Hello et bon dimanche :)

Après le contexte donné par le chapitre précédent, je mets ici en place l'intrigue. J'espère que ça vous donnera envie de lire la suite !

Bonne lecture, enjoy ! :)


Il n'est pas loin de deux heures du matin alors que Haizaki et Aomine rentrent de discothèque. Il n'a pas cessé de neiger depuis la fin d'après-midi et un fin manteau blanc couvre la ville. Aomine regarde le paysage rêveusement en espérant que ça va tenir, et qu'il va continuer à neiger pendant les prochains jours. Au cœur des couleurs fades de l'hiver, tout ce blanc donne une touche de mystère et de magie à l'habituel désenchantement urbain.

À ses côtés, Haizaki semble insensible au charme de la neige, et il marmonne très mécontent du fiasco de la soirée :

« On a perdu notre mojo, Aomine. Ou plutôt toi ! Tu dégages une espèce d'aura funèbre ! » l'accuse-t-il en pointant son doigt sur sa poitrine. L'autre hausse les épaules, ce qui l'agace encore plus : « T'étais pas motivé ! Du coup tu m'as pourri mon groove !

— Tu crois pas que t'exagères un peu, là ?! Et puis ça va c'est pas un drame.

— Pas un drame ?! » Haizaki lui jette un regard dédaigneux et trépigne en agitant les bras : « Bien sûr que si, j'ai la dalle, moi !

— Tu t'en remettras... réplique Aomine, toujours indifférent à ce fiasco.

— Tss... » persifle son coloc, dépité.

Ça caille sacrément en plus ce soir, et il n'y aura personne pour réchauffer Haizaki une fois rentrés à la maison. Il donne un coup de pied rageur dans la neige. Et si le blues d'Aomine commençait à le contaminer ? C'est vrai qu'il a tendance à se sentir un peu seul ces temps-ci. Et pire que ça, il pense plus souvent que d'habitude à Kise. Alors que le blond n'habite même pas au Japon en ce moment. C'était où déjà ? Kwala Lupus ? Kala Lumpul ? Ah oui ! Kuala-Lumpur. Il n'a aucune idée d'où ça se trouve, mais c'est trop loin, ça c'est sûr. Il faut bien qu'il s'y fasse, Kise est toujours parti par monts et par vaux depuis quelques années. Enfin, il faut dire que ce n'est pas comme s'ils se fréquentaient beaucoup avant ça. Ils n'ont jamais été amis, après tout. Et c'est une chose qu'il regrette profondément. Même s'il est trop fier pour s'excuser en bonne et dûe forme. Ah, et puis merde, il ne va tout de même pas se mettre à ruminer comme cet Aho ! Il marmonne entre ses dents, maudissant tour à tour Kise et Aomine, et tout occupé qu'il est à râler, le trajet passe plus vite qu'il ne l'aurait craint.

Lorsqu'ils retrouvent la chaleur de leur petit appartement, Aomine se dirige directement vers sa chambre, mais Haizaki le retient par le poignet. Pendant qu'ils étaient dans l'ascenseur, une idée brillante a surgi dans son esprit. Si Aomine y avait mis un peu plus du sien, ils ne seraient sûrement pas rentrés seuls. Donc, il lui doit une compensation ! C'est ce qu'il explique avec un soudain enthousiasme à son coloc qui le fixe en fronçant les sourcils.

« Comment ça, une 'compensation' ? fait le brun, un éclat de mauvais augure dans ses yeux bleus.

— J'ai besoin de te faire un dessin ? Je vais faire quoi à ton avis une fois dans mon lit ?! Tout seul c'est pas pareil... Donne-moi 'un coup de main' ! »

Haizaki rigole, fier de son jeu de mots nul. Mais l'éclat mauvais dans les yeux de son coloc devient un éclair qui l'aurait paralysé sur place s'il n'y était pas si habitué.

« Tu rêves, là, Haizaki. Hors de question que je te donne un 'coup de main'. Débrouille-toi tout seul ! Si t'as épuisé tous tes pornos, j'en ai chopé un nouveau ce matin. C'est tout ce que t'auras ! »

Aomine cherche à se dégager, mais Haizaki le tire de plus belle en direction de sa chambre.

« Allez, quoi ! Quelques coups de poignet et on en parle plus !

— Ah ouais, ça va aussi vite chez toi ? demande Aomine en levant un sourcil un brin méprisant.

— Je t'ai dit que j'avais la DALLE ! proteste vivement Haizaki.

— Y a pas une règle qui interdit ce genre de trucs entre colocs ? râle alors la panthère.

— Pourquoi, t'as peur de tomber amoureux de moi quand t'auras vu ma queue ? »

À ces mots, Aomine ne peut pas s'en empêcher : il éclate de rire. Haizaki ne fait jamais exprès de le faire rire, et pourtant... ça arrive souvent.

« Rigole pas comme ça ! J'ai une très belle queue ! »

Ce qui évidemment ne fait qu'accentuer le fou rire de la panthère, mais au moins elle baisse sa garde et Haizaki peut recommencer à tirer son coloc vers son antre. Et comme le couloir n'est pas bien grand, il parvient à le pousser dans sa chambre et refermer la porte derrière eux. Il pose sur sa proie par défaut un regard carnassier.

« Et si je te promets qu'on passera un bon moment ? C'est juste un service entre colocs. On dirait que t'as besoin d'un peu de détente toi aussi. »

Aomine fait la moue, mais ne nie pas.

« C'est quoi qui te déprimes, au fait ? On peut parler pendant, moi ça me dérange pas !

— Tu veux que je te raconte ma vie pendant que je te branle ? rigole Aomine.

— Ben ouais, je suis multi-tâches, je peux écouter ET prendre mon pied en même temps.

— Impressionnant, commente sarcastiquement la panthère.

— Eh, je suis pas génial comme coloc ?!

— Te flatte pas trop ! Après ça te monte hyper vite à la tête.

— Bah, t'es pareil.

— T'es bien pire que moi.

— C'est sujet à débat.

— Pas du tout.

— De toute façon c'est pas le moment de débattre !

— Ah ça tu peux pas faire en même temps que tu prends ton pied ?

— Si, parfaitement ! »

Aomine laisse échapper un soupir d'exaspération, mais prend quand même le temps d'examiner la marchandise. Et au fur et à mesure de son examen, la seule question qui se formule dans son esprit est 'Pourquoi pas ?'. Haizaki n'est pas sans remarquer son regard et se colle contre lui, le bassin bien arrimé au sien, avec une érection en prime.

Et tandis qu'il laisse son instinct prendre le relai en oubliant un peu les règles tacites des relations dites amicales, il pense surtout à ce qui le déprime effectivement ces temps-ci. Haizaki a vu clair là-dedans : non, il n'est pas dans son état normal. Oui, il se sent triste et seul, et n'est juste pas d'humeur à satisfaire son appétit sexuel avec des nanas aussi vite rencontrées, aussi vite parties.

Il tressaille un peu quand Haizaki descend sa braguette et pose ses doigts sur sa queue à travers son caleçon.

« C'est Tiger, non ? »

Il se fige.

« Ta déprime, je veux dire. »

Son cerveau se retourne, puis se met à ressembler à un champ de points d'interrogation. D'où est-ce que Haizaki sort ça ? Enfin, plutôt, comment le sait-il ? Parce que si son coloc lui a avoué son grand amour, lui n'a rien fait de tel. À quoi bon parler d'une histoire qui n'a jamais vraiment commencé, et qui ne trouvera aucun aboutissement ? Il n'y a jamais eu quoi que ce soit qui pourrait lui faire penser le contraire.

« Arrête ! »

L'injonction de Haizaki le tire soudain de ses pensées et le champ de points d'interrogation s'élargit de plusieurs hectares.

« Arrêter quoi ?

— Arrête de penser, je peux voir d'ici les rouages de ton cerveau, ou plutôt... je les entends ! T'as beau rien dire, ça grince comme des ressorts mal huilés, et pas érotiquement comme un vieux matelas ! »

Aomine fixe son coloc un peu hébété. Cette fois il ne sait même plus s'il doit rire. Mais c'est le moment où la prise du cerveau alimentant le réseau 'rationnalité' fait un court-circuit. Parce que... Pourquoi pas ? Haizaki est l'une de ces personnes avec qui il n'a jamais envisagé de coucher, mais pas parce qu'il n'était pas attiré par lui, juste parce qu'il ne s'est jamais posé la question. Il y avait des tas d'autres options avec moins de complications à la clé. Mais après tout, ce n'est qu'un 'coup de main', non ?

Alors il pousse son coloc sur son lit et achève de défaire son pantalon qu'il descend d'un geste brusque sur ses cuisses. Haizaki veut réveiller la panthère ? Très bien. Juste pour ce soir. À cause du fiasco. Et parce qu'il neige. Et que c'est bientôt Noël.

Il apprécie l'expression de Haizaki, son gémissement étouffé, alors qu'il le surplombe et prend sa queue dans sa main. Puisqu'il l'a tellement réclamé... Il va l'avoir, son 'coup de main'. Il commence à malaxer son érection vaillante, obtenant de doux gémissements qui sont intéressants à entendre, tranchant avec la voix habituelle de Haizaki.

« Tu m'observes... » fait soudain le brun en posant ses yeux sur lui, puis son visage s'éclaire d'un grand sourire lorsqu'il ajoute : « T'es déjà en train de tomber amoureux de moi ?

— Ferme-la, abruti !

— Ouais, après tout, c'est toi qui devais parler... Je t'écoute... »

Aomine secoue la tête. Il n'est pas sûr d'être multi-tâches, lui ! Et puis, est-ce qu'il a seulement envie de s'étendre sur le sujet ? Il n'y a qu'une personne qui est au courant, et c'est aussi bien comme ça. De toute façon ce n'est pas de Haizaki qu'il risque de recevoir des conseils en amour !

« Tu recommences à cogiter ! gronde Haizaki d'une voix menaçante.

— Qu'est-ce que ça va changer que je te raconte, de toute façon ?!

— C'est sympa les secrets entre colocs, nan ? Alors dis-moi tout... »

La fin de sa phrase se perd dans un nouveau gémissement alors qu'il savoure le plaisir vif montant en lui. Aomine s'y prend bien... Il aime sentir les cals de sa main de basketteur tandis qu'il l'empoigne fermement, allant et venant avec une certaine lenteur pour faire monter la sauce.

« Kagami... J'ai zéro chances avec lui, déclare finalement Aomine. J'ai envie de lui parler, mais... Je sais même pas s'il est célibataire ! Et puis il préfère sûrement les filles...

— Ouais bah moi aussi, et pourtant, regarde de qui je suis amoureux ! Et il est sûrement pas célibataire !

— Faut que je l'appelle d'ailleurs... Il passera sûrement dans le coin pour Noël... Mais hm... maintenant que t'en parles... Je crois qu'il est effectivement célibataire ces temps-ci...

— Woah, c'est vrai ?!

— Pourquoi ça t'intéresse ? Je croyais que tu comptais « rien faire ».

— Ouais mais... Tu sais quoi ? On n'a qu'à instaurer une sorte de défi : on parle chacun à notre amour secret avant Noël. Comme ça au moins, on aura tenté.

— Avant Noël ?! Mais c'est dans une semaine !

— Dans la vie, faut savoir se mettre au pied du mur. Et t'arrête pas, Aho ! »

Aomine lui lance un regard surpris, puis baisse les yeux sur sa main qui a sérieusement ralenti le rythme sur la hampe impatiente. Et reprend sa masturbation à une cadence plus soutenue, arrachant un soupir de satisfaction à Haizaki, qui continue d'une voix sourde :

« Et tiens... puisque tu m'as rendu service en me donnant l'info sur Kise... J'peux aller pêcher pour toi l'info à propos de Tiger. Donne-moi deux jours, et je te dis s'il est célibataire ou non ! »

Aomine le dévisage, perplexe. Il n'est pas vraiment sûr que ce soit une bonne idée d'envoyer Haizaki jouer les espions. Il aurait plutôt choisi Tetsu pour ce genre de job. Mais Tetsu n'est pas au courant et... l'offre est tentante. Il hoche la tête, décidé.

« Ok. Je relève le défi. Va me pêcher cette info, et s'il est célibataire, je tente le coup.

— Oh oui ! »

Surpris par cet enthousiasme, Aomine réalise juste après que c'est parce qu'il vient de faire jouir son coloc. Fatigué par toute cette gymnastique du bras droit, même si comme Haizaki l'avait prédit, la séance avait été plutôt courte, il s'allonge et regarde le plafond où se découpent les ombres géométriques projetées par les réverbères de la rue. Il n'est pas loin de regretter déjà sa décision : si Kagami le rejette, et il va très certainement le faire, Noël sera encore plus triste qu'il ne l'a anticipé.

« Bon, je suis un homme de parole.

— Hein ?! » Aomine regarde son coloc sans comprendre, avant d'ajouter : « C'est même pas vrai, en plus ! »

Haizaki lui répond d'un grognement désapprobateur mais glisse quand même sa main dans son boxer à la recherche de sa queue qu'il empoigne fermement, arrachant un petit cri de surprise à Aomine. Il fronce les sourcils et commence :

« À propos de ton pari, là...

— Quoi, tu te dégonfles déjà ? Enfin, une partie de toi en tout cas, parce que là en bas tout va bien !

— Ta gueule ! S'ils nous disent non... T'es d'accord qu'on veut quand même pas les perdre, hein ?

— Ouais. »

Absolument non perturbé par la discussion, Haizaki fait merveilleusement usage de ses talents de polyvalence pour le masser vigoureusement, ce qui, Aomine doit bien l'admettre, fait sacrément du bien. La panthère reprend son argumentaire, le cœur battant, tant à cause de l'excitation physique que celle qu'il éprouve à l'égard de ce plan foireux où ils vont jouer à quitte ou double :

« Alors... Faudra montrer ça clairement, tout de suite. Sinon ils risquent de s'éloigner pour toujours. Donc... Quoi qu'il arrive... On le fait, ce repas de Noël. On les invite pour leur montrer qu'on tient à eux. »

Haizaki y réfléchit quelques secondes. Un repas de Noël avec le mec qui lui aura envoyé un râteau quelques jours auparavant ? C'est diabolique ! Complètement maso cet Aho ! Et pourtant... Il ne sait pas trop pourquoi, mais il a envie d'accepter. Peut-être parce qu'au fond il a peur aussi de perdre Kise. Définitivement, en tout cas. À la simple idée de ne plus jamais pouvoir renouer avec lui, quelle que soit la nature de leur relation, il sent ses tripes se tordre. Il hoche la tête :

« Ok. Donc le programme de la semaine : je trouve les infos qui t'intéresse, on fait chacun une incroyable déclaration d'amour, et après on invite tout le monde à dîner. C'est complètement débile comme plan. Y a tellement de trucs qui peuvent foirer. Ça me plaît. »

Aomine sourit tandis qu'il agrippe son poignet par réflexe.

« Je savais que je saurais te convaincre... Ah fuck ! »

Et sur ces mots, il soulage lui aussi la tension accumulée grâce au coup de main de son coloc.

Oui, c'est un plan débile et foireux... Mais lui aussi, ça lui plaît. Encore un truc qu'ils ont en commun, Haizaki et lui : ils ont toujours aimé jouer gros.


Toute ressemblance avec le début de Hangout Crisis d'Owal n'est pas absolument pas fortuite ;)