j'ai jamais porté et c'est très nains. J'ai une première tresse qui forme une couronne autour de ma tête, puis une cascade d'autre dans mon dos qui forme une masse indescriptible qui représente pas mal de mes succès je pense. J'ai réussis à lire celle de mon genre près de mes oreilles, celle de guerrière bien en évidence tout devant au niveau de ma nuque et prenant toute la longueur de ma crinière, ainsi que deux autres tresses symétriques indiquant que je suis une naine honoraire. Après les autres … Je crois qu'elles sont décoratives. Dans cette coiffure déjà bien compliqué, Dori y a glissé pas mal de rubans noires, faisant d'autant plus ressortir la couleur aigue-marine de mes cheveux et rajoutant du volume. Là, très concentré, Dori pique des épingles avec une pépite de zircon (ou la gemme que c'est réellement et que j'ai pas retenu) pour transformer mes cheveux noires et aigue-marine en une genre de nébuleuse, l'accordant à ma robe galaxie.

C'est … fantastique. Je me regarde de nouveau dans l'un des miroirs, m'admirant. On m'a déjà apprêter pour pas mal de banquet depuis mon arrivé dans ce monde, mais j'ai jamais eut plusieurs semaines pour me faire préparer une robe et personne pour me préparer une toilette qui me connaissait autant. Le résultat est à couper le souffle : je suis magnifique et surtout, je me ressemble. C'est moi, là, dans ce reflet.
" Au cas où c'était pas encore entendu, je veux que ce soit toi qui fasse ma robe de mariage. " je fini par déclarer pendant que Dori recule de quelques pas, les mains sur les hanches, observant mon dos et la coiffure qu'il a réussi à réaliser jusque-là. Dans le reflet, je le vois sursauter.
" Parce que tu comptais demander à quelqu'un d'autres de te la confectionner ? " fait-il semblant de se vexer théâtralement.
" Non, bien sûr que non, mais après avoir cette robe, je veux absolument que tu sois mon couturier et esthétitien pour mon mariage. " je ris.
" J'espère bien. Tu arrives à bouger la tête ? "
Précautionneusement je penche d'abord la tête, avant de la secouer. Je ne sens rien bouger.
" Plus franchement, je veux voir si ça tient vraiment. " m'invite Dori.
Alors je secoue franchement la tête, sans grâce. Et rien ne bouge d'un iota. Enfin, si, mes tresses sautillent dans mon dos tel une cascade d'eau, mais ça revient à sa place initial sans soucis.
" Parfait ! " se félicite le nain en claquant des mains. " Le maquillage maintenant !
- Quoi ? " je piaille en me tournant vivement vers lui. On avait pas parlé de maquillage.
" Ne panique pas, juste un peu de khol sur les yeux, rien de plus. J'ai retenu ma leçon : pas de poudre sur ta peau. "
Le khôl ? C'est le truc noir pour la peau. Oui, c'pas dangereux pour la santé. J'veux bien.
" Pour futur référence, je supporte bien le talc en fond de teint. C'pas nocif. " j'explique. Doucement, je cherche des compromis pour m'intégrer sans me perdre. Pis c'pas non plus tous les jours que je me maquille, une fois de temps à autre c'est bon pour l'égo.
" Noté. On va finir par réussir à te faire un set de maquillage à ton goût. "
Je le vois secouer la tête, exaspéré, mais un sourire trahit qu'il est amusé. J'y peux rien si pas mal de maquillage avant mon époque sont dangereux pour la santé et que les gens l'ignoraient juste. Pas que je me souvienne de quoi est nocif ou non. Juste, je sais que les poudre blanche ou pour unifier le teint ont eut beaucoup de trucs pas cool dedans, donc je préfère dire non à toutes les poudres pour le teint.

Avec ça, Dori fouille sur la table avant de sortir une petite boîte et de se placer devant moi. J'observe l'étrange poudre noire et le bâtonnet.
" Ferme les yeux. "
Je sens d'abord les doigts de Dori qui me tamponnent les paupières dans des mouvements vifs et nerveux, mais doux.
Au bout d'un moment, je sens ce qui doit être le bâtonnet qui vient appliquer un trait sur ma paupière, puis sur l'autre.
Après quelques secondes de silence et où rien ne me touche, je sens des mains sur mes deux épaules.
" Ouvre les yeux. " m'invite doucement Dori.
J'obéis et observe mes yeux qui sont … plus grand, plus sombre et plus classe qu'ils l'ont jamais été.
" Wow, tu maitrise le smokey eye ! " je le félicite. " T'as un talent fou quand il s'agit de mode, j'espère que t'es au courant.
- Pourquoi crois-tu que je suis marié à ma vocation d'esthéticien vestimentaire ?
- C'est comme ça qu'on appelle ton métier ? "
Dori me regarde curieusement.
" Comment pensais-tu que mon métier s'appelait ?
- Couturier ?
- Non-non ! " proteste Dori. " Je suis bien plus que ça, je conçois également des accessoires, du maquillage et des modifications corporelles, tout pour mettre en valeur ce que Mahal nous a offert. "
Je cligne plusieurs fois des yeux.
" Modifications corporelles … ? " je bredouille. " Comme les chirurgies plastiques ?
- Les quoi ? " s'interroge Dori avant de secouer la tête. " Non, comme les piercings et tatouages. Même si ce n'est pas ma spécialité du tout, je peux conseiller. " explique Dori en souriant de nouveau, la confusion l'ayant quittée.
" Oh. " je souffle.
Un véritable artiste, quoi. Un coach esthétique peut-être ? Je lui souris, contente de toujours apprendre plus sur ma (futur) famille par alliance.

Après avoir vérifié une dernière fois que j'avais tout, Dori se tient près de la porte, la tenant d'une main pour ne pas qu'elle s'ouvre plus et passant sa tête dans l'anti-chambre de l'appartement des frères de Ris.
" Êtes-vous prêt ? " demande-t-il.
J'entends Bilbo, Nori et Ori répondre en cœur " Oui ! "
Ils ont l'air enthousiastes. Il faut dire que ça fait bien deux heures qu'on est enfermé dans la chambre.
Dori me sourit avant d'ouvrir en grand la porte et sortir de la chambre. Je respire une dernière fois à fond, posant mes mains repliés doucement l'une sur l'autre sur le haut de mes cuisses comme me l'a montré Bilbo il y a bien longtemps dans la Comté (il parait que c'est la façon de marcher des dames bien élevés).
Avant d'avancer dans la pièce, fixant mon regard sur Dori avant d'observer nos trois frères bouches-bés, me détaillant de haut en bas. Nori se permet même de siffler son approuvement.
" Tu es ravissante ! " me complimente Bilbo en s'avançant vers moi.
" Nori, fais gaffe, les nains vont papillonner autour d'elle ce soir. " prédis Ori en enfonçant un coude dans les côtes de son frère.
" Tu as fait un boulot merveilleux Dori. Charlotte, tu es vraiment fantastique dans cette robe … Tu es l'image même de mes rêves. "
Je m'empourpre fortement en entendant autant de compliment, laissant Nori me prendre dans ses bras après l'avoir laissé détailler ma coiffure quelques interminables instants.
" Geydar … " murmure-t-il contre mon oreille avant de se reculer pour m'observer de nouveau.
" Ça veut dire quoi ?
- Je te dirais ça plus tard. " me répond mon amoureux avec un clin d'œil mystérieux.
" Diiiis-moi. " je le supplie en souriant.
" Nope, plus tard. " s'amuse-t-il, me tournant le dos pour sortir des appartements.
" Meh. " je fais semblant de bouder, faisant rire Ori et Dori qui m'aideront pas. Je regarde Bilbo.
" Nope, je sais pas plus que toi, gère tes problèmes de couple comme une grande. " rit-il.
" Vilain. " j'insulte à mi-mot. " Alors, qu'est-ce qu'on attend pour y aller ? " je finis par les inviter en commençant déjà à suivre Nori.

Dans le couloir, je finis cependant par ralentir le pas : Nori est hors de ma vue, déjà. Bilbo profite de mon retour à ses côtés pour prendre l'une de mes mains et la placer dans le creux de son coude pour faire semblant de m'amener à la salle du banquet.
Je fixe droit devant moi dès qu'on sort de l'aile royale : on croise de nombreuses personnes qui me regardent étrangement et surtout, chuchotent. Je sais pas si c'est de moi qu'elles parlent, mais je stresse doucement, malgré Bilbo qui me tapote doucement la main autour de son bras.
" Tout va bien se passer. Tu es magnifique. " me murmure-t-il pour me rassurer.
Comme si c'était mon physique qui me causait des doutes et pas le fait d'être à la table principale d'un si grand évènement.

Plus on avance dans les couloirs d'Érebor, plus des Hommes, mais aussi des Elfes apparaissent.
Du coin de l'œil, j'aperçois Thranduil, Bard et Thorïn qui discutent ensemble, les enfants de Bard, Fíli, Kíli, Balïn et Dwalïn à une distance raisonnable les observant ou les attendant sagement. C'est vers eux qu'on se dirige. Alors que Bilbo s'arrête près de Fíli et Kíli, je m'arrête également, peu sûre de la marche à suivre. J'irais bien saluer Bard et Thranduil, en fait, mais j'suis pas sûre que couper une conversation entre monarque se fasse vraiment. Je salue tout de même les enfants de Bard qui sont très polis et ont l'air aussi stressé que moi.
C'est finalement Thranduil qui coupe mon débat interne en me faisant un signe de m'approcher dès qu'il m'aperçoit. J'hésite une fraction de seconde avant de m'avancer vers lui quand je l'entend prononcer mon nom.
" Dame Charlotte. Cela fait quelque temps que je ne vous ai pas vu. Vous êtes ravissantes. " me salue-t-il, portant d'une main délicate mes phalanges à ses lèvres. Il est fortement baisser vers moi dû à notre différence de taille et je vois du coin de l'œil Thorïn rouler des yeux en souriant.
" Seigneur Thranduil, je suis ravie de vous revoir. " je réponds en souriant poliment. " Comment allez-vous et votre forêt ?
- Bien, merci de vous en inquiéter. "
Le souverain elfique se relève et laisse la place à Bard qui me présente également sa main, je pose la mienne dedans, me forçant musculairement à ne pas juste secouer sa main. Ça se fait pas ici de serrer les mains des gens.
" Dame Charlotte. Le royaume nain vous fait du bien, vous avez un sourire magnifique. "
Ce qui me fait rire.
" Pas pour rien que je voulais quitter la Comté pour venir y vivre. " je m'amuse à répondre, faisant au passage un clin d'œil à Thorïn. Ce qui n'échappe pas à mon auditoire qui se tourne vers Thorïn qui affiche soudainement un air stoïque.
" Dame Charlotte Devoe est désormais notre éleveuse royale. " les informe de facto Thorïn pendant que je lui fais une courbette : on s'est vu plusieurs fois déjà aujourd'hui, mais en public je m'acharne à toujours être respectueuse de sa personne et son statut.
" Oh ? " s'étonne faussement Thranduil. " Un rôle qui lui sied tout à fait. " assume-t-il.
" J'ai des poneys de Forochel. " je minaude en bombant la poitrine. Je suis fière de l'air étonnée que je procure des deux grands. " Ainsi que des poneys Galadrim.
- Que de belles créatures, j'en suis sûre. C'est une excellente base pour améliorer les poneys que vous aviez acquis à Lacville.
- Si vous voulez, je peux vous les présenter. " je propose, vu que Thranduil a l'air intéressé (et de comprendre mon plan sans que j'ai à lui expliquer). Ce qui fait rire les trois souverains. J'ai dit quoi encore ? C'était pas une boutade.
" J'en serais ravie. " finit par me répondre le seigneur Elfe, à la surprise de ceux qui nous écoutaient. A croire que personne croyait que Thranduil voudrait visiter une écurie lors d'une fête. Eh, il m'a fait visiter sa propre écurie la dernière fois qu'on s'est vu à une fête : je fais que rendre la pareil !
" Et si nous allions nous installer ? Le peuple s'impatiente. " propose Thorïn et en cherchant du regard Bilbo pour l'avoir lui et son soutien à mes côtés, j'observe distraitement qu'en effet, une foule s'est formée devant l'immense porte du hall.

De la musique résonnent déjà dans la salle alors que les portes s'ouvrent pour Thorïn et son entourage composé de Bard, la famille de Bard, Thranduil et quelques elfes que je ne reconnais pas, ainsi que la compagnie de Thorïn. Derrière nous il y a quelques nains que je ne reconnais que de vue, mais que je sais être des gens bien placés. Thorïn et surtout des pages nous aident à nous placer à une table.
L'immense hall est décoré avec divers bannières, celles des trois races présentent au banquet, mais il y a aussi de multiples plantes et décorations dans un mélange de tissus et métal. Sous les lumières de multiples feus et pierres qui projettent de la lumière coloré, ma robe scintille comme une nuit. Le reste de la compagnie ne peut s'empêcher de me complimenter et toute heureuse, je peux louer le talent de Dori qui est fier comme un paon de son travail. Il a beau avoir aidé toute la compagnie à choisir ou faire faire une tenue, je suis son chef d'œuvre du soir. Même Thranduil l'a félicité ! Je suis ravie de voir que l'entente cordiale entre nain et elfe s'améliore ! Je doute connaitre de mon vivant une véritable amitié entre les peuples, mais je suis déjà heureuse du grand progrès qu'il y a eut depuis notre emprisonnement chez le roi Sindar.

Ce n'est qu'une fois tout le monde installé autour des tables, les discussions interrompus pour le moment et le discours de Thorïn félicitant l'amitié entre elfe, nain et humain est fini, que je me rends compte de quel jour nous sommes concrètement : ça fait un an que je suis morte.
Thorïn raconte comment il y a un an j'ai aidé à préparer les trois nations à s'unir dans la guerre des Cinq armés, comment je me suis sacrifié pour sauver sa vie et celle de ses neveux.
C'est …
J'ai le regard dans le vide, fixant lointainement devant moi une banière random dans la salle. C'est … de moi qu'il parle ? Mais j'ai pas l'impression d'avoir été si courageuse que ça. J'ai juste fait ce qui me semblait juste, le tout en ayant le cerveau en mode autopilote et en ayant chaque cellule de mon corps en panique. J'entends sans vraiment comprendre Thorïn me complimenter sur ce qui pour moi c'est passé il y a moins d'un an. J'ai un trou d'octobre à mars après tout, que tout le monde a vécu, pendant que moi j'étais ... bah morte. Bien que pas mal de chose ce sont passé entre ma revenu dans ce monde et le banquet, c'est récent pour moi. Ou alors ce sont les cauchemars la nuit qui font que pour moi, le jour qu'on célèbre ce soir est gravé dans ma mémoire (et ma chair, j'ai une belle cicatrice). Je suis morte deux fois déjà. La troisième sera la bonne, hein ? Ma mortalité me glace le sang.
Je sursaute quand je vois tout le monde à ma table lever un verre vers moi. J'ai le droit à un toast. Je grimace un sourire et tente de rester immobile, sans pouvoir m'empêcher de voir que plus loin dans la salle, nombreux sont les nains qui font de même. Il y a aussi des humains et des elfes qui lèvent leur verre vers moi. Je voudrais que la montagne s'ouvre sous mes pieds et m'aspire.
" Merci de nous avoir sauvé, mes neveux et moi. " souffle Thorïn, plus sincère maintenant que dans son discours. Il s'adresse maintenant à moi, Charlotte, membre de sa compagnie et pas à Charlotte Devoe, le personnage public. Je lui rends sincèrement son sourire et m'éclaircis minutement la voix.
" Ce fut un réel honneur pour moi. " je déclare d'une voix aussi forte que j'en suis capable. Ce qui n'est pas beaucoup, mais assez pour que les tables autour de nous s'emporte dans des hurlements de joie. Je ne distincte pas ce que les gens disent, mais s'ils sont heureux, cela suffit non ?

Le repas est un véritable festin de saveurs, que Bilbo et Bombur s'empressent de me faire découvrir. Je goûte tous les plats avec plaisir, tout en discutant de la montagne avec Thranduil et Bard. Les discussions changent de sujets et de groupe de gens toutes les cinq minutes, je ne sais plus trop où donner de la tête. Un coup je parle économie de l'export de tisseries avec Bard et Dori, un coup de l'état de la terre des alentours de la montagne avec Balïn et Thranduil, un coup de jeu de chats perché avec la plus jeune de Bard et Bifur et rapidement, mes dernières idées noires sont oubliés. La vie est magnifique quand on est entouré de sa famille, d'amis et de bonne nourriture.
Nori est discret pendant le repas, dans le sens qu'il n'engage pas de discussions directement avec moi, mais comme nos regards se croisent et qu'on s'échange quelques gestes discrets, je me doute qu'on fait juste mine de ne pas être fiancé (ou en train de se courtiser comme ils disent ici).

Quand le dessert semble venir à sa fin, la musique change.
" Dame Charlotte, me feriez-vous l'honneur de cette danse ? " minaude Bofur qui se tient debout juste à côté de ma chaise. Je glisse rapidement un regard vers Thorïn qui m'invite d'un geste de la main et me confirme que la partie repas du banquet est bien fini.
" J'en serais ravie et honorer, Lord Bofur. " je lui réponds, avant de me lever avec son aide. Ma réponse le fait pouffer dans sa barbe, mais bien vite on est les premiers au centre du hall, près du dais où sont les musiciens. Bofur me tiens une main et commence à s'incliner, je suis son mouvement et le salue également d'une rapide révérence polie, avant qu'il ne vienne me poser une main sur ma hanche pour me guider dans une danse rapide. Je doute d'être très gracieuse, mais je suis comme je peux ses pas pendant que d'autres couples nous rejoigne. Je ne reconnais pas la musique, par contre, je reconnais les pas de danse ! C'est une des danses traditionnelles que les nains m'ont apprises à notre arrivé à Lacville !
" Tu ne t'es pas vraiment amélioré en un an. " s'amuse Bofur et je ne peux m'empêcher de lui faire une pichenette dans l'épaule où se trouve l'une de mes mains, riant.
" Je fais ce que je peux ! " je me justifie.
" Eh, c'est de famille après tout. "
Je suis confuse de son amusement avant qu'il ne fasse tournoyer et que je vois pendant un micro-arrêt dans le mouvement que Bilbo s'amuse en suivant les pas de Kíli, mais est effectivement aussi à l'aise que moi. Je ris aux éclats pendant que Bofur me ramène contre lui pour reprendre la danse.
" On est nain depuis moins longtemps que vous, attendez qu'on vous rattrape ! D'ici un an, je te parrie une tourte que Bilbo dansera aussi bien que vous !
- Pari tenu. "
Au cas où, je me fais silencieusement une note dans un coin de mon cerveau d'en parler à Bilbo. J'ai confiance en ses compétences de danceur, mais je veux gagner. J'aime gagner.

Ma seconde danse se fait avec Fíli qui tient à me remercier publiquement, mais discrètement, me mettant pour quelques instants mal à l'aise, avant qu'une autre danse commence et que le schéma se répète avec Kíli qui a la bonté de me raconter des blagues et ragots (sans doute faux) sur des invités.
Après ça, je change de partenaire à presque chaque danse, apprenant d'autres airs et d'autres dances avec des membres de la compagnie, mais aussi des nains que je ne connais pas avec qui j'échange des politesses et quelques rires polis. J'ai même le droit à une dance avec Thranduil ! Qui est malaisante au début du fait de notre différence de taille, avant que je décide de faire fie des conventions pour amener une chaise sur la piste de danse pour au moins être à son niveau. Ce qui aura le mérite de le faire rire, parce que debout sur une chaise, dur de vraiment danser.
Bilbo de son côté n'est pas en reste puisque la compagnie lui apprends également des danses naines.
Il y a pas mal de danses où il est idéal d'avoir un partenaire, mais il y a aussi pas mal de danse qui se font en cercle ou dans des formations à plusieurs danceurs. Ce sont mes préférés puisque je n'ai pas à parler à qui que ce soit et que je peux virevolter et taper des pieds en rythmes. Je vibre au son de la musique. Entre ma robe et les airs entrainants, j'ai l'impression d'être la personnification de la musique. Je sais que ce n'est pas le cas et que d'un point de vue externe je dois être ridicule, mais je me sens flottante et surtout, heureuse.

Alors que la soirée se prolonge, Dori écarte la compagnie du reste des danceurs et avec un plateau (et l'aide de Bilbo), nous sert à tous une coupe de vin.
" Mes amis ! Je tenais à vous faire part d'une grande nouvelle ! " commence Dori et j'observe la foule de danceur autour de nous qui nous écoutent pas si discrètement que ça. Je souris, parce que c'est un discours politique et pas du tout entre ami. Dori cherche à ce qu'un maximum de monde l'entende.
" Bilbo et moi avons signer un contrat pour marier Nori à Charlotte ! " annonce-t-il fièrement, levant sa coupe vers le plafond. " Levons notre coupe à ce que j'espère être une union qui fera fructifier nos deux familles ! "
Bien sûr que la compagnie est déjà au courant, mais tout le monde est bon joueur et nous félicitent vivement, après avoir hurlé en khuzdul quelques choses. Voilà, notre contrat est maintenant officiel de chez officiel, puisqu'il a été déclaré relativement publiquement. Si j'ai bien comprit, une annonce sera faite en place publique demain et ce sera afficher sur des panneaux d'annonce dans la rue.
D'autres nains ne peuvent s'empêcher de venir nous féliciter, Nori et moi. C'est politique, je le sais, mais je suis contente de voir que je suis suffisamment accepté par les nains pour qu'ils viennent nous féliciter.
A partir de ce moment, Nori ne me quitte presque plus et je peux enfin publiquement danser avec lui des danses moins platoniques. La bienséance est toujours là, grâce à Bilbo, Dori et même Ori, mais enfin, on peut se comporter un peu plus en couple !

Je m'amuse comme une petite folle à papilloner de groupe de danse en groupe de danse, sans pour autant quitter le confort de la compagnie, jusqu'à avoir mal au genou et au dos.
Une coupe de bière en main, je m'approche Thranduil qui a arrêté de danser il y a quelques temps déjà et observe silencieusement les réjouissances.
" Hey. " je l'approche presque timidement, même s'il n'a pas l'air activement de faire quoi que ce soit, j'ai pas très envie de le couper dans ce qu'il fait. " Est-ce que cela vous dit que je vous montre l'écurie royale ? Et mes poneys. " je l'invite. J'ai Balïn juste à côté de moi, pour nous accompagner et s'assurer que rien n'arrive entre le roi Elfe et moi. Comme si ça risquais quoi que ce soit, même si j'ai l'impression que malgré l'entente cordial, les nains dans leur ensemble semble avoir peur que Thranduil n'ai un geste violent ce soir.
" Avec grand plaisir. " me réponds Thranduil qui d'un geste congédie les elfes avec qui il était.

Dans les écuries, Thranduil semble disproportionnellement trop grand, mais il m'écoute avec politesse pendant que je babille sur mes chevaux, combien je les aime, mes projets avec eux, mais aussi sur mes envies d'élevages avec les chèvres de la montagne. Il me fait des suggestions ici et là, ainsi que quelques propositions d'échanges de livres et de conseils.
Balïn semble content de rester derrière nous et de ne participer que lorsque Thranduil lui pose une question.

Ce n'est que tard dans la nuit (ou tôt dans la mâtinée) que Nori se glisse dans ma chambre pendant que je fini de me démaquiller. J'ai mal un peu partout et mon corset commence à me faire me sentir à l'étroit. C'est pas aussi inconfortable que de longues heures avec des soutiens-gorges de mon ancien monde, mais mon chat que j'ai envie de me mettre à poil !
" Alors, ta fin de soirée ? " je lui demande en le regardant dans le miroir finir de fermer la porte. Il n'est pas partie en même temps que moi. L'espion royal avait encore quelques choses à faire et devait attendre que les Hommes et Elfes aient quittés le coeur de la montagne pour la nuit. Si j'ai bien comprit, ils ont leur propre quartier pour la nuit.
Nori grogne, passe ses bras autour de mes épaules et me laisse soutenir son poid pendant qu'il s'écroule contre moi.
" Tout ça ? " je demande en lui tapotant l'avant-bras.
Il grogne dans mes cheveux et je ne peux m'empêcher de rire de son malheur.
" Je crois qu'un bon bain nous fera du bien. "

Merci mon chat pour les plomberies naines et pour les bains bien chaud ! Plein de bulles !

" Et du coup, je peux savoir ce que veut dire geydar maintenant ? " je demande, encore trempée de mon bain, Nori ayant fini de m'aider à me décoiffer. Mon attention est gluée sur son ventre et je ne peux m'empêcher de passer une main dans ses poils. Ce nain est à moi. Tout entier. Je me mords la lèvre inférieure.
" Est-ce que nous sommes plus tard ? " se demande à haute-voix mon amoureux. Je lève les yeux (et un sourcil) vers lui. Il a l'air ravit de l'effet qu'il me fait. Il est confiant de ses capacités. Je n'empêche pas un sourire carnassier sur mon visage. Il veut jouer ? Je sais jouer. Je pose délicatement mes mains sur ses épaules. Doucement il pose ses mains sur mes poignets. Parfait. D'un mouvement vif, je le jette presque sur le lit, ses genoux pliant sur les rebords du lit. La surprise me laisse lui plaquer les poignets au-dessus de sa tête pendant que je l'immobilise, assise sur sa taille. Il me sourit, comme s'il était encore confiant de sa victoire sur moi. Je suis aussi têtue qu'un nain et j'ai plus d'expérience. Il ne devrait pas être aussi confiant.
Je commence lécher son cou, remontant doucement sous sa barbe, mordillant sa peau ici et là, avant de lui mordiller le lobe de l'oreille.
" Je ne suis pas pour la violence ... " je commence, souriante. " Mais je connais quelques petites choses à la torture tu sais ... "

Le seul moyen de gagner, c'est de ne pas jouer.

" JOIE SUPRÊME ! ÇA VEUT DIRE JOIE SUPRÊME ! MAHAL ! FINI DONC CE QUE TU AS COMMENCÉ ET ARRÊTE DE ME TORTURER ! " hurle Nori une vingtaine de minutes plus tard.