Bonsoir !

J'espère que vous avez passé un bon Noël ou à défaut, que cette fic vous divertira :) Et voici donc le nouveau chapitre, j'espère qu'il vous plaira ! Enjoy !

Shadow : Ravie que ça t'ait plu, merci pour ta gentille review !

Ju : Eh bien tu as trouvé les bons mots, car ça me touche beaucoup. C'est toujours extrêmement encourageant de recevoir ce genre de review, alors merci. Et je suis ravie si tu apprécies cette fic avec Haizaki dont tu n'as pas l'habitude :)


Devant la porte de l'appartement, Aomine déglutit, sans parvenir à se convaincre de faire bouger son poing toujours suspendu dans les airs devant le battant. Est-ce que c'est vraiment une bonne idée de passer voir Kagami dans la même journée que la tempête Haizaki ? Le tigre va sûrement être de mauvaise humeur... Mais enfin, s'il doit lui faire sa déclaration d'ici quelques jours, il faut bien qu'il prépare le terrain ! Il ne peut pas y aller cash comme ça.

Et soudain, il perd toute motivation pour ce stupide défi. Il n'aurait jamais dû aborder le sujet. Ils auraient dû passer Noël comme d'habitude, avec une bonne pizza, devant un jeu vidéo. Pourquoi changer une recette qui marche et s'exposer à tout un tas d'ennuis, avec un coeur brisé en prime ? C'est à ça que servent les habitudes, à éviter ce genre de situation incontrôlable !

Il soupire et laisse retomber son poing, dépité. Autant faire demi-tour. Tout ça était une mauvaise idée. Il s'apprête donc à repartir, quand soudain la porte s'ouvre, et Kagami, surpris, le bouscule sans l'avoir vu. Ce choc l'arrache à ses ruminations et il proteste avec véhémence :

« Hé ! Mais ça fait mal !

— Mais qu'est-ce que tu faisais planté derrière la porte, aussi ?! s'offusque Kagami après s'être remis de sa surprise.

— Ben à ton avis ! J'allais te voir ! Mais bon euh... Tu dois sortir ?

— Hm... J'allais faire un peu de sport.

— Basket ? » Les yeux d'Aomine s'illuminent.

« J'étais plutôt parti pour un footing. »

La lumière s'éteint dans les yeux de la panthère qui lâche un « Ah » indifférent. Il n'a que dédain pour l'art du running. Courir après un ballon, ça a du sens ! Au moins, on a un objectif ! Mais courir pour le... plaisir ? Voilà une notion qui lui est tout à fait étrangère.

« De toute façon... Avec toute cette neige, c'est mort pour le basket », ajoute Kagami.

Aomine fait la moue. Le tigre n'a pas tort. Un ballon, ça ne rebondit pas bien sur la neige. Les éléments sont contre lui. Cela dit...

« C'est mieux pour courir peut-être ?! s'offusque-t-il.

— Les rues sont suffisamment dégagées, et ils ont déneigé dans le parc aussi.

— Hmpf... » grogne Aomine en enfonçant ses mains dans ses poches. Tous ses plans tombent à l'eau. Ou à la neige, plutôt.

« Pourquoi tu viendrais pas courir avec moi ? propose alors Kagami.

— Courir ?! s'exclame Aomine, choqué.

— Au basket, tu cours tout le temps, fait remarquer le tigre.

— Mais pour mettre un ballon dans le panier, pas pour rien !

— Ben là tu vas courir pour entretenir ta forme d'athlète. Sinon tu vas te ramollir. Tu seras plus qu'un immense chamallow. Le ballon rebondira peut-être sur toi, mais ce sera tout. »

Aomine dévisage le tigre, tout à fait outré maintenant.

« C'est moi que tu traites de chamallow ?!

— Chamallow en devenir, nuance ! » rigole Kagami.

Le brun s'apprête à protester pour défendre son honneur et la fermeté irréprochable de son corps, mais s'interrompt avant même d'avoir commencé sa phrase. D'une, avec sa vie 'd'adulte', il fait moins de sport qu'avant et passe pas mal de temps à se goinfrer et à boire de la bière, alors son corps porte peut-être les premiers signes d'une transformation en chamallow, et de deux... Kagami rayonne quand il sourit. Il aime le faire rire. Alors exceptionnellement, même s'il rit à ses dépends, il laisse couler.

Le tigre, perplexe devant son manque de répartie, commence aussi à s'impatienter de rester planté là à discuter alors qu'il était parti pour courir.

« Bon, tu viens avec moi ou pas ? »

Cruel dilemme qui s'offre à Aomine, un cas de conscience digne des meilleures tragédies grecques. Pour passer du temps avec Kagami et 'préparer le terrain' en vue de sa stupide déclaration, il doit accepter de courir... Il pousse un soupir lourd de lassitude, et se résigne à son sort.

« Je viens », murmure-t-il du bout des lèvres.

Kagami hausse les sourcils, visiblement surpris.

« Je pensais pas que t'allais dire oui.

— Bon allez ! On y va, là ! Tu traînes ! »

Kagami proteste avec véhémence mais Aomine a déjà commencé à s'éloigner en faisant mine de ne pas l'entendre. Une fois dans la rue, le tigre s'élance à petites foulées et Aomine le suit en marmonnant dans sa barbe qu'il existe bien d'autres façons d'éviter de se transformer en chamallow, mais cette fois, c'est Kagami qui fait mine de ne pas l'entendre, et la panthère n'a d'autre choix que de se lancer à sa poursuite, direction le parc. D'ailleurs, quand il y pense, Aomine voit quelque chose d'étrange dans le fait que Kagami aime tant ce trajet...

« Comment tu fais dans le parc, avec les chiens ?! l'interroge-t-il.

— Ça fait partie de ma thérapie...

— Ta thérapie ?!

— Ouais, une connerie comportementaliste... T'es censé te confronter à ta peur progressivement pour apprendre à la surmonter.

— Et ça marche ? demande Aomine, curieux.

— Non. Ça me fait juste courir encore plus vite. »

Aomine éclate de rire en imaginant Kagami foncer à toute berzingue dans le parc, poursuivi par une meute de chiens enthousiastes, mais s'abstient de tout commentaire désobligeant. Après tout, le but n'est pas de braquer le tigre... Ce serait même plutôt l'inverse, s'attirer ses bonnes grâces. Le problème ? Il ne sait pas du tout faire ça ! Il sait comment l'asticoter, le faire rougir de colère ou d'embarras, pas le flatter ou le... draguer. L'idée lui semble bizarre et étrangère, alors même qu'il s'est depuis un bon moment déjà avoué ses sentiments pour lui. Peut-être parce qu'il lui voue des sentiments sincères, il n'arrive pas à changer de comportement comme il peut le faire quand il veut juste tirer un coup. Il fronce les sourcils, se disant qu'il n'est peut-être pas capable de flirter avec Kagami. À moins que leurs petits échanges belliqueux ne soit une forme de flirt ? Non. Il s'était interdit d'y rêver, mais voilà qu'à l'approche de Noël, ce n'est pas son corps qui se transforme en chamallow, mais son cœur !

Franchement, tu files un mauvais coton, Aomine-kun, lui dit la voix de Tetsu dans sa tête.

Le fantôme répond toujours présent quand il s'agit de hanter sa psyché, ne manquant aucune occasion de lui faire une réflexion désagréable.

Va chier, Tetsu ! réplique-t-il donc vertement au double psychique du passeur.

Je dis ça pour ton bien, Aomine-kun. Et au fait, Kagami-kun a raison : tu es un chamallow en devenir. Et je ne parle pas de ton petit cœur tendre.

« Mais merde, à la fin ! » s'exclame-t-il à haute voix, frustré, s'attirant un regard interloqué de la part de Kagami. « Tu trouves que j'ai grossi ?! » enchaîne la panthère.

Kagami le fixe, ralentissant la cadence mais manquant tout de même de se prendre un panneau en pleine figure.

« Hein ?! articule-t-il finalement.

— Nan rien laisse tomber... marmonne Aomine en accélérant.

— Wait ! s'exclame Kagami qui remonte à sa hauteur. Tu crois que c'est pour ça que je t'ai proposé d'aller courir avec moi ?!

— Nan...

— Tu sais que je suis plutôt direct comme gars. Peut-être pas autant que Kuroko, mais bon, je vais pas te faire des reproches par sous-entendus.

— Ouais, parlons-en, de Tetsu ! s'énerve Aomine.

— Quoi, c'est lui qui t'a dit que t'avais grossi ?! »

Aomine peste intérieurement contre lui-même. Il ne peut pas dire à Kagami que c'est la version psychique du passeur qui le persécute. Quoi que le vrai n'en manque pas une non plus !

« Bah tu le connais, il mâche pas ses mots ! Mais bon il a dit un truc du genre comme toi tout à l'heure, là. Des histoires comme quoi je me ramollis.

— Mais non, tu te ramollis pas. C'est vrai qu'on fait moins de sport avec le boulot. C'est pour ça que je continue à courir. Quand personne n'est dispo pour un basket ou qu'il neige comme ça... Ça décrasse !

— Hmpf... Mais c'est PAS FUN !

— Nan, pas exactement, c'est vrai... Mais en général... Je me mets les écouteurs dans les oreilles, je lance de la bonne musique, et... je me laisse porter. »

Aomine le regarde en fronçant les sourcils. Ce n'est pas souvent que Kagami lui confie un truc personnel, même s'il y a plus intime que ses habitudes de running, c'est quand même quelque chose qui fait partie de sa vie, de son quotidien.

« Ah ouais ? Et quel genre de musique, alors ?

— Hm... Si tu suis ma foulée... On peut partager les écouteurs ! »

Le brun ne peut s'empêcher de sourire à cette proposition.

« Ok. Mais en profite pas pour foncer comme un bourrin !

— Ben, ça dépendra de s'il y a des chiens ou non dans le parc...

— Ah ouais, c'est vrai... » reconnaît la panthère qui recherche déjà un moyen de disperser les importuns. Puis, il saisit l'écouteur que Kagami lui tend et se concentre sur la musique, ainsi que sur sa foulée, puisque même sans chiens à l'horizon, le tigre a une belle cadence.

La musique se déploie entre ses deux oreilles comme un rouleau compresseur. Sa batterie et ses furieux rifs de guitare ont de quoi motiver à courir. Il ne se rend même pas compte qu'il accélère alors que, comme Kagami l'a dit, il se laisse porter par la musique. Lui a plutôt l'habitude de faire ça en voiture, et il est vrai que parfois, il enfonce un peu trop l'accélérateur quand il se perd dans des rythmiques et des harmonies qui l'emmènent ailleurs, tout droit vers l'horizon. Il profite, se laissant envahir par les sonorités agressives du morceau, son corps entrant en accord avec la fureur contenue des instruments. Et soudain, ce n'est plus si difficile de courir, comme si la musique l'emmenait dans une réalité semblable à la première, mais légèrement décalée. Ici les couleurs sont plus vives, les textures inertes semblent pulser en sourdine, et la gravité n'a pas la même emprise, libérant ses muscles et ses poumons. Il prend une grande goulée d'air, savourant la sensations glacée qui tapisse sa gorge et sa poitrine d'étoiles de givre. Et plus il court, plus il écoute la musique, plus il sent monter en lui une énergie qu'il a toujours tant de peine à faire affleurer en lui, comme un fleuve impétueux qu'on a enfoui sous des mètres de béton, sa force et son courant demeurant invisibles aux habitants de la surface. Mais dans l'ici et maintenant, elle se révèle pleinement, rayonnante, courant dans ses veines, piquant son épiderme de frissons. Il sent un sourire se dessiner sur son visage alors qu'il accélère encore. Et l'écouteur ne s'éjecte pas de son oreille, Kagami le suit, et quand il lui jette un coup d'œil, il affiche un sourire heureux qui lui tord les entrailles. C'est tellement communicatif, c'est si simple, et pourtant la palette de ses émotions en le regardant ne lui permet pas de trancher entre des catégories basiques. La joie et la peine se nouent ensemble dans son ventre, le désir, la frustration, le regret, l'envie, cette impuslion vitale fondamentale qui bouscule ses certitudes chaque fois qu'il partage un moment avec Kagami. Il a entendu quelque part quelque chose comme 'It feels good to be lost in the right direction', et c'est exactement ce qu'il éprouve à cet instant.

Ils n'échangent plus beaucoup de paroles tandis qu'ils foncent vers le parc. Ils contournent habilement un plot de circulation, puis négocient un virage en épingle à cheveux avant de passer la grille en fer forgé, et s'élancent alors à bride abattue dans le parc. Il apparaît si paisible à travers la pénombre qui est déjà descendue sur le jour enneigé... Les arbres se détachent sur le blanc environnant tandis qu'ils épanchent l'ombre de leurs branchages sous les lampadaires, barrant les étendues blanches de coups de pinceau noirs. Au fil de leur course effrénée, les deux sportifs entraperçoivent ces bouquets de ténèbres s'épanouissant, indifférents, entre les flaques orangées jetées par les réverbères sur le manteau blanc. Ils n'entendent pas le silence du monde à cet instant, précipités par la frénésie de la musique, et ils n'ont qu'une obsession, doubler les ténèbres qui s'accrochent à leurs pas. Ils mettent derrière eux chaque instant, toujours à la recherche du prochain, ignorant le froid et l'obscurité qui s'installent, en quête perpétuelle de ce but qui se dérobe à mesure qu'ils s'en approchent, et enfin Aomine comprend ce que le tigre aime tellement dans le running. Il le sent à travers lui, comme si son corps était un instrument sur lequel l'univers s'amusait à jouer des solos de guitare. Il sent pur, et purifié. Il n'avait pas ressenti ça depuis tellement longtemps qu'il a juste envie d'éclater de rire. Mais au lieu de ça, il se contente de se maintenir à la hauteur du tigre, juste euphorique de partager ce moment avec lui. Un pas après l'autre, ses foulées rebondissent sur la terre gelée, et il se propulse vers la lisière du parc derrière laquelle les lumières de la ville clignotent tel un essaim de lucioles. Il n'arrive pas à croire que la nuit soit tombée si vite. Pas plus qu'il aime vraiment courir. Et qu'il ait trouver un tel sentiment d'accomplissement et de satisfaction à accorder sa foulée avec celle de Kagami.

Ils s'arrêtent essoufflés à l'extérieur du parc, échangent un regard, et éclatent de rire sans autre raison que celle d'avoir passé un super moment.

« Alors tu reviendras courir avec moi ? demande Kagami.

Aomine pourrait jurer qu'il y a une pointe d'espoir dans cette question. Et même s'il doute de pouvoir reproduire le moment d'harmonie qu'il vient de passer, il hoche la tête avec un sourire.

« Carrément. »

Pendant quelques instants, il oublie tout de son défi de la semaine, il est juste heureux de ce moment partagé. Mais les pensées parasites reviennent bien vite et il murmure finalement d'un air coupable :

« Au fait, j'espère que Haizaki t'a pas trop embêté ce matin... Et NON il te draguait pas. Pas du tout ! Mets-toi ça bien dans le crâne !

— T'as conscience que c'est suspect d'insister comme ça ? »

Aomine se facepalme et soupire de dépit. Pourquoi c'est aussi compliqué ?! Avec les filles, c'est beaucoup plus simple ! Et comment va-t-il se sortir de ce mauvais pas, maintenant ?!

« Bon tu vois le truc... C'est qu'il a comme... naturellement une attitude de flirt. Enfin sauf quand il est énervé, soit la moitié du temps, donc... Il est moitié face de con, moitié beau parleur.

— Hm... C'est bizarre comme mélange.

— Haizaki est bizarre.

— Pas faux. »

Aomine lance encore un coup d'œil au tigre. Il pense avoir désamorcé le malentendu... du moins il l'espère.

"Bon alors d'après toi, il voulait juste faire connaissance ?"

Aomine se mordille la lèvre. Ce serait un petit mensonge que de conforter Kagami dans cette idée, rien de bien grave... Mais il n'aime pas se montrer malhonnête, avec quiconque, et en particulier avec lui.

"Il voulait savoir si t'étais célibataire... marmonne-t-il finalement en détournant le regard.

— Hein ? Mais pourquoi ?

— Hm... Va savoir avec lui...

— Et tu continues à soutenir que c'était pas une tentative de drague ?

— Ouais...

— Ah merde... Dans ce cas ça veut dire qu'il compte me présenter quelqu'un..."

Aomine relève les yeux pour regarder le tigre et déglutit, inquiet maintenant.

"Pourquoi ? Ce serait si grave que ça ?

— Disons que... J'ai pas envie qu'on m'arrange quelque chose. Je sais même pas si j'ai envie de sortir avec quelqu'un en ce moment. Je suis occupé avec le boulot, et... Ouais je sais pas si j'ai la tête à ça."

Aomine hoche la tête, c'est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle d'entendre ça. Ça veut dire que Kagami n'a personne en tête, mais aussi... Qu'il n'est pas en bonne posture. Même si par un hasard énorme, Kagami recevait bien sa déclaration, s'il n'est pas dans l'état d'esprit de se mettre en couple... Aomine aura fait tout ça pour rien. Ou bien il devra juste espérer que le tigre finisse par changer d'avis, ce qui n'est pas une perspective très réjouissante.

Plongé dans ses sombres pensées, il sursaute quand la main de Kagami se pose sur son épaule.

« Hey, pourquoi tu fais cette tête ? »

Il secoue la tête et se fend d'un sourire.

« Nan, c'est rien, t'inquiète. Bon, ça caille quand on bouge plus ! On retourne chez toi ?

— Ouais, je crois qu'on a besoin d'une bonne douche. »

Ils repartent en courant pour se réchauffer, et sont plus qu'heureux de retrouver l'atmosphère confortable de l'appartement du tigre. Tandis qu'il s'installe dans le canapé en attendant que Kagami prenne se douche, Aomine balaie du regard le décor familier. Il connaît bien ce canapé sur lequel il a passé de longues heures à jouer avec le tigre, parfois avec Tetsu qui s'installait entre eux et arbitrait leurs chamailleries sans jamais élever la voix. Et la nuit, ce même canapé l'a souvent accueilli quand il avait la flemme de rentrer ou tout simplement envie de grappiller quelques moments supplémentaires avec Kagami. Mais cela fait quelque temps qu'il n'est pas venu, et ça lui fait chaud au cœur de retrouver cet environnement familier dans lequel il se sent comme chez lui. Oui, Kagami est un ami précieux et comme il l'a dit à Haizaki, il ne veut pas le perdre même si ses sentiments sont à sens unique. Il trouvera bien une solution pour les gérer, après tout il l'a toujours fait…

Il secoue la tête, chassant ces pensées déprimantes de son esprit, et se relève pour aller se servir une bière et allumer la télé. Il se demande si ce soir va être l'un de ces soirs où il restera passer la nuit. À vrai dire, il en a bien envie. L'idée de ressortir dans la nuit glaciale ne lui plaît pas. Et… Il a vraiment envie de profiter de la compagnie du tigre plus longtemps. C'est devenu trop rare ces temps-ci et il compte bien y remédier.

Kagami ressort de la salle de bain une serviette nouée autour de sa taille, et Aomine fait de son mieux pour ne pas laisser dériver son regard de façon trop évidente sur son torse sculptural et ses abdos bien dessinés. En voilà un en tout cas qui n'est pas près de se transformer en chamallow ! Pfiu, c'est pas juste. Un corps comme ça tout en mangeant autant.

C'est ce qu'on appelle un métabolisme rapide, Aomine-kun. Et puis tu sais bien que Kagami-kun ne tient pas en place.

Je t'ai pas sonné, Tetsu !

Il reporte son attention sur Kagami, qui lui sourit.

« J'ai comme l'impression que t'es parti pour squatter.

— Ouais, c'était bien dans mes projets. Tu vas pas me foutre dehors par ce temps et après m'avoir épuisé au footing, hein ?!

— Ça me dérange pas que tu restes. Après tout, ça faisait longtemps…

— C'est exactement ce que je me disais ! »

Aomine sourit, le cœur gonflé de joie devant la réaction de Kagami. Mais son sourire s'efface bien vite quand il s'aperçoit que le tigre ne fait pas mine de s'habiller, mais à la place va se chercher une bière et s'assoit à ses côtés avec rien d'autre sur lui que cette serviette qu'un rien pourrait suffire à faire glisser sur ses hanches… Aomine se tourne donc vers sa bière pour endurer fièrement cette épreuve, et vers l'écran de télévision qu'il a allumé pour distraire son regard.

« Tu devrais passer au resto demain, dit soudain Kagami. Tu peux venir avec Haizaki si tu veux, il avait l'air d'avoir envie, ou peut-être même besoin d'un repas gratuit. Alors demain, c'est pour moi !

— T'es sûr ?!

— Tu vas quand même pas te faire prier pour un repas gratuit ?

— Certainement pas ! proteste Aomine avec véhémence, avant de s'éclairer d'un grand sourire et d'oublier l'affaire de la serviette. Thanks, Kagami. »

Le tigre hausse les épaules.

« Pas de problème. Je compte sur vous pour me faire de la pub !

— Tu sais que je répète déjà à qui veut l'entendre que ton resto est le meilleur de la ville. »

À ces mots, Kagami le regarde étonné.

« Non… Je savais pas… Mais… Merci. »

Ses joues se colorent légèrement, ce qui enchante Aomine. Finalement, on dirait qu'il n'est pas si nul que ça pour faire rougir Kagami autrement que de colère ! Galvanisé par ce petit échange, il reprend confiance et se dit qu'aussi stupide que soit ce défi qu'il s'est imposé, ça aura au moins eu la vertu de le rapprocher un peu de Kagami et de passer à nouveau du temps ensemble. Et le moment venu, le reste sera entre les mains du tigre.