Bonjour, lecteur.

Voici un chapitre 2 très court, mais qui narre l'histoire d'Onyx, c'est un bonus !

Petit disclaimer: l'histoire suit le court des films, le scénario ne connaît que des variantes mineures, et les dialogues sont majoritairement retranscris de le VF du film.

Rythme de publication: toutes les 2 semaines, les 15 et 30 du mois.

Bonne lecture,

Dream-E


La douce chaleur d'un feu me réveille tendrement de ses caresses, bercée par les restes d'un long sommeil. Je m'étire, un sourire aux lèvres, ouvre les yeux.

L'odeur du feu de bois se fait forte, et il fait encore sombre à l'extérieur. Je me rends soudain compte de la situation, des cris perçants retentissent dans toute la ville. Je saute de mon lit et regarde par la fenêtre. Du feu, le village est en feu ! Les villageois, ils courent, poursuivis par des bêtes affreuses ! Mon cœur ne fait qu'un bond, des Orcs ! J'enfile mon pantalon et une chemise, noue mes cheveux d'un lacet de cuir, empoignee mon épée d'argent, me rue à travers les escaliers du château. J'y croisedeux gardes, une immense flaque de sang sous leurs corps morts. J'étouffe un cri horrifié, me concentre sur les créatures à côté d'eux, deux Orcs. Dans un cri de rage, ma poigne se ressere, j'enfonce mon arme dans le dos du premier, et le jette à terre d'un coup de pied. Le second entaille mon ventre d'un coupde dague, j'ai à peine eu le temps de m'écarter. La colère me déconcentre, il faut que je me calme, comme à l'entraînement. Je parviens à retenir le coup qui suit de son épée, le dévie, déboussolé, il titube un peu, et j'abats mon épée contre son coup. La tête de l'orc s'écrase à mes pieds dans un bruit sourd. Je suis horrifiée par ce que je viens de faire, un entraînement reste sans danger, sans sang et sans mort, c'est la première fois que je suis confrontée à la mort.

Je dois y aller, des autres sont en danger. Il faut sauver ces pauvres gens. Je me dirige vers un groupe de villageois attroupés dans un coin, cernés par d'hideuses créatures. Je fonce dans le tas, mais il est déjà trop tard, la plupart des gens s'effondrent avec des hurlements déchirants.

- Bande de lâches ! je hurle de désespoir

Je ramasse un arc traînant à terre, plante une flèche entre les deux yeux d'un orc qui approche, scrute mon environnement. L'arme est froide, mais je m'y cramponne comme à ma vie. Je fais plus attention, une larme ruisselle sur ma joue, ce cuivre gravé d'aigles et d'oiseaux... C'est celui de ma mère ! Je regarde autour de moi, tremblante, retourne les corps. Ma mère est une guerrière de renom, elle ne peut avoir été déchue par ces monstres ! Mes jambes semblent être de coton, j'aperçois un bout d'étoffe ambrée tâchée de sang, reposant au-dessus d'un amas d'autres gens. Je tends le bras, tire sur la robe. Le visage tiré, les cheveux dorés noués, ce regard d'ambre qui autrefois pétillait, ces lèvres auburn tant exaspérées par mon manque d'assiduité en danse… Je tombe à genoux, secoue ma mère. Je sais, je sais qu'elle ne reviendra pas… Son pendentif de cristal brille à mon contact, et je l'arrache en un sanglot, le fourre dans ma poche. Si même ma mère a cédé… Père, où est-il ? Où se trouve notre armée ? Il faut que je bouge, je dois retrouver les autres.

J'abandonne ma mère, attirée par les cris d'un nourrisson à quelques pas. Je cours, cherche l'origine des pleurs. Une maison en flammes, complètement détruite. Le cadavre d'une femme à moitié ensevelie sous les décombres serre encore dans ses bras un bébé emmitouflé d'un linge bleu. Ils n'ont pas pu fuir, ils ont été attaqués à même leur foyer... Je m'empresse d'enlacer l'enfant, le serre contre moi, en tentant de le bercer.

Combien d'Armi sont déjà morts ? Ces gens n'étaient pas des soldats, juste des civils ! Pourquoi s'en prendre à des innocents ? Dans mes entrailles, mes veines, je sens la colère m'infester. Je les tuerai, tous, jusqu'au dernier.

J'arpente les rues du royaume, à la recherche d'un quelconque signe de vie. Il n'y a que l'odeur putride des corps qui brûlent, les rauques, le rouge, la mort. J'ai la tête qui tourne, l'estomac retourné. Il faut que je garde la tête froide, c'est mon point faible, me dit toujours père.

J'entends au loin des bruits de métaux qui s'entrechoquent, des cris, j'aperçois le reflet brillant des armures d'argent, de cuivre et d'or. Ils sont complètement dépassés par la horde d'orcs. Je cherche le roi du regard, une lueur verte, quelque chose. Enfin, je le vois, les monstres tombent sous sa lame, mais jamais assez rapidement pour lui accorder du répit. Ils ne gagneront jamais cette bataille, malgré tous les pouvoirs de la terre, c'est impossible. Mon père est fin stratège, il ne mènerait jamais ses hommes à la mort sans raison.

Mon cœur se met à battre encore plus vite. Il le sait, il tente de ralentir ses ennemis pour laisser la chance au peuple de partir. Mais on nous a tendu un piège, il n'y a pas de survivants, sauf ce bébé. Le peuple des Armis est mort. Sauf nous six.

- Père ! Ai-je dit pour signaler ma présence.

- Ma fille ! Cours avec les autres ! Ta place n'est pas au combat aujourd'hui, pas ici ! Va avec ta mère !

Je dépose l'enfant derrière moi, m'avance un peu, munie de l'arc de ma mère, je me concentre, j'excelle là-dedans, une flèche après l'autre, les orcs s'effondrent, jusqu'à épuisement des flèches.

- Mère est morte ! Ils sont tous morts ! Ai-je déclaré.

Le roi m'a entendu, et alors que ma voix se brise, il pousse un cri de douleur et s'acharne sur ses ennemis. Je saisis mon épée et me joins au combat.

- Père ! Il faut partir ! Nous ne pouvons gagner ce combat, il nous faut fuir, trouver de l'aide auprès de nos amis…

Il n'écoute plus, trop affligé par la mort de sa femme. Il me pousse, tente de m'éloigner du combat. Je vois les derniers de nos soldats tomber, mon père se défend comme il peut, couvert de sang, ses ennemis n'ont autre choix que de périr. C'est le meilleur guerrier des Armi.

Je me remets sur pieds, surveille l'enfant d'un coup d'œil, reporte mon attention sur mon père. Un immense Orc pale s'avance devant lui en souriant. Il lui assène un coup dans le torse qui le fait valser contre le mur d'une maison. Je hurle de toutes mes forces, épée à la main, me jette à ses côtés. Mon père crache du sang et se relève, la colère dans les yeux. Je le fixe, tremblante, alors que l'armée d'orcs s'approche de nous.

- Ma petite Onyx, ma chérie. Les Nains. Le Roi sous la montagne, Thorin, tu te souviens de lui. Un jour viendra, et tu devras les aider. Le destin te réserve nombre d'épreuves, mais tu ne dois pas abandonner, tu m'entends ? Tu devras l'aider, promets-moi !

- Quoi ? Père ! Je ne comprends pas, je gémis. Je vous le promets !

- Prends-le ! Mon pendentif…

Le Roi arrache d'un coup sec la fine chaînette en argent, ça ne signifie qu'une chose... Il pose le médaillon à l'intérieur de ma main moite, la referme, emprisonnant son âme. Il me pousse, avec ses dernières forces. Un dernier regard empreint d'amour, il me dit de courir, fait face à l'orc.

Je fais plusieurs pas en arrière, je jette un coup d'œil au bébé, pleurant comme il ne m'a jamais été donné de l'entendre. Je retourne la tête et aperçoit le monstre décapiter mon père. Je respire frénétiquement, incapable de bouger, je jette un regard aux corps des derniers soldats. Je le hais. Je les hais tous.

- Père ! je hurle de toute ma voix.

Le regard du tueur se détourne sur moi, je saute à terre, m'empare de l'épée de mon père. Je me lève rapidement et tente de toucher l'Orc. Il m'adresse un sourire carnassier, je tente de lui asséner un coup, mais suis simplement rejetée en arrière. Il fait signe à ses troupes de rester en arrière, s'avance vers moi. Sa lame dégouline de sang, et je vois le corps de mon père, décapité.

L'orc sourit de plus belle, il n'est plus qu'à quelques pas de moi.

Le cœur qui bat, je sens la puissance traverse mon corps, je me rue sur le nourrisson, et tombe à genoux. Je laisse échapper un cri, et une vague de ténèbres vient recouvrir le royaume, nous plongeant, les orcs, le bébé et moi dans le noir complet.

C'est mon avantage, il faut que je coure. Je dois me contenir. Je dois partir. Je fais un bond en arrière, serre l'enfant contre moi, tout comme l'arc de ma mère et l'épée de mon père. Je cours à travers la forêt, puis, avec un dernier regard en arrière, j'aperçois mon village brûler, et notre race s'éteindre. Il ne reste plus que cet enfant et moi.

Je ne sais pendant combien de temps j'ai couru cette nuit-là, ni combien de larmes j'ai versé. Tout ce que je sais, c'est que j'ai finalement trouvé refuge à l'intérieur d'une grotte. Tout ce que je sais, c'est que je dois survivre.

Mes yeux s'ouvrent brusquement, j'ai fait un cauchemar, le drame de ce jour-là. J'étais trop jeune, je n'avais que 20 ans, j'étais déjà douée pour le combat, mais je ne savais rien de la réalité, de la noirceur du monde. Je n'aspirais à rien d'autre que le bonheur des villageois, à courir avec les oiseaux, ou même à désespérer ma mère par mon manque de discipline à l'étiquette. J'aimais cependant apprendre les langues, c'était mieux que rien. Le royaume était amusé par mes bêtises… Je me souviens vaguement de visages, de couleurs, je peux encore voir de riches banquets, des êtres de toutes races venant rendre honneur à mon père. Je me souviens de l'amusement de mes parents, à refuser les diverses et variées demandes de mariage, le désarroi des invités, et le soulagement du jeune prince peu heureux de voir son avenir décidé par leurs parents. La vie était bien différente en ces temps.

Me voilà, la dernière d'un peuple oublié, un siècle plus tard à errer dans la Terre du Milieu. J'ai trouvé refuge chez les elfes, j'y ai passé un certain nombre d'années, à étudier toutes les choses que ma famille n'a jamais pu m'apprendre, j'ai perfectionné mes talents de guerrière, puis je suis partie. Le poids sur mes épaules était trop lourd, là-bas, j'étais la princesse. Ici, dehors, je ne suis personne, et je pouvais oublier. Je sais que tous espèrent me voir faire la cérémonie de couronnement, me voir devenir reine. Quel est le but, d'être la reine d'un royaume fantôme ? Je ne suis pas mon père, ma mère, ou les monarques avant eux, je ne suis pas digne de leur couronne. J'ai failli, et je resterai rôdeuse, jusqu'à ma mort.

L'enfant que j'ai sauvé, par le plus grand des hasards, était une petite elfe. Elle a grandi avec son peuple, à l'abri de ce monde que j'ai choisi d'embrasser.

Je ferme les yeux durant quelques minutes et touche mon pendentif en cristal, je suis la dernière, mais ils ne sont pas près de m'avoir.