HUNSTANTON
Dans la voiture, le silence était de mise. Quelques fois, Pétunia sortait une carte routière et indiquait à Vernon la route à prendre. Le trajet dura presque quatre heures, et ils arrivèrent finalement à Hunstanton, petite ville de 4000 habitants, située au bord de la mer. Dès qu'Harry mis un pied hors de la voiture, l'odeur des embruns le frappa immédiatement. Il n'avait jamais senti une telle odeur auparavant et pris sa première grande bouffée d'air salé de la mer. La seule autre fois où il s'était retrouvé près de l'océan, c'était quand son oncle avait emmené la famille dans une cabane sur un rocher au milieu de l'eau. L'odeur n'avait pas été la même, au contraire, elle était plutôt désagréable à cause des algues.
Cet endroit était bien plus beau que Privet Drive, pensa-t-il. Les maisons étaient construites dans un style traditionnel anglais, en petites briques rouges, et dans la rue où ils étaient, les habitations étaient presque toutes collées. Ils vivraient surement dans une maison mitoyenne, ce qui n'était pas pour déplaire à Harry. Les Dursley crieraient surement moins en sachant que les voisins pourraient les entendre.
Les cartons précédemment emballés encombraient l'entrée de la maison. Cette dernière était étroite et donnait sur un escalier et deux portes. La porte sur le mur d'en face amenait à une petite cuisine et celle sur le mur de gauche donnait sur le salon qui faisait office de salle à manger. L'escalier menait aux chambres à coucher et à une petite salle de bain.
Quand Dudley grimpa les escaliers quatre à quatre pour sécuriser sa chambre, il tomba vite des nues. Il n'y avait que deux chambres. Dans l'une d'entre elles, il y avait deux lits simples. C'est à partir de ce moment-là qu'il s'emporta vraiment. Comment ça Potter allait dormir avec lui ? Il n'avait même pas le droit à sa propre chambre ? Comment allait-il pouvoir ranger toutes ses affaires si il y avait son cousin dans la pièce avec lui ?
Sa mère, avec froideur, car elle ne l'avait toujours pas pardonné, lui rétorqua que lui et Harry auraient la plus grande chambre et qu'elle et Vernon aurait la plus petite, mais qu'elle ne pouvait rien faire de plus pour lui. Il eut beau taper des pieds, Pétunia ne céda pas.
Dudley continua de ruminer. Sa mère s'approcha d'Harry. Elle lui tendit un billet de 20 livres.
« Va chercher des œufs et du bacon pour ce midi. »
Harry acquiesça sans un mot. Il avait hâte de voir un peu la ville.
Il se dirigea vers le centre, qu'ils avaient traversé un peu plus tôt en voiture. Il avait aperçu une supérette dans le coin. Après une dizaine de minutes, il trouva enfin le lieu qu'il recherchait. Personne n'était dans le magasin. Seul le bruit du néon qui grésillait au plafond brisait le silence monotone de la petite boutique. Il trouva très vite les œufs et le bacon et les posa sur le petit tapis roulant de la caisse en attendant que quelqu'un vienne l'encaisser.
Un bruit lourd se fit entendre dans l'arrière-boutique, puis une porte grinça.
« Bonjour, » fit une voix morne qui provenait de l'autre côté des rayons.
Harry répondit très poliment. L'homme aux cheveux grisonnant lui pris 4 livres et mis ses achats dans un sac en plastique blanc, puis lui tendit.
Quand il sortit, le ciel était rempli de nuages gris, bien plus couvert que quand il était entré. Lui qui voulait passer par la côte pour rentrer se pressa donc pour éviter l'averse. Il ne voulait pas risquer de se mouiller.
Il arriva vite devant la nouvelle maison. La porte était grande ouverte et son oncle faisait des aller-retours avec des cartons dans les mains pour les mettre à l'abri.
Il déposa les courses sur le plan de travail vide de la cuisine. Il brancha le frigo puis rangea le bacon au frais. Il rejoignit son oncle pour l'aider à porter les cartons restants à l'intérieur.
« Celui-là dans notre chambre, garçon ! »
Il grimpa les escaliers quatre à quatre. Pétunia était debout sur une chaise sur le palier de l'escalier entrain de visser une ampoule au plafond. Elle manque de tomber, mais s'accrocha à son épaule pour retrouver l'équilibre. Quand elle le lâcha, il déposa la carton dans la chambre parentale.
Il entendit du remue-ménage dans la chambre qu'il allait partager avec Dudley. Il jeta un œil curieux. Son cousin déplaçait les deux lits pour qu'ils soient les plus éloignés possible dans la chambre.
Tant mieux, se dit Harry. Je l'entendrais moins ronfler, comme ça.
Il redescendit quand son oncle l'appela. Ainsi se passa le reste de la journée.
Quand il fut l'heure d'aller dormir, Dudley se changea dans la salle de bain tandis qu'Harry se mettait très vite en pyjama dans la chambre. Les deux cousins ne s'adressèrent pas la parole. Peut-être était-ce parce que la journée avait été très mouvementée et fatigante, mais Harry dormit beaucoup mieux cette nuit-là. Il se réveilla une fois, mais se rendormit presque immédiatement. La fenêtre ouverte laissait passer un air frais qu'il n'avait pas le luxe d'avoir à Privet Drive. Le bruit des vagues était lointain mais bien présent quand la nuit était à son paroxysme.
« Les garçons, debout, » fit la voix de Pétunia.
Le réveil sur la table de chevet de Dudley indiquait 9h30. Harry bailla, se frotta les yeux et se leva immédiatement. Il chercha dans ses cartons pas encore déballés sa brosse à dents et des habits.
Il prit une rapide douche et descendit. Il ne mangea pas, il n'avait pas souvent faim le matin. Il but seulement un verre de jus d'orange.
C'était bizarre, se dit-il. L'ambiance était différente ici qu'à Privet Drive. Sa tante et son oncle semblaient plus sympathiques à son égard. Il ne se souvenait pas avoir entendu son oncle crier, alors que la journée avait été stressante. Le changement lui faisait peut-être du bien.
« Aide ton oncle à monter la bibliothèque, » commanda Pétunia, quand elle le vit les yeux dans le flou, un verre vide à la main. Puis elle prit une grande inspiration. « Dudley, lève-toi ! Ton petit-déjeuner va être froid. »
La matinée passa lentement. Il n'était jamais à l'aise quand il devait côtoyer son oncle trop longtemps, surtout quand il maugréait avec des clous dans la bouche et un marteau dans la main.
« Là, tiens-ça comme ça. Et range tes doigts. »
Une fois la planche fixée, il lui fit signe de lâcher. Peu sur, Harry fit quelques pas en arrière pour contempler le meuble qui tenait étonnamment debout.
« Parfait, » fit la voix de sa tante derrière lui. Elle embrassa rapidement son mari sur les lèvres.
Harry fronça les sourcils. Bizarre. Cette impression que les deux adultes avaient une différence dans leur comportement revenait.
« Tiens garçon, c'est la clé de la malle où sont rangées les affaires de ton école. À la moindre bêtise, je reprends tout. » Il lui tendit une vielle clé en argent qui venait de sa poche.
Quelque chose ne tournait pas rond. Il devait mener son enquête.
Deux heures plus tard, alors qu'il avait sorti ses affaires de la vieille malle, désespérant devant la liste de devoirs à faire pour la rentrée, la voix de Vernon perça le silence paisible de la maison.
« Dudley ! » appela-t-il d'en bas. Son cousin était sur sa Gameboy, assis en tailleur sur son lit. Il poussait de temps en temps soit des petits grognements de frustration, soit des légers couinements de victoire. « Nous allons chez Marge, tu sais, pour le diner. Elle sera déçue de ne pas te voir. Enfin. Restez tranquilles, pas de bêtises. Nous serons de retour tard, si nous ne dormons pas là-bas cette nuit. » Vernon ne travaillait pas le lundi.
« D'accord, » cria en retour Dudley sans lâcher des yeux sa console. « Y'a quoi à manger ce soir ? »
« Je vous ai laissé un billet dans l'entrée, prenez ce que vous voulez, » répondit Pétunia.
« Ok, 'man. »
Puis il y eut le bruit des talons de Pétunia sur le carrelage en bas et le son des deux adultes qui mettaient leurs manteaux. La porte d'entrée s'ouvrit.
« On y va ! » Et la porte claque derrière eux.
Les deux garçons restèrent amorphes, chacun de leur côté. Dudley continuait de pianoter sur les touches de sa console et Harry de tourner les pages de ses manuels scolaires.
« T'as parlé cette nuit, » fit d'un coup Dudley.
« Et toi t'as ronflé, » répondit Harry immédiatement.
« Pff, ça m'énerve ce jeu. » Il jeta sa Gameboy sur sa couette. « Je m'ennuie ici, y'a rien à faire. »
« T'as qu'à sortir. »
« Pour aller où je connais rien. »
« Je sais pas, pour visiter. »
Dudley soupira. Il se mit debout, s'étira.
« Tu fais quoi ? »
« Je regarde mes devoirs. »
« T'as des devoirs dans ton école d'attardé ? Je pensais que vous foutiez rien. Abracadabra par-ci, abracadabra par-là. Tu dois pas avoir grand-chose à faire. »
Harry leva les yeux aux ciel.
« Parce que toi t'as fait quelque chose cette année, à part te faire renvoyer ? »
Dudley grimaça. Il s'approcha des affaires du brun, et pris un livre au hasard qui trainait sur le lit.
« Rends le moi ! » demanda tout de suite Harry qui était habitué à ce que Dudley lui vole ses affaires.
« C'est bon, je vais pas le manger ton livre. Potions, » lu-t-il sur la couverture. Il l'ouvrit. « T'apprends à faire la cuisine, alors ? » Il parcouru quelques lignes de plus des yeux. « Mmmh, le petit sorcier apprend à mélanger des queues de serpent et des yeux de chauve-souris. Et après tu veux pas que je me moque de toi. »
Harry soupira.
« Et celui-là c'est quoi ? Arithmancie. C'est un mot compliqué pour les maths ? »
« Non c'est de la divination avec des chiffres. »
« Et tu sais compter au moins, pour faire ça ? Je vois pas de manuel de maths. Ou d'anglais. Ou de sciences. Vous vous prenez pour qui pour ignorer tout ça ? Est-ce que ça veut dire que les sorciers ont même pas les notions scolaires qu'un enfant de 10 ans ? »
Harry se gratta la tête. « Je sais pas, » répondit-il sérieusement. « Tous ceux qui sont nés dans des familles sorcières ont des cours particuliers quand ils sont enfants mais ne vont pas dans des écoles moldues au cas où il y ai un accident. »
« Bin pourquoi ils font pas des écoles primaires de sorciers ? »
« Je sais pas, y'a peut-être pas assez de sorciers. »
Dudley lâcha le livre d'arithmancie et pris celui de sortilèges.
« Accélérer la croissance d'une plante… Enchanter des vêtements pour qu'ils tiennent plus ou moins chaud… Donner la vie à du chocolat… » dit-il en tournant les pages rapidement. « Eh bien, pas très consistant comme programme. Tu fais quoi une fois que tu as appris à faire ça ? »
Le sorcier haussa les épaules. Son cousin l'emmerdait un peu, avec ses questions. Il n'avait jamais parlé de sorcellerie avec lui et d'un coup, il lui posait plein de colles comme ça.
« Il est dix-huit heures. On va chercher des pizzas avant que ça ferme, viens avec moi. »
« Tu peux pas y aller tout seul ? »
« Non, c'est la lose d'y aller tout seul, viens avec moi. »
Ainsi étaient les choses. Dudley préférait la compagnie de son cousin plutôt que d'être perçu pour un nul, alors Harry devait suivre le mouvement. Cela ne le dérangeait pas trop, il préférait ça aux insultes et aux coups. En plus, cela lui permettait de sortir un peu et lui donnait une excuse pour échapper à ses devoirs. Pendant qu'Harry mettait ses chaussures, Dudley pris les clés de la maison et l'argent que sa mère avait laissé. L'air était un peu frais dehors, mais c'était parce qu'on était que début juin. Dudley resta en t-shirt tandis qu'Harry enfila un sweat-shirt.
Dudley mena le pas, prenant le même chemin qu'Harry avait fait pour aller à la supérette.
« Et donc t'as pas le droit de faire de magie en dehors de ton école c'est ça ? C'est un peu nul, non ? »
« C'est normal, c'est pour pas qu'on fasse n'importe quoi. Et puis on a le droit pour se défendre par exemple. »
Une sonnette de vélo retentit derrière eux, coupant court la discussion. Une jeune fille aux cheveux noirs s'arrêta à leur niveau. Elle avait sûrement dans leurs âges.
« C'est vous les nouveaux qui habitez Avenue Rd ? »
« Euh, oui, » répondit Harry. « Pourquoi ? »
« J'habite à deux maisons ! On se demandait qui emménagerait dans la vieille maison de Mrs Smith. »
« Mrs Smith ? »
« Oui, c'était la dame qui habitait ici avant. Elle est partie en maison de retraite. C'est elle qui gardait tous les enfants du quartier. Enfin ! Vous faites quoi ? Vous voulez aller sur la plage ? Je rejoins des amis ! Puisque vous êtes nouveaux vous voulez surement rencontrer des gens non ? »
Harry regarda Dudley qui avait perdu ses moyens, lui faisant des grands yeux ronds en acquiesçant. Il avait le teint un peu rouge.
« Pourquoi pas, » fit Harry en souriant. « Ça a l'air sympa ! On allait chercher à manger, est-ce qu'il y un truc dans le coin ? »
« Oh tu sais, on est au bord de la mer, y'a plein de Fish and Chips. Mais celui de Reg c'est le meilleur ! Je peux vous y emmener avant si vous voulez ! »
« Ça te va Dudley ? » demanda Harry.
Le blond fit signe de la tête pour exprimer son accord.
« Tu t'appelles Dudley ? Et toi c'est … ? »
« Harry. »
« D'accord ! Moi c'est Hortensia ! »
Ils firent la discussion. Dudley réussit finalement à sortir quelques mots de sa bouche. La jeune fille pédalait debout sur son vélo, pour garder son équilibre tout en avançant lentement, à leur rythme de marche.
« Vous allez aller au lycée de Hunstanton ? »
« Moi oui, mais Harry non. Il est dans une école privée en Écosse, » répondit Dudley.
Il arrivèrent finalement à la petite buvette qui servait du poisson frit et des frites. Sur la plage, quelques adolescents assis en tailleurs faisaient des gestes de la main à Hortensia qui leur répondit avec la même vigueur.
« On commande et on arrive ! » cria-t-elle.
Aussi vite dit que fait, ils les rejoignirent en quelques instants, leurs barquettes de nourriture bien chaude dans les mains.
« Voici Dudley et Harry, » présenta Hortensia. « Ce sont eux qui habitent la maison de Mrs Smith ! Ils viennent du Surrey ! »
Le petit cercle d'amis s'élargit pour leur faire de la place. Les deux cousins s'installèrent côtes à côtes. Si Harry faisait le malin fasse à la timidité de Dudley face à Hortensia tout à l'heure, c'est lui qui était maintenant le moins à l'aise, ayant peu l'habitude d'être dans un aussi groupe de gens.
Les discussions allaient bon train. Hortensia leur avait présenté les six autres personnes qui les entouraient. Ils parlaient du lycée, de leurs aventures les années passées, et de ce qu'ils allaient faire pendant leur été. Un des garçons du groupe avait trouvé un travail et allait vendre des glaces sur la plage tous les samedis. Cela se voyait qu'ils se connaissaient tous depuis très longtemps.
Harry finit par se sentir un peu plus à sa place et plaisanta un peu avec le garçon qui allait travailler en tant que marchant de glace. Il s'appelait Stuart. Dudley, lui avait une discussion passionnée sur Tomb Raider, avec une fille blonde. D'après ce qu'Harry en entendait, le jeu sortait bientôt et ils étaient pressés d'y jouer.
La nuit tomba très vite. Il était 23h. Le temps était passé assez vite. Harry pensa qu'il avait passé une meilleure soirée que s'il avait suivi ses plans de faire ses devoirs.
Une bande de jeunes un peu plus vieux qu'eux s'installa un peu plus loin sur la plage. Ils devaient avoir la vingtaine. Une ou deux bouteilles d'alcool circulaient entre eux et leurs rires portaient loin. Stuart et deux autres partirent. Ils devaient rentrer chez eux avant minuit et en avaient pour une bonne demi-heure de vélo d'ici à leur maison. Vingt minutes plus tard, deux autres partaient.
Il ne restait plus que Hortensia et la fille blonde avec qui Dudley parlait tout à l'heure. Ils décidèrent de marcher un peu, et finirent par s'arrêter sur à une aire de jeux pour enfants. Harry s'installa sur la balançoire. La fille blonde se mit sur la deuxième à côté de lui tandis que Dudley et Hortensia courraient vers le toboggan. C'était à celui qui l'essaierai le premier.
« Harry, c'est ça ? » demanda-t-elle.
« Euh oui, et toi c'est comment ? »
« Heather ! »
Harry sourit doucement. Le groupe d'ami avait été déjà très gentil de bien vouloir faire leur connaissance à lui et à Dudley, mais en plus de ça, ils étaient tous très sympathiques personnellement. Ils les avaient intégré en moins de trente minutes.
« T'as pas l'air d'être très proche de ton frère ! » dit-elle l'air de rien.
« C'est mon cousin- »
« Oh, pardon ! » le coupa-t-elle.
« Pas de problème ! On a été élevés ensemble mais on n'a jamais été proches. En plus de ça, le fait que je sois dans un internat à des centaines de kilomètres aide pas. »
« C'est vrai ! Et pourquoi toi tu vas là-bas et pas Dudley. »
Le cerveau d'Harry dut réfléchir très vite. Ils n'avaient jamais eu de connaissances en commun avec Dudley à qui il avait dû expliquer ça. À part Marge. Mais Vernon et Pétunia avait réglé l'affaire en disant qu'il allait dans un internat de délinquants.
« Euh, eh bien c'était un souhait de mes parents que j'aille là-bas, et ils avaient payé en avance ma scolarité. Ils se sont rencontrés là-bas. Ils sont morts quand j'avais un an, je ne me souviens pas vraiment d'eux, mais je suis content de pouvoir exaucer un de leur souhaits. »
« Je suis désolée… »
« Oh non, vraiment, y'a pas de quoi ! Je te dis, je ne me rappelle pas d'eux. Mon oncle et ma tante m'ont recueilli et depuis je vis avec eux ! » Mais dans sa tête, il rajouta qu'on ne pouvait pourtant pas dire qu'ils étaient une figure parentale pour lui.
Un éclat de rire de Dudley le tira de ses pensées. En une soirée, il l'avait plus entendu rire que toute sa vie.
« Je crois qu'on ne va pas tarder à rentrer. Les parents de Dudley nous ont dit qu'ils devaient rentrer tard, mais on ne sait pas quand. S'ils sont déjà rentrés, on ferait mieux de ne pas les inquiéter. »
Dudley qui l'avait entendu acquiesça. Ils dirent au revoir à Hortensia et Heather, qui leur indiquèrent le chemin pour rentrer. Ils firent le chemin dans le silence, tous les deux contents d'avoir fait cette rencontre.
Quand ils rentrèrent, ils virent la voiture garée devant la maison et surent que c'était le début des ennuis. Vernon les attendait sur le pied de la porte, un air mécontent affiché sur son visage un peu rouge. Il se lissait la moustache entre deux doigts. Harry reconnaissait les signes d'énervement de son oncle, et là, plusieurs étaient visibles.
« Au lit, tous les deux. On en reparle demain matin. »
En montant les escaliers sans dire mot, Dudley se retourna et adressa un sourire narquois à Harry, qui lui répondit de la même manière. Ils se couchèrent rapidement. Encore une fois, Harry fit presque un sommeil sans rêves. En se réveillant, il n'avait qu'un vague souvenir de deux yeux rouges qui le dévisageait avec haine, mais en y réfléchissant quelques secondes, son rêve lui échappait déjà, comme le font tous les rêves une fois le matin venu.
