Voici le nouveau chapitre. Il y a beaucoup d'action et un peu de violence dans celui-ci mais j'espère qu'il vous plaira. Je remercie encore toutes les personnes qui suivent et commentent cette histoire ! Bonne lecture !


Chapitre 7 : Nid de serpents

Depuis la découverte macabre de la boucherie retrouvée dans cette petite maison en Grande Ecosse, les presses sorcière mais aussi vampirique se déchainent et se sont emparées de l'affaire. Bien entendu, chaque association spéciste des deux camps tentent de rejeter la faute sur des vampires ou des sorciers semblant oublier que d'après les informations des équipes scientifiques et magiques, des membres des deux camps sont responsables de ces actes de barbarie.

Bien entendu, le nouvel amendement a été mis en cause et Granger et toute l'équipe du ministère ayant soutenu ce projet sont pointés du doigt. Les tueurs ont donc bien réussi leur coup en créant une véritable crise politique et diplomatique dans les deux camps. Même Stéphane Le Rosier, malgré son haut statut dans la hiérarchie vampirique commence à recevoir les foudres de certains de ses congénères.

Mieux diviser pour mieux régner. Il n'y a pas à dire, Goyle a bien retenu les leçons qu'ils ont peaufiné durant leurs années scolaires lorsqu'ils faisaient leurs quatre-cents coups.

Draco soupire alors qu'il se replonge dans le dossier judiciaire conséquent mis en place par son équipe. Depuis la découverte des corps des enfants, Harry s'est jeté dans cette affaire à corps perdu. Toutes les informations qu'il a récoltées sont d'une précision et d'une aide précieuse mais pas suffisantes pour inculper directement le Coven Duncan et l'association « Protection des sorciers. ». A part les quelques signatures magiques ou les auras qui ne sont pas significatives pour pouvoir inculper directement les membres de ces organisations obscures, rien ne les relie formellement aux crimes si ce n'est des suspicions, des achats et des rencontres étranges.

C'est à en devenir dingue. Le survivant semble le devenir petit à petit alors qu'il a encore annulé une de ses visites chez Andromeda pour forcer Weasley à l'accompagner sur une nouvelle piste leur permettant d'attraper la main dans le sac les coupables. Toute cette affaire inquiète de plus en plus le sorcier. Et pas simplement pour la santé mentale de Harry dont l'obstination et l'aura commencent carrément à lui faire un peu peur. Astoria lui a dit que lorsque son collègue était dans cet état de concentration et de désir forcené de parvenir à son but, mieux ne valait pas se mettre en travers de sa route. Weasley et Granger semblent également avoir cette tactique en aidant le brun tout en s'assurant qu'il se nourrit suffisamment. Mais aux vues des mouvements abruptes et de la magie qui entourent Harry, Draco ne peut s'empêcher de se demander s'il dort suffisamment.

Dire qu'il se retrouve à s'inquiéter pour le balafré ! C'est à ne plus rien comprendre. Savoir que l'un de ses anciens meilleurs amis est sans doute responsable de ces actes horribles ne fait qu'empirer son état d'angoisse. Il faut qu'il trouve un moyen d'arrêter ces fous furieux avant qu'il n'y ait d'autres morts.

Pourquoi Draco se retrouve-t-il à devoir pourchasser deux personnes qui ont tant compté pour lui à une époque ?


Année 2001

Alors que Draco attend en face d'Azkaban en compagnie de sa mère vêtue de son élégant manteau à fourrure, il regrette de ne pas être un fumeur. Au moins, cette activité aurait eu le mérite d'atténuer son anxiété. Draco est l'une des seules personnes avec qui Gregory est resté en contact. Et à part son père devenu sénile, il n'y a personne qui l'attend dans son manoir décharné.

Draco est sans doute l'un des seuls à comprendre pourquoi il n'a pas contacté les autres Serpentards. Après tout, ce sont les deux seuls qui ont mis les pieds dans cette prison. Ce sont les membres du groupe qui se sont enfouis dans ce bourbier le plus profondément. Et depuis la mort de Vincent, la personne dont il était le plus proche et qui était son lien avec tous les autres, le blond est certain que Gregory doit se demander s'il a encore une place dans leur petit groupe.

Draco doit le rassurer et lui montrer qu'ils se serreront toujours les coudes, qu'ils avanceront et apprendront de leurs erreurs ensemble. Il ne veut plus rester dans le noir et la haine pour toujours. Il veut se reconstruire avec son ami à ses côtés.

Lorsque sa silhouette musculeuse sort enfin de ce trou à rat, son regard est tellement vide et plein de haine que Draco ne sait pas sur quel pied danser.

…..

Cela fait plusieurs semaines que Gregory n'est pas venu lui rendre visite. Draco s'est rendu compte que son ami et lui n'ont plus les mêmes aspirations. Pire, Gregory ne semble pas vouloir se dépêtrer des idées qu'on lui a inculquées, ni essayer d'apprendre du monde extérieur. Il semble même s'y enfoncer avec plus de force pour ne pas sombrer. Depuis la conversation assez froide qu'il a eue avec Draco et dans laquelle le baraqué s'est moqué de lui, demandant depuis quand il était devenu assez Poufsouffle pour s'intéresser à la santé, les deux amis n'ont plus été en contact. Les examens et l'apprentissage étant déjà assez compliquées aux vues de son passé et de la difficulté de la formation, Draco n'a pas besoin de l'humeur massacrante et des critiques acerbes de son camarade. Comment pourrait-il lui parler de son intérêt médical pour les sciences moldues et des avantages non négligeables que certaines de leurs techniques pourraient avoir sur le monde de la santé sorcier si Gregory trouve déjà sa formation et son travail indignes ?

Le blond se trouve en face du manoir lugubre de son ami, une boite de ses chocolats préférés sous le bras avec une pointe de crainte dans la gorge. De leur trio inséparable, ils ne sont plus que tous les deux. Ce serait idiot qu'après tout ce qu'ils ont traversé, ils finissent par se séparer ainsi.

Draco sonne à la porte. Un elfe de maison amorphe nommé Willy entrouvre suspicieusement la porte.

« Qu'est-ce que vous voulez Monsieur Malfoy ?

-Une simple visite. » déclare-t-il aimablement. Jamais il n'aurait cru être accueilli avec autant de froideur dans le manoir Goyle.

L'habitacle est à peine éclairé alors que l'aristocrate s'introduit à l'intérieur. Il sait immédiatement où trouver le bureau de son ami et se rend donc au premier étage sans attendre.

« Depuis quand est-ce qu'on s'invite dans le bureau du maitre de maison sans annonce ? demande Gregory affalé, sur un sofa près de la bibliothèque et entouré de livres de sortilèges en tout genre.

-Je ne savais pas que JE devais obligatoirement m'annoncer pour te rendre visite, répond mollement Draco en posant la nourriture sur la table. Tu as encore sauté l'invitation de Pansy.

-Je ne sais pas pourquoi elle force autant pour que je vienne.

-Elle s'inquiète pour toi comme nous tous, explique le blond en s'asseyant sur son fauteuil de prédilection en face de de son ami.

-C'est plutôt moi qui m'inquiète pour vous ! Aucun d'entre vous ne semble vouloir retrouver un peu de grandeur ! Le monde perd la tête et cela semble vous satisfaire ! s'énerve le sorcier.

-Parce que le monde de Voldemort te semble moins décadent que celui qui est en train d'évoluer sous nos yeux ?

-Pansy veut se lancer dans les vêtements au lieu de reprendre la succession familiale alors que Théodore et Astoria ne suivent plus toutes les directives de leurs aïeux. Tu es en train de perdre la tête Draco ! Tu te trouves à trainer dans le monde des moldus ! Rentre en contact avec ta tante complètement dégénérée ! C'est à en devenir ridicule !

-Je ne te permets pas de parler de Andromeda de cette façon ! déclare froidement Draco.

-Quoi ? Tu vas pas me dire que tu vas défendre l'enfant de cette saleté de loup aussi ?! » ricane Gregory avec une expression mauvaise sur le visage.

Le blond dégaine immédiatement sa baguette dans un élan de rage. Personne n'a le droit de s'en prendre aux membres de sa famille.

« Retire immédiatement les insultes que tu as dites ! Même si tu es l'un de mes proches, je t'interdis de piétiner l'honneur des miens !

-Je pensais que les traitres à leur sang n'avaient plus leur place sur les tapisseries familiales ! On dirait que ton éducation n'a pas été faite correctement par ton défunt père ! s'écrit Gregory en lui lançant un sort.

-Comment oses-tu GOYLE ! en évitant in extremis une blessure à l'épaule.

-TOI ! Comment oses-tu m'abandonner, moi et VINCENT ! Après tout ce qu'on a traversé, comment peux-tu ne pas suivre les pas de nos aïeux ?!

-Cette guerre était complètement insensée et ces idées n'avaient aucun de putain de sens ! La mort de Vincent n'avait pas de sens !

-Plus de sens que d'avoir une mère devenue une pute à vampires ! » hurle Gregory en lui lançant un autre sort.

Draco s'arrête alors, livide, comprenant alors quelle est l'identité de la personne qui a vendu la relation fragile de sa mère avec son nouveau compagnon aux journaux, leur valant moqueries et menaces de morts.

« C'est toi qui as tout dit à la Gazette, constate le blond dans un souffle.

-Vu la somme qu'ils étaient capables d'offrir pour avoir la moindre information pour vous faire un peu plus couler, tu ne pensais quand même pas que je n'allais pas en profiter ! Sales traitres à votre sang ! » aboie Gregory hors de lui.

A cet instant, Draco ne réfléchit plus. Les souvenirs chers à son cœur de toutes ces journées passées aux côtés l'un de l'autre à se chamailler, à terroriser les autres élèves et à faire les pires crasses ensemble n'ont plus de raison d'être. Les encouragements et tapes sur l'épaule lorsque les relations avec leur père respectif étaient catastrophiques ont-elles pu avoir si peu d'importance pour lui ? Même s'il n'a jamais brillé par sa gentillesse et son intelligence, même si leur relation n'était au départ motivée que par la relation entre leurs parents, Draco a toujours pensé que Gregory serait une constante rassurante dans sa vie. Une personne qui serait toujours à ses côtés même s'il ne correspondait pas à tous les modèles de masculinité que son père voulait qu'il arbore. Même s'ils étaient parfois fragiles et faillibles, même si tous les deux trainaient des masques ridicules face au monde pour ne pas s'effondrer, Gregory était l'une des personnes en qui il a fini par avoir le plus confiance.

Comment le garçon a-t-il pu le trahir ainsi en s'en prenant à la personne qu'il aime plus que tout au monde ? Les sorts de magie noire pleuvent entre eux sans interruption. Les Doloris ne sont jamais sortis aussi vite de la bouche de Draco. Après tout, leur statut de Mangemorts leur a tous les deux appris à détruire leur adversaire sans vergogne.

Cette nuit-là correspond à la dernière fois où Draco a utilisé des sorts aussi violents contre un autre individu. Lorsqu'il a laissé le corps disloqué de Gregory au sol et qu'il a menacé de le tuer s'il osait s'approcher ou toucher à un seul de ses proches, Draco n'aurait jamais pensé qu'il aurait été préférable de l'achever.


Draco n'a pas arrêté de réfléchir à l'endroit où son ancien ami a bien pu cacher ses plans et tenir ses réunions macabres sans que personne ne soit au courant. En effet, le médicomage le connait bien et Goyle n'aurait jamais pu imaginer des plans si glauques et tordus sans laisser des traces écrites et des parchemins quelque part. Même si sa demeure a déjà été perquisitionnée deux fois de suite, rien de suspect n'a été retrouvé chez lui. De plus, il était toujours au théâtre ou avec un alibi solide les soirs des meurtres tout comme Damien, Duncan et tous leurs sbires vampires. Le sorcier a bien dû cacher le Polynectar utilisé quelque part mais où ?

Alors qu'il passe une autre nuit sans sommeil dans son bureau, une idée traverse alors l'esprit de Draco alors qu'il se rappelle la petite cabane dans les bois des Goyle où leur petit trio allait se cacher lorsqu'ils étaient enfants. Ils avaient créé des barrières de telle sorte que seuls eux puissent s'y introduire dès qu'ils ont réussi à se servir correctement d'une baguette. Même leurs parents n'étaient pas au courant de cette cachette. Gregory aurait-il souillé ce fragment de leur jeunesse pour son effroyable projet ?

Sans attendre une seule minute, Draco envoie rapidement une note à Harry avant de s'habiller pour transplaner jusqu'à la petite cabane cachée dans les bois.

Lorsqu'il atterrit devant le lieu où l'édifice est caché aux yeux de tous par un sort d'invisibilité, le blond prononce le sortilège d'apparition connu de lui seul en se disant que s'il s'agit bien de sa cachette, Gregory aurait pris soin de changer le code.

La maisonnette apparait devant lui mais avant qu'il ne puisse faire quoi que ce soit, Draco reçoit un coup au niveau de la nuque et perd connaissance.


A son réveil, le sol dur et froid manque de détruire ses muscles endoloris. Draco ouvre péniblement les yeux et tente de s'accoutumer à l'absence de lumière de sa cellule. Où est-ce qu'il a bien pu être jeté ? Il n'arrive pas à savoir depuis combien de temps il se trouve en ces lieux mais aux vues de l'absence de faim ou de besoins vitaux, cela ne doit pas faire plus de vingt-quatre heures. Le blond soupire alors qu'il se maudit d'avoir été pris par surprise malgré ses précautions. Se faire avoir par une technique moldue et perdre connaissance. C'est si enrageant !

Après un temps infinitésimal où pas le moindre bruit ne s'approche de sa prison et où le blond a fini par se rendre compte que la salle empêchait tout passage ou utilisation de magie en son sein, la porte finit par s'ouvrir brutalement.

Sa mère est jetée par un geôlier que Draco reconnait comme un des bras droits de son ex Damien.

« Attendez ! Laissez-moi parler à Goyle ! » s'écrie le médicomage sans succès avant de voir la cellule se fermer sous son nez.

Le blond grince des dents avant de s'approcher à la hâte de sa mère suffocante.

« Mère… Qu'est-ce qui vous est arrivé ?

-On m'a attaqué lorsque j'allais te rendre visite… Stéphane… J'ai repensé aux sorts de cachette de sangs-purs donc je voulais aller chercher les grimoires du manoir Malfoy … suffoque Narcissa.

-Qu'est-ce qui vous arrive ? Ils vous ont empoisonné ? Injecté quelque chose ? Est-ce que vous m'entendez Mère ? Gardez les yeux ouverts !

-Je n'ai pas eu ma morsure aujourd'hui… » murmure difficilement la comtesse les joues rouges et le regard hagard.

Le statut de calice de sa génitrice revient en pleine figure à Draco alors que sa mère perd peu à peu connaissance. Normalement, les calices se font mordre tous les jours par leur vampire qui ne peut s'abreuver que de leur sang. Les cellules souches hématopoïétiques et les cellules précurseurs de globules rouges sont donc produites en plus grande quantité pour subvenir aux besoins de la créature de la nuit. Mais se faire mordre devient donc une nécessité pour le calice sous peine d'avoir d'affreux effets secondaires à cause du trop plein de sang circulant dans ses veines.

N'ayant rien sous la main pour pouvoir faire une transfusion et n'ayant ni sa baguette, ni la possibilité de faire de la magie dans cette cellule, Draco se met à paniquer en réfléchissant à ce qu'il pourrait faire pour tenter de gagner du temps et soulager sa mère dans un état de semi-conscience bercées de paroles de réconfort prononcées à un amant absent et d'illusions peuplées de mauvais souvenirs.


Cela fait deux jours qu'ils sont coincés dans ce local insalubre. Draco a réussi à construire un petit système permettant d'effectuer chez sa mère des saignées après avoir volé un couvert et utiliser un tissu pour pouvoir faire un garrot au niveau de sa blessure. Il y a au moins une dizaine de personnes qui ont circulé dans l'habitacle qui a été aménagé et est beaucoup plus grand que dans ses souvenirs s'il se fie aux bruits étouffés qu'il entend de temps à autres.

Au cours de son séjour, Damien a fini par lui faire une petite visite pour le narguer et lui proposer de meilleures victuailles en échange d'un peu de sang. Il a refusé avec véhémence. Cependant, il craint que le vampire puisse vouloir se servir de force. Au cours de sa sortie quotidienne pour effectuer ses besoins, Draco a essayé de se reconnecter à la demeure sans laisser de traces détectables pour Gregory. Mais le jeu est beaucoup plus compliqué qu'escompter. Il faudra quelques jours à Draco pour finir par trouver une échappatoire ou un moyen de communiquer avec l'extérieur. Il doit cependant s'assurer de pouvoir transporter le corps affaibli de sa mère avant qu'il ne soit trop tard. Elle lui a dit qu'elle réussit de temps en temps à rentrer en contact avec son mari et qu'elle tente de leur communiquer des informations sur le lieu de séquestration. Mais l'homme est plus un vampire qu'un sorcier et ne pourra pas passer la barrière franchissable uniquement par Gregory, lui-même et les personnes détenant le mot de passe qui a été changé après sa capture.

Draco enrage. Il enrage car il se sent impuissant et que pour ne rien arranger, Gregory n'a jamais eu le courage de venir lui faire face depuis sa détention. Une horde de vampires du Coven Duncan sont déjà passés dans leur cellule pour tenter de leur soutirer vainement des informations ou pour essayer de s'approprier son corps en vain. Au moins, le statut de calice de sa mère lui permet d'éviter que des mains ou des crocs un peu trop baladeurs ne tentent de l'approcher. Draco remercie les cours d'autodéfense que son ancien ami lui a donné avant de retourner sa veste mais il ne sait pas combien de temps il pourra tenir avant d'être violé par l'un de ses porcs. Mais aucun sorcier n'a eu le cran de passer dans leur cellule. Celui qui l'a attrapé n'a pas eu le cran de venir. Malgré leur passé commun et les liens qui les enchainent, Draco refuse de mourir sans avoir affronté l'homme qui l'a trahi. Sans avoir défié Gregory.


Cela fait quatre jours depuis la disparition des Malfoy. Même si le domaine des Goyle a déjà été fouillé à plusieurs reprises sous le regard amusé de son propriétaire, aucune cachette ou information n'a été retrouvée. Le temps commence à être compté dangereusement surtout si on se fie à l'état de profonde agitation dans lequel est plongé le patriarche du Coven Rosier. La salle de réunion de crise est sens dessus-dessous alors que les vampires du Coven tentent tant bien que mal de contrôler Stéphane Le Rosier en pleine empoignade avec le ministre Kingsley. Même les paroles posées et pleines de bon sens de Hermione et Isadora ne semblent pas suffisantes pour contenir la colère du vampire dont les yeux ont viré au rouge cinglant :

« Je me fiche que cela ne respecte pas les procédures d'aller attaquer DIRECTEMENT l'homme qui séquestre ma FEMME ! s'insurge Stéphane en plantant ses ongles dans la table en ébène. Il a osé s'attaquer à mon calice ! A ma REINE ! Et je me fiche bien de savoir quel rôle il joue dans cette affaire ! Dans tous les cas il mérite la MORT !

-A part les quelques visions envoyées par Narcissa Malfoy, il n'y a aucune preuve légale dans le monde des sorciers pour pouvoir l'enfermer ou le mettre en prison d'autant plus que les différentes perquisitions n'ont strictement rien donné… explique tremblant un des conseillers.

-Le lieu où ils sont enfermés doit sans doute être protégé par un sort inviolable. Une équipe de langues-de-plomb est sur l'affaire depuis plusieurs heures et réussiront bientôt à retrouver leurs traces Monsieur Le Rosier, tente de le rassurer Hermione.

-Je ne peux pas ATTENDRE une SECONDE DE PLUS ! Est-ce que c'est clair ! » vocifère le comte en effrayant même ses propres congénères.

D'autres cris et discussions résonnent dans les tympans fatigués de Harry alors qu'il tente vainement de conserver son calme ou du moins de masquer ses craintes et son agacement. Le sorcier craint qu'il ne soit arrivé quelque chose aux membres de la famille de Teddy et pour être honnête, l'état de plus en plus préoccupant de Stéphane ne contribue pas à calmer son anxiété. Et pour ne rien arranger, il a peur que leurs ennemis ne frappent à nouveau, amusés par leur impuissance et leur incapacité à gérer l'opinion publique inquiète. Le survivant commence aussi à être fatigué par toutes ces procédures inutiles. S'ils acceptent enfin qu'il puisse mettre son grain de sel en ne l'empêchant pas d'utiliser des sorts controversés, le sorcier est certain qu'il pourrait aller beaucoup plus vite.

Epuisé par toute cette cacophonie et décidé à faire comme bon lui semble malgré la position délicate de Hermione, Harry se décide à libérer toute l'étendue de sa puissance. D'un seul coup, un silence salvateur emplit enfin la salle bondée.

« Kingsley. Vous n'êtes pas obligé de mettre sur le terrain autant de membres du Ministère si vous me laissez prendre en charge une partie des recherches. Mon statut de langue-de-plomb me permet d'utiliser certains sorts débattus sans aucun problème. Et j'ai avec moi des éléments me permettant d'aller beaucoup plus vite et de me défendre facilement.

-Nous ne mettons pas en cause vos capacités Potter. Mais depuis les lois visant à protéger la souveraineté de la population et empêcher les attaques du Ministère ayant eu lieu sous la houlette du mage noir, on ne peut mener une attaque d'envergure avec aussi peu d'hommes et sans l'aval du conseil sorcier et des juristes ! explique le ministre.

-Je sais que cette loi est importante. J'ai même été un fervent défenseur de celle-ci mais pour être honnête là je m'en contrefiche royalement ! s'agace Harry en avançant vers l'homme avec une démarche impérieuse. Vous n'avez qu'à décréter l'état d'urgence.

-Pour décréter l'état d'urgence, il faut que la population sorcière soit dans un danger impérieux et imminent. Avec tout le respect que je vous dois monsieur Potter, les Malfoy ne sont pas à eux-seuls représentants de toute notre communauté, réplique un petit secrétaire bouffi.

-Monsieur Wilson, je sais que cela vous fera plaisir que cette opération soit un fiasco pour pouvoir prendre le poste de Weasley-Granger ! Mais ne vous inquiétez pas, ce ne sera pas le cas. Voyez ma requête comme celle d'un éminent Sage de la communauté alors et laissez-moi arrêtez ces fauteurs de trouble à ma façon ! C'est en mon nom que je fais cette demande.

-Malgré tout ce que vous avez fait pour notre communauté, il faut avoir été promu par le Conseil magique après au moins cinquante ans d'existence Monsieur Potter. Vous n'êtes pas assez mature pour pouvoir faire une telle demande… explique timidement une autre conseillère.

-Harry, je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée pour ta sécurité de… murmure Ron en s'approchant lentement de lui tout en l'éloignant des employés.

-On ne va pas les laisser dans ce bourbier ! Et il est hors de question que ces pourritures ne payent pas pour leur crime ! déclare froidement le survivant en laissant échapper de son corps des fumées d'un rouge et vert empoisonnant. Que se passera-t-il s'il y a d'autres victimes et que j'aurai pu faire quelque chose ?

-Hermione ne t'a pas mis sur cette affaire pour que tu te mettes en danger. Que fera le ministère s'il découvre l'étendue de tes pouvoirs…

-Tu sais bien que je suis incapable de suivre un quelconque règlement Ron. Ne t'inquiète pas pour moi...Je ferai en sorte que le poste de Hermione ne soit pas impacté par ce que je vais faire…

-Quoi ? »

Harry ne laisse pas à l'auror d'élite le temps de réagir et libère une puissance inimaginable avant d'invoquer Ananta. A l'apparition de l'énorme serpent, les sorciers blêmissent d'horreur et de peur alors que la créature glisse aux côtés de son maitre.

« Mais qu'est-ce que… balbutie Wilson livide.

-Je n'ai jamais cherché à asseoir mon pouvoir nul part parce que je crois en l'importance d'un régime démocratique et parce que l'autorité ne m'a jamais particulièrement intéressé. Tant que le Ministère sera toujours disposé à laisser place au pluralisme et aux batailles pour plus de droits, vous ne me verrez jamais m'élever contre vous. Mais si le ministère se corrompt ou décide de s'attaquer à des membres de mon entourage en les mettant en danger, je ferai tout ce qui m'est possible pour vous détruire. Est-ce que j'ai été suffisamment clair ? »

Le héros laisse ses cheveux tournoyés autour de lui tandis que ses yeux d'un vert luisant restent fixés sur l'assemblée de ses collègues effarés. Il caresse Ananta d'une main distraite qui glousse sous l'attention.

« Harry, je crois que ta démonstration de force a fait son petit effet. Ils sont terrorisés ! J'aime sentir la peur… Tu aurais dû me sortir bien avant ! s'extasie sa compagne.

-C'est un cas exceptionnel ma belle. Malheureusement, cela ne veut pas dire que tu pourras gambader comme bon te semble.

-Ohhhh…

-Tu m'aideras à venger les enfants et à retrouver les Malfoy.

-Cela veut dire que je pourrai faire couler du sang.

-Autant que tu le désireras. »

Le Fourchelang semble terroriser définitivement tous les sorciers alors que Kingsley attrape une feuille tendue maladroitement par un de ses collègues.

« Je réponds positivement à cette demande Harry. Cependant, si l'opération tourne mal, tu en prendras l'entière responsabilité et le Ministère ne sera pas mis en cause.

-Bien entendu. Je te remercie pour ta gentillesse Kingsley. Je laisse au couple Weasley-Granger le soin de choisir les sorciers qui m'accompagneront dans ma tâche. Bien entendu, tout ce que vous avez vu me concernant restera dans cette pièce, n'est-ce pas ? »

Toute l'assemblée répond d'un même hochement de tête apeuré auquel Harry répond par un sort de legilimancie qui les empêchera de divulguer l'étendue de ses pouvoirs au reste du monde sorcier. Le survivant déteste utiliser ce genre de faculté surtout contre le gré des individus mais il ne sait pas quel coup bas Hermione pourrait recevoir après son coup d'éclat.

« Comte Le Rosier, amenez-moi au Manoir Malfoy. Je vais les pister. »

Le vampire ne se fait pas prier et Harry le fait transplaner avec les membres de son Coven jusqu'au domaine des sang-purs.


La faim et la douleur sont devenus des sentiments tellement conjoints que Stéphane n'arrive plus à les différencier alors que l'odeur de son calice n'est plus présente pour contrebalancer ses appétits bestiaux. Depuis l'enlèvement de Narcissa, le vampire a l'impression de devenir fou. Il n'a jamais été éloigné d'elle aussi longtemps depuis qu'ils partagent ce lien de proie et de parasite. Ce lien est encore plus profond que les tatouages ornant leur avant-bras respectif. Même s'il entend parfois sa voix dans ces quelques instants de lucidité, Stéphane arrive à ressentir l'état de faiblesse de sa bien-aimée et sa peur pour sa progéniture.

Le vampire a reconnu l'un des sbires de Duncan. Il s'est juré qu'il détruirait tout son Coven pour se venger s'il le faut. Le calice est l'être le plus précieux pour un vampire et faire du mal ou blesser un calice revient à affronter directement l'amant de celui-ci. Stéphane étant le comte et chef de tout un Coven, c'est sa famille tout entière qui a été attaquée par cet affront. Le Conseil des vampires ne fera rien s'il les attaque. Ce sera de la légitime défense. Cependant, des sorciers sont aussi impliqués dans cette affaire et la loi l'empêche de bouger sans l'aval de leurs autorités.

Même s'il s'est lui-même juré de rester une personne raisonnable, aucun acte ne peut l'empêcher de voler au secours de sa raison de vivre. Narcissa est forte. Il le sait. Il ne s'agit pas d'une princesse en détresse dans l'attente d'un prince charmant venant la délivrer. Mais tout comme lui, elle finira par dépérir à cause du lien qui les unit. Stéphane sent qu'il ne lui reste plus beaucoup de temps. Il est prêt à donner sa vie pour la retrouver. Même si pour se faire, Stéphane doit jeter à l'eau tout le travail juridique et diplomatique qu'il a accompli jusqu'alors.

Dans la salle de réunion du Ministère, le comte sait très bien qu'il aurait pu arracher la tête de ses interlocuteurs si les voix de Marius et Isadora n'étaient pas présentes pour essayer de maintenir la bête qui gronde à l'intérieur de lui. Il a cru que la scène allait se finir en bain de sang avant que le héros du monde sorcier n'intervienne.

Immédiatement, le monstre en lui a compris qu'il s'agissait d'un allié qui lui permettrait d'atteindre plus rapidement son amour. Il s'est assagi à l'instant où le Ministre sorcier a donné son aval à l'opération menée par le jeune homme.

Stéphane n'a eu aucun mal à le conduire jusqu'à l'antre de sa bien-aimée, au contraire. Lorsqu'ils atterrissent devant le manoir Malfoy, la porte leur est tout de suite ouverte par la gouvernante de son beau-fils. Depuis sa disparition, l'elfe de maison a été d'une grande aide dans leurs recherches malgré leur manque d'avancée. Elle a été d'une présence réconfortante pour l'ensemble du Coven avec son ami et compagnon Pierrot. Et la plupart des vampires, notamment Isadora et Marius, ont un peu élu domicile dans les lieux pour accélérer leurs recherches et rester à l'affut du moindre mouvement de l'association « Protection des sorciers. ».

Harry Potter marche à sa suite sans aucune perturbation, comme si les lieux lui appartenaient et pendant une fraction de secondes, Stéphane comprend que cet individu pourrait tenir une partie du monde au creux de sa main si l'envie lui en prenait. Le vampire ne sait pas quel est élément déclencheur qui a poussé le héros à accélérer les recherches mais il n'en a cure. Que ce soit par entichement pour son beau-fils ou pour faire payer ces criminels, le sorcier semble déterminer à en découdre lorsque Stéphane ouvre le bureau familial contenant les grimoires les plus chers aux yeux des sorciers Malfoy.

Sur le tableau changeant sans cesse, la figure froide et intransigeante de Lucius Malfoy fixe avec interrogation le nouveau visiteur sans prononcer un seul mot. Depuis l'arrivée précipitée au manoir d'une horde de vampires, l'ancien maitre des lieux ne cesse de suivre les allées et venues des créatures avec une expression mêlée de crainte et de dégout. Cependant, il a été d'une aide précieuse pour dégoter certains anciens parchemins cachés dans le bureau. Même s'il semble vouer une haine viscérale pour son Coven, le défunt semble avoir encore assez d'attachement pour son ex-femme pour tenter d'accélérer les recherches.

A sa plus grande surprise, Potter ne lance pas un seul regard à Lucius Malfoy et se dirige immédiatement vers le pommier magique miniature posé près de la fenêtre aux côtés d'un laurier aussi rayonnant que lui. Pourquoi le sorcier se dirige vers la réplique de l'arbre qu'il a offert à son Coven ? Cela est un mystère pour le vampire qui le laisse faire.

« Monsieur Malfoy, il s'agit bien de la première manifestation de magie de votre fils, n'est-ce pas ?

-C'est exact. Mais vous ne pourrez rien tirer de cette plante. Elle n'obéit qu'à la volonté et à l'aura de Draco. »

Stéphane est perdu. N'est-ce pas une copie fidèle de l'arbre offert par le survivant ?

« Est-ce qu'il serait possible d'avoir un entretien avec le créateur de votre forêt ? » demande tranquillement le sorcier en analysant avec des sortilèges inconnus aux oreilles du vampire la plante magique.

Lucius Malfoy quitte alors son cadre et disparait tandis que le sorcier continue ses incantations.

« Monsieur Potter, ce n'est pas que je ne vous fais pas confiance. Mais le temps de ma Narcissa est plus que compter et je ne vois pas comment un arbre pourrait nous aider, s'agace Stéphane en trépignant sur place.

-L'arbre a un concentré tel de la magie et de l'aura de Draco qu'il est sans doute possible de le localiser quel que soit l'endroit où il se trouve en passant par son intermédiaire, explique le survivant sans s'arrêter.

-Et pourquoi vos spécialistes ne l'ont pas fait depuis le début alors !

-C'est une particularité des sang-purs. Je ne suis même pas certain de pouvoir…

-C'est la première fois que quelqu'un requiert ma présence s'enquit tranquillement un homme vêtu d'une tenue typique de la Renaissance portée sous le règne de la dynastie Tudor.

-Monsieur Malfoy…commence Harry toujours happé par son travail.

-Appelez-moi Adam. J'ai été renié de la famille il y a bien longtemps. » déclare avec un sourire candide le jeune aristocrate en faisant une natte avec sa longue chevelure platine.

Que ce soit sa grâce, sa blancheur de lait ou sa moue dédaigneuse, tous ses attributs mis à part ses yeux d'un bleu cristallin trahissent son ascendance malfoyenne.

« Adam, c'est bien vous qui avez fait apparaitre les arbres qui peuplent la forêt familiale n'est-ce-pas ?

-Tous les pommiers sont nés de ma main, jeune Apollon. Vous ne pouvez pas savoir tout ce que l'on peut faire pour l'amour d'une femme.

-Ces pommiers étaient liés à vous ?

-Ils étaient liés à mes désirs, témoignages de mon amour éternel et de mon attachement inébranlable pour la femme de ma vie. J'ai simplement laissé ma magie s'exprimer dans son état le plus pur, explique le sorcier d'un air rêveur. A quoi servirait mon héritage sorcier si j'avais été incapable de créer un acte de beauté éternel ?

-Il est donc possible de retrouver quelqu'un à partir de l'aura qui s'en échappe ? Y a-t-il un sort particulier qui puisse me permettre d'atteindre votre descendant ainsi ?

-Est-ce que mes pommiers attirent encore toute sorte de créatures ? J'espère qu'ils sont aussi tentateurs que ne l'est le fruit interdit que j'ai lu dans un ouvrage moldu. J'ai toujours trouvé l'image très jolie ! s'égare la toile. Pendant un temps, la forêt m'a semblé morte, même à moi qui ne suit plus qu'un fragment d'âme conservé sur une huile sur toile.

-Je n'en ai aucune idée…

-Oui oui les pommes sont excellentes ! s'impatiente Stéphane alors que ses crocs commencent à pointer à cause de la faim tenace qui l'anime.

-Ah parfait ! Vous imaginez si toute mon énergie avait été utilisée en vain… Il est vrai que je n'ai pas fait exprès de faire apparaitre cette forêt mais cela aurait été un sacré gâchis ! Par rapport au traçage, je ne sais pas du tout Monsieur…

-Potter.

-Oh ! s'exclame l'aristocrate pensif. Vous êtes celui qui a arrêté le mage noir ! C'est une bonne chose j'imagine si vous avez réussi à énerver Abraxas…Mais oui ! Je pense que vous pourrez retrouver mon descendant en essayant de vous connecter à son aura et son âme Monsieur Potter !

-Comment suis-je censé faire ? N'y a-t-il aucun sortilège permettant d'y arriver ?

-Oh seule ma chère Gwendoline a réussi cette prouesse une seule fois… Mais il était déjà trop tard pour moi… Ce n'est pas une question de sortilège, c'est une question de connexion avec la Magie. Mais vous arriverez avec un peu de volonté, surtout que vous êtes un jeune homme puissant ! Nous les Malfoy, on a toujours aimé la puissance ! Laissez-vous simplement aller ! » déclare avec frivolité Adam avant de disparaitre sous le regard abasourdi des deux hommes.

Stéphane commence vraiment à perdre patience. Comment ces informations sans queue ni tête sont censées le conduire à sa bien-aimée ?! Pourquoi Draco n'a tout simplement pas brûlé ce fichu tableau s'ils sont si inutiles ?! Les envies de meurtre du vampire reviennent à la hausse avant qu'un tourbillon venteux multicolore n'entoure brusquement le survivant et ne le soulève de plusieurs mètres.

A sa sortie de cet accès magique d'une puissance insondable, le jeune homme ressort les yeux plus lumineux que jamais avant de déclarer : « J'ai réussi à les localiser. ».

A cette annonce, Stéphane comprend que la chasse va enfin pouvoir commencer.


Toute l'attention de Harry est portée sur son objectif qui est d'arrêter coûte que coûte les personnes qui ont tué sans états d'âme des innocents pour servir leur dessin stérile. Que Draco se trouve emprisonné n'est qu'une raison supplémentaire pour agir au plus vite pour les mettre hors d'état de nuire. Il est hors de question que Teddy ne perde son seul cousin. Une équipe d'une dizaine de sorciers d'élite choisi précautionneusement par ses amis est présente derrière lui en plus des vampires du Coven envoyés pour la bataille.

Harry reste fixé sur la présence d'Ananta alors que Ron donne ses instructions aux membres de son équipe. Le survivant veut en finir au plus vite. Il veut voir le sang couler. Lorsque Hermione pose sa main fraiche sur la sienne, il réussit à se focaliser quelques instants sur ses instructions. Hermione est toujours celle qu'il a réussi à écouter aux moments les plus difficiles. Il espère que sa prise de liberté ne la mettra pas trop dans l'embarras.

Harry doit s'assurer que ces hommes cruels ne se relèvent pas pour elle aussi. Il faut qu'ils payent pour lui également et pour tous les enfants détruits inutilement.

En créant le portail les liant à la maisonnette cachée de Goyle, Harry se décide à libérer tout son pouvoir destructeur, laissant un quartier libre total à Ananta.

En arrivant sur les lieux, il se rend rapidement compte qu'un affrontement est déjà en cours. Son serpent se jette sur certains assaillants de l'équipe tandis que Harry pétrifie et attaque ses adversaires sans se retourner. Du sang et des cris giclent un peu partout alors que la bataille fait rage.

Le survivant sait qui est-ce qu'il veut absolument arrêter. Lorsqu'il tombe enfin sur la bouche ensanglantée d'un Damien vorace, il ne lui faut que quelques instants pour le mettre à terre et pour qu'Ananta ne se mettre à lui trouer le ventre.

« Il ne faut pas le tuer ma belle… Hermione veut le juger…Amuse-toi avec lui mais laisse-le en vie. » murmure-t-il en sentant peu à peu l'aura caractéristique de Draco dans tout ce tumulte.

Le médicomage est tout proche. Sans plus attendre, Harry s'avance. Il ne sait pas s'il court ou s'il vole. Mais est-ce que cela a vraiment une importance de savoir s'il représente oui ou non un danger à cause de ses explosions de magie ? Le cauchemar pourra bientôt s'arrêter, la mission également. Et alors, il pourra reprendre ses petites tâches magiques et ses recherches au département des mystères sans se soucier de politique et de réunions interminables.

Harry tombe sur un Goyle inconscient étendu au sol, sa baguette cassée juste à côté de lui. Son corps est criblé de meurtrissures sans doute causées par un sort semblable au Sectumsempra. Il peut sentir que ses blessures ont été infligées par Draco. Dans un état second, Harry force les yeux du sorcier à rester ouverts alors qu'il se met à aspirer son aura magique, lentement. Harry veut rendre son agonie encore plus palpable. Il veut qu'il souffre au moins dix fois plus que ses pauvres victimes. Et il ne craint pas de le vider de ses pouvoirs pour y arriver. Que deviendrait Goyle s'il était privé de sa source de pouvoirs la plus intime juste avant de mourir ?

Avant que Harry ne puisse accomplir cet objectif macabre, deux mains blanches se posent sur ses pommettes. Deux orbites d'un argent placide le fixent sans aucune retenue, sans peur et la voix enrouée et grave de Draco parvient jusqu'à ses oreilles.

« Il n'y a que moi qui ai le droit le tuer Potter. Je t'interdis de faire plus ».

Un grondement sourd s'échappe de sa gorge à moins que ce ne soit le suintement de sa compagne qui s'est mise à courir sur sa cuisse. L'odeur du sang si palpable lui fait tourner la tête alors que l'aura, la présence de Draco atténue tous les stimuli autour. Le blond a l'air épuisé et pourtant, il ne semble pas avoir perdu son flegme caractéristique malgré toute la violence et la rage qui l'entourent. Harry peut sentir le souffle de Draco sur sa peau. Il peut presque sentir le goût salé des larmes que le blond continue de retenir tant bien que mal.

Le survivant veut ouvrir la bouche mais aucun son ne s'échappe de ses cordes vocales si ce n'est un râle crépitant. Sa magie envahit tout. Les pouvoirs de Harry vont finir par l'avaler tout entier ! La panique le prend à l'estomac à moins que les tourbillons qui ne se déchainent autour de lui soient responsables de son état.

Il veut s'éloigner de Draco mais ses mains fraiches restent sur son visage. Imperturbable, il murmure :

« Harry, je t'en prie calme toi ! Ils ne feront plus de mal à personne, je te le promets. Tu peux te libérer tout contre moi. C'est fini. ».


Harry a toujours pensé que le Destin s'est beaucoup trop attaché à lui. S'il ne lui avait pas fait le don de la Magie, sans doute aurait-il demander un plus gros retour sur investissement aux vues de toutes les galères qu'il a dues traverser depuis qu'il a poussé ses premiers cris. Harry a toujours pensé que les mots d'une âme-sœur seraient forcément quelque chose de banal et sans doute un peu niais. Quelque chose de simple mais tendre, sans fioriture ni aucun artifice. Après tout, existe-t-il des mots suffisamment précis pour décrire tout ce que l'on ressent ? Harry en doute. Il a toujours trouvé que la magie était plus puissante que les mots même si c'est une prophétie qui a scellé son propre destin. Mais les mots de Draco. Ses mots qui apparaissent mesquinement au-dessus de son avant-bras vierge pendant si longtemps. Ses mots le transpercent de toute part. Ses mots le bouleversent. Plus puissants que n'importe quelle caresse, ils marquent au fer rouge Harry. Son âme, son cœur et son corps. Le sorcier regarde Draco et le dévore.


Le plan que Draco a concocté avec sa mère était plutôt simple. Avec l'aide d'un obscur sort créé par un ancêtre Black, ils ont réussi à créer des copies conformes de leurs corps avec le sang en trop de la sorcière. Ayant fini par comprendre les allées et venues de leurs bourreaux, cela a été plutôt simple d'imaginer un plan d'évasion. Le problème fondamental de ce plan était la capacité ou non de Narcissa à pouvoir se déplacer aux vues de la faiblesse causée par son éloignement avec Stéphane. Sa mère n'était pas certaine de pouvoir supporter un transplanage.

Cependant, lorsque Draco a senti l'aura si caractéristique de Harry enlacer ses entrailles avec une force jamais égalée, il a compris que le sorcier a fini par les localiser. Le médicomage a donc mis son plan à exécution en espérant que l'équipe en charge de l'affaire arriverait assez rapidement pour s'occuper de sa mère et la conduire à son époux sans doute mal en point. Les premières attaques sans baguette qu'il a lancé à son geôlier discrètement ont fait verser plus de sang que ce qu'il avait prévu. Ce n'est pas sa faute si la majorité des sorts sans baguettes qu'il connaisse soit de vilains tours et sorts de magie noire à utiliser en cas d'autodéfense.

Comme l'a toujours dit son grand-père, mieux vaut prévenir que guérir surtout lorsqu'on est encerclé sans arme.

Draco a rapidement mis la main sur sa baguette après avoir délivré sa mère de ses chaines, puis un premier affrontement a eu lieu avec les suppôts sorciers de Goyle. L'aristocrate les a trouvés peu entrainés, assez incompétents, caractéristiques des individus qui n'ont pas vécu ou combattu durant la guerre. Pour lui, la situation avait un côté particulièrement ridicule.

Son affrontement avec Gregory a été plus difficile, plus sanglant, plus impactant pour sa propre santé et pour son corps. Draco n'a jamais autant voulu en découdre et détruire un adversaire de toute sa vie. A l'instant où des vampires allaient se jeter sur lui alors qu'il était en plein duel avec son ancien ami, une partie de la bâtisse a tout bonnement explosé.

Draco a compris que le ministère et les membres de son Coven étaient enfin arrivés. Il a ainsi pu se concentrer plus intensément sur Gregory jusqu'à finir par le terrasser, tant bien que mal. Il s'est alors demandé s'il devait achever définitivement le sorcier ou le rendre aux autorités compétentes. Il ne se l'est pas demandé par clémence. Non. Draco est trop mauvais, trop rancunier et blessé pour ça. Il s'est demandé ce qui ferait le plus de mal à Gregory Goyle : la mort ou la prison à vie après avoir été capturé par des sorciers et des créatures qu'il exècre ?

Lorsqu'il a enfin pu se relever malgré la douleur dans ses membres, Draco a vu Harry, penché sur le corps inerte de Gregory. Et cette vision l'a pétrifié.

Le médicomage s'est demandé s'il allait finir par l'achever lorsqu'il a vu une étrange fumée blanche s'échapper du corps de son ennemi. Puis, il n'a pensé qu'à une chose : arrêter le sorcier qui avait anéanti Voldemort sans même utiliser un Avada Kedavra.

La peau de Harry était étonnamment brûlante contre la sienne. Draco ne sait pas exactement comment il a réussi à traverser toute cette marée de pouvoirs bruts. Néanmoins, arrivé en face des yeux émeraude perdus du puissant sorcier en face de lui, il ne s'est jamais senti autant à sa place. Toute cette violence, cette rage, ce courage et cette peur se sont jetées sur lui sans aucun artifice dans une bourrasque étincelante et les mots sont sortis tout seuls. Terribles mots. Faible demande si fragile, si inavouable, si consternante. Draco ne sait pas pourquoi ses paroles ont traversé la barrière de son subconscient avisé. Tout ce qu'il a saisi, c'est le fait d'être englouti par une explosion de magie incontrôlable.


En ouvrant les yeux, Draco manque de hurler alors qu'il se rend compte qu'il chute dangereusement vers des vagues saccadées accompagné du corps de Harry et de son serpent sous lui. Alors qu'il s'apprête à jeter un sort pour amortir leur chute certaine, un miracle se produit. Des plumes vertes, rubis et noires recouvrent le héros de toute part tandis qu'un éclat s'échappe de son torse telle une supernova au bord de l'implosion.

Puis en un instant, un magnifique Quetzal géant a pris la place du corps du sorcier dans une métamorphose à couper le souffle. Le serpent à plumes se met à frôler les flots avant de s'élancer dans les airs dans un cri empli d'allégresse. Le sifflement endiablé d'Ananta accompagne ce chant de liberté alors que la créature enroule son corps neigeux autour du cou de l'oiseau auquel s'accroche maladroitement Draco. Le sorcier ne peut en croire ses yeux. Harry s'est transformé en oiseau, plus resplendissant que celui tatoué sur sa peau dorée et il l'entraine par-dessus la mer d'Irlande ! Le vent aux odeurs marines s'engouffre dans ses cheveux tandis que des poussières brillantes accompagnent le vol majestueux de l'animal enchanté.

Draco n'a jamais volé aussi vite, aussi loin, aussi haut, même pas sur un balai. Parfois, ils frôlent les nuages en une caresse prodigieuse avant d'aller à la poursuite des vagues indomptables. A d'autres moments, Harry tournoie et fait une carambole dangereuse sous le cri paniqué de Draco et le blond croit reconnaitre son regard moqueur et joueur sous les pupilles émeraude du volatile. Il tire alors avec agacement sur ses douces plumes et reçoit en échange un piaillement agacé qui le fait éclater de rire.

Draco ne s'est jamais senti aussi libre qu'en cet instant, enveloppé par l'aura engourdissante et ensorcelante de Harry à mille lieues de la terre ferme et du poids pesant de l'existence. Draco aimerait voler avec lui pour toujours et ne plus jamais fouler le sol. Il n'a aucune envie de rentrer et comme un enfant rêveur, il aimerait prolonger cet instant de félicité ou il peut se laisser dévorer par des pouvoirs plus puissants que les siens sans crainte.

Le paysage est tellement fascinant. Le monde que lui offre Harry et qui s'étale sous ses yeux n'a jamais semblé si beau dans cet éphémère clarté.

Draco se laisse porter dans un voyage qui aurait pu durer aussi bien une heure que toute une vie. Au bout d'un moment, ils finissent par apercevoir au loin une étendue sablonneuse sur laquelle git une sombre caverne. Le Quetzal se pose délicatement sur l'étendue blanche. Ananta est la première à glisser sur le sol humide, suivie de près par le pas mal assuré du médicomage.

Il se retourne et tombe sur l'observation scrutatrice du volatile qui n'est autre que le héros du monde sorcier.

« Tu ne peux jamais rien faire comme tout le monde, pas vrai Potter ? Qu'est-ce que c'est que cet endroit ? Ta petite cachette secrète ? Parce qu'elle est très mal aménagée si tu veux mon avis. On n'a même pas de quoi se poser ! » se plaint le blond un peu déphasé.

L'oiseau se met à piailler de mécontentement à sa remarque. Draco l'ignore ostensiblement alors qu'il tente de reprendre un peu ses esprits. Les événements se sont enchainés beaucoup trop rapidement et le sorcier a bien cru mourir à plusieurs reprises. L'air marin emplit ses poumons transportant dans sa course les effluves magiques de Harry. La sensation est délicieuse. Si douce que l'aristocrate ne se rend pas compte qu'il perd lui-même le contrôle de sa magie. Il a envie de répondre correctement à cet appel qui court autour de ses sens éveillés. La tête lui tourne :

« Quel sort est-ce que tu m'as jeté Harry ?! » se plaint-t-il avec une moue boudeuse alors que l'oiseau se met à roucouler en jouant avec Ananta.

Draco n'a pas eu cette sensation de trop plein de pouvoirs coulant dans ses veines depuis ses premières manifestations de magie, enfant. Ou depuis le jour où Harry a fui de la réunion avec le Conseil des vampires. Oh non, il ne doit pas penser à ça ! Avant qu'il ne puisse réfléchir, s'échappe de son être un efflux magique qui se transforme en un gigantesque pommier dans lequel est creusé à même l'écorce une porte en bois.

Ebahi, il faut au médicomage plusieurs minutes pour prendre conscience de sa création, avachi sur le sable blanc avec maladresse. Draco ne veut pas penser à ce que signifie cet abri creusé dans le tronc d'un pommier semblable à ceux habitant son jardin familial.

Il s'apprête à se plaindre auprès de son collègue mais est arrêté par sa silhouette à nouveau humaine abandonnée docilement sur le sable blanc. Ananta lèche tendrement son visage. Un halo diffus recouvre toujours le brun et ses cheveux ont perdu toute idée de discipline mais il a bien retrouvé sa forme humaine.

Le cœur de Draco se serre dans sa poitrine alors qu'il s'approche du corps alangui du sorcier frémissant à son contact. Draco est un sorcier. Il a toujours vécu entouré de magie. Contrairement aux nés-moldus, les phénomènes surnaturels n'ont jamais été une source d'envie, de peur ou de questionnements. La magie a toujours été aussi naturelle pour lui que l'existence de la mort. Mais c'est bien la première fois qu'une émotion pareille le saisit. Un sentiment d'émerveillement si puissant qu'il ne sait pas quoi faire de son cœur balloté par les flots.

Porter Harry jusqu'à la petite cabane est étonnamment simple. Le poser sur le lit créé par sa magie l'est plus encore. Alors qu'il s'apprête à quitter le sorcier pour s'installer sur un divan adjacent, Draco est retenu par la main tremblante du brun bercé entre rêve et réalité : « Ne me laisse pas…Serre-moi fort. ».

Et le sorcier endormi reçoit une réponse favorable à sa requête. Parce que comment pourrait-il en être autrement ? Comment Draco pourrait-il résister à la puissance et au cœur si grand qui lui sont offerts sur un plateau d'argent ? Comment pourrait-il ne pas se glisser sous les draps froids et sentir le corps chaud du Gryffondor contre le sien ? Comment pourrait-il ne pas chercher à oublier ses instants de captivité en se perdant dans son odeur ?

Draco est certain que personne n'aurait pu résister à un appel aussi enchanteur. Il se persuade que les battements effrénés du muscle qui boue dans sa poitrine ne sont pas synonyme d'amour. Ce n'est que du désir. Et qu'importe si ce désir semble brouiller sa raison plus que nécessaire et libérer en lui des marées de pouvoir insoupçonné. Draco n'a jamais pu être raisonnable lorsqu'il s'agit de Harry Potter.

Mais ce dont Draco n'a pas connaissance, c'est qu'une immense forêt de pommiers recouvre à présent les vastes plaines du Coven Rosier, apparue grâce à un charme dévastateur.