Chapitre 58
Brise le sortilège, montre-moi le chemin
2 février
Wow, bon, 50k en un mois, c'est fait. J'ai prit quelques jours de pause comme vous avez pu le voir et totalement zapper de publier ce chapitre. Le voilà donc !
Je vais finir le dernier chapitre de cet arc et après, malheureusement pour vous, repartir en pause sur l'écriture. Je voudrais prendre un mois ou deux pour vraiment clôturer le premier tome (enfin, le republier) pour ne plus jamais à avoir à y toucher et finir de corriger et reposter la première moitié du second tome.
Vous me verrez peut-être popper un chapitre sur Concept intéressant, mais je vais ralentir niveau écriture quoi.
J'espère que l'histoire vous plait toujours en tout cas, des paillettes sur vous !
Je m'observe dans la glace.
" C'est beaucoup mieux. " je déclare à l'intention de Nori qui m'a aidé à retailler ma coiffure, surtout à l'arrière. Là où je m'étais rasé il y a quelques mois, j'ai maintenant presque vingt centimètres ! C'est dingue ce que ça pousse en trois cheveux ! Je suis donc en plein dans la période ingrate où je laisse pousser un côté, mais pas l'autre que je recoupe tous les mois pour qu'ils m'arrivent aux épaules.
Ce mois-ci, ceci dit j'avais presque assez de longueur pour tenter de faire un carré en dégradé d'un côté à l'autre. J'ai décrit à Nori ce que je voulais, j'ai fait des croquis et avec son aide j'ai donc quelque chose de totalement asymétrique et la nuque partiellement courte. Pas que je compte me montrer les cheveux non-coiffés en dehors du cercle familial, mais ça a quelque chose de plaisant d'avoir une coupe sympa pour traîner à la maison.
C'est aussi intéressant de voir qu'après plusieurs mois de vie avec les nains, je ne sors plus des appartements que je partage avec Bilbo sans me coiffer. Je pense pas que la compagnie trouverait ça malaisant de me voir les cheveux lâchés (après tout ce qu'on a partagé depuis mon arrivé dans ce monde, franchement), mais je me suis trop habituée à ce qu'avant même de lacer mes robes, on prennent notre temps à nous coiffer respectivement avec Nori.
Cela ne m'a pas échappé que même Bilbo tresse vaguement ses cheveux maintenant. Il les garde relativement court, mais il a deux tresses de chaque côté du visage depuis quelques semaines maintenant.
Nous sommes réellement des nains honoraires.
C'est drôle de jauger le changement de culture, autant chez moi que chez Bilbo.
Qui aurait cru qu'on changerait autant pour notre race d'adoption ?
À l'écurie, je reste inquiète pour une de nos biquettes.
" Elle semble moins boiter, non ? " je demande à Scili qui dans mon dos observe la démarche de la chèvre que je tire en ligne-droite.
" Elle repose l'antérieur, oui ... " concède Scili. " C'est pas encore rassurant. "
Je grimace. S'il y a bien un truc à surveiller chez les équidés et les chèvres, ce sont les coliques et les blessures aux membres.
Le fameux proverbe " Pas de pieds, pas de cheval " a un énorme fond de vérité.
" J'avais l'impression qu'elle reportait du poids sur son membre ... " je me lamente en rattachant la chèvre et en me baissant pour palper son canon.
" C'est bien mieux qu'avant-hier. " tente de me rassurer Scili qui s'abaisse face à moi.
" C'est toujours aussi chaud, mais ça a bien dégonfflé. On graisse à nouveau ? " je propose, un peu en perte d'idée.
" Cela ne peut pas faire de mal. "
Plusieurs fois par jour on trempe le membre dans une solution d'eau avec des plantes qui soulagent les membres enflés, pendant la journée on serre une bande de repos autour du canon pour maintenir en place, on force la chèvre à marcher un peu et la nuit, cataplasme d'argile verte. On ne sait pas vraiment ce qui s'est passé, elle est revenue du paddock comme ça, blessée et boiteuse. Extérieurement, à part le fait qu'elle avait le membre gonflé, on a rien vu. Je me lamente de ne pas être vétérinaire, à part palper voir qu'il n'y a rien de déplacé et surveiller ...
Ori m'a aidé à fouiller dans mes livres, Scili m'a informé de ce qu'elle connaît, mais globalement, on fait déjà ce qu'on peut ...
Ça peu être un engorgement de lymphe et dans ce cas, il faudra deviner si c'est une cause pathologique, un souci d'alimentation trop riche ou un effort trop important ou pas assez important ... Déjà, c'est pas un souci d'aplomb, à prioris, vu qu'on a fait ferré et vérifier les aplombs de nos chèvres le mois dernier et qu'il n'y avait rien à signaler. Sauf si c'est un nouveau développement ... Ou alors c'est une entorse et il faudrait l'immobiliser entièrement.
Scili me passe la graisse et le pinceau pour que j'en applique sur son sabot.
" Tant que ça va en s'améliorant, ça ne sert à rien de s'inquiéter outre mesure. On continue de surveiller et on verra si ça revient. Si ça ne revient pas, c'est peut-être juste une entorse faite pendant qu'elle jouait. "
J'échange un sourire avec la naine.
" J'espère que ce n'est que ça. "
Ce n'est pas mon premier cas de bobo dans mon écurie, bien sûr que non. J'ai eut d'autres petits trucs, mais c'est mon premier cas de bobo qui nécessitent plusieurs jours de traitement et, yep, ça me stress un brin.
" On s'occupe bien d'elle Dame Charlotte, ça va aller. " me rassure une voix dans mon dos et je me redresse pour sourire timidement à un de mes palefreniers.
" Merci. "
Vers midi, je recule à contre-coeur du box de notre malade et salue les nains autour de moi pour m'éclipser avec Ori qui est venu me chercher.
Il me demande poliment des nouvelles de la chèvre et je lui réponds. Je trouve mignon qu'il me laisse parler longuement de ce qui me stress, même s'il est clairement beaucoup moins impliqué que moi. Pas qu'il s'en fiche, il n'aime pas voir ou savoir des animaux malades, mais il n'est pas aussi proche d'elle que moi qui la voit tous les jours et la travaille de temps en temps.
" Bon, suffit des sujets pas super sympa. Où est-ce que tu m'emmènes ? On mange avec toute la compagnie ? " je finis par demander, curieuse, parce qu'on retourne vers l'aile royale depuis tantôt.
" Bombur a préparé un repas spécial ! " m'explique Ori " On a reçu plein de bocaux de légumes de la Comté avant-hier ! "
Ce qui me fait sauter en l'air en couinant de joie. Forcément.
Pas qu'on ai jamais de légume à Érebor, mais la montagne n'a été reprise qu'il y a un an, donc les cultures humaines et naines de la région sont très pauvre encore, les stocks n'ont pas été suffisant pour ne pas se rationner et ... j'aime la viande, j'aime le fromage, mais j'aime aussi les racines, légumineuses et fruits. Du coup, savoir qu'on a des légumes ? Bonheur, joie et allégresse. Bonus, ça vient de la Comté ! Les légumes de la Comté sont magique sur le palais.
" Bombur, tu serais pas déjà marié et moi engagé, je t'épouserais sur le champs. " je le félicite comme je peux à la fin du repas, juste avant le dessert.
" Pareillement ! " s'enthousiasme Bilbo à côté de moi.
" Fais attention Nori, tu as de la concurrence. " se moque Fíli en enfonçant peu délicatement un coude dans les cottes de mon amoureux.
" Je m'inquiète pas, c'est moi qui ai la recette au citron qu'elle préfère. " fanfaronne-t-il.
" Elle est divine ! " je gémit presque, le goût de la meringue citronnée sur le bout de la langue à l'idée. Ma réaction fait rire la compagnie.
" Merci de vos compliments. " se contente de répondre Bombur, une fois qu'on a distrait les autres et qu'il a eu le temps d'être un peu moins gêné.
Faire des compliments, oui, faire des propositions en mariage non. Mais gêner la compagnie reste un passe-temps que j'apprécie. Pis bon, c'pas comme si Nori et Bilbo ne me rejoignaient pas régulièrement. Ainsi qu'Ori quand Dori n'est pas là, d'ailleurs.
" Avant qu'on ne passe au dessert ... " commence Dori, ce qui fait ... détaler Nori. Je tourne la tête vers la porte où il a disparu.
" Il revient. " me rassure immédiatement Bilbo qui me tapote la main. Mes yeux glissent vers mon frère et je constate que toute la compagnie a les yeux rivés sur moi, la plupart souriant. Oh ... Est-ce que ... ?
Nori arrive en courant vers moi et je me tourne dans ma chaise pour lui faire face. Il a un énorme truc dans les bras, genre, la taille d'un coffre, le tout recouvert d'un énorme tissu couleur cyan.
Il dépose la chose devant moi. Je le regarde sautiller presque sur place. Ori est pas beaucoup mieux à côté de Dori qui a un énorme sourire. Mon amoureux se racle la gorge.
" Tu es d'un autre monde et je sais toujours pas pourquoi j'ai attiré ton affection exactement. Personne ne me regarde vraiment, je suis un écran de fumée pour beaucoup et ça me convient parfaitement. Mais tu m'as offert beaucoup plus que ce que j'espérais depuis que l'on se connaît. Moi aussi je veux t'apporter mon soutien en toute occasion, mon amour et mon amitié. Je te propose une vie à deux heureuse, de la stabilité dans ton futur foyer où qu'il soit et, une existence pleine de chevaux et de fromages. "
Je ris, heureuse de cette déclaration et de voir qu'il s'est inspiré de mon discours de Yule. C'est aussi super plaisant d'entendre nos buts en communs, même si on s'est déjà confirmé en privée de ce qu'on attendait de l'autre. Je lui saute dans les bras pour l'embrasser.
" Allez, ouvre, toute la compagnie est curieuse ! " m'invite-t-il après un dernier baiser presque chaste.
Je me laisse reposer au sol et retire le tissu pour révéler ... un meuble. Alors, ça comme cadeau je m'y attendais pas, mais je ne peux m'empêcher de sourire. Il est magnifique. Je suis pas sûre si c'est une table, ou un bureau, ceci dit. En tout cas, c'est quatre chevaux qui cabrent, les crins volant un peu dans tous les sens, comme si les chevaux étaient réels. Ils sont rudement bien sculptés dans le bois, ils paraissent réels et je ne peux m'empêcher de passer les doigts sur les détails du visage de l'un d'eux. Sur la plaque de bois qui sert de table, il y a différentes essences de bois qui forment des motifs. Je n'arrive pas à voir si ça représente quelque chose d'autre que des entrelacs, mais c'est super beau et brillant. Je sais que c'est du bois, mais le plafond se reflète sur la plaque.
" C'est ... " je commence, avant d'être étouffé par l'émotion. C'est vraiment un super cadeau. Une superbe table. Que Nori a fait pour moi, je le sais parce que c'est une table pour nos fiançaille/drague. Pourquoi je pense que c'est peut-être un bureau ? Déjà, la taille. La table n'est pas au format guéridon. Mais surtout, il y a un livre de poser sur le plateau de la table. Je le prends dans les mains pour en lire le titre. Il s'agit d'une traduction en westron sur comment faire du fromage de A à Z, compilé et traduit par Nori lui-même m'indique la couverture et quand j'ouvre la première page, il a cité plusieurs livres d'Érebor, mais aussi de la Comté et de Rivendelle.
" Wow ... " je souffle, histoire de pas rester muette.
" Je sais pas quoi dire ... Je. Merci ! " je hurle pour lui sauter à nouveau dans les bras. La compagnie autour de nous applaudit et crie de joie également. Bien vite, la compagnie nous félicite et j'écoute avec attention Nori expliquer toutes les étapes de réalisations du bureau (c'est un bureau). Même Bofur et Bifur sont impressionnés des soins apportés à l'objet et je ne peux que sourire idiotement, le cœur débordant de joie parce que c'est un super cadeau qu'il me fait là, mais aussi parce que son artisanat est reconnu de ses pairs.
Peu après, je suis même pas sûre de comment on s'est retrouvé sur mon lit, alors qu'à la base je voulais juste déposer mes cadeaux dans ma chambre.
Une chose est sûre et certaine : je suis amoureuse de lui et j'ai hâte qu'on se marie, qu'on puisse publiquement montrer à tous notre amour.
