Petit mot de l'auteure : ce texte a été écrit pour la nuit du FoF sur le thème "Début"
pas de contexte précis
Au début, Diana avait du mal à supporter Caffrey.
Elle avait beaucoup de respect pour son patron, mais tout de même, engager le voleur qu'on avait traqué si longtemps, c'était un peu fort de café. Elle n'avait pas hésité à faire connaître son opinion à Peter qui, s'il avait écouté ses craintes avec impartialité, avait tout de même décidé d'aller contre son avis. Diana ne l'avait pas prit personnellement mais regrettait parfois la décision de Peter. Surtout lorsque Caffrey faisait ce qu'il faisait de mieux, à savoir son Caffrey.
Et on ne pouvait pas dire qu'elle appréciait le « Caffrey ». Ce n'était pas tant que Neal soit un criminel – enfin, pas seulement – mais c'était surtout son comportement qui l'irritait grandement.
Il ne ratait pas une occasion pour flirter avec tout ce qui bougeait et, si cela l'avait plutôt amusée de le voir être étonné devant son total manque de réaction, Diana n'avait pu que être agacée par cette drague sans fin. Il était objectivement mignon et le savait très bien, et n'avait aucun scrupule à tâcher de charmer ce qui pouvait l'être. C'était un premier point négatif.
Le second, peut-être le plus important, c'était la tendance qu'il avait de ne rien prendre au sérieux. Il tournait chaque affaire à l'ironie, jouait avec sa vie comme si rien n'avait d'importance, suggérait toutes les entraves au règlement sans sourciller un instant comme si au fond, les lois n'étaient pas vraiment utiles.
Et puis, avec le temps, toutes ces réflexions avaient été brisées.
Car alors qu'elle apprenait à connaître Neal, elle le comprenait mieux. Et ce qui lui apparaissait auparavant comme d'énormes défauts se retrouvait amenuisé.
Son rapport aux femmes, tout d'abord. Certes, il aimait flirter, mais ses échanges tendancieux restaient toujours respectueux. Il n'avait rien de l'image du grand macho coureur de jupon qu'elle s'en était d'abord fait. Acceptant toujours les quelques refus qu'il pouvait se prendre, il était de surcroît un grand romantique. Ainsi, lorsqu'il s'était mis en couple avec Sarah, il n'avait eu d'yeux que pour la belle rousse.
Mais son plus grand changement d'opinion avait concerné son insouciance.
Ou plutôt, son apparente insouciance.
Car si Neal ne prenait rien au sérieux, c'est parce qu'on lui avait fait croire toute sa vie qu'il n'avait aucune importance. Ses parents ne s'étaient jamais souciés de lui, alors ne pas se soucier du monde était normal, non ? Admettre que des choses comptaient aurait été reconnaître que lui aurait dû être aimé, recevoir de l'attention, et que la manière dont il avait grandit n'était pas normale. En somme, des choses bien trop douloureuses. Elle avait aussi compris que si Neal donnait l'impression d'être un grand adolescent, c'était parce qu'au fond, il en était un. Il n'avait pas pu grandir normalement, avait été obligé de mentir dès son plus jeune âge pour s'en sortir comme les autres. Alors maintenant qu'il était légalement responsable, il rattrapait ses années d'insouciance.
Et enfin, alors qu'elle était entre la vie et la mort, Diana se rendit compte une dernière fois à quel point son jugement initial avait été faussé.
Peter malade, c'est elle qui avait été chargée de superviser Neal. Les deux s'étaient engagés dans une mission de routine, mais l'homme qu'ils avaient voulus appréhender c'était avéré être armé. Diana, elle ne l'était pas – aucune arme pour ne pas éveiller les soupçons. Quand à Neal, le bureau n'avait même pas envisagé de lui en donner une. Ainsi, lorsque le suspect les avaient tenus en joue, ils n'avaient rien pu faire d'autre que de lever les mains en l'air. Lorsque celui-ci avait comprit qu'ils étaient du FBI, il avait paniqué et, espérant gagner du temps pour sa fuite, avait tiré.
Diana avait alors sentit l'odeur du sang lui monter aux narines. Et alors qu'elle s'effondrait sur le sol, elle avait songé fugacement que si Neal voulait s'enfuir, c'était le moment ou jamais. Mais le voleur c'était précipité vers elle, la prenant dans ses bras.
- Ne m'abandonne pas... murmura-t-elle.
Elle aurait voulu dire qu'avec cette phrase, elle pensait à son rôle d'agent tâcher de garder Neal dans les parages. Mais la vérité, c'était qu'elle avait peur.
Peur de mourir, et surtout, peur de mourir seule.
Et là, à cet instant, Diana vit les yeux bleus de Neal s'écarquiller une seconde de stupeur, avant de lui prendre la main et de lui dire que bien sûr, il resterait avec elle, jusqu'à ce que les secours n'arrivent, et même après. Et à cet instant, Diana comprit qu'il n'avait jamais pensé à fuir, pas alors qu'il voyait un blessé.
Alors oui, contrairement à ce qu'elle avait longtemps cru, des choses importait à Neal. Et il lui avait fallu manquer de mourir pour se rendre compte qu'elle en faisait partie.
