Bonsoiiiir
Ceci est ce que j'appelle un recueil-fic - des instants pris à la volée comme dans un vraie recueil, mais avec un fil rouge derrière - parce que ce crossover m'a TOTALEMENT échappé des mains ^^'
Il s'agit donc d'un crossover majoritairement orienté Harry Potter/The Witcher, avec un petit (gros) coucou du MCU selon les épisodes et potentiellement d'autres, je sais pas encore à quel point ça m'a échappé XD Je tiens à signaler que ma connaissance de The Witcher se fait majoritairement par la série & le film Netflix (et mes incursions de la Wikia), ainsi que le premier jeu.
Il est possible que le rating varie selon les chapitres, ça sera donc indiqué par principe de précaution
Ce chapitre est écrit pour un jeu du FoF, il fallait le rédiger sur un thème donné en une heure (bon, okay, j'étais tellement claquée samedi que si l'écriture a pris environ une heure, la relecture en a pris tout autant voire plus XD). Pour plus de précisions vous pouvez m'envoyer un mp !
Disclaimer : Rien ne m'appartient.
Nuit n°144
Thème 4 : Poitrine
Crossover : HP x The Witcher
Rating : T
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3# Le Tueur de Basilics
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Vesemir se demande encore pourquoi il a accepté la demande d'Edward. Il se demande même pourquoi le gamin s'est entêté pour le garder comme mentor alors qu'il n'a jamais rien fait dans ce sens. Il a plus ou moins traumatisé les gosses qui se sont entraînés avec lui pour que cette corvée ne lui soit plus refilée et Edward en faisait partie. Peut-être ne lui a-t-il pas fait assez peur, finalement. Ou alors, il a une faiblesse certaine pour lui parce qu'il s'agit du seul gamin à qui il a jamais dit de devenir Sorceleur et qu'il trouve son pouvoir de métamorphose aussi drôle qu'intriguant.
Ses doigts gantés viennent jouer avec le médaillon que lui a passé le jeune homme. Il a la vague impression qu'il est enchanté, mais Edward lui en aurait parlé dans ce cas, non ? Le Sorceleur l'ouvre une nouvelle fois, s'intéressant cette fois aux deux adultes peints en arrière-plan. La femme a de longs cheveux roux et des yeux bleus qui lui rappelle une petite fille qu'il se plaît pourtant bien depuis des années à oublier. Il secoue la tête en soupirant, avant de s'intéresser au père d'Edward.
Vesemir n'a pas vraiment une bonne opinion de lui, quoi qu'ait pu dire le jeune homme à son sujet. Il a abandonné et séparé ses enfants ; quand bien même Edward s'est construit des illusions pour rendre ces faits plus acceptables, l'adulte ne s'y laisse pas prendre. Enfin, il doute de le croiser un jour. Sans doute est-il décédé, depuis le temps, ce qui serait préférable pour Edward. C'est plus simple de suivre la Voie quand rien ni personne ne veut vous en détourner.
Il referme le médaillon puis le remet autour de son cou, songeant qu'Edward serait triste s'il le perdait. Le Sorceleur craint pourtant de ne pas retrouver en vie le moindre de ses frères et sœurs. Ils devaient être si jeunes ; les monstres et la vie rude ont clairement pu en faire leur dîner. Il aurait mieux fait de le tempérer et de le mettre en garde. Mais l'aurait-il même écouté ? Edward est plein de cette fougue de la jeunesse que même la mort ne pourrait faire trembler.
Vesemir se retrouve un peu dans ce gamin, arrivé à Kaer Morhen au début de l'hiver, couvert de neige, les yeux brillants de détermination et avec les cheveux d'un rose si intense que tous les Sorceleurs ont cru rêver. Mais la couleur que l'homme préfère voir sur son élève, c'est le bleu heureux, de la couleur du ciel au crépuscule. Une couleur qu'il ne sera pas autorisé à arborer hors des murs protecteurs de Kaer Morhen, pour son propre bien, et Vesemir espère qu'il respectera cette règle.
Il préfère ignorer la petite voix qui lui dit que le gamin fera tout le contraire dès qu'il le pourra par esprit de contradiction.
Vesemir arrête soudain son cheval, alors qu'au détour d'un renfort rocheux, au fond de la vallée qu'il est venu nettoyer, il s'aperçoit que le nid de Basilics qu'il est censé détruire est déjà vide de vie. Les cadavres des créatures sont éparpillés dans la neige tâchée de sang, la tête coupée mais le reste du corps intact s'il omet les blessures qui ont visiblement causé leur mort. Un autre Sorceleur aurait dépecé les monstres ; peut-être un imbécile en manque d'argent espérant gagner des sous ainsi ? Ce qui expliquerait pourquoi les têtes ont été coupées? Enfin, avec le venin de ces bestioles, Vesemir doute qu'il s'en serait sans doute pas sorti indemne. Vesemir devrait trouver un cadavre d'humain non loin, peut-être même d'elfe ou de nain.
Le Sorceleur s'avance parmi les cadavres, la bouche pincée. Il n'aime pas que quelqu'un lui retire le pain de sa bouche et c'est exactement l'impression qu'il a, actuellement. N'y a-t-il vraiment aucun autre métier que ce gêneur aurait pu faire, plutôt que voler le travail des gens comme lui ? Enfin, pas la peine de s'énerver. Quel qu'il soit, il n'a pas dû survivre longtemps à sa rencontre avec ce nid.
Des traces de sabot sont cependant imprimées dans la neige, par-dessus le sang qui a commencé à sécher. Vesemir songe un instant à dépecer d'abord les bêtes, puis à partir en chasse du cadavre, mais il préfère d'abord aller récupérer les têtes sur le corps du malheureux, avant qu'un voyageur potentiel ne les subtilise. Aussi suit-il les traces ; Vesemir commence à douter de la mort du chasseur de Basilics lorsque quelques minutes se transforment en une à deux heures à travers le ravin et que le jour fait place à la nuit, froide et humide.
Vesemir sait cependant qu'il s'approche de sa cible lorsqu'il aperçoit une lueur se reflétant sur les parois de roche. Il descend de sa monture, espérant que cette dernière ne fasse pas trop de bruits, alors qu'il s'approche à pas de loup de la source de la lumière. Il déboule sur une sorte de clairière entre deux pans de ravin, accolée à une rivière et par-delà, les plaines. Ils sont donc si proches de la fin du ravin ? Cela expliquerait pourquoi l'inconnu a planté son campement ici.
Un gigantesque Shire, sa bride enroulée autour d'un pieu au sol, relève la tête lorsque Vesemir s'approche. Il a l'air bien entretenu, peut-être même un peu trop pour quelqu'un qui n'a théoriquement pas les moyens. Pourtant, cela ne peut pas être un chasseur ou un chevalier venu récupérer du cuir précieux. Il ne comprend pas à qui il a à faire, sincèrement.
Le feu crépite au centre de la clairière, sans personne à l'horizon. Les têtes de Basilics sont juste à côté, avec une selle dénuée de tout ornement et deux sacs de voyage. Il n'y a que le gloussement de l'eau, le piétinement agacé du Shire et les murmures du feu pour briser le silence. Où est passée la personne derrière la création de ce camp ? Cela n'a pas pu surgir de nul part, tout de même !
Vesemir s'approche du Shire, attachant sa propre monture au piquet avant d'observer l'animal. Il est plus grand que lui et ses fanons blancs sont proprement coupés, soigneusement lavés, sans aucune trace de sang. Lentement, il lève sa main et le cheval vient poser sa tête contre, son chanfrein marqué de blanc. Un bel animal, dont les crins sont soigneusement tressés pour éviter qu'ils ne s'emmêlent dans des buissons ou des branches.
― Ton propriétaire te traite bien, hein, mon beau ? murmure le Sorceleur.
Il a déjà vu bête plus malheureuse. Il en serait presque impressionné. Le propriétaire a dû le nettoyer avant de s'occuper de lui-même. C'est même surprenant qu'aucun Basilic n'ait attaqué ce cheval pendant que son maître nettoyait le nid. Il est face à quelqu'un de plus dangereux encore qu'il ne l'imaginait au premier abord.
― Je me demande bien qui il est...
Un fil d'acier froid contre sa peau, soudainement. Le couteau sur sa gorge fait comprendre à Vesemir qu'il s'est laissé surprendre. Pourtant, il n'a rien entendu, pas même le moindre souffle. Son cheval n'a même pas bronché, ce sale traître. Un torse se colle au sien et son pouls s'emballe malgré son sang-froid de Sorceleur. Une sueur froide glisse le long de sa gorge et il reste comme figé sur place, incapable de bouger ses membres. Dans sa poitrine, une certitude enserre son cœur, comme une main gelée et inhumaine.
La Mort est dans son dos.
Jamais Vesemir ne s'est senti aussi vulnérable, autant en danger de mourir, pas même lors des épreuves qui ont forgé le Sorceleur qu'il est. Pourtant, la Mort est une vieille amie qu'il a côtoyé bien plus de fois que les gens du peuple ; il faut croire qu'elle sait mettre tout le monde à égalité.
― Hé bien, drôle de façon de saluer quelqu'un.
Bien évidemment qu'il fait le brave ; Vesemir est trop fier pour se mettre à supplier. Il suffit que ses membres se remettent à lui obéir, au lieu de rester dans une torpeur gelée. Il suffit seulement de si peu. Mais son corps se dérobe à sa volonté, comme si la chose derrière lui avait gelé son sang dans ses veines.
― Vous êtes entré dans mon campement comme chez vous.
Une simple assertion, d'une voix douce, presque amusée. C'est presque plus effrayant que de la colère pure et simple, car Vesemir n'arrive pas à deviner ce que pense son agresseur, ni quel sera son prochain geste. Un simple mouvement du poignet et Vesemir ne verra pas le prochain lever de soleil. Dire qu'il pensait mourir au combat, après de longues, très longues années en tant que Sorceleur. Son maître ne s'en remettra pas de le savoir tué ainsi.
― J'étais curieux de voir qui nettoie un nid de Basilics sans être Sorceleur et en restant en vie.
― Votre curiosité aurait pu vous tu…
La personne dans son dos s'interrompt brusquement et ce qui lui semble être un juron s'échappe de ses lèvres. Le froid dans les membres de Vesemir s'estompent soudain, lui rendant sa mobilité alors même que la lame sous sa gorge disparaît. La lumière du feu s'éteint brusquement et un bouclier scintille un bref instant dans l'air avant de se fondre dans l'obscurité.
Vesemir se retourne pour exiger une explication, mais une main se pose sur sa bouche. Dans la pénombre, il distingue une silhouette encapuchonnée, un doigt devant ses lèvres comme pour lui intimer le silence. Il n'y a pas de cals sur sa paume ; Vesemir a définitivement à faire avec un mage. Ce qui expliquerait comment son cheval s'en est sorti sans égratignure. Son propriétaire a dû le protéger avec un bouclier.
Des échos de cavalcade retentissent soudain, tout comme des bruits d'armure et de discussion. C'est avec stupeur que Vesemir voit passer la Chasse Sauvage dans un boucan d'enfer, le long du campement qui semble déserté depuis longtemps. Est-ce une coïncidence ou la personne qu'il a suivi jusqu'ici a eu un problème avec cette horde de fantômes ?
Sa question restera sans réponse, car Vesemir se réveille le lendemain matin, au même endroit vide de toute autre présence que la sienne, son cheval hennissant doucement à ses côtés et un médaillon manquant autour de son cou.
Si ce sale petit con pense qu'il peut lui prendre le souvenir de son élève sans qu'il ne le traque comme un monstre, il pense très, très mal.
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