Bonjour Bonjour!

Et ouais, on est de retour avec une nouvelle vignette, un nouveau chapitre, et des nouvelles révélations!

Merci à ceux et à celles qui suivent toujours cette histoire, malgré les updates erratiques (si vous pouviez laisser une petite review, mais qu'est-ce que cela ferait plaisir, vous n'imaginez même pas)

Des bisous!

Disclaimer: rien de cela ne m'appartient, hormis, les OC, et la trame ;)

Il y avait des jours où il valait mieux rester coucher, et pour Will, cette journée en faisait partie.

Après une nuit tout bonnement détestable, qui l'avait secoué au possible, il n'avait fait qu'enchainer les soucis, de l'orteil cogné, aux oreilles de Winston qui avaient subitement décidé de ne pas guérir, en passant par un sachet de croquettes renversé, et un embouteillage inouïe, tout avait été réuni pour le mettre sur les nerfs, ce qui avait résulté à non seulement renverser son café -ce qui était une tragédie en soit- mais en plus à le renverser sur son ordinateur.

Il avait tenté de ne pas hurler de rage alros qu'il appelait le service technique, mais la personne au bout du fil ne semblait pas déterminée à l'aider, lui donnant mollement un numéro, promettant de le rappeler dans la matinée.

Il s'était donc assis et avait envisagé de se transformer en fossile, la télévision allumée en bruit de fond, lorsqu'une petite silhouette avait passé la porte. Apparemment, le service n'était pas si incompétent que cela, et ils avaient fini par réussir à trouver quelqu'un pour régler son problème.

Elle était jolie, et s'était mise au travail de suite, farfouillant la prise éthernet, car apparemment, le problème venait de là et non pas du clavier arrosé ('sinon il aurait simplement fallu changer le clavier et ce n'était pas le cas').

Un silence assez inconfortable s'installa pendant plus d'une minutes, et, pour empirer la chose, la page de pub idiote laissa place à un bilan de la matinée, qui eut bien entendu pour sujet... le meurtre de la gallerie.

Comme s'il n'avait pas déjà assez de problèmes comme ça.

"C'est moche comme histoire." La jeune femme brisa le silence, maladroitement. Elle avait la voix claire pourtant "Ca fait réfléchir sur ce dont les gens sont capables."

"C'est mon travail de réfléchir sur ce que les gens font et ne font pas." Will répliqua.

"Oh, oui, c'est vrai, vous êtes le consultant sur l'affaire, le... profiler, c'est ça?"

Will retint une moue. Elle l'avait visiblement reconnu, probablement à cause de la détestable Freddie Lounds. Fantastique, il n'y avait rien de mieux pour l'estime qu'une belle blonde le connaisse comme le fou furieux ayant tiré onze fois dans un psychopathe.

Pourtant, elle ne semblait pas mal à l'aise, au contraire, depuis qu'elle s'était mise à parler, elle s'était incroyablement détendue.

"Mmh, entre autre." Il choisit en conséquence une réponse neutre, espérant presque que l'échange s'arrêterait là.

Pendant une minute, il crut avoir eu le malheur d'être exhaucé.

"Ca ne doit pas être facile." Elle finit par dire.

"C'est beaucoup trop, facile. Au contraire." Il se frotta les yeux. Sa nuit avait été loin d'être de tout repos, alors que Hobbs était à nouveau venu lui enseigner à vider un poisson, qui s'était révélé être Abigail.

Il s'était réveillé en sueur, les mains tremblantes, et visiblement hors de son lit.

Il n'expliquait toujours pas comment il s'était retrouvé dans son garage, mais n'avait très certainement pas envie de savoir.

Abigail était toujours dans le coma, mais elle était toujours à l'hôpital et non pas au fond d'un lac. Ce simple fait lui procurrait un soulagement effrayant.

La présence de la jeune fille n'aidait pas à sa tranquilité d'esprit. Elle s'obstinait à le regarder, à chercher son regard, et fuir ces yeux noirs le fatiguait.

"Mauvaise matinée?"

"Mauvaise semaine."

"J'imagine. Enfin, maintenant que l'affaire est bouclée, vous allez pouvoir vous reposer, non?"

Will osa enfin lever la tête pour lui jeter en pleine figure un regard désabusé. Elle leva immédiatement les mains, comme si le consultant venait de la prendre les mains dans la confiture. Oui, avec ses taches de rousseur, ses cheveux blonds pailles, Will l'imaginait sans peine. Un endroit lumineux, dorée, cela semblait aller avec son caractère.

"C'est ce que tout le monde dit." Elle se défendit, les joues rouges.

"Les gens ont souvent tort, les journalistes s'arrangent pour l'être."

Elle retint un hoquet, entre la surprise et le rire.

"Oulà, vous, vous n'êtes pas un amoureux de la presse." Elle lui sourit à en désarmer un moine, le regard pétillant.

"Ils sont prêt à tout pour vendre, faire de l'audi-mat, même si cela implique de soutenir qu'un adolescent de dix-huit ans aurait les ressources, le temps et l'intelligence de rivaliser avec l'Eventreur." Will leva les yeux au ciel "Et je suppose, que cela n'est en rien une coincidence que Patrick Dante soit actionnaire de la chaine. Cette narrative l'arrange."

"Elle doit en arranger plus d'un."

"Lui en particulier."

"Mais s'il était suspect, ce serait dans l'intérêt des autres chaines de le dire, non?"

"Jack a un certain talent pour les garder à une bonne distance de sécurité. Ce qui filtre ne vient jamais de son unité."

"Cela ne doit pas être une mince aff-"

"Will, tu aurais vu Jack- oh, et tu as de la compagnie?" Beverly fit irruption sans prévenir. Le sursaut de Will et de la jeune fille la fit beaucoup rire, intérieurement.

"Mmh, problème d'ordinateur, alors-" Il agita vaguement les mains dans la direction de la jeune fille, en se rendant compte qu'il ne lui avait pas demandé son nom.

"Je fais la maintenance." La jeune fille dit rapidement.

"Ah oui, je pensais que c'était Bob qui s'en occupait."

"Bronchite. Je le remplace pour la journée."

"Il n'est pas vacciné?" Bervely fronça légèrement les sourcils. Bob était un technicien informatique, dont l'amour de l'hygiène et des médicaments et des traitements frisaient la pathologie psychologique. Mais comme il était capable de rebooter un ordinateur avec une épingle -ce n'était pas une figure de style, Beverly l'avait véritablement vu faire un jour- personne n'osait le critiquer.

Surtout lorsqu'on voyait l'état général du matériel informatique.

"Pas sa nièce malheureusement... et c'est réparé." Elle se releva, époustant son jean. Regard appuyé sur le consultant, sourire aux lèvres "Le système est en train de se rebooter, attendez une dizaines de minutes avant de relancer votre ordinateur, et tout devrait fonctionner. Et puis, dans le cas contraire, s'il y a un problème, n'hésitez pas?"

Will hocha la tête, et la jeune femme ne demanda pas son reste. Elle prit presque littéralement la fuite, sous le regard vaguement amusé de Beverly.

Will jeta un coup d'oeil à son amie, qui demeurait silencieuse au possible. Elle avait son sourire des coups fourrés, et il était beaucoup trop tôt pour qu'il le supporte. Il pensa un instant à prendre lui aussi la fuite, avant de se raviser. Ce serait probablement encore pire. Autant arracher le pansement maintenant.

"Oui...?"

"Donc..." Beverly jeta un regard appuyé sur la porte entrouverte "Pas ton genre?"

"Je te demande pardon?"

"Tu réalises que cette fille te faisait activement du grain, n'est-ce pas?" Beverly dit.

Visiblement non, à en juger par l'expression de stupéfaction que Will avait actuellement.

Elle sourit, mi-amusé, mi-exaspéré.

"Tu as fini oui?" Will se ferma comme une huitre, essayant de trouver refuge dans sa tasse de café, désormais froide et amère. Il tenta de se remémorer l'échange, essayant de se convaincre que son amie se trompait lourdement. Il n'arrivait cependant pas à déterminer ce qui était pire, que Beverly se trompe, ou qu'il n'ait rien vu.

Beverly se mit à rire franchement.

"Au moins, tu sais ce que tu as à faire si tu veux la revoir." Elle renchérit, en jouant avec la prise éthernet de l'ordinateur (et oui, qu'il n'y ait pas le wifi au FBI semblait consternant, tout du moins pour Will).

"Je-"

Une porte claqua avec un tel fracas que Will sursauta. Même Beverly fronça les sourils.

"Oula-" Elle n'eut pas le temps de dire que Jack avait déjà fait irruption dans le bureau du consultant, le visage furieux.

"Katz, vous aviez demandé à me voir?"

"Oui, j'ai auditionné les Dantes, enfin, plutôt, leur avocat. Ils affirment avoir passé la soirée du meurtre dans leur villa a Charlottesfield."

"Et...?"

"Et la propriété a des caméras de sécurité, j'aimerais y avoir accès, mais il nous faudra un mandat. Dire que le juge Travers est réticent à le donner est un euphémisme. J'espérais que vous sauriez trouver les mots pour le convaincre de ne pas être une poule mouillée."

"J'irai lui parler, mais il me faut des arguments."

"Charlottesfield est a plus de huit heures de la ville en voiture, il faut emprunter des chemins que l'on pourrait à peine qualifier de route, à peine 20 habitants dispersés dans un rayon de trente kilomètres, entre haies, forêts et clôtures en tout genre." Katz dit.

"Beverly, j'ai eu une long journée-"

"Il est neuf heures du matin-"

"Précisémment. Alors, ne tournez pas autour du pot. Crachez le morceau."

"A chaque fois que Patrick Dante ne fait même que se moucher, il s'arrange pour qu'il y ait au moins un paparazzi au courant dans le secteur. Cet homme est une diva, pire que sa femme. Cette maison n'a aucun sens."

"C'est peut-être une volonté de sa femme-"

"Vous avez vu Deidre Dante? Elle vous donne l'impression d'être une femme ayant la moindre volonté?"

"Raisons fiscales? Ils ont peut-être l'obligation de passer un certain nombre d'heures dans la propriété?"

"Les billets de l'exposition à 'Contre Courang' se sont vendus en 12 secondes, la liste des invités était inouïe, cela promettait d'être l'évènement de l'année. Pourquoi partir se cacher la veille?"

"Vous pensez qu'il y a anguille sous roche?"

"Je pense qu'il serait sage de ne pas prendre aux mots un couple de personnes qui ont pris leur pied à tremper leurs chaussures dans du sang frais, sous prétexte que c'était de l'art."

Jack hocha la tête, visiblement du même avis.

"Je verrais ce que je peux faire-"

"Boss." Brian passa la tête, et Jack retint un soupire de fatigue.

Mais il se ressaisit presque immédiatement, et c'était en partie pour cela que Beverly l'admirait. Cela faisait presque trois jours que Jack ne dormait pas plus de deux ou trois heures, en grande partie dans l'ascenseur ou à son bureau. C'était à peine s'il avait le temps de rentrer chez lui et de prendre une douche, tellement il était harcelé, que ce soit par les journalistes, ou les avocats des suspects, voir même les avocats du FBI. Cette affaire trainait, et l'obstination de Jack à continuer à creuser, alors qu'un coupable semblait tout désigné, ne plaisait pas du tout.

"Oui, Zeller?"

"L'assitante de Mott a appelé, il souhaiterait savoir s'il serait possible de prendre sa déposition aujourd'hui, à la galerie." Brian dit. "Il-"

"Prevenez le, nous sommes en chemin-" Jack dit en attrapant la veste de Will et en la lui lançant.

"... euh... nous?"

"Vous avez autre chose à faire Graham?"

"Un problème technique peut-être?" Beverly sourit et Will l'aurait maudit sur 3 générations si elle n'avait pas eu le malheur d'être son amie.

"Si vous avez un problème de matériel, appelez le service informatique, ils sont là pour ça. Allez, en route."

"J'aimerais autant éviter, de me retrouver dans la même pièce qu'un homme dont le métier est de décrire les pires facettes de l'humanité."

"Et quand j'étais petit je voulais faire du hula hoop en compétition, mais on a pas toujours ce qu'on veut dans la vie. En avant." Jack s'éloigna "Et prévenez également le Docteur Lecter, dites lui de venir s'il peut se libérer. J'aimerais avoir son avis."

"Et lui, on lui demande." Will grommela en enfilant sa veste. Il s'éloigna en trainant des pieds.

Brian et Beverly restèrent silencieux un instant.

"Tu penses qu'il a échoué, parce qu'il était mauvais, ou parce que les compétitions de hula hoop n'existent pas?" Brian demanda.

"Sérieusement, on est en pleine enquête pour meurtre et c'est ta seule interrogation?"

"Tu as d'autres théories?"

"Evidemment. Renseignes toi pour trouver son ancien professeur, j'épluche internet pour trouver des vidéos."

***

Will cligna des yeux, à nouveau. Il ne comptait plus le nombre de fois où il l'avait fait.

A sa décharge, l'éclairage était si vif que même Hannibal peinait à demeurer impassible.

Les murs d'un blanc parfait n'aidaient en rien au problème.

La secrétaire se tenait, droite comme un i, une moue supérieur aux lèvres -bleues- les cheveux d'un rouge cuivre tirés en une coiffure géométriques. La quantité de laque nécessaire à sa réalisation exaspérait le nez si fin d'Hannibal, bien qu'il ne garda bien de le dire. De plus, la jeune femme était charmante, esthétique même. Hannibal n'en avait pas moins attendu de Bénédicte Mott. Hannibal avait toujours apprécié le style de l'artiste, animal, vif, et avait grandement espéré le rencontré... avant qu'un corps ne s'effondre dans la salle d'exposition.

Qu'importe, cela n'avait été en fin de compte qu'un malheureux contre-temps.

Lorsque Jack l'avait convié à l'audition de l'artiste, Hannibal avait retenu à grande peine un sourire satisfait.

Ce sentiment avait été aussi fugace que décevant. Voilà plus de dix minutes qu'ils attendaient dans cette salle criade.

Il n'était pas bon de faire patienter Hannibal, et le psychiatre espérait que les excuses de l'intéréssé seraient sinon sincères, au moins impeccables.

Enfin, la secrétaire se leva et se dirigea vers eux, sa combinaison ample ondulant à ce rythme dont certaines femmes ont le secret.

"Benedict va vous recevoir." Elle dit, et ce fut une nouvelle déception pour notre cher docteur. Le rêve d'esthétique s'enfonçait toujours plus avec cette voix, que la condescendance rendait naseuse.

Jack se leva, exaspéré de l'attente.

A raison, il était directeur du département criminel du FBI, il n'avait pas à attendre pour interroger un suspect. Malheureusement, la personne en question n'était pas n'importe qui, et avec les noms impliqués et la médiatisation qui en suivait, jusqu'à preuve du contraire, il allait devoir naviguer, sous peine d'une énième entrevue RH.

Dire que cela le faisait chier, c'était comme dire que le lait tourné, cela n'avait pas très bon goût. Ce n'était pas faux en soit, mais c'était une description assez peu colorée de la chose.

La secrétaire tourna les talons, et réadopta cette démarches souple et lente, cette petite ondulation propre aux femmes conscientes de leurs charmes. Tout n'était que performance ici, et cela cassait les pieds sec à Jack. Ils avaient perdu assez de temps ainsi (c'était une enquête pour meurtre bon sang!).

Elle marqua un temps d'arrêt, la main sur la poignée.

"Je tiens à vous prévenir, Bénédicte est en plein ressourcement de son essence artistique, il demande à ce que vous dérangiez le moins possible son équilibre émotionnel."

"Une femme a été tricotée au fil d'acier, je pense que son ressourcement de ses chacras est compromis." Jack ne cacha pas son exaspération, et Hannibal l'admira presque pour cela.

La secrétaire ne releva pas, et poussa la lourde porte.

Que ne fut leur surprise lorsqu'ils découvrirent Bénédicte Mott, la chemise impeccable, les yeux fermés, assis en tailleurs, alors qu'une femme lui massait les épaules. Cela n'était pas surprenant en soit, et ce ne fut pas la surprise de reconnaitre la femme de l'exposition qui déstabilisa Will, et ses deux compagnons.

No, le détail en question était que cette jeune femme était entièrement nue.

Passé une seconde de stupéfaction, Jack se racla la gorge.

"Monsieur Mott."

Ce dernier demeura assis, gardant les yeux fermés.

"Je vous attendais en fin de matinée." Il finit par dire d'une voix trainante.

"Navré de bousculer votre agenda." Jack répliqua sur le même ton.

Ce fut seulement à ce moment que Bénédicte Mott ouvrit les yeux, et tourna la tête vers eux, vers lui, plus précisémment. L'air vaguement intéressé.

"Popentina m'a informé que vous aviez un certain nombre de questions concernant le désastre artistique, dont je refuse de prononcer le nom." Bénédicte dit, la voix trainante.

"Rien ne pourra jamais entacher ta vision Bénédicte, pas même une grossière parodie de ton travail." La femme dit doucement, ses lèvres carressant l'oreille de l'artiste.

"Je n'ai sincèrement jamais été aussi insulté, agent Crawford." Bénédicte s'écria avec un désespoir grandiloquant "Quelqu'un cherche visiblement à causer ma perte."

"Vous pensez que quelqu'un cherche à vous menacer?"

"Des menaces, agent Crawford, j'en reçois des dizaines par jour. Le fardeau des génies je suppose, l'imcompréhension des masses."

"Il me semble que vous êtes assez bien reconnu par les masses pourtant." Jack dit.

"Il n'y a aucune gratification à être adorée par des idiots. La majorité ne comprennent pas la puissance de l'art, ni même ce que j'essaie de dire."

"Et, d'après vous, le meurtrier a tenté de... reproduire ce que vous avez accomplis?"

"Pire encore! Cet... individu, ne s'est pas contenté de suivre ma pensée, nooon! Il fallait qu'il la transforme en un simple fait divers sordide, la réduisant en vulgaire projet de consommation, bon à vendre des articles! Ah! Si quelqu'un voulait me tuer, il ne s'y prendrait pas autrement! Vous devez absolument le mettre hors d'état de nuire avant qu'il ne parvienne à ses fins!"

"... j'en déduis que vous n'aviez rien contre Maria Sanchez, et que vous avez un alibi à toute épreuve?"

"... parce que vous pensez que j'en suis l'auteur?" Bénédicte eut un hoquet, entre le rire et le ridicule "Moi, faire ça?"

"Pourquoi pas? Peut-être avez vosu jugé que Scène de Crime avait besoin d'un sequel, et Maria Sanchez a eu le malheur de passer par là."

"Un sequel, que c'est laid! A vous entendre, l'art n'est qu'un vulgaire produit de consommation!"

"Cela ne vous dérange pas de le vendre, non?"

"Sachez, agent Crawford, que je n'ai pas besoin de faire un... sequel, pour vendre. Je n'ai même pas à mettre en vente mes oeuvres. Elles s'arrachent avant même d'être créée. Et quand bien même... je manquerai d'années pour dépenser ce que je possède. Non, je n'ai pas besoin d'argent."

"Pourquoi alors garder des prix exorbitant?"

"Parce que, agent Crawford, tout le monde ne peut pas avoir bon goût, le banaliser ne ferait que le transformer en médiocrité. L'argent est une sélection comme une autre. Je ne me serais jamais plagié de la sorte."

"Et selon vous, qui aurait pu le faire?"

"Je suis un artiste, je cherche la Vérité, les détails ne me préoccupent guère."

"Une femme a été retrouve à 10 mètres de hauteur. C'est un 'détail' important, vous ne trouvez pas?" Jack demanda fermement.

"En effet, et c'est pour cela que nous vous avons appelé." La femme répliqua doucement, presque gentiment.

Même Hannibal fut surpris.

"Je pensais que vous souhaitiez réduire en bouillie celui ou celle ayant vendu la mêche."

"Il existe un fosset significatif entre souhaiter et faire ce qui est nécessaire." Bérénice répliqua doucement "Il valait mieux que cette révélation se fasse avant que l'oeuvre ne finisse dans une collection privée-"

"Ce n'est pas une oeuvre!" Bénédicte protesta avec virulence "Ce n'est qu'une vulgaire parodie de mon travail!"

Le peu de respect que Jack lui portait fondit comme neige au solei lavec ces mots.

"Êtess-vous dérangé par la mort d'un membre de votre personnel, ou par la banalité du modèle?" Will maugréa.

Mott détourna la tête, comme un tigre repérant sa proie. Il n'était pas le seul, mais Hannibal avait été légèrment plus discret.

"Ah... le consultant coupable... Will, Graham." Mott le regardait comme si Will venait de se téléporter dans la pièce. Il se leva, et commença à l'observer sous toutes ses coutures.

Cela ne plut pas du tout à Hannibal, même s'il pouvait comprendre l'intérêt.

"Monsieur Mott, si vous pouviez cesser cette mascarade-" Jack partit au quart de tour.

"Quelconque." Mott finit son examen avec un moulinet de poignet divinement méprisant, et pour avoir osé faire cela, Hannibal sut qu'il allait le tuer.

Foie au cognac et pomme de terre à la lyonnaise, il était certain que Will apprécierait.

"Allons, allons, Bénédicte." La femme se leva, et fit courir ses doigts le long des épaules de l'artiste. "Où sont passé tes bonnes manières, mmh?"

Bénédicte reluqua sans aucune honte les deux petits seins qu'on lui présentait si effrontémment. Elle ne cilla même pas.

"La politesse, les bonnes manières, des énièmes artéfactes érotiques." Il balaya cela à nouveau de ce geste, visiblement sa signature. "De l'hypocrisie."

"Parfois nécessaire, lisez le Misantropes." Jack s'énerva presque "D'ailleurs, mademoiselle-"

"Bérénice."

"Vous seriez bien aimable de vous vêtir."

"Pourquoi, vous vous sentez menacé?" Elle haussa un sourire parfaitement sculpté.

"Exaspéré, pour être honnête. Je pensais me déplacer pour quelque chose de sérieux, pas une démonstration artistique."

Bérénice tourna les talons, et alla attraper un kimono de soie crème. Le tissu coula le long de ses épaules, suivit les courbes, jurant merveilleusement avec cette peau chocolat incroyable. Elle n'était plus nue à proprement parler, mais la soie reproduisait sa figure avec une telle fidélité qu'affirmer le contraire n'était pas entièrement faux non plus.

"Mieux?" Elle sourit.

Jack ne prit pas la peine de relever.

"Où étiez vous la veille de la représentation, entre 3 heures et 5 heures?"

"Je ne m'embarasse pas la tête avec ce genre de détails inutiles."

"Il revenait de New York. Il avait une entrevue avec le directeur du MOMA. Patt cherche à l'avoir pour la prochaine saison-"

"Et est si désespéré que cela en devient repoussant. Quel voyage inutile et ennuyant."

"Et vous, mademoiselle, vous l'accompagniez?"

"Si j'avais été présente, j'ose espérer que Bénédicte n'aurait pas qualifié ce voyage d'ennuyant." Elle répliqua "J'étais ici, en train d'organiser la soirée, la secrétaire de Bénédicte vous le confirmera, cela fait une semaine que je n'ai plus une minute à moi."

"Nous vérifirons." Jack hocha la tête.

"En avons nous fini?" Bénédicte se laissa tomber dans un des poufs aquatiques.

"Pas entièrement. Que pouvez vous nous dire des invités présents?"

"Des imbéciles avec trop d'argents et trop peu de goût, ou alors des jaloux. Mais ne me prenez pas aux mots, demandez donc à votre cher ami, le docteur Lecter."

Hannibal leva les sourcils, légèrement surpris.

"Plait-il?"

"Vous étiez-là ce soir, non? Je me souviens avoir apperçu votre nom dans la liste des membres présents. Grâce au ciel, le QI général en fut moins déplorable."

"Nous aimerions d'ailleurs grandement entendre votre opinion de la soirée, docteur." Bérénice roucoula, le regard aigue. "Quoi, vous espériez sincèrement vous cacher indéfiniment?"

"Il est impossible d'échapper à Bérénice, croyez en mon expérience."

"Et justement, navré docteur, je me permets, avez vous remarqué quelque chose d'inhabituel?" Will coupa court à l'échange.

"Le personnel était assez agité. Cette fille, en particulier, ne savait pas où donner de la tête." Bérénice réfléchit un instant. "Erin Walker, elle s'appelait ainsi, je suppose que vous l'avez auditionné avec le reste."

"Et en quoi se démarque-t-elle?"

"Elle a été absente une bonne partie du service, la faute à son petit ami. Il n'a pas arrêté de venir la chercher."

"Qui donc?"

"Vous le connaissez, agent Crawford, il est actuellement recherché pour meurtre-"

"Même s'il n'avait pas le cerveau pour le faire. Grand Dieu, mes semblables sont des crétins!"

"Attendez, on parle de Jaime, le petit ami de Maria Sanchez?"

"Lui-même. Le garçon ne se cantonne pas qu'à la demoiselle en question, ni même à son amie. Il est assez insatiable, à ce que l'on m'a dit."

Jack et Hannibal échangèrent un regard.

"Autre chose?"

"Mason Verger et sa soeur ne se sont pas montrés de la soirée, ce qui était étrange. D'ordinaire, l'héritier Verger ne manque ces occasions pour rien au monde. Mais le fracas de l'an passé a dû le calmer." Bérénice alluma une cigarette.

"Développez s'il vous plait."

"Lui et Kar- je veux dire, le procureur Wilmont se sont arrachés scène de crime l'an passé, presque littéralement. Ils en sont venus aux mains, et ont presque dû être évacués par la sécurité."

"Et lequel des deux a gagné?"

"Aucun, un troisième acheteur en a profité pour rafler le prix." Bérénice prit une bouffée de tabac "Nous étions tous surpris, d'ordinaire, il ne s'intéresse pas à ce genre de choses-"

"Un nom, mademoiselle."

Bérénice le toisa un instant, visiblement contrariée d'avoir été stoppée dans sa performance.

"Patrick Dante."

Oula... il semblerait que certaines personnes aient davantage d'explications à donner!

P.S: je me répète mais les reviews ça fait vachement plaisir :)