Plop bonjour !
Nouveau chapitre, écrit en dehors de tout événement d'écriture !
Résumé du dernier chapitre : Après un accident où Lily a tué un de ses professeurs, elle a fui la Tour, pour finir embarquée par Luka, un Sorceleur, à cause du Droit de Surprise.
Disclaimer : Rien ne m'appartient.
Libre
Crossover : HP x The Witcher
Rating : T
Avertissements : /
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6# Jeu du chat et de la souris
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Harry ignore depuis combien de temps il n'a pas dormi. Une semaine ? Deux ? Sa condition de Faucheur lui permet de tenir, mais pour encore combien de temps ? Dire qu'il avait été si heureux de retrouver la piste de ses petits jusqu'à une seule et même Tour. Mais forcément que les choses ne pouvaient pas être si aisées. Il est un Potter, alors le Destin lui crache à la figure tous les quatre matins par pur plaisir sadique.
Lorsqu'il est arrivé, il a entendu les pensées des adultes présents. Deux de ses professeurs ont tenté de toucher sa petite Lily. Sa si belle et innocente petite Lily. Elle s'est défendue avec sa magie, mais l'un des deux a survécu et l'a fait passer pour folle auprès des autres, se proposant de la rattraper.
Harry n'a pas eu d'autres choix que de le traquer pour l'arrêter avant qu'il arrive à sa petite. Il n'a pas pris de repos depuis. Il n'arrivera rien de plus à Lily, il se le jure. Une fois qu'il aura éliminé le danger, il s'assurera de la retrouver et de ne plus jamais la quitter des yeux. Elle ne souffrira plus jamais, pas s'il peut l'en empêcher.
Il sait bien qu'un jour, elle volera de ses propres ailes et trouvera sa protection ennuyante, mais d'ici là, il veut seulement la voir rire et sourire, rien de plus.
― J'aurais dû me douter que tu serais impliqué, Mage.
Cette voix. Un frisson parcourt la colonne vertébrale de Harry, alors qu'il redresse la tête. Derrière le bouclier qu'il a érigé autour du camp, il reconnaît la silhouette de Vesemir et de son cheval. Ombre, attaché à un piquet, salue d'un hennissement son camarade chevalin et Harry bascule sa tête en arrière, fatigué d'avance.
― Vesemir. Que me vaut ce déplaisir ? Et dans quoi suis-je censé être impliqué ?
Le Faucheur ment. C'est loin d'être un déplaisir de voir le Sorceleur. Leur nuit ensemble le hante encore, comme un bon souvenir qui refuse de s'effacer. Il a si peu de bons souvenirs dans sa vie, en même temps, ce n'est pas si surprenant.
― Oh, quelqu'un qui s'est installé dans le village non loin m'a demandé de te tuer, rien que ça.
Harry aurait pu le prendre comme une menace, si le Sorceleur ne restait pas à distance, la lame bien à l'abri dans son fourreau. Un rire épuisé, presque nerveux, lui échappe alors qu'il passe une main dans ses cheveux. Il a une petite idée de qui a pu demander cela à Vesemir et à vrai dire, il est un poil troublé par le fait que l'homme n'ait pas sauté sur l'occasion pour se faire de l'argent.
Le Faucheur pressent qu'il n'a pas accepté, ou alors il ne serait pas en train de l'observer avec tranquillité. Il pourrait utiliser sa magie pour infiltrer ses pensées, mais il est plus réticent qu'avec les mages. Après tout, il ne considère pas le Sorceleur comme un ennemi, pas pour l'instant en tout cas.
― Et j'imagine que tu n'as pas accepté ?
― Les Sorceleurs ne se mêlent pas des histoires de Mages. Cependant, je suis curieux, c'est pourquoi je suis venu voir qui traquait ce type. Si je ne suis pas surpris de te voir dans les ennuis, ton comportement me surprend.
― Oh, pourquoi donc ?
― Allons, Harry, tu es tout sauf quelqu'un d'agressif. Tu ne m'as pas tué quand j'étais menaçant envers toi à plusieurs reprises. Pourtant, il paraît que tu poursuis ce type de la Tour depuis des semaines. Sans être très discret, par ailleurs.
― Pas l'but, grommelle Harry. Je voulais lui faire peur. Je voulais qu'il se sente chassé.
Un soupir. Le Faucheur voudrait bien que Vesemir lui fiche la paix, il n'a pas assez d'énergie pour le gérer. Au moins, de ce qu'il apprend de sa bouche, l'homme qu'il pourchasse semble s'être arrêté, sans doute pour se débarrasser de lui par n'importe quel moyen. Peut-être pourrait-il dormir ce soir, rien que ce soir, pour repartir d'un meilleur pied le lendemain matin.
Sa nuque commence à lui lancer, à force de la tordre pour observer le Sorceleur sur son cheval ; Harry désigne finalement la place à côté de lui, d'un léger mouvement de tête.
― Ramène ton cul près du feu si tu veux discuter, Mir, je suis pas d'humeur.
― Je le vois à ta tête de déterré, Harry. Alors, qu'est-ce qu'il t'a fait, lui ? Il t'a volé ta bourse ? Dérobé tes biscuits au miel ?
Harry tressaille à cette remarque, plissant les yeux et les lèvres, peu amusé. Vesemir hausse un sourcil alors qu'il descend de cheval, acceptant silencieusement sa proposition de s'installer autour du feu. Il peut voir un frisson parcourir violemment le Sorceleur lorsqu'il traverse son bouclier, amenant son cheval à côté d'Ombre pour attacher ses rênes sur le même piquet.
― Pourquoi des biscuits au miel ?
― La dernière fois qu'on a mangé ensemble, je n'ai même pas pu les goûter, tu avais fini l'assiette avant !
― Quoi, jaloux que mon dessert préféré soit des biscuits plutôt que toi ?
Harry se fige, alors que les mots passent ses lèvres sans qu'il n'arrive à les retenir. Il est trop fatigué pour mentir, trop fatigué pour filtrer ses propos. Vesemir éclate de rire, avant de venir s'asseoir à ses côtés, lui tapant dans le dos comme pour un vieil ami. Vieil ami qu'il n'est pas.
― Je ne m'attendais pas à tant d'avances de ta part, Harry, mon charme est-il donc si irrésistible ?
― Il ne m'empêchera pas de te faire taire d'un sort si tu dépasses les bornes, Sorceleur, siffle le Faucheur.
Vesemir cligne des yeux, inclinant la tête sur le côté, avant de l'ouvrir de nouveau malgré sa menace. Pourquoi est-il aussi têtu ? Il lui ressemble sur certains points et ça l'agace plus qu'il aimerait bien l'admettre.
― Je ne pensais pas que tu serais à ce point en colère. Qu'est-ce qu'il t'a fait pour que tu montres les crocs ?
― Je me fiche bien qu'on m'attaque, Vesemir. Mais cet homme, il a voulu abuser de ma petite fille. Elle a dix ans, Vesemir. Dix.
Sa voix se brise et Harry se recroqueville sous la culpabilité, mettant la tête sur ses genoux. S'il n'avait pas caché sa petite Lily, s'il ne l'avait pas séparé de ses frères, est-ce que ça serait arrivé ? Est-ce qu'elle aurait dû utiliser sa magie pour se défendre, tuant un homme et en blessant un autre ?
Elle est plus jeune que lui lorsqu'il a tué Quirell. Elle doit être si bouleversée, si seule. Tout ce que Harry sait, c'est que le Mage de la Tour a le moyen de la pister, alors la meilleure chose à faire pour l'instant, c'est de le suivre à la trace, de le rattraper et de lui extirper ses méthodes pour traquer Lily, avant de lui faire payer. Cher.
Harry est certain que Hel l'attendra avec joie pour torturer son âme lui-même. Personne ne touche à ses Faucheurs sans en payer le prix. Il a eu du mal à accepter sa protection inconditionnelle, à vrai dire. Pourtant, il sait maintenant qu'elle sera toujours là pour sa famille et lui s'ils en ont besoin. Peut-être même a-t-elle trouvé le moyen de faire plier le Destin pour aider Lily, qui sait ?
― J'ai bien fait de ne pas accepter son offre, alors. Je peux te dire où le dénicher.
― Pourquoi m'aiderais-tu, Vesemir ? Tu n'y gagnes rien.
― Une nuit avec toi ?
Le Sorceleur est hésitant et il y a un silence qui s'allonge au fil des secondes des minutes qui passent, le temps que Harry réalise qu'il veut remettre le couvert avec lui.
― … Tu es sérieux, là ?
― Ne te sens pas obligé de dire oui, je te donnerais quand même l'info.
Harry a du mal à comprendre. Pourquoi ? Leur nuit ensemble, c'était bien ce que Ron appelait un coup d'un soir, n'est-ce pas ? Et il n'a même pas dû être particulièrement bon. Certes, le sorcier ne regrette pas son choix et il serait disposé à retomber entre ses bras quand bien même il risque d'en souffrir plus tard, en d'autres circonstances. Mais il a autre chose à faire que batifoler avec le Sorceleur. Il doit trouver sa fille, une fois l'élément gênant éliminé.
Vesemir détourne le regard pour raviver le feu devant eux et le sorcier soupire, épuisé. Il commence à être à bout de force, il le sait. Soudain, des fragments de discussion lui reviennent et il observe son camarade du coin de l'œil. Les Sorceleurs sont des chasseurs de monstres, non ? Est-ce qu'il pourrait l'aider à pister le Mage ? Quel que soit le prix qu'il en demanderait, Harry l'accepterait sans hésiter.
― Tu auras toutes les nuits que tu voudras, si tu m'aides à lui mettre la main dessus. Pas seulement me donner sa localisation, cet oiseau de malheur se sera sans doute enfui d'ici là. Je m'occuperai de lui moi-même, mais il me semble que tu es un meilleur pisteur que moi, n'est-ce pas ?
― Sans vouloir me vanter…
― Mir, tu es en train de te vanter si tu commences comme ça, rit doucement Harry.
Vesemir lui donne un coup de coude dans le bras, amusé sans être vexé. Pourtant, son regard est plutôt sérieux lorsqu'il se retourne vers le feu. Les flammes dansent dans les yeux dorés et le sorcier trouve leur ballet hypnotique. Oh, le Sorceleur est bel homme, mais pire encore, il a définitivement une belle âme.
Harry sait que sa proposition de lui offrir ses nuits est tout aussi attrayante que dangereuse, mais il ne la regrette pas un instant. Dans le pire des cas, il a déjà tant souffert, un peu plus ne le brisera pas. Mais goûter quelques nuits au plaisir pour frôler des doigts un bonheur qui lui échappe à jamais est une opportunité trop précieuse pour qu'il la laisse lui échapper.
Il a toujours été stupide, alors un peu plus ou un peu moins, qu'est-ce que ça change ?
― Je peux le pister. Mais si vraiment tu veux me payer, tu me payeras en or, pas en nature.
― Pourquoi ? C'est un paiement comme un autre.
― Si je ne voulais que tirer mon coup, j'irais voir une catin ! s'agace Vesemir.
― Elle te coûterait plus cher que moi.
― Est-ce que tu t'entends parler, franchement ?
Harry lève les yeux au ciel sans répondre. Il n'arrive pas à comprendre Vesemir. Ce dernier le désire encore et pourtant refuse que le sexe soit une monnaie d'échange entre eux. Le Faucheur lui a bien dit que cela ne le dérangeait pas, non ? Ce n'est pas comme s'il n'était pas consentant, après tout. Même s'il ne désirait pas Vesemir, il n'aurait pas été répugné par l'idée. Après tout, il ferait n'importe quoi pour ses enfants.
Et puis, ce n'est pas comme si son corps était important à ses yeux. Ce n'est qu'une coquille, le récipient de son âme. Il n'a même plus vraiment l'impression qu'il s'agit du sien depuis sa renaissance. Il peut bien être une monnaie d'échange. La seule chose pour laquelle il s'inquiète, c'est pour son âme s'il s'attache stupidement au Sorceleur.
― Tu m'amuses tout autant que tu m'intrigues, Harry. Je n'ai guère envie que notre relation soit basée sur une dette. Ça finit toujours mal, ce genre d'histoire. Je te rends service parce que je le souhaite et non pas pour que tu me sois redevable d'une quelconque manière.
― Pourquoi ?
La question glisse des lèvres de Harry avant même qu'il ne songe à la retenir. Jamais personne - à part peut-être ses amis proches, Sirius, Remus et la famille Weasley - n'a cherché à l'approcher pour autre chose que la célébrité, l'argent ou le pouvoir. Il a toujours été un pion, que ce soit dans les plans de Dumbledore ou du Ministère de la Magie. Personne ne s'est gêné pour tenter de l'utiliser comme bon lui semblait.
Alors il ne comprend pas pourquoi Vesemir ne profite pas de lui.
Un cri - plus de surprise que de douleur - lui échappe lorsque le Sorceleur lui met une claque derrière la tête. Harry lui adresse un regard confus ; il ne suit absolument pas ce qui se passe dans la tête du mortel à cet instant, alors qu'il se tourne vers lui pour l'attraper par les épaules.
― Je t'apprécie, rentre-toi ça dans le crâne. Ça me suffit pour refuser de te blesser en te poussant à faire quelque chose que tu ne veux pas.
― Nous nous connaissons à peine, Vesemir.
― Oh, vraiment, tu veux jouer à ça ?
Vesemir se relève, un air à la fois sérieux et amusé sur son visage. Est-ce même seulement possible ? Harry soupire, épuisé par cette discussion qui ne mène nulle part. Il passe ses mains devant son visage, se demandant pourquoi le Sorceleur doit toujours être la source de maux de tête. Ne peut-il juste pas l'aider et prendre ce qu'il souhaite en échange, plutôt que de s'entêter ?
― Ton rythme cardiaque indique que tu n'es pas tout à fait humain, mais tu n'es pas vraiment un monstre. Pas dans le sens Sorceleur du terme. Tu es un Mage puissant, dangereux et pourtant particulièrement peu violent.
― Tu ne sais pas ce que je réserve au connard qui veut ma Lily.
― Et nous savons tous deux que tu as eu l'occasion et des raisons de me tuer. Au moins une fois dans le camp, l'autre fois que je suis rentré dans ta chambre. Donc, tant qu'on ne s'en prend pas à un de tes proches, tu ne mouftes pas. J'aurais pu te tuer dans cette baignoire et je suis même pas certain que tu aurais sourcillé. Je devrais peut-être rajouter aussi suicidaire aussi, dans la liste de tes qualités, qu'en penses-tu?
― Je ne crains pas la mort, Sorceleur.
― Oh, et bien nous sommes deux, dans ce cas, sauf que l'un de nous est pratiquement immortel et pas l'autre.
― Comment as-tu deviné ? hoquette Harry.
Un instant de silence. Ils s'observent, les flammes donnant d'irréelles lueurs orangées à leur corps et aux arbres autour du campement. Vesemir penche la tête sur le côté et Harry frémit lorsqu'il aperçoit la main du Sorceleur se poser sur un de ses couteaux, comme si de personne appréciée, il était soudain devenue une menace.
Il a l'impression d'avoir dit quelque chose qu'il aurait dû garder pour lui.
― Harry, c'est de moi dont je parlais. Donc à moins que tu ne sois un Sorceleur d'une autre école - ce qui expliquerait les Basilics, soit dit en passant - qu'est-ce que tu es ?
Et merde. Merde, merde, merde. Hel le tuera pour s'être fait repérer en moins de six mois. Harry n'a guère le choix maintenant. Soit il tue Vesemir et son secret est sauf, soit il le partage et sa Reine lui passera un savon dont il se souviendra toute l'éternité. Il frotte le symbole de Helheim sur son poignet, jusqu'à rougir et réchauffer sa peau, au point que la brûlure en soit douloureuse.
― C'est compliqué. Tu devrais te rasseoir et t'installer confortablement, je ne sais pas pour combien de temps j'en aurais.
Un rire fatigué lui échappe, un rire presque étranglé alors qu'il passe ses mains sur son visage. Peut-être devrait-il laisser Vesemir le tuer, en fin de compte. Cela lui éviterait de devoir raconter sa vie au Sorceleur, de voir sa pitié dans ses yeux. Harry ne veut pas de compassion. Son passé est derrière lui et il ne veut plus y penser. C'est tellement plus agréable de ne pas être le Survivant dans les yeux de ceux qu'il rencontre.
Le Faucheur refuse de perdre cela avec Vesemir, tout comme il sait qu'il n'arrivera pas à le tuer, même pour le faire taire.
― Tu n'es pas obligé de rentrer dans les détails. Je n'en ai pas besoin. Qu'est-ce que tu es ?
― Un Faucheur. Une petite main de la Reine des morts. J'aide les âmes à passer de l'autre côté, entre autre.
Harry voit exactement le moment où Vesemir passe de la suspicion à l'étonnement ; sa main relâche le manche de son couteau et il s'assoit de nouveau à ses côtés, des questions au bord des lèvres.
― Attends, attends. Il y a une Reine des morts ? Et tu travailles pour elle ?
― Qui a dit qu'il ne voulait pas de détails ?
Harry lâche un rire désabusé, presque lugubre, alors qu'il enfouit sa tête dans ses bras, la posant sur ses genoux. Il n'a pas envie de répondre aux interrogations de Vesemir. Pas ce soir. Puis il percute soudain sur la phrase qui l'a amené à se trahir et il se redresse brusquement, pour croiser le regard doré du Sorceleur.
― Tu es immortel.
― Pratiquement. Il n'y a encore jamais eu de Sorceleur mort dans son lit, rit Vesemir.
Harry réalise qu'il peut s'attacher à lui. Il peut s'attacher à Vesemir parce qu'il ne le verra pas disparaître en poussières sous le poids des ans. Cette fleur-là ne flétrira pas en même temps que toutes les autres. S'il avait su ça la dernière fois…
― Je me sens particulièrement stupide d'être parti comme un fantôme, murmure le sorcier pour lui-même.
― Harry. J'ai une ouïe plus fine que les humains, s'amuse Vesemir à ses côtés.
Un bref instant, le Faucheur se demande pourquoi il lui confie ça, avant de comprendre. Il rougit jusqu'à la pointe de ses oreilles et détourne les yeux, sous le rire du Sorceleur. Il veut mourir, à cet instant, pour que Hel le sauve de ce moment de gêne particulièrement atroce. Même le savon qu'elle lui passerait serait moins terrible en comparaison.
― Je ne sais pas si je dois trouver ta fuite terriblement agaçante ou adorable, lui chuchote le Sorceleur à l'oreille.
Le Faucheur gagne quelques teintes de plus de rouge supplémentaires et il adresse un regard noir à Vesemir, qui se contente d'un sourire en coin. Un frisson parcourt sa peau et il soupire, avant de tressaillir lorsque le Sorceleur se relève, se dirigeant vers son cheval pour récupérer ses affaires pour dormir.
― Tu devrais aussi te reposer, tu as une tête affreuse. La journée de demain sera longue pour nous deux.
Harry comprend la décision implicite derrière ces mots. Qu'il le veuille ou non, ils passeront la nuit ici, à dormir. Vesemir a-t-il pris cette décision en voyant ses cernes sous ses yeux ou a-t-il lui-même besoin de sommeil ? Enfin, s'il veut son aide, le sorcier doit bien se plier à sa demande. Il espère seulement qu'ils rattraperont le temps perdu à dormir.
― Tu ne veux pas poser plus de questions ? s'enquit-il.
― Ça attendra que tu retrouves ta fille, non ? Je sais l'essentiel. Tu ne comptes pas m'assassiner dans mon sommeil et tu n'es pas un danger que je dois éliminer. Je m'en satisfais.
Harry soupire, avant de se lever à son tour pour récupérer sa couverture et revenir près du feu. Vesemir s'est déjà installé et, un bref instant, il songe à s'allonger à ses côtés. Des souvenirs de leur dernière nuit remontent et il ne peut nier qu'il aimerait retrouver la sérénité de leur étreinte. C'était la première fois depuis longtemps qu'il dormait aussi bien, même s'il mourait plutôt que de l'avouer.
― Vesemir ?
― Hum ?
― Les nuits commencent à se rafraîchir et je dois admettre que ma couverture n'est pas très épaisse. Puis-je dormir à tes côtés ?
Il n'a même pas honte de son mensonge. Hors de question qu'il dise la vérité ou il pressent que le Sorceleur ne cessera pas de le taquiner à ce sujet pendant longtemps. D'ailleurs, sans doute n'est-il pas dupe, au sourire amusé qui flotte sur ses lèvres. Pourtant, il n'ajoute rien, se contentant de hocher la tête avant que Harry n'éteigne le feu.
Le Faucheur se glisse aux côtés de Vesemir, s'enroulant dans sa couverture avant d'enlever ses lunettes, de les replier et de les accrocher au col de son haut. Il tressaille cependant lorsqu'il sent le corps du Sorceleur se presser contre le sien et aussitôt, ce dernier recule, comme s'il ne voulait pas abuser de sa gentillesse. Harry ne sait pas s'il est agacé ou touché par ce comportement, mais en tout cas, il ne sait pas comment y réagir.
― Pardon, je ne voulais pas t'imposer…
― Mir, si tu crées encore un courant d'air, je te ferais regretter de m'avoir fait confiance.
Vesemir rit contre sa nuque, soulevant des mèches de cheveux et déclenchant un frisson dans sa colonne vertébrale, avant de l'enlacer doucement contre lui. Harry ne le repousse pas, fermant les yeux avec un sourire apaisé sur les lèvres.
― Au moins, cette fois, je ne vais pas me réveiller avec un lit froid et sans explications.
― Tu comptes m'en vouloir longtemps pour cette histoire ?
― Oh, une bonne éternité, sinon ce n'est pas drôle.
Harry est surpris par son propre rire qui résonne dans la clairière et il songe que c'est bien la première fois depuis longtemps que quelqu'un arrive à atténuer son anxiété constante à propos de ses enfants. Il sait Lily en danger, certes, mais il est rassuré à l'idée que Vesemir l'aide.
Il n'est plus seul et il doit bien avouer que cela lui avait manqué depuis Helheim.
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