Chapitre 3 :
Fin de la lune de miel
N°4 Privet Drive :
Remus tenta de ne pas grimacer de dégoût. Il n'avait jamais aimé les quartiers résidentiels moldus. Il n'avait rien contre l'architecture Moldue mais il détestait tous ces blocs similaires. Si les sorciers étaient bon à quelque chose, c'était bien pour sortir du lot. Il n'y avait pas de sorciers 'normaux'. Il faillit faire une attaque en voyant le numéro 4. Il n'était pas différent des autres.
« C'est là. » Annonça le loup-garou au reste de la troupe.
« Laissez-nous nous en occuper. » Dit Maugrey aux autres. Le vieil Auror utilisa le déluminateur de Dumbledore pour éteindre les lampadaires. « Tonks. » Appela-t-il
La femme aux cheveux roses lança un silencieux 'Alohomora' sur la porte et les membres de l'Ordre se glissèrent à l'intérieur.
« Il y a quelque chose qui cloche. » Commenta Remus
« Lumos ! » Dit Kingsley
Ils étaient face à une maison vide.
« Je pense qu'on a un problème. » Marmonna Maugrey.
« Non pour de vrai ? » Répondit Tonks
« Ce n'est pas le moment pour le sarcasme, » Les coupa Kingsley. Il se tourna vers Remus qui regardait aux alentours, désespéré.
Remus était de plus en plus paniqué alors qu'il utilisait ses sens. « Je ne peux pas sentir Harry ! » Déclara-t-il
Les autres semblèrent encore plus inquiets.
« Il n'est probablement jamais venu ici, pas depuis Septembre dernier. » Fit remarquer Maugrey
« Dumbledore doit être mis au courant de ça. » Dit Vance
« Et je voudrais savoir pourquoi personne n'a pensé à accompagner Harry de la gare à ici, particulièrement à cause du retour de Voldemort. » Ajouta Remus, ses yeux tournant à l'ambre.
N°12 Square Grimmauld :
« Mon filleul ne peut pas disparaître ! » Cria Sirius. Il était hors de lui. Remus avait renoncé à tenter de le calmer et Snape restait sagement silencieux.
Albus Dumbledore secoua la tête. C'était une situation désastreuse. Il avait souvent eu des problèmes à cause de sa tendance à faire confiance aux gens. Il avait été stupide de penser que Pétunia avait laissé tomber sa rancune. Et tou aussi stupide de se laisser suffisamment aveugler pour abandonner tant de monde, particulièrement Harry. Cette situation était étrangement familière à celle de Tom Riddle.
« On dirait que les Moldus sont juste partis, » Dit Maugrey, le sortant de ses pensées. « Même les voisins étaient surpris par la vitesse à laquelle ça s'est fait. Ils ont dû prévoir ça depuis un moment. »
Molly commença à faire tout un discours sur eux et sur l'adolescent disparu.
« Je suis restée et j'ai questionné les voisins, » Commença Tonks. « Les Dursleys ont déménagé le 5 Septembre. »
« Ces gens sont horribles ! » S'exclama Molly. Arthur tenta de la calmer. La nouvelle information donna juste encore plus envie à Sirius de hurler.
« Si le garçon n'est pas avec ses proches, alors où est-il ? » Demanda Maugrey
« Le Seigneur des ténèbres ne l'a pas, » Dit Snape. « Je suis sûr de ça au moins. »
« Il a envoyé un hibou à Ron ou Hermione ? » Demanda Dumbledore à Molly et Arthur.
Les deux secouèrent la tête.
« Pas que je sache. » Répondit Arthur.
« Ron continue de se plaindre du fait que sa famille a encore enfermé Hedwige. » Souffla Molly.
« Ça nous laisse dans le flou. » Dit Maugrey, grognon.
Dumbledore fronça les sourcils. Ses yeux semblaient tristes mais il y avait une étincelle de colère et de détermination en eux. « Je vais régler le cas de Pétunia. Essayez de trouver Harry. Je vais vous prêter un livre rare sur les sorts de traçage. » C'était le moins qu'il puisse faire.
Résidence Delacour :
Gabrielle trouva Harry dans sa chambre. L'adolescent s'occupait de sa chouette. L'oiseau blanc comme neige restait immobile à l'exception des quelques pincements affectueux qu'elle lui donnait.
« Bonjour. » Lança-t-elle gaiement.
Harry se tourna vers elle.
« Entre. » Dit-il en lui faisant signe.
« Je ne t'ai pas beaucoup vu. » Bouda le fille en grimpant sur le lit face à lui.
« Je sais, c'est ma faute. » Lui dit-il
Hedwige secoua les ailes et vint vers la jeune fille. Gabrielle sourit et la caressa. « Salut ma beauté. » Roucoula-t-elle. La chouette se prélassa entre ses soins. Cela fit sourire Harry et la sorcière roucoula de nouveau.
« Elle t'aime bien. » Commenta Harry
« Elle est si intelligente ! » Murmura Gabrielle. Hedwige la pinça et sortit par la fenêtre. La jeune sorcière se tourna vers Harry. « J'ai envie d'aller au cinéma. »
« Comme tu veux, » Lui dit l'adolescent. Il avait l'impression de lui devoir ça. Il avait été trop occupé avec Rabastan et avait consacré peu de temps à elle. Apolline, Armand et Fleur pouvaient le voir les nuits où il rentrait, même si c'était tard. Mais Gabrielle dormait déjà à cette heure-ci. « Laisses-moi 2 minutes pour me préparer ok ? »
La sorcière opina. « Tu paies. » Lui dit-elle, avec autorité.
Il n'y avait aucun moyen de dire non.
Harry rit et acquiesça. « Bien sûr. »
Rabastan rentra à son hôtel. Il trébucha sur un tee-shirt appartenant à Harry. Il le ramassa avec un sourire et secoua la tête. Le garçon était débraillé et paresseux. Avant Azkaban ça l'aurait plus qu'irrité. Mais à présent, non. Il appréciait même ça. Il s'arrêta en réalisant que le doux et sexy Harry était sa première relation de longue durée un peu moins d'un mois. C'était plutôt pathéthique vu son âge mais sa vie n'avait pas été normale.
Ses pensées furent coupées par un hululement étouffé. Il leva la tête et vit un hibou grand-duc sur le balcon. Il tapait contre la vitre. Il reconnut l'oiseau et son visage s'assombrit.
En deux enjambées il était face à l'oiseau. L'hibou resta immobile alors qu'il récupérait la lettre puis il s'envola, sans attendre de réponse.
Evrard,
Pourquoi diable n'as-tu pas pris contact avec moi ? Ça fait un mois !
J'espère que tu profites parce que notre cher patron est sur le point de nous rappeler.
Tiens-toi prêt petit frère. Ça va être une dure année.
R.
Rabastan se renfrongna et froissa la lettre.
C'était la première semaine d'août et Harry commençait à sentir le mal du pays. Ce n'était pas que sa famille lui manquait. Mais Sirius et ses amis lui manquaient. Il avait l'impression de les avoir trahi en les poussant hors de ses pensées ces dernières semaines. Mais il avait été si heureux de vivre avec les Delacours. Ils avaient plus pris soin de lui que n'importe qui d'autre. Fleur était la grande-sœur autoritaire, Armand la statue stoïque qui retenait sa femme quand elle dépassait les bornes, Gabrielle l'enfant adorable qu'il voulait protéger et pour finir Apolline, celle qui l'avait pris sous son aile, avait pris soin de lui, tenté de réparer les dommages causés par sa famille et Voldemort. Et puis il y avait Rabastan. Merlin ! Cet homme était une telle distraction. Il rougissant en pensant à comment le sorcier possédant 2x fois son âge parvenait à tout lui faire oublier. Quand il osait aller à sa rencontre, il se demandait toujours comment un homme comme lui pouvait considérer un frêle adolescent comme lui, comme son amant.
Il prit un bout de parchemin et sa plume.
« Voilà tout. » Murmura-t-il
Ce fut un moment plus tard, qu'Apolline rentra dans la chambre et le remarqua, accrochant le bout de papier autour de la patte d'Hedwige.
« Tu écris à tes amis ? » Demanda-t-elle
Harry regarda sa chouette s'envoler. Il se retourna et regarda la sorcière au grand cœur. « J'imagine que c'était le moment. »
« Il fallait bien le faire à un moment donné, » Acquiesça-t-elle. Harry lui tira une chaise qu'elle accepta avec joie.
« Ça va ? Vous avez l'air fatiguée. »
« Je ne suis plus toute jeune. Cette grossesse est dure pour moi. Mais ça en vaut la peine. » Lui dit-elle
Ils restèrent silencieux pour un moment.
« Pourquoi vous ne m'avez pas fait leur répondre plus tôt ? » Lui demanda Harry
« Je ne suis pas une très bonne adulte, » Admit Apolline. « Mes filles sont mes amies d'abord, et ensuite mes filles. Je ne suis pas ta mère. Je ne peux pas te dire quoi faire. En plus, je pensais qu'il te fallait du temps. Ce que ces moldus t'ont fait…Je ne pense pas que tu devrais même les appeler ta famille. C'était juste cruel. Personne ne mérite ça. N'oublies jamais ça Harry. »
« Merci. » Lui dit-il
« Pas de problèmes. »
Rabastan le regarda alors que Harry dansait sur la musique. Il avait décidé de ne pas rester cette nuit. L'adolescent voulait sortir ce soir et Rabastan l'avait amené dans ce club que lui avait recommandé le réceptionniste de son hôtel.
« Allez viens ! » Cria l'adolescent par-dessus la musique.
Rabastan se leva et rejoignit Harry sur la piste de danse.
« Hey, » Sourit Harry. Il plaça ses bras autour de la taille de Rabastan et se tortilla. « Tu sembles préoccupé. »
« Toi aussi. » Contra le sorcier
« Septembre se rapproche… »
« Seulement un mois encore, » Le coupa Rabastan
Harry posa son visage contre la poitrine ferme face à lui. « Trop proche. »
« Je vais bientôt devoir quitter la France de toute façon, » Dit Rabastan. « Alors profitons. »
Harry l'embrassa pour toute réponse. Rabastan prit le contrôle et plongea sa langue dans cette douce bouche et dégusta le goût, essayant de mémoriser chaque teinte, chaque saveur, chaque coin de cette bouche addictive. Harry gémit et se fondit enore plus contre lui. Rabastan le prit par la taille et le tint en place, faisant gémir de frustration l'adolescent.
« On est au milieu de la piste. » Dit le sorcier aux yeux noirs en brisant le baiser.
« Je m'en fous. » Harry se mit sur la pointe des pieds et attaqua sa bouche à nouveau.
Il était incapable de se controler mais Rabastan le pouvait toujours. Il s'éloigna pour respirer et gémit en voyant Harry. Il pourrait vraiment le prendre ici et maintenant.
« Merlin, j'adore ton goût, » Dit le plus âgé. « Tu me rends fou. »
Harry lâcha un gémissement étranglé et bondit à nouveau. Cette fois, il enroula ses jambes autour de la taille de Rabastan et resta en place.
« J'ai envie de te sentir à l'intérieur de moi. »
Rabastan déglutit et sortit sa baguette. Il lança un charme de camouflage alors qu'il les faisait transplaner dans sa chambre d'hôtel.
Harry se décala suffisamment pour retirer sa ceinture. Rabastan l'y aida. Quand il en eut marre, il se servit de sa baguette pour faire disparaître leurs vêtements.
« Bien mieux, » Murmura-t-il avant d'embrasser la nuque de l'adolescent. A ce moment-là ce fut comme si toute la passion et la luxure les avait quitté quand Harry rit, chatouilleux.
Rabastan le remarqua et réitéra, se délectant de la joie de son amant.
« Arrête ça ! » Gloussa l'adolescent alors qu'il était taquiné par un doigt léger comme une plume.
« Tu es chatouilleux, » Déclara Rabastan. Il adorait la façon qu'avait Harry d'entrouvrir les yeux.
« Tu n'oserais pas. »
« Oh, chéri. Tu vas voir que j'ose beaucoup de choses. » Ronronna Rabastan.
« Chatouille-moi et je ne coucherais plus jamais avec toi ! » Déclara Harry. Il mentait et tous les deux le savaient.
Mais Rabastan décida qu'il aimait entendre son rire joyeux et communicatif. Il pourrait continuer à faire se tortiller l'adolescent malgré sa menace vide. Pour l'instant, il voulait juste le faire rire.
N°12 Square Grimmauld :
Remus entra dans la cuisine après avoir été prévenu par les adolescents que le repas était servi. Ils étaient tous réunis depuis qu'ils avaient appris la disparition d'Harry. Il pouvait presque toucher l'atmosphère dépressive flottant dans l'air.
« Tu as besoin d'aide pour mettre la table Molly ? » Demanda le loup-garou.
« Non. » Lui répondit-elle en levant sa baguette en direction d'une casserole de ragoût.
« Je m'en occupe, » Répondit Hermione. Elle aidait à mettre la table.
« Il y a beaucoup d'assiettes. » Commenta Remus
« Severus et Tonks viennent. Et Kingsley reste pour le repas, » Répondit Molly. « Tu peux appeler Sirius ? »
« J'y vais, » Dit Remus. Il quitta la cuisine et partit en direction du grenier. « Sirius ? »
Il entendit le parquet grincer mais aucune réponse. Il entra. Son ami d'enfance avait l'air abbatu. On aurait dit qu'il avait pleeuré.
« Oh, Sirius, » Commença le loup-garou, doucement. Il s'approcha et s'assit près de son ami.
« J'ai perdu Harry. » Chuchota Sirius
« On va le retrouver. » Lui dit Remus
« Qui fait ça Lunard ? Quelle famille abandonne un enfant aussi adorable qu'Harry ? »
Remus resta muet. « Viens. Ne te prends pas la tête avec ça. Après qu'on l'ait retrouvé tu pourras lui poser toutes les questions que tu veux. Ok ? Là, va te préparer et prendre le diner. T'affamer ne va pas aider Harry. Sinon il va t'enguirlander en rentrant. »
Sirius lâcha un petit rire sans conviction.
« Et, Patmol ? Comportes-toi bien. Snape est là pour le repas ce soir. » L'averti Remus
Sirius ouvrit sa bouche mais un seul regard de la part de son ami le fit taire.
« Bon garçon. Allez va te nettoyer maintenant. »
« Je ne suis pas un chien ! » Se plaint Sirius.
Remus ignora ses protestations et le poussa calmement en direction de la salle de bain.
Hermione s'assit à côté de Ron pendant qu'elle mangeait. Ginny était de l'autre côté, muette et morose. Les jumeaux essayaient d'adoucir l'ambiance avec leurs blagues habituelles mais ce n'était pas très efficace.
« Je suis plein. » Marmonna Sirius
Hermionne lâcha sa fourchette et Ron lâcha son souffle.
« Hedwige ! » Crièrent-ils en chœur.
Un seul mot et toute la table était sur ses pieds.
Hermione bondit sur la chouette. Hedwige s'offusqua et s'envola dès que la sorcière eut récupéré la lettre.
« Ça vient d'Harry ! » S'exclama la sorcière.
Ses mots firent le silence dans la pièce.
« J'appelle Dumbledore. » Dit Snape.
Hermione défit le ruban et regarda la lettre. Ron se pencha sur son épaule, essayant de lire en même temps.
'Hey les gars'
« C'est tout ce qu'il a à dire ? » Marmonna Hermione, un peu agacé par la formulation trop nonchalante. Pourtant, le soulagement l'assaillit en reconnaissant l'écriture.
'Avant que vous ne vous énerviez, je veux que vous sachiez que je vais bien, mieux que bien même. Je suis en pleine forme !
Les Dursleys ne sont jamais venus me chercher. Cependant quelqu'un d'autre l'a fait.
Promettez-moi de ne pas vous énerver. Je ne sais pas comment vous le dire et Hermione, si ça aide, j'ai déjà fini mes devoirs.'
Ron souffla du nez et les autres sourirent.
'Je suis en France.'
Le reste de la lettre fut abandonné et tout le monde cria : « La France ! »
