Notes de l'auteure: Hey tout le monde !
Je voulais vous adresser un petit mot avant le début de ce chapitre. J'ai commencé cette histoire sur un coup de tête, et je ne m'attendais pas à ça du tout. Près de 800 vues, 5 ajouts en favoris et 10 personnes qui la suivent, en moins d'une semaine, je trouve ça incroyable !
Je remercie également de tout cœur les personnes qui ont commenté, ça me fait énormément plaisir et ça me motive encore plus pour la suite ! (d'ailleurs, si jamais vous hésitez à laisser un petit mot, faîtes le, vous imaginez pas à quel point c'est encourageant :))
Donc merci à tous de suivre cette petite histoire, et j'espère que la suite vous plaira
Sa résolution de ne pas trop y penser et de ne pas laisser son esprit inventer des scénarios improbables tint à peine une demi-heure. Évidemment, il était incapable de garder ses pensées claires, ça n'avait jamais été son truc.
La patience non plus. Encore moins alors qu'il avait attendu quinze ans. Alors évidemment, Sirius tournait en rond dans la boutique, jetant un œil à son portable environ toutes les dix secondes, comme si un message allait miraculeusement apparaître.
Et Remus ne devait plus vouloir de lui, sinon, il aurait déjà répondu n'est-ce pas ? Il lui aurait dit qu'il avait raison, qu'il fallait qu'ils discutent sérieusement, et Sirius aurait pu lui proposer de se retrouver comme convenu. Et ils auraient pu parler, et tout ça se serait arrangé. Dans un monde idéal, c'est ce qu'il se serait passé.
Mais Remus ne répondait pas, et ça voulait sans doute dire que tout ça ne se passerait jamais. Qu'ils n'allaient jamais se parler de nouveau, que tout était terminé, juste parce qu'il avait été assez idiot pour s'emporter sans écouter un mot de ce qu'il lui disait. Remus était revenu vers lui une fois, et malgré sa lettre, apparemment, il ne comptait pas retenter l'expérience.
Des mensonges, sans doute, encore une fois. Sirius se disait qu'il ne devrait sans doute pas en être étonné. Tout au fond, il savait qu'il devenait irrationnel, que c'était le week-end, et que Remus avait sûrement passé une semaine fatigante. S'occuper de gosses toute la journée, ça devait être épuisant. Il dormait sûrement.
Mais ce genre de réflexion viendrait plus tard, lorsqu'il aurait eu le temps de calmer ses nerfs. C'était toujours comme ça, lorsqu'il faisait quelque chose qu'il trouvait stressant ou risqué. Il était intenable et anxieux, et dramatique plus souvent qu'il ne voulait l'avouer, même lorsqu'il n'avait pas lieu de l'être.
Sirius se demandait si finalement, les mots de Remus étaient sincères, si finalement il ne le détestait pas pour ne pas avoir voulu l'écouter, pour avoir été aussi désagréable. Il ne pourrait pas dire que ça l'étonnerait vraiment, ça n'était pas comme si grand monde parvenait à le supporter et à l'apprécier. Remus faisait partie de ces quelques personnes auparavant, mais peut-être qu'à présent, il n'avait plus envie de devoir avoir à gérer son caractère compliqué. Insupportable comme disait Lily affectueusement.
Il en riait habituellement, parce qu'il ne pensait pas que c'était important. Parce qu'il avait Lily, et James, et surtout Harry, et qu'ils ne se plaignaient jamais vraiment de lui. Parce qu'ils étaient habitués, parce qu'ils savaient lire entre les lignes. Remus ne savait peut-être plus. Peut-être qu'il ne l'avait jamais su finalement.
Sirius était en pleine discussion mentale avec lui-même, à la limite de se demander s'il n'était pas fou, quand un client poussa la porte. Il se ressaisit immédiatement, affichant son plus beau sourire et l'accueillant chaleureusement.
Il était bon pour ça. Porter un masque, sourire faussement. Il avait eu de l'entraînement, avec sa famille tordue. D'ailleurs, c'était peut-être pour ça également que Remus était partit, même s'il ne le lui disait pas.
Sirius se secoua un peu, essayant de l'éloigner de son esprit, au moins un peu. Il s'occupa de son client, un vieil homme qui venait toutes les semaines et avec qui il avait souvent de longues conversations. Sa femme était à l'hôpital, depuis plusieurs mois, et il lui apportait un nouveau bouquet dès que l'ancien fanait. Ça lui fit penser que les dernières fleurs qu'il avait offertes à Remus devaient avoir fanées également, et il se reprit en demandant à son client ce qui lui ferait plaisir aujourd'hui.
Ils discutèrent un long moment, Sirius plus que volontaire pour faire sourire un peu le vieil homme, et y parvenant avec une certaine satisfaction. Ça lui changea les idées, au moins un peu, puis son client repartit avec son nouveau bouquet, et il se retrouva de nouveau seul avec ses pensées.
Il était encore tôt, et quand son portable sonna, indiquant un message, il songea qu'il devait s'agir de Lily qui lui demandait d'où sortait son comportement bougon du matin-même.
«(Moony) Il faudrait oui. Tu veux qu'on s'appelle pour ça ? -9h12»
Sirius resta un moment à fixer son écran, le cœur battant trop fort et se demandant ce qu'il devait répondre à ça. Remus avait répondu, et au vu de sa réponse, il était prêt à au moins discuter un peu avec lui. C'était une bonne nouvelle. Ça devait en être une, et pourtant, Sirius avait juste l'impression d'avoir la nausée.
Peut-être parce qu'il n'avait aucune envie de se contenter d'un appel, de se contenter de sa voix au téléphone et de ne pas pouvoir voir ses expressions et tenter de savoir s'il était sincère.
«Non, je veux qu'on se voit. On ne peut pas parler de tout ça au téléphone. -9h15»
«(Moony) Quand ? -9h16»
«Ce soir, comme prévu ? -9h17»
L'attente lui parut interminable, sans doute parce qu'il angoissait un peu trop à l'idée que Remus refuse.
«(Moony) D'accord. -9h21
Sirius ne savait pas s'il devait se sentir soulagé ou effrayé à l'idée de le revoir dans cette situation. Il avait été impatient lorsqu'ils avaient conclu ce rendez-vous en premier lieu, mais les choses étaient beaucoup plus simples à ce moment-là. Ou du moins, il pensait qu'elles étaient plus simples.
À présent, il était simplement angoissé en imaginant le dénouement de cette discussion. Sirius n'était même pas certain de ce qu'il attendait, de ce qu'il voulait vraiment, et c'était sans doute une des premières fois où il ignorait ce qu'il désirait le plus. Peut-être qu'il se voilait un peu la face, peut-être qu'au fond, il le savait parfaitement.
La journée fut compliquée, beaucoup plus qu'habituellement. Parce qu'il ne parvenait pas à se concentrer vraiment, parce qu'il ne parvenait pas à cesser de se faire des scénarios dans son esprit, dont la plupart finissaient de façon amère.
Lily lui avait rendu visite, à la fermeture du milieu de journée, et pour une fois, il ne lui avait absolument rien dit. Non, il s'était renfermé, comme lorsqu'ils étaient plus jeunes et qu'il ignorait comment parler de ce qu'il ressentait. Il s'était totalement fermé à tout ce qu'elle pouvait bien lui dire, à l'aide qu'elle tentait de lui offrir en voyant parfaitement que quelque chose n'allait pas. Il s'était totalement fermé à son inquiétude pour lui, et elle avait finit par partir avec une frustration évidente.
Sirius se rattraperait, plus tard, lorsque la discussion avec Remus serait passée, et qu'il saurait à quoi s'en tenir.
Lily allait sûrement lui en vouloir un peu, de ne rien lui avoir dit plus tôt, mais elle comprendrait. C'était toujours le cas, elle était beaucoup plus réfléchie que lui. Il lui faudrait quelques heures, mais elle finirait par lui pardonner son sale caractère.
Lorsqu'il ferma la boutique, il repassa par la maison pour prendre une douche et se rendre un peu plus présentable, et la rouquine l'interpella alors qu'il s'apprêtait à sortir.
- Je pensais que ton rendez-vous était annulé ? demanda-t-elle d'un ton toujours un peu trop froid par rapport à son habitude.
- Pas tout à fait, répondit-il en attrapant son casque de moto dans l'entrée.
- Très bien, continue à ne rien me dire.
Sirius grogna un peu lorsqu'elle l'abandonna là pour se rendre à l'étage, et il sortit, ouvrant le garage pour sortir sa moto. Ça faisait un moment qu'il n'avait pas roulé avec, il avait prit la voiture pour aller voir Regulus. Sans doute parce qu'il n'était pas tout à fait certain de l'état dans lequel il rentrerait après avoir parlé avec lui après quinze ans de silence.
Et il n'était pas non plus certain de l'état dans lequel il serait après sa discussion avec Remus, mais au pire des cas, il pourrait toujours se payer un hôtel s'il n'était pas en état de conduire.
Sirius enfila le casque, ses gants, et il démarra en prenant le chemin du bar où ils devaient se rejoindre. Il ne se rappelait même plus la dernière fois qu'il y avait mis les pieds, mais il se souvenait parfaitement de la plupart des moments qu'ils avaient passés dans cet endroit tous ensembles.
Avant que tout ne s'écroule comme un château de cartes. Mais ça n'était pas le moment d'avoir ce genre de pensées. Il devait faire le tri dans son esprit, il ne voulait pas que ses vieux démons ruinent leur discussion, qui risquait déjà d'être houleuse.
En arrivant, Sirius laissa son regard se balader devant le bar, sans voir Remus, et il jeta un coup d'œil à l'heure en retirant son casque. Il n'était pas en retard, peut-être qu'il l'attendait à l'intérieur.
Avec une boule au ventre, il gara sa moto et entra, poussant la porte en forçant ses jambes à avancer. Il ne vit pas Remus directement, pas jusqu'à sentir un regard le brûler et tourner la tête vers sa droite. Il était là. Il était vraiment venu. Et cette constatation le soulagea un minimum.
Sirius se força à ne pas laisser ses pensées s'égarer de nouveau alors qu'il le détaillait en s'avançant vers lui, mais bon sang, cet homme causerait sa mort. Il n'était même pas certain qu'il se rende compte à quel point il était séduisant. Le brun se secoua un peu, parce que ça n'était pas le moment de penser à ce genre de choses, et il se glissa sur la banquette en face de lui.
- Hey, souffla-t-il en ne sachant pas trop comment aborder la discussion. Comment tu vas ?
- Bien, reçut-il en réponse. Et toi ?
C'était beaucoup trop banal pour lui, ça ne leur ressemblait pas, et il héla un serveur avant de répondre, commandant une simple bière. Il ne pouvait pas vraiment se permettre de boire s'il conduisait ensuite.
- Ça peut aller, finit-il par dire en reposant les yeux sur lui.
Le silence s'éternisa alors qu'ils semblaient se jauger tous les deux, et Sirius se sentait atrocement mal à l'aise. Le silence, ça n'était pas lui. Il se racla la gorge, tentant de trouver quelque chose à dire, sans vraiment parvenir à trouver quoi que ce soit.
- Tu voulais discuter, lui rappela Remus sans le quitter des yeux. Alors vas-y. Qu'est-ce que tu veux savoir ?
Il ne savait même pas par où commencer. Et l'air détaché de Remus ne l'aidait pas, c'était presque comme s'il préférait être partout sauf ici.
- Tu n'as pas l'air d'en avoir grand chose à faire, lança-t-il sans pouvoir s'en empêcher.
Et c'était plus fort que lui. Peut-être qu'il cherchait à lui arracher une réaction. Tout ce qu'il récolta fut un haussement de sourcil alors que Remus prenait une gorgée de son verre.
- Si je n'en avais rien à faire, je ne serais pas là.
- Alors pourquoi tu agis comme ça ? demanda-t-il en sentant une espèce de colère monter en lui.
Pourquoi il avait l'air si calme, si froid et distant, alors que lui-même avait l'impression d'être angoissé et une bombe à retardement ?
- Tu t'attendais à ce que je te saute au cou ? railla Remus en lui faisant serrer les dents.
- Je m'attendais à ce que tu sois au moins un minimum heureux que je t'ai donné une chance de t'expliquer.
Les yeux du châtain se troublèrent un instant avant qu'il ne souffle un rire qui n'avait rien d'amusé et qu'il ne renifle dédaigneusement.
- Oh oui, bien sûr. J'avais oublié à quel point c'était un honneur d'avoir l'attention du grand Sirius Black.
Sirius se demanda à quoi il s'attendait en venant ici. Certainement pas à ça. Certainement pas à cette attitude presque glaciale après la lettre qu'il lui avait écrite. Mais il n'était pas dans la tête de Remus pour comprendre, et ça l'agaçait encore plus.
Sa bière arriva enfin, et il prit une longue gorgée en tentant de ravaler sa colère. Être raisonnable n'était pas son truc, mais hurler ne le mènerait à rien.
- Je veux savoir… pourquoi tu es parti, réclama-t-il enfin.
Remus sembla se détendre un peu, soupirant alors que son regard se posait sur son verre, et Sirius s'autorisa un soupir de soulagement mental. Peut-être qu'il n'avait pas encore tout foiré avec son sale caractère.
- Je te l'ai déjà expliqué, soupira Remus. J'avais besoin d'air, je comptais m'éloigner un peu, seulement quelques jours, quelques semaines. Je n'avais pas prévu que ça serait aussi difficile de revenir ensuite.
- Non, ça c'est pourquoi tu n'es pas revenu, contra-t-il en cherchant son regard.
Il vit sa mâchoire se contracter une seconde, avant que son visage prenne une expression lasse, et Sirius fronça un peu les sourcils.
- Il s'est passé beaucoup de choses, cette année-là, fit-il alors que Sirius ne pouvait que hocher la tête en signe d'assentiment. Peter a été la chose de trop. J'avais besoin de souffler, j'avais besoin de réfléchir, et je ne pouvais pas le faire avec vous.
- Est-ce que ça avait quelque chose à voir avec moi ? ne put-il s'empêcher de demander.
- Avec toi directement ? Non, répondit-il doucement. Mais ta famille a tenté de me tuer, et ça fait sans doute parti des choses qui m'ont poussé à vouloir m'éloigner. Pas à cause de toi, parce que j'avais besoin de faire le point.
Sirius se passa une main sur le visage, hochant un peu la tête. Il s'attendait un peu à ça, en réalité. Évidemment, même lui n'avait toujours pas totalement digéré toute cette histoire.
- D'accord, murmura-t-il doucement. Et Regulus ?
Remus parut décontenancé, lui lançant le même regard perdu que lorsqu'ils étaient plus jeunes.
- Quoi Regulus ?
- Il ne s'est jamais rien passé entre vous ?
Et il avait déjà demandé à son frère, il le savait. Mais il voulait en être certain, il voulait l'entendre de Remus, et ce dernier soupira lourdement en plantant son regard dans le sien.
- Non, il ne s'est jamais rien passé entre nous.
- Je voulais juste être sûr, fit-il doucement.
Un nouveau silence s'étendit entre eux, alors qu'ils buvaient tous les deux en échangeant quelques regards étranges.
Il y avait encore trop de non-dits, trop de questions en suspens, et Sirius ne trouvait pas le courage de les poser. Remus ne semblait pas non plus disposé à faire le premier pas, et le brun finit par claquer sa bière sur la table avec mauvaise humeur.
- Bordel, qu'est-ce qu'on fout là si on n'est même pas capable d'échanger trois mots ? lança-t-il avec fureur.
- Je ne sais pas, c'est toi qui voulais discuter. Qu'est-ce que tu attendais de tout ça ?
La question l'enragea un peu plus, et Sirius se passa une main dans les cheveux, les tirant en arrière en secouant la tête.
- J'en sais rien. Mais n'agis pas comme si tu ne voulais pas parler de tout ça aussi, rétorqua-t-il avec hargne.
Ses sentiments étaient totalement mélangés, et Remus sembla ne pas vouloir le supporter alors qu'il lui annonçait qu'il sortait fumer, et Sirius se retrouva seul avec sa frustration.
Il ne réfléchit pas vraiment avant de sortir à son tour, rejoignant Remus en le faisant grogner, ce qui le fit enrager encore un peu plus. Il prit une longue inspiration, enfonçant ses mains dans ses poches alors que ses doigts se refermaient sur la lettre froissée.
- Je croyais que t'avais jamais pu passer à autre chose ? cracha-t-il furieusement. C'était encore des mensonges ? Pourquoi est-ce que t'agis comme ça ? Pourquoi t'es aussi froid et distant ? Je croyais que t'avais besoin de moi ?
Le regard que Remus lui envoya était glacial, et peut-être que ça n'était qu'une couverture, qu'un masque, mais Sirius en frissonna.
- Et alors ? Je devrais te tomber dans les bras en te murmurant des mots d'amour c'est ça ? répliqua-t-il froidement. Tu voulais juste discuter, je suis venu pour discuter. Qu'est-ce que tu attendais de plus ? Qu'on finisse dans un lit à l'hôtel et que tu puisses m'ignorer encore après ça ?
Ces mots firent mal, un peu trop, parce qu'il n'était pas celui qui avait disparu pendant quinze ans. Mais au fond, il était celui qui s'était emporté pour rien, et qui avait coupé tout contact de nouveau. C'était logique que Remus réagisse de cette façon, et Sirius l'aurait sans doute accepté, s'il n'était pas autant en colère.
Il ne sut pas vraiment ce qui le poussa à s'avancer vers lui, le regard de Remus le défiant de faire un pas de plus, ni ce qui le poussa à le plaquer à ce mur et à poser ses lèvres sur les siennes.
Sirius était mortifié. Il fallait qu'il recule, et qu'il s'excuse, et qu'il trouve quelque chose à dire. Son esprit cessa de fonctionner lorsqu'il sentit les mains de Remus dans ses cheveux, qui le tirait plus près, et ses dents qui griffèrent sa lèvre alors qu'il lui rendait ce baiser imprévu.
Ça n'était pas comme ça que Sirius avait imaginé les choses. C'était brutal, et désespéré, et bien trop loin de l'image qu'il s'était créé du premier baiser qu'ils échangeraient depuis quinze ans. Ça n'était même pas vraiment agréable, c'était plus comme s'ils tentaient de faire passer tout ce qu'ils étaient incapables de dire, et pourtant, Sirius était incapable d'arrêter ça.
Il ne le fit que lorsqu'il eut besoin d'air, un peu hagard, et le cœur battant à tout rompre. Ça ne devait pas se passer comme ça. Le regard de Remus était aussi perdu que le sien, et il recula brusquement.
- Je… Je suis désolé, je voulais pas, commença-t-il avant de se faire couper.
- Laisse tomber, on devrait retourner à l'intérieur.
Sirius hocha simplement la tête en le suivant, et bon sang, il espérait savoir quoi faire après l'avoir vu, mais c'était encore pire à présent. Au moins, sa colère semblait avoir fondu comme neige au soleil.
Ils se réinstallèrent, Remus commandant un nouveau verre, et ils restèrent silencieux un instant, fixant la table tous les deux comme si se regarder était trop compliqué.
- On devrait être capables de parler comme deux adultes, finit par dire Remus en le faisant grimacer un peu.
- Je n'ai jamais été très doué pour ce genre de choses.
- Je sais.
Le silence reprit, jusqu'à ce que Sirius laisse échapper un long soupir, posant ses coudes sur la table et prenant son menton dans ses mains pour le regarder.
- Est-ce que tu penses sérieusement qu'on pourrait… Construire quelque chose ? demanda-t-il avec une boule dans la gorge.
Remus sembla hésiter un moment, l'imitant en croisant ses mains sous son menton.
- Je ne sais pas Sirius, avoua-t-il avec un air las. Regarde nous, est-ce que toi tu penses que ça pourrait fonctionner ?
- Ça fonctionnait jusque-là, souffla-t-il.
- On ne se voyait pas vraiment. J'aimerai vraiment, murmura Remus avec une lueur dans les yeux qui lui donnait envie de le tenir contre lui pour lui dire que tout irait bien. J'aimerai vraiment que ça puisse fonctionner. Mais je ne suis pas sûr que ça soit le cas.
Sirius sentit son cœur se serrer, douloureusement, et il secoua vivement la tête.
- On pourrait essayer. On pourrait… Faire les choses correctement.
- Qu'est-ce que ça veut dire, faire les choses correctement ?
- On pourrait reprendre de zéro. Avoir une vraie discussion, sur tout ce qu'il s'est passé, tout mettre à plat. Tout recommencer.
Son angoisse était bien trop forte, et il observa Remus réfléchir, avant que ce dernier ne soupir doucement.
- On pourrait essayer, abdiqua-t-il finalement alors que Sirius était enfin capable de respirer convenablement. Mais pas ce soir.
Sirius fronça les sourcils, avant que Remus ne continue.
- La discussion sur tout ce qu'il s'est passé. Pas ce soir. Mais on peut prévoir un autre moment. Tu ne travailles pas les mercredi, et j'ai mon après-midi de libre, qu'est-ce que tu en penses ?
- Ouais, d'accord, mercredi, souffla-t-il avec soulagement. Je pourrai t'embrasser encore tellement ça me fait plaisir.
- Tu ne voulais pas faire les choses correctement ? questionna Remus en haussant un sourcil.
Sirius se laissa aller à laisser échapper un léger rire, capitulant en se redressant.
- Très bien, je ne parlerai plus de t'embrasser alors. Ou de quoi que ce soit d'autre.
- Je n'ai pas dit que j'étais contre.
Son regard se fit surpris, avant qu'il ne sourit avec amusement. Peut-être que ça irait, finalement.
- On devrait peut-être vérifier qu'on est vraiment compatibles, avant de se lancer dans quoi que ce soit, taquina-t-il.
- On pourrait, mais on ne va pas le faire, répondit-il avec un air plus raisonnable.
Sirius consentit avec un faux air dramatique, et Remus finit par lui dire qu'il allait rentrer. Et cette soirée n'avait pas été parfaite, mais au moins ils étaient parvenus à se mettre d'accord sur quelque chose.
Et ils allaient enfin pouvoir mettre tout au clair. Sirius espérait simplement que ça n'allait pas encore tout bousculer.
- Je peux quand même t'ennuyer quand tu es en cours ? demanda-t-il en le raccompagnant à sa voiture.
- Pas comme tu en avais l'habitude, mais j'imagine que oui.
- Je devrais pouvoir m'en contenter. Envoies moi un message quand tu seras rentré.
Remus acquiesça, et juste comme ça il fut partit. Sirius traina un peu des pieds pour rentrer, d'un peu meilleure humeur. Tout n'était pas parfait. Mais tout n'était pas perdu non plus. Et il avait beau être d'un naturel impatient, il savait parfaitement que ça ne pouvait pas se faire en une seule soirée.
«(Moony) Je suis bien rentré. Passe une bonne nuit Sirius. -00h27»
«Je suis rentré aussi, dors bien Remus. -00h35»
