Bonjour, lecteur.
Aux dernière nouvelles, Onyx avait globalement été relayée au rang de parasite par Thorin. C'est charmant, un vrai prince ! (vous l'avez ? Prince Charmant ? C'est pas drôle ? Ah)
En ce moment, je suis en pleine session d'examens. J'espère que tout va bien se passer. Merci de me lire, et n'hésitez pas à laisser une review.
Petit disclaimer: l'histoire suit le court des films, le scénario ne connaît que des variantes mineures, et les dialogues sont majoritairement retranscris de le VF du film.
Rythme de publication: toutes les 2 semaines, les 15 et 30 du mois.
Bonne lecture,
Dream-E
Le village s'est éveillé il y a peu, et les marchands s'activent déjà sortir leurs marchandises, d'énormes légumes, aux vieux livres de cuir.
Je m'arrête à l'échoppe d'un boulanger, attirée par une odeur sucrée qui fait gronder mon ventre. Je fixe une brioche, puis ma bourse. Et puis zut, c'est le moment ou jamais de dépenser mon argent, de toute façon cette va probablement me tuer.
Je m'empresse d'acheter la nourriture au marchand, m'assied sur un banc près de la place, mords à pleine bouche dans la brioche. Je souris, laisse échapper un « oui » de contentement. Les brioches au sucre, qu'y a-t-il de plus merveilleux ?
- Vous profitez, à ce que je vois, gronde un certain seigneur nain.
Je vais l'étriper, qu'est-ce que ça peut lui faire ? Je me lève, le laisse planté là, me dirige vers les étables, où Gandalf est déjà en grande discussion avec le propriétaire, un hobbit au visage long et aux yeux peu éclairés. Il semble réticent à nous céder ses animaux, mais avec un paiement gras, et l'échange de plusieurs peaux de lapin, il accepte finalement.
Gandalf s'éloigne, un cheval et plusieurs poneys à la main, un nain en réceptionne d'autres, et je désespère de voir un autre cheval. Où est mon cheval ?
- Gandalf, avez-vous pensé à demander un cheval pour moi, je m'inquiète auprès du magicien.
- N'ayez crainte ma chère, je vous ai pris un poney. Maintenant, veuillez amener ces quatre derniers à la maison de Bilbon.
- Vous plaisantez ?
J'ai à peine le temps d'ouvrir la bouche que je me retrouve avec quatre rênes dans les mains. Je pousse un soupir d'exaspération, me mets en route en faisant attention à ne perdre aucune bête. Hormis le fait que j'ai dû courir après le petit poney noir zébré, tout s'est bien passé, miracle ! Ces derniers temps, un éclair aurait pu s'abattre sur les pauvres bêtes, cela ne m'aurait pas étonnée.
Je salue le semi-homme de la tête, reste plantée là, avec les poneys dans les mains.
Après plusieurs minutes, je vois les nains s'approcher, fixer leurs affaires, chacun à leur tour, sur les poneys.
Gandalf s'approche de moi. Cette expression, ne me dit rien qui vaille, qu'est-ce qu'il a encore fait ? Qu'est-ce qu'il me veut ?
- Gandalf, je ne veux pas savoir, mais quel plan avez-vous donc encore imaginé ?
- Votre petit problème, avec Bilbon et Thorin est arrangé. Vous pouvez dormir tranquille, les autres n'en sauront rien !
Je le remercie, perplexe. Il est bien trop fier pour quelqu'un qui a juste convaincu des gens de ne pas parler. J'imagine que je découvrirai les sous-tendants de cette affaire plus tard…
Bon, maintenant c'est à mon tour de m'approprier un poney. Je balaie les bêtes des yeux. Oh non ! Par les Saintes Pierres, pas celui-là. Pourquoi celui-là ? Je jure tout en attachant mes affaires, et en gardant un œil sur le pauvre poney, qui ne semble pas d'humeur à partit à l'aventure.
- Qu'y-a-t-il mon ami ?
- Gandalf, ne vous y mettez pas. C'est ce poney, il m'a causé maintes misère sur le chemin pour arriver ici. J'ai bien peu que lui non plus ne soit pas prêt à partir pour ce qui nous attend.
Je donne une tape affectueuse à la bête, qui semble se détendre un peu, fait aller sa tête de haut en bas. Ah, on est câline, alors ? Je lui gratouille les oreilles, m'amuse de sa réaction.
- Voilà qui es amusant, saviez-vous qu'elle portait le nom d'Ambre ?
- Bien sûr, le nom de ma mère, parmi tout autre. Et vous me direz que vous ne l'avez pas fait exprès, peut-être ?
J'enfourche le poney, lui murmure quelques mots en elfique à l'oreille, peigne doucement sa crinière des doigts. En fin de compte, nous nous mettons en route. Le Hobbit ne viendra pas. Cela se comprend, il n'a rien à voir dans l'histoire, il n'est jamais sorti de cette belle Comté. Il est bien mieux ici.
Je chevauche en queue de file, collée d'un peu trop près par Gandalf.
- Crachez le morceau, je dis.
- Pourquoi vous cacher ? Pourquoi fuir à ce point votre nom, qui vous êtes ?
Je soupire. Bien sûr, il va me faire le même coup qu'à Thorin, reprendre mon trône, bla bla bla. Je ne suis pas Thorin et je ne serai pas si facilement convaincue.
- C'est du passé, Gandalf. La personne que vous voyez en moi a disparu il y a bien longtemps.
- Vous êtes le dernier membre de l'un des peuples les plus puissant qu'il m'ait été donné de voir en toutes ces années à veiller sur la Terre du Milieu ! Vous ne pouvez pas simplement abandonner cela.
- Vous ne savez pas. Avec tout le respect que j'ai pour vous, et malgré vos nombreuses années, vous n'avez pas idée de ce que c'était. Vous n'avez pas vu. Ce jour-là, les Valars ont regardé ailleurs. Nornar, la reine Emora, ma pauvre mère… Ce jour-là ils ont péri, et avec eux la princesse Onyx. Ce n'est pas ma place, le trône n'est pas pour moi. Sans eux, je suis capable de trop de choses, sans personne pour m'arrêter. Je ne suis pas celle que vous cherchez.
- Non-sens !
La voix de Gandalf a attiré les regards curieux de nains, et je baisse le visage, secoue le visage avec rage, mais mon interlocuteur n'en a pas fini.
- Vous fuyez ce que vous êtes, mais un jour viendra où cela vous rattrapera. Vous avez été promise à de grandes choses, le jour où vous êtes nés, le monde a changé. Votre destin-
- Quoi ?
Je relève la tête vers lui, la mâchoire crispée, le défie du regard.
- Quoi, Gandalf ? Qu'avez-vous à ajouter ? Je suis lasse de tous ces mythes, de toutes ces soi-disant destinées. C'est ma vie, et je compte bien l'écrire, moi-même. Depuis que je suis enfant, on m'a dicté qui j'étais, comment je devais me comporter, comment parler, comment je devais me sentir, quels amis je devais choisir, quels actes je devais accomplir. Je suis fatiguée que les autres pensent savoir ne serait-ce que le quart de ce que j'ai vécu, de qui je suis. Parce que c'est un fait, Gandalf, vous ne savez pas.
Je m'éloigne, dépasse plusieurs nains sans me retourner, cherche une place où m'insérer dans la file, loin du magicien.
Finalement, c'est près du blond que je me place. Lui, et un autre, plus jeune, se lance des regards avec toute la discrétion dont un nain est capable. Je fais mine de rien, observe les paysage défiler. Je les vois se faire des mouvements de tête, de mains. J'essaie de comprendre ce qu'ils disent, mais je ne suis pas certaines qu'ils se comprennent entre eux. L'un d'eux lâche un lourd soupir, et je me râcle la gorge. Les deux m'imite, et je ne peux m'empêcher de les regarder. Je pince les lèvres, une minute, et puis je pars en fou rire, bien vite rejointe par mes nouveaux compagnons.
- Vous deux, je lance, c'est quelque chose.
- C'est ce que notre mère nous disait souvent, en effet, s'amuse Fili.
- Vous êtes donc frère ?
- A ce qu'il parait, mais tout le monde sait qui est le plus beau des deux ! s'exclame l'autre.
Je hausse les sourcils, m'amuse de leurs piques. Cela fait longtemps que je n'ai pas partagé mon voyage avec d'autres. Cela me met du baume au cœur, l'air de rien, je suis heureuse d'être là. Nous échangeons plusieurs anecdotes, je ne peux m'empêcher de réagir aux diverses bêtises qu'ils ont faites, les frayeurs que leur mère a dû avoir…
- Kili, et Fili, donc… Votre pauvre mère n'a jamais eu le temps de s'embêter. Il faut dire que la mienne non plus. Parfois, je me dis que j'aurais dû l'écouter plus souvent, je souris avec nostalgie.
- Vous devez nous raconter, qu'avez-vous fait ?
- Bien trop ! je m'exclame d'un rire. Déjà, il y avait le cours de danse ! Je détestais celui-là plus que tous les autres, et à chaque fois, je m'enfuyais. J'allais voir les guerriers s'entraîner, je mémorisais leurs mouvements, essayais de les reproduire. Bien sûr, après un certain temps, elle l'a su.
- C'est pourtant une bonne chose pour un homme d'apprendre à se battre ! Pas besoin de danse pour impressionner les dames, elles sont bien plus fascinées par un homme fort !
- Qu'est-ce que tu en sais ? réplique Fili en donnant un coup de coude à son frère.
Je laisse échapper un rire, raconte encore plusieurs histoires de ma jeunesse, en passant par la soupe ruinée, ou le tailleur en pleurs.
- Qu'a dit votre mère, lorsque vous avez finalement quitté votre village ?
Je souris, cherche une réponse, hausse les épaules.
- Je suppose qu'elle m'aurait dit de faire attention, que je devais prendre soin de moi avant les autres, de ne pas oublier qui je suis… Quelque chose comme ça. J'ai perdu ma famille il y a longtemps. Donc, je ne fais qu'imaginer.
Un silence lourd s'abat sur nous. Bien sûr, ils me prennent pour un Homme, un jeune garçon. Ils ne savent pas que cela fait longtemps. Après plusieurs années, les souvenirs deviennent flous, et on oublie la douleur. Je les rassure comme je peux, leur offre un sourire sincère.
- Et vous, je demande, que vous a dit votre mère ?
- De rester en vie, d'écouter Thorin.
- Elle n'a pas beaucoup parlé à notre départ. Je crois qu'elle ne voulait pas nous faire de peine, m'explique Fili.
- Notre père est mort lors de la fuite d'Erebor, et nous trois partis pour une quête aussi périlleuse…
- Vous trois ? Il y a un autre frère parmi vous ?
- Ah, non, Fili se gratte la nuque, l'air gêné, il désigne Thorin du menton, notre mère a dû dire au revoir à ses deux fils, et à son frère.
- Puisse-t-elle tous vous retrouver, je murmure en resserrant la prise sur les rênes.
Je me perds dans la contemplation d'un parterre de violettes, une nuée de papillons volettent doucement. La vue m'emplis d'un sentiment de sérénité. La Comté est vraiment un endroit incroyable, un lieu d'harmonie et de paix. Les êtres vivants vivent sans se détruire.
J'entends un nain taper dans ses mains derrière nous, je me retourne, observe un barbe grise, tressée dans tous les sens.
- Bon, il est temps de se mettre d'accord ! Qui pense qu'il va venir ?
- Qui ça, « il » ?
- Le Hobbit, bien sûr !
J'attends la suite de la phrase, une boutade, quoi que ce soit, mais le nain semble très sérieux. Je laisse échapper un rire, hausse un sourcil.
- Un Hobbit ? S'engager dans une quête ? Vous ne devez pas avoir eu beaucoup affaire à eux.
- J'en conclu que vous pariez non ?
Je fais une moue, jette un coup d'œil à ma bourse. Le pauvre Hobbit… Viendra-t-il ? Connaissant Gandalf, je suis pratiquement certaine qu'il cédera, le bougre est bien trop relaxé pour que son plan soit tombé à l'eau.
- J'espère pour lui qu'il ne viendra pas, mais… Je crois que je vais m'abstenir de parier. Je pense que l'on sera tous surpris.
- Il ne viendra pas ! rugit un autre nain plus loin.
Les avis fusent, mais la plupart sont plutôt négatifs. Gandalf, bien sûr, est convaincu qu'il viendra. Kili a d'ailleurs parié une somme colossale avec son frère.
- Mon pauvre garçon, tu viens de faire une décision déplorable, je plaisante
- Maar, évite de me traiter comme si tu étais plus âgé que moi. Tu es un jeune garçon tout juste sortit du nid. Les nains vivent longtemps.
Je manque de m'étouffer. Sortie du nid ? Je me plie en deux, les larmes aux yeux. Je tente de respirer avec peine, tant je suis prise d'un fou-rire. Le jeune nain ne comprend pas la situation, par contre, je vous Gandalf, qui entre temps s'est rapproché, esquisser un sourire. Il me faut tout de même quelques minutes pour me rattraper. Cela faisait longtemps que je n'avais pas autant ri, et pour une telle bêtise, en plus.
Je ferme les yeux un instant, tente de profiter du moment, la bonne humeur, le rythme régulier des pas de mon poney. J'aimerais que cette quête se déroule ainsi sur toute sa durée.
- Notre petit Maar a finit de rire ? Tu as recouvré tes esprits ?
- Parce que maintenant je suis petit ?
- Il faut dire que pour un Homme…
- C'est plutôt un corps de fille, éclate de rire Kili.
- C'est ça, rigole pendant que tu le peux.
J'entends un ricanement derrière, me retourne pour fusiller le nain de regard. J'attrape une pomme, lui lance à la figure.
Je fais mine d'être fâchée, adresse un clin d'œil à Fili, avance encore un peu dans la file.
- Attendez !
Une voix résonne au loin. Je me retourne, prête à fuir ou attaquer. Ce n'est que le jeune Hobbit, qui porte un énorme sac de voyage sur le dos, un parchemin dans sa main gauche. Nous nous arrêtons, il nous rejoins, donne son document au vieux nain à barbe blanche. Celui-ci l'examine, un sourire illumine son visage.
- Et bien, tout me semble en ordre ! Bienvenue Mr Saquet, dans la compagnie de Thorin Ecu-De-Chêne !
Le Semi Homme sourit en expirant bruyamment, au grand rire de tout le monde. Bien sûr, Gandalf avait tout planifié.
Je porte mon attention sur Thorin, qui détaille avec intérêt le demi-homme. Que vois-je ? Serais-ce l'ombre d'un sourire ? Peut être pas, l'ours qu'il est recommence à grogner.
- Donnez-lui un poney !
Après un magnifique monologue, le Hobbit pousse un cri d'étonnement lorsque qu'il se fait empoigner par les frèress. Le voilà sur un cheval brun, et il ne semble vraiment pas à l'aise. Ce voyage va être compliqué…
Je m'approche de lui, un sourire sur le visage.
- Merci, je commence, de m'avoir hébergée hier soir. Je suis Maar.
- Bilbon, répond-il d'un franc sourire. Je suis désolé pour ce matin. Je ne savais pas qui vous étiez.
Je le rassure, lui donne une tape sur l'épaule.
- Allez Nori, il faut payer !
- Merci mon gars !
- Que se passe-t-il ? Demande Bilbon, un peu perdu.
- Ah, commence le Magicien, ennuyé, ils ont pariés sur les chances que vous viendriez ou pas. La majorité a parié que non.
- Et qu'en pensiez-vous, vous deux ?
- Je n'ai rien parié, je me défends. Bien que je sois familière avec les Hobbits, je ne vous connais pas personnellement !
Gandalf quant à lui, laisse échapper un bruit fier, avant d'attraper une bourse.
- Mon cher ami, je n'ai jamais douté de vous un seul instant !
Qu'est-ce que je disais… Gandalf est doué, un véritable manipulateur. Il a toujours le don d'arriver à ses fins.
Je soupire, m'écarte pour aller faire la connaissance d'un autre Nain.
- Attendez ! Arrêtez-vous ! Il faut faire demi-tour !
- Pourquoi donc ? Ai-je demandé, perplexe.
- J'ai oublié mon mouchoir !
Je claque la langue, observe Bilbon, perplexe. Un mouchoir… c'est un luxe dont nous devons sûrement nous passer.
Un certain Bifur vient de lui lancer un morceau de tissu, dont le Hobbit semble dégoûté... Ce qui fait rire tout le monde, encore une fois. Une quête n'est pas quelque chose pour les gens comme lui, je m'inquiète pour l'avenir.
- En route ! Ordonne Ecu-De-Chêne, visiblement agacé.
- Vous allez devoir vous passez de mouchoir et de bien d'autres choses Bilbon Saquet, jusqu'au terme de notre voyage. Vous avez toujours vécu entouré des douces collines et des petites rivières de la Compté, votre village est derrière vous désormais, le monde, devant.
Oui Gandalf, j'ai bien peur de cette quête. Pas seulement à cause des sacrifices routiniers, encore moins des Orcs et toutes les autres monstruosités que nous pourrions rencontrer, ce que je crains, c'est l'issue de notre route…
