Chapitre 53
Dwobbit à nouveau
3 décembre


" Donc, dès que les augures seront bonne -
- Et la neige partie " je complète.
" On pourra partir vers le Rohan ? " conclut sa question Bilbo.
" C'est ça. Si la neige ne revient pas pendant une semaine, on saura qu'il est temps de vous laisser partir, mais pas avant. " confirme Glóïn qui nous aide à nous préparer pour nos vacances d'été.
On est dans la salle commune de la compagnie, en train de faire une liste de trucs à pas oublier et surtout, devant une carte pour décider du trajet à faire maintenant qu'on a reçu les dernières infos qu'ils nous manquaient.
Pour le moment, on vient de passer presque une demi-heure pour débattre de la date de notre départ, avant que Glóïn ne s'interpose pour concrètement nous donner une date, enfin, une fourchette de date.
" Donc, dans le courant de rethe si mes souvenirs sont bon et que la région n'a pas trop changé ? " propose Dori. Courant mars, je convertie automatiquement dans ma tête.
" Si on ne traine pas trop, ça nous ferait arriver vers ... le début de thrimidge ? " calcule Nori via un genre de compas sur la carte qu'on a sous les yeux. J'ai aucune idée de ce qu'est son outil, mais je vois son utilité dans le calcul de distance à vue de nez. J'ai déjà vu un truc similaire dans des dessins animés. Thrimidge c'est à peu près mai, donc à peu près 1 mois et demi de voyage. En prenant notre temps puisqu'on compte faire du tourisme après tout et pas que au Rohan. Glóïn a froncé les sourcils pendant que Nori faisait son calcul rapide.
" Vous comptez passer par le sud du bois de Grand'Peur ? " s'inquiète-t-il " Ce n'est pas un peu près de Dol Guldur ? C'est infesté d'orc.
- Nah, Thranduil a dit que c'était okay. " je lui réponds en lui tendant une lettre du roi elfe. " Je lui ai demandé c'était quoi le chemin le plus safe en passant par ses bois. Au passage je lui ai demandé comment se portait son royaume. Il n'y a plus de soucis d'araignée taille poney depuis longtemps et les derniers orcs ont été boutés hors d'Arda depuis la destruction de l'anneau (ou en tout cas, c'est en bonne voie et Grand-peur est bien défendu). Au cas où Thranduil propose de nous faire accompagner de quelques elfes, mais il propose qu'on aille jusqu'au palace et que de là on prenne le chemin vers Parth Celebrant. "
J'explique pendant que Glóïn survole la lettre de Thranduil qui dit ce que je viens de dire, avec plus de détail.
" Charlotte est tellement excitée qu'elle a prévenu à peu près tout le monde qu'elle connaît du voyage qu'elle prévoit. " s'amuse Nori.
" Et emprunter à peu près tous les livres sur le Rohan de la bibliothèque. " continue Ori sur le même ton amusé.
Je fais semblant de les fusiller du regard, ce qui les fait rire, forcément. Je suis pas ce qu'on appelle menaçante, surtout quand je suis pas sérieuse.
" Ce me semble être une bonne idée ce chemin. Vous êtes sûr de ne pas vouloir qu'on délègue une garde pour vous accompagner ?
- Non, on part en famille. Si le chemin paraît dangereux, on fera un détour. Le but n'est pas d'arriver au plus vite. " réponds Bilbo. Je ne fais qu'hocher vigoureusement la tête en reprenant ma lettre que me tends Glóïn.
" N'oubliez pas vos ami rester à la montagne et ramenez-nous des cadeaux.
- T'en fais pas Glóïn, on fera ça. " le rassure Nori.
Avec ça, Nori trace notre route avec l'aide de Glóïn pour qu'on fasse des arrêts réguliers dans des villages pour se ravitailler en cours de route. Comme ça on part léger quand même un peu, pas la peine de prévoir trois calèches et un cortège de chevaux.
" Qu'est-ce qu'on oublie ? " réfléchit à haute-voix Ori.
" De s'assurer qu'on a bien des chips. Et puis d'amener des ARMES. " j'appuis fortement sur le mot arme, ce qui fait se tourner vers moi Bilbo qui me lance un regard exaspéré. Je hausse les épaules.
" Hey, si j'ai appris une chose en voyageant dans ce monde, c'est qu'on a jamais assez d'armes. "
Ce qui fait souffler Bilbo.
" Elle a pas tord. " complète Ori qui se retient de rire.
" J'irais acheter de nouvelles dagues demain et je verrais pour nous reprendre un arc chacun.
- Pas pour Charlotte ! " s'écrie presque Kíli de l'autre bout de la salle en entendant la suggestion de Dori. Il nous écoutait le sacripan ?
" Pas pour Charlotte ? " interroge mon grand-frère par alliance.
" Elle ne sait pas se servir d'un arc.
- Ah, Bilbo, je ne dirais pas ça. Je dirais qu'elle est une grande aide pour l'ennemi. "
Glóïn et Dori regardent étrangement mon amoureux qui n'aide pas mon cas.
" Hier elle a faillit se transpercer le pied. " explique Dwalïn, non loin de nous.
" C'est compliqué de viser tout en tendant l'arc ! " je couine avant que quiconque ait le temps de rajouter un de mes non-exploits.
" Elle n'a plus le droit de toucher un arc. " conclut heureusement pour moi Dwalïn. Je souffle de soulagement, parce qu'il y a tellement d'histoires gênantes qu'il pourrait raconter. Moi et les arcs, c'est pas une histoire d'amour, okay ? Déjà, malgré les gants, je jure que je me suis arraché la moitié de la peau de ma main qui tire les flèches, je fais tomber la flèche une fois sur deux avant que j'ai eut le temps de tirer la corde, je n'ai jamais touché la cible à 10 mètre de moi et quand j'arrive à tirer la corde, je ne maîtrise pas la direction de ma flèche. Même avec l'aide de Kíli qui me tient les mains pour m'aider, je n'y arrive pas. Par précaution, on me fait tirer dans une allée d'archerie où les allées adjacentes sont vides, pour pas que j'embroche qui que ce soit.
" À ce point ? " s'étonne mon frère qui n'avait pas assisté à mes entraînements avec Dwalïn, Fíli et Kíli.
" Encore pire que ce que tu as en tête.
- Hush Dwalïn. Laisse mon égo tranquille. "
Le maître d'arme éclate de rire et je croise les bras, la tête rentrée dans les épaules pour rougir en paix, enfoncé dans ma chaise.
" Je veux en savoir plus ! " s'écrit Ori.
" Oh ! Mais regardez l'heure ! " je fais semblant de regarder une montre sur mon poignet. " Je dois aller m'échauffer ! À toute ! "
Avec ça, je déguerpis en marchant vers la porte. À peine dans le couloir, j'entends Fíli annoncer qu'il va m'accompagner, mais surtout " Kíli, oublie pas quand elle a voulu parier qu'à 3 mètre c'était pas possible qu'elle se loupe ".
Je me cache le visage derrière mes mains. Il fait chaud dans le couloir.
La honte.
" T'inquiète pas, c'est corps à corps aujourd'hui. " me rassure Fíli qui marche maintenant à côté de moi, un bras autour de mes épaules.
" Je sais pas si je survivrais de revoir la compagnie après qu'ils soient mis au courant de mes talents d'archère. "
Fíli, ce charmant jeune nain, explose de rire. Je fais donc semblant de le repousser en jetant sa main loin de moi.

Alors qu'on a fini depuis longtemps de s'échauffer et que Fíli est actuellement en train de me mettre une pâté en combat singulier, Kíli et Dwalïn arrivent dans l'arène extérieur de la montagne où on s'entraîne tous les soirs après le repas.

Après ma pity-party de l'autre jour, j'ai demandé à ce qu'on reprennent les entraînements plus régulièrement. Ce que Dwalïn a accepté avec plaisir et en a profité pour trainer les deux princes avec moi. On a presque tous les jours Gimli qui nous rejoint et à peu près une fois par semaine Ori.
Ce qui me fait du bien, parce qu'au-delà de me redonner confiance dans mes capacités à me défendre (toujours nulle, mais pas non plus ras des pâquerettes, je sais me défendre pas mal depuis le temps), cela me permet d'hurler et me dépenser. Visiblement s'occuper d'une écurie ne me permet pas de me défouler suffisamment.
J'ai des abdos maintenant ! En plus des muscles qu'on devine sur mes bras, voir qu'on voit au niveau des biceps !
Okay, j'ai pas la carrure et la musculature d'une naine, mais c'est un énorme changement par rapport à ce que j'étais avant (et Nori apprécie, donc c'est un énorme plus pour moi). Bon, vu que mes dits muscles sont apparus en genre une semaine, Dwalïn me dit qu'ils étaient déjà là, juste pas dessiné parce que je les sollicité pas de la bonne façon, ce qu'on fait visiblement lors de nos exercices.

J'ai plus de temps libre, déjà que j'en avais pas. J'ai juste réorganisé un peu mon emploi du temps, j'ai l'impression d'être redevenu une collégienne. J'ai même un tableau sur une feuille que je trimbale partout pour savoir où je dois être à quelle heure !
Sérieusement, quoi.
J'adore le fait d'avancer dans plein de projet en même temps, mais j'adore encore plus mes dimanches où j'ai juste à faire un tour rapide des écuries le matin pour nourrir, retirer le gros des crottins et vérifier qu'il y a pas eut d'urgence pendant la nuit.
À quoi ressemble une journée de Charlotte Devoe ?
Réveil.
Petit-déjeuner avec qui de la compagnie est réveillée.
Matiné à bosser à l'écurie.
Repas de midi avec Nori, très souvent Bilbo, Dori et Ori, parfois un autre membre de la compagnie.
Retour aux écuries, pour de la paperasse. Parfois je me retrouve dans le bureau de Balïn pour de l'aide ou demander conseil. Ou parfois, je me fais un genre de réunion avec Scili.
Fin d'après-midi, c'est atelier avec Bifur et Bofur.
Repas du soir avec toute la compagnie.
Ensuite une heure ou deux d'entrainement avec Dwalïn.
Après, je m'écroule dans la salle commune avec le reste de la compagnie pour écouter les dernières histoires.

Mon carnet sur la génétique équine que je re-édite dans tout ça ? Eh, je l'avance les soirs si j'suis pas trop crevé, mais surtout je l'avance le week-end.
J'ai peu de temps.
Après, c'est pas quelque chose d'urgent.
Heureusement.

Pourquoi je passe tous les jours deux ou trois heures dans l'atelier de Bifur et Bofur ?
Pas pour la boite à musique, même si c'est mon excuse officielle et que je donne mon avis sur les avancements.
Après avoir demandé à Dori, j'ai eu la confirmation que je pouvais demander de l'aide pour mon premier cadeau de fiançaille/courtisage/séduction avec Nori ! Ce qui m'évitera de lui offrir trois dessins telle une amoureuse de maternel. On a pas encore de date pour le mariage, mais je pense que c'est le moment : notre contrat a été annoncé publiquement, je suis installée dans la montagne et après, ça sera un brin trop tard. C'est pas une fois au Rohan que je vais pouvoir profiter de l'expérience de Bofur et Bifur.
Cela a demandé plusieurs jours de croquis et de recherches avec Ori dans les archives pour voir si quelqu'un avait déjà tenté ce que j'ai en tête, mais visiblement, ce sera le premier de son type ! J'ai hâte de voir la tête de Nori en le voyant ! Enfin, j'ai déjà hâte de le faire.
C'est pour ça que dès le lendemain, je suis de nouveau dans leur atelier.
" Et là ? " je demande en montrant mes croquis à Bifur qui les observe en se grattant la barbe. Il y a tellement de petites parties qui peuvent partir en luciole qu'on a décidé que dans un premier temps j'aurais à faire des patterns aussi précis que possible pour qu'on fasse un prototype en papier super épais qui ressemble à du carton.
" Je pense que là si on passe sur le prototype ça devrait fonctionner. " m'informe le mentor dans cette tâche. Je suis contente d'entendre ça, parce que c'est genre le cinquième modèle qu'on fait, sans compter les variations des précédents croquis.
" Okay ! Merci ! "
Je sautille jusqu'à mon bureau pour reposer mes papiers et commencer à reporter mes formes sur le papier cartonné. Ça va roxxer du poney !

" Ça roxxe pas du tout du poney ... " je me lamente, écroulé sur mon bureau, le menton sur la table et mon prototype entre les mains qui a été infect à découper et monter et ne marche qu'à moitié. J'ai déjà rectifié ce que je voyais qui ne marchait pas, mais là je vois plus ...
" Biiifuuuuuur ... " je pleurniche " C'est tout cacaaaaa. "
Une main se pose sur mon épaule et une seconde me tapote le crâne.
" Déjà, ça ressemble à ce que ça doit ressembler. C'est quoi le soucis ? " questionne Bifur qui est celui qui a la main sur ma tête, je me redresse et observe Bofur qui est à mon autre flanc.
" Rien ne sort tout à fait et j'ai l'impression de pas avoir de pression pour le système de blocage. " j'explique en démontrant l'impossibilité de faire ce que je veux. Bifur me prend le prototype dans les mains et le fait bouger. Ses sourcils sont froncés, sa barbe tire du côté droit et je sais qu'il est concentré et doit faire des théories de modifications à faire. C'est toujours intéressant de voir son visage s'animer quand on lui pose un problème.
" Je pense que si on échange ses deux parties ... " commence Bifur et sagement, je l'écoute demander son avis à Bofur et les regarde échanger des avis, prenant des notes sur une feuille qui trainent avant qu'ils ne se rappellent que ce n'est pas leur projet et qu'ils m'expliquent.

J'aurais aimé avoir un prototype qui marche ce soir quand j'arrive dans notre salle commune, mais eh, les prototypes ça marchent jamais du premier coup sinon on en ferait pas et on réaliserait les projets finaux directement.
Dure leçon que j'ai toujours pas retenue.
" Charlotte ! " me saute dessus Kíli qui s'accroche à mon bras " Oncle Thorïn veut nous renvoyer en Ered Luin ! "
Je me tourne vers Thorïn qui les bras croisés, ne semble pas prêt à changer d'avis et Fíli à côté de lui a l'air aussi triste que son frère.
" Votre mère ne vous manque pas ?
- Siii ... " souffle Kíli qui me relâche sensiblement le bras. Il semble soudainement vide d'énergie de voir que je ne prends pas sa défense face à son oncle.
" Vous saviez que c'était des vacances temporaires et qu'il faudrait retourner à la maison. " je tente en lui tapotant l'épaule. Vaincu, il hoche la tête.
" Hey, on s'est bien amusé entre-temps. Pis on pourra s'amuser encore avant votre départ. Quand est-ce que vous repartez ?
- En même temps que vous. " me réponds Thorïn, catégoriquement.
" Oh, on a quelques mois ! On va pouvoir faire plein de trucs ! " j'annonce en regardant Fíli me sourire, rassuré et je vois Kíli sourire à nouveau. Le grand guerrier et prince Kíli me fait tellement souvent penser à un chiot ...
" Est-ce qu'on pourra aller chasser ensemble le cerf ? Je sais que t'aime pas trop ça, mais t'aime les randonnées non ? " me demande Kíli avec des yeux de chiots battu et je ne peux m'empêcher de grogner, je suis faible. Je le repousse loin de moi, gentiment.
" Okay, okay. La semaine prochaine, ça vous va ? " je m'avoue vaincu.
J'ai du mal à refuser quoi que ce soit à mes amis.
Kíli saute en l'air et va claquer la main levée de Fíli.

Après l'entraînement du soir, je suis lessivé.
Heureuse de l'être, mais lessivé quand même. Ce soir il y avait Gimli avec nous et il m'a donné plus de bleus que ce que j'aurais aimé. Il est redoutable avec sa hache, le bougre ! Et il a de la force donc même si par miracle j'arrive pas à l'éviter et que je dois le bloquer, ça me fait trembler toute entière. J'ai méga mal au bras et aux épaules. Je m'étire la nuque en faisant des cercles et ouvre la porte de ma chambre en grognant. Je jette presque mes couteaux sur mon lit, avant de m'immobiliser.
" Oh mon chat. " je souffle en observant Nori qui est allongé lascivement sur mon lit, sur le ventre, faisant sans doute semblant de lire, me présentant son postérieur qui est glorieusement mis en valeur par deux sangles de cuir. Mon regard remonte appréciativement sur son dos où se trouve un genre de harnais ou bretelle qui maintient sur ses hanches l'objet. Je vocalise ma frustration de ne pas pouvoir deviner à quoi ressemble la chose du devant. Slip de cuir ? Ou mise en valeur ?
" C'est pas du jeu ... " je bougonne en commençant à retirer mon armure, après avoir finalement posé mes armes sur ma chaise de bureau.
Nori relève les yeux de son livre comme s'il venait juste de capter que j'étais là (genre il était pas au courant de mon entrée même dans les appartements).
" Oh, Charlotte. Te voilà enfin, je m'impatientais. " minaude-t-il, seul sa tête tourné vers moi et je remarque seulement qu'il est décoiffé (quoi, j'étais occupé avec son magnifique popotin, me jugez pas).
" Je sais pas d'où sort cette petite tenue, mais j'approuve. J'approuverais encore plus si j'en voyais l'avant. " je lui réponds avec un clin d'œil en me retrouvant enfin sans mon armure. À quatre patte je grimpe sur le lit vers lui pour l'embrasser.
" Surprise. " me murmure-t-il quand je le retourne entre mes genoux.
Oui, l'avant est tout aussi attrayant que l'arrière.