Drago ouvrit l'armoire à disparaître d'une main tremblante. Puis, il s'écarta, laissant sortir Bellatrix. Cette dernière referma la porte et la rouvrit plusieurs fois, laissant sortir des complices. Son époux Rodolphus ensuite, puis Rabastan. Il y eut deux autres Mangemorts que Harry ne connaissait pas, et enfin, Fenrir Greyback.

Harry se crispa, pensant à Rémus, prêt à se montrer pour empêcher le loup-garou d'aller plus loin. Cependant, Severus lui posa une main sur l'épaule, lui intiment de se calmer. Silencieux, ils virent Bellatrix rire et tournoyer quelques instants, avant de se diriger vers la porte de sortie.

Ils avaient ignoré Drago, figé près de l'immense armoire sombre. Severus les entraîna devant l'armoire. Il les regarda les uns après les autres, hésitant visiblement à mêler des enfants à cette histoire. Puis il soupira.
— Je passe devant. Laissez-moi quelques secondes avant de suivre.

Sans la moindre peur visible, Severus Rogue entra dans l'armoire et disparut.
Harry souffla doucement, se retenant de retenir Pansy alors qu'elle prenait place, suivant immédiatement Drago. Elle le fixa longuement puis lui sourit, juste avant que la porte ne se referme sur elle.
— Je t'aime Harry.
Il n'eut pas le temps de lui répondre qu'elle avait disparu.

Harry souffla, effrayé. Les mains tremblantes, il ouvrit la porte de l'armoire et y entra, sa gorge se serrant alors qu'il se retrouvait dans cet espace restreint, lui rappelant le placard de son enfance. Sauf que l'armoire était étouffante et oppressante.
Il lui fallut rassembler tout son courage pour refermer la porte sur lui, conscient qu'il se précipitait vers le danger.

La sensation ne ressemblait à rien au transplanage ou au voyage en cheminette. Encore moins au trajet par portoloin. Il ouvrit juste la porte sur un lieu totalement différent, sans avoir eu la sensation de voyager.

Il réprima un rire nerveux en sortant dans une pièce sombre et lugubre — parfaitement à l'image de Voldemort. Rogue attendait, droit, les bras derrière le dos, comme s'il était prêt à donner un cours. Pansy se jeta dans ses bras, alors que Drago regardait autour de lui, l'air hébété.
Harry nota les trois corps au sol et il refusa de demander s'ils étaient morts ou juste immobilisés. Il se rendit compte qu'il était prêt à tuer pour éviter qu'ils ne s'en prennent à Pansy.

Harry soupira et déposa un baiser tendre sur les lèvres de Pansy.
— Ne prends pas de risques, Pansy. Je ne veux pas qu'il t'arrive quoi que ce soit…
Elle sourit et le bouscula gentiment.
— Tu as intérêt à rester en vie.
Il rit et l'embrassa sans répondre avant de se dégager et de rejoindre le professeur Rogue. Ce dernier lui adressa un bref sourire indulgent.
— Vous êtes prêt, Monsieur Potter ?

Le jeune homme hocha la tête et croisa le regard onyx de son professeur.
— Soyez prudent vous aussi, professeur.
Une brève expression de surprise passa sur le visage de l'homme et il hocha la tête. Sans un mot de plus, ils avancèrent quittant la pièce qui contenait le double de l'armoire présente à Poudlard.

Avec une grimace, Rogue donna quelques informations.
— Il s'agit des sous-sols du repaire du Seigneur des Ténèbres. Visiblement, il n'a pas pensé que nous pourrions utiliser son passage pour venir le débusquer ici, et il a fait déplacer cette armoire depuis la boutique de Barjow et Beurk.

Harry laissa échapper un léger rire nerveux.
— Vous espériez que nous arriverions dans l'allée des Embrumes, n'est-ce pas ?

Rogue grogna et lui lança un regard en coin, sans relâcher sa vigilance, craignant qu'ils ne soient surpris.
— Vous saviez !
Harry hocha la tête en frottant sa cicatrice. Puis il haussa les épaules.
— Il était trop satisfait d'avoir un accès à Poudlard pour laisser ça dans une boutique… Même sous la garde de Mangemorts.

Rogue secoua la tête en marmonnant, et Harry entendit « idiot inconscient ». Il sourit malgré lui, parce que les choses ne changeaient pas.

Pansy ne quittait pas Harry des yeux, la main crispée sur sa baguette, priant de toutes ses forces pour qu'il ne soit pas blessé.
À ses côtés, Drago lui jetait des coups d'œil en coin, avant de se décider à prendre la parole.
— Tu lui as dit, alors ?

Pansy soupira, avant de hausser les épaules.
— Évidemment. Je ne veux pas le perdre. Je veux qu'il sache que je l'attends, que…

Drago secoua la tête.
— Je te dirais bien que c'est voué à l'échec, mais c'est ce foutu Potter et… il est fou de toi. Essaie juste de ne pas te faire tuer, parce que cet idiot serait bien capable de tout détruire.

*

Ils arrivèrent dans une grande salle sombre. Elle était vide de meubles à l'exception d'un fauteuil placé devant une cheminée qui flambait. Harry regarda les murs défraîchis, les lambris arrachés et le parquet en mauvais état. Visiblement, la maison était en ruines et personne ne s'était donné la peine d'entretenir les lieux.

En voyant l'immense serpent de Voldemort glisser vers eux, Harry écarquilla les yeux. Cependant, à l'instant où le reptile se jetait sur Severus pour le mordre, Harry poussa son professeur et il s'interposa, parlant Fourchelang sans même s'en rendre compte.
— Stop !

L'animal s'interrompit à quelques centimètres de Harry, et sortit sa langue fourchue, l'agitant devant son visage. Le jeune homme ne bougea pas, conscient que le serpent le reniflait de cette façon. Nagini sembla décider qu'il ne présentait pas un danger pour elle, puisqu'elle s'écarta comme à regret avant de glisser dans la pièce, jusqu'à l'immense cheminée. Elle s'enroula devant le feu, profitant de la chaleur, visiblement décidée à ne pas se mêler des histoires humaines. Elle n'attaquerait que si son maître le lui ordonnait…

Harry soupira et agrippa le poignet de son professeur, comme pour s'assurer qu'il était là, indemne. L'homme lui sourit sincèrement, l'air surpris d'être en vie et de ne pas avoir été blessé.

Harry savait qu'ils étaient seuls avec lui. Voldemort était dans le fauteuil, leur tournant le dos. Il n'y avait pas le moindre Mangemort et le moment face à face tant attendu — et redouté —, était arrivé.
Il soupira et lâcha son professeur avant d'avancer de quelques pas, jusqu'à être presque au milieu de la grande pièce, face au fauteuil qui abritait le monstre qui voulait le tuer. Il n'osa pas se retourner vers Pansy, préférant rester concentré sur son but, sachant qu'il n'avait pas le droit à l'échec…