LE GRENIER
Une humeur sereine régnait au petit-déjeuner ce jour-là. Vernon était déjà parti travailler, mais Pétunia et les deux cousins mangeaient ensemble, autour de la table. Ils s'étaient tous réveillés en même temps. Une radio grésillait au bout de la table, crachotant les informations de la journée.
Pétunia tournait les pages d'un magazine tout en mangeant des œufs brouillés. Le ciel était bleu dehors, les journées devenaient de plus en plus chaudes. Dudley et Harry avaient d'ailleurs déjà pris des couleurs. Dudley avait tout de même la peau plus claire que le brun, mais tous les deux bronzaient au fur et à mesure des journées passées dehors.
Puddle, le chien que Marge leur avait laissé, avait sa tête posée sur la cuisse de Pétunia, essayant d'attirer son attention pour avoir un bout de tartine. Harry ne savait toujours pas s'il allait rester ici, mais tout le monde s'attachait au chiot. Il était probable qu'il soit déjà adopté par les Dursley, du moins, dans leur cœur.
Le petit déjeuner prit, les deux garçons se retrouvèrent dans leur chambre.
« Vas-y, réessaie, » dit le blond en fermant le store.
Depuis qu'il avait rencontré Mrs Smith et qu'elle lui avait dit qu'il pouvait faire de la magie dans la maison, il avait commencé à s'entrainer à faire de la magie sans baguette. Il ne voulait pas trop tester avec, ne sachant pas trop comment la Trace qui était apposée dessus fonctionnait. Il avait d'abord essayé de créer des boules de lumières en cachette, sans que personne ne le voit, mais ça n'avait été qu'une question de temps avant que son cousin ne le surprenne.
Il avait été quelques secondes méfiant, se rappelant de l'épisode dans la cabane avec Hagrid, son parapluie et une queue de cochon, mais finalement, il avait été plutôt content d'assister son cousin dans ses démarches.
« Lumos ! » cria Harry. Une petite boule de lumière se forma au bout de ses doigts. Elle était bien plus vive que la première qu'il avait faite, mais ce n'était pas encore ça.
Elle s'éteignit en quelques secondes.
« Le problème, » fit Harry, « c'est que quand j'ai une baguette, c'est la baguette qui maintient le sort, mais quand je n'ai pas de baguette, je fais comment ? »
Dudley réfléchit quelques instants.
« Faudrait savoir comment fonctionne la baguette. Comment est-ce qu'elle maintient le sort ? Est-ce qu'elle stocke de la magie dedans ? Est-ce que la magie ça se stocke, déjà ? »
« J'en sais rien du tout. Je devrais demander à Mrs Smith comment elle fait, ça serait plus pratique, mais pour ça, il faudrait qu'ils me laissent entrer dans la maison de retraite. »
« Pourquoi ils vous apprennent pas le fonctionnement de la magie, dans vos cours ? Plutôt que d'apprendre des sorts par cœur ? »
« Je suis même pas sûr que les sorciers comprennent comment la magie fonctionne… » répondit Harry. « Alors l'enseigner, c'est une autre histoire. »
Dudley haussa les épaules.
« Vas-y essaie encore. Teste des trucs différents ? Genre si tu dis pas la formule magique, ça fait quoi ? »
Harry eut un petit sourire moqueur au terme de formule magique. La plupart de ses professeurs feraient une syncope en entendant ça tellement ils se prenaient au sérieux, alors qu'au final, le nom du sort n'était autre qu'une formule magique, comme Dudley l'avait si bien dit.
Harry leva le bras, se concentra sur ce qu'il voulait faire, mais ne dit mot. Une lueur apparut au bout de ses doigts, cette fois, pas sous forme de boule. C'était différent d'un lumos. La lumière était plus diffuse et plus douce, moins agressive, mais ce n'était pas suffisant pour s'éclairer. Cependant, elle resta plus longtemps en vie. Le chrono de Dudley afficha une minute trente quand la pièce redevint sombre.
« Bon, c'est déjà ça, j'imagine. »
Il recommença, mais n'eut pas plus de succès.
« Les garçons ! » fit Pétunia, soudainement, en ouvrant la porte de la chambre. Dudley sursauta et lâcha le chrono. Harry resta figé, la lumière englobant sa main. La femme fronça les sourcils en le dévisageant. « Tu n'es pas censé avoir des soucis en faisant de la magie en dehors de ton école, comme ça ? » demanda-t-elle.
« Harry a rencontré l'ancienne propriétaire ! C'était une sorcière et elle lui a dit que la maison était magique et qu'elle faisait barrière ! » répondit Dudley avec empressement, ne voulant pas que son cousin ait d'ennuis.
Pétunia haussa un sourcil.
« Quelle coïncidence, » remarqua-t-elle. « Harry, je repensais à cette histoire et à Lily, et je pense qu'un petit tour à Londres ne serait pas de trop. » Elle faisait référence à ce qu'elle et Vernon lui avait confié, à propos de ne plus se souvenir des années à Privet Drive le concernant.
« Qu'est-ce que ma mère a à voir là-dedans ? » demanda-t-il.
« J'ai appelé un notaire pour me renseigner sur quelles étaient les procédures au décès d'un membre de la famille et je n'ai jamais eu le droit d'avoir accès à son testament. C'est encore une fois étrange que je n'ai pas cherché avant, c'est comme si ma raison me revenait. Pourtant, à la mort de vos grands-parents, Lily et moi avions assisté à l'ouverture de leur testament. Je ne sais pas pourquoi cela ne m'a jamais effleuré l'esprit auparavant de demander à voir ses derniers vœux. Le week-end prochain, avec Vernon, nous nous rendrons sur Londres et nous essaierons de tirer tout cela au clair. »
« Nous ne venons pas ? » demanda Dudley.
« Ce ne sont pas des histoires d'enfants, vous ne feriez que vous ennuyez. Profitez plutôt de votre été, et nous vous raconterons les choses importantes en rentrant. »
Harry acquiesça. Cela lui semblait plutôt juste. Il remarqua qu'il avait confiance en ce que disait sa tante. Il savait qu'elle n'essaierai pas de l'embobiner.
« Maman, nous pourrons inviter nos amis pour qu'ils dorment ici ? » demanda Dudley, profitant immédiatement de l'occasion que présentait l'absence de ses parents.
Pétunia leva les yeux au ciel, un sourire presque invisible aux lèvres.
« Faites ce que vous voulez tant que ce ne sont pas des bêtises ! Je vais faire des courses, vous voulez m'accompagner ? » Les deux garçons firent la moue, mais ne voulant pas la décevoir, ils répondirent positivement à la requête cachée. « Je ne vous oblige pas, ne faites pas cette tête ! »
Tard le soir, alors que la journée était finie depuis longtemps, les deux cousins discutaient en chuchotant dans la chambre. Harry avait parlé au blond du nom qu'il avait trouvé dans le manoir quand ils y avaient été avec leurs amis. Il lui avait juste précisé que la famille Lestrange était apparentée à son parrain, et qu'il voulaient en savoir plus sur cet homme qui avait un nom qui y ressemblait étrangement.
« Harry, ton parrain, pourquoi tu ne vis pas avec lui ? » murmura Dudley.
Harry coupa sa respiration quelques instants et compta jusqu'à dix car il sentait sa gorge se serrer. Il n'avait pas pleuré depuis les deux semaines qui avaient suivies sa mort, et ne comptait pas lâcher une larme maintenant.
« Il est décédé il y a quelques mois. »
« Oh, désolé… »
« Tu ne savais pas, » répondit-il d'une voix étranglée.
« Qu'est-ce qu'il lui est arrivé ? »
« Il y a eu une bataille entre des mages noirs et nous au Ministère de la Magie. Sirius est arrivé pour nous aider à combattre mais malheureusement sa cousine lui a lancé un sort et il est tombé derrière un espèce de voile. Je ne sais même pas ce que c'était… Il est juste tombé de l'autre côté et je l'ai vu disparaitre. »
Dudley ne répondit rien pendant quelques secondes, puis reprit : « Mais comment cela se fait que tu te sois trouvé là-bas ? Tu n'es même pas sorti de l'école et tu dois te battre contre des méchants ? Ce n'est pas ton rôle, et c'est aux adultes de vous protéger de ça, non ? » Harry haussa les épaules. Pendant sa première année, à seulement onze ans, il s'était retrouvé face à Voldemort, alors à quoi bon rester terré. « Je ne comprends vraiment pas… Tu sais même pas lancer un sort sans ta baguette. Si tu la perds, tu fais quoi ? Tu meurs et c'est tout ? »
Dudley avait le don de dire les choses qui fâchaient. Il remettait toujours les choses qu'Harry connaissait en question.
« Je n'avais pas pensé à ça, » chuchota Harry, plus pour lui-même que pour son cousin. Néanmoins, le blond l'entendit tout de même.
« Ils te mettent dans la position du héros mais ils ne cherchent même pas à te mettre en sécurité ou à t'apprendre plus de choses qu'un élève lambda. Et après, ils veulent que tu te battes ? »
« Ce n'est pas eux qui veulent que je me batte ! C'est moi qui me mets dans les ennuis tout le temps. »
« Mais Harry, s'ils savent que tu es plus souvent en danger que prévu, pourquoi est-ce qu'ils ne te protègent pas plus ? Je ne sais pas qui s'occupe de tout ça, mais ils sont vraiment pas net. T'es pas majeur, t'es pas diplômé, et ils espèrent que tu vas battre un mec qui a 50 ans de plus que toi d'expérience. Tu comptes t'y prendre comment ? »
« J'en sais rien Dudley, mais ils comptent sur moi. »
« Qui compte sur toi ? »
« Mes amis, Dumbledore, Poudlard entier. Même l'Angleterre magique entière, tiens ! »
« Mais ce n'est pas ta responsabilité pour le moment. Ce n'est pas toi qui doit gérer le problème. » Harry rétorqua que si. « Mais qui a dit ça ? C'est une règle absolue ? Harry Potter doit défendre toute la population sorcière du méchant sorcier ? Je suis sûr que tu as moins de capacités que 70% d'entre eux, tout simplement parce qu'ils sont plus âgés que toi ! »
Harry grommela quelque chose et Dudley soupira.
« Ecoute, je sais que ce n'est pas facile de se défaire d'un rôle qu'on te donne, surtout depuis ta naissance. Mais regarde la situation. Ils te laissent seul pendant les vacances alors que tu pourrais être dans leur QG de l'ordre de je sais pas quoi en sécurité. Heureusement que toi et ton amie ayez pensé à t'ensorceler pour te rendre introuvable avec des sorts, parce que ton mage noir n'aurait pas attendu la rentrée pour te retrouver s'il avait su où tu étais. »
Harry ne répondit pas. C'était Hermione qui avait eu l'idée de rajouter quelques boucliers sur le Survivant, en espérant pouvoir être utile à sa sécurité. Pour elle, le monde moldu n'était pas assez sur pour Harry, et elle ne comprenait pas comment Dumbledore pouvait le laisser repartir chez ses moldus sans protection. Bien évidemment, il y avait celle que sa mère avait soi-disant placé sur lui quand elle s'était sacrifiée pour le protéger, mais comment être sûr de comment fonctionnait cette protection ? La magie faisait parfois des choses auxquelles personne ne comprenait rien. Hermione était déterminée à le garder en sécurité, et n'avait pas voulu se fier à quelques chose dont elle ne connaissait rien.
Avant qu'ils ne prennent le train pour Londres, elle avait donc placé sur lui quelques sortilèges qui empêchaient qu'il puisse être localisé magiquement, et un ou deux boucliers magiques. Cependant, ils n'étaient encore qu'en 5e année, et Harry était à peu près sûr que les boucliers ne tiendraient pas le coup face à de la magie noire. De plus, un sortilège assez puissant indiquerait forcément sa position. Hermione était peut-être la sorcière la plus prometteuse de leur promotion, mais cela n'empêchait rien au fait qu'ils n'étaient que des adolescents.
Les deux cousins s'endormirent sur cette conversation, Dudley réfléchissant à comment faire entendre raison à Harry, et Harry réfléchissant à comment est-ce qu'il pourrait s'entrainer pour pouvoir faire face à des mages qui avaient beaucoup plus d'expérience que lui, puisque son cousin avait bien entendu marqué un point en évoquant cet argument.
Quelques jours plus tard, le weekend était arrivé, et les deux parents Dursley étaient eux sur le départ.
« Soyez sages ! » recommanda Vernon en recoiffant les cheveux de son fils. Il essaya aussi d'aplatir ceux d'Harry qui se figea complètement.
« Bon voyage, papa ! » répondit Dudley malicieusement. Il ne pouvait rien promettre sur le fait d'être sages, puisqu'ils avaient prévu de retourner dans le manoir pour essayer de trouver plus d'informations. Ils passeraient d'abord l'après-midi à la bibliothèque locale pour trouver des archives, mais s'introduiraient le soir dans le bâtiment.
Ils n'avaient rien dit à leurs amis, cela restait entre eux, puisque cela semblait compliqué de devoir expliquer la raison de leur curiosité. Cependant, ces derniers devaient arriver plus tard dans la nuit à la résidence des Dursley, comme Dudley l'avait demandé à sa mère. Une soirée pizza était convenue.
Alors que le moteur de la voiture vrombissait, les deux garçons rentrèrent préparer quelques affaires pour leur escapade. Ils préparèrent aussi la maison pour l'arrivée de leurs amis.
« On dormira dans le lit des parents, » dit Dudley, en gonflant un matelas.
Puddle ronflait, roulé en boule sur son lit. Harry, lui, sortait des draps d'une vieille armoire en bois.
Remarquant qu'une partie du fond de l'armoire avait une différente couleur, il passa sa main contre le bois. À sa grande surprise, le panneau qui faisait le fond de l'armoire se déplaça et une trappe apparue.
« Dudley, viens voir ça ! » fit-il.
« Ça alors, » dit le blond, ébahi. « Qu'est-ce que c'est ? Un passage secret ? »
« J'en sais rien. Ça ne m'étonnerai pas, les sorciers adorent mettre des passages secrets dans tous leurs bâtiments. »
Abandonnant immédiatement leur mission d'installer des couchages supplémentaires, ils débarrassèrent tout ce qu'il y avait dans l'armoire et enlevèrent même les planches de bois qui faisaient guise d'étagères.
Harry créa machinalement de la lumière avec sa main alors que Dudley allait chercher la lampe torche qui se trouvait dans le tiroir de sa table de nuit.
Les deux s'aventurèrent dans l'espace sombre. Une échelle leur faisait face.
« Tu penses que ça mène au grenier ? »
« Je ne savais même pas qu'il y avait un grenier. »
Harry passa en premier, ne sachant pas trop à quoi s'attendre. Il ne voulait pas que Dudley se retrouve en danger face à un piège magique ou quelque chose comme ça. Il en avait vu assez pour se méfier de tout.
Il souleva la trappe qui était en haut de l'échelle. Une vague de poussière rentra dans son nez et il se mit à tousser.
« Ça va ? » demanda son cousin.
« Oui ne t'inquiètes pas, c'est juste de la poussière. »
Il passa sa tête avec méfiance dans le trou pour découvrir ce qui était en effet les combles de la maison.
« Ouah, » fit-il, en s'empressant de grimper entièrement dans la pièce. « Jamais j'aurais cru qu'il y avait quelque chose comme ça ici ! »
Dudley grimpa à son tour en entier dans la pièce non éclairée.
« On dirait un atelier ! »
« Ça devait être celui de Mrs Smith, » réfléchit Harry.
Il pouvait apercevoir des bibliothèques remplies de vieux livres. Ces derniers s'entassaient même par terre en piles branlantes. Le plancher craquait sous leurs pieds, mais au milieu de la salle, le sol changeait soudainement de texture pour devenir un sol en briques. Un énorme chaudron était au centre de la pièce, sur ces briques.
Sur un vieux bureau, on pouvait voir une collection de plumes et une encre surement séchée. Des vieux parchemins roulés étaient rangés en piles.
« Ah ! Berk ! » s'exclama Dudley quand, en faisant un pas, quelque chose craqua sous ses pieds. « C'est quoi ça, encore ! »
Il avait marché sur un squelette de souris, sûrement morte depuis longtemps.
Harry repéra une boite d'allumettes sur le bureau et alluma les bougies qui étaient éparpillés autour de la pièce, sans prêter attention au cri de dégout de son cousin qui se rendait compte de ce qu'il avait écrasé.
« Bin ça alors. Il faudrait juste dépoussiérer et nettoyer un peu l'endroit, rajouter un ou deux fauteuils, et on a une base secrète ! » s'exclama Dudley. Puis ses yeux se fixèrent sur un point au mur, et il devint blanc. « Harry… Ce tableau bouge ! »
Harry s'avança rapidement vers le tableau qu'avait désigné Dudley.
« Mes aïeuls ! De la visite, enfin ! J'ai entendu du bruit alors je suis venu jeter un coup d'œil et vous voilà ! » s'écria l'homme dans le tableau.
« Il parle, Harry ! » dit Dudley.
« Oui, j'ai entendu, » ricana Harry.
« Ma parole, mais c'est un être non-magique ! Hors de ma vue, le secret va être brisé ! »
« Monsieur, qui êtes-vous ? » demanda Harry, ignorant les paroles du tableau alors que Dudley commençait à se vexer.
« Mais enfin, vous ne me connaissez pas ? Je suis Walter Lufkin ! »
« Jamais entendu parler. »
« Ah la jeunesse, de nos jours… » soupira l'homme.
« C'est une phrase de vieux, ça, » se moqua Dudley.
L'homme lui lança un regard noir.
« Jeune homme un peu de respect ! Vous parlez tout de même au mari de la grande Artemisia Lufkin ! »
« Oh ! Artemisia Lufkin ! La ministre ! » se rappela soudainement Harry. Cela faisait écho, mais il ne se souvenait plus de ce qu'elle avait accompli. Il n'écoutait pas assez les cours d'histoire de la magie pour ça. Il se souvenait juste qu'elle était la première femme ministre.
« Ah ! Enfin ! Mais dites-moi, jeunes hommes. Qui êtes-vous et que faites-vous ici ? Et que devient Mrs Smith, cela fait longtemps que je ne l'ai pas vue ! »
Dudley se gratta la tête en voyant la situation de l'extérieur. Ils étaient en train de faire la discussion à un tableau qui semblait avoir toute sa conscience.
« Eh bien, je suis Harry Potter et voici mon cousin, Dudley Dursley. »
« Un Potter, ça alors ! Est-ce que vous connaissez Alcott Potter ? » Harry haussa un sourcil. « J'en déduis que non. C'est un très bon ami à moi, je verrai si je peux le trouver et vous le présenter. Il passe de temps en temps au manoir Lufkin ! Il sera ravi d'avoir des nouvelles d'un de ses descendants, lui qui se plaignait de ne plus avoir de nouvelles régulières depuis Charlus ! C'est votre père ou votre grand-père ? Je sais qu'il a eu un enfant, mais comment s'appelait-il ? »
« James. C'est mon père. »
« Eh bien dites à votre père, jeune homme, que ce n'est pas poli de laisser ses aïeux sans nouvelles ! Et qu'il serait temps de trouver les tableaux de Charlus et Doréa qui doivent être à l'abandon dans leur manoir et bloqués là-bas depuis leur mort ! »
« Oh, euh, il est décédé en 1981. Il ne va pas pouvoir vous donner beaucoup de nouvelles. Quant à l'emplacement des tableaux de Charlus et Doréa – c'est bien ça, Doréa ? – eh bien je ne sais pas où ils sont. »
« Je viens de vous le dire, au manoir Potter ! »
« Ta famille est si riche que ça, Harry ? » demanda Dudley.
« J'en sais rien, je n'ai accès à mon coffre-fort que quelques minutes par an, » dit Harry en haussant les épaules.
« Et comment que la famille Potter est riche ! C'est une Noble et Ancienne Famille ! » protesta le tableau.
« Comme les Black ? » demanda Harry à Walter Lurkin.
Le portrait fit les gros yeux.
« Eh bien non, la famille Black est une Noble et Très Ancienne Famille. Elle a plus de pouvoir que la Famille Potter. » Harry se gratta la tête, un peu perdu. « Qu'est-ce qu'on vous apprends, à l'école ? »
« Pas ça, en tout cas, » ricana Dudley, en repensant aux sorts qu'il avait lu dans les manuels d'Harry.
Le tableau soupira.
« Quel gâchis. Un héritier Potter qui ne connais rien à son rang. Quand je vais raconter ça à Alcott, il va être rouge de colère. Je crois même qu'il va se réincarner pour vous faire la leçon, Monsieur Potter. »
Harry, un peu embarrassé, ne dit rien. Il savait que les Potter étaient importants, mais à ce point ?
« En tout cas, quand il viendra vous visiter, soyez sûr qu'il vous donnera une liste de quêtes à remplir pour le bien de la Famille Potter. Quel gâchis, quel gâchis. Quel âge avez-vous, mon garçon ? »
« Seize ans à la fin de l'été, Monsieur. »
L'homme soupira une nouvelle fois.
« Et cette bonne Mrs Smith alors, où est-t-elle ? »
« Eh bien, elle est partie en maison de retraite, et mon oncle et ma tante ont acheté cette maison donc c'est nous qui vivons ici maintenant. Ce qui explique notre présence dans le grenier. »
« Je vois, je vois. »
Mais l'homme n'écoutait plus, déjà dans ses pensées, à réfléchir comment trouver Alcott Potter le plus rapidement possible pour refaire l'éducation du jeune homme brun devant lui.
« Je vais m'absenter, maintenant. Passez une bonne journée, jeunes hommes. Et vous, » dit-il en s'adressant à Dudley, « je n'oublie pas que vous êtes un sans-pouvoir et que vous êtes au courant de notre secret. Nous en reparlerons ! »
L'homme disparut du tableau. Dudley ouvrit de grands yeux.
« Il est parti ! »
« J'ai dit la même chose la première fois que j'ai vu un tableau animé. Il est quel heure ? On devrait finir les lits et partir à la bibliothèque, sinon nous n'aurons pas le temps de faire nos recherches. »
« Tu as raison, nous reviendrons demain là-haut. »
Pas de chapitre la semaine dernière, j'ai un peu oublié, mais je reviens cette semaine en force ! J'aime bien que mes persos aient une base secrète, leur petit endroit pour bidouiller entre eux donc voici le grenier ! Bon weekend, à la semaine prochaine !
