Petit mot de l'auteure : ce texte a été écrit pour la nuit du FoF sur le thème "Duel"

saison 4


Il y a des images de lui, des dossiers de tous les agents, des carnets référençant toutes les étapes d'un plan savamment préparé. Autant de preuves que Rebecca n'a jamais été celle qu'elle prétendait être. La petite historienne de l'art, si timide, si douce... tout cela n'était qu'une chimère. Une très belle chimère, très réussie, parfaitement exécutée.

Quelques années auparavant, Neal aurait salué l'exploit de la demoiselle. Contrairement à ce que beaucoup pouvaient penser, il était beau joueur. Bien sûr, être le perdant n'était jamais agréable, mais ainsi allait la vie. L'important n'était pas tant de gagner que de savoir rebondir – et ça, Neal était plutôt doué dans cette discipline. Ainsi, perdre ne lui était pas insupportable. La preuve en était à ce petit duel auquel ils s'étaient si longtemps livrés, Peter et lui. Neal avait perdu par deux fois et, à chaque fois que l'agent c'était tenu devant lui, il n'avait pas cherché à résister. L'autre avait gagné, il avait été le plus fort, c'était comme ça.

Alors oui, comprendre que Rebecca l'avait manipulé l'aurait amené à applaudir l'exploit – après tout, les personnes qui arrivaient à lui mentir étaient rares. Elle y était parvenue durant des semaines.

Mais contrairement à sa chasse avec Peter, Neal n'avait pas envie de saluer la prouesse d'avoir été battu.

Car durant ces années à travailler pour le FBI, à côtoyer les Burke, Neal avait vu les bienfaits d'une vie rangée. Les dîners le soir, les coups de fil volés, les dimanches passés à regarder la télévision avec Satchmo. Une vie qui lui faisait horreur plus jeune, mais qui, quand il se l'imaginait avec Sarah, ne lui paraissait plus si terrible. Et puis Sarah était partie, il avait rencontré Rebecca et, un instant, s'était laissé à croire qu'avec elle, la routine serait possible.

Mais voilà que désormais confronté à l'évidente manipulation de sa part, Neal réalisait que tout ce futur n'avait été qu'une utopie : un doux rêve de paix qui n'était au final qu'une chimère.