Je vous remercie pour tout votre engouement et j'espère que l'histoire est encore à votre goût même si nos deux protagonistes sont plutôt longs à la détente ! J'ai l'habitude de répondre à chaque review directement par message privé mais puisque des invités passent par-là, je me dois de répondre comme il se doit ici ! Mon rythme de publication est moins régulier que je ne l'avais annoncé mais il y aura toujours un chapitre au moins toutes les deux semaines.
Archange99 : Je suis très émue et honorée à l'idée que cette histoire puisse occupée tes pensées ainsi ! Ton message m'a limite fait verser une petite larmichette donc j'espère que la suite ne te décevra pas.
Guest : Je ne sais pas si c'est la même personne qui envoie un petit message à chaque sortie de nouveau chapitre mais je lance d'énormes bisous à quiconque publiant ces réactions.
brigitte26 : J'ai répondu à son message par mp mais sachant que sa question était plutôt intéressante, je me suis dit qu'y répondre ici serait instructif pour l'ensemble des lecteurs !
Précision sur les pouvoirs de Teddy et le vol sur balai : Dans cet univers, les balais pour enfants du monde des sorciers sont construits de telle sorte que des enfants puissent voler avec même sans avoir de manifestation particulière de leurs pouvoirs magiques et donc peuvent même être utilisés pas des Cracmols ou des moldus puisqu'il ne s'agit pas de balais classiques. Même si Teddy avait déjà ses pouvoirs de métamorphe, le fait qu'il soit un loup-garou ne laissait pas présager pour autant qu'il allait forcément être un sorcier comme ses deux parents. Après tout, les loups-garous possèdent certains pouvoirs notamment de guérison, d'écoute et certaines capacités de télékinésie ou de lecture des émotions. C'est la raison pour laquelle toute la famille est si heureuse en voyant le petit garçon avoir une première manifestation de ses pouvoirs sorciers à l'état brut. Cette manifestation est également la raison pour laquelle son aura a également changé aux yeux de Harry.
Après cette longue explication, qui je l'espère a été suffisamment claire, je vous laisse avec la suite de l'histoire en précisant que la fin sera peut-être un peu abrupte !
Chapitre 6 : Serpents en cage
La couverture de la Gazette des Sorciers se veut sensationnelle alors que le visage de Granger est affiché en première page. La conseillère discourt lors de la conférence de presse qui a suivi la signature de la nouvelle loi de circulation vampire et sorcière. « Une nouvelle loi : Pour le meilleur ou pour le pire ? » questionne le journal à sensation alors que les invectives de diverses associations spécistes notamment celle de Goyle « Protection des sorciers » sont mises en évidence dans les premières pages.
Son ancien ami critique le fait que les Malfoy, l'une des familles les plus louches du pays, ait appuyé le projet. De la part d'un ancien Mangemort, Draco trouve cette remarque très culottée surtout de la part du garçon qu'il n'a pas vu depuis des années. Il semble très sûr de lui et posé dans sa robe sorcière d'un noir corbeau qui ne peut cacher sa musculature imposante. Dire que des sorciers sont prêts à le supporter malgré ses antécédents douteux pour la simple et bonne raison qu'il partage comme beaucoup de membres de sa communauté des préjugés très marqués sur la supériorité des sorciers comparée aux autres êtres surnaturels ! Deux guerres ne semblent pas suffisantes pour prouver l'importance du respect d'autrui dans leur société. Draco soupire avant de jeter le torchon et de se concentrer sur les dossiers des patients qu'il transférera dans sa nouvelle clinique pour les premiers essais randomisés. Plusieurs de ses collègues ont décidé de le soutenir dans ce projet aux vues des avantages que ce nouveau traitement pourrait avoir pour ses patients avec des maladies et des malédictions du sang très rares.
« Docteur Malfoy, la patiente de la chambre quatre a fini sa toilette. Vous pouvez commencer sa visite, déclare l'infirmière en chef.
-Bien, merci. »
Remettant sa tenue en place, l'aristocrate appelle ses externes et internes pour pouvoir les terroriser un peu avec sa minutie et son sens du détail effrayant.
Au cours d'une de ses consultations, Draco reçoit une lettre de la part d'un vieil hibou brinquebalant. Il reconnait immédiatement l'écriture illisible de Harry Potter. Si c'est par rapport à leur mission, le héros aurait mieux fait de demander à la belette d'écrire. Il lève les yeux au ciel avant de reprendre son travail, la lettre fermement cachée à l'intérieur de sa poche intérieure.
Lorsqu'il a enfin le temps de lire l'édit courrier entre deux rendez-vous, Draco n'est pas surpris par l'annonce du sorcier. Mais cela ne signifie pas que son cœur ne s'est pas ouvert à cause d'une ancienne meurtrissure.
« Interrogatoire chez Goyle effectué. Echantillon de sa magie correspond à celle de la ruelle. Alibi à l'heure du crime. Théâtre. Peut-être Polynectar avec complices. A garder à l'œil. »
Draco trouve déjà la journée trop longue même si c'est supposé être un sacro-saint jour de repos. Il s'est réveillé aux aurores par habitude, a pris son petit déjeuner au lit grâce aux bons soins de Pierrot déjà réveillé pour son exercice matinal. L'aristocrate a picoré son repas, encore assailli de fatigue avant de se changer en tenue confortable pour sa journée de rénovation du manoir.
Il n'y a pas plus économique et plus pratique que d'ouvrir les parties abandonnées de la bâtisse pour en faire sa nouvelle clinique. Il a déjà réussi à purifier toute la partie où il vit avec les elfes et toute la forêt de pommiers. Draco doit trouver le courage d'aller dans les régions condamnées. Pour son projet, pour la banque de sang et les patients. Draco a travaillé sur tout ça. Ce n'est pas grave s'il a peur. Enfin il trouve cette constatation préoccupante mais son ancienne psy lui a dit que cela ne servait à rien de l'ignorer ou de la refouler car la peur finit toujours par revenir au galop. La présence de Voldemort dans sa maison d'enfance a été refoulée dans toute l'aile ouest du manoir. Et il va devoir l'ouvrir, la laisser s'échapper et dévorer ses entrailles de souvenirs. Le cœur du blond bat à tout rompre alors qu'il s'approche de la porte scellée. Nina lui a demandé s'il souhaitait être accompagnée avec toute la diligence du monde mais l'aristocrate a préféré refuser. Sa gouvernante et future cheffe de cuisine de la clinique privée n'a plus besoin de le porter à bout de bras. Il veut lui montrer qu'il est devenu assez fort pour tenir seul.
Année 2000
Draco trouve sa chambre beaucoup trop réchauffée. Il ne sait pas si c'est réellement le cas ou si c'est parce qu'il s'est trop habitué aux cachots de sa cellule à Azkaban. Peut-être a-t-il tellement pris l'habitude d'avoir froid que n'importe quelle source de chaleur semble beaucoup trop brûlante à son goût ? Cela fait à peine deux mois que le jeune homme a quitté sa prison mais pour lui, le temps ne semble même pas avoir commencé à avancer. Les seules personnes qu'il acceptait pour les visites était sa mère et Nina a décidé de venir de son plein gré malgré ses supplications. Draco ne voulait pas qu'il la voit ainsi. Comme une épave. Il n'est plus qu'une épave. Mais c'est ridicule, il ne l'est pas depuis Azkaban mais depuis qu'il a accepté qu'on lui appose cette fichue marque ! Le sorcier fixe son avant-bras décharné. Il s'apprête à griffer sa peau mais est arrêté in extremis par la couleuvre dorée de son tatouage d'âme-sœur. Il a envie de mourir. Il n'arrive plus à respirer. L'air se fait de plus en plus lourd et épais autour de lui alors que le dioxyde de carbone commence à s'échapper trop rapidement de ses poumons. Cherchant désespérant le stupide sac en papier gardé dans sa chambre pour ce type de crise d'hyperventilation, Draco se tord le corps pour attraper l'objet tout en évitant de faire le moindre bruit. Il ne manquerait plus qu'il réveille les autres habitants.
Depuis qu'il est sorti, Draco vit avec sa mère, Nina et Pierrot dans une dizaine de pièces du manoir. Les seules qui n'ont pas été touchées par la présence de Voldemort car des créatures morbides y vivaient pendant la guerre. Des créatures comme Damien.
En repensant à son premier amour, ses yeux s'embuent de larmes alors que le sorcier se demande s'il se sentirait mieux si le vampire le serrait dans ses bras.
C'est complètement ridicule ! Damien a déjà dû l'oublier lui ! Draco n'était qu'un jouet pour lui. Il faut qu'il arrête de penser à ça, aux morts et à toute cette culpabilité qui le ronge ! Qu'est-ce qu'il va faire ? Qu'est-ce qu'il va devenir même s'il a réussi ses ASPICS avec un optimal en prison ?
Quelle profession faire alors que son père s'est donné la mort ? Qu'est-ce qu'il doit devenir si personne n'est plus là pour lui dicter la voie à suivre ?
Draco n'est rien sans son père, sans sa famille, sans son nom. Il doit tenir pour sa mère. Sa mère est encore debout. Il a tellement peur. Peur de l'extérieur, des autres, du monde qui tourne trop vite, qui change trop vite et qui lui rappellera les crimes incommensurables qu'il a commis. Rien ne pourra jamais excuser ses péchés. Draco se demande s'il ne préfère pas la présence des détraqueurs à celles des propres monstres de son esprit.
...
Après cette nuit désastreuse où il s'est tout simplement déchiré de l'intérieur en couchant avec un inconnu, Draco n'a pas fait attention à tous ces véhicules à quatre roues. Et surtout au fait que les petits bonhommes rouges et verts permettant la circulation ne s'interchangent pas toujours à la même vitesse. En étant touché par un de ses objets métalliques et avant de perdre connaissance, il s'est demandé comment le feu fonctionnait s'il n'y avait aucune magie pour le faire changer de couleur.
A son réveil, Draco s'est retrouvé dans une étrange salle d'une blancheur épaisse. D'étranges tuyaux s'échappaient de son bras et il était accroché à une machine sur lequel étaient posés des chiffres qu'il n'arrivait pas à faire correspondre avec une quelconque information. Il a fallu du temps au sorcier pour comprendre qu'il se trouvait dans un hôpital. Beaucoup moins pour être fasciné par les méthodes qu'utilisent les moldus pour se soigner. Et c'est lors de son séjour qu'il a découvert les sciences naturelles, la physique et la chimie. Et qu'il s'est dit que peut-être que médicomage n'était pas une si mauvaise idée après tout.
Cette formation ne lui avait jamais vraiment traversé l'esprit. Mais en discutant de l'idée avec la psychomédicomage que sa mère l'a forcé à consulter s'il souhaitait partir à l'étranger, il s'est rendu compte que cette formation lui plairait sans doute. Draco pourrait enfin agir, s'arrêter de détourner le regard, de piétiner dans le temps et l'espace sans savoir comment avancer et construire quelque chose.
Les anciens cachots sont beaucoup plus poussiéreux que dans ses souvenirs. Draco veut les transformer en des salles de rangement de matériels, d'objets stérilisés et de stockage de poches de sang. Des images des morts, de ses propres nuits passées enfermé entre ses barreaux, du goût de la peur le hantent alors qu'il lance ses premiers sorts de purification.
La poussière correspond au plus simple à se débarrasser. En arrivant dans le cachot qu'a occupé Luna Lovegood, les entrailles du sorcier se retournent à l'intérieur de lui. Il se demande où la blonde gambade en ce moment. Sa capture revient parfois dans certains de ses cauchemars. Même si la sorcière le remerciait toujours lorsqu'il lui apportait des victuailles en cachette avec l'aide de Nina ou Pierrot.
Toutes ces salles et chambres vides ne sont pas si compliquer à rafistoler, même si la magie noire rode encore de toute part. Des fantômes frôlent parfois le sorcier qui avance sans se retourner en répandant ses sorts. Des fantômes de la guerre et d'autres plus anciens qui n'ont jamais voulu ou pu sortir du lieu cadenassé.
Il avance jusqu'à finir par nettoyer la majorité des lieux, mais sans jamais s'approcher de la salle de séjour qui servait de salle de réunion aux Mangemorts. Trop d'exécutions se sont déroulées dans cette pièce sordide.
Au cours de sa course, Draco finit par tomber sur le couloir où sont entassés les tableaux familiaux. Même s'il aurait voulu ignorer ce couloir, il s'agit d'un des plus imposants qui pourra servir de lieu d'agrément ou de repos si les tableaux acceptent de laisser certains de leurs commentaires au placard.
En entrant, l'aristocrate est accueilli par un torrent d'exclamations :
« Depuis le temps, il se décide enfin à venir nous rendre visite ! s'écrie une petite blonde aux joues potelées.
-Quelle honte de parquer toute sa famille ainsi ! se plaint un vieillard.
-Avec ce qu'il a osé faire, il a bien fait de se terrer au loin ! crache un autre.
-Comment restaurer l'honneur familial ?
-Il est devenu si beau ! s'extasie une sorcière aux cheveux incroyablement longs.
-Très charmant ! Très charmant ! approuve un homme en tenue victorienne.
-Rappelez-vous de ce que Abraxas a dit !
-Cette affreuse histoire de pommier ?
-C'est peut-être un signe de renouveau pour la famille !
-De déchéance suprême ! s'écrie l'ancien membre du ministère.
-Je rappelle que c'est parce que personne ne m'a écouté quand je disais que Voldemort était fou qu'on se trouve dans cette situation ! On s'est toujours sorti en étant me-su-ré ! clame un sorcier longiligne avec un livre sous le bras.
-Les moldues ont toujours été très à mon goût ! pouffe un éclatant prince aux yeux brillant de malice.
-Pourquoi est-ce qu'il a toujours droit à la parole, lui ! Il n'a pas été déshérité ! s'écrit une maitresse de potion à deux tableaux de lui.
-Pas assez rapidement pour ne pas être ici ma belle. »
Le médicomage lance plusieurs sorts de nettoyage aux cadres en bronze en évitant ostensiblement d'adresser la parole à aucune de ses têtes à claque. Quand il était petit, Draco adorait leur poser des questions pour assouvir sa curiosité sur diverses époques historiques et pour pouvoir vérifier les informations de ses livres et manuels. Mais maintenant, il sait qu'il ne recevra au mieux que des mots de réconforts et au pire que de sempiternelles remontrances. Il connait la vie de la plupart des tableaux, du moins, celle de ceux qui ont bien voulu lui adresser la parole ou lui apprendre à suivre son rôle de parfait petit sang-pur en prenant leurs expériences pour exemple.
Il n'y a qu'un seul tableau auquel il ne s'est jamais approché. Pour être honnête, Draco n'a jamais cherché à savoir si le portrait de son père se trouvait bien à l'intérieur. Il n'a jamais voulu chercher.
C'est pourquoi lorsque sa voix s'élève au-dessus de toute cette cacophonie, il croit à une illusion.
« Mon fils, c'est bien toi ? »
En quelques enjambées, Draco s'échappe du couloir. Il ferme la porte en trombe, les membres tremblants tellement vite qu'il craint qu'ils n'entrent en combustion. Le sorcier pensait avoir enfin la force d'affronter tous ses démons. Mais l'ombre paternelle est encore trop écrasante. Ironiquement plus effrayante que les réminiscences d'un des pires sorciers de l'histoire.
Plusieurs jours après ce petit ménage laborieux, le médicomage se retrouve, malgré lui, invité à une petite soirée organisée par Astoria. La raison pour laquelle la jeune femme a voulu préparer un événement convivial en plus de leur rencontre mensuelle est un véritable mystère pour Draco. Mais il a toujours du mal à refuser quoi que ce soit à son amie, surtout aux vues du peu de fois où ils arrivent à passer du temps ensemble. Le blond fait en sorte qu'elle ne se rende pas compte de son emprise parce que ce serait pire de s'extirper de ses demandes s'il en était autrement.
Après tout, Astoria peut parfois être aussi capricieuse que lui lorsque l'envie lui prend. Le Manoir Greengrass est modeste et beaucoup plus chaleureux que la plupart des autres demeures de sang-purs. Il est entouré d'un jardin digne d'un livre de contes de fées pour moldus et Draco doit s'avouer qu'il a toujours été jaloux de la faune et de la flore environnant les lieux. Il est accueilli à l'entrée par la sœur de son amie, Daphné. Elle ne l'a jamais vraiment apprécié et le sentiment est amplement réciproque.
« Je pense que tu aurais pu faire un peu plus d'effort pour cette soirée. Astoria y a mis tout son cœur, juge la jeune cadette vêtue d'une splendide robe en mousseline rose.
-Personne ne m'a prévenu qu'il s'agirait d'une soirée de marque ! rétorque Draco en s'assurant que son chemisier lilas se marie parfaitement avec son pantalon brun.
-N'importe quelle soirée assurée par notre famille peut être considérée comme telle ! » répond la plus jeune en l'introduisant dans le salon déjà occupé.
La surprise de Draco est grande lorsqu'il tombe nez à nez sur un Harry en plein discussion avec un Théodore volubile. Pansy sans doute très gênée de revoir le jeune homme qu'elle a un jour proposé de vendre au mage noir discute dans un coin avec Septimus, le petit-ami de Astoria. L'hôtesse sert quant à elle un verre à une langue-de-plomb inconnue, Blaise ainsi qu'à Claire et Rachel, ses deux meilleures amies.
« Draco ! Enfin tu fais ta petite apparition ! s'exclame la blonde à son arrivée avant de littéralement le pousser jusqu'à l'inconnu. Je te présente Daniel Kent, mon collègue de bureau. Je ne sais pas si tu te souviens de lui mais il était une année au-dessus de la tienne à Poudlard.
-Aucun souvenir désolé, déclare le concerné d'une voix monotone avant de se reprendre. Mais enchanté.
-Cette remarque ne m'étonne pas de la part du Prince des Serpentards ! s'amuse Daniel en lui tendant sa main brunie par de longue sortie au soleil à chercher divers artéfacts.
-Tellement prétentieux ! Incapable de voir plus loin que sa petite clique, roule des yeux Harry en gobant un amuse-gueule.
-Moi au moins je ne passe pas toute ma paperasse aux personnes faisant partie de « ma clique » ! réplique Draco.
-Touché ! éclate de rire le Serdaigle amusé alors que le Gryffondor outré hoquète.
-Parce que tu prends son parti en plus ! Dire qu'on est censé formé une équipe !
-Il n'a pas tort…avoue Astoria en se pinçant le nez.
-Toi aussi tu refiles ta paperasse à Daniel ! l'accuse le brun avec une moue légèrement enfantine.
-Nan mais ça va pas de me faire passer pour une victime ! Je le fais juste parce que vous êtes tous les deux des bons à rien avec tout le côté administratif, s'emporte le concerné avec un air faussement dramatique.
-Oh là là ! J'adore découvre des petits secrets inavouables comme ça ! s'excite Blaise en sirotant sa boisson.
-C'est un secret pour personne que Harry a une écriture aussi lisible que celle d'un gamin de cinq ans ! » jette le médicomage avant de se recevoir un objet sur sa tête.
En reconnaissant le manoir de Isadora, il lance un regard noir à son collègue qui répond à une question de Daphné en l'ignorant ostensiblement. Connard ! Alors que Draco s'apprête à lui lancer un sort sans baguette pour se venger, il sent la main ferme de Astoria sur son épaule.
« Tu m'as dit que tu étais capable de te contrôler en sa présence ! susurre avec un sourire pincé la jeune femme.
-Mais c'est lui qui a commencé en me jetant ce truc ! s'agace Draco.
-Ben non, il est apparu entre tes mains ! roule des yeux son amie. Ne ruine pas ma soirée Dray… »
En croisant le regard satisfait et malicieux de la langue-de-plomb, le blond comprend que le sorcier a dû utiliser un sort d'illusion pour lui lancer son grimoire sans que personne ne le remarque. Quel traitre ! Est-ce qu'un comportement aussi vicieux est accepté chez les lions ?
« Bien sûr que je suis capable de me tenir correctement. Pose la question à ton collègue plutôt ! Ce n'est pas moi qui peux perdre le contrôle d'un seul geste. » déclare-t-il avant de détacher vicieusement la queue de cheval de son amie sans quitter des yeux le brun.
A son mouvement calculé, Draco est satisfait de voir les joues hâlées du héros se roser tandis qu'il discute avec Claire et Rachel. Discrète vengeance pour avoir osé le ridiculiser devant son amie.
« Tu sais bien que je préfère les lâcher plus tard dans la soirée. » soupire la blonde avant d'inviter tous ses invités à passer à table.
La conversation est plutôt animée malgré ce rassemblement pour le moins hétéroclite. Draco, malgré la fatigue, se surprend à trouver la soirée plutôt agréable. Comme à son habitude, Astoria prend les devants et essaie de mettre tous les convives à l'aise et y arrive par un miracle étrange. Malgré le petit comité, le blond se rend compte que le héros est une personne plutôt réservée qui préfère généralement écouter ses interlocuteurs plutôt que se mettre sur le devant de la scène. Draco avait déjà cette information et il adorait l'user contre le survivant lorsqu'ils étaient à Poudlard pour le mettre dans l'embarras. C'est juste qu'aujourd'hui, Draco ne sait plus quoi faire de son esprit qui dérive sans cesse vers lui.
« Bon, si je vous ai réunis ici aujourd'hui avec Septimus, c'est pour vous faire une annonce d'une extrême importance.
-Non, non, non… ! s'extasie Pansy alors que les autres filles se mettent à piailler douloureusement à l'oreille du blond.
-Si, si, si…J'ai dit oui ! claironne Astoria en montrant le magnifique pendentif en forme d'épi de blé scellant son union avec son fiancé.
-Oh Merlin !
-Félicitations ! s'exclame Daniel avant de serrer son ami chercheur dans ses bras. Dire que c'est moi qui vous ai présentés !
-Tu vas rejoindre la longue liste des personnes casées As' ! s'enflamme Blaise.
-C'est magnifique ! s'illumine littéralement Potter avant que des étoiles filantes ne tournoient autour des jeunes fiancés ébahis.
Draco éclate de rire alors que Harry se dandine sur sa chaise, embarrassé.
-Petit cadeau pour vous féliciter ! se dépêtre le brun en tentant de ramener les éclats lumineux à lui.
-Je pensais t'avoir demandé un gâteau ? le sauve gentiment Astoria rayonnante de joie.
-Oui,c'est vrai ! prend le sorcier comme excuse avant de s'échapper de la pièce.
-Vous êtes tous conviés au mariage bien entendu, ajoute le chercheur taciturne en prenant délicatement la taille de sa fiancée pour baiser son front avec révérence.
-OUI ! Et Draco, tu seras mon témoin et tu m'aideras à faire toute la préparation ! continue Astoria en tournoyant vers lui dans sa robe vaporeuse couleur ciel.
-On part sur un mariage typiquement sorcier, j'imagine !
-Oui avec les sept cadeaux, le rituel et tout le tutti quanti ! La famille de Septimus est une famille pas très regardante sur les traditions.
-On n'est pas aussi psychorigide que les sangs-purs, se défend le concerné avec une moue.
-Mais je veux que mon mariage ressemble à un conte de fée Dray ! Il faut que notre mariage soit plus beau que celui qu'on devait avoir ! Je veux que ce soit toi qui me ramènes jusqu'à l'autel puisque mon père n'est plus là pour le faire… » explique la sorcière les yeux brillants d'émotion.
La gorge de Draco se sert sous le coup d'un trop plein de réjouissance et de fierté alors qu'il attrape la main tremblante de son amie pour la serrer dans la sienne.
« Ce n'est pas un peu bizarre que ce soit ton ex-fiancé qui s'occupe de la cérémonie ? déclare Daphné sceptique.
-Personne ne t'a demandé ton avis ! s'agace le concerné avant de faire un signe de tête à son amie pour qu'elle rejoigne l'homme de sa vie.
-Sachant que je veux que ce soit Harry qui fasse mon gâteau de mariage, on ne sera pas à une excentricité près, déclare la blonde en reniflant pour garder prestance.
-Il est passé où d'ailleurs ? J'ai bien envie de découvrir ces talents culinaires ! dit Théodore en posant tendrement sa main sur le ventre rond de sa femme.
-Le futur organisateur va aller vérifier qu'un petit lion n'a pas cramé toute la cuisine. » nasille Draco en quittant la table, faisant rire tous les invités.
Le blond profite lui-même de cette petite embardée pour essuyer les larmes de joie qui auraient pu s'échapper de ses joues. Un Malfoy n'a jamais ce genre de réaction embarrassante en public. Il avance jusqu'à la cuisine et il n'est même pas surpris de tomber sur un Harry à plusieurs mètres du sol tentant vainement de saisir un couteau pour s'occuper du magnifique gâteau à trois étages qu'il a conçu. Des lucioles multicolores enveloppent toute la pièce d'un délicieux halo sucré. Draco prend quelques instants pour s'habituer à sa puissance toujours plus familière avant de s'introduire dans la pièce.
« Au lieu de me regarder avec ta petite mine satisfaite, est-ce que tu pourrais être utile et me passer ce fichu couteau ?
-C'est toujours agréable de te regarder galérer Harry. Ne m'enlève pas ce petit plaisir. Et puis je n'ai rien fait, ajoute Draco avec un sourire narquois. C'est le Krama comme disent les moldus.
-Karma…Peu importe ! s'agace le sorcier virevoltant. Je ne m'excuserai pas pour le grimoire.
-Je ne suis même pas étonné ! » roule des yeux Draco avant de prendre un couteau propre sur le plan de travail.
Le blond se met à découper tranquillement le gâteau avec le couvert sous les yeux ébahis du Gryffondor.
« Au lieu de regarder mon magnifique visage, tu devrais essayer de faire disparaitre les ailes qui ont poussé sur ton dos, murmure tranquillement Draco en continuant sa tâche.
-Oh merde ! » soupire le brun en les rétractant avec plus ou moins de difficulté.
C'est la première fois que le médicomage est témoin de cette manifestation magique pour le moins étrange. Les ailes qui parent le dos du survivant sont vertes, rubis et charbonneuses comme celle de l'oiseau dessiné sur l'avant-bras du brun. Son tatouage est aussi grand et coloré que le sien et pour être honnête, Draco n'aurait pas pensé rencontrer quelqu'un avec une anima gemella aussi imposante que la sienne.
Repenser à ce serpent à plumes fait gronder le bas ventre du blond alors que les sensations arides qui l'ont ensorcelé lors de leur nuit endiablée s'insinuent en lui.
« Je pensais que tu le couperais avec un sort.
-On n'essaie pas tous de se la jouer en utilisant sa magie continuellement, Harry ! réplique avec dédain Draco avant de se saisir délicatement de l'énorme gâteau.
-Je ne fais pas exprès… marmonne le brun avant de rajouter quelque chose en Fourchelang, les yeux brillants.
-Hmm je sais… Même Edward finira par avoir plus de contrôle sur ses instincts lupins que toi avec tes pouvoirs ! » se moque le blond avant de quitter la pièce tout en évitant l'obstacle apparu sur son chemin pour le faire tomber.
Cette mesquinerie, au lieu d'énerver Draco, augmente les pulsations du sang courant dans ses artères. Et cette impression est d'autant plus saisissante que le Serpentard se rend compte que le temps a beau continuer sa course, il reste le seul à faire perdre son calme au grand Harry Potter.
Quitter la formation d'auror qu'il avait entamée avec Ron a été l'une des meilleures décisions de la vie de Harry. En effet, ce n'est qu'en quittant ce corps de métier qui a pour particularité de faire face aux pires atrocités continuellement que le sorcier s'est rendu compte du mal qu'il s'infligeait. Toute sa vie, il a dû se battre pour survivre, pour ne pas s'abandonner complètement chez les Dursley, pour ne pas sombrer dans la folie malgré la douleur et la solitude. Malgré les pertes injustes et féroces. Harry serait sans doute devenu une personne aussi dangereuse que Tom Jedusor si Ron et Hermione n'avaient pas été sur sa route. S'ils n'avaient pas pansé une partie de ses blessures avec leur amitié. Il n'a jamais avoué à ses amis à quel point leur amour l'a sauvé et lui a donné le courage de croire en lui et d'avancer. De croire qu'il méritait d'être heureux. Qu'il était plus que ce tas de merde que les Dursley ont voulu faire de lui.
La magie l'a sauvé. Poudlard l'a sauvé. Et il s'est battu pour que d'autres puissent se sentir aussi libre qu'il ne l'a été en apprenant à maitriser ses pouvoirs.
C'est la raison pour laquelle c'était trop dur. C'est toujours trop dur de voir que malgré les pertes, le sang, la douleur, la souffrance et la mort, la barbarie et la violence inutiles n'ont pas cessé pour autant. Harry n'a plus la force de l'affronter à nouveau de façon aussi frontale : l'horreur de la vie et de l'existence.
Depuis le début de cette mission avec les vampires, depuis le début de cette chasse à l'homme pour arrêter ces tueurs malintentionnés, le poids qui écrase sa poitrine semble revenir avec force. Harry a l'impression d'être écrasé par cette affliction lorsqu'il reçoit un appel de son meilleur ami qui déclare d'une voix grave à travers le combiné de téléphone :
« Harry. Il y a eu une nouvelle attaque. Il n'y a pas que des vampires qui ont été tués cette fois-ci mais aussi des sorciers. Ce sont des enfants. »
La scène de crime est affligeante. La scène de crime est écœurante. La maison vétuste où ont été retrouvés les corps et les cendres des enfants est d'une puanteur sans nom. Aucune lumière n'est suffisante pour éclairer convenablement la porcherie où les pauvres créatures ont été entreposées et tuées comme du bétail.
Harry n'arrive pas à réfléchir alors qu'il suit machinalement l'équipe scientifique déjà sur place. Il entend à peine leurs voix alors que les auras des assaillants, des meurtriers et des victimes se mêlent en un chaos indescriptible. Les enfants tués étaient des sangs-mêlés. Des sangs-mêlés humains ou vampires avec des pouvoirs magiques, des pouvoirs sorciers coulant dans leurs veines. Ils ont été vidés de leur sang par des êtres calculateurs qui les ont tués uniquement à cause de leurs origines. Ils ont été détruits et personne n'a cherché à les retrouver car leurs corps dénutris sont suffisants pour comprendre que ce n'étaient que des orphelins. Des vagabonds dont personne ne se souciaient et qui avaient sans doute déjà subis les coups, la privation, la solitude avant d'être enfermés dans cet enfer qui a été leur dernier tombeau.
Ils ne pourront jamais recevoir la lettre qui aurait pu changer leur destin. Ils ne pourront jamais mettre les pieds à Poudlard. Ces enfants sont restés dans leur placard pour toujours et n'auront jamais la chance de découvrir la beauté du monde. Ils n'auront jamais la possibilité de comprendre qu'ils méritent au même titre que n'importe quel être vivant sur cette planète, de fouler cette terre et d'être heureux. Ils sont morts seuls, abandonnés et à part pour l'enquête, personne n'aurait pris la peine de les rechercher. De les retrouver. De tenter de les sauver.
Harry ne sait pas. Harry ne sait plus ce qu'il fait. Il a à peine la sensation de ses pieds qui l'entrainent loin de ce spectacle macabre. La voix inquiète de Ron atteint à peine ses oreilles alors qu'il sent à peine qu'il perd le contrôle. Les effluves de pomme aussi placides qu'un océan ne sont pas suffisantes pour le ramener à la raison.
Le survivant perd pied et transplane.
En atterrissant au square Grimmaurd, le sorcier ne se rend pas compte que sa magie est si violente qu'elle se met à faire tanguer toute la bâtisse au grand désarroi de Kreattur qui s'est enfermé dans sa chambre pour ne pas être blessé. Le sorcier sent à peine le corps froid et languissant de Ananta qui le transporte langoureusement jusqu'à l'ile à la Caverne.
Face à la mer d'Irlande, Harry craque et fond en larmes, bercé par les sifflements mélodieux de sa compagne. En un instant, il partage avec le serpent les images affreuses dont il a été témoin et qui se superposent beaucoup trop facilement avec ses propres expériences de maltraitance.
Il n'y a qu'avec Ananta qu'il ose partager ça. Sa peur d'enfant. Harry a l'impression que malgré toutes les années qui se sont écoulées, il n'est resté qu'un enfant apeuré avec pour seuls compagnons les araignées pendues au plafond de sa prison.
Ananta partage avec le sorcier les propres souvenirs de maltraitance et de solitude qu'elle a elle-même expérimentés lorsqu'elle avait encore sa forme humaine et qu'elle était une enfant aussi chétive que lui. Puis le serpent continue à chanter la seule berceuse connue, apprise dans un infime moment de joie et de bonheur partagé avec sa mère Nagini dans un de ses rares états de lucidité avant qu'elle ne l'abandonne.
Sous cette mélodie reptilienne, Harry somnole alors que les noms des ennemis qu'il se jure d'abattre s'impriment dans son esprit. Le Coven de Duncan et l'association de Goyle et ses sbires ne s'enfuiront pas. Ils ne pourront pas échapper à leur sentence. Ils paieront pour leurs crimes. Le survivant y veillera personnellement.
