Un énorme merci à toi Robotfan qui a rejoint l'aventure !

Lunagarden : Il faut dire ce qui est, Cloud a vraiment besoin qu'on lui bouge les fesses. Et Sephiroth ne peut pas le laisser faire son durian non plus. La situation est trop urgente

Une raison d'être et de vivre

-C'est comme Denzel… est-ce que Cloud est malade ?

Une déception de plus, comme une douleur de plus… était-ce pour cela qu'il était parti ? Sans rien dire ainsi ? Tifa ne savait pas comment le prendre… sauf en mal. Son cœur se serra de peine, et son regard vira vers le vide, où elle murmura :

-Il aurait au moins pu nous le dire…

C'était la moindre des choses… leur dire qu'il était rongé par les Geostigmates, au lieu de fuir de la sorte… la mort d'Aerith lui était-elle aussi insoutenable que cela ? Peut-être plus qu'elle ne le pensait, elle qui savait que son meilleur ami était mort devant ses yeux, sans pouvoir lui venir en aide. Son regard s'attrista, mais les larmes ne vinrent pas. Peut-être parce qu'elle s'y attendait… et qu'elle connaissait Cloud mieux que quiconque…

-Tu crois qu'il est parti à cause de la maladie ? demanda alors Marlène d'un ton insistant

Que pouvait répondre Tifa ?

-Il voulait certainement se battre tout seul, dit-elle sans en être convaincue

-Se battre ?

-Non… je crois qu'il a baissé les bras…

C'était plus convaincant… si elle avait su que Cloud résidait ici, qu'elle découvrirait son terrible secret… elle aurait préféré rester au bar, s'occuper de Denzel. Elle n'avait pas réussi à rendre le sourire à son ami d'enfance, et elle espérait de tout cœur le faire pour le petit garçon qui résidait avec elle. A la condition d'en être à la hauteur…

-Tifa ?

La petite voix la sortit de ses sombres pensées et se tourna vers elle. Elle s'agenouilla et fit un sourire forcé :

-Allez on rentre, déclara-t-elle

Marlène s'écarta, pas du tout d'accord :

-Non ! Je veux attendre que Cloud soit là !

Cet éclat prit au dépourvu la barmaid. Les enfants n'avaient pas peur de dire la vérité.

-Je sais ma chérie, il me manque aussi

-Tu vois ?

Encore gagné. Cette fois, un vrai sourire éclaira son beau visage.

-D'accord. Et qu'est-ce qu'on fera quand il sera là ?

-On rentrerait tous ensemble

-Mais avant ça, je lui tire les oreilles !

-Ca marche !

ooo

Le grincement du pendule qui se balançait d'un côté et d'un autre rythmait ses mouvements et ses coups de lame. Debout sur une série de poutre, Sephiroth reprenait goût aux entraînements intensifs. Tous ses muscles se rappelaient du moindre geste à avoir, dans la moindre situation.

Quelques mois venaient de s'écouler. Quand il fut capable de marcher seul, son séjour à l'hôpital était terminé. Il devait néanmoins reprendre une corpulence stable et les médecins lui avaient prescrit des compléments alimentaires fait à base de vitamines. Les repas devaient être réguliers et consistants avec une bonne nuit de repos.

Ce fut à la sortie, qu'il avait rencontré ses sauveurs : Kunsel et Wilfried. Les deux artisans, avaient tout préparé pour accueillir leur invité. Sephiroth avait reconnu Kunsel, et tous deux se partageaient les dernières nouvelles sur Gaia. Ils étaient au courant de la tâche secrète de l'ex Général, mais lui privilégiaient le repos. Ce qui avait frustré le combattant les premiers jours. Réticent, il avait fini par se plier à leurs demandes, malgré cette volonté ardente qui était prête à se déchaîner. Il était comme la braise qui attendait un souffle pour redevenir une flamme. Il avait alors patienté… encore et encore… jusqu'à un beau jour, où le couple lui avait présenté leurs airs d'entraînement. C'était une cour avec des mannequins et une palissade surmontée d'un pendule. Il avait un temps de deux heures par jours, le temps de se réhabituer aux efforts physiques.

Son temps libre était à la lecture, notamment sur les nouvelles de Gaia par le journal La Gazette, par la méditation et surtout aux travaux manuels. Avec le couple, il apprit à tanner les peaux, la couture, repriser de vieilles affaires, utiliser des outils de réparation seul… des astuces utiles en toutes circonstances. Sephiroth s'était découvert un intérêt à savoir faire soi-même. Ses journées d'ennui se transformaient en journée de plaisir, surtout pour le tannage. D'ailleurs, avait l'aide de Kunsel, il s'était fait ses propres brassards et en avait brodé un pour essayer.

Il aidait de temps à autre Kunsel au marché, afin de développer les relations vis-à-vis des clients, ainsi que pour rencontrer du monde et interagir avec les kalmanais. Pour passer inaperçu, il appliquait de la poudre de charbon sur ses cheveux afin de les ternir, et les attachait, en demi-queue. Il avait également le visage couvert de suie comme s'il venait de passer une nuit devant le feu.

Les clients, bien surpris et curieux de voir une nouvelle tête, avaient alors commencé à poser maintes questions sur Sephiroth : d'où il venait, son nom, depuis quand il était ici… malgré les réponses vagues et abstraites que donnait l'ex-Général, Kunsel s'empressait de lui porter secours.

Les excuses les plus souvent employées étaient : « C'est un ami » « Il est un peu timide » « Il est gentil, malgré son silence ». Sephiroth se sentait parfois impuissant devant l'aisance de Kunsel, parfois, il préférait rentrer et se faire oublier, mais le forgeron insistait parce que cela pouvait être utile. Redonner une belle image de toi. Malgré ses difficultés apparentes, l'ex-SOLDAT était une d'une politesse exemplaire. A travers son foulard, on pouvait devinait un sourire aimable et poli. En quelques semaines, Sephiroth était apprécié au marché et avait bonne réputation. Chose encourageante pour celui qui avait failli mener ce monde à sa perte, deux ans auparavant…

Il s'était rendu compte que par les cellules de Jenova, il était lié à tout un monde touché par les Geostigmates, tout comme « 14 » devait l'être. Il savait que l'heure viendrait pour lui de quitter Kalm pour rejoindre un appel au Nordor.

Sa volonté croissait comme sa force. Minerva ferait bientôt appel à lui. Il souhaitait en silence bonne chance à AVALANCHE qui ferait bientôt face à la menace. Il avait été mis au courant des actions du Gang de Kadaj et savait que « 14 » était passé à l'attaque.

Il avait raconté aux artisans la présence d'un quatorzième clone et Kunsel était partit en voyage pour voir ce qu'il en était. Cela faisait deux jours que Wilfried et Sephiroth étaient seuls dans la maison. Tous deux espéraient qu'une réponse arriverait.

Wilfried observa l'ex-Général se donner à fond. Ses gestes étaient calculés, prudents ; histoire de réhabituer ses muscles et son corps. L'équilibre était peut-être la seule chose à retravailler, car il flanchait par moment. Ce devait être à cause de ses jambes… encore un peu malingres.

Il jeta un regard à son PHS et frappa dans ses mains :

-Sephiroth, descend, le repas est prêt, déclara alors Wilfried.

L'ex Général s'arrêta et fit un saut périlleux en arrière pour retomber sur à plats sur ses jambes. Ce qui avait le don d'exaspérer l'ex-commandant.

-Arrête de faire ça tu vas te casser un truc…

-Je sais ce que je fais, rassure-toi.

Il rangea l'épée en bois et épongea son visage. Wilfried était sombre :

-Qu'est-ce qui se passe ?

-Des enfants ont été enlevés à Edge. Le Gang est très actif ses derniers temps.

-Des gamins infectés je suppose. Ca ne m'étonne pas. Ils vont les corrompre pour s'en servir comme pantin. Ce n'est pas nouveau ça.

-Comme si on avait besoin de ça, Sephiroth…

-Ce n'est que la partie éclairée de la guerre. L'Ombre est plus étendue.

Il marqua une pause et croisa les bras :

-Ca été aujourd'hui le marché ?

-Comme d'habitude, même si je vois que la ville commence à changer

-Dans quel sens ?

-Tu te rappelles de l'incendie du Manoir Kylegate ?

Il lâcha un rire amer ; les rumeurs disaient que Rufus était retenu dedans. Grand bien lui fasse. On disait d'ailleurs que sa fuite de la Tour Shinra avait laissé des marques physiques et qu'il ne pouvait que se déplacer en fauteuil roulant. Des Turks avaient été vu en ville d'ailleurs…

-Oui et bien ?

-Cet accident pourrait bien être le début d'une nouvelle ère dans le paisible village de Kalm. Les Kalmanais ont décidé de ne plus laisser la Shinra rentrer et causer des dégâts partout où ils allaient.

Fait remarquable oui. Etant à côté de l'ancienne mégalopole, Kalm était réputé pour être les plus fidèles sous-fifres de la Shinra et considérer le Réacteur Mako comme la solution miracle à tous les problèmes. Ce revirement coûterait très cher à la Compagnie… c'était certain.

Cela fit rire Sephiroth :

-Bah voyons, là où il n'y a plus rien à se faire… espérons que les autres villages en feront de même.

-Je ne crois pas… même si la nouvelle sur la Chute de la Shinra s'est répandue, le continent de Westeria reste encore dans l'idée que la Shinra se remettra vite sur pied... ça va faire deux ans maintenant…

-Et la WRO ? que fait-elle ?

-Même si Reeve gagne en popularité, ses efforts ne se verront que très loin dans le temps.

Pas faux. Il était plus facile de détruire que de construire. Une fois à l'intérieur, une bonne odeur se dégageait de la cuisine. De la sauce tomate et de la viande cuisait il en était sûr. Avant de passer à table, Sephiroth monta à l'étage et prendre une douche. Wilfried quant à lui, mettait la table et s'occupait du plat dans la casserole, quand son PHS sonna. C'était Kunsel. Il répondit :

-Oui ?

-Sephiroth n'a pas menti. Il y a bien un quatorzième clone. Et quelque chose me dit que c'est lui qui va faire son grand retour. Je suis à Junon, je rentre bientôt avec Shaïkaer. D'ailleurs… j'ai pu faire un petit tour au Gold Saucer. Devine quoi ?

-Euh... tu as fait le Chocobo Racing ?

-Oui ! Et Shaïkaer est gravide. On va peut-être avoir un Chocobo Noir. Et quelque chose me dit que quelqu'un pourrait bien en avoir besoin…

-Sephiroth… il va en avoir besoin. Tu es là dans la soirée si je ne me trompe pas.

-Oui tout à fait.

-Fais attention à toi

Il raccrocha, heureux d'annoncer la bonne nouvelle à Sephiroth. Ce dernier descendit, les cheveux dans une serviette. Il s'installa et Wilfried le servit : des spaghettis, tomates boulettes… une spécialité mideelienne retrouvée dans un vieux bouquin de cuisine. D'ailleurs… en parlant de Mideel… :

-Sais-tu que la région a été rayée de la carte ?

Chose qui heurta Sephiroth :

-Ce n'est pas vrai… la Shinra a encore fait des siennes ?

-Non pas du tout ! Un puit de Rivière de la Vie s'est formé là. Je pense que c'était en préparation de l'intervention de la Rivière contre le Météore.

Sephiroth pinça les lèvres. Un crime contre l'humanité ajouté à sa liste ; il avait indirectement causé l'éradication d'une population entière à lui tout seul...

-Tu ne pouvais pas m'annoncer ça après manger ?

-Désolé…

Il resta silencieux, mais pas moins dépité par… cette nouvelle…

-Rassure-toi il y a eu des survivants. Des miraculés. Rien n'est encore perdu.

-J'espère que ce n'est pas une tentative de me déculpabiliser.

-Non, Sephiroth. Il y a aussi une autre nouvelle, deux en fait. Kunsel a trouvé le laboratoire de ton clone. Il est fort à parier qu'il compte revenir.

-C'est son plan. Pour cela que je dois être prêt au combat. Sinon nous sommes perdus. Il reviendra toujours si personne ne vient attaquer le problème à la racine. Le gang n'est qu'un moyen comme un autre.

-Pour le moment il n'est pas revenu. Sert-en pour te reposer… d'ailleurs tu vas avoir une bonne raison de rester et ne pas filer tout de suite à l'aventure.

Sephiroth fronça des sourcils.

-Kunsel est allé au Gold Saucer, Sephiroth. Shaïkaer est gravide. Elle va pondre des œufs. Que dirais-tu d'en adopter un ?

-Un… un chicobo… ?

Il ne pouvait accepter… il ne connaissait rien en élevage de Chocobos… c'était très gentil de leurs parts mais… en serait-il à la hauteur ? Wilfried tapota son épaule, une fois avoir déposer la casserole sur la table :

-On te montrera, c'est très facile en réalité. Le Chocobo est la monture d'excellence et un compagnon de voyage très attachant. Ca te fera une bonne compagnie quand tu partiras de ton côté.

Partir de son côté… la finalité de sa convalescence. Quoi de mieux que de préparer sa future monture ? L'idée l'avait finalement convaincu.

Les deux hommes entamèrent un excellent repas. Sephiroth avait pris ses comprimés avant le plat principal. Sitôt passé au dessert, il mangea une pomme avant d'aider le maître de maison à débarrasser, puis monta à l'étage reprendre sa lecture. Par la fenêtre, il regarda ce qui se passait à l'extérieur. Les habitants déambulaient de droite à gauche autour des stands du marché encore un peu actif. Les tentes étaient agglutinées autour de la place publique, mais rien en semblait pouvoir dissimuler le réacteur Mako, Un malheureux souvenir qui resterait là jusqu'à ce que le temps ne rongeât la ferraille et que les plantes l'envahissent le long du squelette difforme. Il regrettait simplement de ne pas avoir la vie suffisamment longue pour voir le résultat une centaine d'année après.

Il enleva la serviette de sa tête et laissa ses cheveux retomber le long de ses épaules. Pénétrant dans la salle de bain, il se mit de profil devant le miroir et regarda la longueur de ses cheveux. Omoplates… ça repoussait…

-Allez encore…

Il passa une main sur le cuir encore humide et frissonna :

-Arrête… stop…

-Tu n'as pas été très sage, aujourd'hui mon alouette…

Le couteau en main, il prit à pleine poignée les cheveux de sa victime et coupa encore, encore et encore… sur tout son crâne jusqu'à ce qu'il n'en restât plus rien. Les lèvres tremblantes, Sephiroth ferma les yeux, pour ne plus rien voir. Les coups de reins le faisait hurler, il ne s'entendait même pas pleurer, son corps fatigué par la torture, était pétrifié par le traitement. Il se faisait tondre sans aucune raison valable. Les rares cheveux qui lui restai à la fin ne suffisaient plus à l'empoigner à pleine main. Son bourreau l'attrapa par la gorge et lui montra son visage détruit par la torture, le crâne dépouillé, dans un miroir.

Il recula du miroir et lui tourna le dos. Des larmes pointèrent aux coins de ses yeux et il lâcha un petit un sanglot, avant de se saisir d'un mouchoir et les chasser aussitôt qu'elles étaient venues, mais son tissu s'imbiba par un nouvel assaut de larmes. Il s'assit au sol et passa bien un petit quart d'heure à pleurer en silence pour ne pas inquiéter Wilfried.

Ce n'était pas du chagrin c'étaient des larmes de rage. Il aurait dû se battre ! Se battre ! Même paralysé, même immobilisé par de solides cordes, il aurait dû… il aurait dû l'empêcher de le faire… la frustration serrait ses poings et il jurait crument contre lui-même. Ce qui éclata sa bulle, fut Wilfried qui toqua à la porte :

-Sephiroth, ça va ?

-..o.. oui, oui ! je… sors… bientôt…

Il prit une profonde respiration et se leva.

Un peigne en main, il se coiffa et lissa son cuir chevelu. L'eau donnait à sa crinière une couleur gris terne. Sèche, elle avait un éclat argenté brillant et soyeux. Etre propre était un sentiment si agréable… pendant sa toilette, son corps se tendait, poussé par un sentiment d'appel. Son regard vira vers le Nord. Même si ce qu'il voyait n'était que la baignoire, il croyait voir au-delà de la salle de bain, de la maison et de Kalm. Comme un instinct primitif qui se réveillait, il sut que son destin était tourné vers le Nordor. « 14 » allait bientôt se réveiller. Au fond il savait que les enfants enlevés allaient là-bas. Précisément à la Cité Oubliée.

Ce sentiment disparu et laissa place à une horrible migraine et sa gorge était asséchée. Un grand verre d'eau frais et il se sentirait mieux. Il avait une piste. Il suivrait la route du Nord et irait à la Cité. Il avait une mission à accomplir, c'était son but pour le moment.

ooo

Kunsel échappa de peu à un Zoloom de Midgar et flatta sa monture, qui soufflait fort.

-C'est bien ma belle… c'est bien…

Ces saletés de serpents se reproduisaient trop vite… avec Wilfried il envisageait d'en chasser un ou deux, pour des composants d'équipement. Kalm n'était plus très loin et le soleil déclinait peu à peu. Shaïkaer courrait avec difficulté. La ponte était pour bientôt ; si ce n'était pas pour ce soir. L'excitation et l'inquiétude se mélangeaient dans son esprit, mais il avait peur de trop talonner sa monture et provoquer une fausse couche ou stériliser les œufs… elle émit des plaintes et roucoula.

-Ne t'en fais pas Shaïkaer… on est bientôt arrivé à la maison. Courage…

La course ralentissait au fil des secondes. Les contractions devenaient insoutenables et le poids des œufs l'alourdissaient alors qu'ils étaient prêts à sortir. Elle devait pondre… à mi-chemin, Shaïkaer s'arrêta, essoufflée. Ses pattes flanchaient et elle se coucha. Kunsel descendit de sa monture et la câlina :

-Non tu ne veux plus continuer… bon ce n'est pas grave… je vais appeler Wil'

La Chocobo roucoula encore et commençait à creuser le sol à l'aide de ses longues pattes. Kunsel s'en alarma :

-Ne me dis pas que tu vas pondre maintenant…

Hélas, l'oiseau était déjà en pleine ponte. Kunsel sortit son PHS.

-Wil'

-Qu'est-ce qui se passe ?

-Elle va pondre et je suis dans la nature. Ca va attirer des prédateurs ça.

-Merde, d'accord je viens te rejoindre. Je pense que Sephiroth peut rester tout seul

-Oui, il est suffisamment grand pour se débrouiller et ne pas faire de bêtises. Je t'attends et j'essaie de retarder les monstres et les autres animaux.

-Ca marche.

Kunsel raccrocha et garda l'œil ouvert, pendant que Shaïkaer était en plein travail. Ils auraient été dans une forêt, la situation ne serait pas aussi critique…

Les meutes de Kalm Fang n'étaient pas très loin, tout comme des Elfadunks… il priait pour ne pas tomber sur les Mus… ces écureuils terrestres qui creusaient des galeries et créaient des tremblements de terre ou des geysers… non ce serait trop dangereux…

S'il pouvait tomber sur un troupeau de Chocobos sauvages qui pourraient protéger la future mère ce serait fantastique… il se tourna vers sa monture et la débarrassa de son équipement. Elle lui fit des petits câlins avec son bec en remerciement et réclama alors un légume. Ce que Kunsel concéda avec plaisir, même s'il était très préoccupé par leurs positions géographiques…

ooo

Wilfried harnacha Zirael, sous le regard attentif de Sephiroth.

-Tu es sûr que vous n'avez pas besoin d'aide ?

-Ca va aller… en attendant qu'on revienne, il y a un coffre dans le sous-sol. Ouvre-le. Nous serons-là dans une heure ou deux avec les œufs.

L'argenté inclina la tête, mais restait tout de même sur le porche. Une charrette était liée au harnais de la Chocobo Noire. Quand Wilfried monta sur elle, la monture poussa un cri et partit en avant.

ooo

La douleur venait de partir, mais pour combien de temps ? Il serra des dents, avant de se rendre compte qu'il n'était plus dans l'église du Secteur 5, mais… au bar du 7th Heaven. Ce dont il se souvenait, c'était d'avoir retrouvé Tifa inconsciente dans le parterre de fleurs, couverte de poussière. Elle semblait avoir lutter contre quelque chose ou quelqu'un… puis de la disparition de la malle à Materias de Yuffie… nul doute que celui qui s'en était pris à elle était venu pour voler le coffre… mais personne n'était au courant de l'emplacement précis des Materias ! Yuffie allait le tuer… surtout qu'elle avait laissé dans sa collection une Materia invocation puissante… il secoua la tête et regarda sur le côté, voyant Tifa encore endormie dans le lit. Elle avait un traitement de faveur… du moins le remarquait-il en voyant ses mains jointes à la poitrine. Ce n'était pas l'œuvre du premier venu, même si elle était de nature attirante… du moins… s'en faisait-il la réflexion maintenant…

-Tu pèses une tonne tu es au courant ? demanda alors la voix de Reno

Surpris de cette intrusion, il remarqua alors les Turks de Rufus. En temps normal il les aurait dégagés delà d'un grand coup de pied dans le train mais l'envie n'existait plus. Il resta silencieux, sans rien faire.

-Une question, où sont passés les enfants qui vivent avec toi ? s'enquit Rude

-Parce qu'on a vu personne.

Reno l'accusait de les avoir laissés à leurs sorts. De toute façon… qu'elle importance ? Il n'était pas capable de s'occuper de lui… alors les autres… sa non-réaction commençaient à agacer le duo :

-C'est tout ce que ça te fait ? renchérit Rude

-je… ne… balbutia Cloud

Il n'y avait rien à dire. Il regardait Tifa, comme un moyen d'échappatoire. Jusqu'à ce que les Turks finissent par s'en aller d'eux-mêmes

-T'es vraiment un boulet… fit Reno avant de partir.

Suite à un claquement de porte, Cloud continua de rêvasser, avant de poser son regard sur une photo. Denzel était dessus. Triste et perdu… tout comme lui…

Il était à la fenêtre quand la nuit tombait. Lorsqu'il entendit Tifa émerger, il se décala.

-Reno et Rude sont à leurs recherches…

Ce qui exaspéra la barmaid. Elle allait rentrer dans le tas… lui faire tous les reproches du monde…

-Tu es rongé par les Geostigmates… c'est ça ? Et tu crois que ta mort ne touchera personne ?

Sans attendre sa réponse, elle en vint à la conclusion qu'il avait abandonné le combat.

-J'avais raison.

-Il n'y a pas de traitement…

Elle le regarda ahurie :

-Et alors ? Ca n'a pas empêché Denzel de se battre ! Arrête de fuir, on va se battre ensemble, on est là pour s'entraider. Je sais que c'est possible.

Elle marqua une pause avant de soupirer :

-Je suppose que ça ne marche qu'avec les vraies familles…

-Tifa… je ne peux aider personne… que ce soit ma famille, mes amis, personne…

-Gnagnagnagnagna… n'importe quoi ! C'est toujours pareil avec toi.

Elle avait envie de le gifler pour le réveiller.

-Je crois qu'elle veut que tu te bouges un peu, mec, annonça alors Reno.

Tifa se releva, inquiète :

-Vous les avez trouvés ?

-Non, mais quelqu'un a vu ce qu'il s'est passé. C'est le Gang de Kadaj qui a enlevé les gosses.

-Où sont-ils ? demanda Cloud

-Dans la Cité Oubliée, leur repaire… dit Rude.

-Allez-y. Faut que j'aille parler à Rufus, répliqua Cloud

-Arrête de fuir ! cria Tifa. Je suis consciente…. Que même si tu retrouves pas les enfants… tu ne pourras rien pour eux… peut-être que quelque chose d'irréparable se produira, c'est peut-être ça qui te fait peur, je ne sais pas… en tout cas tu dois réfléchir et réagir. Ouvre les yeux ! Tu crois que vivre est difficile ? Partager sa vie avec les autres est difficile. Tu ne veux pas véritablement être seul, la preuve tu gardes toujours ton téléphone sur toi !

C'était enfin dit… elle avait enfin dit ce qui lui tenait à cœur. Elle espérait que son éclat avait réveiller en Cloud certaines vérité. Si cela ne suffisait pas, en tout cas les Turks étaient résolus à le laisser s'en occuper :

-Cloud, tu devrais aller à leurs secours, conclut Reno avant de partir.

Le silence retomba, et le couple n'échangèrent plus. Toutefois ce moment d'intimité permit à la barmaid de soulever des questions plus personnelles… car elle savait… elle savait que Cloud était encore traumatisé par la mort d'Aerith. Il avait été là, n'avait pas bougé d'un pouce… et Sephiroth avait surgit de nulle part… pour la tuer sous leurs yeux. Elle avait pu s'en remettre, mais pas totalement pour le livreur.

-Dis-moi… un souvenir compte plus que nous ?

Cloud l'avait laissé mourir… il n'avait pas été capable de la sauvé… et s'il n'avait pas été arrêté par Tifa, il aurait été son assassin. Il ferma les yeux, et se remémora ce qu'une voix lui avait dit alors qu'il était à l'hôpital : « Tu prétends avoir perdu et c'est comme ça qu'ils gagnent. La bataille n'est pas terminée. Tu crois pouvoir continuer seul, mais pour combien de temps encore ? Rassemble tes forces et bats-toi contre tes adversaires. Pour qui te bats-tu, Cloud ? Pour quoi vas-tu reprendre les armes ? La guerre que tu mènes n'est pas contre toi-même ou tes démons. Donne-toi une raison de vivre. Et de te battre. Tourne-toi vers ton équipe et reprenez la lutte, Jenova ne s'arrêtera pas tant qu'elle n'aura pas éradiqué de la Planète toute la race humaine. »

Une voix qui lui avait rappelé celle de Sephiroth. Dénuée de folie ou de ce désir de détruire. Une raison de se battre… de vivre… et en même temps… alors que les Geostigmates l'avaient fait souffrir, il y avait une autre voix, aussi proche que celle de l'ex Général, cette fois-ci totalement froide et inhumaine… « Cesse de feindre l'affliction, inutile de prétendre trembler de colère. Accepte-le, Cloud, tu n'es jamais qu'un pantin »

Alors que croire… même là c'était contradictoire… Sephiroth luterait-il lui-même ? Il avait un doute… un énorme doute…pourtant ce n'était pas impossible… car c'était vrai… Jenova continuerait… encore et encore…

Il serra du poing et regarda Tifa :

-Je… je vais y aller…

-Enfin, il t'en a fallu du temps ! Qu'est-ce qui t'a décidé ?

-Je ne sais pas… je crois que je cherche une raison de vivre… ou de me battre. Réunis les autres, je ne pense pas parvenir à les sauver… même si je n'aide personne, je… je veux essayer.

-Qui tente rien n'a rien. Cloud, ta raison de te battre est évidente… tu le fais pour nous, n'est-ce pas ?

Il ne répondit pas et quitta la chambre des enfants, en route pour la Cité des Anciens. Sur le chemin, il regarda les étoiles :

-L'espoir est une étoile comme dit Aerith… la mienne… ne brille plus depuis longtemps… je ne demande qu'un souffle pour raviver les braises…

Au moins essayer pour Marlène et Denzel. Ses dernières raisons de vivre et de se battre.