J'avais dit un chapitre par semaine, nous remercions donc le Covis pour m'avoir fait prendre un petit retard dès le départ.

Mais voici le premier chapitre, une petite mise en place, des petites discussions simples. Vous le verrez, je ne suis pas une grande fan des descriptions, mais je me soigne, promis.

Les personnages appartiennent tous à J.K Rowling, seule l'histoire est mienne. Elle se débutera quelques mois après la fin de la guerre, pas d'épilogue donc et les morts seront respectés. Nul besoin de modifier les choses quand on a encore tant de personnages à exploiter.


Un grand silence régnait depuis maintenant plusieurs heures. On ne parlait plus de minutes, non. En réalité, la discussion n'avait jamais été leur truc, tous autant qu'ils étaient. A l'extérieur, la neige n'avait cessé de tomber. Si bien que dans peu de temps, il serait probablement impossible de repartir du château sans transplaner. Mais l'ambiance extérieure ne pouvait pas être comparable à celle intérieure. Cette dernière était probablement encore plus glaciale, plus tendue aussi. Le seul bruit qu'on pouvait discerner, c'était celui des couverts.

La Grande Salle n'existait plus réellement et ils avaient tous vu ce qu'elle était devenue pendant la guerre. Alors y retourner n'était même pas envisageable. Une chance alors que les cuisines aient, partiellement en tout cas, été épargnées. C'était là qu'ils se trouvaient tous autant qu'ils étaient. Il n'y avait plus de couleurs, plus de maisons, et tous s'appliquaient à ne pas croiser les regards de ceux qu'ils avaient autrefois tant détester. Les mots de leur ancienne professeure résonnaient encore dans leurs esprits. Ils n'avaient pas eu la force de lutter. On ne pouvait nier qu'elle était habile, à les avoir congédié pour qu'ils réfléchissent aussitôt l'annonce faite.

Mais comme toujours, il y avait celle qui réfléchissait trop, Hermione Granger. Elle ne cessait de se répéter en boucle les paroles de celle qui avait été une de ses professeures préférées et elle ne les comprenait pas. Elle n'arrivait pas à saisir comment ils avaient pu en arriver là. Elle n'avait que dix-huit ans après tout, elle avait toute la vie devant elle. Alors être propriétaire d'une école, non. Tout simplement non. Sans dire un mot, elle se levait de sa place, prenant soin d'essuyer le coin de ses lèvres et déjà elle était prête à partir.

« Hermione ? Où est-ce que tu vas ? »

Harry Potter venait de briser le lourd silence qui pesait entre les différents individus. Son regard était fixé sur celle qu'il ne considérait plus comme une amie mais comme une sœur, ils avaient vécu tant de choses ensemble après tout.

« Je m'en vais. Ils n'ont pas le droit de faire ça. Ils n'ont tout simplement pas le droit. »

Elle n'avait pas attendu plus de réactions pour s'enfuir, c'était ce qu'elle avait de mieux à faire de toute manière. Dans la pièce, Ron et Harry se regardaient, ne sachant pas exactement ce qu'ils devaient faire, s'il fallait la suivre ou non. Mais au moins, cela eut le mérite de faire réagir quelqu'un d'autre, Drago qui lâchait un petit rire, presque moqueur, comme il en avait l'habitude.

« Ah Granger. Toujours aussi fidèle à elle-même. Si elle ne comprend pas quelque chose, elle fuit. »

« Qu'est-ce qui t'amuse Malefoy ? »

« Tout doux Weasley, je ne fais que constater ce que vous même vous savez mais refusez d'admettre. Elle a peur, elle fuit, c'est tout. C'est humain. »

Jamais ils n'avaient eu à faire à un Drago qui semblait aussi humain. La guerre ne lui avait pas fait que du bien à lui non plus, il en avait été victime, comme tous les autres. A ses côtés, Blaise et Pansy ne disaient rien eux non plus, perdus dans leurs pensées, sans doute à ce demander ce qu'ils pouvaient bien faire encore ici alors qu'ils auraient dû partir tout de suite après le petit discours qui leur avait été fait. Ou mieux, ils n'auraient jamais dû venir.

« Je vais aller la voir. »

« Reste là Weasley. Même moi je sais que ça ne servira à rien. Tout ce qu'elle va faire, c'est te démontrer par a plus b qu'elle a raison et que tu n'es qu'un idiot de croire le contraire. Sans vouloir t'offenser bien évidemment. »

« Et comment tu peux savoir ça Parkinson ? Toi qui était prête à balancer Harry quand il est revenu à Poudlard ? Toi qui ne voulait que sauver ta peau sans penser aux autres ? »

« Tu peux bien penser ce que tu veux de moi, ça m'est franchement égal Weasley. Maintenant si tu veux quand même y aller, libre à toi, je t'aurais simplement prévenu et ça ne servira à rien de venir ensuite pleurer auprès de Potter qu'elle n'a rien voulu entendre. »

Personne, pas même Drago ou Blaise, n'avaient jamais vu Pansy Parkinson se comporter de la sorte. Elle semblait calme, posée, et aucunement énervée par toute cette situation qui échapperait à plus d'une personne. Elle ne faisait que dire la vérité, ce que d'autres pensaient mais taisaient. Elle, elle n'avait jamais eu peur de parler. Comme ce jour-là, dans la Grande Salle, quand Potter était revenu à Poudlard après tant de mois d'absence. Granger et Weasley étaient là eux aussi mais ça n'avait pas la même signification. Le Survivant avait encore survécu et personne ne savait réellement à quoi. C'était un signe, c'était de l'espoir. Mais dehors, elle avait ses parents, elle avait sa famille et si elle était en sécurité dans l'enceinte du château, elle avait voulu le croire en tout cas, ce n'était le cas pour personne en dehors de ces murs. C'était à ça qu'elle avait pensé quand elle avait voulu dénoncer Harry. Ce n'était pas à elle, contrairement à ce qu'on pouvait s'imaginer, mais c'était à ceux qui n'avaient pas la chance qu'elle avait, d'être au sein de Poudlard.

« Qu'est-ce que tu proposes Parkinson ? »

Potter venait de briser le silence et la réflexion de l'ancienne Serpentard par la même occasion. Elle avait bien des dizaines de propositions à leur faire mais aucune de ne leur conviendrait, ça elle en était certaine. Alors dans un soupir, ce fut elle qui se levait de son banc.

« Je suppose qu'il est temps que j'ai une petite conversation avec Granger. »

Il n'y avait qu'elle pour dire ce genre de chose sur le ton de la banalité. Mais ce n'était pas important, elle n'était déjà plus là. Dans l'idée, ça l'arrangeait bien, elle n'était pas certaine qu'elle aurait supporté bien plus longtemps ce silence pesant. Personne n'avait véritablement envie d'être ici, mais ils le faisaient pour le moment, en attendant de trouver une solution, ou quelque chose à dire. Et s'il y en avait bien une qui allait savoir quoi dire, c'était Granger. Pour la retrouver, il n'y avait pas besoin d'aller bien loin. Les ruines de la bibliothèque furent le premier endroit où chercher pour Parkinson, et le premier endroit où trouver également.

« J'espère que tu sais que tu es vraiment très prévisible. »

Hermione sursautait en entendant la voix de Pansy. Elle était bien la dernière personne qu'elle s'attendait à voir ici. Mais pourtant, l'ancienne rouge et or ne se relevait pas, n'essuyait même pas les larmes qui roulaient le long de ses joues. Elles avaient vécu bien pire, l'une comme l'autre après tout alors à quoi bon commencer à se cacher aujourd'hui.

« Ils ont commencé à se taper dessus et tu ne voulais pas y assister ? »

« Presque. J'ai dit à ton petit-ami qu'il était un imbécile s'il pensait qu'il pouvait te faire changer d'avis et te ramener à la raison. Je peux ? » Elle désignait la place à côté de la jeune femme.

« Je t'en pris. » Hermione enlevait quelques déchets qui trainaient, histoire de rendre la place un peu plus propre. « Et Ron n'est pas mon petit-ami. »

« Désolée, je croyais. »

« Et toi alors, pourquoi tu es venue ici ? »

« Parce que sinon, je pense que j'allais en prendre un pour taper sur un autre. Mon problème est que je ne savais pas qui. »

Contre toute attente, Hermione se mit à rire de cette déclaration. D'un point de vue extérieur, cette scène pourrait paraître totalement surréaliste mais d'un autre côté, plus rien n'était pareil après cette guerre. Elles ne se connaissaient tout simplement pas.

« A ton avis Granger, il avait pris quoi Dumbledore avant de rédiger ses désirs ? »

« Parkinson ! Tu parles de notre ancien directeur tout de même ! »

« Et j'en suis ravie pour lui ! Mais reconnais au moins qu'il n'avait pas toute sa tête. Comment pouvait-il trouver le moyen de vous donner des points supplémentaires à tour de bras alors que vous passiez votre temps à enfreindre le règlement. »

« Et à sauver l'école, ne l'oublie pas. »

« Un détail franchement… jamais je n'ai entendu "A Miss Pansy Parkinson, j'accorde 50 points pour avoir saboté à la perfection la potion d'Hannah Abott." »

« Quelle injustice, tu aurais du porter réclamation Parkinson, tu auras peut-être obtenu gain de cause avec le père de Malefoy dans le conseil d'administration. »

Il y avait toujours cette vieille rancune qui ne disparaîtrait pas de sitôt et pourtant, entre les deux jeunes femmes, il y avait comme une trace d'espoir. Il y avait quelque chose en tout cas, un signe que tout n'était pas perdu.

« Si on y retourne maintenant Granger, il y a une chance tu penses pour qu'on les retrouve en un seul morceau ? »

« Tu me demandes s'ils ont grandi et sont suffisamment matures pour ne pas être en train de se balancer des choses sans intérêts au visage ? Il y a eu une guerre Parkinson, pas un miracle. »

Elles soupiraient de concert, constatant que les mots d'Hermione sonnaient plus justes que jamais. Une guerre avait bien eu lieu, mais il fallait se rendre à l'évidence, la rancune était tenace et ça n'allait pas changer du jour au lendemain.

« Tu sais que je n'y arriverais pas sans toi Granger. »

« Je sais. »

« Donc tu sais que tu ne peux pas me laisser gérer seule ces quatre débiles parce que je risque de finir comme eux. »

« Je sais aussi. »

« Et donc… tu attends que je te supplie ? Que je te dise pitié Granger ne m'abandonne pas seule dans ce merdier où le seul moyen que j'aurais de me faire entendre et comprendre sera de me mettre debout sur une table et de parler fort ? »

« Non, juste que tu me dises s'il te plait. »

« Ah. S'il te plait Granger, tu veux bien revenir pour voir combien de blessés on a à déplorer ? »

« Ok. »

« Ok. »

Une conversation qui sortait tellement de l'ordinaire et pourtant, elles s'en sentaient l'une comme l'autre plutôt soulagée. C'était pas si désagréable de parler normalement, d'avoir une conversation civilisée même si elles étaient si différentes l'une de l'autre. Elles avaient simplement été élevées différemment. Parkinson fut la première à se relever et après avoir ôté la poussière de ses vêtements, elle se décidait à tendre la main vers Hermione qui s'en saisit avant de faire de même.

« Ah et Parkinson ? »

« Oui Granger ? »

« Le simple fait que ce soit toi qui vienne me trouver ici suffisait à me convaincre que je devais revenir. »