Chapitre 3:
Marceline vida sa deuxième bouteille de bière d'un trait puis lâcha un petit rot. A son grand désespoir, celui ci n'eut pas l'effet escompté. Bonnibel leva à peine un sourcil offusqué, Jake n'eut qu'un petit rire bien loin des habituels éclats, et surtout Finn ne broncha pas.
La musicienne soupira. Depuis le départ tonitruant de Sixtine, son ami d'enfance n'avait pas dit un seul mot. Il regardait la bouteille que lui avait fourré dans les mains son colocataire avec un air vide et évitait soigneusement de regarder dans la direction de Bonnibel et Marceline et leurs mains enlacées. Le malaise était palpable, malgré les efforts de Jake pour détendre l'atmosphère en enchaînant les mauvaises blagues, malgré les tentatives gênées de Bonnibel pour relancer la conversation (pas de chance, sous le coup de la panique, les seuls sujets qui lui venaient étaient des choses assommantes et incompréhensibles de médecine).
Marceline devait se rendre à l'évidence : sa présentation de sa petite amie à son groupe s'était révélé un pur désastre. Et la soirée qui venait de s'improviser dans le garage de l'oncle de Finn était à peine moins désolante que la scène qui l'avait précédée. Le pire, c'est que tout ça était sa faute, elle et sa fichue envie de faire une blague.
"Bon, je vais devoir rentrer, fit Bonnibel. C'était... euh, sympa de vous revoir."
Si Marceline avait encore eu besoin d'un signe que cette soirée était une torture pour tous, ce moment aurait suffi. Sa petite amie habituellement sure d'elle et pipelette au point d'être souvent agaçante avait une toute petite voix hésitante. Marceline jeta sa bouteille vide de bière dans le bac de recyclage (Bonnibel renifla d'un air désapprobateur mais Jake salua sa dextérité d'un hochement de tête) puis se leva et enfila son blouson en cuir.
"Je te raccompagne Bonnie. On se revoit bientôt les gars."
Jake les salua de sa main libre, et Finn grimaça un vague sourire vers elles, bien que ses yeux les évitent soigneusement. Marceline soupira puis quitta le garage du malaise, suivie par sa silencieuse petite amie. Cette dernière sembla accueillir l'air frais du crépuscule avec soulagement. A peine sortie du garage, elle s'arrêta et inspira profondément, comme pour évacuer toute la pesanteur des dernières heures. La bassiste la laissa reprendre ses esprits, sa morgue pour une fois oubliée. Puis elle la rejoignit et prit sa main avec timidité. Quand les doigts fins se refermèrent sur les siens, un peu de chaleur reflua dans sa chair. Elle avait beaucoup perdu ce soir là, mais il lui restait l'essentiel.
Les deux jeunes filles marchèrent en silence dans la ville enrobée de pénombre. Elles avançaient d'un pas lent, sans se regarder, mais leurs doigts liés suffisaient à chasser la tristesse que le paysage urbain désert et les souvenirs de la soirée auraient pu faire remonter. Ce n'est que quand elles arrivèrent devant la petite maison où habitait la famille de Bonnibel que celle ci brisa le silence. Plantant son regard clair dans celui sombre de sa petite amie, l'étudiante en médecine dit :
"Merci de m'avoir raccompagnée Marcie. Et merci d'avoir pris ma défense. Je suis désolée que ça se soit mal passé et mette en péril ton groupe..."
Marceline balaya ses excuses d'un geste agacé de la main puis ramena fermement la jeune fille contre elle, l'écrasant contre sa poitrine avec émotion.
"Bien sûr que je t'ai défendue, tu passes avant le groupe. On sera mieux sans cette connasse de toute façon. Elle est remplaçable, toi non."
Marceline sentit le cœur de Bonnibel s'accélérer contre sa poitrine, et la jeune femme aux cheveux roses se tortilla entre ses bras, cherchant à échapper à son étreinte pour cacher son émotion. Mais Marceline resta ferme, bien décidée à poursuivre son câlin. Elle posa son menton sur l'épaule de Bonnibel, humant ses cheveux à l'odeur sucrée. Son aimée s'abandonna à son étreinte avec un petit soupir d'aise.
"Je t'aime, Marcie.
- Moi aussi Bonnie."
La main de Marceline glissa le long du dos de sa belle jusqu'à ses fesses, aventureuse. La respiration de Bonnibel s'accéléra...
" Bonjour Bobo! Bonjour la fille qui est l'amoureuse de Bobo mais c'est plus Jenny et maman a dit que je dois plus en parler !"
Bonnibel écarta Marceline d'un geste précipité, laissant voir deux joues rouges. Sa petite amie rit et adressa un signe de main au petit frère de Bonnibel. Accoudé à sa fenêtre, en pyjama, il les regardait depuis le premier étage, ses yeux en amande typiques de son retard mental pleins d'un amour ingénu.
"Salut Neddy! Mon nom c'est Marceline, mais "l'amoureuse de Bobo" ça me va aussi."
Le jeune homme blond lui sourit d'un air ravi puis secoua énergiquement sa main pour la saluer.
"Bonjour l'amoureuse de Bobo!"
La main de Bonnibel rejoignit doucement celle de Marceline et la pressa avec reconnaissance.
"J'arrive te dire bonne nuit Neddy, tu devrais déjà dormir!" cria t-elle qui se voulait autoritaire.
Neddy battit joyeusement des mains en chantant "chic, chic!", pas le moins du monde impressionné.
Au moment où étudiante en médecine s'avançait vers la porte de la maison, celle ci s'ouvrit en grand sur une petite femme ronde, manquant assommer la jeune femme.
"Oh, désolée mon amour! Bonsoir Marceline! Merci d'avoir raccompagné notre petite puce!" fit la femme blonde en plongeant une main dans les cheveux de sa fille, mortifiée d'être ainsi infantilisée.
- Tout le plaisir était pour moi, madame Beubelgom. La petite puce a été sage."
Bonnibel leva les mains au ciel d'un mouvement théâtral et s'insurgea contre "ces gens à l'humour douteux qu'il lui fallait supporter", ce qui fit glousser Marceline et applaudir Neddy, toujours très fan des extravagances de son aînée.
"Marceline, tu veux peut être rester dormir?" offrit le père en passant son visage allongé surmonté de lunettes rondes par la fenêtre du haut.
Avec un sourire narquois, il ajouta:
"Sur le canapé, évidemment, pour que les convenances soient respectées !"
Les protestations de Bonnibel redoublèrent, les applaudissements de Neddy et le rire de Marceline aussi. Mais elle déclina l'offre et après un dernier baiser à sa chérie rougissante, baiser qui lui valut un hoquet faussement choqué de la part de son père, elle quitta la joyeuse famille Beubelgom. Elle entendit encore Bonnibel lui crier de lui écrire quand elle serait rentrée, puis les voix de la maisonnée s'estompèrent.
À mesure qu'elle s'enfonçait dans la nuit, laissant le souvenir rieur de sa petite amie et des siens derrière elle, le poids des remords revenait peser sur sa poitrine, écrasant sa cage thoracique. Bonnie était entourée de gens aimants, une famille et des amis nombreux qui l'avaient accueillie dès qu'elle l'avait présentée à eux, au tout début de leur relation, tandis qu'elle n'avait toujours pas trouvé le courage de faire son coming out à son père biologique ou à son père d'adoption, et qu'elle avait introduit sa petite amie auprès de ses amis de la pire façon possible. Elle avait privilégié une blague mauvaise et son envie de bousculer au bien être de ses proches, ignorant les conseils de sa moitié lorsqu'elle avait exprimé ses doutes ô combien justifiés. Elle ne méritait pas Bonnibel. Elle était la seule fautive si le groupe avait explosé. Pire, elle avait blessé Finn, un de ses meilleurs amis, occultant le fait qu'il avait été amoureux de l'étudiante en médecine pendant presque un an.
Marceline se mordit la lèvre, furieuse contre elle même. Elle ravala un mélange salé de larmes et de morve puis s'injuria mentalement et sortit son portable. Ça ne servait à rien de ressasser le passé, il fallait agir. Elle écrivit un message à Finn pour lui proposer de se voir le lendemain soir.
Marceline fut arrachée à son sommeil par une sonnerie stridente. Elle se retourna en grognant sur le matelas, enfouissant sa tête sous son oreiller dans l'espoir de retrouver le rêve dont elle venait d'être expulsée de manière si cruelle. Par un effort de volonté surhumain, elle réussit à retourner dans le jardin de la famille Beubelgom et à retrouver sa place devant l'hôtel portatif, face à une Bonnibel sublime dans sa robe blanche à la forme de meringue et au décolleté plongeant. Un lointain bruit de porte qui s'ouvre et de soupirs exagérés s'efforça de l'éloigner de sa jolie mariée, mais elle tint bon, s'accrochant aux deux petits seins roses si mignons que laissaient apparaître la robe blanche de plus en plus échancrée. Marceline approcha sa main de celle de la jeune femme, révélant sa manche en cuir noir (le summum du chic pour se marier) et surtout la bague avec une tête de mort qu'elle tenait entre ses doigts...
Mais le beau rêve fut crevé par un monstre sans pitié qui lui ôta l'oreiller de sur sa tête et lui hurla dans les oreilles:
"BONJOUR MON AMOUR! IL EST MIDI!"
Marceline gémit de la laisser mourir en paix. Mais comme toujours, sa trop matinale petite amie balaya ses protestations et ouvrit grand les volets, laissant ce foutu soleil envahir tout son studio et lui crever ses yeux sensibles. La bassiste décida de faire la morte, espérant que sa prédatrice finirait par se lasser. Évidemment, cette stratégie échoua. Non seulement Bonnibel s'assit brutalement sur le lit, juste à côté de la tête de Marceline, creusant avec ses fesses le matelas et manquant faire glisser sa pauvre petite amie, mais en plus la jeune fille aux cheveux roses entreprit de lui coller sous le nez son ordinateur.
"Pendant que tu dormais, j'ai fait des trucs utiles."
Marceline répondit par un grognement.
"Lis ça et dis moi ce que tu en penses. Je pensais la partager sur les sites et réseaux de musique pour ratisser de manière large, ainsi qu'en faire imprimer à la reprographie pour en afficher autour de la fac et des bars principaux de la ville."
Cette fois, Marceline ne se fit pas prier. Elle se redressa complètement et prit l'ordi sur ses genoux. Bonnibel affichait un sourire satisfait d'elle même, mais pour une fois cette vision n'agaça pas sa petite amie.
"Tu as écrit une annonce pour notre groupe.
- Oui.
- Pour trouver un guitariste qui remplacerait Sixtine.
- C'aurait été dommage que votre groupe meure à cause de... l'incident.
- Et tu as fait ce travail de qualité en plein e préparation de partiels."
La barrière de fausse modestie de Bonnibel craqua et la jeune fille se mit à glousser, les joues roses de fierté et les yeux pétillants, les sourcils haussés avec ce soupçon d'air snob qui rendait Marceline folle, d'agacement et d'amour.
"Je fais toujours du travail de qualité, Marcie. Là, j'ai mis à profit le logi..."
Marceline sauta sur la jeune fille et la cloua sur le lit, sous elle, l'embrassant avec fougue et emportant la fin de sa phrase dans cette étreinte torride. Bonnibel frétilla sous elle, se débattant sans grande conviction et poussant de petits cris ravis sous les assauts de langue. Quand Marceline arracha sa bouche de sa proie, le visage de sa belle exprimait un contentement intense. Elle harponna son regard et lui dit d'une voix vibrante d'émotions :
"Bonnie, tu es merveilleuse. Je ne te mérite pas.
- Je sais, ronronna le jeune fille aux cheveux roses, ravie.
- Comment je peux te remercier?"
Le regard de l'étudiante en médecine se fit coquin et ses mains entourèrent lascivement les fesses de Marceline, nues sous le fin shorty qui lui servait de pyjama. La bassiste se fendit d'un sourire entendu. Elle baissa son visage, jusqu'à ce que ses lèvres frôlent l'oreille de sa petite amie, et chuchota entre deux coups de langue :
"Miss, vous êtes un peu trop habillée pour être dans un lit.
- C'est vrai que ce n'est pas très hygiénique, renchérit Bonnibel avec un faux air innocent.
- Je peux vous aider à vous mettre à l'aise, si vous le souhaitez."
A peine Bonibel eut acquiescé que Marceline plongea vers ses lèvres. En même temps qu'elle la noyait dans un baiser langoureux, ses mains de musicienne faisaient remonter son t-shirt, lentement, de manière joueuse, en caressant la peau nue frissonnante sous le tissu. Dans sa bouche, sa petite amie soupirait de désir et s'agitait sous son corps, cherchant à presser Marceline. Mais les mains expertes continuaient d'avancer avec une lenteur cruelles. Lorsqu'elles escaladèrent les petits monts que formaient sa poitrine libérée -Marceline siffla d'un air appréciateur- Bonnibel émit un gémissement implorant. Les doigts de Marceline s'immobilisèrent un instant, reposant sur les tétons pointés, et le corps de sa petite amie s'arqua pour chercher la caresse et relancer l'exploration. Alors Marceline cessa sa torture et tira d'un coup sec sur le haut, libérant la jeune fille sous elle. Puis elle la fit basculer sur elle, à califourchon.
Elle ramena les hanches de Bonnibel contre elle et, tout en la tenant fermement, replia son genou de manière à cueillir sa féminité sur sa jambe. Ce mouvement lui valut un cri aigu et une vision charmante car sa petite amie releva la gorge, exposant la courbe de ses seins dénudés. Un instant, Marceline goûta à cette scène sensuelle : sa séduisante petite amie la chevauchant, les cheveux dénoués, les joues un peu roses, les épaules et la poitrine nue, dressées au milieu d'une peau lisse.
Puis elle approcha son visage de ces collines crémeuses et sortit sa langue pour titiller un téton, déclenchant un léger soupir chez son amante. Elle lécha avidement ce petit bonbon rose, grisée par l'odeur sucrée de son amante, qui enfonça ses doigts dans son dos, entre délice et supplice. Quand les doigts se firent insistants, Marceline happa le bourgeon rose, qui bientôt durcit, et elle s'amusa ensuite à mordiller ce petit bout de chair sensible, tirant des gémissements légers à sa belle. A ces suçotements avides, s'ajoutaient les mouvements de va et viens de sa jambe contre les parties intimes de Bonnibel, frottements intenses et intrusifs qui réveillèrent bientôt la rivière de son aimée. Entre ses mains, la taille de la jeune femme frémissait de plus en plus fort, tandis qu'elle lançait son corps contre la bassiste avec une soif grandissante, s'empalant presque sur ses jambes, lui déchirant le dos de son excitation.
Soudain Marceline n'en put plus. Elle fit basculer son aimée en arrière, la plaquant contre le matelas et l'enjamba d'un geste félin. Tout en embrassant le ventre offert, elle baissa la jupe d'une main pressée, arrachant cet obstacle frustrant et découvrant deux jambes nues frissonnantes et une culotte blanche à dentelles humide.
"Prends moi, Marcie" soupira la jeune femme, les yeux à moitié clos, le visage recouvert de ses cheveux roses emmêlés.
La chanteuse ne se fit pas prier. Elle posa un bras ferme sous les épaules frêles de sa petite amie et glissa sa main sous la dentelle fine. Elle délivra des caresses tendres sur le petit mont tremblant, mais ce n'était pas assez. Marceline voulait sentir la jeune femme autour d'elle, sentir son corps trembler de plaisir tout autour de ses doigts, livrer son intimité la plus profonde. La main de la bassiste plongea un peu plus loin sous la culotte délicate, glissant dans l'humidité accueillante de son aimée, la faisant gémir d'anticipation. Elle écarta les pétales sensibles et son majeur se fraya un chemin dans cette cavité brûlante. La féminité de son amante s'ouvrait de plus en plus sur son passage et son bassin roulait autour d'elle, l'invitant à approfondir son exploration.
Marceline s'emballa, et l'index rejoignit le majeur d'un geste souple, naturel, glissant dans le plaisir de Bonnibel. Un gémissement fit relever la tête à l'assaillante. Entre les jambes écartées, par dessus le ventre crémeux, par dela les courbes des seins, le beau visage de son aimée montrait un rare abandon. Yeux fermés, gorge renversée et bouche entrouverte, Bonnibel laissait le plaisir la cueillir, lâchant totalement prise, s'offrant en toute confiance. Gonflée par l'amour que suscitait cette image, la vague de désir réveillée par la petite main rose reflua, avant de déferler avec passion vers son amante, en elle, au plus profond de son ventre.
Ses deux doigts quittèrent puis rentrèrent dans le corps offert avec un rythme de plus en plus soutenu. A chaque mouvement de va et vient, les jambes roses hoquetaient sur les épaules de Marceline, le dos se creusait pour mieux approfondir l'union, faisant remonter le ventre tendre, tandis que les tétons pointaient vers le ciel, comme deux îles. Bonnibel était sienne. Devenue ouragan, Marceline pénétrait ce corps alangui avec une violence chaotique et une ardeur renouvelée, désireuse de le submerger de délice et d'emporter dans une explosion de plaisir toute l'habituelle maîtrise de celle qu'elle aimait.
Bonnibel rouvrit les yeux et harponna Marceline de son regard intense, tandis que ses mains agrippaient son dos. La chanteuse répondit à sa demande muette et cueillit les lèvres sucrées entre les siennes, laissant leurs langues s'entremêler avec une douceur qui contrastait avec la déferlante qui les unissait plus bas. En une ultime vague, Marceline creusa dans la chair brûlante. Les parois se contractèrent autour de ses doigts affûtés, et la musicienne cueillit dans sa bouche l'ultime cri de jouissance de sa moitié. Un frisson traversa le corps démuni autour d'elle, qui se serra furieusement contre elle.
Électrisée par ce ravissement intime, Marceline entraîna la langue assoupie dans une dernière union passionnée et pressa furieusement son propre volcan contre celui de sa belle, tout juste entré en irruption, contre ses phalanges encore plongées dans Bonnibel. Elle explosa à son tour.
Alors le calme revint, et elle s'effondra sur le corps encore tiède de son amante, seins contre seins, coeur contre coeur, ses doigts rassasiés encore plongés dans les profondeurs de Bonnibel, dans une fusion douce, endormie. Les bras de son aimée s'enroulèrent affectueusement autour de son dos, et Marceline se laissa couler dans cette étreinte aimante. Elle fourra son visage dans le creux de son cou, dans la chevelure rose en désordre, et elle inspira profondément pour emplir ses poumons de cette odeur sucrée. Elle était bien, à sa place. Entre ces bras aimants, elle avait trouvé l'accomplissement et la stabilité qui avaient toujours manqué à sa vie.
"Je veux te présenter à Simon." souffla Marceline.
Un rire cristallin retentit près de son oreille.
" Pourquoi pas? Après tout, ça ne peut pas se passer plus mal que quand tu m'as présentée à ton groupe."
La bassiste rit. Elle frotta son visage contre la joue crémeuse avec affection, faisant ronronner sa petite amie.
"Tu es adorable parce que je suis en passe de te retrouver un guitariste pour ton fichu groupe, hein. Femme intéressée !"
La musicienne mima un air indigné.
"Bien sûr que non, je suis toujours adorable. Et c'est toi la femme intéressée, qui ne m'aide que pour que je t'embrasse. N'est ce pas? "
Marceline plaqua sa main libre sur l'oreiller, à côté du visage aimé, et plongea son regard faussement innocent dans celui de sa petite amie. Elle l'assaillit ensuite de petits baisers, déclenchant de légers gloussement chez Bonnibel qui se tortilla sous son emprise pour lui échapper. Plus Marceline sentait ce corps s'agiter sous elle, faisant bouger avec lui ses deux doigts toujours prisonniers, plus elle sentait l'ivresse de l'amour saturer ses sens.
Bonnibel mit fin à ses attaques en capturant la bouche taquine dans la sienne et en serrant avec force son dos entre ses mains. De son étreinte serrée et de son baiser passionné, violent, l'étudiante en médecine submergea son amante et aspira sa fougue. Elle prolongea l'union intense jusqu'à dérober le souffle de Marceline, jusqu'à ce que son corps s'alourdisse et s'abandonne. Alors elle relâcha sa petite amie, plongea ses yeux dans ceux brumeux de la rescapée et annonça que maintenant qu'elle était repue de baisers, elle allait faire à manger.
Dans un état second, Marceline sentit le corps tiède s'arracher à elle, à sa peau et à ses doigts, retournant à son unité, mais dans son coeur, la demoiselle au parfum sucré avait tout envahi, pour ce moment et pour toujours...
