Bonjour, lecteur.
Ce chapitre signe pour moi la fin des examens ! Je vais donc pouvoir reprendre la réécriture et l'écriture de cette histoire. J'ai hâte, j'espère que le chapitre vous plaira.
Désolée pour le retard, j'ai été embarquée dans des vacances familiales... Où je n'avais pas de wifi.
Petit disclaimer: l'histoire suit le court des films, le scénario ne connaît que des variantes mineures, et les dialogues sont majoritairement retranscris de le VF du film.
Rythme de publication: toutes les 2 semaines, les 15 et 30 du mois.
Bonne lecture,
Dream-E
Nous nous sommes arrêtés au bord d'une falaise pour la nuit, j'ai décidé d'installer mon camp sur un rocher, un peu plus en hauteur des nains. J'ai un meilleur angle de vue sur ce qui m'entoure, puis j'ai plus d'intimité, je ressens le besoin d'avoir un instant pour moi. La compagnie est adorable, mais je ne suis plus habituée à côtoyer des gens aussi longuement.
Quelques Nains se sont déjà endormis. Une douce brise me caresse la joue, j'inspire cet air pur, ferme les yeux. Il faut que je fasse le point. Je me suis embarquée pour un voyage menant tout droit sous les griffes d'un dragon, avec treize Nains, un mage hautement agaçant, et un Hobbit sans défenses. Tout va pour le mieux, en somme.
Je décide d'aller faire quelques pas, pour dire de me dégourdir les jambes. Ce n'est pas l'endroit paradisiaque, la plupart des végétaux sont à moitié morts, et la saison sonne la fin des fruits, qui commencent déjà à pourrir sur leurs branches.
Un léger bruissement, et mes yeux se posent sur un oiseau. Un grand oiseau aux plumes dorées, avec en dessous des ailes, une couleur. Je ne pourrai dire laquelle, tant qu'il ne se sera pas envolé, mais je le reconnaîtrais les yeux fermés. Il y a bien longtemps, ils peuplaient mon village. Ils sont presque tous morts en même temps que mon peuple. Ils étaient comme liés à nous, aux pierres et l'extinction de mon peuple a provoqué la leur. Je croyais qu'il n'y en avait plus, c'est la première fois que j'en croise un depuis ce jour.
J'avance vers le grand oiseau, comme autrefois, soudain, mon pendentif comme à briller, l'animal penche la tête, bats doucement des ailes, puis s'envole en un cri majestueux. Ai-je bien vu ?
Je tente de suivre la bête, trottine derrière lui, descends de ma colline, l'accompagne jusqu'au bout de la falaise, l'oiseau produit des gracieuses flammes noires, croasse une dernière fois. Il s'efface dans la nuit.
Je me tourne aussitôt vers Gandalf, qui m'adresse un simple hochement de la tête. Je n'ai donc pas rêvé.
- Vous courez après les oiseaux maintenant ? Grogne Thorin
- Ce n'est pas un simple oiseau, il est rare de les croiser depuis plusieurs décennies…
Sans un mot de plus, je m'approche du groupe, m'appuie contre une pierre à côté de l'Istari. Le Hobbit tressaille, très certainement effrayé par le cri d'une pie.
- Qu'est-ce que c'est ? Demande-t-il.
- Des Orcs. Répond Kili, sérieux.
Bilbon est alarmé, il jette un regard affolé au loin.
- Des égorgeurs, continue le blond.
Je soupire, essaie d'exprimer mon mécontentement. Je ne rirais pas de ça à leur place. De plus, je ne vois pas l'utilité de faire peur au Semi-Homme, ce monde est déjà bien assez étrange pour lui. Je fais demi-tour, m'assieds sur le bord de la falaise, près des poneys.
La petite Ambre se rapproche de moi, pose sa tête sur mon épaule.
Les frères continue leur histoire, sur un ton très sérieux.
Le pauvre Bilbon accourt regarder de l'autre côté, sous les rires. Je secoue la tête, pince les lèvres, essaie d'évacuer ma colère.
- Vous trouvez ça drôle ? Vous pensez qu'une attaque d'Orcs est une plaisanterie ? Gronde Thorin
- On ne pensait pas à mal… Tente de relativiser son neveu.
- Sauf pour le Hobbit, je murmure.
- Non ! Vous ne pensiez pas ! Vous ignorez tout du monde !
Sans même le vouloir, la vision de la horde me revient en mémoire, le sang, la tête de mon père… J'attrape une pierre, la jette dans le vide. Ma haine ne m'a plus jamais quittée depuis ce jour. Je pose mes doigts sur mon pendentif, le serre fort, comme si ça allait changer quoi que ce soit. Je lève les yeux vers le Prince, à quelques pas de moi.
Le plus vieux des nains intervient, il semble sérieux, commence son conte.
- Après que le dragon ait pris la Montagne Solitaire, le roi Thror tenta de reconquérir l'ancien royaume des Nains, la Moria. Mais notre ennemi était déjà dans la place, la Moria avait été prise par des légions d'Orcs, conduites par le plus ignoble de toute leur race : Azog le Profanateur. Le Grand Orc de Gundabad s'était juré d'éliminer la lignée de Durin. Il commença par décapiter le roi…
Tiens, ça doit être un passe-temps commun chez eux. J'ai un sentiment de déjà-vu.
- Thraïn, le père de Thorin, devint fou de chagrin. Etait-il prisonnier ou mort ? nous n'en savions rien. Nous étions sans chef, vaincus, et la mort nous guettait. Et c'est là, que je l'ai vu. Un jeune prince Nain affrontait L'Orc Pâle. Il se battait seul contre cet ennemi redoutable, sans arme et sans bouclier, il n'avait plus qu'une branche de chaîne pour se protéger. Azog comprit ce jour-là qu'il ne serait pas si aisé d'éliminer la lignée de Durin. Nos forces se rassemblèrent et repoussèrent les Orcs, notre ennemi avait été vaincu. Mais il n'y eu ni festin, ni chants ce jour-là. Nous étions accablés de chagrin devant la mort de tant des nôtres, nous étions peu à avoir survécu et je me suis dit alors, il y en a un que je pourrai suivre, il y en a un, que je pourrai appeler Roi !
J'échange un regard avec Thorin, partage sa peine pendant un instant. Celui-ci se tourne vers ses semblables.
Pour une fois, je suis certaine. C'était le choix à faire, de les accompagner. Il mérite de récupérer son royaume. Je l'aiderai, pour que plus jamais il n'aie à souffrir d'une telle tragédie.
- L'Orc Pâle, qu'est-il advenu de lui ? Demande Bilbon.
- Il a regagné furtivement le trou dont il était sorti. Cet être infâme est mort de ses blessures depuis longtemps ! Rugit le Prince.
Je me retourne, voit le regard sérieux que se jette les deux aînés de la compagnie. Qu'est-ce que cela signifie ?
Tout fait soudainement sens ! La nuit où j'ai rencontré Gandalf, les mercenaires m'ont dit qu'un orc voulait la tête de Thorin, c'était Azog le Profanateur. Pourquoi avoir gardé le secret ? Il a le droit de savoir que son ennemi est en vie.
- Tant qu'on est là à se raconter des histoires, n'en auriez-vous pas une à nous faire découvrir, Monsieur Gandalf ? demande Nori.
- Je dois avoir quelque chose… Oui, ce sera intéressant. Les plus vieux d'entre vous se rappelleront peut-être de ceux-ci.
- C'est pour toi, Balin, s'amuse Kili.
- Ce peuple avait pour nom les Armis. C'était le plus puissant des peuples, tous le respectaient. Même les seigneurs Efles s'inclinaient devant eux. Ils étaient les Gardiens de la Terre du Milieu. C'était la mission que leur avait confié les Valars, à la naissance du monde. Sages, leur avis était souvent demandé. Ils étaient peu nombreux, mais c'était un peuple de guerriers. Leurs pouvoirs s'étendaient sur divers domaines, mais le plus puissant était rare, et seuls certains membres possédaient le Pouvoir des Pierres. Une des pierres sacrée choisissait un Armi à sa naissance, lui accordant un don.
Je saute sur mes pieds, fusille Gandalf du regard, ouvre la bouche. Non, il faut que je garde la tête froide. Ce n'est qu'un conte. J'aurais l'air suspecte si j'interviens. Je laisse ma colère s'échappe, me laisse aller contre un arbre.
- La famille royale le possédait toujours. Leur reine, Némila, possédait le pouvoir de l'ambre, et avait le don du soleil. Certaines pierres étaient très rares, parfois ayant un don redouté. Ainsi naquit la fille de Némila, et du roi Nornar. À sa naissance, beaucoup furent horrifiés, car elle était née sous l'onyx, la pierre des ténèbres. Une prophétie planait au-dessus de la princesse, il avait été dit qu'elle apporterait la noirceur et le chaos en Terre du Milieu. Cependant, la petite grandit, elle était aimée de tous, humble, gentille, courageuse. Elle avait le sang de guerrier dans les veines, au grand désarroi de sa mère…
- Oh que oui, je murmuré pour moi-même avec un sourire.
- Elle grandit à devenir la plus grande des guerrières Armi, certains pensaient qu'elle obtiendrait l'armure de platine, une légende même au sein de leur peuple. Cette princesse était la plus grande qu'ils eurent connu, un grand destin lui était promis. Il l'est toujours.
- Vous voulez dire qu'elle existe ? s'exclame Bifur, dans un regain d'énergie.
- Il y eu malheureusement ce jour, funeste. Ce fût la fin de leur peuple. Les Orcs attaquèrent le village en pleine nuit, malgré la force des Armis, ils étaient trop nombreux, les Orcs tuèrent chaque femme, enfant, soldat, tous, jusqu'au dernier. Depuis, le royaume est plongé dans le noir, et il a été oublié.
- Et la petite princesse ? Elle est morte ? Ils sont vraiment tous morts ?
- Onyx était très jeune, à cette époque elle devait avoir… une vingtaine d'années.
- Les années de ce peuple sont assez similaires aux nôtres, explique Balin, elle était aussi jeune que Thorin lorsque nous avons dû fuir Erebor. La différence, c'est que les détenteurs des pierres ne vieillissent plus, comme les elfes.
- Vous les avez vraiment connus, Balin ? Vous avez connu la princesse ?
Je tourne brusquement le visage vers le concerné, le cœur battant. L'ai-je déjà rencontré ? Peut-être, lors de notre soirée sous la montagne. Il devait être bien plus jeune. Mais si Thorin ne se souvient pas de moi, comment un simple guerrier le pourrait ? J'ai davantage passé de temps avec les membres de la famille royale.
- Thorin l'a rencontrée. Il y a de ça bien longtemps, bien avant votre naissance- il désigne les deux frères- Thror avait un lien étroit avec le roi Nornar. Ces gens étaient des êtres particuliers. Et oui, je pense avoir aperçu la princesse en ces temps.
- Mon oncle, vous vous souvenez ?
Je lève les yeux vers Thorin, partagée entre la peur et l'espoir. Mais il répond vaguement ne pas se souvenir, semble plongé dans ses pensées.
Je profite pour m'éclipser, grimpe à nouveau sur ma colline, m'allonge dans l'herbe, le cœur lourd.
Entendre parler de mon peuple et de tout ce qui un jour fût me fend le cœur. C'étaient des jours heureux. J'étais heureuse. J'en oubliais même la prophétie de l'onyx. J'ai toujours grandi aimée de tous, ils se fichaient bien de la pierre qui m'avait choisie. La légende n'était rien de plus qu'un mythe, personne de tout le peuple n'y croyait. J'étais bien la seule à m'en inquiéter.
Je prends mon pendentif en main. Caresse doucement la face du pouce. Il ne suffit pas d'en posséder un pour être un Armi. Le vrai pouvoir est enfui au fond de nous, c'est notre cœur, notre âme. Nous naissons et nous mourrons avec eux. La pierre d'un défunt est rendue à la terre. Ce que l'on a pris aux Forces doit être rendu, ainsi renaîtra à chaque fois une nouvelle pierre…
Les rites funéraires de mon peuple sont complexes, c'est de la très vieille magieie. Je n'ai jamais été formée à ça. Aujourd'hui la plupart des pierres ont été perdues. Les âmes des Armi doivent passer de main en main entre brigands.
- Mes ancêtres, je murmure, le temps passe mais la douleur me prend toujours le cœur. J'ai failli à mon devoir, mais alors que je tente de tenir ma promesse, le doute m'envahît. Est-ce vraiment le bon choix ? Ne devrais-je pas continuer à chercher nos pairs à travers la Terre du Milieu ? Qu'aviez-vous prévu ?
Je soupire, observe les étoiles, bercée par le bruit des insectes dans la nuit.
De lourds pas font vibrer le sol, mais je ne prends pas la peine de me relever. Je me contente d'observer le nain, qui se tient à quelques pas de moi. Je serre la main autour de mon pendentif, le replace sous ma chemise.
- Vous connaissez toute l'histoire désormais. J'aimerais entendre la vôtre. Je ne peux tolérer un membre parasite dans cette compagnie, pas avec l'importance que ça a.
- Je ne sais pas quoi vous dire. Je veux vous aider, Thorin, mais je ne suis pas prête à vous en dévoiler davantage. Ce n'était pas mon but, vous savez ? Le hasard m'a amenée jusqu'à vous. Gandalf est persuadé que je vous serai utile, et je crois qu'il a raison. Alors si vous me le permettez, je vous accompagnerai jusqu'à la montagne.
- Pourquoi devrais-je vous faire confiance ? Qui êtes-vous ?
- Je ne sais pas pourquoi. Autant que je ne sais pas pourquoi je vous accorde aussi aveuglément ma confiance. Je suppose que nous devons nous en remettre aux plans de Gandalf.
Il acquiesce, se laisse aller contre un arbre, le regard perdu dans le vague. J'aimerais lui dire que tout se passera bien. J'aimerais apaiser sa peine. Il y a des maux que la magie ne peut guérir, et ceux-là en font partie.
- Vous retournerez à votre sœur, vous, Fili et Kili. Cette quête ne les emportera pas.
- Pouvez-vous seulement en être sûre ?
- Non, mais je l'espère de tout cœur.
Il se laisse finalement tomber au sol, appuie sa tête contre le chêne. Je me tourne sur le côté, lui fais face. Ce n'est plus le même homme fier qui grondait ses neveux quelques heures plus tôt. Il semble épuisé. Lui aussi, il doute.
J'ai peur. Mais nous devons continuer, quoi qu'il arrive, c'est notre devoir. Tant de choses reposent sur cette quête.
Je tends le bras, d'abord hésitante, pause la main sur sa jambe, la presse doucement. C'est tout ce que je peux faire pour l'apaiser maintenant. Je murmure quelques mots en Armi, me relève.
- Bonne nuit, Thorin.
