Petit mot de l'auteure : ce texte a été écrit pour la nuit du FoF sur le thème Mucus.
pas de contexte précis
Il était à peine 9h30 lorsque Neal poussa son dix-huitième reniflement.
- Pitié, Caffrey, mais rentrez chez vous... soupira Jones, assis à côté de lui.
- C'est vrai que c'est insupportable, renchérit Diana. C'est impossible de se concentrer.
- Et si ce n'était qu'un rhume, cela passerait encore. Mais tu es rouge, tu as des larmes aux yeux et... oui, c'est bien ce que je pensais, tu es bouillant, exposa Peter après avoir posé sa main sur son front.
- Et le respect de l'intimité alors...
Dans son esprit, Neal avait assené cette phrase avec toute l'ironie dont il était habituellement capable. Mais à cause des symptômes précédemment exposés par Peter, sa phrase ressemblait plutôt à une longue litanie incompréhensible.
- Je vais bien, dit-il après avoir raffermit sa voix. Je ne suis jamais malade, ça ne va pas commencer aujourd'hui.
- C'est ça, et moi je suis la reine d'Angleterre, ironisa Diana. Aller, rentre chez toi, c'est un ordre.
- C'est moi qui donne les ordres ici, rappela Peter. Mais oui. Je suis d'accord. File d'ici au lieu de jouer au grand bébé qui boude.
Pour toute réponse, Neal se contenta de croiser les bras, signe évident qu'il refusait d'aller où que ce soit.
- Je vais commencer à craindre un mauvais coup à vouloir rester comme ça... soupira Jones.
- Mais oui, c'est évident ! Tu as prévu de voler quoi Caffrey ?
- Mais rien du tout ! Je ne suis pas malade, c'est tout !
Malheureusement pour lui, ce fut à cet instant que son nez choisit d'expulser un peu plus de mucus, le conduisant à se saisir d'un mouchoir sous l'œil amusés de ses collègues.
- Bon ça suffit, déclara Peter. Tu ne vas pas m'obéir, ce n'est pas grave, j'ai l'habitude. On va faire autrement.
- Comment ça ?
- Vous verrez, répondit le brun avec un sourire en coin.
Quinze minutes et vingt-sept reniflements plus tard, Elizabeth Burke remontait les couloirs des bureaux d'un pas décidé. Comatant sous l'effet de la fièvre, Neal ne se rendit compte de son arrivée que lorsqu'elle fut suffisamment près de lui pour agresser ses oreilles avec ses talons aiguilles. Il leva alors deux yeux interrogateurs et surpris sur la femme qui avait une moue agacée.
- Ca suffit les bêtises, tu viens avec moi.
- Mais...
- Pas de discussion.
Et en effet, il n'y eu pas plus de discussion puisque Neal suivit gentiment Elizabeth jusqu'à l'appartement des Burke. Il s'allongea sans grande résistance dans le canapé familial et s'endormit avant même que Elizabeth n'ait eu le temps de lui proposer une couverture.
Lorsqu'il se réveilla, Peter était sur le fauteuil en face de lui.
- Salut, dit-il au voleur encore émergeant. Je suis rentré manger ici pour voir comment ça allait.
- J'ai mal à la tête... murmura Neal d'une voix sèche.
- Ce n'est pas étonnant. À mon avis tu couves une grippe.
Le jeune homme poussa un soupir à fendre l'âme.
- Pourquoi tu ne veux pas admettre que tu es malade ? Ce n'est pas pour un vol, rassures moi ? Demanda Peter sur un ton à moitié sérieux.
- Non, ce n'est pas pour un vol, grommela Neal. C'est juste que... Après que mon père soit partis, ce n'était pas facile pour Helen et ma mère. Et dès que j'étais malade, elles devaient s'arrêter pour me garder et... et bien c'était encore moins facile pour elles. Donc j'ai tout fait pour ne plus être malade.
Comme à chaque fois qu'il évoquait l'abandon de son père et sa vie en tant que témoin protégé, les yeux de Neal étaient distant. Il fuyait son regard, espérant que Peter n'y voit pas la tristesse qu'il savait pourtant s'y trouver. L'agent se gratta l'oreille, ne sachant tout d'abord que répondre à cet aveu. Mais il se reprit rapidement.
- Et bien... tu n'as plus besoin de garder le contrôle, maintenant. Elizabeth et moi, on sera toujours là pour veiller sur toi. June aussi. Je suppose que Mozzie se débrouillerait aussi pour faire l'ange gardien. Ou le démon. Je... en fait évite Mozzie, je ne lui fait pas confiance pour garder quelqu'un. Il risque de te donner des médicaments douteux.
- C'est probable en effet, chuchota Neal avec un petit rire.
- Ouais. Mais voilà. Tu n'es pas tout seul. D'accord ?
Neal hocha la tête.
- Merci Peter.
- De rien. Et repose toi, maintenant.
Il n'en fallu pas plus pour convaincre le voleur de retourner dans les bras de Morphée.
