Chapitre 52
Projette des ombres en une pâle nuance de bleu
22 novembre


Je regarde le tas de livre et feuille de note qui traîne dans le désordre le plus total sur mon bureau. Si Bilbo le voyait il me dirait sans doute de m'organiser un peu mieux. Je souffle intérieurement, parce qu'il aurait raison. Je renfonce ma tête dans l'oreiller. Je me suis partiellement levé pour aider Nori à se coiffer, mais il est déjà partie déjeuner ou espionner ou que sais-je. J'aurais pu demandé, mais ça demandait beaucoup trop d'énergie.

J'ai eut une nuit complète. J'ai bien dormit. Mais j'ai encore du sable dans les yeux et surtout, je me sens léthargique. Je veux juste dormir encore un peu.
Je sais que raisonnablement c'est un contrecoup de ces derniers jours et surtout, d'hier.

Beaucoup trop d'énergie a été utilisé pour sembler forte face à la montagne entière et à mes agresseurs. Je suis rester aussi droite qu'Érebor.
Aujourd'hui, comme un contrecoup, je veux juste larver sous ma couette.
Je m'enroule dans la couette.
Allez.
Je compte jusqu'à cinq et je me lève.
Un.
Deux.
Trois.
Quatre.
Cinq.

Allez, gogogo.

Je grogne, mais sors de la sécurité de ma couette pour me préparer à affronter la journée.

Immobile devant la porte qui me sépare du reste du monde, j'inspire profondément.
Comment dire à Bilbo ... ? Directement, oui, mais cela va l'inquiéter et je n'ai pas envie de passer du temps à débattre que c'est une idée de merde.
C'est mon jour de repos, j'en fais ce que je veux et je sais que c'est pas bon, mais juste ...
" Coucou Bilbo. " je le salue en entrant dans notre grand salon.
" Bonjour Charlotte ! Comment tu vas ? "
Je hausse les épaules. " Comme ci comme ça. Mieux qu'avant hier, moins bien qu'hier. "
Il souffle doucement, même si je vois bien qu'il cherche à être discret.
" Je veux rester au calme, ici et ne voir personne. " Il ouvre la bouche et je lui coupe la parole aussitôt " Je sais que c'est pas la meilleure façon d'affronter la situation, mais c'est ma journée de repos et ... j'ai besoin de calme pour me calmer véritablement et pouvoir ... je sais pas, affronter le futur ? Me remettre à zéro ? " je tente d'expliquer une partie de la brume qui me recouvre.
" J'ai besoin d'une journée où broiller du noir totalement. " Tel l'emo que je dois être intérieurement.
" D'accord, d'accord ... Si demain tu continues, je te mets mon pieds au derrière, d'accord ? " négocie mon frère préféré (normal, c'est mon seul).
" Ça roule ! " j'approuve, un sourire aux lèvres.
" Est-ce que tu veux que je reste avec toi ?
- Nah, t'en fais pas, j'vais être de mauvaise compagnie. J'pensais p'tet voir pour avancer de mettre à jour mes bouquins, tu sais, mon projet de publier mes notes ?
- Tu sais où me trouver si tu as besoins d'un avis ? Hein ? "
Bien sûr que je sais où le trouver et après quelques autres rassurance, il me lâche la grappe.

Au petit-déjeuner avec le reste de la compagnie, j'annonce mon plan de rester cloitrer dans nos appartements pour ne pas les paniquer de ne pas me voir de la journée.
" Tu ne devrais pas les laisser gagner et montrer que tu as peur de sortir. " râle Dwalïn.
" Je n'ai pas peur. Je pourrais sortir, me montrer. Mais ce n'est pas de la peur. Hier je suis allée travailler, demain j'irais à nouveau, mais aujourd'hui c'est mon jour de repos et j'en fais ce que je veux. Et ce que je veux, c'est me faire une pity-party, manger des gâteaux et rester chez moi.
- Et tu ne veux pas faire ça dans les parties communes avec nous ? " tente Kíli " Ou alors dans l'atelier de Bofur et Bifur, tu y es à l'aise ? Ou si tu veux plus privé, pourquoi est-ce que tu n'accompagne Balïn ? Son bureau est super privé. "
Je souris pour rassurer Kíli qui s'inquiète visiblement pour moi.
" Nah, je veux pas déranger qui que ce soit. Et c'est un compromis avec moi-même, je voudrais plutôt rester sous ma couette à vrai dire. " j'extrapôle.
" Tu ne déranges personne, amour. " me glisse Nori en même temps qu'il pose dans mon assiette un nouveau croissants aux amandes.
" Je ... Je suppose, mais j'ai quand même pas envie de déranger qui que ce soit. Vraiment, j'vais rester dans le canapé à presque rien faire et ça me va. "
Ce qui lance un mini-débât, où chacun vente les mêrites soit de me laisser faire, sois de me forcer à sortir. Personne n'a d'avis bien tranché et les avis changent comme de chemise au fur et à mesure des arguments énoncés.
" Hey. " je murmure et cela suffit à se faire taire tout le monde.
" Vous en avez assez fait pour me protéger ces deux derniers jours. J'en suis reconnaissante, hein, mais là c'est à mon tour de faire des trucs pour moi. "
J'suis vraiment contente de les voir s'inquiéter pour moi, mais c'est pas pour ça que je leur ai dit, j'voulais pas qu'il s'inquiète d'avantage.
" Si tu es sûre de ton idée ... " souffle Dori, mais il reprends son thé et lance une discussion sur les couleurs à la mode du moment. Visiblement, le bleu aigue-marine prends doucement la poupe.
Je lui souris, reconnaissante.

Le petit-déjeuner fini, j'embarque avec moi une assiette de croissants aux amandes (Bombur les fait juste assez beurré pour qu'ils soient moelleux et presque humide, mais pas gras). Nori me suit et après un échange silencieux de sourcil, je décide de l'ignorer s'il veut me tenir compagnie alors que je compte ne pas m'occuper de lui ... Sa décision, il assume, c'est un grand garçon.

Je pose mon assiette sur un des guéridons que je colle au canapé et vais chercher ma couette et quelques livres et notes dans la chambre.
Quand je me suis installée confortablement dans le canapé, enroulé tel un loir dans ma couette, Nori m'offre une tasse de thé et sans m'adresser la parole, se love contre mon cocon, un livre dans la main avec sa tasse.
Mon coeur déborde d'amour pour lui.
Il est prévenant et respecte mes limites. Je n'ai pas à négocier pour être moi et agir comme je l'entends. Je souffle doucement sur mon thé et l'observe lire dans un silence le plus total. Je n'entends que sa respiration, le bruit du thé qu'on savoure et les pages tourner.
Les yeux fermer je profite de ce calme ambiant.

Au bout d'un moment, la porte de l'entrée s'ouvre pour révêler Bilbo qui va se valer dans un fauteuil avec un livre. Il semble nous ignorer tout à fait si ce n'est que je l'observe nous jeter des coups d'oeil de temps en temps avant que finalement, le contenu de son livre le happe totalement.

Ori arrive quelques temps après et je baisse mon carnet pour le voir galérer à porter sa tour de livres sans en faire tomber. Il laisse presque tomber son tas à côté de moi, avant d'en sélectionner quelques uns et se faire un mini-tas à côté d'un fauteuil dans lequel il s'installe, avant de prendre un livre qu'il ouvre à la première page. Nori échange quelques signes en iglishmêk avec son frère, mais personne ne brise le silence et pour ça, je suis contente, puisque ça me laisse tourner mon attention sur moi.

Finalement, quand j'en ai marre de faire semblant de prendre des notes et de faire semblant de réfléchir, je me penche, délogeant Nori pour regarder les titres des livres qu'Ori a ramené.
Tous les livres sont en khuzdul.
Ce sont des romans pour enfant ou jeune adulte, je reconnais quelques titres comme étant des histoires très populaire. Je ne peux m'empêcher de pouffer silencieusement. C'est bien un truc digne d'Ori d'entendre " pity-party " et décider de ramener de la lecture légère dans une langue dans laquelle je dois progresser.
" Merci. " je souffle en prenant le premier de la pile, délaissant mon carnet.
J'ai pas envie de bosser sur mes notes, malgré ma bonne volonté de profiter de mon jour de congé pour avancer dessus.
Farniante it is pour aujourd'hui.
Enfin, pas tout à fait, puisque je vais apprendre plus de ma culture d'adoption et progresser dans mon apprentissage de la langue.

Je n'en suis qu'à la cinquième page quand c'est au tour de Dori d'arriver, avec son nécessaire de couture et il s'attaque à une broderie, assis sur une chaise qu'il a sorti de la cuisine.
Je roule des yeux vers le plafond. Dire que je voulais être seule.
C'est râpé, mais je ne suis que moyennement surprise.
Enfin bon, ils sont silencieux et me laisse tranquille, c'est tout ce que je demande.

Une heure après, c'est Fíli et Kíli qui arrive, des lettres dans les mains et ils se posent au sol près du canapé, presque à plat ventre avec un nécessaire d'écriture chacun. Dans le silence le plus total, je les regarde rédiger ce que je pense être des réponses avant de retourner à ma lecture.

Lover contre Nori qui n'a pas vraiment bouger, je m'enfonce contre lui de plus en plus au fil des pages. L'histoire est passionnante, mais il fait bon, il fait chaud et je suis bien. La fatigue de ce matin m'empêche de rester concentré et à force de couler contre mon amoureux, celui-ci fini par me prendre dans ses bras et m'installer la tête sur ses genoux.
Les yeux mi-clos, j'observe les activités silencieuses autour de moi de longue minutes. Je ne lutte pas beaucoup contre le sommeil qui m'envahit doucement.

Quand je me réveille, immobile, je constate que Bofur et Bifur sont installé dans deux chaises et sont en train de tailler chacun quelque chose. On dirait du caillou d'ici, c'est chelou.
Glóïn et Óïn sont en train de discuter activement en iglishmêk debout devant la cuisine. Je serais curieuse de savoir de quoi ils parlent.
Gimli s'occupe de sa hache, assis à même le sol près des deux princes.
Qu'est-ce que la baise ?
Je préviens que je veux rester seule et soudainement la moitié de la compagnie quitte son poste ou travail pour venir passer du temps avec moi ?

Bombur sort alors de la cuisine (même lui ?) et sert du thé aux membres présents de la compagnie. De mon côté, je continue de faire semblant de dormir pour assister à la scène silencieuse. C'est reposant de les voir calme. Bombur s'installe sur une chaise à côté de Bilbo et je les regarde murmurer entre eux je ne sais trop quoi.
Nori semble avoir capté que j'étais réveillé puisqu'il me caresse les cheveux.
Je referme les yeux et hummume doucement pour montrer que j'apprécie.
" Dolzekh. " je murmure en laissant le sommeil m'emporter de nouveau.

Quand je me réveille tout à fait, tout le monde discute à voix basse et mange dans des bols. On doit être aux alentours de midi. Je suis surprise de voir que même Thorïn, Dwalïn et Balïn sont là. Toute la compagnie est là finalement. Je souris. L'ambiance me rappelle la route vers Érebor et ... ça m'avait manqué, en vrai. On passe du temps ensemble, bien sûr, déjà tous les soirs et tous les matins, mais j'ai rarement des matinés complètes où je les vois tous.
Je me redresse et m'étire.
Certains nains m'adresse de timide mouvement de mains, mais tous me sourit et je leur rends leur sourire. Dori passe à Nori un bol qu'il me passe ensuite. C'est du riz. Je commence à manger après un merci silencieux.

Vers la fin de l'après-midi, j'ai presque fini un second livre que m'a apporté Ori.
C'était pas du tout ce que j'avais en tête.
Je comptais me faire une bonne journée sous la couette sur le canapé, seule.
Finalement, je suis entourée de ma famille qui me laisse faire l'emo en montrant leur soutient.
C'est mieux que ce que j'avais prévu.

Pour les remercier de leur support, quelques soient mes lubies, je ne peux m'empêcher d'aller cuisiner le repas du soir.
Des croques monsieurs !
Si ils sont dubitatifs au début, c'est finalement accepté et apprécié.
Mes prouesses culinaires limités les impressionne encore. Moi je m'amuse juste de leur peu de foi et de leur faire découvrir des plats de mon monde comme je peux.
La soirée fini dans un brouhaha de tous les diables autour d'une partie de dé dont je ne comprends pas totalement les règles, et après le silence de la journée, j'ai presque l'impression de devenir sourde, mais je ne peux qu'éclater de rire à chaque lancer que je foire. Je suis sûre que Nori triche, même si j'ai pas encore trouvé comment. Voir Dwalïn enrager de perdre restera sans doute un super souvenir pour de longue année.


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