Il y a eut un orage.
Ma box Internet et mon PC ont fait PLOUC, les plombs ont survécu, le PC, la box et plusieurs autres trucs ont mourru. Pile au moment où j'étais contente d'arriver à écrire un chapitre par jour.
Est-ce que le projet de Par-delà le voile est maudit ?
Oui.
Chapitre 47
T'es pas d'ici ça saute aux yeux
20 novembre
La naine en face de moi est en train de recouvrir d'une poudre son parchemin pour faire sécher l'encre. Je la regarde sans vraiment réussir à me concentrer sur elle. Mon cerveau tente de me faire tout ignorer de la situation tout en repassant en boucle ce qu'il vient de se passer, quand bien même j'essaye de ne pas être trop courte avec celle qui a prit mon témoignage.
J'ai arrêté de me prendre la tête dans les mains il y a une demi-heure environ. Mes cheveux sont défait et tombe partiellement sur mon épaule gauche où je les ai déposés. Côté droit, c'est un champs de bataille et la plupart des mèches m'arrive à peine au menton. Je ne suis pas vaine, mais ... j'avais mit du temps à faire pousser mes cheveux jusqu'à mi-cuisse et les avoir de nouveau si court, j'ai l'impression de ne plus être moi, même si ce n'est que d'un côté.
Je m'ébouriffe le cuir chevelu, faisant attention à ne pas emmêler mes longueurs restantes.
De l'autre côté de la porte, il y a des hurlements.
Inquiets. De douleurs.
Plusieurs voix.
Je tourne vaguement les épaules vers les sons.
Qu'est-ce qu'il s'y passe ?
" Dame Devoe ? " m'interroge la naine. Je tourne la tête vers elle, sans bouger plus.
Je veux quitter cette pièce.
" Est-ce que vous accepteriez de vous déshabiller pour me permettre de noter vos blessures ? Vous avez le choix du médecin de votre choix pour cela. Ou nous pouvons le faire sans la présence de votre médecin, mais vous aurez alors injonction d'aller lae voir plus tard dans la journée. "
Est-ce que j'ai vraiment envie de déranger Óïn pour ça ? D'un côté, c'est tentant de ne pas le faire venir. De l'autre, que ça soit maintenant ou plus tard ... Sans compter que si j'essayes de ne pas me faire examiner par Óïn, la compagnie tout entière va me rendre chèvre. Pis bon, c'pas comme si Óïn m'ait déjà vu relativement nue par le passé. C'est un médecin et un ami en qui j'ai confiance.
J'ai envie de me fracasser le crâne contre le bureau. Genre, c'est méga tentant, étrangement.
" Est-ce qu'on peut faire venir Óïn, fils de Fundin ? " je fini par demander après une forte réflexion.
" Bien sûr. "
Elle se lève et sort de la pièce, faisant bien attention de fermer derrière elle la porte.
Seule, je m'essuye piteusement une fois de plus les joues. Je pleure silencieusement presque non-stop. C'est embêtant. Je pige pas mes réactions. Mourir, à plusieurs reprises, je chiale pas. On m'agresse, paf, je chiale.
Pfff.
Je m'exaspère.
La naine revient dans la pièce et me tends ... un des mouchoirs de Nori. Je lève les yeux sur elle immédiatement.
" Personne n'a le droit de venir vous voir pour le moment en dehors de la famille, mais rien ne dit que personne ne peut vous apporter des choses. " explique-t-elle évasivement en haussant les épaules, l'air nonchallente.
Je me replis presque sur le mouchoir dans mes mains. Un de mes pouces parcours les broderies que je connais par coeur, il s'agit de l'emblème de mon amoureux. Il les a sur tous ses vêtements, que ça soit discret ou non.
Il n'est pas loin de moi.
Les hurlements redoublent de l'autre côté de la porte et on se tourne toutes les deux vers la porte.
" Je suis son médecin ! Vous restez ici ! Je ne vous laisserais pas la mettre plus mal à l'aise qu'elle doit déjà l'être ! " hurle à rendre sourd qui l'entends Óïn.
" Je pense qu'il est arriver, je vais aller le chercher. " dit mécaniquement la naine. Je la respecte parce qu'elle reste stoïque en ouvrant la porte sur Óïn qui joue des coudes avec l'aide de Glóïn pour maintenir plusieurs personnes loin de la porte où je suis. Je ne distingue que Bilbo qui a l'air enragé et prêt à mordre l'oreille de Glóïn pour une chance de passer.
" Dori retiens Nori. " explique Óïn qui se glisse dans la pièce. La porte claque derrière lui. La garde est en train de hurler en khuzdul ce que je pense être un rappel de la loi et le calme revient soudainement.
" Physiquement, comment vas-tu ? " demande Óïn qui installe un paravent dans la pièce que je n'avais même pas vu.
" Quelques cheveux en moins, un bleu sur la pommette gauche, pour les plus importants, j'ai p'tet une coupure légère à la cheville, je pense que les vêtements ont éviter plus, mais j'ai pas eut le temps de vérifier plus. Hum ... " je bouge à peu près tout mes membres. " Des bleus à plusieurs endroits, je pense. Rien de bien grave, quoi. "
Avec cet énumération, je me lève pour aller vers Óïn qui me pousse gentiment derrière le paravent. Il est déjà en train de sortir des crèmes et des papiers. Je le laisse faire et commence à me déshabiller.
" Comme je sais que tu ne connais pas trop nos lois, juste pour te prévenir, je vais noter en détail toutes tes blessures. Cela ne sert que pour les archives et vu ce que tu me dis, je doute que qui que ce soit d'autres que moi n'en aura l'utilité, ce sera donc secret. "
J'arrête mon mouvement.
" Ça sert à quoi alors ?
- C'est utilisé pour vérifier dans neuf jours s'il y a les moindres séquelles. Mais à prioris, tu seras pleinement guérie d'ici là. " explique-t-il, alors qu'il m'aide, impatient.
Ses mouvements sont sec. C'est comme ça que je sais qu'il est stressé.
" Hey ? " j'attire son attention, une fois en sous-vêtement devant lui. " Je vais bien. "
Il a un rire nerveux pendant qu'il me palpe l'épaule. Aîe. Oh. C'est pas un bleu, mais un noir : ça va être moche et être sensible pendant quelques temps.
" C'est moi qui devrait te rassurer et pas l'inverse.
- Eh. C'est fini. "
Óïn claque de la langue.
" A en juger par les réactions de ta famille et de nos amis, cela ne fait que commencer. "
Ah. Pas faux. Je secoue positivement la tête et silencieusement, le laisse continuer son inspection.
Je n'ai aucune coupure. Que des bleus. Certains sont moches, mais rien de bien grave. J'ai littéralement été juste secoué un peu dans tous les sens. Rien qu'un peu de la crème magique d'Óïn ne puisse guérir.
Je me rhabille pendant qu'Óïn m'explique le coup des neufs jours après tout crime. Si je recevais la moindre blessure lors d'un délis quelconque, on fait un constat le jour même et neuf jour après, un médecin juge de la gravité de la blessure, s'il y aura des séquelles et la gravité des blessures. Selon, l'auteur du délis est chargé de prendre en charge les soins, le logement et la nourriture du malade et des gens l'entretenant plus d'autres amendes éventuelles, parfois à vie si les séquelles sont importantes de type membre en moins.
C'est pas con du tout comme manière de faire, même si je suis contente de ne pas en avoir besoin.
" Je vais voir si tu as encore des choses à faire. Tu veux rester là ou rentrer dans tes appartements aujourd'hui ?
- Rentrer, s'il te plait. "
Óïn hoche la tête et je le regarde me laisser seule. Assise de nouveau sur la chaise devant le bureau, je caresse le mouchoir de Nori. Je n'entends plus de cris, je me demande où est tout le monde.
La porte s'ouvre sur la garde qui a prit mon témoignage, le garde qui m'a amené ici et Óïn.
" Ce jeune nain va te raccompagner. Moi j'ai des choses à faire. On se revois ce soir, je vais tâcher de t'envoyer Bilbo, Nori ou un de ses frères dès que j'en croise un, j'ai des choses à faire. "
Avec ça, mon vieil ami s'en va d'un pas décider. Je le regarde s'éloigner, puis disparaitre pendant que la garde m'explique les mesures qui ont été engagé pour prouver l'attaque et le rôle de mes agresseurs et témoins. Je n'écoute qu'à moitié, fatigué émotionnellement comme je suis. J'ai l'impression de sortir d'une nuit blanche.
Moi qui pensais que tout irait bien et que la situation ne dégénerait pas, ou au moins pas autant.
Idiote.
J'aurais dû en parler plus avec la compagnie, voir quelles mesures ont auraient pu mettre en place autre que me donner un nouveau couteau et faire en sorte que je sorte plus seule.
C'est débile toute cette situation.
Juste parce que j'ai refusé d'avouer ne pas être moi.
Pff.
" Dame Devoe ? "
Mon attention retourne sur la naine qui me sourit tristement.
" Je vais arrêter de vous lasser et vous laisser aller vous reposer. Vous en avez bien besoin. Si je peux me permettre un conseil ? Parlez-en à quelqu'un. Soit à votre famille ou à quelqu'un d'autres, mais ne gardez pas tout pour vous. "
Je la remercie vaguement, avant de commencer à quitter les couloirs du poste de garde.
Le garde m'emboite le pas sans broncher.
Sur le chemin, je ne peux m'empêcher d'être heureuse de ne croiser personne de la compagnie. Je me sens également coupable de penser ça, parce que je me doute que la situation doit les inquiéter, mais je veux juste ... du calme, être seule, dans un endroit où je suis confortable. Je ne veux plus être dans la rue.
Je pleure silencieusement, mais le garde se place systématiquement entre moi et les passants dans la rue, tant et si bien que je suis protéger physiquement et je pense que peu de gens me voient effectivement.
Arrivé à l'aile royale, j'échange des signes rapides de tête avec les gardes protégeant la porte. Mon accompagnant me salue rapidement et je m'engouffre rapidement dans les couloirs que je connais si bien.
J'ai l'impression immédiatement d'être plus légère et je ralentis le pas, avant d'entrer dans les appartements que je partage avec Bilbo.
En passant devant la cuisine, je constate qu'elle est en bordel. On dirait que Bilbo était en train de cuisiner quand il a tout laissé en plan.
Je grimace par automatisme.
J'aime pas l'idée que je l'ai dérangé, même si je sais bien que si la situation était inversé j'aurais fait la même.
Je continue d'avancer dans l'appartement, jusqu'à la salle de bain. Je m'y enferme et fait face à la surface poli qui sert de miroir. C'est la première fois que je peux admirer le résultat de l'escarmouche.
Je grimace.
La partie droite est horrible.
Du bout des doigts, je déplace des mèches et observe l'étendue des dégâts. J'ai des endroits presque à ras du crâne, des endroits où j'ai quelques centimètres et des endroits où j'ai presque une dizaine de centimètre !
Pas question de rester comme ça, on voit que je me suis fait agresser.
La véritable question est plutôt : comment je peux rattraper ça ?
Plusieurs coupes me vienne en tête et je tente de m'imaginer avec. Mouais. Aucune ne font vibrer mon coeur autant que les cheveux longs, mais ce n'est que pour quelques mois.
Je grimace, attristée à l'idée.
Il m'a fallu presque cinq ans pour arriver à ma longueur définitive.
Mes cheveux vont me manquer.
Je fouille dans nos affaires sur l'étagère, cherchant les ciseaux à cheveux que je partage avec Bilbo, ainsi que la boite à pharmacie dans laquelle je prends un genre de couteau avec une lame de rasoir qui sert à raser. Aucun de nous deux ne se rase, c'est pour ça que le seul rasoir de la maison est dans la boite à pharmacie, pour pouvoir en cas de blessure dégager la zone à traiter.
Je vérifie que j'ai sur l'évier tout ce qu'il me faut pour une session de coiffure et rasage.
J'ai tout.
Okay, go !
Je me mets entièrement nue pour éviter de faire tomber des cheveux dans les vêtements et commence à me brosser les cheveux pour retirer les nœuds et reste de coiffure. A l'aide du manche d'un pinceau que j'ai été cherché dans ma chambre je me fais une raie sur le côté pour séparer mes longueurs de la zone que je vais raser et attache mes cheveux loin sur mon crâne.
Je coupe au ras du crâne la quasi intégralité de mon crâne du côté droit, avant de raser aussi soigneusement que je peux. J'ai pas l'habitude et je vois mal ce que je fais, sans compter que vers l'arrière de l'oreille j'y vais au p'tit bonheur la chance. J'ai la peau irrité, plusieurs petite plaie qui saigne beaucoup, mais au bout d'un moment, je finis par avoir une peau sans cheveux. C'est jamais arrivé dans ma vie et très perturbant.
Je ne me reconnais même pas dans le reflet du miroir.
Je retiens un sanglot.
C'est ridicule.
J'suis pas morte deux fois et n'ai pas sauvé deux fois Arda (enfin, aidé à sauver) pour me faire marcher dessus !
Je me frappe violemment la joue.
Stop chialer !
Ressasser en boucle l'agression ne changera rien. J'inspire profondément.
En tout cas, va falloir que je progresse en khuzdul de façon assez drastique si je pige même pas quand on me provogue en duel. Sois disant qu'on m'a réciter mes droits, parce que visiblement savoir quelques insultes et tenir une discussion rapide laisse sous-entendre que je suis capable de tout piger. Comme si ...
Je finis de me couper les longueurs restantes aux épaules.
Hum.
Ouais, nope.
Je suis pas coiffeuse, déjà.
Ensuite, c'est pas une coiffure que j'aime.
Mon petit coeur de bi vibrait de voir des femmes avec cette coupe, mais me voir avec ? Welp, nope.
Vivement que mes cheveux repoussent.
C'est présentable, c'est tout ce qui compte pour le moment.
Et ça sera plus facile à entretenir.
Je souffle, démoralisé.
Ça va être long ...
Je me sens étrangement légère avec presque 60cm de cheveux en moins et la moitié du crâne maintenant vide.
Je secoue mes cheveux avec mes mains pour faire tomber au sol un maximum de cheveux au sol.
Allez, hop, à la douche !
