Bonjour, lecteur.
Je l'admets, j'étais impatiente de poster ce chapitre, ces 3 derniers jours n'ont pas semblé passer. Mais nous y voici, et vous aurez donc le plaisir, je l'espère, d'assister à la rencontre d'Onyx et de noter compagnie préférée de nains !
Petit disclaimer: l'histoire suit le court des films, le scénario ne connaît que des variantes mineures, et les dialogues sont majoritairement retranscris de le VF du film.
Rythme de publication: toutes les 2 semaines, les 15 et 30 du mois.
Bonne lecture,
Dream-E
La dernière chaleur du soleil sur la peau, je me balade tranquillement sur les chemins de terre du village Hobbit, teinté d'une jolie couleur orangée, le coucher de soleil pour compagnon. Les gens sont simples ici, et je peux me promener librement, sans capuchon.
Je ne suis pas sensée rester, mais j'admets être tombée sous le charme de la Comté. Il y règne une ambiance chaleureuse, même si les Hobbits n'aiment pas les étrangers. Je jette un coup d'œil vers le ciel, décide de continuer ma marche, jusqu'à trouver une petite prairie, et un arbre où me reposer. Je m'éloigne du centre du village, remonte vers la forêt, aperçois finalement un carré d'herbe. La journée a été splendide, je ne risque pas la pluie.
Sur cette brillante pensée, bien sûr, un sceau d'eau s'abat sur ma tête. Il pleut.
Depuis que j'ai quitté une certaine auberge, il y a quelques mois, la chance ne cesse de me fuir. Je soupire, continue mon chemin, le pas bougon, je me dirige vers un petit quartier, j'aperçois une chaumière encore allumée. Je soupire de soulagement et m'y rue, je remets mon capuchon, frappe trois coups. Quelque chose me titille, une rune est tracée sur la porte, et au vu de sa lueur bleue, je crains que cela soit magique. Qu'importe, je peux toujours fuir si je m'en vois obligée.
Contre toute attente, la porte s'ouvre sur un nain. Blond, les yeux rieurs, il me détaille de la tête aux pieds.
- Bonsoir ! Fait-il.
- Excusez-moi de vous dérangerez, mais auriez-vous l'obligeance de me loger pour cette nuit ? Je suis…Un voyageur.
- Oh et bien… Mon petit vous n'avez pas l'air méchant ! Je ne suis pas le maître de cette maison, mais vous pouvez y rester. Appelez-moi Fili !
- Je vous remercie grandement.
D'accord, tout à fait normal, je viens donc d'être invitée dans la maison de quelqu'un, par quelqu'un lui-même invité.
A peine entrée, un autre Nain s'approche de moi.
- Je suis Dori, sourit-il. Une tasse de camomille ?
Est-ce que j'ai fumé quelque chose ? On dit que l'herbe des Hobbit est quelque chose, mais je ne me souviens pas avoir emprunté la pipe de qui que ce soit. Je rêve, rien de tout ceci n'a un sens.
- Non merci. Où puis-je m'installer ? je demande expressément à « Fili ».
- Oh et bien… Attendez, je vais vous présenter à tout le monde. Et les gars ! Regardez qui voilà !
Pitié, je voulais juste un toit pour la nuit, mon truc c'est d'éviter l'attention, pas d'en être le centre.
Je pénètre à l'intérieur de la petite maison du Hobbit et y trouve une assemblée de nains, bien sûr, quoi de plus commun, basique. Tout le monde se retourne pour m'examiner. Je m'apprêtais à avancer vers eux lorsque qu'une silhouette me barre le passage.
- C'est pas vrai ! je lâche
Là c'est pour m'achever ! De tous les endroits, de toutes les maisons… Gandalf.
- Qu'avez-vous donc mon cher ami ? Je me nomme Gandalf, et vous vous trouvez, et bien… En présence d'une assemblée de nains.
Vraiment, quelle coïncidence ! Je n'aurais pas pu frapper à une autre porte. Je peux faire demi-tour, faire comme si rien- Non, bien sûr, le nain qui m'a accueilli se tient entre moi et la porte. Je fais de mon mieux pour prendre ma meilleure voix d'homme, évite à tout prix le regard du magicien, déjà bien avancé par la boisson.
- Enchanté, je suis- un voyageur, on me nomme- Maar- le petit ! Maar, le petit, c'est ça…
J'ai envie de disparaître. De tous les noms, j'ai choisi celui de mon grand-père, un putain de roi des Armi, et j'ai dit ça à un Istari, qui a connu ce fameux roi ! A ma plus grande joie, les nains reprennent rapidement le fil de leur soirée, et j'en profite pour m'éclipser. Je trouve une pièce vide, où trône simplement un lit, assez ancien, et une petite commode. Je suis couverte de boue, je rêve d'un bain chaud depuis des mois.
Je me contente d'enlever mon mantel, ma surcote de cuir, mes bottes, et m'allonge sur le petit lit, en boule.
Je cherche le sommeil, mais tout comme la chance, il semble me fuir. Il faut dire qu'une assemblée de nains en plein festin, c'est plutôt bruyant. Le pauvre Hobbit ne devait certainement pas s'attendre à ça, c'est un univers bien différent du sien.
Je me souviens… nous avions participé à plusieurs banquets, à l'époque. Les nains ne sont pas du genre à accueillir les étrangers chez eux, surtout un peuple lié avec les elfes, comme nous l'étions. Je ne me rappelle pas de mes premières visites, ni même de l'endroit où nous nous étions rendus, je me souviens juste des rires, des chants. Je m'amusais toujours lors de nos voyages, mais chez les nains, c'est une ambiance très différente. La première fois que j'avais rencontré d'autres enfants… C'était quelque chose. C'était aussi un privilège, beaucoup de peuples, et particulièrement les Hommes, ont de farfelues superstitions. Les nains sont taillés dans la pierre, naissent dans des choux, ou qu'ils proviennent de diamants chauffés.
J'esquisse un sourire, jette un coup d'œil par la fenêtre. C'est une nuit étoilée, et elle est sans conteste, le début de grandes choses.
Mon père m'a fait promettre d'aider ce prince nain. Il m'a aussi parlé de mon destin. Mon père, à la manière du seigneur Elrond, était doté d'un don de voyance. Les Armi ont la particularité d'être intuitifs, parfois nous savons, tout simplement. Le Roi Nornar, lors de ses méditation avec les ancêtres, pouvait entrevoir l'avenir. Il a donc vu mon futur, mais pas celui de notre peuple.
Parfois, je me demande si mon destin, ce n'était pas ça. Je me demande si nous aurions pu l'éviter, ou si c'était depuis le départ un cruel plan des Valars.
Je me relève, m'appuie contre le mur, attrape ma besace, commence à éparpiller mes affaires sur le lit. Je sors mon corsage de rechange, une chemise et mes braies foncés.
J'ouvre doucement la porte, jette un coup d'œil à l'extérieur, personne. Je m'avance dans le hall, essaie de percevoir les voix. Les nains ont l'air de se disputer, les voix fuses, et je pense percevoir certains jurons, en khuzdul. C'est, selon moi, la meilleure langue pour insulter les gueux. Il faut dire que la langue commune en est assez riche, mais le nanien, c'est quelque chose.
Je sursaute, me planque derrière un mur. Ca aussi, c'était du khuzdul, et il n'est pas content. Je l'aperçois de dos, à nouveau. Je ne sais pas quand il est arrivé, mais je pourrais le reconnaître entre mille.
Se souvient-il seulement de moi, de mon peuple ? Mon destin a été scellé au sien il y a de ça cent ans, et jamais je n'ai oublié son nom. Suis-je seulement capable de l'assister dans sa quête ? Comment pourrais-je vraiment faire la différence, moi, lorsque j'ai été incapable d'aider mon propre peuple ?
Nous avions une alliance. Si seulement nous n'avions pas été attaqués, nous aurions pu les aider, nous aurions combattu le dragon ensemble. Les choses auraient été bien différente si nous avions repoussé l'attaque des orcs. Quoi que je fasse, je ne pourrai jamais changer ce fait, le passé et la souffrance qui en découle.
Je m'éloigne, me faufile dans le trou du Hobbit à la manière d'un chat. Je pousse une porte, laisse échapper un soupir. La salle d'eau apparaît devant mes yeux, un petit bassin, rien que pour moi, et de l'eau chaude. J'allume le feu sous le réservoir d'eau d'une petite formule, cherche une serviette, assez grande pour me couvrir. Je ferme la porte du verrou, le plus silencieusement possible, enlève ma chemise usée, me défais du corsage, et finalement du chemisier qui couvre ma peau nue. Je remplis une petite bassine, commence à frotter les linges, pour désincruster la crasse et la sueur, parfois une tâche de sang. Finalement, je fais couler l'eau dans le bain, m'immerge en entier, retiens mon souffle, profite du calme.
Il est temps, pas vrai ? Je dois confronter mon passé. Je dois me joindre à cette assemblée. Je n'ai pas pu sauver les Armis, mais je dois faire tout ce que je peux pour aider ces gens à retrouver leur royaume, même si je dois finir dans les flammes des enfers.
Je sors ma tête de l'eau, entends un chant des nain résonner dans la maison, plongée dans un calme religieux. Je laisse reposer ma tête contre le bois, me laisse bercer, ferme les yeux un instant.
Je relève soudainement le menton, regarde autour de moi. Les nains ont cessé de chanter, et il n'y a plus un bruit. Merde, je crois que je me suis endormie. Je me hâte de sortir de l'eau, plutôt froide, m'enroule dans une serviette, tente d'éponger mon horrible masse de cheveux. Mes vêtements doivent sécher, je les récupérerai plus tard.
Je déverrouille la porte, passe la tête dans l'embrasure, entends de légers rire, et conversation basses.
Je soupire, soulagée, m'extirpe de la pièce, rejoins ma chambre auto-proclamée à pas de loup. Je tourne la poignée le plus lentement possible, surveille les ombres mouvantes dans la pièce de vie, pénètre dans la chambre, pousse la porte avec autant d'attention. C'est bon. Je soupire de soulagement, me tourne vers le lit, enfile mes sous-vêtements, me glisse finalement sous les draps. Depuis quelques semaines, le sommeil semble finalement m'accueillir à bras ouverts.
- Plus un mot, Bilbon, laissez-moi passer !
Je suis réveillée en sursaut par la voix du magicien, et la porte qui s'ouvre en grand. Je me redresse, les yeux encore embués de sommeil. J'étouffe un bâillement, discerne un grognement rageur à côté de moi.
J'ai vraiment dû fumer de la bonne, je me retrouve là, complètement reconnaissable, avec ce foutu Gandalf qui entre comme une furie, et Thorin endormi sur le tapis de la chambre. Ouais, je crois que je vais retourner auprès de ce marchand, ça animera mes soirées en plein forêt. Je me recouche dans le lit, un sourire aux lèvres, ferme les yeux.
- Pas si vite, ma chère !
Je reçois un coup de bâton sur les jambes, me lève brusquement. Je vais l'exploser, s'il croit pouvoir venir me les briser pendant même mon sommeil je-
Oh non.
- Gandalf, dites-moi que je rêve, et que vous êtes tout autant agaçant dans mon esprit que vous l'êtes réellement.
- Je crains qu'il soit pire que ça, grogne le nain, qui se relève à son tour.
Ca y est. Je démissionne, j'arrête ça suffit, j'ai déjà tout donné. Le mage indique à Bilbon de sortir, ferme la porte à clé.
Je croise le regard de Thorin, et nous nous demandons tous deux ce qu'il est en train de se passer.
Je frotte mes yeux, me masse un peu le visage, pose mon regard à nouveau sur Gandalf, qui de tout évidence, semble préoccupé.
- Gandalf, puis-je vous demander ce qu'il vous prend ? Et puis-je également vous demander ce que vous faites ici, je me tourne vers Thorin.
- Mr Saquet a eu l'obligeance de m'offrir sa chambre d'amis, dans laquelle je vous ai trouvée, bien endormie.
Oh. Je vois. Oui, mais pour ma défense, j'étais là avant, et puis je n'ai pas souvent un lit, forcément il était là, j'ai sauté sur l'occasion.
Je me tourne vers Gandalf, qui nous fixe tour à tour. Je hoche la tête lentement, attends les paroles du vieux corbeau.
- Gandalf, reprend Thorin, cette fois concerné, que se passe-t-il ? Quelque chose est arrivé ?
- Non, Thorin, non, ne vous affolez pas. C'est plutôt ceci qui est arrivé. Il nous désigne tous les deux. Thorin, je vous présente-
- Non, non, je répète. Je n'ai pas la patience pour ça, pas maintenant. J'étais ravie de vous revoir, Gandalf, enchantée, majesté, mais je dois prendre la route.
Mon ventre se tord, j'ai le cœur qui bat. Qu'est-ce que je fais ici ? C'est trop dangereux, qu'est-ce qui m'a pris ? Jamais je ne peux me permettre une telle aise. Il faut que je parte, tout cela ne m'apportera rien d'autre que le malheur !
Je me hâte d'enfiler mon corsage, le serre d'un coup sec, noue les lacets, enfile ma chemise et mon bas comme l'éclair, je manque de m'étaler par terre en enfilant mes bottes, fourre tout à la va-vite dans mon sac, cherche mon capuchon du regard.
- Mon mantel, je dis, ma cape, les avez-vous vu ?
- Restez avec nous, O-
- Non. Je sors d'ici, et dites-moi où se trouve mon capuchon, j'en ai besoin. Vous savez très bien que je ne peux pas sortir comme ça, Gandalf.
Je fusille le mage du regard, il fait une moue, soupire et finalement me tend mon vêtement. Je l'enfile aussi tôt, pose ma main sur la poignée. Qu'est-ce que je fais ? Que dois-je faire ? Père, quel est le sens de votre promesse ? Qu'avez-vous vu ? Je ne sais pas quoi faire. Je ne sais pas… J'ai peur. J'ai peur de ce destin dont vous m'avez parlé, j'ai si peur d'échouer.
Je ferme les yeux, prends une inspiration, lâche la poignée, me retourne vers les deux hommes.
- Très bien, Gandalf. Je vais écouter ce dont vous souhaitez nous parler. Mais avant cela, je vous prie, tous les deux, d'accepter mon choix, d'être Maar. Je ne peux dévoiler mon identité, c'est un danger que je ne suis pas prête à encourir.
L'Istari hoche la tête, et je retourne jusqu'au lit, me laisse tomber dessus. Je sens le regard du prince peser sur moi. Il ne sait pas qui je suis. Il ne se souvient pas, bien sûr.
- Thorin, je vous présente donc Maar. Sa venue ici n'était pas prévue, mais est de toute utilité. C'est une guerrière aguerrie, et si vous n'êtes pas convaincu par l'utilité de Bilbon, vous ne pouvez nier ses capacités à elle, lui, se reprend-il. Elle doit rejoindre notre compagnie.
- Pardon ?
Thorin se lève d'un bond, secoue la tête. Il fulmine de rage. Gandalf n'avait donc rien prévu.
Je me lève à mon tour, soupire, et cette fois quitte la pièce pour de bon. Je file vers la salle de bain, récupère mes affaires, les range soigneusement dans mon sac, jette un dernier coup d'œil à la maison.
Je ne peux pas, je suis désolée Père, je ne peux pas.
Le visage couvert, je pousse la petite porte ronde du trou, sens un main m'agripper le bras. Je fais volteface, donne un coup au visage de mon adversaire, l'éloigne d'un violent coup de pieds dans l'estomac. Je m'apprête à insulter la personne, découvre le visage stupéfait de Gandalf, à quelques pas de là, posé sur un Thorin, la lèvre en sang, effondré sur le sol.
Fais chier.
Je me rue à ses côtés, m'excuse plusieurs fois, l'aide à se relever.
- Je suis désolée, je-
Je ne trouve pas mes mots. Que suis-je censé lui dire ? Que la raison de ma colère est ma propre lâcheté ?
- Je ne suis pas habituée à côtoyer des gens.
Je plonge un bout de tissus dans une carafe d'eau, posée sur une petite desserte, avance ma main vers le visage du nain, qui cette fois, me retient avec force.
- Laissez-moi réparer ça, je ne vais pas à nouveau vous attaquer.
- Comment suis-je censé le savoir ? Vous sortez de nulle part, vous mentez sur votre identité, et je devrais vous accepter dans ma compagnie.
- Je ne l'ai pas demandé, reportez voter colère envers Gandalf, il a le don pour appuyer là où ça fait mal.
Je tamponne doucement le visage de l'homme, essaie d'éponger le sang qui coule abondamment. Je prends le temps de détailler le visage du prince. Était-il déjà ainsi quand je l'ai rencontré la première fois ? Je ne me souviens pas de ces traits tirés. Sa barbe était nettement plus courte, et je crois qu'à l'époque, il était plus petit que moi. Maintenant, il me surplombe de quelques centimètres. Il faut dire qu'il est grand pour un nain, et moi, j'ai toujours été minuscule.
Je m'écarte finalement, esquisse un sourire, m'éloigne pour de bon.
- Attendez !
Cette fois, ce sont les voix de Gandalf et Thorin qui résonnent en même temps.
Ils le font exprès. Si ce n'est pas le cas, c'est une immense blague des Valars. Je leur lance un « quoi », empli d'agacement.
- Gandalf a raison, vous savez au moins frapper, c'est déjà mieux que le semi-homme. Vous nous accompagnerez, mais je ne vous accepte pas pour autant dans la compagnie, vous n'êtes qu'un mal nécessaire.
