Chapitre 47
T'es pas d'ici ça saute aux yeux

20 novembre


Ma technique de l'autruche ne semble marcher qu'un temps.
Assez rapidement quand je suis avec Bilbo les nains qui conversaient jusqu'alors normalement avec nous commence à poser des questions sur ma résurection. Même Bilbo commence à douter de l'innocence de la question et à réfléchir aux implications de ses questions.
" Ce n'est pas juste de la curiosité j'ai l'impression ...
- Peut-être juste de l'attirance pour l'immortalité ? " je propose, parce que l'idée que ça soit ça me trotte dans la tête. Bilbo grimace avant de couper la pâte à pain en deux, puis en quatre.
" Non, ça serait ça ce serait plutôt des questions sur comment tu as fait ça, pas ... " il se tait et je le regarde, il n'est même plus en train de former les pains en formes de miche. Il a les sourcils froncé et cherche ses mots. C'est rare que Bilbo ne les trouve pas avec moi, vu qu'il a perdu depuis bien longtemps son filtre (j'en ai aucun, pour quoi en avoir un et passer pour un hobbit poli quand je ne le suis pas du tout ?).
" Même quand tu n'es pas là, j'ai le droit à des questions de cet acabit. On dirait que certains nains cherchent à me faire douter du fait que tu sois toi. " conclu-t-il avant de reprendre sa formation de pain. ça ne m'échappe pas qu'il me regarde du coin de l'oeil pour jauger ma réaction. Je m'avachi sur la table. Yep, c'est bien ce que je craignais. J'ai beau avoir voulu ne pas en parler pour ne pas inquiéter qui que ce soit, mon frère n'est pas dupe. Si Bilbo n'est pas dupe, la compagnie ne l'est surement pas trop non plus et Nori doit être au courant de tout ce que je sais et plus encore.
Je l'entends bouger et enfourner les pains, puis un bruit de vaiselle qu'on déplace sur du bois.
Quand je relève mollement la tête, je vois que Bilbo a pousser nos tasses pour prendre mes mains dans les siennes.
" Charlotte, qu'est-ce qui se trame ? " me demande-t-il bien trop sérieusement.
" Si seulement je savais ... J'en sais pas beaucoup plus que toi. " j'avoue à contre-coeur. D'un côté lui cacher des choses n'a pas marché visiblement, mais d'un autre côté ... Je sais pas, c'est un méli-mélo dans mon cerveau et j'ose pas lui dire qu'au fait, j'me suis fait agresser il y a quinze jours en public ! Je m'avachis de nouveau sur la table, pendant que Bilbo forme des cercles sur mes mains avec ses pouces.

" J'en parlerais à Thorïn. " annonce finalement Bilbo quelques longues minutes plus tard.
" Je pense qu'il sait déjà. Nori sait. "
Pas que j'ai mit mon amoureux au courant de quoi que ce soit, mais bon, c'est Nori quoi.
" Je lui en parlerais quand même, ça ne mange pas de pain.
- Ah si, il va falloir que tu lui apporte une de tes miches. "
Je lève un oeil au-dessus d'un de mes bras pour jauger sa réaction. Il est rouge. Parfait, il a comprit mon double-sens.
" Je suis sûre qu'il l'adorera, tu maitrises nickel chrome la suée dans ce four.
- La chaleur est mieux répartie que dans mon ancien four à bois ... " marmonne Bilbo pour se justifier, ce qui me fait souffler du nez.
Mon frère est parfait.

Le soir-même, je retrouve Nori en train de coudre sur mon lit. Je ne suis qu'à moitié étonnée de le retrouver là. C'est assez habituel de le voir s'introduire sans que je le sache dans ma chambre. Ce qui est étonnant c'est de le retrouver en train de faire quelque chose de productif.
" Qu'est-ce que tu fais à cette pauvre poche ? " je demande, curieuse, en m'asseyant à côté de lui. Il est en train de coudre dedans quelque chose.
Contre pas mal de mes croyances et craintes, les robes en Arda ont des poches ! C'est juste que dans la Comté personne n'avait prit le temps de m'expliquer qu'elles existaient ou comment les mettre en place ! En fait, toutes les robes de travail (ou presque) ont des ouvertures très discrète sur les côtés, caché dans des doublures qui donnent accès à l'intérieur de la robe (et les cuisses si on a pas de jupon en dessous). Sauf qu'entre le jupon et la robe, on peu placer un genre de ceinture qui a sur chaque hanche une énorme poche. Et quand je dis énorme, certaines poches peuvent aller jusqu'au genou ! Ce qui fait des poches sac à main dans lesquels on peut glisser pas mal de truc. Rien à voir avec les poches des jeans pour femme de mon ancien monde. Bref, les poches c'est la vie, maintenant que j'en connais leur existence et surtout depuis que Dori m'en a cousu deux sets. Nori est en train de retoucher mon set favoris, des poches bien grosses et bien cousu à leur ceinture qui font qu'elles ne se voient pas sous la plupart de mes robes de travail, en plus d'être de couleur noir avec plein de motif couleur aigue-marine représentant des entrelacs celtiques de fleurs et de chevaux (oui, kitch, mais c'est littéralement sous ma robe, à part Nori et moi, personne les voient jamais).
" Une amélioration, attends. " m'explique-t-il sans rien m'expliquer. Je souffle, mais le laisse faire et vais me décoiffer.
Si j'étais lente et avait besoin d'aide pour me tresser les cheveux au début, je suis maintenant plus habile de mes doigts et surtout, habituée. Je ne mets pas beaucoup de temps à former (et défaire) deux tresses sur chacune de mes tempes que je rejoins derrière ma tête pour finir ma coiffure. Si on m'avait dit qu'un jour je me coifferais tous les jours autrement qu'avec une tresse toute simple ou un chignon tenu par une baguette. Mais maintenant je passe tous les matins un peu de temps à me coiffer. C'est même devenu un rituel réconfortant que je fais à moitié réveillée. Ce monde me change.

" Tiens, essaye-les. " me demande Nori quand j'ai fini de me mettre en robe de chambre. Visuellement, je ne vois rien de changer à mes poches, mais comme je l'ai vu coudre pendant qu'elles étaient retourner, je sais que le changement est dedans. Mes poches sont de leur poid habituel, donc je suppose qu'il a remit dedans mon bazar habituel de girlscoot qui bosse dans une écurie. Je ne mets pas beaucoup de temps à les attacher à ma taille et je glisse mes mains dedans. Je lève la tête surprise vers mon amoureux et glisse mes doigts le long des parois les plus en avant sur mes cuisses. Si avant j'avais une couture intérieur simple là où les deux tissus se rejoignaient pour former la poche, j'ai maintenant une bande de cuir. Je retire mes mains de l'intérieur et soulève une des poches pour mieux observer. Oui, c'est bien ce que j'ai senti, mes deux poches ont eut une partie renforcer pour former un fourreau idéal pour un couteau. Genre mon couteau en corne de cerf acheté à Bree par Bilbo qui ne m'a jamais vraiment quitté (enfin, sauf lors de ma seconde mort, mais dès mon retour au smial Bilbo me l'a redonné donc j'ai pas été bien longtemps sans). Couteau qui est au fond de la poche droite, habituellement.
" C'est des fourreaux à couteau ? " je demande confirmation.
" Oui, pour ton couteau. " commence-t-il tout en me tendant un second couteau. " Et celui de Dwalïn. "
Je le dévisage quelques instants.
" Celui de Dwalïn ?
- Il voulait que tu ai toujours un couteau sur toi, un avec une lame qui s'use moins vite que ton couteau habituel. Il l'a forgé lui-même. C'est un couteau en fer nain, plus solide que celui humain. Il s'entretien pareillement que ton couteau habituel, mais tu verras que le fil de la lame est plus résistant. "
J'observe de prêt le couteau. C'est un couteau de la même taille que mon habituel, mais il est plus neuf, plus brillant. Le manche est finement torsadé, me rappelant vaguement une corne de licorne.
" Pourquoi il ne me l'a pas offert lui-même ? " je murmure, ému que Dwalïn ait prit le temps de me faire une arme aussi parfaite pour moi.
" Hum. Comment dire ça avec tact ... Un nain n'offre pas une arme à une naine sans avoir d'intention ou être de sa famille et tu es un tout petit peu presque marié. " s'amuse-t-il. Je porte une main à mes yeux avec un rire humide. Yep, je suis très émue par un cadeau comme ça. Il y a aussi le fait que même Dwalïn semble au courant de la situation que je fais semblant d'ignorer. Si j'avais encore un doute sur le fait que la compagnie était dupe, c'est loupé.
" Comment je le remercie discrètement ? Qu'est-ce qu'il lui ferait plaisir tu pense ? " je demande après m'être essuyé pas très discrètement les yeux.
" Tu peux peut-être demandé à Bilbo de refaire ses muffins au maïs ? Dwalïn les adore. "
Je hoche positivement la tête.
" Bonne idée.
- Je n'ai que des bonnes idées. Allez, renfile ta robe, que je te montre comment dégainer tes couteaux sans âbimer ta robe. Et je veux voir si c'est bien discret ce que j'ai fait. "
Avec ça, il m'aide à mettre mes couteaux dans leur nouveau fourreau dissimulé dans mes poches, pendant que je pose quelques questions pour savoir si c'est une pratique courante (oui et non) et sur la technique de réalisation de ce genre de poche slash fourreau.

Je constate dès le lendemain que la compagnie semble s'être passé le mot, puisque je ne sors de l'aile royale quasiment jamais seule. Il y a toujours un nain qui va dans la même direction que moi et un autre qui passait par là et viens me récupérer quand je ressors de l'endroit où j'étais. Ce serait mignon si on ignorait pas tous l'éléphant dans la salle, à savoir le fait qu'on est tous inquiet et qu'on refuse de l'admettre.
Si pour ma santé mentale je continue de faire comme si de rien n'étais, le fait de ne pas être la seule à chercher à éviter d'être prise à partie par qui que ce soit fait que j'ai l'impression d'être une tête politique au milieu d'un coup d'état quelconque. Ce qui n'est peut-être pas si loin de la vérité, vu que je suis la soeur de Bilbo et membre de la compagnie.
En tout cas, malgré ma technique de l'autruche n'étant pas performante du tout, je remarque que c'est toujours plus ou moins les mêmes groupe qui viennent me prendre à partie ou venir parler avec les nains qui m'accompagnent (ou Bilbo) pour venir tenter de faire douter les membres de la compagnie du fait que je sois bel et bien moi. Ce serait un effort risible si ce n'était pas si discret que la plupart du temps, je ne comprends qu'après l'altercation qu'elles étaient les implications. On peut dire ce qu'on veut, mais les nains savent avoir le langage fleuri et sont très poète quand il s'agit de chercher à dire à quelqu'un qu'il n'est pas le bienvenu. Quand ce n'est pas directement dit subtilement en khuzdul.
À ce stade, je crois que Nori est presque toujours collé à mes basquettes, tapi dans l'ombre à veiller au grain. Pas que je capte qu'il me file, vu que je ne le vois jamais dans la journée, mais quand arriver le soir pendant notre repas avec la compagnie il est autant capable que moi de dire ce que j'ai fait dans la journée et à qui j'ai parlé ... Yep, j'suis p'tet pas l'outil le plus pointu du cabannon, mais je sais additionné un plus un.

Eh, fun fact : j'ai mon propre groupe de complottiste !
Regardez-moi faire semblant d'être moi et dupper les trois quart de la montagne sur mon identité pendant qu'un groupe d'irréductible nain refuse d'admettre que peut-être la compagnie sait me reconnaitre !

Oui, non, en effet c'pas très fun dans la vie de tous les jours.
Je positive comme je peux.

Vingt jours après l'altercation, je sors des écuries royales en fredonnant la chanson de Tonton Amédée. J'ai mal aux cuisses d'avoir passé 2h à faire des exercices sur une des chèvres royales avec Scili. Leur allure n'est pas la même et faire de la mise en selle est encore douloureux. C'est pas aussi fluide qu'un cheval, mais en montagne pour l'avoir testé, les chèvres sont en effet supérieur. Sans compter leur crâne plus solide. Chaque monture a ses avantages et désavantages, mais être à l'aise sur les deux m'aideras. Ne seras que pour comprendre ce que je cherche comme allure autant à pied qu'en selle, comme le dit Scili.

J'arrive dans le quartier où se trouve l'atelier de Bofur et Bifur quand un groupe me bloque le passage devant moi.
" Hey, bonjour ! " je salus en souriant, au cas où. Il y a une dizaine de nain que je connais visuellement, ils font partie de mon groupe de détracteur. Il y a plein d'autres nains dans la rue où on est, on est dans une des principales du quartier et de la montagne. Sauf qu'aucun ne bouge.
" J'aimerai passer, vous boucher le passage, est-ce qu'il serait possible que vous vous déplaciez s'il vous plaît ? " je demande poliment, après un blanc. J'observe le groupe pousser par les épaules un des nains. Leur porte parole ? Qu'est-ce que ça va être aujourd'hui ? Une nouvelle demande pour que j'avoue ne pas être moi ?
" On a été patient jusque-là, on est venu poliment demander la vérité. Tu as refusé de l'avouer. Nous avons tenté les voies officielles pour faire entendre raison à notre Roi sous la montagne, personne ne veux nous écouter tant tu les as ensorcelé. Même en tentant d'en discuter, personne ne veux nous croire. On ne sait pas quel moyen tu utilises, mais que ce soit du chantage ou un sortilège, cela s'arrête là. " monologue leur porte-parole du jour.
C'est le nain du marché.
Confiante dans ma position, tant dans la compagnie, la montagne ou dans la rue là de suite, je ne fais lever qu'un sourcil.
" Et aucun de vous en voyant autant de refus de vous écouter ne s'est dit que vous aviez peut-être effectivement tord ? " je tente, même si j'attends pas de changement de position.
Le groupe clame sur plusieurs tons et avec plusieurs arguments qui s'entremêle et que je ne discerne pas que non, ils ont raison, c'moi qui suis en tort. Je souffle misérablement.
" On arrivera jamais à rien ... " en disant ça je claque mes paumes ensemble et hausse la voix, pleine d'une confidence qui est feinte. " On va convenir d'être en désaccord, se serrer métaphoriquement la main et me laisser vivre ? Si je suis la fausse moi ça se saura assez vite, non ? " je tente d'imposer avant de tenter de passe entre plusieurs nains. Sauf que plusieurs nains me repoussent en arrière par des coups sur les épaules. Je les fusillent donc du regard. C'est la première fois qu'un de leur bande me touche et après quelques micro-seconde d'ébahissement en constatant leur nouvel aplomb, je place mes jambes pour avoir un meilleur appuis, appliquant une position de défense qui rendrait Dwalïn fier.
" Qu'est-ce que vous voulez exactement ? Je ne vais pas mentir et dire que je ne suis pas moi ? J'suis la première à avouer que la situation est pas super classico-classique, mais si vous me croyez pas moi, qu'est-ce qui vous laisse le droit de douter des membres de la Compagnie de Thorïn ? " je m'énerve sensiblement, prête à en découdre verbalement s'il le faut.
" La manière diplomatique ne marche pas, on va passer par la manière forte. " annonce un nain derrière moi et j'ai juste le temps de me retourner pour éviter un coup de poing que je fais dévier pour le prendre dans l'épaule et pas dans la tête. Je fais un pas en arrière pour rejauger la situation rapidement. Il y a le groupe de dix qui m'a occupé en parlant, mais aussi deux autres nains qui se tenaient derrière moi. Point levé devant moi, je suis désormais prête à me battre à main nue, machoir serré.
" Est-ce que quelqu'un peut aller chercher la garde s'il vous plaît ? Et prévenir Dwalïn que Dame Devoe a besoin de lui ? " je demande à haute-voix en espérant qu'un des nains passant dans la rue aille le faire et alors que je vois dans ma vue périphérique que des gens bougent, j'esquive aussi le coup d'un nain, avant d'enfoncer un coude dans les côtes d'un autres.
" Muthgathug " je leur hurle l'insulte en me prenant un nouveau coup de poing. Cela déclenche encore plus leur colère et alors que je tente de garder le dessus, je me rends bien vite compte de la futilité de la chose. A douze contre moi qui sait qu'à moitié me battre, j'ai aucune chance. Je me retrouve rapidement au centre d'un cercle d'hostile. Ils m'ont mené là où ils voulaient sans le moindre soucis. Je vais avoir des bleus demains et la situation dérape de plus en plus ... J'ai un instant d'hésitation à sortir au moins une de mes lames. J'ai pas spécialement envie de blesser qui que ce soit, mais j'ai pas trop envie de me faire tabasser. Légitime défense, hein ?
" Elle parle Khuzdul, ça nous arrange, non ? " j'entends un des nains dire alors que je tourne lentement sur moi-même pour tenter de trouver une faille.
" C'est une étrangère ! " s'insurge quelqu'un.
" Charlotte Devoe a été reconnu comme naine honoraire à titre posthume, non ? "
" Si elle parle Khuzdul, ça veut dire qu'on peut régler ça tel des nains ! "
Avec ça, le groupe de nains et sans doute d'autres vu le nom de voix commence à scander " naibkhî ! ", le bruit de la foule s'amplifiant.
Je n'arrive pas à réfléchir tant j'ai le cerveau dans un brouillard de peur. Il n'y a pas le moindre visage autour de moi qui semble compatissant. Où est Nori ? Où est la garde ? Pourquoi est-ce que j'ai ouvert ma bouche encore une fois pour parler en khuzdul ? Est-ce que je retiendrais un jour que je suis pas censé savoir le baragouiner ? Surtout face à des gens déjà méfiant de l'étrangère que je suis à leurs yeux ? Je tente de me rappeler des conseils que m'a donné Dwalïn si jamais je me retrouvais entouré d'adversaire, mais je n'arrive pas à me focaliser. Par-dessus la foule qui scande, il y a un nain qui déclame quelque chose en khuzdul et je n'en pige que quelques mots. Du peu que je comprends, on me provoque en duel. Contre qui exactement, je sais pas, mais je sais une chose :
" Je n'ai pas à répondre à votre demande en duel ! " je hurle, la voix tremblante de peur, même si je tente de la moduler pour pas que ça s'entende " Si vous m'attaquer je me défendrais, mais ça ne sera jamais un duel ! Je ne participerais pas à vos machinations débiles ! " je continue. La foule en cercle autour de moi semble plus compacte, je ne vois pas comment m'en sortir !
Bordel !
Et la matiné avait si bien commencé !
" Lai' ! " me préviens quelqu'un et je me retourne vers un nain qui s'avance vers moi avec une hache de combat.
" Crotte. " je me murmure en sortant hâtivement le couteau que m'a offert Dwalïn de ma poche.
Il se jette sur moi et j'ai juste le temps de parer ou éviter ses coups en faisant des pas de côtés. Si j'approche trop de la foule je me fais repousser au centre du cercle. On est en duel. Il est féroce. Je dois avoir des airs de lapin terrorisé.
Okay je le touche parfois d'un coup de pied, mais je le sais déjà que j'ai sacrément perdu, miracle ou pas miracle. J'ai commencé à apprendre à me battre il y a un an, comment je peux rivaliser avec un nain adulte qui a commencer à apprendre à partir du moment qu'il était assez grand pour tenir une arme ? J'ai genre zéro chance. J'suis vaguement contente que ce soit en un contre un et que Dwalïn m'ait entrainé.
Alors que la hache manque de s'abbatre à nouveau sur moi, je trébuche en esquivant et me fait repousser par un nain de la foule vers mon adversaire qui m'empoigne une partie des cheveux.
À quatre pattes au sol, j'ai les yeux rivés sur plusieurs poignées de cheveux bleus qui tombe devant moi.
Ce ...
Ce sont ...
Mes cheveux ... ?
J'ai mal au crâne en effet et tremblante, je porte une main à ma tête.
Mouvement que j'aborte quand je me fais tirer par les cheveux en avant et me rattrape sur les bottes de mon adversaire, une main qui tente de tirer mes cheveux en sens inverse en hurlant de douleur.
J'entends d'autres hurlement et sans que j'ai le temps de comprendre plus la situation je me retrouve de nouveau au sol, sanglotante.
" Dame Devoe ! " hurle quelqu'un.
À travers mes larmes, j'observe plusieurs nains armés mettre au sol plusieurs autres nains et dispercer la foule.
La garde est arrivé.
Mon agresseur hurle en khuzdul à la garde. Il semble s'expliquer. Je sens une main sur une de mes épaules et je sais que j'ai quelqu'un accroupis à côté de moi, mais je n'arrive pas à quitter des yeux mon agresseur.
Qu'est-ce qui vient de se passer exactement ?
Où est Nori ? Où est Bilbo ?
" Dame Devoe ? " répète le garde qui est avec moi au sol et m'aide à m'assois sur mes hanches.
Cela énerve plusieurs nains qui me maintenant dans le cercle et même les mains attachés dans leur dos et maintenu par des gardes de la montagne, ils hurlent tel des chiens enragés que je ne suis pas Charlotte Devoe, mais juste une catin opportuniste. Je ne les écoute plus. Je porte mes mains à ma bouche pour m'empêcher d'hurler. Je n'arrive plus à respirer. Crotte.
Crotte. Crotte.
Merde.
Punaise ...
Je pleurs à gros sanglot et n'arrive pas à me calmer. Mon agresseur a été déplacé loin de moi et je tente une nouvelle fois de comprendre ce qu'il vient de se passer.
Le garde à mes côtés me demande presque en boucle si je vais bien et s'il peut faire quoi que ce soit, m'informant que Dwalïn a normalement été prévenu maintenant, ainsi que Bilbo et la famille Ri.
Muette, je tente de respirer à nouveau.
Devant moi il y a encore mes cheveux au sol. J'en ramasse une poignée.
Il m'a coupé les cheveux.
Ce ne sont que des bouts de kératines, pas une blessure ouverte, mais je sais la signification du geste pour les nains. Avoir les cheveux coupés est un signe de bannissement. Même si un nain sans rang n'a aucune vigueur à me juger, cela témoigne plus que le duel combien ils me détestent et veulent me voir quitter la montagne. Ils me veulent morte. Moi qui pensait que ce n'était que des remues-ménages sans grande importance. Mes larmes se renouvellent alors qu'enfin je laisse le garde à mes côtés m'aider à me relever. Debout, je sers mes cheveux tombés contre moi.
Honte sur moi.
Honte sur mes ancêtres.
Hontes sur mes descendants.
Le garde me redemande si je vais bien.
Non, bien sûr que je vais pas bien !
Je hoche négativement la tête, furieuse et du poing m'essuie une nouvelle fois les joues.
" Il va falloir que vous témoignez Dame Devoe. " tente de me pacifier le garde. Il a l'air peiné. Pour moi ? De la situation ? D'autres choses ?
" Si vous voulez bien me suivre, il y a un poste de garde à deux rues. " me propose le garde presque timidement. Je hoche mollement la tête et le laisse me guider, ses doigts frôlant mon coude. Je laisse retomber mes cheveux au sol. ça sert à rien de les garder.
Autour de nous, la foule se disperse, les gardes arrêtent d'autres nains.
Détaché, je fais fis des divers hurlements autour de moi, me concentrant sur le garde qui m'accompagne.


Distribution de chocolat, qui veut un carré de chocolat ? J'ai tout les parfums, qui n'en veux ?