Bonsoir à tous !

Et hop la suite pendant que c'est frais dans mon esprit. Merci de votre soutien et de vos encouragements :)

Enjoy !

Shadow : Merci beaucoup pour ton retour ! J'espère que ce chapitre aussi titillera ta curiosité et que tu contineras à apprécier la folie de mes protagonistes )


C'est son jour de repos. Son seul jour de repos de la semaine. Et pourtant, il y a un abruti qui tape à sa porte avec virulence, prenant apparemment son manque de réaction rapide comme un affront personnel.

Kagami soupire et rejette les couvertures, quittant ce nid chaud si confortable pour la fraîcheur de l'atmosphère extérieure, et se dépêche d'enfiler un jogging et un t-shirt tandis que l'excité continue de tambouriner sur sa porte. Il quitte sa chambre et traverse le couloir avant d'arriver dans le vestibule étriqué, et ouvre d'un geste brusque, avec sa tête des mauvais jours.

« C'est pour quoi ? grogne-t-il.

— HEY, TIGER ! »

L'interpellé cligne des yeux, interdit en reconnaissant un Haizaki matinal et fringuant, tout beau gosse avec ses cheveux gominés, son blouson de cuir et son parfum – quoique ce dernier est un peu fort pour lui avant le café.

« Euh... Je peux t'aider ? »

Il ne comprend pas pourquoi Haizaki sonne à sa porte. Il n'a jamais sonné à sa porte. Et comme c'est le coloc d'Aomine, si son visiteur n'avait pas l'air aussi énergique, ça l'aurait inquiété. Il ne venait donc probablement pas lui annoncer une mauvaise nouvelle. Mais alors pourquoi ?

« Tu me fais entrer ? Ça caille dehors ! Je prendrais bien un bon café chaud ! »

Kagami frotte sa chevelure en bataille, perplexe. Lui aussi en prendrait bien un. Sans un mot, il s'écarte pour laisser passer Haizaki, son parfum entêtant et sa suspecte bonne humeur. Kagami ne le connaît pas beaucoup, mais il ne lui a jamais fait l'effet d'un type ouvert et rayonnant de joie de vivre. Comme c'est le cas ce matin.

Il referme sa porte et remonte le couloir avant de bifurquer sur la droite, où se trouve sa cuisine, petite mais fonctionnelle, et impeccablement rangée et organisée. Il s'active autour de la machine à café tandis que Haizaki prend ses aises. Kagami tique et sent la pression monter d'un cran dans sa cocotte-minute interne en remarquant que son invité surprise n'a même pas retiré ses chaussures ! Et ensuite, il pose tranquillement son blouson sur le dossier d'une chaise et s'installe à table avant de sortir une cigarette, la porter à ses lèvres et allumer son briquet...

« NON ! hurle le tigre en lui arrachant le zippo. ON FUME PAS ICI ! »

Haizaki cligne des yeux, entre surprise authentique et innocence hypocrite.

« Ola Tiger, tout doux ! Message reçu ! » ajoute-t-il en levant les mains en signe de bonne foi.

Ça l'agace encore plus de se voir traiter comme une sorte d'animal sauvage dont il faut s'attirer les bonnes grâces, mais enfin, il préfère ça à sentir l'odeur de la fumée dans sa cuisine. Il réplique donc par un grognement incompréhensible et continue de s'activer, démarrant le petit-déjeuner pendant que sa machine à café glougloute.

De son côté, Haizaki est ravi : il l'avait pressenti, désormais il en a la certitude. Il va avoir le petit-dej gratos ! Il observe le tigre faire voler – métaphoriquement – les casseroles, les spatules, les ingrédients qu'il verse, mixe et secoue avec une dextérité fascinante. Si bien qu'il en oublie un peu son envie de fumer... Et sa mission initiale ! Mais son silence captivé finit par attirer l'attention du rouge qui lui lance un regard par-dessus son épaule :

« Hm... Tu m'as pas répondu tout à l'heure... Pourquoi tu viens me voir ?

— Eh ben... T'es bon pote avec Aomine, nan ?

— Euh... ouais. Je suppose qu'on peut dire ça. Pourquoi ?

— Bah toi et moi, on se connaît pas assez, voilà ce que j'ai pensé !

— En te levant ce matin ?

— Ouais ! C'est le moment où viennent les meilleures idées. Tu noteras d'ailleurs que c'est pour ça qu'Aho n'en a jamais. Bref, je me suis dit, c'est quand même con qu'on ait jamais vraiment discuté, toi et moi. Donc je viens faire ma visite de courtoisie ! »

Kagami remue le contenu de sa poêle, sourcils froncés, perplexe devant cette explication. Il ne sait pas trop pourquoi, mais ça sent le traquenard aussi fort que le parfum pénétrant de Haizaki.

Quoi qu'il en soit, le petit-déjeuner n'attend pas, alors il termine ses préparations et sert le tout avec deux tasses de café bien fumantes. Et bien qu'un peu perturbé et contrarié par l'irruption de Haizaki dans sa matinée de congé, il commence à manger de bel appétit. Et son invité indésirable en fait de même, avant de marquer une pause pour boire son café et lui adresser un grand sourire.

« Alors, Tiger, comment ça va la vie ?

— Euh... Bien ?

— Super ! Le resto ? Les amours ?

— Le resto tourne bien...

— Cool ! Et donc, les amours ? »

Kagami le foudroie du regard, ce qui ne semble avoir absolument aucun effet sur Haizaki.

« Nan mais je te demande pas de me donner les détails, je fais juste la conversation, tempère ce dernier.

— Bah j'ai pas grand-chose à dire sur le sujet...

— Parce que tu files le parfait amour ou que c'est le calme plat ?

— Hm... Plutôt la deuxième option.

— C'est vrai ?! C'est génial ! »

Devant le regard interloqué de Kagami qui menace de se transformer en une flamboyante colère dont Haizaki ne veut pas être la cible, il se dépêche d'ajouter :

« Enfin, je veux dire... C'est génial d'avoir autant de possibilités ! Quand t'es célibataire, t'as le monde entier à conquérir ! Rien n'est fait, tout reste à faire ! C'est pas excitant, ça ?!

— Euh... Pas vraiment. »

Mais le brun ne s'en formalise pas et change brusquement de sujet :

« Dis donc, tu cuisines pas trop mal !

— Ben, j'ai un resto, donc j'espère bien...

— J'ai tellement pas le temps de m'y mettre, continue Haizaki sans l'écouter. Et puis pas la motivation j'avoue ! Mais en même temps, les nouilles instantanées ça nourrit pas son homme, pas vrai ?

— Ça c'est sûr que non...

— J'irai sûrement dans ton resto un de ces quatre. Je suis sûr que tu fais déjà les repas gratos pour Aomine... Je suis son coloc, ça me donne à des avantages moi aussi ?

— Euh... Eh ben...

— C'est trop généreux de ta part, Tiger. Aomine a raison, t'es vraiment un mec cool.

— Aomine a...

— Merci pour le repas ! le coupe Haizaki en engloutissant la fin de son petit-déjeuner et en se levant déjà. Je dois y aller, désolé ! See you later, Tiger ! »

Haizaki rigole, enfile son blouson et lui adresse un clin d'œil avant de filer à l'anglaise, disparaissant aussi vite qu'il a fait irruption dans son appartement. Kagami repose la fourchette qu'il avait l'intention de porter à sa bouche avant d'être surpris par le départ intempestif de Haizaki, et sombre dans des abîmes de perplexité. Mais qu'est-ce que tout ça signifie ?!


Hypnotisé, Kise regarde la ronde des bagages sur le tapis roulant, guettant l'apparition des siens, mais vu l'attente, ceux-ci étaient sans doute coincés tout au fond de la cale. Avec dix heures de trajet dans les dents précédées par une quasi nuit blanche, il n'a plus du tout les yeux en face des trous et n'a qu'une hâte : aller se coucher. Soudain, la sonnerie de son téléphone le tire de sa rêverie hébétée, et un léger sourire se peint sur ses lèvres quand il voit le nom d'Aomine s'afficher.

« Hey, Daicchi.

— Yo, Ryota. T'es déjà arrivé

— Je suis à l'aéroport... J'attends mes bagages.

— Quelqu'un vient te chercher ?

— Non, je prends le taxi, ma mère bosse.

— Ok bouge pas, je viens te chercher ! »

Un peu surpris que son ami ait soudain choisi de combattre sa flemme légendaire, il jette un coup d'œil à sa montre et hausse les sourcils.

« Mais... Il est 10h, Daicchi... Et tu m'avais dit que t'étais en vacances...

— Ouais, et alors ? Tu veux pas que je vienne te chercher ?

— Bien sûr que si... Mais... T'es prêt maintenant ? Parce que... pour être honnête avec toi, j'ai très envie de dormir...

— T'inquiète, je suis déjà dans la bagnole !

— Ah bon ?!...

— À tout de suite ! »

Kise raccroche et regarde son téléphone, perplexe. Il se demande d'où peut bien provenir tout cet empressement... Mais il est trop fatigué pour y réfléchir très longtemps. Ça lui fait plaisir qu'Aomine vienne le chercher, et c'est tout ce qu'il a besoin de savoir.

Après une autre interminable session de contemplation, il s'anime soudain en voyant ses bagages franchir enfin le tunnel et se révéler glorieusement sous les néons crus de l'aéroport. Il soulève la bête, pleine à craquer – encore heureux que c'est une valise à roulettes – puis se dirige vers la sortie en mode pilote automatique.

Dehors, il fait froid. Cruellement froid. De ce point de vue-là, il était mieux à Kuala-Lumpur... Mais il est heureux de retrouver son pays natal, de revoir ses amis et ses proches, pense-t-il en levant le nez vers les flocons tourbillonnant dans le ciel d'un gris métallique. Ça fait quelques mois qu'il n'a pas remis les pieds ici et ça suffit pour lui donner un sourire nostalgique tandis qu'il pose les yeux sur cet environnement familier. Il frotte ses mains gantées en trépignant un peu sur place, surveillant les allées et venues en espérant qu'Aomine ne tardera pas trop. Et étonnamment, le brun débarque quelques minutes plus tard. Il s'approche et lui donne une claque douloureuse dans le dos avant de l'attraper par le cou et se mettre à lui ébouriffer vigoureusement les cheveux.

« Ça fait plaisir de te voir, Ryota !

— Hey ! Mais ! Arrête ça ! Idiot ! » proteste Kise en essayant de se dégager.

Mais il est bien obligé de suivre le mouvement jusqu'à la voiture d'Aomine, et dans laquelle il se fait jeter sans guère d'égards pour ses dix heures de vol. Et en même temps, il se sent étrangement heureux, comme si la fatigue du voyage, du boulot, des incertitudes, s'effaçaient naturellement au contact de celui qui lui a donné envie de se mettre au basket et qui a veillé sur lui pendant toutes ces années. Oui, avec Aomine, il est en sécurité. À la maison. Même si au cours des derniers mois, un événement continue de lui poser question. Et parce que ça le turlupine encore, il demande finalement :

« T'es toujours en coloc avec Haizaki ?...

— Ouais. On s'est trouvés pas mal de points communs, finalement. Je sais que tu dois avoir une image de lui sacrément noire, mais... Il est moins con qu'il en a l'air.

— T'es sûr de ça ? »

Kise regarde son ami authentiquement perplexe. Aussi bougon que soit Aomine, il a aussi tendance à accorder vite sa confiance. Il aime les relations passionnelles, qu'elles soient amicales ou amoureuses. C'est difficile de briser la glace avec lui, mais une fois qu'on a atteint son cœur... On peut taxer Aomine de fainéantise, ça c'est vrai. Mais pas en amour. Avec ses proches, il s'éreinte plus qu'il ne le devrait, parfois. Ce n'est pas évident vu du dehors, mais il suffit d'observer un peu. Et justement... Cette fameuse fois où Aomine a dit à Haizaki sa façon de penser à l'aide d'une droite bien sentie, reste gravée dans le cœur de Kise. Aomine ne l'a pas fait parce qu'il était incapable de contrôler sa colère, ou du moins... parce qu'il était incapable d'accepter ce que Haizaki lui avait fait, à lui. Au milieu de tous ces gens qui se pressaient pour rester proche de lui, en espérant un peu de lumière des projecteurs, de l'argent ou juste un peu d'attention, Kise a appris à ne pas se fier à ce que les gens disent... Mais seulement à ce qu'ils font. Et c'est pourquoi il voue une confiance absolue à Aomine, et... un degré zéro de la confiance en ce qui concerne Haizaki.

« Haizaki... C'est une cocotte-minute. Mais c'est pas ça le vrai problème. Lui répète jamais ce que je vais te dire, ok ?! Mais il manque de confiance en lui, un truc de fou. Il passe littéralement sa vie à donner le change. Et depuis les conneries du lycée, il s'est calmé. Il sait que si les gens ont pas envie de lui parler, c'est pas parce que ce sont tous des cons, mais parce que lui se comporte comme un con. Mais bon, tu sais ce que c'est. C'est juste... dur de changer. »

Kise observe son chauffeur, pas sûr de comprendre. Ce plaidoyer semble sincère. Est-ce possible qu'Aomine ait découvert des faces cachées à cette face de con ? Pourquoi pas, après tout. Ao a un sale caractère mais au début, il était le seul à avoir vu le talent de Kuroko. Et quand bien même ce dernier n'en aurait eu aucun, Aomine aurait pris soin de lui de la même façon. Tout comme il l'a aidé à s'intégrer dans cette équipe de cinglés au collège. Aomine n'est pas du genre à vocaliser ses opinions sur les gens. Il se les forge de son côté. Et quand on a attiré son attention... on devient le roi du monde.

Du moins, c'est comme ça que Kise s'est senti dans sa tendre adolescence. En rejoignant cette équipe, en réalisant ses rêves. Aomine lui a tendu la main à cette époque, et il n'est pas près de l'oublier.

Cela étant dit, son ami lui semble d'une humeur étrange. Il s'épanche sur les mérites de Haizaki de façon suspecte. Alors il demande cash :

« Pourquoi tu me dis ça ? Tu veux que lui et moi on se rabiboche ? »

Aomine lui jette un coup d'œil avec un curieux sourire, et demande :

« Pourquoi pas ? Je me porte garant de lui, si ça peut te rassurer. Laisse-lui sa chance. Cet abruti a envie d'excuser depuis des années, et crois-moi, il va le faire.

— Pourquoi t'en es si sûr ?

— Fais-moi confiance. Il peut te surprendre. »

Kise le regarde, perplexe. Mais après tout, pourquoi pas ? Il n'est pas venu pour des réconciliations, mais il n'a rien contre non plus. Après, Haizaki... Sacré morceau, quand même. À part l'accuser de tous les maux de la terre, qu'est-ce qu'il a fait d'autre ? Qu'est-ce qu'ils ont partagé ? Un match inégal et douloureux ? Et en mettant de l'eau dans leur vin après ça... Quelques soirées où leurs échanges se sont limités aux exigences de la politesse et de la nécessité imméditate ?

En bref, il n'y croit pas trop. Mais ça n'a pas d'importance pour le moment, parce qu'ils sont arrivés devant son immeuble. Il sourit de soulagement en laissant son regard parcourir les lignes familières de la bâtisse. Enfin rentré chez lui.

« Merci, Daicchi. Je vais aller pioncer un bon moment... Et on se reparle plus tard.

— Carrément ! Et... »

Aomine semble hésiter, puis agrippe son poignet et le rapproche brusquement de lui.

« Jamais j'essaierai de te convaincre de quoi que ce soit, et je serai toujours de ton côté. Juste... garde l'esprit ouvert. »

Ces paroles on ne peut plus ambigües atterrissent mollement dans son esprit ouaté de sommeil. Il acquiesce par réflexe.

« On se reparle plus tard. Merci de m'avoir pris à l'aéroport. »

Il sourit à Aomine, empoigne sa lourde valise, et s'éloigne vers le hall de l'immeuble de sa mère. Il a une drôle d'impression. Comme si ces vacances de Noël lui réservaient des surprises... Il n'est pas sûr d'aimer cette sensation, mais c'est trop tard. Il est de retour. Et qui dit Noël, dit supporter les bizarreries de son entourage. Il peut bien faire ça. Au moins pendant quelques jours.


Aomine redémarre, pas sûr du tout de son speech. Peut-être qu'il a enfoncé Haizaki sans le vouloir. Et maintenant, il se demande aussi ce que son abruti de coloc a bien pu aller raconter à Kagami... Pris d'un doute, il attrape son portable pour regarder ses messages, et à son grand dam, en découvre un de l'objet de ses pensées.

Kagami – 11h20

Alors comme ça, je suis 'vraiment un mec cool'? En vrai, avoue : tu l'as envoyé pour me persuader de préparer le repas de Noël ?! J'espère que c'est ça. Parce que s'il a essayé de me draguer... C'est non. Sorry.

Aomine ne comprend même pas comment Kagami a pu tirer cette conclusion et ça le fait sacrément flipper. Qu'est-ce que Haizaki a bien pu foutre comme bordel ?!

À quelques kilomètres de là, Kise ferme la porte de son appartement avec soulagement et rejoint sa chambre en traînant sa lourde valise derrière lui. Et une fois n'est pas coutume, il se contente de se remplir un verre d'eau, retirer ses vêtements, et fonce directement sous la couette. Et alors qu'il ferme les yeux, encore tourneboulé des sensations de l'avion qui perturbent ses notions du temps et de l'espace, des pensées obsédantes lui tournent dans la tête. Il se repasse la scène de l'aéroport. Et oublie un peu le plaidoyer d'Aomine pour Haizaki. Tout ce qu'il voit, c'est que... Aomine semblait attendre quelque chose de lui... Et il n'arrive pas à interpréter quoi. Bon sang ! Pourvu que ce ne soit pas une tentative de drague ! Ce serait vraiment le pire truc qui pourrait arriver... Il n'a pas besoin de ça maintenant. Il veut juste profiter de ses proches. Et la dernière rupture est bien trop récente. Alors comme ça lui tourne trop dans la tête, il attrape son portable en envoie un message à un ami qui possède probablement un meilleur décodeur aominesque que lui.

Kise – 12h29

Hey Taiga. Je suis de retour pour les fêtes. Tout va bien avec Daicchi ? Il avait l'air bizarre quand il est venu me chercher.

Kagami – 12h30

Je l'ai pas vu récemment... mais j'ai vu son coloc. Il était bizarre aussi. Aho, bizarre comment ?

Kise – 12h31

Difficile à dire. J'avais l'impression qu'il voulait un truc, mais je sais pas trop quoi.

Kagami - 12h32

Pareil avec Haizaki. Honnêtement... J'ai l'impression qu'ils complotent un truc. On en reparle plus tard. Je crois que je vais retourner pioncer...

Kise – 12h33

Meilleure idée de la journée... Dors bien.

Kagami – 12h33

Same.