Je remercie toutes les personnes qui ont commencé à suivre cette histoire et les premiers commentaires. Cet engouement m'a étonnée et j'espère que vous apprécierez le début des aventures de nos sorciers.


Chapitre 1 : Une proposition alléchante

« Si je comprends bien Granger. Tu veux que je fasse partie de ton équipe de négociation pour le changement de la loi de 1749 relative à la circulation des vampires. » résume calmement le Serpentard en regardant avec circonspection son interlocutrice confortablement installée dans son fauteuil en cuir.

Si on avait dit à Draco en début d'année qu'après avoir passé avec brio son doctorat de médicomage, il se retrouverait dans le bureau de son ancienne rivale scolaire à discuter d'une proposition émanent de la brune, il aurait éclaté de rire. Contrairement à la majorité des bureaux d'une personne aussi haut placée que la sorcière, son espace de travail est extrêmement accueillant. Rempli de livres, grimoires et parchemins, il s'apparente plus à un coin de bibliothèque qu'au bureau d'une conseillère de ministre. Draco porte son attention sur la photographie entourée de pâte à sel posée sur le bureau d'albâtre. Hermione Granger et Ron Weasley sourient accompagnés d'un bébé vêtu d'une adorable salopette rose assis sur leurs genoux. Si la bague enlaçant fièrement son annulaire n'est pas suffisante pour étaler son bonheur conjugal au monde, ce témoignage d'amour en est une preuve rayonnante. Cette image est bien différente de la femme froide parfois dépeinte par ses détracteurs.

« Je refuse, déclare le sang-pur, reprenant ses esprits.

-Et pourquoi donc ?

-Est-ce que tu ne penses pas que mon beau-père ne m'a pas déjà fait cette proposition lui-même ?

-Je peux t'offrir plus que la simple reconnaissance des Malfoy et la protection du clan Le Rosier.

-Ah bon ? Et quoi donc Granger ?

-Une excellente thèse n'est pas suffisante pour donner aux sorciers l'envie de faire des dons de sang aussi facilement malgré l'impact en santé publique que ça aurait. Surtout si c'est une thèse d'un Malefoy en collaboration avec des buveurs de sang, énonce la brune avec calme. Je sais que tu cherches des financements pour mener à bien ton projet.

-J'ai déjà des fonds assez conséquents, réplique le médicomage avec dédain.

-Oui mais je suis certaine que tu apprécierais que ce ne soit pas les fonds de la fondation de ton ex. » rétorque la politicienne avec un sourire malicieux.

Alors là, Draco reste bouche-bée face à l'affront que la Gryffondor ose lui faire. Le blond est surtout choqué car elle a mis le doigt sur l'élément qui l'empêche de mener à bien son projet. Le chercheur est beaucoup trop fier pour vouloir utiliser cet argent même si une rupture n'implique pas forcément la fin d'un contrat d'affaire. Mais qui d'autre voudrait s'engager dans un projet pareil et avec lui ? Même s'il est sûr de la rentabilité économique et médicale de sa banque de sang sorcière, qui aurait le cran de se lancer dans cette expérience inspirée de la médecine moldue ?

« Parce que tu accepterais de mettre des fonds sur ce projet ?

-Le ministère et la fondation de l'Ordre du Phoenix peuvent lever des fonds pour l'ouverture de la clinique. Aux vues de l'impact majeur sur la population, cela pourra se faire sans trop de problème. Par ailleurs, cela rassurera davantage les patients si ce ne sont pas seulement des fonds privés qui sont levés.

-Ce n'est pas une plaisanterie ? demande avec suspicion Draco.

-Si tu acceptes de faire partie de mon équipe de négociation, je t'assure que tout ce que je te propose sera exécuté sans faute. » répond Granger en lui tendant un contrat explicite n'attendant que la signature du futur consultant.

Draco parcourt consciencieusement l'ensemble des documents avant de s'arrêter sur une clause particulière du feuillet.

« Pourquoi autant insister sur la confidentialité des sorts et des moyens utilisés et sur la vie privée des membres du groupe lors de la mission ?

-Je me disais bien que tu me poserais la question, se plaint la jeune femme avec une pointe d'agacement.

-Alors ?

-Les autres membres du groupe sont Ron et Harry, avoue-t-elle précipitamment.

-Potter et Weasley ? manque de s'étouffer son interlocuteur. Et tu ne pensais pas que ma fierté m'imposerait de ne pas m'associer avec eux. Est-ce qu'ils sont au courant au moins ?

-Ils ne sont pas au courant mais ils accepteront, ne t'en fais pas. Quant à ta fierté mal placée, je te rappelle que tu n'as pas encore payé ta dette envers Harry. Et puis aucun des deux ne t'a fait faux bond alors qu'il partageait ton lit. » finit Granger avec une mine satisfaite qui horripile le blond.

Le sourire qui éclaire le visage sévère de l'une des plus grandes activistes de l'époque l'irrite d'autant plus au moment où il signe ce fichu contrat.


La salle de réunion du département de contrôle et de régulation des créatures est beaucoup moins chaleureuse que le bureau de Granger. C'est ce que se dit le soignant en arrivant sur le lieu de rendez-vous, cinq jours après sa dernière discussion avec la jeune femme. Draco n'a pas eu le temps de se changer. De toute façon, ils ne sont que deux médicomages dans son service d'hématologie aujourd'hui. Il peut donc être appelé à n'importe quel moment en cas d'urgence. La pièce circulaire est recouverte de tableaux de chasse de créatures et est composée d'une imposante table ronde en bois de chêne et d'énormes sièges basanés.

L'aristocrate prend place sur l'un des sièges que lui indique la conseillère du ministre du département avec un sourire qui se veut rassurant. Avec son chignon impeccable, ses talons hauts, son tailleur monochrome et ses escarpins pourpres, son ancienne camarade respire l'assurance et la compétence. Il est impossible de voir en Hermione Granger autre chose qu'une politicienne féroce qui fera tout pour bousculer n'importe quelle loi qui irait à l'encontre de ses convictions. Et c'est avec cette force de la nature que Draco, dernier héritier d'une des familles les plus connues pour sa mauvaise foi, a décidé de s'associer pour mener à bien son projet. Parfois, il se demande jusqu'où sa fierté pourra le mener. Le ministre Kingsley Shacklebolt entre dans la pièce, suivi de plusieurs de ses conseillers et de l'équipe juridique chargée du dossier de l'affaire. Comme tout bon sang-pur qui se respecte et qui continue à suivre les affaires politiques bien que n'y prenant pas part, Draco connait tous les noms et toutes les fonctions des personnes autour de cette table. Il reçoit plusieurs regards noirs ou suspicieux auxquels il répond avec une indifférence froide. N'étant qu'une dizaine, le médicomage se dit que Granger aurait clairement pu choisir un endroit moins spacieux pour l'entretien.

« L'auror Weasley-Granger et la langue-de-plomb Harry Potter seront là dans quelques instants. Déclare Hermione en s'adressant à sa petite assemblée tout en prenant place juste à côté de Draco à la grande surprise de ce dernier.

-Est-ce qu'ils ont été mis au courant de l'identité de leur nouveau coéquipier au moins ? demande avec austérité un secrétaire rondouillet à la calvitie proéminente.

-Le docteur Malfoy ici présent, du fait du lien de sa famille avec le Coven Le Rosier qui est notre plus puissant allié dans le cadre du projet d'ouverture des frontières magiques aux vampires , fera partie de l'équipe diplomatique chargée de mener à bien les négociations. » explique la jeune femme avec clarté.

-Qui dit qu'il ne travaille pas pour eux et qu'il ne va pas nous vendre à ces êtres ? demande avec précipitation une femme menue, chargée de communication.

-C'est vrai, comment peut-on faire confiance à un Malfoy aussi facilement ?! Ils sont toujours les premiers à se lier à des personnes plus que douteuses, ajoute un autre.

-Si je peux me permettre, la famille Malfoy ne retirerait aucun avantage à faire tomber le monde des sorciers aux mains des vampires, ce qui semble très probable aux vues de notre puissance numérique et magique, déclare Draco d'une voix à mi-chemin entre le snobisme et la diplomatie. Même si on ouvrait nos frontières à cette communauté, très peu d'entre eux ferait le déplacement, d'autant plus que les vampires étaient majoritairement des moldus dans leur ancienne vie et qu'ils sont très bien intégrés dans leur environnement. J'ai accepté cette offre car une meilleure législation permettrait de faciliter l'insertion et la généralisation des dons de sang dans le monde sorcier et une meilleure circulation des connaissances respectives des deux communautés, ce qui en soit permet de diminuer les dépenses de santé et sauve des vies parmi nos rangs. Quant au lien de ma génitrice avec le Coven, voyez-ça comme un bon moyen de pression pour éviter toute traitrise de la part des vampires soumis au pouvoir de Stéphane Le Rosier. »

Un silence pesant fait suite à sa longue tirade. Le blond fait mine de ne pas voir l'expression satisfaite que lui lance sa voisine qui ne s'attendait pas à une prise de parole de sa part.

« Je pense tout de même qu'il serait plus sûr d'intégrer à leur équipe un sorcier ayant déjà fait face à des vampires.

-Un chasseur de vampires n'est clairement pas ce dont nous avons besoin pour les mettre en confiance, Madame Portman, rétorque Granger. D'autant plus que l'auror Weasley et Potter ont déjà affronté pire. Ils ont surtout besoin de quelqu'un qui connait les coutumes vampiriques et qui saura plaire à nos négociateurs. Dois-je vous rappeler que tout le monde vampirique de Grande-Bretagne n'a pas émis une décision unanime quant à ce changement de législation ? Surtout depuis les récentes attaques de certains de leurs membres par des groupuscules inconnus à ce jour.

-Je pense qu'il serait mieux d'attendre l'arrivée des principaux concernés avant de considérer la présence du docteur Malfoy comme définitive. » déclare posément le ministre en essuyant sa paire de lunettes.

A cet instant, la porte teintée s'ouvre laissant entrer les deux employés du ministère. Ron Weasley a réussi à gagner plusieurs centimètres depuis la fin de Poudlard et même s'il est déjà arrivé au blond de le croiser pour diverses missions, Draco n'a toujours pas digéré le fait qu'il soit plus grand que lui d'une dizaine de centimètres. Sa tenue d'auror noire en cuir, avec sa cape d'un rouge flamboyant sont malgré tout parfaitement taillés et semble être autant une seconde peau que sa vieille tenue de Gryffondor. Draco se détache rapidement des yeux bleus écarquillés le dévisageant pour mieux détailler son camarade.

Il regrette immédiatement d'avoir commis cette erreur. Car au moment où son regard se pose sur le survivant, Draco se rappelle pourquoi il a cherché à l'éviter pendant toutes ces années. Avant même de l'observer, le médicomage a senti l'atmosphère se modifier en la présence du héros du monde sorcier. Sa magie est tellement puissante, électrisante et écrasante qu'elle semble occuper tout l'espace et ne peut laisser personne indifférent. Draco a rarement ressenti une sensation pareille : la certitude qu'avec un seul coup de baguette, un sorcier pourrait détruire le monde et le mettre à sa merci. Les deux seules fois où il l'a ressentie, c'est en présence de Dumbledore et Voldemort. Et ce poids magique si déroutant était moins renversant que celui qui traverse son corps à l'entrée de Harry Potter. La majorité des personnes de la salle émet un petit hochement de tête empressé sans se rendre compte des marques de déférence qu'elle adresse à la langue-de-plomb à l'exception du ministre et de son amie d'enfance.

Astoria, collègue du brun, lui a dit que le sorcier était puissant mais sans donner plus d'indications. Draco a toujours su que Potter était redoutable. Il a quand même vaincu le mage noir, merci. Il ne s'attendait cependant pas à une telle déferlante de pouvoir occasionnée par la seule présence du lunetteux. Et pour ne rien arrangé, il est encore plus impressionnant que les images de lui qui apparaissent de temps en temps dans les magazines à sensation que s'arrache son elfe de maison.

Sa longue cape bleu nuit attachée négligemment autour de son col n'empêche personne d'avoir accès à la musculature de son corps sec et puissant caché sous un pantalon en jean noir et un col-roulé moulant. Sa peau halée tranche avec sa barbe de trois jours aussi noire que ses cheveux d'une longueur affolante noués tant bien que mal avec un misérable élastique émeraude. Mais rien n'aurait pu préparer Draco à la lueur brûlant dans les yeux verts, si verts de Saint Potter qui transpercent ses lunettes rondes et se posent sur lui avec interrogation.

Le blond décide de ne pas détourner les yeux et le fixe, cherchant à lire sur son visage la moindre des émotions qui traverse le brun comme il avait l'habitude de le faire plus jeune. Lorsqu'il cherchait à trouver ses points faibles pour mieux l'humilier, pour mieux se dresser face à lui, pour être meilleur que lui. Lui et son rire trop clair, ses yeux beaucoup trop perçants, sa chevelure indomptable qu'il n'a jamais pu ignorer. Lui qui lui a sauvé la vie dans la salle sur Demande puis à son procès en lui permettant de ne passer que deux ans à Azkaban et de finir sa scolarité. Lui que Draco retrouve aujourd'hui pour une mission dont il n'arrive plus très bien à se souvenir les termes exacts.

L'aristocrate entend à peine la discussion qui se joue entre le trio d'or, essayant de garder le visage le plus impassible possible. Lorsqu'il voit Harry Potter s'avancer vers lui avec assurance et lui tendre la main, il faut une fraction de secondes à Draco pour comprendre que le héros s'adresse à lui et à personne d'autre.

« Ravi de travailler avec toi, Malefoy, déclare le brun avec flegme.

-Moi de même Potter. »

Draco fait tout pour ignorer le souffle magique brûlant qui caresse sa peau.


Le dossier sur la dernière affaire de Harry a pris plus de temps à être bouclé qu'il ne l'aurait pensé au premier abord. Il est donc resté penché sur ses parchemins avec la concentration d'un forcené beaucoup trop happé par ses descriptions des différents artefacts qu'il a dûs purifier avant d'être coupé dans son élan par sa collègue.

« Tu n'es pas censé être à une réunion dans le département des créatures ? demande tranquillement Astoria en sirotant son thé glacé.

-Merde ! J'allais oublier ! s'exclame le brun en mettant une note finale à son compte-rendu.

-Pas la peine de te presser comme ça Harry. Je me chargerai de le donner à Tatiana, le rassure Daniel en replongeant dans sa propre paperasse.

-Merci beaucoup ! Je te paierai un café pour me faire pardonner ! » s'exclame le brun en quittant leur bureau à la hâte.

Depuis qu'il a commencé son travail au département des mystères après plusieurs années d'errance, Harry se sent enfin en phase avec lui-même. Il peut travailler sur des artefacts et des sorts dans son coin sans personne pour venir le déranger et gérer quelques affaires avec une équipe plutôt calme, qui n'en a que faire de son statut et qui ne s'occupe pas toujours de la légalité des sorts utilisés. C'est agréable. Beaucoup plus agréable que d'être auror et de courir dans tous les sens pour arrêter des sorciers instables. Bien que Harry doive aussi arrêter des sorciers peu recommandables de temps en temps.

Alors que le héros dévale les escaliers quatre à quatre, il tombe sur Ron et manque de renverser les deux tasses qu'il a en main.

« Fais attention mec ! J'ai pas acheté ça pour que ça finisse sur ta gueule !

-On est en retard ! Hermione va nous tuer !

-J'ai fait exprès de te donner un mauvais horaire pour qu'on arrive à l'heure, déclare tranquillement le roux avec un sourire malicieux sur le visage.

-Traitre ! » balance Harry en le frappant gentiment sur l'épaule.

Il attrape au vol sa tasse en carton avant de marcher avec son ami jusqu'au département de leur camarade. Cela fait longtemps qu'il n'a pas fait équipe avec le roux sur une affaire. Hermione les a choisis spécialement pour celle-ci prétextant qu'elle ne pourrait pas faire confiance à n'importe qui, surtout aux vues de toutes les attaques qu'elle se prend de la part d'ennemis politiques et de la presse. Harry et Ron ont pourtant dit à la Gryffondor de lâcher du lest et de se reconvertir professionnellement pour avoir la paix mais rien n'a su la faire changer d'avis. Hermione a dit qu'elle se battrait pour vivre dans un monde sorcier dans lequel elle serait fière et qu'elle ne pourrait pas supporter les injustices patentes qui le gangrène sans rien faire. Hermione a toujours été la plus forte du trio. Pour Harry, c'est une véritable héroïne et c'est pour cette raison qu'il a accepté sans hésiter son dossier épineux sur les vampires. En plus de pouvoir faire équipe avec son meilleur ami, le brun pourra utiliser ses pouvoirs à son plein potentiel et sa compagne reptile sans problème. Enfin, si son amie a réussi à trouver le parfait coéquipier pour leur mission.

La brune lui a envoyé un message deux jours auparavant pour dire qu'elle l'avait enfin trouvé et que Ron et lui devraient la soutenir à la réunion mais sans en dire plus. Cela commence à inquiéter le survivant car il est rare que Hermione soit aussi vague sauf lorsqu'elle cherche à leur cacher une information.

Harry essaie de revenir sur l'ensemble du dossier qu'il a étudié depuis un mois et sur les livres expliquant la culture vampirique que la politicienne lui a dégotés sans réussir à mettre la main sur l'élément qu'elle aurait pu leur dissimuler. Ron se plaint du nombre d'étages interminables à devoir franchir dans ce bâtiment. Avant d'entrer dans la salle, le survivant se concentre pour contenir un peu mieux son aura magique en espérant que son apparition ne va pas avoir le même effet que lors de certaines de ses conférences : une étrange dévotion teintée d'un respect beaucoup trop mielleux à son goût. Harry sait bien que ce n'est pas la faute des sorciers ou même des autres créatures. Mais tout le monde, à part les moldus dans une certaine mesure, est attiré par sa magie donc Harry a dû apprendre à vivre avec toute cette attention. Même s'il aimerait parfois pouvoir se détendre et ne pas avoir à penser à tant de choses avant de se montrer en public.

Au moment où Ron ouvre la porte de la salle, Harry perd pied. La dernière personne qu'il s'attendait avoir à l'intérieur, c'est Malfoy. Draco Malfoy. Il ne l'a pas vu depuis son procès. Même s'ils ont chacun dans leur cercle des personnes communes comme Andromeda, Teddy ou Astoria, ils n'ont jamais cherché à se voir ou même à se côtoyer. Il n'a jamais eu à finir devant lui à l'hôpital. Alors pourquoi Merlin est-il dans cette salle ?!

Harry lance une légère salutation à l'assemblée. Il remarque à peine l'expression stupéfaite que lance Ron à sa femme qui lui répond par un haussement de sourcil qui ne laisse aucune place à un quelconque débat. Les voix parlant de leur potentiel travail d'équipe se transforment en bruit de fond alors que toute son attention est focalisée sur le sang-pur.

Le blond semble beaucoup moins intouchable que ne le dépeint certains des journaux qu'aime dévorer Molly lorsqu'elle s'ennuie pour se tenir au courant et intenter des malédictions à n'importe quel papier s'en prenant impunément à sa belle-fille.

Sa cape de médicomage est d'une blancheur impeccable et est attachée par la broche opale de son ordre à sa chemise crème avec distinction. Toute sa posture transpire l'aristocratie et la minutie d'une façon presque outrancière. Harry avait oublié que cette apparence parfaite a toujours réussi à l'agacer prodigieusement. Draco Malfoy, le prince des Serpentards, capable de faire tomber sous sa coupe n'importe quel homme d'un seul battement de cils. Mais qu'il est agaçant avec sa peau d'une pâleur quasiment translucide où aucun défaut ne semble ressortir, son nez droit, ses pommettes saillantes légèrement rosées et ses cheveux presque blancs sous la lumière du soleil !

Et le plus agaçant dans tout ça n'est pas son physique angélique ! Non, le pire reste ses iris d'acier qui le fixent alors que toutes se sont baissées en croisant les siennes. Ses iris dans lesquelles Harry n'a jamais réussi à lire. Même s'il n'a jamais été un bon legilimens, le survivant s'est amélioré depuis le temps. Mais ce n'est pas suffisant pour comprendre ce qui se passe dans l'esprit de cette tête blonde. Et si Malfoy préparait un coup, qu'était-il censé faire ? Il ne supporte pas ce regard qui semble le défier. Parce qu'il le défie n'est-ce pas ? Draco a toujours semblé savoir lire en lui comme dans un livre ouvert. Et Harry ne s'est jamais laissé dévorer par ce regard hivernal auparavant. Ce n'est pas maintenant qu'il le fera.

Le héros se recentre sur les sons qui n'étaient alors que des bribes éparses dans son esprit. « Confiance », « projet de banque de sang ». Ah oui ! C'est vrai que Malfoy a collaboré avec des vampires sur un projet médical. C'est sans doute pour ça qu'il a accepté de participer ! Le fait d'enfin comprendre les bénéfices qu'apportera cette législation au blond sont suffisants pour calmer un peu le brun.

Hermione n'a pas voulu prévenir Harry parce qu'elle a sans doute pensé qu'il ne serait pas capable de mettre de côté son animosité pour son projet. Elle aurait dû savoir qu'il était bien au-dessus de ces anciennes querelles. Ils ont tous traversé une guerre bon sang ! Il ne va pas se battre comme un chiffonnier avec le médicomage même si son visage froid et hautain mériterait quelques baffes. Il est tout à fait capable de se contrôler, merci. Satisfait par sa propre résolution, il ouvre la bouche, coupant court à la discussion inutile qui semble se poursuivre :

« Les Malfoy se sont racheté une conduite depuis la guerre. De plus, aux vues des bénéfices que cette famille et surtout nos concitoyens pourront tirer de ce changement législatif tout en permettant d'augmenter les droits des vampires, je ne vois pas pourquoi je ne l'accepterai pas dans mon équipe. Ravi de travailler avec toi, Malfoy. ».

Lorsque la main du blond saisit la sienne dans une poigne élégante mais ferme, Harry réprime le frisson qui fourmille le long de sa peau.

Tout le reste de la réunion alors qu'il est assis à côté de Ron, Harry essaie de se concentrer sur la discussion mais son attention ne cesse de revenir sur le blond dont les commentaires longs et trainants sont toujours d'une sagacité surprenante. Il se surprend à aimer cette voix calme et posée qui lui donne parfois des envies de meurtre. Harry finit par être soulagé du départ impromptu du blond à cause d'une urgence médicale.

Et le survivant n'admettra jamais que voir Malfoy parler avec autant de professionnalisme à son confrère par pierre magique, a réveillé en lui une curiosité viscérale.